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06/20
Chroniques CD du mois Interview: MAMA'S BISCUITS Livres & Publications
Portrait: TAMPA RED Interview: j & V Dossier: STONER
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

JUIN 2011

Lucky Peterson, Magic Slim, Joe Louis Walker, Bill Perry
4 Blues Guitar Masters

 

Genre musical: Blues
Compositions: Pas mal sur 17
Livret : Beau digipack
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Parier sur des valeurs sûres, pourquoi pas ?  On pourra reprocher à la grenouille sudiste que ce n’est qu’une compilation et que la dénomination choisie n’est pas d’une grande originalité. Mais c’est un fait, il s’agit bien de 4 Blues Guitar Masters. Quel bonheur de retrouver ces quatre pointures sur le même disque avec un enchaînement de titres élaboré et bien orchestré. Quatre artistes aux styles différents mais pas si éloignés les uns des autres pour que l’ensemble ne soit pas dissonant. Bien au contraire. Les 77 minutes que dure le CD sont un vrai régal. Lucky Peterson tient le haut du panier avec 5 titres inédits, les autres, Joe Louis Walker, Magic Slim et le regretté Bill Perry, interprètent chacun quatre chansons tirées de CD déjà édités. Chacun dans leur genre, ils manient d’habile manière la force et la subtilité à travers leur jeu de guitare et leur façon de chanter. Du blues urbain, brut et puissant, qui se teinte de funk, de rock ou de soul selon les plages et qui développe de fait un swing et une énergie bouillonnante. La conjugaison de tous ces talents donne un résultat cohérent et plus que convaincant.
Gilles Blampain

Chicken Diamond
Chicken Diamond

 

Genre musical: Blues Punk
Compositions: 8 sur 10
Livret : Rigoureusement dans le ton, très bien
Label : BEAST RECORDS
Distributeur : CARGOS RECORDS

Le Delta passé à la gégène, cabossé (décabossé) à coup de châtaignes punks, ne surprend plus personne depuis les beaux jours de Fat Possum, et même bien au-delà, Charlie Harper et les Cramps. Le mariage providentiel du blues et du punk a toujours donné de beaux enfants et placé en odeur de sainteté de vieux chevaux de retour comme RL Burnside. D'ailleurs, galvanisé par la vague country-punk qui déferle actuellement, le blues punk a fini par s'émanciper des deux horizons dont il est issu, et devenir un bourdon indépendant. Le one-man-band Chicken Diamond, loa du nord-est hexagonal, hanté par les vanités sidérurgiques qui gonflaient jadis cette poche d'ennui, connaît très bien ce métal toxique à fusion lente qu'il coule dans son premier vinyle. (Le vinyle, une autre vanité des temps anciens.) Chicken a ficelé cette première malédiction tout seul, face à son home-studio, ses guitares, son bottleneck, son ampli, sa stompbox ("une boîte de saint-émilion customisée, millésime inconnu"), et des programmations de basse et de batterie qui le font parfois sonner "comme un groupe". Il a voué cet album à toutes les gémonies qui font le bonheur ordinaire du genre, sa vitalité larvaire et sa noirceur orageuse... un état de choc général. Chicken se distingue pourtant de la nombreuse descendance de Jr Kimbrough, peut-être par le cachet : pas une faute de goût ici, ni dans la façon qu'il a de tordre ses malédictions, de sa voix souterraine, abrasive et rancunière, ni dans la façon de tordre le bruit, lovant ses riffs et croisant des fouets d'accords dans une harmonie barbare, avec une élégance reptilienne, peut-être pas mélodique mais presque swinguante. Ce swamp épais, pétri de terribles promesses, c'est aussi du blues.
Christian Casoni

Fever
A Rhythm & Blues Trilogy
Sélection : Florent Mazzoleni et Gilles Pétard

 

Genre musical: Rhythm'N'Blues
Compositions: 51 titres d'archives
Livret : Cheap et Chic
Label : LE SON DU MARQUIS
Distributeur : HARMONIA MUNDI

La somme documentaire du mois, idéale pour animer une surprise-partie rétro ou se remettre en mémoire ces héros oubliés du rock'n'roll, comme les appelait naguère un auteur à succès, Amos Milburn, Wynonie Harris ou The Dominoes. L'objet d'abord. Une petite boîte confectionnée dans un carton assez fin. A l'intérieur : trois pochettes pastel protégeant chacune un disque, plus un livret bien conçu avec le pedigree des groupes et singletons sélectionnés par les auteurs. Ils nous en ont mis 3x17, de quoi finir le printemps, les escalopes en éventail. Sous cet habit simple et de bonne tenue : pas de la soul, ni doo-wop, ni jazz à danser, mais ce style bâtard et festif que les interprètes eux-mêmes ne semblent jamais prendre au sérieux, sorte de rock'n'roll noir, de blues pop et humoristique qu'on appelle rhythm'n'blues faute de mieux, Coasters, Cadillacs, Jackie Brenston, Jr Parker. CD 1 : Classics, comme la série d'albums qu'avait lancée Gilles Pétard, l'un des compilateurs de ce coffret, par ailleurs fondateur du label Body & Soul. L’autre, Florent Mazzoleni, a publié suffisamment d'excellents bouquins, des racines de la soul à la chute du grunge, pour que nous fassions l'économie d'un CV. Gilles Pétard et lui cosignaient déjà Motown Soul & Glamour. CD 1, donc : Big Mama, Joe Turner, Ray Charles, Little Richard, on maîtrise. CD 2 : Dance Craze. Dave Bartholomew, Larry Williams, OK, mais les Bobbettes qui chantaient le dérisoire et inventif ‘Mr. Lee’, les connaissait-on autrement que de nom ? (Et encore, on se vante.) CD 3: Rarities. Là, c’est de la friandise d'initié, Swinging Ozarks ou Duke Henderson, autoproclamé His Majesty of the Blues ! Gros poissons et menu fretin convergent de tous les horizons du pays, Peacock, Savoy, Aladdin, Imperial, Gee, Argo, Apollo, Decca, Atlantic, etc. Bonjour les saxos !
Christian Casoni

Granà Louise
Getting' kinda rough

 

Genre musical : Chansons Blues
Compositions : 4 sur 12
Livret : OK
Label : DELMARK
Distributeur : DELMARK

Granà Louise est une femme imposante (à plus d'un titre… Elle jouit notamment d’une notoriété bien assise…). Et elle nous exalte une fois de plus avec sa voix incroyablement riche et d’une force surprenante. Cette voix est, évidemment, son label rouge, avec ses tonalités graves qui nous baladent d'autorité dans les méandres du blues. Mais la dame nous surprend également par la grande variété de son répertoire. On me dirait, comme ça, qu'elle chante aussi du gospel à temps perdu que les bras ne m'en tomberaient qu'à moitié. En fait, je sais qu'elle s'adonne un peu au gospel, mais elle préfère le blues et la soul. Granà incarne parfaitement le timbre de Chicago. Du reste, elle est d’ailleurs régulièrement l'hôte du célèbre festival de blues de la ville. Le titre agressif de l'album, Gettin’ Kinda Rough, est l’expression exacte du contenu, une superbe claque assénée avec une puissance terrible. L'album a été réalisé, mi-studio, mi-live, échos d'un concert donné, justement, au Chicago Blues Festival de 2008. On y trouve pas mal de reprises, mais aussi quatre compos, comme le chaudement recommandé 'Bang Bang Ba-Bang, Bang Bang Bang', qui swingue à mort (je vous jure que c'est le titre). Une reprise parmi d'autres : 'Wet Match' où ses sidemen (The Troublemakers), nous en mettent plein la vue. Enfin, plein les oreilles. Mais Gettin’ Kinda Rough donne surtout envie de voir la bête sur scène, l'entendre, la sentir, la voir vibrer sous les projecteurs, où Granà Louise déploie, mieux qu'ailleurs, toute sa force vocale et son énergie tempétueuse.
Héloïse Prévost

Greg Zlap
Air

 

Genre musical: Blues, Soul, Pop
Compositions: 12 sur 12
Livret : Pas vu
Label : CHANT DU MONDE
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Il y a l’air qu’on respire, l’air qu’on a, l’air qu’on chante. En ce domaine, pour un artiste, le mot ‘inspiration’ prend tout son sens. Une chose est sûre, Greg Zlap a l’air en forme et ne manque pas d’air. Mine de rien, avec cette nouvelle production le voilà de plain pied dans le souffle de la vie. Pour cela, il fallait des instruments qui respirent, harmonica, accordéon, trombone, clarinette et savoir les faire vibrer avec finesse et sensibilité. Le résultat est plus que probant au gré de titres où s’entremêlent pop, blues, soul et rock. Le style de Greg Zlap évolue, ses musiques comme ses textes distillent des atmosphères très personnelles et le ton est par moment introspectif. Quand il parle de la profondeur de l’âme, c’est aérien, délicat et vaporeux. Quand il chante l’oxygène, le souffle ou le vent, c’est pétillant, vivifiant, revigorant. Ce disque est rempli de moments intenses et forts. La subtilité vient de chansons dont les gimmicks attrapent l’oreille immédiatement, jusqu’à imaginer qu’ils nous sont familiers. Greg Zlap est épatant, aussi bien à l’harmonica qu’au chant, et ses compagnons de route le sont tout autant, Ian Siegal joue de la National steel guitar et chante sur un titre, Glenn Ferris est au trombone, Daniel Mille à l’accordéon et Stéphane Guillaume à la clarinette basse. Les notes et les mots s’envolent mais on peut toujours siffloter ce qu’on a entendu.
Gilles Blampain

Hugh Laurie
Let Them Talk

 

Genre musical: Blues cabaretier, vieux jazz, Folk et Skiffle
Compositions: 15 titres, 15 Covers
Livret : Très joli, bourgeois, bien documenté
Label : WARNER
Distributeur : WARNER

Le blues du Dr House ne renifle pas des aisselles, ce dont il s'excuse avec humour dans le prologue du livret. Il eût été surprenant qu’Hugh Laurie, qui joue le Dr Gregory House, se mette aussi à jouer RL Burnside pro forma. On ne peut pas affirmer non plus que ce disque de romances noires-américaines soit un caprice d'acteur. Hugh Laurie chante très bien, très cool, d'une voix tendre et charnue. D’innombrables folkeux ont repris ‘St. James Infirmary’ avant lui, tous l'ont surjouée mélo. Laurie, non. Il pianote et gratte avec la même dignité. Une brigade de fines lames l'accompagne, qui brillent sans jamais plastronner. Les doigtés sont donc plutôt tempérés, sauf ‘Swanee River’ qui s'envole en boogie-woogie, Laurie faisant traverser le boulevard à son piano. Pourtant cet album n'est pas la huitième saison du Dr House, juste une pause après le service, jolie mais anecdotique, par manque d'audace peut-être, à cause d'un respect craintif pour cette culture qu'il connaît bien mais qui n'est pas la sienne. Son râtelier de scies (encore et toujours ‘John Henry’, ne manquent que ‘Summertime’ et ‘Mack The Knife’ !) sonne comme une batterie de faces B, entre skiffle (‘You Don't Know My Mind’), folk (‘Winnin' Boy Blues’), et un jazz ultra-consensuel (‘Buddy Bolden's Blues’), dans la béatitude des premiers beatniks revivalistes. C’est un très beau produit, honnête et sans risque, appelé à devenir, dans les 66 pays diffusant la série TV, la petite politesse des anniversaires, Saint-Valentin et autres racolages sentimentaux. Quoi qu'il en soit, l'humble gentilhomme se retire sur la chanson ‘Let Them Talk’, avec une élégante timidité.
Christian Casoni

James Cotton
How long can a fool go wrong

 

Genre musical: Chicago blues transfiguré par la vitesse
Compositions: Beaucoup de reprises
Livret : Très bon, très agréable, sauf la police des titres (difficile à lire)
Label : BLUES BOULEVARD
Distributeur : MUSIC AVENUE

Putain d'album ! Ou, plutôt : putains d’albums… car Music Avenue réunit, sous la même manchette, deux disques, deux moments qui se complètent à merveille et totalisent trente titres, publiés par Buddah Records en 1974 et en 1976, dix titres gravés en studio pour l'album 100 % Cotton, et vingt titres enregistrés live deux ans plus tard, avec le même personnel à peu de choses près, Matt Murphy à la guitare, l'excellent Charles Calmese à la basse, le non moins excellent Kenny Johnson aux baguettes, quelques saxos et quelques claviers. Les faits se déroulent pendant ces années ingrates qui voient le soufflé retomber, le Wattstax politiquement noir enterrer le grand festival de blues d'Ann Arbor au public mixte, et tous les bluesmen commencer à patiner. On sent bien que James Cotton et ses comparses n'ont plus envie de filer un blues orthodoxe, aussi le jouent-ils funky, jump, rock'n'roll, emportés par une fougue qu'ils ont du mal à dompter, en particulier sur scène, mais qui fait énormément plaisir à entendre. A cette allure, hormis la section rythmique (double excellence, donc), les musiciens ne cherchent ni la finesse ni la profondeur, mais une communion d'énergies qu'ils trouvent immédiatement et qu'ils mènent à terme sans mollir une seconde. Tous les titres sont remarquablement fouettés et, pour un bon tiers d'entre eux, carrément monstrueux ! Trois chansons atypiques : ‘Fatuation’, un rock swamp à la Jimmy Reed, ‘Goodbye My Lady’, une jolie bluette languide, et ‘Hot'n'Cold’, sorte de blues antillais. Tout le reste, c'est de la dynamite !
Christian Casoni

Kenny 'Blues Boss' Wayne
An old rock on a roll

 

Genre musical: Soul, Blues, Boogie
Compositions: 13 sur 13
Livret : Beau digipack
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Digne successeur des grands pianistes légendaires, Kenny Wayne n’a pas une production pléthorique mais la qualité est toujours au rendez-vous. Avec ce nouveau CD, ça démarre sur les chapeaux de roues avec un titre dans la lignée de Fats Domino, joyeux et sautillant. Et ça continue sans que le plaisir d’écoute s’émousse un seul instant tout au long du disque. Rock, boogie, soul, blues c’est un vrai feu d’artifices. Quelques chansons aux tempos plus calmes sont d’une égale délectation. Pianiste dynamique, chanteur expressif et chaleureux, Kenny Wayne, tout en affirmant son propre style,  rappelle par moment Ray Charles pour la soul et Memphis Slim pour le blues et le boogie. Ce disque est empli d’une réelle gaîté communicative et comme si le bonheur d’écouter le piano de Wayne n’était pas suffisant, il est doublé par la guitare de Duke Robillard (toujours aussi formidable) et une section de cuivres d’enfer qui vient encore pimenter l’affaire. Rares sont les pianistes parmi la kyrielle de guitaristes qu’engendre le blues, Kenny Wayne est donc un artiste à côté duquel il serait dommage de passer.
Gilles Blampain

Mike Eldred
61 and 49

 

Genre musical: Difficile à dire
Compositions: 13 sur 13
Livret : agréable digipack
Label : BLUES BOULEVARD
Distributeur : MUSIC AVENUE

Mike Eldred revendique de multiples influences mais est-ce bien raisonnable de tout exposer  sur un même disque ? Ça démarre avec trois titres du genre rockabilly/boogie au chant endiablé, puis viennent un rock instrumental, une ballade, un blues rapide, un blues lent, ça continue avec deux rocks FM pour enchaîner sur un jump blues, un country blues slidé et finir sur un chant a cappella façon holler. Cette option de changement de styles est assez déconcertante. Chaque titre écouté séparément est intéressant mais l’ensemble ressemble à un grand fourre-tout. Le talent de Mike Eldred n’est pas en cause, l’homme est bon musicien et navigue d’un genre à l’autre avec aisance, mais le manque d’unité nuit sérieusement à ce disque. Invités de marque Scotty Moore plaque quelques accords sur un titre tout comme Kid Ramos (Fabulous T-Birds) et Cesar Rosas (Los Lobos), feu Ike Turner (qui nous a quitté en décembre 2007) joue du piano sur deux chansons, ce qui signifie que des sessions récentes côtoient des enregistrements plus anciens. Un disque qui au final laisse une étrange impression.
Gilles Blampain

Monkey Junk
To Behold

 

Genre musical: Blues, Boogie, Soul
Compositions: 9 sur 10
Livret : Beau digipack
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Le band s’est formé en 2008, et le premier disque paru en 2009 (Tiger In Your Tank) avait créé une agréable surprise. Une vraie tuerie ! Après avoir raflé 8 Maple blues awards (consécration des cercles blues du pays à la feuille d’érable), et avoir décroché la récompense du Best New Artist Debut à Memphis en 2010, revoilà le trio d’Ottawa avec une nouvelle production tout aussi puissante. Blues, boogie, soul, swamp, c’est un vrai festival. Pour avoir joué chacun de leur côté avec les plus grands noms de la scène canadienne et américaine, les trois compères ont un pedigree impressionnant. Steve Marriner (chant, harmonica, guitare électrique et acoustique, plus orgue, Wurlitzer et Hammond), Tony D (guitare, slide, baritone, acoustique), Matt Sobb (batterie et percussions) sont trois superbes musiciens d’une redoutable efficacité pour impulser un rythme frénétique auquel il est difficile de résister. A part une seule reprise ‘You’re Gonna Change (Or I’m Gonna Leave)’ (Hank Williams), tous les titres sont signés par le trio. Une qualité de jeu irréprochable et une originalité certaine classent ce disque au premier rang de la production actuelle.
Gilles Blampain

Purple Cat
Tribute To Big Walter

 

Genre musical: South Side
Compositions: que des reprises
Livret : Magnifique
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.purplecat.fr

On a passé une vie à entendre formuler des épitaphes définitives sur son compte, mais le South-Side bouge encore et continue de se réinventer à petits pas, avec l'éternité dont jouissent les spécimens à métabolisme lent. La preuve : cet album passionnant qui lui rend sa virginité, avec toute la rigueur que réclame le genre. Purple Cat, qui doit en être à son troisième album, réunit quelques vétérans franco-américains autour de René Perrier, chanteur et harmoniciste : Guitar Ray (devinez son instrument), feu Calvin Jones à la basse, Bob Margolin, autre guitare, autre basse (a-t-il, un moment, rempli le blancs laissés par la disparition de Calvin Jones ?), et Charles Malnuit à la batterie, héroïque poilu du blues français. Le quintet célèbre l'un des plus grands souffleurs de blues de l'histoire, Big Walter Horton, celui que Willie Dixon plaçait au-dessus de Little Walter et de Junior Wells. Quatre de ses évangélistes ont gravé leur révérence dans le Mississippi, le cinquième apôtre, Margolin, a posé ses parties dans un studio de Caroline du Nord. Au-delà de l'hommage, l'album reste un grand moment d'authenticité et de religion défroquée. Guitar Ray chante trois titres avec un beau style tout en puissance. Perrier chante tous les autres avec une voix cocasse et tendre qui relève davantage du music-hall. Il abuse un tout petit peu du chevrotement mais ses phrases d'harmonica, courtes et grasses, diction paresseuse et souvent inattendue, sont le gros bonus de cette expédition, partie pour rattraper la mémoire Big Walter et devenue, hélas, l'oraison de Calvin Jones. Les guitares et la section rythmique sont parfaites de pudeur et de dignité. Respect.
Christian Casoni

The Legendary Rhythm & Blues Revue

 

Genre musical: Blues, R'N'B
Compositions: X sur 12
Livret : Simple, coloré, informatif
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Pour avoir participé aux fameuses Blues Cruises, ces croisières musicales qui sillonnent la mer des Caraïbes, et avoir pris son pied dans ce genre de grand raout du blues, Tommy Castro a voulu en recréer l’atmosphère sur disque. Sauf que les enregistrements ont été fait à divers endroits : au cours de la R’n’B Cruise, à Kansas City et divers endroits en Virginie et en Californie, d’avril à octobre 2010. Mais ne boudons pas notre plaisir pour si peu car l’enchaînement des titres se fait sans accroc. Le CD présente une affiche de choix : Tommy Castro, Michael Burks, Joe Louis Walker,  Sista Monica Parker, Rick Estrin, Janiva Magness, Debbie Davies, Theodis Ealey et Trampled Under Foot. C’est du live et certains morceaux s’étirent à l’envi pour le plus grand bonheur de l’auditeur. Inutile de présenter les musiciens de cette parade musicale exception faite des petits derniers de Trampled Under Foot. Le trio est composé de trois membres de la famille Schnebelen de Kansas City, Nick (guitare), Danielle (basse et chant) et Chris (batterie) vainqueurs de l’International Blues Challenge 2008 et qui ont sorti un premier CD en 2010. Un disque agréable à écouter présentant une belle palette d’artistes.
Gilles Blampain