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été 20
Chroniques CD du mois Interview: JUNKYARD CREW Livres & Publications
Portrait: BLIND LEMON JEFFERSON Interview: MAINE IN HAVANA Portrait: ROBERT FRIPP
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

MaI 2011

Albert King with Stevie Ray Vaughan
In Session

 

Genre musical: Solos Idiots
Compositions: Même pas envie de compter...
Livret : Très bien, c'est toujours ça.....
Label : STAX
Distributeur : UNIVERSAL

Question : ce long pensum de solos, si puissants soient-ils, enchaînés jusqu'à la nausée par deux guitaristes particulièrement sensibles partageant, à quelques nuances près, les mêmes tics et le même son, l'un ayant largement déduit son jeu de l'autre, relayant son maître quand il est fatigué d’astiquer son manche, qu’il s'avise de nous pardonner nos péchés et de nous laisser tranquilles, sachant qu'ils sont en train de taper un bœuf et que les chansons n'ont ici qu'une fonction : celle d'amorcer la pompe à phalanges, justifie-t-il qu'on en tire un album (et qu'on ponde une phrase aussi longue) ? Stax le pense, qui réédite cette interminable bavette en version deluxe, avec un DVD de la jam pour prolonger la punition. A la décharge de nos clients, il s'agissait vraiment d'une jam, organisée en 1983 pour l'émission de télé canadienne “In Session”. C’est Albert qui reçoit : la section rythmique et l’organiste sont à lui. Et c'est surtout Albert qui gazouille dans le micro, mais jamais bien longtemps car ils ont vraiment des fourmis dans les doigts et, finalement, pas grand-chose de plus malin à se raconter que ces plans de bœuf interchangeables, qu’on peut prélever sur “Call It Stormy Monday” et transfuser dans “Pride & Joy”, par exemple. Ça marche dans tous les sens et, de toute façon, les chansons ne servent qu’à se vider les burnes. Voilà. Avant d'éteindre, notons encore leur complicité agaçante, trop démonstrative pour être honnête, la Strato paraphrasant presque toujours ce que la Flying V vient d’énoncer. “Quand l’un y va, l’autre le suit, nous sommes Laurel et Hardy.” Vite, un solo !
Christian Casoni

Alexx & The Mooonshiners
Live !

 

Genre musical: Rock
Compositions: 4 sur 8
Livret : Beau Digipack
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Attention, ces quatre là ne reculent devant rien. Ça crépite, ça pète, ça pétarade. Deux filles et deux gars, apprentis sorciers du rythme faisant des mélanges détonants pour un set explosif. C’est une bombe, une fusion de rock et de funk enregistrée live et restituée sur CD pour passer à la postérité. Ils attaquent sans retenue avec une reprise d’AC/DC (‘Whole Lotta Rosie’) et c’est une véritable éruption volcanique avec une rythmique digne d’une coulée pyroclastique. Qu’ils se réapproprient des titres de Kim Wilson période T. Birds (‘True Love’), ou de Vince Taylor (‘Brand New Cadillac’), mais là c’est  pour se rappeler des Clash (dixit Alexx), c’est avec une puissance de feu redoutable. Leurs propres compositions signées Alexx Schroll pour les paroles et Lionel Riss, l’homme aux riffs fracassants, pour la musique, ne font pas non plus dans la minauderie et emballent tout autant le public. Les Mooons mènent leur show comme on livre un combat et ce live capté lors de deux concerts différents sans que l’on note une faiblesse de ton à un moment ou à un autre est la preuve qu’ils se donnent sans réserve à chaque fois.
Gilles Blampain

Billy C. Farlow featuring Mercy
Alabama swamp stomp

 

Genre musical: Swamp Stomp
Compositions: 14 sur 14
Livret : Très beau digipack
Label : CROSSCUT
Distributeur : CROSSCUT

La rencontre s’est faite à San Francisco en 2006 et ce disque en est l’aboutissement. Jean Paul Avellaneda, leader du trio Mercy qui distille un southern blues de la meilleure veine tombe sur Billy C. Farlow, ex-leader du band Commander Cody And His Lost Planet Airmen qui a laissé son empreinte dans les 70’s, et le courant passe. On peut imaginer le dialogue entre les deux protagonistes et les points communs qui scellent rapidement le lien entre eux. Avançons l’hypothèse d’un attachement à un blues référencé John Lee Hooker ou Slim Harpo, à un répertoire dans lequel le rock pointe sa hargne et le swamp sa nonchalance. Voilà donc le résultat de cette collaboration, un blues juteux et épicé qui s’immisce illico dans l’oreille et agit comme un charme vaudou. Billy C. Farlow voix gutturale et harmonica aérien, Jean Paul Avellaneda guitare majestueuse, Bruno Quinonero à la basse et Stéphane Avellaneda à la batterie et aux percussions donnent à l’ensemble une formidable puissance qui irradie du début à la fin du CD. Farlow signe tous les titres dont certains en compagnie d’Avellaneda. Comme l’esprit du blues est présent partout du moment qu’on sait le capter, l’enregistrement s’est fait en haute Provence sur les terres du Français.
Gilles Blampain

Bow Low
What ?

 

Genre musical : Pop Funk 80's
Compositions : 5 sur 5
Livret : Pourquoi pas !
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : christophe@tftlabel.com

Après les albums Slurp Slurp Slurp (2005) et Rock Electric Band (2008), les cinq Français à part sortent un EP 5-titres à la pop funk, FM en diable, orchestrée avec un peu de préciosité et beaucoup d'énergie. Nicolas Camus, Gaspard Macé, Manuel Laisné, Charley Gibot et Johann Delaunay : Bow Low. Ils coupent ce mille-feuilles roboratif en grosses tranches, sur le fil d'un break en gargouillis de synthé, tabassage de tom ou solo hurlant. Bow Low cite Ennio Morricone, mais l'allusion reste l'anecdote de '1000 Horses'. Les voix et les guitares très réverbérantes, ces scénarios obsessionnels jaillis de l'enfance, épopées à tiroirs et double-fonds, sonnent terriblement 80's. Côté réminiscences, on visite la préhistoire de MTV : le Bowie de 'Let's Dance', les Stranglers de 'Golden Brown', Depeche Mode, Human League et même Indochine ! Ça pourrait être pathétique, sombrer dans une éric-morénade new-wave, pourtant c'est rudement bon, mélodieux et chargé, peut-être surproduit mais très excitant, parfaitement canalisé, truffé de pièges 70's… dissimulés sous le traquenard des 80's, histoire de compliquer ce commentaire. Les clubs-discothèques des années 80 étaient sinistres et leurs hymnes, pédants et putassiers. Maintenant que seuls quelques inconditionnels de Kylie Minogue collectionnent encore les reliques de ces années-là, que papillonner autour est devenu un parti-pris intéressant, un rien risqué sur le front du pouvoir d'achat, le psychotonique What? s'impose comme une preuve de goût. La fête retrouve ses imprévus subversifs. Même le J&B-coca a l'air plus gouleyant !
Christian Casoni

DYP
Live At The Black Label Café

 

Genre musical: Blues Rock Zeppelinophile
Compositions: 8 sur 10
Livret : Correct
Label : OXOPROD
Distributeur : MOSAIC MUSIC

DYP pour l’initiale des prénoms. David Guézennec, Yvan Derrien, Philippe Brunel pratiquent un blues progressif dont les stratopathes adorent se gargariser les trompes d'Eustache. Chez DYP c'est le bassiste qui chante (David), très influencé par Led Zep. On ne devient pas une scie musicale par caprice, David n'a pas la puissance de Robert Plant, mais il chante très honnêtement. L’album est enregistré live dans un club de Brest. Il démarre sur un boogie atmosphérique dont la réserve swamp est balayée, dès le titre suivant, par un énorme blues-rock à la réverbe apocalyptique. Les humeurs noires de la guitare font ressortir la clarté du chant. La messe est dite dès la troisième plage : on entre dans un jeu baroque où le soliste (Philippe) devient vite l'unique attraction de l'histoire et la voix, l'amuse-gueule du solo. La sobriété de la basse et de la batterie (Yvan) contraste avec la volubilité de la guitare. Ceci posé, Philippe, soliste par une sorte de déterminisme, est excellent, chargé de feeling et d'énergie, avec un capital de plans assez fourni pour se renouveler en permanence, et monter des ambiances spectaculaires dans une grande économie de moyens. Si on aime les albums pleins de triolets et de bends effrayants, celui-ci est taillé sur mesure, avec deux gros atouts : DYP est un trio, et il n'a pas les moyens de sa mégalomanie. Trois, c'est le commando idéal pour faire front dans la lumière noire. A trois, le rock'n'roll est obligé. Le manque de moyens les garde des aventures tragi-comiques à la Bonamassa. Bref, un genre de sincérité naturelle que le blues, fût-il rock, enfile comme un gant !
Christian Casoni

Eric Bibb
Troubadour live

 

Genre musical: Folk Blues
Compositions: 9 sur 11
Livret : sobre avec de beaux portraits
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Guitariste élégant, bluesman chanteur de charme, on est tenté de dire qu’Eric Bibb est toujours parfait. Rien à redire sur sa dextérité à manier une guitare, qu’elle ait six ou douze cordes, aucun reproche non plus sur le timbre de sa voix et la chaleur de son interprétation. Le bonhomme a un grand talent, un point c’est tout. C’est un fait. Ayant longtemps vécu en Suède, il est souvent allé jouer à Uppsala au Katlin And All That Jazz et il considère d’ailleurs Katlin la patronne des lieux comme une amie proche. Voilà donc Eric Bibb en terrain connu pour un tour de chant intimiste et chaleureux. Accompagné par Staffan Astner à la guitare électrique sur six titres, les cordes sont légères et déliées autant que la voix est chaude. Le spectacle s’enrichi à un moment de la présence de Psalm4 (trio gospel) pour quatre chansons, soit André De Lange, Paris Renita et Glen Scott au chant, ce dernier étant également au piano. C’est un moment de plénitude. Le disque se termine par une prestation saisie lors d’un concert printanier au Parc Floral de Paris toujours accompagné de Staffan Astner, mais avec en plus Trevor Hutchinson à la basse et Per Lindvall à la batterie pour 11 minutes 20 de pur plaisir avec ‘People Get Ready/Get On Board’ de Curtis Mayfield.
Gilles Blampain

Hell's kitchen
Dress to dig

 

Genre musical: Phychoblues
Compositions: 12 sur 12
Livret : Beau digipack
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

C’est une joviale frénésie, une agitation musicale enfiévrée. On entend quelques accords de guitare, des percussions métalliques, une basse ronflante ou des riffs répétitifs, des grincements, des grondements, des explosions. Le trio genevois qui ne laisse personne indifférent revient avec ses sonorités urbaines, ses dérapages et ses dissonances.  En mixant dans une énergie tonitruante, le son sourd ou grinçant des outils, des matériaux de récupération, du plastique, du métal, des ressorts, avec les instruments de musique et la voix, les 3 gaillards nous entraînent dans une dimension parallèle. Ils triturent les sons, malaxent les harmonies, distordent les mélodies, étirent les temps et crachent les mots. C’est gonflé, audacieux, ils se permettent tout et de joyeuses pépites surgissent de ce foutoir jubilatoire. Une valse lente déjantée succède à un punk blues débraillé et ça repart sur un rythme endiablé. Invité de marque, Rodolphe Burger qui est à la guitare sur 3 titres, chante sur l’un d’entre eux (‘You Don’t Give Up’). Essentiellement anglophone, un texte chanté en français (‘Vilain Docteur’) se glisse en douceur au milieu de ce cocasse bric à brac instrumental.
Gilles Blampain

Lightnin' Malcolm
Renegade

 

Genre musical: Mixed Blues
Compositions: 13 sur 13
Livret : Simple
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

On est happé dès le premier titre. C’est basique : une guitare, une batterie. Le groove est grave. Les sons qui sortent de la guitare de Lightnin’ Malcolm sont lourds et saturés, Cameron Kimbrough à la batterie marque le tempo et une énergie débordante gicle des enceintes. Malgré tout une voix claire et agréable apporte un effet de légèreté à l’ensemble. La performance a été scellée à Claksdale et l’âme du Mississippi blues émerge de ces sons torturés. C’est lancinant, hypnotique, entêtant, mais en écoutant bien, la ligne mélodique se révèle pourtant élaborée. Pour cause, ce blues revêt les atours de la soul et du funk avec l’arrivée de cuivres sur certains titres, le reggae et sa dégaine de rasta n’est pas non plus étranger à cet habillage et le phrasé hip hop qui fait danser les mots vient parer d’autres passages. En renégat qui ne connaît que sa propre loi, Lightnin’ Malcolm s’affranchit des cadres et va son chemin en créant la musique qu’il aime. Certes, il vient du pays du blues, mais dédaignant la doxa, il signe et produit les 13 titres de cet enregistrement en mélangeant les styles avec bonheur. L’ouverture d’esprit est toujours enrichissante, surtout quand elle s’exprime avec talent.
Gilles Blampain

Nina Van Horn CD + DVD
Ashima India Tour

 

Genre musical: Blues
Compositions: 7 sur 18
Livret : Un vrai batik
Label : WOLF PRODUCTIONS
Distributeur : MOSAIC

La prestation a été captée live au club Blue Frog à Mumbai en juillet 2010. Slim Batteux est à l’orgue, Marten Ingle tient la basse, Julien Audigier est assis derrière les fûts et Masahiro Todani est en charge des mélodies à la lead guitar. L’ambiance est feutrée, le son est moelleux, et le blues a parfois le velouté de la soul. Nina Van Horn en grande forme reprend le répertoire de Hell Of A Woman en révérence et référence aux créatrices du genre, Ma Rainey, Victoria Spivey, Lil Green, Alberta Hunter, entrecoupant les chansons d’anecdotes concernant ses grandes devancières. Mais le tour de chant ne se limite pas à un salut aux disparues, des titres plus récents signés Larry Crockett, Phil Bonin, Neal Black, Eric Clapton, s’inscrivent également dans la soirée. Nina a vu les choses en grand et présente son tour de chant de la manière la plus aboutie qu’il soit. Ce sont donc un CD et un DVD qui se nichent au sein d’un coffret aux enluminures indiennes. La plupart des titres sont à la fois sur le CD et le DVD mais quelques uns se trouvent uniquement sur l’un ou sur l’autre. Si on prend le temps de rester devant un écran on peut donc suivre le spectacle dans sa totalité grâce à une très belle vidéo d’une heure et demie, avec quelques bonus en prime. 
Gilles Blampain

Pierre Sibille
Since I ain't got you

 

Genre musical: Soul
Compositions: 11 sur 12
Livret : Sobre
Label : BLUES' UP
Distributeur : NAIVE

Il ressort de cet enregistrement un sentiment d’épanouissement. Des mots et des notes maniés avec finesse pour une soul music stylée et classieuse où le blues et le jazz s’invitent parfois au détour d’un titre. Pianiste/organiste vif et délicat, harmoniciste subtil, chanteur touchant, crooner pas crâneur, Pierre Sibille installe des ambiances mélancoliques ou joyeuses dans lesquelles on se laisse envelopper sans réticence. L’aisance et l’élégance de l’interprétation, tant dans le verbe que dans la mélodie, donne une certaine grâce à l’ensemble. Pierre Sibille signe toutes les partitions, pour les textes, quand il ne les écrit pas lui-même, il sait choisir ses auteurs. Deux titres chantés en français, dont une belle reprise de ‘Merde A Vauban’ (Pierre Seghers/Léo Ferré), s’inscrivent sans rupture dans la set list anglophone. De chaque chanson sourd un frisson sensuel, une émotion trouble et pénétrante. Sur des tempos toniques ou relax, entouré de ses compagnons de longue date Richard Arame (guitare), Jaco Largent (percussions) et d’une kyrielle de talentueux musiciens, le french man qui étonne les new-yorkais livre avec ce disque une très belle production.
Gilles Blampain

Samantha Fish
Runaway

 

Genre musical: Rock
Compositions: 9 sur 10
Livret : Simple
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Elle vient de Kansas city, Missouri. Elle a 22 ans, une allure frêle, mais elle envoie un truc digne d’un vieux baroudeur du rock. Bravo, pour un premier disque c’est plutôt bien. Il y a de l’audace et beaucoup d’énergie dans cet enregistrement. Agréable chanteuse, les sons qu’elle tire de sa guitare sont bourrés de punch. Attention, elle ne brise pas les codes, ne révolutionne rien, mais ce qu’elle fait est bien. Tout est bien ficelé et s’écoute avec plaisir. Riffs acérés, atmosphères épaisses et un côté rageur qui accroche. Au gré des titres la demoiselle injecte le mordant du rockabilly, la moiteur du swamp ou l’excitation du funk dans ce qu’elle exprime. Elle décline la gamme du rock et du blues avec une réelle aisance. Ajoutons que son talent ne se borne pas à (bien) exécuter, elle se révèle être également une sérieuse auteure-compositrice. Elle signe 9 titres et reprend ‘Louisiana Rain’ de Tom Petty. Cassie Taylor est à la basse et Jamie Litte à la batterie, plus Samantha, c’est donc à trois, pas plus, que l’ensemble à été mis dans la boîte pour ce retrouver sur ce CD.
Gilles Blampain

Shaggy Dogs
Who Let The Shaggy Dog Out ? !

 

Genre musical: Pub-Rock Louisianais
Compositions: 13 sur 13
Livret : Un très beau rouge et noir rétro-moderne, avec paroles
Label : FIRST OFFENSE RECORDS
Distributeur : MOSAIC

C'est français, surpuissant, volumineux, rigolo et ça tape dans les années 50, 60 et 70, une véritable bombe à fragmentation ! Disséquons ce clébard mal coiffé pour tâcher d’identifier les références les plus flagrantes : Dr Feelgood, Inmates, Screamin' Jay Hawkins, B52's… Feelgood car il y a du Lee Brilleaux dans le chant et du Wilko Johnson dans le riff. 'Communication Rules' a presque l'air d'une citation. Le riffeur est un génie enragé, surprenant dans son classicisme. A la longue, on finissait par oublier ces guitaristes riffant en double-stops comme Chuck Berry ou Peter Gunn. Les Inmates, c’est pour cette soul massive, ouvrière, posée sur l'ampli de la guitare, chantée avec une conviction vintage ('I'm Just A Man'). Ce n'est d'ailleurs certainement pas par hasard que leur label s'appelle First Offense Records. Côté clins d'œil du reste, on frise le tic nerveux, du "Beware Of The Dogs Tribune" qui fait le livret, au titre-même de cet album, allusion à l'hymne d'un carnaval antillais écrit par un certain Shaggy, juste l'année où le groupe était né (1998). Screamin' Jay, surtout à cause du chant paroxystique et distancié, toujours tragique pour rire. B52's enfin pour la surboum menaçante et l’allégresse tendue. Prélevons maintenant les organes : Jacker gratte, Toma basse, Guillermo tome, Red (ex-Greenbullet) voc-harmonicise, et Al Scott produit. Plus un saxo, deux trombones, un piano et un orgue. Replaçons tout ça dans l'écorché, recousons lui sa fourrure hirsute, voilà une sorte de pub-rock tropical, genre Dr Feelgood, traduit de l'anglais vers le louisianais. La voix pousse comme une section de cuivres, l'harmo aussi, la guitare pareil… On en pleure de joie !
Christian Casoni