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10/20
Chroniques CD du mois Interview: ALMANAK Livres & Publications
Portrait: W.C HANDY Interview: lee o'nell blues gang Dossier: FENDER STRATOCASTER
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

Mars 2011

Alligator Records
40 th Anniversary Collection

 

Genre musical: Blues-Rock surtout,West-Side Soul,Louisiane et ballades aussi
Compositions: compil 38 titres
Livret : Somptueux
Label : ALLIGATOR RECORDS
Distributeur : SOCADISC

Pour fêter ses noces d'émeraude, le saurien met sur la table une pièce montée deux-étages : 2 x19 titres. Presque 40 bougies. Il avait déjà fait le coup le jour de ses 25 ans, avec un mémorial taillé dans le même marbre : grand chic noir, doré à l'or fin. Si vous ne deviez acheter qu'un album ce mois-ci, le voilà, fût-ce une compile. Vous n'aurez jamais assez d'un mois pour faire le tour d'un pareil monument. Toutes les cariatides du label sont là, aucune n'est mise en vedette contre les autres, le piédestal est vraiment collectif. Le premier CD tape franchement blues-rock, le deuxième est plus coloré, plus confidentiel (Louisiane, pop-rock, ballades), mais le contraste reste très harmonieux. L'album se ferme sur un gospel mélancolique de JJ Grey & Mofro, qui semble trahir la nostalgie du patron pour ses débuts et son âge d'or, comme si le petit jeune de l'écurie exprimait, pour Iglauer, le deuil de tous les amis qui ne fêteront pas l'événement. Le catalogue pèse 4 décennies. Inévitablement, une bonne partie des convives ne soufflera les bougies qu'à titre posthume. Bruce a 8 lustres d'archives sur la platine pour jouer au DJ, enchaîner un programme d'enfer et s'offrir une célébration magnifique. La représentation féminine n'y est pas anecdotique. Parité raciale, parité fédérale même, il a pensé à tout. Ce flip-book, ventilé sur 80 équinoxes, court les calendriers avec une étonnante cohésion. En remontant le totem dans l'ordre chronologique en revanche, on découvre un label qui lutte pour survivre : le catalogue blanchit et se popifie inexorablement. Koko et Hound Dog au début, Marcia Ball et JJ Grey à la fin… Est-on encore chez Alligator? Le saurien se laisse un peu trimballer par le courant, mais la rivière s'appelle toujours Bonne Musique
Christian Casoni

Big Dez
Lazy star

 

Genre musical: Rock, Soul,Blues
Compositions: 11 sur 11
Livret : Beau digipack
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : MOSAIC

Il ne faut pas se fier à la couverture du digipack, il n’y a rien de languide dans le contenu de ce CD, c’est carré, puissant et un tantinet excité avec un effet de tornade qui emporte tout sur son passage. Un fond de blues, un brin de soul,  pas mal de funk, une touche de pop et même, semble-t-il, par moments un zeste de country, mais dans l’ensemble c’est la force du rock qui domine. Certains gimmicks font resurgir en mémoire des titres enfouis dans les limbes du siècle passé, mais ils sont habilement retaillés et soutiennent une création originale. Les riffs de Phil Fernandez sont cinglants, épaulés par les superbes interventions de Marc Schaeller à l’harmonica et de Bala Pradal aux claviers. Rodolphe Dumont à la guitare, Lamine Guerfi à la basse et Stéphane Miñana à la batterie ne sont pas en reste et assurent une rythmique à toute épreuve. Contrairement aux 4 disques précédents, le band est resté cette fois-ci en Europe et a enregistré en France, seul le mastering a été fait outre-Atlantique. Pour cette Lazy Star, Bala Pradal a signé un titre tandis que Phil Fernandez en a signé 10 et a assuré la production.
Gilles Blampain

Charles Pasi
Uncaged

 

Genre musical: Jazz, Funk
Compositions: 11 sur 12
Livret : Pas vu
Label : BELIEVE
Distributeur : EMI

Après avoir retaillé différentes facettes du blues dans son précédent CD, Charles Pasi nous entraîne cette fois-ci dans des contrées où jazz et funk dessinent le paysage. Crooner à la voix légèrement râpeuse, Charles Pasi installe des ambiances décontractées où le temps semble suspendre sa course tandis que l’instant d’après un sursaut d’énergie vient cueillir l’auditeur dans sa rêverie. L’harmonica vibrionne, guitares et orgue à l’unisson escaladant la gamme crescendo. Ballades cools et funk électrisants se disputent donc la set list. Constamment entre nonchalance et fougue, en s’affranchissant des contraintes l’ensemble donne un album élégant et moderne, mis en valeur par un grain de beauté de nostalgie. Grand invité de marque, Archie Shepp apporte toute la chaleur de son saxophone sur deux titres et adoube ainsi le jeune Charles, confirmant de cette façon, s’il en était encore besoin, son talent. Avec d’agréables mélodies, de beaux solos et un enthousiasme contagieux, ce mélange de douceurs et d’âcreté fait d’Uncaged un très bel exercice qui nous tient d’un bout à l’autre dans un état d’apesanteur. Une reprise de choix vient clore le CD ‘Dream A Little Dream Of Me’.
Gilles Blampain

Mr. Hardearly - DVD
Nuit du blues 2010

 

Qualité d'image : Bonne
Qualité du son : Bonne
Qualité de bonus : Pas de bonus
Qualité du livret : Plein de photos
Durée approximative : 1h23'21''
Label : EL GROTTO
Distributeur : hardealy@free.fr

Vous appréciez le talent de Mr Hardearly mais vous n’avez jamais eu la chance de le voir sur scène, ce DVD tombe donc à point. Cette nuit du blues filmée à Montmorency le 4 décembre 2010 permet d’être au cœur de la prestation scénique. C’est solide, musclé et festif. Mr. Hardearly, en trio ou avec le Blues Thangs Orchestra, envoie un hard blues musclé ou un soul blues de la meilleure veine avec chœur féminin et section de cuivres. L’image est bonne et le son est sans reproche. Si Mr. Hardearly occupe le devant de la scène dans son rôle de leader, ses huit compagnons ne sont pas de simples faire-valoir et prennent quelques chorus à bon escient.  Pas de temps morts dans ce concert filmé en plans serrés pour être au plus près des musiciens. Le répertoire est constitué de nombreux titres originaux auxquels se mêlent des reprises de Stevie Wonder, Edgar Winter, Steve Cropper, Lennon-McCartney, revues et corrigées de belle manière par le band. Ce DVD étant peut-être  le premier d’une série, il risque de devenir un collector…alors à vous de voir.
Gilles Blampain

Mr. Tchang & the Texas Sluts
Too many people in here

 

Genre musical: Soul, Funk, Blues
Compositions: 12 sur 13
Livret : Pas vu
Label : SOUND SPIRIT
Distributeur : www.texassluts.fr

Avec un groove irrésistible ce disque est fait pour exciter les sens. Le band est parfaitement rôdé et la complicité  qui se devine entre les musiciens donne un résultat chaleureux, enjoué et plaisant. Savoureux mélange de soul, de blues, de funk et parfois même de pop, ça pétille d’un bout à l’autre. L’ensemble est agréable à écouter avec des tempos dynamiques et une voix claire et bien posée. L’exécution est parfaite et selon les titres il y a une sorte de facétie dans l’interprétation quand ce n’est pas une pointe de nostalgie. Guitare et orgue s’entremêlent dans de voluptueuses envolées et les cuivres viennent pimenter l’affaire. Il y a une certaine décontraction classieuse qui donne à ce disque un charme réel et une sensualité sous-jacente. C’est virevoltant, aérien, voilà un CD fait pour remplir les dance floors avec une onde de choc des plus chics et qui révélera peut-être les Tony Manero de la décennie. La seule reprise du disque ‘Can’t Let Go’ est un titre signé par le regretté Sean Costello. Le plaisir d’écoute ne s’émousse pas une seconde au fil des morceaux pour se terminer en apothéose sur un funk chauffé à blanc de près de12 minutes qui devraient ravir DJs et danseurs.
Gilles Blampain

Music Maker Revue
Live in Europe

 

Genre musical: , Blues, Boogie
Compositions: 14 sur 14
Livret : Très beau digipack
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDIE

Tim Duffy le patron de la Music Maker Foundation officiant toujours pour la reconnaissance des créateurs originels du blues a mis sur pied des tournées avec quelques artistes dont le talent n’est pas encore assez largement mis en valeur. Ce CD est donc le reflet de la dernière série de concerts ayant eu lieu en Europe. L’enregistrement a été fait pour la plus grande partie à Anvers en novembre 2010, les prestations de Dr. Burt et Albert White, pour leur part, ont été captées à Vienne en juillet de la même année. Pura Fé ouvre le show avec 2 titres, puis Dr Burt entre en scène pour une chanson. Suivent Eddie Tigner (3 titres), Alabama Slim (3 titres), Albert White (1 titre), Pat ‘mother blues’ Cohen (3 titres). La prestation haut de gamme, toute de swing, de feeling et de finesse se termine par un final rassemblant tous les artistes auxquels se joint le belge Howlin’ Bill pour un chaleureux ‘The Blues Is Alright’. Blues, boogie, bruts ou sophistiqués, se succèdent tout au long des 70 minutes que dure le disque. Saluons cette coopération du label Dixiefrog, du tourneur Nueva Onda et de la Music Maker Foundation. Plusieurs qualificatifs pourraient définir ce CD : superbe, touchant, véridique. Peut-être bien les trois à la fois.
Gilles Blampain

Neal Black & the Healers
Sometimes the truth

 

Genre musical: Blues - Rock
Compositions: 12 sur 13
Livret :.Digipack
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

De sa voix rocailleuse Neal Black nous parle d’une Amérique dont le rêve s’est évanoui. New York ville de dingues, L.A miroir aux alouettes, amours perdus, destins à la dérive, de Chicago à Dallas, quand dollars, alcool et came foutent tout en l’air. Parfois il vaut mieux taire la vérité pour rendre la vie moins moche. Et forcément pour être crédible Neal Black, ne s’enferme pas dans un carcan musical, ni Texas, ni Chicago, pas plus que West coast ou New York, il impose sa propre marque avec brio. La violence explose sur de superbes blues teintés de rock, le boogie apporte également son punch, mais cette tension s’apaise par moment avec de très belles interventions au Dobro pour de jolies ballades. Déjà bien entouré par un band au top avec Kim Yarbrough à la basse, Vincent Daune aux baguettes et Mike Latrell à l’orgue ou au piano, Neal Black a convié des invités de choix pour cet enregistrement. C’est ainsi que Nico Wayne Toussaint et Mason Casey posent de superbes parties d’harmonicas, et que Fred Chapellier et Popa Chubby ornent quelques titres avec leurs solos de guitare. Apre et bouillonnant, ce CD enregistré des deux côtés de l’Atlantique, est une vraie réussite.
Gilles Blampain

Stevie Cochran
The next stage

 

Genre musical: Blues, Rock
Compositions: 14 sur 14
Livret : Digipack
Label : BLUES BOULEVARD
Distributeur : MUSIC AVENUE

Bon, dés la pochette, inutile de vous dire qu’on n’est pas dans la même cour que Justin Bieber. En même temps, si vous lisez ceci, c’est que ce garçon ne vous inspire rien d’autre que le mépris inhérent aux parents d’adolescentes dont la musique tourne en boucle à fond dans la chambre du dessus. Stevie Cochran n’en est pas à son coup d’essai, puisque le bonhomme tourne depuis les années 90.  Vous retrouverez ici tout ce qu’un bon fan de blues-rock à guitare aime : des soli efficaces, de la voix polie au bourbon, du riff, de l’embardée électrique. Les références sont nettes et sans grande originalité : Jimi Hendrix, Eric Clapton, Stevie Ray Vaughan et à mon avis, Johnny Winter. C’est efficace, sans prétention. Le vrai problème, finalement, c’est que c’est désormais tellement téléphoné, que produire quelque chose d’original dans ces horizons n’est guère évident. On retiendra « Next Stage » et « Hard To Say » au son inspiré des premiers Doobie Brothers, ou “Waiting With You” très Joe Walsh, soit quelques titres dont l’inspiration sort un tant soit peu des sentiers battus, et dont l’écriture fait dresser furieusement l’oreille. Le reste est un agréable mélange de blues-rock à grosses guitares teinté d’orgue et de sax, sympathique, mais moins intéressant. Ce serait une bonne chose que Cochran fouille ce sillon rock plus original, ce qui devrait promettre un très bon disque.
Julien Deléglise

Ten Foot Polecats
I Get Blamed For Everything I Do

 

Genre musical: Hill - Country, Punk
Compositions: 7 sur 13
Livret : Très, très bien
Label : HILLGRASS BLUEBILLY RECORDS
Distributeur : NAYATI DREAMS

Avec leur pédigrée en éventail, ces aristochats ne remporteront pas le Coussin d'Or d’une quelconque exhibition féline. Les fiers bâtards de Boston publient leur premier vrai album (si on excepte une autoproduction cinq-titres en 2008) entre blues, country et punk, croisement désormais répandu mais toujours aussi jouissif. Toutes choses égales par ailleurs, on pourrait parler de metal hillbilly, de boogie agricole ou de Delta garage. Dénominateurs : une funk sudiste de type ‘Boogie Chillen’, des poussées de fièvre free country, comme on dit free jazz, la même acidité et, côté jardin, le même genre de biture périlleuse, plus un je-ne-sais-quoi de psychédélique, quelque chose de distant, d'inachevé dans les arpèges. Les trois Damned rednecks chantent comme George Thorogood et déclenchent un énorme balloche tribal avec la rigueur du rockabilly le plus crasse. (Le nom du groupe fait si bien référence au rockabilly.) Jay Sheffler (chant, harmo), Jim Chilson (guitare), Dave Darling (batteur, aujourd'hui remplacé par Chad Rousseau), ne sont plus tout jeunes, plus tout sveltes, plus tout chevelus, mais quand ils reprennent le ‘Big Road’ de Tommy Johnson, c'est avec le même enthousiasme juvénile que les White Stripes attaquant la ‘Death Letter’ de Son House. Une version rock'n'roll parfaite. I Get Blamed serait resté le baroud débraillé d'une bande de potaches sans la neuvième plage, ‘Couple More Miles’, dont un vers titre l'album. Cette ombre mélancolique presque déplacée en modifie le destin et lui donne, tout-à-coup, une épaisseur étonnante. Ils seraient fantastiques en jeunes filles sensibles, mais ils ont choisi le camp des Spuckler, cette famille de baltringues qui vit aux confins de Springfield (in Les Simpson). Et cet humour est tout à leur honneur.
Christian Casoni

Zed Head
Mortal man

 

Genre musical: Blues-Rock, Southern-Rock
Compositions: 12 sur 14
Livret : Bon
Label : BLUES BOULEVARD
Distributeur : MUSIC AVENUE

Des filles, des Harleys, des bagnoles, des têtes de mort, de la cheap sunglasses. Ca sent le mélange indécent de California Dreaming et de Southern Rock from Tampa. Seule petite objection, Zed Head est originaire du Canada. Bon, en même temps, le meilleur Heavy Rock tendance Stoner provient de Suède, alors, les références… Ce groupe est avant tout un binôme composé de Neil Chapman à la guitare et au chant, et de Johnny Burkitt à la basse et au chant. Les autres musiciens sont venus se greffer au gré des sessions, sans que cela ne s’en ressente dans l’interprétation par ailleurs. Donc, si vous aimez ZZ Top, Lynyrd Skynyrd, et les derniers albums de Clapton, vous devriez vous y retrouver. Le mélange est sympathique, bien joué, avec des soli piquants et inventifs. Les voix n’en font pas des tonnes, l’harmonica sait affirmer le côté blues. L’écriture est de facture classique, largement influencé de tout ce que le blues et le rock ont proposé depuis ces quarante dernières années. Il ne vous sera pas difficile d’y aimer telle ou telle chanson, on est en terrain connu. Néanmoins, ce disque s’écoute avec un plaisir non feint. C’est de la good time music, sans prétention, mais réjouissante et hargneuse. Ce qui manque trop cruellement dans les groupes actuels pour bouder ce plaisir simple et généreux. D’ailleurs Burkitt vous le confirmera dans la première photo du livret, avec sa barbe zz-topienne et son majeur.
Julien Deléglise