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Chroniques CD du mois Interview: BONEY FIELDS Livres & Publications
Portrait: BIG WALTER HORTON Interview: WHODUNIT Dossier: CHANCE RECORDS
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

NOVEMBRE 2018

2Sisters
Run, Baby! Run

Genre musical: Hard rock'n'roll
Label : CLOSER RECORDS
Distributeur : CLOSER    

La référence aux Kinks peut surprendre, ‘Two Sisters’ demeurant l’une des merveilles les plus délicates signées du génie Ray Davies. C’est oublier un peu vite que le groupe londonien peut être considéré aussi comme l’un des instigateurs du rock garage… On sait peu de choses par contre de ces 2Sisters, sinon qu’ils sont quatre, et que ces garçons sauvages nous viennent pour moitié de Paris, pour moitié du Val de Marne. Au bout de dix ans d’existence, ils proposent enfin un premier LP (vinyl + CD inclus), assemblage de leurs deux EP, complété de quelques titres inédits. Une série de pièces incisives, sous haute tension, alliant l’efficacité du garage, l’énergie du punk, la souplesse de la surf music, la face hantée du psychobilly. ‘Run, Baby ! Run !’, ‘Zombie Girl’, certains titres renvoient directement au cinéma bis, celui de Lucio Fulci ou George Romero. Quelques plages sont d’ailleurs introduites par des extraits de film d’épouvante – un gimmick dont ils n’abusent pas… Pour le reste c’est un déluge de riffs concassés, parsemés de soli barbelés (jamais plus de 30 secondes, les solos, selon la règle sainte du punk rock). Vocaux à l’arrache, fuzz en pagaille, refrains possédés – on ne sort pas tout à fait indemne d’une telle expérience… Ce Run, Baby ! Run ! est décidément jouissif, comme peut l’être une toile de Russ Meyer.
Marc Jansen

Bâton Bleu
Weird and Wonderful Tales

 

Genre musical: Néo folk insolite
Label : Dixiefrog/Borderline Blues
Distributeur : PIAS

Elle s’est immergée dans les chants des steppes asiatiques, des griots d’Afrique, du fado ou du blues, lui vient du punk mais a également chanté du country-blues ou de la soul. Bâton Bleu, cet étonnant duo composé de Maria Laurent et Gautier Degandt, fait entendre une musique inclassable tant les sonorités venues d’horizons différents se mêlent. Un son nouveau en totale connexion avec le passé, un collage sonore agencé de remarquable façon, une sorte de folk acoustique à la fois primitive et sophistiquée qui plonge dans le blues autant que dans les chants d’Asie centrale ou d’Afrique. Si l’on reconnaît les sonorités de la guitare, de l’harmonica ou du banjo il est plus étonnant d’entendre le luth mongol à deux cordes (tovshuur), la vielle mongole (morin khuur), le glockenspiel et la kalimba ou l’aulos dont les notes accompagnaient les rites religieux durant l'Antiquité. Et si les instruments créent la surprise, l’association des voix est également singulière. Maria Laurent a une intonation cristalline quand Gautier Degrandt possède un organe rauque et grave. Ils nous livrent 9 compositions originales, reprennent un chant de travail des sondeurs des bateaux à roues à aubes naviguant sur le Mississippi, ‘Mark Twain’ et finissent l’album avec ‘Ring Of Fire’ en hommage à Johnny Cash. Une production superbe qui raconte des histoires étranges sur les musiques surprenantes.
Gilles Blampain

Ben Poole
Anytime You Need Me

 

Genre musical: Soul rock 
Label : MANHATON RECORDS
Distributeur : benpoole.com, manhatonrecords.com, 
www.house.of.tone.com, Amazon

Pour couper court aux ratiocinations stylistiques habituelles, on dira que cet album avance harmonieusement sur ses deux rails : une soul qui caresse (le chant), un rock qui déchire (la guitare). Il se trouve que le chanteur et le guitariste sont un seul et même homme, un jeune Britannique qui entame tout juste sa trentaine et qui sort là son troisième disque. Ben Poole plonge l’auditeur dans une douce torpeur de sa voix berçante, le remet au garde-à-vous d’une puissante châtaigne électrique, et procède ainsi pour les dix titres ici proposés, y compris le dernier, ‘Holding On’, une formidable apocalypse rentrée, purgée de sa soul, la chanson la plus étonnante de l’album. Plus encore que bon chanteur, Ben Poole est excellent guitariste, soliste très dynamique et, mieux, rythmicien génial. Autour de lui : des claviers, une basse, une batterie (Ross Stanley, Beau Bernard et Wayne Proctor – par ailleurs producteur de Anytime You Need Me), et un son dressé pour tuer. Pas au point de rappeler les cuisantes heures de la FM. Mais un son original, très rusé, tellement efficace et professionnel que c’en deviendrait presque suspect. Quoi qu’il en soit, les faits parlent d’eux-mêmes : cet album est irréprochable, les arrangements somptueux, surtout ces lames de fond graves qui élargissent parfois brutalement l’harmonie et soulèvent les chansons. Chez Ben Poole, la soul ne délaye pas le rock, le rock n’édulcore pas la soul, ce n’est pas un partage, c’est une multiplication. Rusé ou pas, Ben n’est pas un paresseux et signe un petit chef d’œuvre.
Christian Casoni

Boney Fields
Bump City

 

Genre musical: Funk rock  
Label : BLUES POJECT
Distributeur :
SOCADISC

Cette voix, cette trompette ! Boney Fields, celui du West Side qui chante et aplatit les pistons, a 60 ans, court entre Paris et Chicago, figure sur un tas d’albums, James Cotton, Lucky Peterson, Allison père et fils, Alpha Blondy, et enregistrait son premier disque il y a 20 ans. Bump City est le 6e qui porte son nom, mais sans la mention du band cette fois (Bone’s Project). Section rythmique exceptée, ce sont pourtant les musiciens qui tournent avec lui en Europe, jusqu’aux cuivres. Eh bien, ce disque est fantastique, de plus en plus inflammable à mesure qu’il tourne, gagne en épaisseur et jubilation une plage après l’autre. L’homme au chapeau melon a toujours détendu son rhythm’n’blues funky sans complexe, avec la volonté d’être entendu plus loin que le cercle des mandarins de la soul et du jazz. Ici, il a fait venir une grosse guitare vindicative (Jo Champ) pour enfoncer le clou et mener cet assaut funk rock trépidant, ménageant des ouvertures vers un jazz explosif (‘Around The Corner’), un groove plus pop (‘Feelings’), hard blues (‘Bow Legs’) voire péplum disco (‘More’) sans le 4/4 de grosse caisse à 120 bpm, mais des hachoirs rythmiques, des tourbillons de cuivres, toutes sortes de toupies meurtrières, une énergie carabinée et aussi une bonne dose de sophistication (‘I Got The Blues’, Boney Fields semblant de chanter une ligne de xylophone). Les deux parties d’harmo sont arrachées par Charles Pasi, en particulier ‘Ying Yang’, un titre du grand James Cotton. Voilà le son de Bump City, une métropole imaginaire où la fête ne finit jamais. Le samedi soir à Bump City, on ne farfouille pas à la galerie dans les rayons de la mort.
Christian Casoni

Colin James
Miles To Go

 

Genre musical: Blues multiforme     
Label : TRUE NORTH RECORDS
Distributeur : PROPER

Que de chemin parcouru depuis cette soirée initiatique de 1984 durant laquelle Colin James, alors âgé de vingt ans, avait assuré à Regina, sa ville natale, la première partie d’un concert de Stevie Ray Vaughan !... Presque quatre décennies et 18 albums studios plus tard, le flamboyant guitariste canadien est de retour dans les bacs avec cette nouvelle galette enregistrée chez lui, à Vancouver, judicieusement intitulée Miles To Go. Il a misé sur le retour aux sources et la richesse des instrumentations, convoquant devant les micros guitares, basse, batterie, piano, orgue Hammond, harmonica, cuivres et chœurs pour faire scintiller l’ensemble jusqu’aux confins de la Voie Lactée. En conséquence, c’est Versailles pour le rendu sonore, éblouissant de classe et de puissance, au service de morceaux choisis avec soin, surtout des pièces antiques signées par les pères fondateurs, de Robert Johnson à Blind Lemon Jefferson en passant par Howlin’ Wolf ou Muddy Waters. Pour l’occasion, James a tout de même composé deux titres évocateurs, ‘I Will Remain’ et ’40 Light Years’. Vous l’aurez compris, on navigue en terre de pèlerinage pour célébrer les maîtres comme il se doit. En revanche, le patron a revisité de fond en comble le patrimoine commun, modernisant au maximum l’approche du blues tout en restant accroché à l’esprit originel et à la profondeur du propos. On sourit, on compatit, on réfléchit, on sanglote au bras des musiciens, portés par la voix chaude de Colin, presque trop lisse parfois, cependant modulée à la perfection : voilà l’apanage de l’expérience. Et bien sûr il y a sa guitare, fil d’argent de l’étoffe impériale. Qu’il sorte la Silvertone noire ou la Gibson ES-335 vermillon, son toucher de cordes reste intact, tellement racé, élégant, cent pour cent efficace. Impossible de s’ennuyer à l’écoute de ce disque, les rythmes et les thèmes s’enchaînant sur tous les modes imaginables, comme autant d’ingrédients font les meilleurs gombos. Nous sommes de pauvres cowboys solitaires, la route est encore longue jusqu’à l’embarcadère, mais la Chance a jeté sous nos pas douze joyaux sertis de blues miraculeux : merci pour tout, monsieur James !
Max Mercier

Confessin' The Blues

 

Genre musical: Blues masters 
Label : BMG
Distributeur : WARNER

En 1962, Brian Jones fonde ce qui deviendra The Greatest Rock’n’roll Band In The World, et baptise le groupe en pensant à la chanson de Muddy Waters ‘Rollin’ Stone’. Tout est dit ! Ces jeunes musiciens en réinterprétant les compositions des maîtres du blues allaient enflammer le monde et faire découvrir aux Américains eux-mêmes un trésor musical qu’ils ignoraient bêtement. Si Jones est mort depuis bien longtemps, ses compagnons Mick Jagger et Keith Richards ont porté bien haut la flamme du blues pendant plus d’un demi-siècle en mettant souvent en valeur les créateurs originels. Et les bluesmen leur en ont toujours témoigné reconnaissance. Cette fois si le nom des Rolling Stones apparaît ce n’est ni en tant que compositeurs ou performeurs, ils ont simplement, en hommage à leurs inspirateurs, concocté un choix de 42 titres interprétés par 26 artistes majeurs (9 d’entre eux ont eu l’honneur de plusieurs sélections). On retrouve ainsi avec grand plaisir Muddy Waters, Howlin’ Wolf, John Lee Hooker, Jimmy Reed, Little Walter, Robert Johnson, Bo Diddley, Magic Sam, Chuck Berry… dans leurs enregistrements des années 1930, 1940, 1950, 1960 ou dans des versions restaurées quand le son passait mal. Plus qu’une banale compilation, c’est un vrai régal auditif. Deux CDs qui distillent un peu plus de deux heures de cette musique qui a imprimé sa marque sur plusieurs générations de musiciens et dont Willie Dixon disait : « The blues are the roots the other musics are the fruits ». Le digipack contient un beau livret historique et biographique illustré de photos qui se laisse découvrir agréablement car il est toujours bon de réviser ses classiques. Si le dessin de la pochette n’est pas signé, il est réalisé nous dit-on par Ron Wood. En bonus 10% des recettes de la vente de l’album seront reversés à la Blues Heaven Foundation qui œuvre pour la préservation et à la promotion du blues. Le blues n’est pas mort, la preuve il bouge encore.
Gilles Blampain

Eric Bibb
Global Griot

 

Genre musical: Blues, World music, etc.  
Label : DIXIEFROG / BORDERLINE BLUES
Distributeur : PIAS

Eric Bibb est bien le maître du jeu, mais cet album est néanmoins une œuvre collective. L’homme au chapeau à convié quelques prestigieux amis comme Solo Cissokho, Habib Koité, Harrison Kennedy, Big Daddy Wilson, Ken Boothe, Big Mama Tillery, Michael Jerome Browne, plus une flopée d’excellents musiciens qui sont intervenus au gré des sessions d’enregistrement qui ont eu lieu en France, au Royaume-Uni, en Suède, au Québec, en Jamaïque, aux USA, au Ghana. Musicien, poète, passeur de traditions, Eric Bibb entre avec aisance dans la peau de ce griot mondial. Puisant dans les racines africaines de la musique, les sons venus des caraïbes ou des rives du Mississippi, sans oublier quelques expériences européennes, il nous livre un formidable cocktail sonore dans lequel blues, reggae, gospel se mêlent aux musiques du Mali ou du Sénégal. Guitares, banjo, kora, n’goni, balafon et autres percussions, pedal steel, orgue et instruments à vent mènent le bal et, si l’anglais est l’idiome dominant, français et langues africaines se marient parfois au fil des chansons dans la chaleur des voix et la clarté des notes. Cette formidable épopée sonore s’écoute sur deux CDs, Act One (13 titres – 45mn) et Act Two (11 titres – 44mn) qui présentent 18 compositions originales, toutes cosignées par Eric Bibb et l’un ou l’autre de ses invités, deux reprises qui sont des chants de protestation des années 1950, contre le racisme ‘Black, Brown And White’ (Big Bill Broonzy) et contre la guerre ‘Last Night I Had The Strangest Dream’ (Ed McCurdy) et 4 pièces traditionnelles. Plein de délicatesse et de sensualité ce joyau sonore méritait un écrin de choix que Jean-Paul Pagnon a su créer, et le livret intérieur agrémenté de belles photos apporte encore un petit plus.
Gilles Blampain

Frank Bey
Back In Business

 

Genre musical: Blues, soul  
Label : NOLA BLUE RECORDS
Distributeur : Amazon, iTunes

Si vous voulez savoir ce qu'est une voix faîte pour la soul music, allez jeter une paire d'oreilles du côté de ce disque. Ce jeune homme de plus de soixante-dix printemps a commencé tout petit dans les églises à chanter le gospel puis les groupes se sont enchaînés, dont l'Otis Redding Revue. Il en garde quelques séquelles dans 'The Hall Of It', titre lent, calme et captivant, avec l'orgue de Marty Sammon, la guitare de Rob McNelly, la basse de Tommy McDonald et la batterie de Tom Hambridge, qui ont tous quatre participé à l'enregistrement du dernier album de Buddy Guy. Captivant est le mot qui correspond bien à Frank Bey. Le grain de sa voix, son phrasé et la foi qu'il met à interpréter ses chansons le placent parmi les plus grands. Son côté funk, 'Back In Business', 'Cookie Jar', il l'a gardé de l'époque où, au début des sixties, il avait formé le groupe Moorish Vanguard, et ça pulse ! Dans 'Where You Been So Long' le titre commence par un dialogue voix guitare qui monte peu à peu en intensité avec les instruments qui viennent se greffer sur ce duo. Sur les onze morceaux de ce « Retour aux Affaires », six sont signés par Tom Hambridge qui est aussi le producteur de ce quatrième album. Frank Bey est un Monsieur, avec un M majuscule et des sentiments à fleur de peau, que l'on pourra voir l'année prochaine dans un documentaire sur sa personne, baptisé « Ask Me How I Feel ». Total respect.
César

Hadden Sayers
Acoustic Dopamine
dopamine machine

 

Genre musical: Blues-rock  
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby, https://bluesisart.com/store

Chaque sortie d'album de cet artiste est toujours une occasion d'avoir le sourire aux lèvres. Cette fois-ci, Hadden Sayers nous régale avec deux CDs d'un seul coup. Le premier (Dopamine Machine) est orienté blues-rock avec un gros son. Un quatuor de choc est là pour nous tenir éveillé. Hadden Sayers aux guitares et au chant, Johnny Neel à l'orgue, Rusty McFarland à la basse et aux percussions et Greg Morrow à la batterie. Avec ce neuvième album, les musiciens ne donnent pas dans la demi-mesure et entrent dans le sujet en explosant la porte. Les trois premiers titres 'Unsatisfied' 'I Feel Love’, ‘Hit The Road' sont d'une solidité à toute épreuve, puis on va faire un tour en 'Blood Red Coupe Deville' ballade soul à l’orgue apaisant. On remet le couvert avec 'Waiting Wanting' qui prolonge le moment de tranquillité grâce à un duo avec Ruthie Foster dont Hadden est aussi le guitariste. 'Good Good Girl' a un lien de parenté avec le style de Prince. Parmi les chansons restantes on trouve encore deux boules d'énergie folle que sont 'Peppermint Patty' et 'Backbreaker’. 'Dopamine Machine' est plus raisonnable mais tout aussi intense et a la particularité de débuter le second album (Acoustic Dopamine) qui reprend exactement les mêmes morceaux du premier album mais dans un ordre différent et en acoustique. Juste Hadden et sa Gibson 1954 avec quelques petites percussions jouées par un vieux complice, Jim Ed Cob. Ce doublon est une véritable pépite où l'artiste ne peut pas tricher. Pas de bidouillages, c'est l'émotion brute, c'est l'essence même de chaque titre qui nous est proposée et où l'artiste y met ses tripes. C'est définitivement ce CD que je mettrai en boucle pour une longue virée nocturne au volant d'une Coupe De Ville rouge sang, 1954 si possible. A savoir : Ces deux albums sont aussi regroupés en un double vinyle 180g.
César

Henrik Freischalder Band
Hands on the Puzzle

 

Genre musical: Blues rock  
Label : CableCar Records
Distributeur : Amazon

Une carrière tracée à la cadence d’une Mercedes SSK roulant à vive allure sur une autobahn germanique : Tambour-battant, le bluesman allemand au physique et au patronyme de guerrier viking continue d’imposer un rythme soutenu avec ce quatorzième album depuis 2006. Jalonné de tournées, de premières parties de stars du blues comme Johnny Winter, BB King, Peter Green.... et même d’un copieux live de 4 CD, le stackhanoviste Freischlader creuse avec méthode et constance les sillons d’un blues-rock classique, dont on trouve la plupart des antécédents dans les années soixante-dix. Doté d’une voix qui n’est pas sans rappeler celle de John Mayer, sa culture musicale et sa dextérité à la guitare lui permettent d’ajouter à son gré sur cet enregistrement de douze pistes, des touches de pop, de jazz, de soul ou de funk à un style certes convenu, mais qui compte de nombreux aficionados. Henrik Freischlader est bien aidé dans sa tâche par un quatuor rompu aux joutes du blues-rock avec Moritz Meinschäfer à la batterie, Armin Alic à la basse, Roman Babik aux claviers et Marco Zügner au saxophone. Solide sera donc l’adjectif retenu pour qualifier ce CD à l’artwork par ailleurs impeccable, et à sa volonté louable d’offrir des variations bienvenues à un genre archi balisé.
Laurent Lacoste

Joe Bonamassa
Redemption

 

Genre musical: Blues, rock, jazzy, etc.  
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

La discographie de Joe Bonamassa est tellement abondante et les sorties d’albums tellement rapprochées qu’il est difficile de se renouveler pour parler de sa dernière production. Tout a été dit ou presque... Musicien hors pair, style nerveux, talent, feeling... Composé de douze chansons originales, Redemption a été enregistré à Nashville (Blackbird Studios et Addiction Sound Studios), Sydney (The Cave Australia), Las Vegas (At The Palms) et Miami (Criteria Hit Factory), avec une nouvelle fois le producteur Kevin Shirley aux manettes. Joe Bonamassa est toujours accompagné par Anton Fig à la batterie, Michael Rhodes à la basse, Reese Wynans aux claviers, et les trompettistes Lee Thornburg et Paulie Cerra. Il y a même deux autres guitaristes, Kenny Greenberg et Doug Lancio. Les chœurs sont assurés par Gary Pinto, Mahalia Barnes, Jade McRae, Juanita Tippins. Cet enregistrement confirme une fois encore le talent de Joe Bonamassa qui maîtrise son sujet, la technique épousant le feeling pour faire passer le frisson. Moments d’émotions, énergie débordante, le bonhomme enchaîne avec un égal bonheur rockabilly et boogie-blues, nous la joue hard rock ou légèrement jazzy, alterne ballade, country-rock ou blues-rock. Puissant et aérien à la fois, il est impressionnant !
Gilles Blampain

Johnny & Jaalene

 

Genre musical: Blues, rockab, chicano 
Label : RIP CAT RECORDS
Distributeur : CITY HALL RECORDS

Voilà un disque frais, pétillant, insouciant et plein de sourires ensoleillés. C'est un premier album qui ravira les fans des années cinquante et soixante, truffé de reprises qui ont marqué leur époque. Jaalene à seize ans et une voix claire comme une source fraîche, Johnny en a dix-neuf  et guitare en main donne la réplique à Jaalene et ils ont l'air de bien s'entendre. Le label sur le quel à lieu cette sortie Rip Cat records, n'est autre que celui où, quelque mois auparavant, le père de Johnny a sorti son album. Je veux parler de Kid Ramos qui apparaît dans deux morceaux 'Baby I Love You' des Ronettes' et 'One Summer Night' des Danleers. Le fiston a donc été à bonne école avec un papa comme celui-ci. Le second guitariste est Tommy Harkenrider, Brent Harding tient la basse et Kip Dabbs est aux fûts.L'excellent saxophoniste Ron Dziubla est présent dans trois titres 'Good Looking' d'Etta James, 'Angel Baby' slow d'anthologie de Rosie Hamlin et le fameux 'Why Why Why' de Doug Sahm. Dans cette même chanson on retrouve l'accordéoniste Jesus Cuevas qui mène la danse dans 'Los Chucos Suaves' typique de la musique Chicano. On peut citer aussi 'Let It Be Me', chanson de Gilbert Bécaud (‘Je T'appartiens’) qui a fait le tour du monde et qui est plus proche de la version des Everly Brothers que de l'originale. Pour les amateurs de rockabilly, je recommande 'Gee Whiz' de Carla Thomas ou l'inoxydable 'Let's Have A Party' popularisé par Wanda Jackson ainsi que 'Please Give Me Something' de Bill Allen petite bombe sortie en 1958. Comme vous pouvez le constater, rien de nouveau sauf qu'un sang de teenagers anime ces morceaux et qu'ils ont les voix et la classe désinvolte qui sied à ces styles de musique. On attend la suite...
César

Laurie Jane & the 45's
Late Last Night - Elixir Of Sara Martin

 

Genre musical: Blues classique  
Label : Down in the Alley records
Distributeur : CdBaby, Deezer

A peine un an après l'album précédent Midnight Jubilee, sort ce Late Last Night-Elixir Of Sara Martin. Les fans apprécieront l'hommage à cette femme, chanteuse prolifique qui sévit durant les années vingt et qui, tout comme les membres de ce groupe, était originaire de Louisville, Kentucky. La voix claire, précise et investie de Laurie Jane sied à merveille pour reprendre les chansons qu'en son temps la ‘Famous Moanin' Mama’ interprétait. Celles-ci sont bien arrangées et, pour la plupart de facture moderne à part 'Strange Lovin' Blues' et 'Pleading Blues' interprétées guitare/voix ainsi que 'Atlanta Blues' piano/voix, traitées d'une manière vieillotte avec craquements de sillons usés ainsi que voix et instruments filtrés pour donner ce cachet d’authenticité. La guitare de Cort Duggins (qui est tout aussi bon aupiano), le mari de Laurie Jane, sait être mordante 'Joe Turner Blues' ou rockabilly 'Can't Find Nobody To Do Like My Daddy Do' bien soutenu par le sax de Brian Boss Hogg. Ça balance vraiment aussi avec 'I'm Gonna Be A Lovin' Old Soul' et ses parties de slide. Il faut dire que le duo batterie (Scott Dugdale), contrebasse (Jason Embry) est réglé comme du papier à musique. Ils savent garder le rythme sans écraser le morceau et en arrondissant les angles 'Achin' Hearted'. Et toujours au-dessus de la mêlée, la voix radieuse et fascinante de Laurie Jane.
César

Lawrence Lebo
Old School Girl

 

Genre musical: Old school blues  
Label : On The Air Records
Distributeur : Amazon, iTunes, CdBaby

Pour son sixième album, Lawrence Lebo propose un titre évocateur : Old School Girl se porte comme un étendard. Si aux premiers abords la voix de la L.A. Woman peut surprendre par ses intonations aiguës, elle est rejointe sur 'Stormy Monday' par un harmonica au son doux qui tranche avec la distorsion omniprésente dans le blues actuel. Il s'agit d'un album assez court (un peu moins de 29 min) dont la dernière chanson est un remix de la quatrième, 'Stop Shouting Your Business', un morceau cajun aux goûts de Nouvelle-Orléans accompagné à l'accordéon, avec au final assez peu de changements apportés. La chanteuse s'ouvre progressivement au fil des morceaux, la chanson éponyme se présentant comme un manifeste de sa philosophie de vie en un swing délicat. 'Give Me A Try', un blues-rock soutenu à l'orgue, présente une facette enjôleuse de l'artiste, qui se qualifie d'ailleurs à la chanson suivante de 'Bad To The Core'. Ce Chicago blues dépeint sa transition de gentille fille en femme sans remords qui refuse désormais de se laisser faire. 'Happy Anniversary Baby', un blues lent un peu sirupeux, témoigne de son inclination pour les ballades à l'ancienne où sa voix peut s'exprimer. Au final, un album éclectique qui saura trouver son public.
Marion Braun

Michele D' Amour and the Love Dealers
Wiggle Room

 

Genre musical: Jazzy blues, Funky blues
Label : BLUESKITTY RECORDS
Distributeur : Amazon, iTunes, CdBaby, Spotify

Sortez le bourbon et les cigares, Michele D'Amour and the Love Dealers sont de retour ! Pour leur quatrième album Wiggle Room, la formation s'est agrandie en accueillant le guitariste Jeff Cornell et le batteur Dave Delzotto ainsi que Brian Olendorf au synthé et Noël Barnes au saxophone. Le trompettiste Greg Lyons vient aussi leur prêter main forte, rajoutant de la couleur à l'ensemble. Le saxophone et la guitare se donnent la réplique sur 'Sweet Loving Man' pour nous faire swinger et chanter avec les chœurs. Suit la chanson éponyme qui arrive à pas feutrés avec ses accents jazzy. Il s'agit d'un album à la fois groovy ('Honey On The Side') et tout en séduction : 'Nothing To No One' vous transportera dans un billard enfumé digne de la grande époque des films noirs. La voix de Michele, toute en émotions, est rehaussée par un saxophone au son de velours. Si sur la très douce 'Let It Slide' le percussionniste Ortiz, invité pour l'occasion, propose de se laisser porter par un rythme conga, la chanson suivante 'Been So Long', bien plus directe, invite à taper du pied. La plus atmosphérique 'Worthy' se détache des autres par son solo de saxophone soutenu par la basse et plus discrètement par le synthé. La dernière chanson, 'Hard Times', est à couper le souffle. À part cette dernière qui aborde le racisme et la tolérance, c'est bien d'amour que Michele nous parle, de déceptions et d'espoirs. Se procurer le nouvel album de Michele and the Love Dealers, c'est aussi prendre le risque d'en tomber amoureux.
Marion Braun

Mike Zito
Blue Room

 

Genre musical: Blues-rock explosif
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Remontons le temps jusqu'en 1998. Un jeune mec de 27 ans plein d’énergie est en studio à St. Louis, Missouri, pour son tout premier enregistrement. Blue Room diffuse 10 titres originaux sculptés dans un rock gavé de funk, joué dans un style puissant, accrocheur, très dynamique. Riffs agressifs, voix rauque, c’est brutal, ça frappe fort. C’est le début d’une carrière musicale et un moment qui raconte une histoire. Mike Zito rapporte : « On a enregistré dans le sous-sol d'une maison à l'extérieur de Saint-Louis. L’ensemble de l’album a été fait en une journée et tous les morceaux sont en direct, sans overdubs, à l’exception du chant. Nous avions joué la nuit précédente jusqu'à 6 heures du matin dans un club ouvert toute la nuit et nous sommes allés au studio à 9 heures. Nous avons apporté de la bière avec nous et nous n'avons pas dormi ». Mike Zito était alors accompagné par Doug Byrkit à la basse et Brian Zielie à la batterie, et c’est une vraie déferlante de décibels. Cette réédition célèbre donc les 20 ans de ce premier album. Il y a peut-être un brin de nostalgie dans cette entreprise mais le son n’a pas pris une ride et le disque s’écoute comme s’il avait été enregistré hier.
Gilles Blampain

Rosedale
Wide Awake

 

Genre musical: Blues-rock
Label : Dixiefrog/Borderline Blues
Distributeur : PIAS

Après un premier album qui a fait des étincelles il y a un peu plus d’un an, le duo revient avec un enregistrement qui pète le feu. Un disque original et ambitieux qui confirme la maestria de Rosedale. On est accroché dès le premier titre ‘Racing At the Wheel’, l’émotion est là, ça vibre et ça palpite. Le jeu de guitare vif et lumineux de Charlie Fabert soutient avec brio la voix chargée d’émotions d’Amandyn Roses, puissante, sensuelle, chaleureuse, qui sait faire passer la douceur ou l’agressivité. Ils produisent un blues-rock tendu, nerveux aux accents soul, entourés par Phil Sissler à la basse, Denis Palatin à la batterie, Johan Dalgaard aux claviers, Patrick Hannak à l’harmonica, Patrice Lerech à la trompette et Damien Prud’homme au saxophone. En 50 minutes la set list déroule 10 compositions originales qui dégagent une réelle puissance de feu. Le Britannique Paul Cox a été invité à chanter sur un titre, ‘Down The Line’, et le guitariste allemand Henrik Freischlader est venu poser quelques riffs sur ‘Drifting’. Amandyn Roses et Charlie Fabert ne faisant pas les choses à moitié, ils ont assuré la production et le résultat est au top. Un ouvrage créatif et classieux, dynamique et bien structuré qui diffuse une musique chaleureuse et pleine d’énergie.
Gilles Blampain

Sari Shorr
Never Say Never

 

Genre musical: Blues-rock  
Label : MANHATON RECORDS
Distributeur : manhatonrecords.com, sarischorr.com

La New-Yorkaise Sari Schorr a démarré, nous dit-on, dans le South Bronx puis le Lower East Side Manhattan, et a fait sa confirmation au Carnegie Hall. Ensuite, elle a beaucoup voyagé à travers les États-Unis et l’Europe. Elle est d’ailleurs présentée comme une voyageuse quasi mystique, honorant chaque kilomètre comme la moindre politesse de son métier, et cet album, son second, comme une sécrétion de ses pérégrinations internationales. Sari Schorr est l’archétype de la chanteuse de blues-rock à voix, puissante et passionnelle, même trempe de caractère, même propension à décorer le sapin avec ses tripes que Kim Carnes ou Beth Hart, soutenue par un soliste pointu qui brûle le même genre de kérosène. Sari Schorr n’inaugure pas la lignée des shouteuses, et son disque, dense et gras comme doit l’être un disque de blues-rock, obéit à tous les codes du genre : percutant, chargé de solos rayonnants, wah-wah giflante, batterie appuyée, orgue versant, les ballades poignantes et leurs solos d’anthologie, pile à l’endroit où on les attend, mais une telle flambée d’énergie mérite d’être saluée. Il faut pouvoir s’imposer dans cette bataille orchestrale, garder ses sidemen sous contrôle et les tenir en formation serrée dans son sillage, d’autant que les titres sont saisis dans les conditions du live. Ce n’est pas donné à tout le monde et dans le cas qui nous occupe, Sari Shorr réalise une belle démonstration de caractère.
Christian Casoni

Seasick Steve
Can U Cook ?

 

Genre musical: Blues, boogie, americana
Label : BMG
Distributeur : SONY

Avec ce nouvel album, le 9ème à ce jour, Seasick Steve sert un cocktail riche de boogie, de blues, de rock et de folk. Ça tape dans le dur avec le premier titre ‘Hate Da Winter’, au son saturé et aux décibels explosifs, mais la tension retombe à l’écoute du morceau suivant ‘Sun On My Face’, une douce ballade où un harmonica mélancolique sait se faire discret. Puis Steve remet le pied au plancher avec ‘Can U Cook’, un rock accrocheur. En fait tout au long des 13 compositions, rythmes forts et tempos plus lents s’entrelacent. L’excitation et la douceur dessinent un étrange mélange de styles. Si les ombres de Muddy Water ou RL Burnside planent sur certaines chansons, on se dit qu’il pourrait y avoir pires comme sources d’inspirations. Le son est moins brut et plus élaboré que sur les enregistrements précédents et la voix claire est toujours agréable. Seasick Steve est accompagné par Dan Magnusson à la batterie et Luther Dickinson, guitariste de North Mississippi Allstars et ancien membre des Black Crowes. Pour la petite histoire, on apprend que la plus grande partie des sessions ont été faites dans une chambre froide reconvertie en studio sur les docks de Key West, en Floride.
Gilles Blampain

Simon "Shuffle" Boyer
Drummer's Rhapsody

 

Genre musical: Jazz pop
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : simonshuffle@orange.fr ou Facebook

Autour de Simon, dans le rôle du guitariste : Stan Noubard-Pacha, dans le rôle du bassiste : Christophe Garreau, sur les claviers : Fabien Saussaye. Le batteur Simon Boyer, que les trompettes de la renommée ont surnommé Shuffle, et ses trois comparses, n’ont plus rien à prouver depuis longtemps. Ils labourent les bars, les théâtres et les festivals depuis combien d’équinoxes, derrière divers frontmen. Simon s’accorde une récréation, la deuxième de sa carrière. Le premier album sous son nom exclusif date d’il y a bien dix ans. Celui-ci, c’est juste pour eux quatre. Pas de guests, pas de bœufs, pas de remplissage. Quatorze instrumentaux ou, plutôt, quatorze chansons sans paroles, bien construites, sans débauche technologique ni effets spéciaux. La valeur des musiciens suffit amplement à habiter cette œuvre gaie, vive et fluide, parfumée d’un jazz pop plutôt sixties, surtout quand l’Hammond B3 vient la napper de cette spiritualité ornementale qui baignait tous les hit-parades de la décennie 60. Un titre comme ‘Noubab-Pacha’ n’est pas loin de la variété. Pas étonnant connaissant le guitariste, et son penchant pour les musiques de films et les musiques de vieilles séries télévisées. « J’avais demandé aux gars de proposer toutes les compos qui leur passaient par la tête. On jouait dessus sans a priori de style. Elles se sont mises en place comme ça. Mon seul impératif était que ce soit dansant. » Simon veut montrer, et y parvient, que la batterie n’est pas qu’une peau de tambour, mais aussi une table sur laquelle on peut composer, comme sur un clavier. C’est ce qu’attestent ses trois plages solo, toujours très brèves, trois petits portraits en shuffle, la frappe espiègle, matte, jamais enlisée dans la friture des cymbales, parfois même révélatrice des goûts non-officiels du batteur, une intro ici rappelant Led Zep, une autre là rappelant Ten Years After... « Rien de très démonstratif ni de compliqué. Je ne suis d'ailleurs pas un virtuose de la batterie. J'aime jouer pour des danseurs, d'où ces rythmes tantôt swing, tantôt disco ou funky, et même un peu plus africain avec ‘G Spot Blues’. » Ces quatorze charbons effervescents, dont trois solides reprises : ‘Topsy’ (Benny Goodman), ‘Hamp’s Boogie Woogie’ (Lionel Hampton), ‘Drum Boogie’ (Gene Krupa/ Anita O’Day), s’évaporent à peine entendus, comme des rêves, garantissent ainsi la fraîcheur de l’oreille et renouvellent la surprise à chaque tour. C’est Shutter Island ! « Maintenant qu'il est sorti, j’aimerais pouvoir le jouer avec les gars. Je suis un peu frustré de seulement l'écouter. »
Christian Casoni

The Apocalypse Blues Revue
The Shape Of Blues To Come

 

Genre musical: Blues psychédélique
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Est-ce vraiment la forme du blues à venir ? Ce serait étonnant. Introduire un brin de psychédélisme dans les trois accords et douze mesures cela s’est déjà produit et pas forcément pour le meilleur résultat qui soit. Néanmoins The Apocalypse Blues Revue réalise une production intéressante. Ces musiciens viennent du heavy metal, Tony Rombola est à la guitare, Brian Carpenter à la basse, Shannon Larkin est derrière la batterie et Ray Cerbone chante. Les tonalités de guitare sont troublantes avec des solos incendiaires soutenus par la puissance de la batterie et une voix qui fait penser par moment à Jim Morrison. L’ombre des Doors se distingue en effet très nettement par endroit, quand ailleurs c’est Pink Floyd qu’on devine. Avec cette production le band pousse le blues dans des directions inattendues. Une collision frontale entre le metal et les racines du blues dans des vapeurs oniriques. Le groupe suit sa propre trajectoire avec une approche dynamique. Un son qui bouillonne de manière menaçante avant que la tension ne retombe temporairement, plus loin un changement de tempo déroutant laissant beaucoup de place à des riffs toniques. Ce n’est peut-être pas un aperçu de l’avenir, mais le groupe cherche à transformer les basiques du blues traditionnel en quelque chose de différent.
Gilles Blampain

The Owl Band
Airborne

Genre musical: Rock 70's, Country rock
Label : BLUESTUFF
Distributeur : www.facebook.com/groups/348523938903595

À la suite de la dissolution du groupe normand Gang, deux formations ont vu le jour : Big Trucks et The Owl Band. Cette dernière promet avec son EP Airborne un country-rock influencé par les célèbres Allman Brothers Band, les Doobie Brothers ou encore Blackberry Smoke. Seuls rescapés du Gang original, Erik à la guitare et Steffy à la batterie sont rejoints par Thomas à la basse, Fabien à la guitare rythmique et Olivier et Justine au chant. La dualité voix féminine-voix masculines est un plus indéniable qui confère à l'ensemble une profondeur proche des groupes des années 70, tant prisés par le Owl Band. Cela peut être entendu sur le très rythmé 'Oklahoma Borderline' mais est encore plus flagrant sur l'excellent 'Midnight Rider', dont la partie de guitare donnera des frissons aux moins convaincus. Les morceaux s'enchaînent en offrant des ambiances variées, l'auditeur étant entraîné dès le premier, une reprise du 'Six Ways To Sunday' de Blackberry Smoke avec un harmonica féroce bien décidé à en découdre. Et lorsque l'on pense que le groupe s'est ancré dans un style plutôt country-blues, le très rock 'Get Over It' vient nous prouver que la formation n'a pas peur de s'aventurer sur d'autres terrains. Au final, cet EP de 5 titres nous propose 5 bonnes raisons d'aller les voir sur scène !
Marion Braun

The Ragtime Rumours
Rag'n Roll

Genre musical: Ragtime et un peu plus
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Marre des musiques formatées, des clones musicaux, voilà un groupe qui sort du rang. Vainqueurs de l’European Blues Challenge 2018, The Ragtime Rumours font entendre un mélange énergique de ragtime old-school, de gypsy-jazz et de roots-blues, dans une attitude rock'n’roll. Dès le premier titre ‘Way Too Smart’, ça pétille, ça fuse, dans le style « on est là pour faire la fête ». Si l’ambiance est joyeuse, un brin foutraque, il y a quand même quelques moments cools, et la pression ne retombe jamais avant la fin du disque, 43 minutes plus tard. La formation originaire des Pays-Bas est composée de Tom Janssen (chant, guitares, banjo), Nikki van der Schuren (contrebasse, sax baryton, flûte, chant), Thimo Gijezen (guitares, contrebasse, accordéon, piano, chant), Sjaak Korsten (batterie, washboard, chant). Ils sont rejoints pour certains titres par quelques invités qui jouent de l’harmonica, du trombone, de la trompette ou qui chantent. Les quatre membres du groupe signent conjointement 11 compositions originales et font une reprise du traditionnel ‘Wayfaring Stranger’. Même si l’on distingue parfois les silhouettes de Django Reinhardt, Robert Johnson ou plus près de nous Tom Waits, le band avec son côté rétro savoureux sait être original et créatif avec un son bien à lui. Et ce qui compte avant tout, il sait faire passer le frisson.
Gilles Blampain

They Call Me Rico and the Escape
Sweet Exile

Genre musical: Blues- rock 
Label : VOXTONE
Distributeur : InOuie Distribution

Cet été, Rico a défendu son nouvel album, le 4ème, en première partie de Jack White aux Nuits de Fourvière de Lyon. Histoire de montrer qui il est vraiment. Son blues-rock trempé dans un bain de soul ('Love Is A Vampire’) évoque souvent le cinéma américain, le grand Ouest, la route. Alors que Jean Joly est à la basse et que la batterie est confiée à Josselin Soutrenon, les autres instruments, guitare, lap steel, moog, orgue Hammond, mellotron et autres percussions sont tous sous la responsabilité du producteur, qui souvent, tourne aussi en formule 'One Man Band', They Call Me Rico. Un son énorme ('Odd One Out') pour une mélancolie souvent évoquée ('When The Summer Ends') où guitares réverbérées ('Sweet Exile') nous projettent des images à la Ennio Morricone. Neuf titres pour un disque sacrément bien chromé. 
Juan Marquez Léon