blues again en-tete
12/22
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Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

DECEMBRE 2022

Betty Jane
La Voisine En Culotte

Genre musical: Rock cocasse   
Label : Kebra’s Records
Distributeur :
iTunes, Spotify, Bandcamp, Deezer

Autrice-compositrice, chanteuse, guitariste et comédienne, la scène est son lieu de prédilection, et cet enregistrement va certainement agrandir le cercle de ses fans. Entre rock sixties et punk seventies, Betty Jane déborde d’énergie. Sa prestation bouscule les cadres habituels avec une musique coup de poing, faite de fièvre et d’exubérance. Elle nous entraîne dans son univers un peu déjanté en nous racontant des histoires tordues avec un ton ingénu. Et grâce à sa technique et à son humour elle s’inscrit sans conteste dans la lignée de formations comme Au Bonheur Des Dames, Odeurs ou Elmer Food Beat. A travers des chansons qui accrochent autant par leurs rythmes que par leurs textes on se laisse emporter avec plaisir.L’expression est francophone et les mots dansent avec une belle allégresse. Ce premier EP révèle en 5 titres (le 5ème étant la reprise en anglais du 1er) une artiste (et/ou un groupe) qui devrait trouver aisément sa place dans le paysage musical. Betty Jane est entourée par Olivier Orry à la guitare, Olivier Moineau dit Le Belge à la basse et Laurent Zabalia alias Lau El Karaï à la batterie. C’est dynamique, le band évite toute fioriture, va droit au but et fait mouche à chaque titre. L’ensemble festif et joyeux entraîne l’auditeur dans une explosion de liesse.
Gilles Blampain

Cactus
Evil Is Going On – The ATCO Albums 1970-1972

Genre musical: Hard-blues/proto-heavy
Label : HNE Recordings Ltd
Distributeur : Cherry Red Records 
    

Personne n’avait osé le faire, et Cherry Red l’a fait. C’est une sorte de fantasme de vieux fans de heavy sound, car Cactus est désormais un groupe culte du hard-blues heavy de la jointure historique 1968-1972. Et qui plus est l’un des plus beaux, car on est proche de la quintessence mythique. Cactus est l’alliage de la scène de New York (Tim Bogert basse/chant, Carmine Appice batterie, section rythmique culte de Vanilla Fudge) et de Detroit (Jim McCarty, guitariste de Mitch Ryder And The Detroit Wheels, Rusty Day, chanteur des Amboy Dukes de Ted Nugent sur l’album Migration de décembre 1968). Cette réunion est liée à l’accident de voiture de Jeff Beck fin 1969. Alors qu’il envisage une réponse à Led Zeppelin avec Rod Stewart au chant, Tim Bogert à la basse et Carmine Appice à la batterie, il doit se remettre pendant presque un an de ses blessures. La connexion entre New York et Detroit va se faire via le Buddy Miles Express basé à New York. Le groupe est doté d’un petit prodige à la Gibson Les Paul : Jim McCarty. Tim Bogert et Carmine Appice, section rythmique de Vanilla Fudge, ont commencé à monter un nouveau groupe après la séparation du Fudge. Terry Kelly en est le guitariste, et la formation joue en trio avec Tim Bogert au chant. Si Kelly se débrouille bien, il a de sérieux problèmes avec l’héroïne, un très mauvais présage pour un groupe en gestation et aux objectifs clairement nationaux. Le pianiste du Buddy Miles Express, Duane Hitchings, leur présente McCarty, et le courant passe immédiatement. Les trois ont la même vision d’un blues-rock ultra-électrique, survolté et irrévérencieux, un peu dans la lignée de Led Zeppelin dans l’esprit, mais avec clairement l’approche New York/Detroit dans la musique, ce qui les différencie de la bande à Jimmy Page et des groupes heavy anglais.

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Jahzz
"Women"

Genre musical: Reggae-jazz
Label : UTOPIA
Distributeur : BACO MUSIC  
    

Il n’y a pas à s’étonner du nom du groupe quand on sait que c’est un hommage au jazz jamaïcain. Il était comme une évidence que jazz et reggae dont les notes se sont envolées des ghettos se retrouvent et se confondent un jour. Le groupe rassemble des musiciens jamaïcains, européens et américains. Jimaï et Kubix sont aux guitares, Fabien Marly tient la basse, Charles Laubé et Anthony Griffiths se partagent la batterie, et on retrouve Jimaï et Fabien Marly aux percussions, Tyrone Downie, Denis Fénelon et Calvin Bennion sont aux claviers (piano et orgue), Vin Gordon souffle dans le trombone, Olivier Dullion est à la trompette et Thomas Vahle et Guillaume Briard sont aux saxophones. Le chant est assuré par Christelle Ivanès, Nella Nemorin, Mirna Haje-Bègue, Soukeïna Koné, Jean-Michel Ivanès et sa famille Joshua, Yasmine, Sarah et Elyas. Le regretté Lee Scratch Perry fait une apparition pour le titre ‘People Funny Boy’. La set list mêle pièces instrumentales et partitions chantées mettant à l’honneur les cuivres et les voix féminines. L’album aligne une quinzaine de compositions en grande partie originales et quelques belles reprises comme ‘Hypocrits’ de Bob Marley, ‘Tainted Love’ popularisée dans les années 60 par Gloria Jones et ‘Ain ‘t No Sunshine’ de Bill Withers.
Gilles Blampain

Johnny Rawls
Going Back To Mississippi

Genre musical: Soul-blues
Label : Continental Blue Heaven
Distributeur :
SOCADISC    

Chanteur, guitariste, arrangeur, auteur-compositeur et producteur, Johnny Rawls a une carrière qui s'étend sur plus de cinq décennies au cours desquelles il a récolté un grand nombre de récompenses. Et à 70 ans passés qu'il joue dans un petit club ou un grand festival il assure ses 200 dates annuelles. Going Back To Mississippi est son 21ème album. En 2019 il a effectué une tournée en Europe accompagné par The Özdemirs, un trio allemand d'origine turque, composé d'Erkan à la basse et de ses fils Kenan à la guitare et Levent à la batterie et de l'Italien Alberto Marsico à l'orgue Hammond. Le feeling est si bien passé entre tous ces musiciens qu’ils ont décidé de se retrouver en studio pour faire cet enregistrement soul-blues qui nous entraîne au cœur du Mississippi. Une prestation subtile et élégante agrémentée sur certains titres d’une section de cuivres. La voix de Johnny Rawls est majestueuse et ne laisse personne insensible. Chaude, puissante et douce à la fois, enveloppante, pleine de délicatesse et de feeling. Une prestation qui parle autant à l’esprit qu’elle prend aux tripes. Le frisson est garanti. Les 10 chansons s’enchaînent en 40 minutes, il n’est donc pas question que l’ennui s’installe. Un disque original et séduisant qui s’écoute comme on déguste un mets d’exception. Un vrai moment de bonheur.
Gilles Blampain

Justine Blue
True

Genre musical: Soul, blues, jazz…
Label : Kebra’s Records
Distributeur :
iTunes, Spotify, Deezer, Virgin     

Ses domaines de prédilection sont le blues, le jazz, la soul, le rhythm’n’blues, le funk. Avec Just In Blues Band elle avait décroché le premier prix Révélation au Tremplin Blues sur Seine en 2017. Autrice-compositrice, Justine Blue revient dans une nouvelle formule avec cet album fait d’atmosphères subtiles et légères qui ne manquent toutefois pas de swing. Elle n’est pas seule, Enzo Taguet est aux guitares, Romain Delorme tient la basse, Toussaint Guerre s’occupe des claviers et du saxophone, Pedro Coudsi et Curtis Ella Foua se partagent la batterie, plus des chœurs et des cuivres. Artiste au style élégant, elle tient l’auditeur sous son charme. Elle nous offre 11 compositions originales et reprend dans une version très personnelle ‘Willie And The Hand Jive’ de Johnny Otis et ‘Yellow Moon’ d’Aaron Neville. Il y a dans cette production de joyeuses sonorités et Justine Blue chante d’une voix claire et sensuelle, portée par de charmantes mélodies et de brillants solos. Tout coule avec brio et avec une aisance évidente. Un disque d’une belle teneur, au groove puissant, très agréable à écouter. Les connaisseurs apprécieront de savoir que l'enregistrement a été produit par Neil Conti, considéré comme le grand sorcier anglais du rythme et du son.  
Gilles Blampain

Kai Strauss
Night Shift

Genre musical: Blues, funk, soul 
Label : Continental Blue heaven
Distributeur : SOCADISC
   

Durant son adolescence son oreille a été accrochée par Stevie Ray Vaughan, Albert King et Buddy Guy. Il s’est lancé en 1995, après avoir à peaufiner son art pendant des années lors de jam sessions. Plus tard, au sein des Bluescasters du texan Memo Gonzales il a écumé les scènes d'Europe et des États-Unis jusqu'en 2010, date à laquelle il a décidé de voler de ses propres ailes. Il fait partie du petit cercle de musiciens européens auxquels artistes et critiques américains reconnaissent un style incontestable. A 52 ans, à la tête de sa formation The Electric Blues All-Stars et lauréat de plusieurs German Blues Award, il sort son 7ème album, jouant un blues dans lequel s’incrustent funk et soul d’habile manière pour créer un son captivant. La voix grave de Kai Strauss et son jeu de guitare nerveux en ont séduit plus d’un, dont Bruce Iglauer le patron d'Alligator, qui dit de lui : « Kai Strauss est un bluesman subtil et sophistiqué qui a tout pour plaire… Il fait partie de ces guitaristes qui comprennent quelles sont les notes importantes et qui choisissent de raconter une histoire émotionnelle avec ses solos, plutôt que de remplir les chansons avec des tas de notes inutiles ». Pour cette production, il a convié deux invités de marque, Toronzo Cannon et Sax Gordon. Fort d’une qualité de jeu irréprochable et d’une originalité certaine Kai Strauss émet beaucoup de bonnes vibrations.
Gilles Blampain

Kubix
Guitar Chant - Deluxe Edition

Genre musical: Instrumental cool + chansons 
Label : Attik Prod
Distributeur : Baco distribution
   

Il y a deux ans sortait Guitar Chant avec 11 titres 100% instrumentaux aux accents reggae et jazz avec des échos lointains de soul music pour lesquels le guitariste Xavier Bègue alias Kubix, avait rassemblé autour de lui entre Paris et New York pas moins de 21 musiciens. Une production relaxante à la finesse d’interprétation incontestable. Un son ensorceleur et gracieux. Une musique faite de mélodies qui font se sentir mieux. Cette nouvelle parution reprend les 11 compositions initiales et s’enrichit de 5 chansons auxquelles Mo’ Kalamity & Clinton Fearon, Ben l’Oncle Soul, Harrison Stafford, Mirna & Rev. Tishion ainsi que Meta & Marieme prêtent leurs voix. Ces artistes avec qui Kubix collabore depuis de nombreuses années renforcent avec générosité cet hommage aux musiques caribéennes, voyage musical de Kingston à Cuba aux atmosphères aériennes. Leur chant est porteur d’une certaine fièvre, d’une ardeur prenante. Mélange improbable de tendresse et de vivacité, sous les mots, il y a l’impact des notes et le choc des émotions. Le tempo peut être languide ou vif, aucun titre ne laisse indifférent. Un très bel album dont l’écoute procure un indéniable bien-être.
Gilles Blampain

LUX The Band
Gravity

Genre musical: Rock-folk fringant 
Label : Laughing Sky
Distributeur : inOuïe distribution
   

Cinq ans après un premier album, ils reviennent avec 10 titres originaux gravés dans le rock. Des chansons qui parlent d'amour, de solitude, de rêves, de rock stars, mais aussi de meurtres et de fin du monde… Un rock fait d’envolées flamboyantes portées par un groove puissant d’où s’échappent de belles mélodies aux accents folk et quelques échos psychédéliques. Sylvain Laforge joue de la guitare en combinant fougue et légèreté, Angela Randall chante d’une voix claire et retentissante aux inflexions lumineuses, Julien Boisseau marque bien sa présence à la basse et Amaury Blanchard marque un tempo ardent à la batterie. La pulsation est forte et le rythme est enlevé mais par moments ça part dans un trip planant. Les sonorités se distordent, mais le chant reste net. LUX the band réussit le tour de force de nous livrer un son robuste et aérien à la fois. Un concentré d’énergie déborde de chaque sillon. La maîtrise instrumentale soutient un chant toujours vif et habité. Des riffs pointus, de beaux solos, des ambiances qui jouent sur la gamme des sensations. Cette production est vraiment pleine de saveurs avec du punch et le feeling par-dessus. Dès le premier titre on est embarqué, les bonnes vibrations sont là. Un disque rayonnant au style novateur et original.
Gilles Blampain

Mike Andersen
Raise Your Hand

Genre musical: Soul blues 
Label : Custom records
Distributeur :  Baco Music 

Avec ce 9ème album le Danois navigue avec élégance entre blues, soul et Americana, quelques sonorités rock et des tempos louisianais comme dans le titre ‘Raise Your Hand’. Entouré des musiciens qui l’accompagnent depuis plus d’une dizaine d’années une belle connivence apparaît entre le chanteur et son band. Et pour mettre en évidence cette complicité les sessions d’enregistrement ont été faite en condition du live sur bande analogique. Mike Andersen aligne 10 compositions originales où la mélancolie le dispute à l’allégresse. Il confie : « J'ai écrit tellement de chansons tristes ces derniers temps, reflétant les difficultés que nous vivons tous ces jours-ci, jusqu'à ce que je réalise que la meilleure façon de survivre à cette émotion, est d'embrasser le chaos ! ». Il nous livre ainsi, avec parfois une pointe d’humour, les réflexions d’un quadragénaire face aux difficultés de la vie avec ses hauts et ses bas. Fin guitariste, doté d’une voix qui a du grain avec un timbre chaleureux il ne manque pas de feeling pour capter son auditoire. Ambiances variées et maîtrise de chaque univers musical abordé, le résultat est vraiment une réussite. Resté dans le Top 40 danois pendant quatre semaines l’album a finalement atteint le numéro 1.
Gilles Blampain

Mr. X
Of Sand And Stone

Genre musical: Stoner-blues
Label : : AUTOPRODUCTION 
Distributeur :
mrx.contact@yahoo.com

Amateurs de fortes sonorités réjouissez-vous, entre classic-rock et stoner-blues, le band d’Arras revient avec un troisième album qui aligne 9 compositions plus une piste bonus.  Inspiré par les production métal des années 1970 le groupe ne fait cependant pas dans la nostalgie et imprime bien sa marque dans un contexte contemporain. Une musique brute aux ambiances lugubres avec un tempo bien marqué pour soutenir des riffs incendiaires avec néanmoins quelques envolées lumineuses bienvenues. Thomas Muzyk chante d’une voix claire et puissante, joue de la guitare et des claviers, Gareth Ducatillon est lui aussi aux guitares, Chris Muzyk tient la batterie et Fabien Lecomte est à la basse et également aux claviers. Ce qu’on entend est original. C’est excitant, ça accroche l’oreille. C’est fort. Ça ronfle, ça fuse, ça explose ! Tout est fait de brillante manière. C’est un vrai shoot, une expérience qui brise la routine. Fort d’une qualité d’exécution irréprochable et d’une originalité certaine Mr. X s’impose dans le peloton de tête de sa catégorie avec un style très personnel. Une formation pleine d’enthousiasme avec un disque qui excite agréablement les tympans.
Gilles Blampain


Mud Morganfield
Portrait

Genre musical: Chicago blues    
Label : DELMARK
Distributeur :
SOCADISC

Larry alias Mud, portrait craché de son père, met ses pas dans ceux de son géniteur pour notre plus grand plaisir en dispensant un Chicago blues contemporain de la meilleure veine. Evitant le piège de la copie, Mud Morganfield ne se sert de l’apport paternel que comme d’un tremplin pour son propre talent. Pour concrétiser son arrivée sur le label Delmark voici une version remastérisée et remixée de son album Son Of A Seventh Son, paru en 2012 chez Severn Records augmenté de deux enregistrements inédits, ‘Praise Him’ une de ses propres compositions qui ouvre l’album et une reprise, ‘Good Morning Little School Girl’ de John Lee Sonny Boy Williamson qui le ferme. Et hormis une seule connexion avec le grand Muddy Waters (‘You Can’t Lose What You Ain’t Never Had’), et un titre signé J.T Brown (‘Short Dressed Woman’), le disque présente sept chansons (nombre magique) de la main de Mud Morganfield, une de Studebaker John Grimaldi, une attribuée à Billy Flynn et une autre à Bob Corritore. Chanteur très expressif, il est soutenu par un super groupe, Rick Kreher et Billy Flynn (guitares), Barrelhouse Chuck (claviers), Kenny Beedy Eyes Smith (batterie), EG McDaniel (basse), et Harmonica Hinds ou Bob Corritore à l'harmonica selon les plages. Excellent, imposant à l’image de l’interprète, l’ensemble est parfait.
Gilles Blampain

Rick Berthod
Tribute To Peter Green Fleetwood Mac Years

Genre musical: Blues hommage  
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : Plateformes de téléchargement

Natif du Colorado installé depuis plus de 30 ans en Californie Rick Berthod a côtoyé bon nombre de musiciens de renom comme Albert Collins, BB King, John Mayall, Gregg Allman ou Robben Ford. Il accroche ce neuvième album dans sa discographie en rendant hommage à Peter Green l’un des guitaristes compositeurs les plus marquants de sa génération. Rick Berthod reprend 10 titres parmi les plus emblématiques du Britannique, composés durant ses années passées au sein de Fleetwood Mac : ‘Black Magic Woman’, ‘Need Your Love So Bad’, ‘Oh Well’, ‘Albatross’… Entouré d’un band à la hauteur de son projet, Rick Berthod, avec un jeu dont la dextérité le dispute au feeling, nous offre une performance de grande classe. Du blues-rock à haute intensité qui vous harponne dès la première écoute. Tour à tour fougueux, puissant, explosif, avec des riffs agressifs, il sait aussi donner dans la délicatesse avec autant de talent, enchaînant avec bonheur un rythme tendu et un tempo plus lent. La qualité de la prestation est vive et harmonieuse tout en étant très robuste. L’ensemble est joué avec une réelle ferveur, le son est superbe et il se dégage de l’enregistrement une belle dynamique.  
Gilles Blampain


Shawn Pittman
Hard Road

Genre musical: Blues-rock musclé  
Label : Must Have Records
Distributeur : SOCADISC

Shawn Pittman est un guitariste talentueux et un leader incontestable et également un auteur-compositeur doué avec 16 albums à son actif depuis 1996. Pour cet enregistrement fait au Wire Studio à Austin en prise directe sans overdubs, il est en formation réduite, simplement accompagné par Jason Crisp à la basse ou à la seconde guitare, et Mike King à la batterie. En 12 compositions originales, il nous livre un blues-rock brut et sauvage frôlant par moments le house-rocking débridé avec un niveau d’énergie à haute tension. Le son est puissant et envoutant et parfois s’impose la filiation avec John Lee Hooker ou Hound Dog Taylor. Avec un beat musclé et accrocheur fait de riffs cinglants appuyés sur une rythmique solide le style est brut et viril. C’est excitant, ça accroche l’oreille. La pulsation est forte et bien portée par un band au top. L’énergie jaillit de tous les bords. Shawn Pittman a du mordant et une bonne dose de feeling. Voix grave et guitare fougueuse, l’ensemble d’une redoutable efficacité nous entraîne dans une virée sonore de 50 minutes assez jubilatoire grâce à une interprétation forte, chaleureuse et sensuelle. Comme une bourrasque emportant tout sur son passage cet album sans aucun temps mort s’écoute avec un réel plaisir.
Gilles Blampain




Symmetry
Out Of Time

Genre musical: Folk, rock, blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : Spotify, Deezer, iTunes, Bandcamp

La tonalité est fluide et légère et l’émotion affleure derrière chaque note. Phil Wake chante, Jean-Yves Besnard fait les chœurs et tous deux jouent de la guitare de façon assez brillante et originale dans un style plutôt lumineux. Entre acoustique et électrique ils tressent des volutes sonores et de là naissent des ambiances immatérielles, aériennes, apaisantes. La vivacité de l'ensemble donne à la fois une impression de liberté et de parfaite maîtrise. L'un joue de la main gauche... l'autre de la main droite, d’où le nom de leur duo. Leurs compositions tour à tour délicates et pleines de ferveur se nourrissent de folk, de rock et de blues. L’expression semble hors du temps, loin des modes. Avec élégance et sobriété le résultat est de belle facture tant au niveau de la conception que de l’exécution. Le chant est mélodieux, l’interprétation est pleine de finesse et de sensibilité. Le travail sur le son est impeccable. Rythme sautillant, joyeuse envolée ou ambiance teintée de nostalgie, les 12 chansons s’écoutent vraiment avec beaucoup de plaisir. L’enregistrement ne manque pas de relief et l’album est assez intense. Il n’y a rien de banal dans cette production qui met en valeur un vrai ouvrage d’artisans où tout semble avoir été pensé dans les moindres détails, notamment le très beau digipack. L’aspect intemporel parfois mélancolique qui se dégage de ce disque lui donne le côté plaisant d’une douce rêverie.
Gilles Blampain

Venom
In Nomine Satanas (40 Years In Sodom)

Genre musical: Proto-black-metal       
Label : SANCTUARY
Distributeur :
BMG

Conspués par la presse, ils sont, vingt à vingt-cinq ans après leurs débuts, enfin reconnus par leurs pairs comme des défricheurs furieux, sources d’inspiration pour de nouveaux groupes souvent prestigieux. Black Sabbath, Motörhead et Venom en sont parmi les plus fameux représentants. Le troisième reste cependant toujours un peu en marge. La réputation de Venom est ambiguë, entre reconnaissance évidente de toute la scène Metal, de Metallica et Megadeth à toute la scène black-metal des années 1990, en passant par les mythiques Suisses de Celtic Frost et les Suédois de Bathory, autres pierres angulaires de la musique proto-black-metal, mais dont les débuts doivent tout à Venom. Cependant, le groupe britannique reste un groupe extrême pour groupes extrêmes, et le temps qui passe n’a pas patiné l’agressivité dérangeante qui se dégage de sa musique, là où un Black Sabbath est devenu une sorte de référence généralisée pour le son heavy-metal, et a rendu son excellente musique plus accessible au grand public. Venom est cependant un des groupes anglais les plus importants de l’histoire du rock. Il y a son influence, donc, mais il est surtout une sorte d’achèvement de quinze années de créativité furieuse en terme de guitare électrique et de riffs. Originaires de Newcastle-Poon-Tyne, le guitariste Jeffrey Dunn fait partie d’un club de motos, et est un fan de Judas Priest, le bassiste Conrad Lant est un amateur de Status Quo, mais aussi de punk, quant au batteur Tony Bray, il aime tout ce qui cogne, et Motörhead est parmi ses goûts personnels. La formation joue à quatre avec un chanteur nommé Clive Archer. Les quatre gamins développent un heavy-metal brutal, qui est le résultat de leur technique instrumentale rudimentaire d’une part, et de leur haine profonde pour à peu près tout dans le monde de la musique d’autre part. Pour se donner une identité, ils décident de se créer des personnages et de s’affubler de pseudonymes ésotériques, mythologiques ou blasphématoires : Lant devient Cronos, Dunn, Mantas, Bray, Abaddon, et Archer… Jesus Christ. Il se peint le visage en blanc et joue sur les photos ou sur scène avec des lames et du faux sang.

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