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12/17
Chroniques CD du mois Interview: AUTOMATIC CITY Livres & Publications
Portrait: SCOTT JOPLIN Dossier: ALADDIN RECORDS  
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

NOVEMBRE 2017

61 Ghosts
... To the edge

Genre musical: Blues, rock, folk
Label : Bluzpik media group
Distributeur : Amazon, iTunes, CdBaby

C'est du cash, de l'urgence, du rentre dedans, du désespéré, c'est l'étincelle qui met le feu aux poudres et l'explosion à la fois, c'est 61 Ghosts. un mélange de blues sauvage et de rock primaire autant dire, un trio sincère et entier. D'abord, il y a le duo formé par Joe Mazzari (chanteur, guitariste) et Dixie Deadwood (batteuse, percussionniste) qui ont fusionné leurs influences pour créer la musique qu'ils nous interprètent. Vient se greffer sur ce projet le bassiste J.D. Sipe qui est également, il faut le signaler, un peintre spécialisé dans les portraits d'artistes, au travail interpellant. L'album ne comporte que six titres et au vu de la pochette qui n'inspire pas la joie de vivre, on pourrait croire à un CD d'un groupe de métal. Premier titre, 'Heartbeat' après quelques mesures d'une guitare claire, le son se fait plus dur, s'intensifie avec l'arrivée d'une basse ronde et d'une batterie bien marquée, et la voix déchirée vient couronner le tout. Il y a du Springsteen dans cette chanson. 'No One At Your Door' enfonce le clou, le tempo se fait plus urgent et la voix plus éraillée encore. 'World Gone Crazy' laisse tomber la vitesse pour prendre un côté plus lourd et inquiétant. On commence à se rendre compte que les paroles ne nagent pas dans l'allégresse. Avec 'If Tears Were Dirt' on sent que sur scène ce titre est fait pour durer avec ses gros riffs accompagnés d'un duo basse/batterie en osmose. 'Show Me Your Scars' chanson émouvante, se rapproche du folk, joué en acoustique tout comme le dernier morceau 'Passion Tipped Arrow'. Tiens, le CD est déjà terminé !? Vingt-deux minutes de bonne musique, c'est court. Allez, je m'en remets un p'tit coup entre les oreilles.
César

Alastair Greene
Dream Train

 

Genre musical: Blues torride
Label : RIP CAT RECORDS
Distributeur : INAKUSTIK

Le contenu de cet album est tout à fait le genre de blues hyper costaud qui plaît aux bikers de tout poil. Le genre de musique que l'on écoute avant de quicker le chop et de prendre la route. Alastair Greene a eu pendant sept années toute la confiance d'Alan Parson pour l'accompagner sur tous les continents au sein du Alan Parson Project Live, ce qui est quand même une sacrée carte de visite. Maintenant libre, il lâche ses riffs et ses solos incendiaires avec pour lieutenants le bassiste Jim Rankin et le batteur Austin Beede qui forment la garde rapprochée idéale. Comme monsieur Greene est un type reconnu dans le milieu, quelques musiciens de renom ont été embarqués dans ce Dream Train. A commencer par Walter Trout que l'on trouve aux côtés du chef dans un blues lent baptisé 'Another Lie'. Autant dire que les notes volent dans tous les sens. Debbie Davis apporte sa six cordes sur l'instrumental 'Grateful Swagger' à la rythmique funky cisaillante. Mike Zito a aussi répondu présent sur le morceau 'Down To Memphis'. Grosses guitares assurées. Le claviériste Mike Finnigan est en renfort sur trois titres dont 'Iowa', autre instrumental très calme, tout en douceur, écrit en hommage à la grand-mère d'Alastair Greene L'harmoniciste Dennis Gruenling vient poser sa touche sur 'Daredevil' qui groove et balance tout en gardant un côté rentre dedans. La cerise sur le gâteau étant le morceau 'Nome Zayne' écrit et offert par Billy Gibbons de ZZ Top avec sa bénédiction. Pour ceux qui aiment le gros boogie qui va vite et sans concession, je recommande chaudement 'Big Bad Wolf'' On a là un guitariste qui se situe entre Johnny Winter et Alvin Lee, pas mal, non ?
César

Albert Castiglia
Up all night

 

Genre musical: Blues-rock
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Avec un son éclatant qui émet de bonnes vibrations, Albert Castiglia n’a rien perdu de sa hargne et son jeu de guitare qui renverse tout sur son passage est toujours aussi excitant. Quant à sa voix, elle enflamme chaque titre. L’homme de Floride revient avec un album qui frappe fort. Il envoie toujours un blues-rock punchy avec une pointe de funk par-ci, un doigt de soul par-là. Il est accompagné par un nouveau duo super efficace, Jimmy Pritchard qui fait ronfler la basse et Brian Menendez qui frappe sans retenue sa batterie. Tout trois s’en sortaient déjà très bien mais Albert Castiglia a convié quelques potes comme Sonny Landreth, Johnny Sansone et Mike Zito, qui a aussi tenu le rôle de producteur, et le résultat donne un son assez incroyable. L’ambiance plutôt rock’n’roll ferait se tortiller un neurasthénique. Émotion et feeling sont de la partie pour cette excitation sonore. L’enregistrement s’est fait au Dockside studio en Louisiane. Les 11 titres se déroulent en 45 minutes et comme pour faire retomber un peu la pression le dernier morceau est un blues à l’ancienne joué en acoustique. Cet enregistrement semble capté sur le vif, comme l’instantané brut d’un artiste plein d’enthousiasme. Le résultat est dynamique et la prestation est brillante.
Gilles Blampain

Al Corte'
Mojo

Genre musical: Soul, blues, R&B
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
CdBaby, FCC Clean

C'est le second album d'un chanteur dont le père s’adonnait au honky tonk par passion. Deux de ses oncles chantaient aussi, l’un dans les boîtes de nuit, l'autre lyrique, dans les opéras. C'est ce dernier qui lui fit apprendre les techniques vocales, la puissance, la tonalité juste... pressentant les dispositions naturelles d'Al. Celui-ci pratiqua le chant choral dans les églises, le doo wop, le rock n’roll, le blues. Après pas mal de décennies et un tas de boulots différents, il enregistra un album de reprises Seasoned Soul en 2015, extrêmement bien reçu par la critique. Fort de cet accueil, cette fois-ci, nous avons droit à une douzaine de compositions accompagnées par une armada de musiciens, le noyau dur étant formé de Leroy 'Flick' Hodges à la basse, Steve Potts à la batterie, Michael Toles à la guitare et le Rev. Charles Hodges Sr. à l'orgue Hammond B3. Viennent s'additionner une section de cuivres, une section cordes, trois choristes et une chorale. Tout ce monde pour servir et soutenir ce chanteur qui pourrait très bien interpréter le répertoire de Sir Rod Stewart, le grain de leurs voix étant semblable. Il y a du mâle et de la puissance là-dedans. Puissance que l'on peut découvrir dans 'Blessed To Have You Near' mi-soul, mi-gospel avec la chorale pour appuyer le côté solennel. Les titres qui balancent sont d'ailleurs légion. 'Mojo', 'Good Day', 'I'm Ready', 'Love Thang', dignes héritiers du R& B et de la soul de la grande époque avec leurs chœurs féminins et leurs cuivres réglés au quart de poil et leur groove entraînant. Al Corte' sait aussi prendre une voix de velours sur 'Memphis Moon' pour faire corps avec le son feutré du saxophone de Lannie McMillan Jr. C'est John Nemeth qui tient les parties d'harmonica sur 'Juke Joint Jive' et 'What You Hold'. Pour ceux qui aiment le funk, c'est 'Touch' qu'il faut écouter en premier. Encore un album qui va squatter les charts.
César

Alex Mazzoleni
The Scotty Moore Project

Genre musical: Country/Rock
Label : SUMERSET RECORDS
Distributeur : INOUIE

Plusieurs tomes seraient nécessaires pour raconter l’histoire des albums maudits. Et rares sont celles qui finissent bien. C’est pourtant le cas pour cet album au nom explicite : The Scotty Moore Project. Alex Mazzoleni se consacre à ce style de guitare 50’s marqué par Scotty Moore ou Chet Atkins. Il rencontre son idole, joue avec lui, et Scotty souhaite l’enrôler pour ses futurs concerts en France, mais premier grain de sable : Scotty ne reviendra jamais. C’est à ce moment-là que nait le projet de l’album solo de Scotty Moore, qui aurait pu être son troisième, après The Guitar That Changes The World (1964) et All The King’s Men (1997). En mai 2000, les maquettes devant être présentées à Scotty sont enregistrées live, avec Alex à la guitare. Mais Scotty est ce plus en plus fatigué, l’album ne se fera jamais avec lui. Il part rejoindre Elvis avec son secret en 2016. Les bandes analogiques ont dormi jusqu’à aujourd’hui et sortent en vinyle sur Sumerset Records, un nouveau label de Thierry Los, également producteur de l’album. C’est frais, rock, country, jazz, et la guitare est sobre comme un moineau.
Cranberry Gordy

Andrea Marr
Natural

Genre musical: R&B, Blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : ONLY BLUES MUSIC

Que les choses soient claires, rien de nouveau, mais un boulot fait avec 4C. Cœur, Chœurs, Cuivres et Classe. Si vous aimez Aretha Franklin, Etta James et Tina Turner sachez que vous frappez à la bonne porte et que la relève de la regrettée Sharon Jones est assurée. Comme ces femmes précitées, Andrea Marr, Sri Lankaise émigrée à Melbourne où elle a ouvert une école de chant, a tous les atouts pour interpréter le R&B, la soul et le blues. Le feeling, la puissance, le charisme et un orchestre fourni pour l'accompagner avec inévitablement, outre une basse/batterie/guitare comme une locomotive, une section de cuivres faîte pour balancer, rouler et groover avec un orgue pour lier tout ça. Onze titres sur ce septième album, six enregistrés en 2017 et cinq en 2012 qui ont tous en commun le mot dynamisme sauf le dernier 'Sticks & Stones' qui fait ressortir le côté sensuel de la chanteuse. Sinon on se trouve en pleine célébration de l'époque glorieuse de Stax et Motown réunis. La machine est rodée et part comme une flèche avec 'Force Of Nature'. Tout le monde est obligé de suivre le rythme effréné imposé par la caisse claire, et ça dépote. 'Rock Steady' et ‘Mama Got It Wrong Sometimes Too' arrivent ensuite et on peut dire que c'est du James Brown au féminin. Elle se calme un peu avec 'Grateful' qui nous propose son côté Motown et entame 'That's Where Love Ends’ où l'on peut se l'imaginer se tenant droite à côté du piano qui débute la chanson, rejoint bientôt par des cuivres en douceur, le tout bientôt aidé par l'orgue pour arriver au solo de saxo ; belle pièce un peu jazzy que ce titre. Il y a aussi 'Credit' qui aurait pu être dans la bande son d'un film des Blues Brothers, trop bon ! Allez, c'est décidé, je fais ma valise et je vais prendre des cours avec Andrea Marr pour qu'elle me chante 'Real Good Man', encore un morceau bien funk de cet album.
César

Aurélien Morro & The CheckersFrench Quarter

Genre musical: Blues rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.aurelien-morro-and-the-checkers.com

La soirée avait été longue, mais je m’étais montré d’une sobriété exemplaire, comme toujours. D’où venait alors cette sensation, celle de me trimbaler une enclume sur la tête ? Et ces petits bonhommes, qui jouaient du marteau piqueur dans mon crâne ? Remède possible : Aurélien Morro & The Checkers, formation clermontoise, ici renforcée par les transalpins Marco Pandolfi et Max Ferrauto. Selon le feuillet de présentation, « une des formations majeures de la scène blues française, emmenée par le chanteur/guitariste Aurélien Morro… Une savante alchimie, qui met tour à tour en avant différentes composantes musicales ». Et puis, French Quarter, ça évoque la distinction, le raffinement, et l’Esprit des Lumières, non ? Idéal sans doute pour accompagner un état semi-comateux, résolument ancré au fond de son fauteuil. Je lance l’affaire et puis… Seigneur Jésus ! Je me retrouve illico propulsé dans les airs, à m’agiter comme un beau diable au milieu du salon. C’est que, sous cette enveloppe des plus classiques, je ne m’attendais pas à ça : ça groove à souhait dès l’entame, pour un album à dominante blues funk, nappé de cuivres rutilants : ‘It’s Your Thing’, ‘Mo Hippa’, ‘Solution’… Sur ‘Bayou Breeze’, la voix de Ferrauto impressionne, et on se prend à regretter que pour le reste on ne lui réserve que quelques chœurs. Divers courants traversent l’album : jazzy, New Orleans, sans négliger le blues classique (‘Say You I’ll Will Be There’,’Sad Day’), et une reprise en puissance du Buffalo Springfield. Le tout exécuté avec une saine ardeur et une sincérité évidente. Petite réserve, les soli un peu stridents qui ont tendance à vriller la cervelle. Sinon, voilà bien un album à écouter en toutes circonstances, parole de repenti! 
Marc Jansen

Chris Daniels and the Kings with Freddi Gowdy  
Blues witu Horns, Vol 1

Genre musical: Funk, Blues, R&B, Soul
Label : MOON VOYAGE RECORDS
Distributeur : CPI distribution, CdBaby, FCC Clean

Tout est dans le titre et en plus, avec le sourire. Mais d'abord, avant le CD, voyons le contenant qui vaut le détour. Sous un air vintage, dès qu'on l'a sorti de sa pochette en papier cristal, c'est une belle surprise qui nous attend. On croit avoir à faire à un digipack classique, mais la couverture une fois ouverte, ce sont plusieurs feuillets découpés reliés entre eux par un accordéon, comme les livres pour enfants, qui nous sautent aux yeux. C'est une véritable œuvre d'art, réalisation de Greg Carr, il fallait le signaler. Ce CD, le quinzième du groupe en trente-trois ans de carrière, a été inspiré par les artistes des années cinquante à soixante-dix qui utilisaient des cuivres chauds bouillants dans leurs compositions. On y trouve trois originaux et sept reprises, bien sûr réarrangées. Avec Chris Daniels qui est guitariste chanteur, les Kings sont Randy Amen à la batterie, Kevin Lege à la basse, la seconde guitare est tenue par Colin ‘Bones’ Jones, la section cuivre est composée de Jim Waddel et Darryl Abrahamson. Deux autres souffleurs sont venus compléter cette section, Bob Rebhoz et Daren Krammer. On n'oubliera pas l'harmoniciste Clay Kirkland qui fait un boulot d'enfer, les claviers de John Magni et Doug Krause ainsi que la voix magnifique de Freddi Gowdi qui a un long passé de chanteur (The Soulsetters, Freddi Henchi duo). D'entrée, 'Sweet Memphis' annonce la couleur. Dans cette ode à une des villes culte du blues, on reconnaît de suite la guitare fluide d'un certain Sonny Landreth sur ce titre qui aurait pu être joué par Little Feat. Pour suivre sont enchaînés, du funk torride, du R&B qui balance, de la soul en direct du cœur avec toujours, bien entendu des cuivres réglés au quart de poil, des chœurs qui vont bien, de la chaleur à partager, du feeling à chaque note. Allez, quelques titres. 'Soothe Me Baby' (Sam Cooke), 'Them Changes' (Buddy Miles), ‘Baby's In Love With The Radio' (Johnny Guitar Watson), 'Can't Even Do Wrong Right' (Elvin Bishop)… Je vous laisse découvrir les autres titres quand vous vous serez procuré ce must d'une dream team.
César

County Jels
Working on the farm

Genre musical: Rock
Label : ATLANTIDE MUSIC
Distributeur : www.atlantidemusic.biz

Eric Sauviat et Sébastien Chouard sont aux guitares, appuyés par Laurent Cokelaere à la basse et Julien Audigier à la batterie. Ils jouent un rock qui accroche où l’on peut reconnaître de savoureuses sonorités seventies. Une musique aux accents bluesy ou country qui a de l’épaisseur, du corps, mais aussi une belle âme. Si chacun d’entre eux a un long passé sur scène et en studio, pour JELS (Julien, Eric, Laurent et Sébastien) tout commence en 2014 ; un an plus tard ils sortent leur première production et la critique est élogieuse. Avec ce deuxième album le band ne présente que du neuf. Ça fuse dès le premier titre, le tempo est assuré par une batterie bien marquée et une basse chaleureuse pour mettre en valeur deux guitares qui dialoguent, virevoltent, s’enlacent ou se chahutent. C’est fort, efficace et brillant avec de belles ambiances et une voix agréable. Le CD déroule en 45 minutes 10 compositions originales, 6 sont signées par Eric Sauviat, 2 par Sébastien Chouard, 1 par Laurent Cokelaere et 1 par les 4 réunis. Rock rageur, blues qui roule, ballade mélancolique, partition chantée ou simplement instrumentale, les atmosphères varient mais le résultat est là, sans équivoque, riche et vibrant. Une prestation chaude où se dévoilent une passion commune et le plaisir de jouer ensemble.
Gilles Blampain

Experimental Tropic Blues Band
Spit'n'Split

Genre musical: Psychobilly surf
Label : JAUNE ORANGE
Distributeur : PIAS

Par l’affreux Peterman Cuberdon et les boulettes sauce tapin, quel album ! Le cinquième tabac des trois blunkers liégeois, en cavale depuis 1999, qui écument sous les pseudos de Boogie Snake (guitare), Devil d’Inferno (batterie) et Dirty Coq (chant, guitare). L’internaute éclairé pourra dénicher, sur ce site, un portrait d’eux réalisé par l’incroyable Marc Jansen. Leur style : « une espèce de blues punk inspiré des clichés du rock, surtout ceux du début, le rock primitif qui faisait du bruit ». Sur ce disque : seize plages saisies bleu, une prise par titre. Seize ! Mais c’est de la musique de film, la BO d’un documentaire réalisé par un certain Jérôme Venderwattyne, dont les vraies-fausses contrevérités racontent les tribulations sordides et fabuleuses de l’Experimental Tropic Blues Band en tournée, avec tout le chic wallon de la viande froide, une sauvagerie qui sera présentée en avril au Festival du Film fantastique de Bruxelles. C’est un indice. Sur son pied de guerre, pointure 2000, l’album est émaillé de séquences atmosphériques, psalmodies ténébreuses, malédictions d’outre-tombe, interludes d’épouvante electro, mais il comporte aussi de grands accès de rage fuzzy allant du garage psychobilly au stoner, les mélodies somptueuses d’un surf twangy qui s’égrène en arpèges lourds, la tige vibrato onctueuse (‘Alas Alas’, ‘Spit’n’Split’…), quelques minutes de pop tordue (‘Too Bad’), et une curiosité : ‘Ultra Erectus’, extrapolation délirante de ‘Jumpin’ Jack Flash’. Ainsi, sous des dehors débraillés, résidu d’une sous-culture lumpen-prolétaire belgo-américaine, l’ETBB est le monstre jouissif de trois chanteurs et musiciens formidables dont le premier riff vous donnera honte d’être allés muscler vos fesses à la salle de sports, d’avoir acheté une maison de campagne et souscrit un plan épargne retraite.
Christian Casoni

G. Lolli
Capire il Mistero

Genre musical: Band son italienne    
Label : SPECIFIC RECORDINGS
Distributeur : https://specific.bandcamp.com/album/capire-il-mistero

Dans un univers parallèle, Carla Gravina a tourné un film entre ‘la Monaca di Monza’ (1969) et ‘Senza Motivo Apparente’ (1971). Adapté du roman de Ed McBain ‘Envolée la Gazelle’, elle y joue le rôle de Anna, fiancée du héros. Le couple part en weekend, est arrêté par un motard pour excès de vitesse, puis s’installe dans un hôtel près du lac de Côme. Le héros (joué par Fabio Testi), descend au bar pendant qu’Anna prend un bain. Quand il retourne dans la chambre, une mare de sang couvre le sol de la salle de bain, et Anna a disparu. Il retourne au commissariat, et le même motard que plus tôt dans la journée affirme qu’il était seul quand il a été arrêté… ce sont les 10 premières minutes de ‘Capire Il Mistero’, en français « comprendre le mystère ». Ce film est invisible à nos yeux. Nous ne verrons jamais les boucles rousses de Carla, ni sa mini-jupe blanche. Mais la bande son, composée et enregistrée par G. Lolli, est parvenue à traverser le miroir (sans doute par Wifi). Elle est aujourd’hui disponible, sur le bandcamp de Specific Recordings. Si on ferme les yeux on peut voir la Villa Balbianello, on peut voir le collier autour du cou de Carla, on peut l’entendre murmurer « Quando non sente più il bisogno di nascondere a se stessa, chiudendo gli occhi, il rosso della sua vergogna, e invece vede, con occhi ormai aridi e impassibili, quello dell'uomo, che pur senz'amore s'è accecato? »
Cranberry Gordy

Ghalia & Mama's Boys
Let the demons out

Genre musical: Blues-rock
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Ghalia Vauthier est originaire de Bruxelles. Après Ghalia & The Naphtalines et Voodoo Casino la voilà avec les Mama’s Boys. Depuis 2013, au-delà de la Belgique c’est à Chicago, Saint-Louis, Memphis, Nashville, jusqu'aux confins du Mississippi et des Bayous de Louisiane que sa passion l’a menée. Au printemps 2016 à New Orleans, Ghalia se lie d'amitié avec Johnny Mastro & Mama's Boys, soient Johnny Mastro (harmonica/chant), Smokehouse Brown (guitare), Dean Zucchero (basse) et Rob Lee (batterie), et le band est en parfaite osmose avec elle. Rythmique d’enfer, harmo chauffé à blanc, riffs de guitare enivrants. Une musique nourrie de rhythm’n’blues et de boogie. C’est décidé, le son musclé du groupe soutiendra le jeu de guitare dynamique et le chant électrisé de la miss en studio. Travaillant sur l'impulsion et faisant confiance à leur talent, l’enregistrement se fait en prise directe : « Nous pensons que ce style d'enregistrement organique apporte plus de spontanéité et d'intégrité à la musique », estime Ghalia Vauthier. Cela donne un blues-rock alimenté à la nitroglycérine avec une voix étonnante qui passe du ronronnement au cri de guerre. De plus Ghalia Vauthier ne se contente pas d’être interprète puisqu’elle signe les titres de cet album.
Gilles Blampain

Jared James Nichols
Black Magic

Genre musical: Blues-rock
Label : LISTENABLE RDS
Distributeur : LISTENABLE RDS

Le trio américain Jared James Nichols (chanteur, compositeur, guitariste), Dennis Holm (batterie), Erik Sandin (basse, chœurs) s'est taillé une sacrée réputation depuis son premier album Old Glory & The Wild Revival. Les premières parties de Blue Oyster Cult, UFO, Lynyrd Skynyrd, ZZ Top, Saxon, sont contributives d'un nom de trio heavy-blues qui ne fait pas semblant, tout comme le passage au Hellfest 2017. Pour ce second brûlot, l'effort a été mis sur le travail des compositions. Beaucoup plus riches qu'auparavant et s’éloignant quelquefois du hard-blues à la Mountain d'il y a 2 ans, l'album a été enregistré en partie aux studios The Boneyard de Boston et ceux de Johnny Depp à L.A. Nichols avoue avoir beaucoup travaillé sur le premier titre 'Last Chance', avec son intro à la Eddie Van Halen et le sentiment que Vincent Furnier a été convié au bûcher de cette brulante rocket. Souvent des chœurs enrichissent ce blues-rock le rendant ainsi un peu plus sophistiqué que sur Old Glory..., comme dans 'The Gun', une sorte de Delta blues poussé à son volume maxi et doté d'un léger psychédélisme. Une voix féminine, celle de Jessica Childress, apporte une autre dimension dans le très funky 'Honey Fogive Me'. Tandis que 'Got To Have You' remporte ma préférence, il y a un je-ne-sais-quoi de Lennon dans le chant. Un Lennon qui se serait mis au blues, (rappelez-vous 'Yer Blues'.) les potards sur 11. Il y a des titres très bruts aussi, comme 'End Of Time', tendu comme le câble d'un Zeppelin en feu. On peut penser aussi aux Black Crowes quelques fois. Tous les titres, écoutes après écoutes, révèlent ainsi cette 'magie' propre aux bons albums. Voyez-vous ce qu'il vous reste à faire ?
Juan Marquez Léon

Joe Bonamassa
Live at Carnegie Hall an acoustic evening

Genre musical: Blues, Americana, musiques du monde
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

En janvier 2015, Joe Bonamassa réalisait un rêve de gosse en donnant 2 concerts sur la scène prestigieuse du Radio City Music Hall de New York. Deux ans plus tôt il y avait eu les concerts acoustiques à l'opéra de Vienne. Le voilà de retour sur l’autre grande scène de la Grosse Pomme, le mythique Carnegie Hall. Et ce retour à New York se fait comme en Autriche avec une prestation entièrement acoustique, mais dans une version plus sophistiquée. Pour ce show, Joe Bonamassa est accompagné par un groupe de 9 musiciens tous aussi talentueux les uns que les autres (violoncelle, percussions, piano, batterie, mandoline, banjo, vielle, saxophone, guitare) ainsi que par 3 choristes. Et Bonamassa confie : « Ce show a été pour moi l'un des projets les plus difficiles jamais réalisé, je joue avec un groupe acoustique de neuf instrumentistes, et le résultat est superbe ». Avec un band de cette qualité la prestation est forcément brillante. Enregistré et filmé durant deux soirées fin janvier 2016, ce nouvel album live [deux CD : (9 titres – 49mn) et (6 titres – 44mn)] présente des versions dépouillées des meilleurs titres connus du guitariste/chanteur ainsi que des chansons inédites. Blues, Americana, musiques du monde s’enchaînent le plus naturellement qu’il soit au fil des plages. La prestation est lumineuse et acclamée chaleureusement par le public. Le talent de Joe Bonamassa n’est plus à démontré mais des arrangements particulièrement réussis et la qualité remarquable du son font que cette performance est vraiment d’une qualité supérieure.
Gilles Blampain

Johnny Rawls
Waiting for the train

Genre musical: Blues, soul
Label : CATFOOD RECORDS
Distributeur : City Hall records, CdBaby, iTunes

C'est un monsieur tiré à quatre épingles, qui a déjà un très long passé musical et dont chaque album qui sort est toujours placé très haut dans les charts, et ce Waiting For The Train est bien parti pour, tellement feeling et savoir-faire sont intimement mélés. Chanteur, il a été plusieurs fois nominé pour des Music Awards et sa voix ainsi que son style le confortent comme étant l’un des meilleurs soulmen actuels. Peut-être pourrait-on le comparer à Wilson Pickett. Au niveau accompagnement, la guitare est tenue par Johnny McGhee, artiste de studio pour la Motown. Bob Trenchard tient la basse et cosigne six titres de l'album, les autres étant des reprises. Le batteur est Richy Puga, le claviériste Dan Fergusson. Ces trois-là jouent ensemble depuis une vingtaine d'années. N'oublions pas la section de cuivres (deux saxophones – trompette et trombone), les chœurs et le percussionniste. Tout ce beau monde attaque par une grosse machine, une vraie locomotive qui a pour titre 'Rain Keep Falling (‘till Im Free)'. Vient ensuite le swing contagieux de ‘Las Vegas' puis arrive le tour de 'Waiting For The Train' et son vague à l'âme nonchalant. Quelques belles reprises ont été choisies. 'I'm In Love' de Bobby Womack, moins criée que l'originale. 'I Shall Be Released' de Bob Dylan traitée façon gospel et soul. 'Turning Point' interprétée à l'époque par Tyrone Davis et 'We Did It' de Syl Johnson et sa bonne humeur communicative. Si vous avez apprécié les séries Rhythm and Blues Formidable il y a quelques décennies, sachez que l'on est en plein dans ce registre et c'est un vrai régal.
César

Jonny Lang
Signs

Genre musical: Blues, soul, rock
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

A travers ce nouvel album Jonny Lang réaffirme son attachement au blues avec cependant une approche moderne légitime pour un artiste de sa génération. « Beaucoup de mes influences antérieures sont remontées à la surface, comme Robert Johnson et Howlin’ Wolf. J'apprécie ce son brut et non raffiné. Ça m’a démangé d’imiter ça en partie et je pense que cela se ressent dans mes chansons. Toutefois, je laisse les choses venir et parfois ce n’est pas nécessairement blues ». Il propose donc des ambiances assez variées où funk, rock, blues et gospel s’épanouissent largement. Au fil des 11 titres plus que ses prouesses de soliste, Jonny Lang privilégie un son élémentaire. Et ses riffs incisifs et chauds sont plus au service du chant que de la démonstration. La petite formation qui joue derrière lui accueille pour certains titres, des guitares supplémentaires, des claviers et des chœurs. Pour les onze chansons originales il a collaboré, pour l'écriture et la production, avec le guitariste Drew Ramsey, le claviériste Shannon Sanders. Avec cet album Jonny Lang ne se présente plus comme un guitar hero, mais comme un musicien mature, dépositaire d’un héritage musical.
Gilles Blampain

Kaos Karma
11'43

Genre musical: Rockabilly grégorien-psyché
Label : BAM BALAM RECORDS
Distributeur :
LA FACE CACHE

Sa voix monte ses trois octaves, facile. Il manipule bien quelques machines, « mais de manière assez artisanale finalement ». L’évolution de Kaos Karma est de plus en plus difficile à cerner et ses références, de plus en plus phréatiques ! Les deux albums précédents pouvaient encore être rattachés aux expériences d’un rockabilly métaphysique du type Suicide. Avec ce troisième LP, uniquement gravé dans le vinyle, c’est plus délicat. Un fantôme de rockab traîne toujours un peu par là, mais ses transes sont maintenant plus ensoleillées et moins radicales. Ses plongeons intérieurs se développent toujours dans un espace convulsif, effets spatiaux qui sont la partie la plus vintage de cet étrange prototype de rockabilly et renvoient à une avant-garde sixties. Là-dessus courent des riffs de rock’n’roll, des bourdons, des incantations plus que des chants, les apartés sataniques d’un confessionnal vénéneux, peut-être une aspiration… au moins spirituelle sinon religieuse, on entend flotter une voix féminine tantôt fraîche, tantôt inquiétante, et la balance hésite entre un chant grégorien psyché et un americana gothique. Le morceau de bravoure de l’album ouvre la face B : ‘11’43’. On peut toujours hasarder, à son sujet, l’appellation de jazz balkanique. Cette longue plage promène des grâces centre-européennes, portées par les volutes caressants d’un saxophone qui crête une ligne d’horizon voluptueuse. La volupté. Une autre rupture avec l’âpreté des albums précédents. C’est comme si Kaos Karma ne faisait qu’ébaucher ce qu’aurait pu être ce disque s’il avait voulu lui donner un tour commercial. D’ailleurs ‘Tokyo’, le seul titre à fonctionner vraiment comme une chanson douée d’une mélodie, pourrait faire un tube. Il faut dire que Kaos Karma s’est posté très en amont, à la source d’à peu près tous les genres. On n’entre pas chez lui comme dans un moulin, son hospitalité se mérite. Un poète évoquerait certainement une invitation au voyage, tant cet album stimule l’imagination. Kaos Karma (allusion à Kerouac), alias Fabio Giberti, habite sur la Côte d’Azur. Il se produit et enregistre généralement avec un bassiste nommé Pits Esb. L’exotisme ne s’arrête pas là, puisqu’il s’est entouré de trois Japonais, deux dames : Ryoko Ono (saxo) et, c’est son drôle de nom : À Qui Avec Gabriel (chant et accordéon), ainsi qu’un gentleman guitariste : Makoto Kawabata (des Acid Mothers Temple) sur le titre ‘Blue Haze’. Autant de monde sur un album de Kaos Karma, c’est une autre nouveauté !
Christian Casoni

Kelly Z
Rescue

Genre musical: R&B, funk, rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : Amazon, iTunes, http://www.kellyslot.com/

Kelly Z (Z pour Zirbes) a déjà enregistré une douzaine d'albums avec son groupe Kelly's Lot et lors d'une discussion avec l'ingé-son, producteur, Chuck Kavooras ils se sont mis d'accord pour travailler ensemble. Il se trouve que Chuck possédait dans ses tiroirs des enregistrements datant de 2011, qui ne demandaient qu'une voix pour être finalisés. A l'écoute de ceux-ci, Kelly fut tout de suite emballée. Tope-là, on bosse ensemble ! D'où le titre : Rescue. La huitaine de chansons de cet album sont des reprises des sixties signées par quelques icônes du R&B, du rock et du funk. En voici quelques-uns. 'What Do I have To Do' de James Brown, effectivement dans ce titre, Kelly Z est une bombe incendiaire, surtout que, pour les chœurs, on trouve Teresa James, Shari Puerto et Lisa Orloff Staley, plus une section de cuivres très dynamique. 'Baby It's You' de Burt Bacharach toujours dans un registre R&B mais plus posé, moins hystérique avec la voix déchirée de miss Z, ça le fait aussi. 'You Don't Realize' de Michael Bloomfield calme le jeu mais tout en restant intense toujours grâce à la voix de la chanteuse. 'Trying To Find My Mind' de Tina Turner garde toute son énergie avec l'ajout d'une slide tenue par Chuck Kavooras. 'You Are My Sunshine' de Jimmie Davis a été grandement dépoussiéré et cette version lui donne un éclairage nouveau paré de cuivres scintillants et d'une voix vibrante d'émotion. 'Do Your Thing' d’Isaac Hayes met en avant la qualité des musiciens avec son funk chaloupé. John Marx à la guitare, Rick Reed à la basse, Bryan Head à la batterie et aux percussions ainsi que Mo Beeks aux claviers. J'aurais bien écouté deux ou trois morceaux de plus, mais… il n'y avait que huit titres à sauver dans le tiroir.
César

Kenny Wayne Shepherd Band
Lay it on down

Genre musical: Blues, soul, country
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Il semble que Kenny Wayne Shepherd évite de se répéter d’un disque à l’autre. Il a partagé l’écriture de cet album avec quelques pointures de Nashville mais c’est Shreveport, sa ville natale, qu’il a choisi pour la deuxième fois, pour enregistrer sa huitième production discographique.  « Je viens de Louisiane. C'est ma famille. C'est là que j'ai exploré mon amour et ma passion pour cette musique. L'épicentre de ma vie musicale est là. Peu importe où je vais dans le monde, il y a toujours quelque chose qui me ramène à la Louisiane. Cet endroit sera toujours chez moi. ». Ce disque qui déroule ses 11 titres en 45 minutes présente une alternance de genres allant du hard-rock à la soul, des shuffles bluesy aux ballades country. Et si l’on entend sur certains morceaux orgue ou cuivres, cet enregistrement met bien en relief l’assise rythmique batterie/basse. Considéré par certains comme l'avant-garde du blues contemporain le jeu de guitare de Kenny Wayne Shepherd est précis, rapide, étonnamment fluide et dénué d’emphase démonstrative. L’homme à la Fender est également très présent vocalement, si bien que Noah Hunt son bassiste et chanteur habituel, avec sa voix plus grave, est presque relégué au second plan. Un album avec un bon feeling et une pêche d’enfer.
Gilles Blampain  

Kings & Associates
Tales of a rich girl

Genre musical: Blues riche
Label : BIG WING RECORDS
Distributeur : www.kingsandassociatesmusic.com, Tunecore

Ce n'est que le second album de cette formation australienne (digipack précieux avec livret incorporé) et pourtant on jurerait que ces gens ont pas mal de kilomètres au compteur, à l'écoute de ce CD où la qualité côtoie la modernité. Après le succès du premier opus Red Dress, le groupe est allé enregistrer à Los Angeles avec aux manettes un certain Jim Scott qui produit également cet album et qui a été, par 7 fois, gagnant d'Awards grâce à des collaborations avec les Stones, Tedeschi Trucks, Sting, Red Hot Chili Peppers... Une chanteuse, un chanteur guitariste, un second guitariste, un bassiste guitariste et un batteur guitariste. On aime la guitare chez ces gens-là, mais pour aider, piano, orgue, violon, mandoline, harmonica et saxophone sont venus à la rescousse. Musique riche donc à l'image de ce gospel moderne 'Peace X Peace' qui débute tranquillement et se termine dans la ferveur la plus totale au bout de sept minutes passionnantes. 'Pabla's Grace' est construit sur le même modèle. Angela Portolesi au début, susurre les paroles pour terminer avec une énergie certaine, bien entourée par des chœurs féminins puissants. 'God Bless Mama' avec son ambiance country et son violon et 'Tales Of A Rich Girl', blues sautillant et sa slide donnent de la bonne humeur à cette production aux ambiances toutes différentes les unes des autres. Parmi les douze compositions, quasiment sur chaque chanson, le piano et l'orgue sont présents ce qui donne de la grandeur et de l'ampleur à ce disque sauf sur un titre où le band a eu l'intelligence de nous faire profiter d'un morceau live et acoustique 'Tales Of A Richman' simple et efficace. Avec ses deux excellents chanteurs, il n'est pas étonnant que ce groupe ait déjà écumé les plus grands festivals australiens. On entendra encore parler d'eux, pour sûr.
César

Léonard Griffie
Better late than no time soon

Genre musical: Blues, soul, jazz
Label : PANGOBOY PRODUCTION
Distributeur : CdBaby

C'est le second disque de ce chanteur guitariste, bluesman confirmé et artiste complet, qui tient aussi bien les pinceaux et les crayons, que le médiator et le microphone. Sa voix est plutôt grave et affirmée et sa guitare semble ne pas supporter les pédales d'effets pour interpréter son blues qui a un pied dans le classique et l'autre dans le moderne. Il excelle quand ses chansons sont jouées dans un style rhythm & blues old school 'Ain't No Happy Home' ou 'I Got News', mais le Chicago blues lui va à merveille, 'Look Me In The Eyes', et il assure également quand il joue dans des colorations jazzy, 'I'm Good Where I Am' et ‘Up and At Em', instrumental où il se partage le travail avec son claviériste Michael Vannice. Ses autres complices sont le bassiste Doug McAllister et le batteur Mark Stever. La section de cuivres est composée du saxophoniste Gordon Greenley et du trompettiste Randy Scherer. Curieusement, deux titres se ressemblent assez musicalement parlant, ce sont les excellents 'Leave This Town' et 'A Dollar Or Two' qui font taper du pied. Originaire de l'Oregon, ce vrai bluesman dans l'âme dont on ne sait pas grand-chose, mériterait que les projecteurs soient tournés dans sa direction.
César  

LUX
Super 8

Genre musical: Pop-rock avec des moires country
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : contact@lux-theband.com

Les mauvaises langues avec de mauvaises oreilles entendent, avec beaucoup de mauvaise foi, la résurrection de Texas. Le nom de PJ Harvey flottera inévitablement à un moment ou à un autre. Quelqu’un n’a-t-il pas prononcé le mot caoutchouteux d’americana ? Le duo franco-américain qui s’est baptisé LUX appelle son style velvet rock. Pour nous, c’est du pop-rock avec des réfractions country. Le chant clair et fluide d’Angela Randall appuie de ce côté-là. Mais pour claire qu’elle soit, sa voix n’est jamais apaisante. Et même lorsqu’un titre semble appareiller pour le folk, LUX ne tient jamais ce cap très longtemps. C’est là qu’intervient la deuxième figure du tandem, l’excellent guitariste Sylvain Laforge. Tandis qu’Angela Randall prend le temps de poser la chanson, Sylvain Laforge prend celui de développer l’atmosphère en contrechants souterrains de lignes graves, qui font circuler un fond rock permanent sous la pop. Pas un titre qui, parti à feu couvert, ne prenne de l’ampleur et de l’altitude en cours de combustion. La composition ne fait jamais défaut. Les mélodies sont nettes et souvent remarquables (‘Runaway Light’) et les solos, s’il doit y en avoir, toujours brefs, jamais anodins mais jamais héroïques non plus. Le groupe ne recherche pas l’effet spectaculaire, bien conscient qu’il est en train d’enregistrer un disque de chansons rock, dix petites épopées country sous un orage intérieur, bien plus dures qu’elles n’en ont l’air. Randall et Laforge sont accompagnés par Julien Boisseau à la basse (Jesus Volt) et Franck Ballier à la batterie. Euh… ‘Liquid And Fire’ est-elle un hommage à Dylan ? Parce que pendant trente secondes, on le jurerait…
Christian Casoni

Mémoire de Blues de Jacques Morgantini
Jacques Gasser
2 DVD

Genre musical: Documentaire musical et historique
Label : HOT CLUB DE PAU
Distributeur : http://www.memoiredeblues.org/

La première fois que je me suis procuré un disque sous label MCM, c'était l'enregistrement d'un concert, au son brut et sec, dans un club de Chicago, le Ma Bea's. Le texte au dos de la pochette était signé Marcelle Chailleux Morgantini (MCM) et l'adresse postale se trouvait à Gan dans les Pyrénées Atlantiques, à deux pas de la frontière espagnole, ce qui, à l'époque, avait retenu mon attention. Le bluesman se nommait Morris Holt, un grand gaillard de plus de 2 mètres plus connu sous le nom de Magic Slim. A la basse et à la batterie, Nick et Douglas, ses frères. Avant d'enregistrer il manquait le second guitariste, Alabama Junior Pettis. Le concert fut retardé, et c'est ainsi que Marcelle et son fils Luc, impatients de commencer cette prise de son en direct, apprirent que l'homme venait à l'instant d'être libéré de prison et qu'il allait arriver d'un moment à l'autre. Ce double DVD de presque 4 heures, est truffé de ce genre de récit. Une sacrée aventure. Jacques Morgantini, vice-président du Hot Club de France, décide avec son épouse Marcelle, et leur fils Luc, d'aller à Chicago, enregistrer ces musiciens, dans des clubs rugueux, souvent sans contrat, inconnus et trimant la semaine dans des petits boulots alimentaires.  Les recevant aussi entre 1951 et 1982 dans le salon familial, certains commenceront leur carrière à Gan, du côté de Pau. Chicago en pays Béarnais.  De Big Bill Broonzy à Hubert Sumlin, en passant par T.Bone Walker, John Lee Hooker, Fred Below, le plus grand batteur du blues et son meilleur ami, ou Luther Snake Johnson, trop tôt disparu, c'est à la rencontre de plus de 30 immenses musiciens que nous convie Jacques Morgantini. De son bureau ou de son jardin merveilleusement fleuri, l'homme dresse le portrait de ces hommes, sans faux-semblants, avec humour, gentillesse, et surtout avec une immense tendresse et un grand respect. Le documentaire est rempli d'anecdotes, souvent plus jouissives les unes que les autres (la guitare à 9 cordes de Big Joe Williams !). Beaucoup de photos, de films en super 8, et de titres inédits figurent au programme. Hommage à cette famille a été rendu par The Aces ('Blues For Marcelle') ou Jimmy Dawkins ('Marcelle, Jacques et Luc', 'Marcelle Morgantini's Cassoulet'), et ce passeur, qu'a été le Gantois, s'est vu remettre à Memphis cette année, à 93 ans et toujours très en forme, l'honorable distinction 'Keeping The Blues Alive'. Une pensée pour Marcelle, disparue en 2007, à l'origine de tous ces enregistrements dans des clubs où, très peu de Blancs osaient encore s’aventurer, et… hommage à son cassoulet ! Respect !
Juan Marquez Léon

Popa Chubby
Two Dogs

Genre musical: Blues, rock, soul
Label : VERYCORD
Distributeur : WARNER

On ne présente plus Popa Chubby, personnage original et novateur. Le bonhomme ne se repose pas sur ses lauriers, il aligne les albums à un rythme soutenu, et selon lui celui-ci est le 36ème enregistré en studio en 25 ans.  Les Two Dogs en questions se réfèrent à la mythologie amérindienne des deux chiens (ou deux loups), « Ils sont deux en nous. L’un est mauvais, il n’est que colère, envie, tristesse, regret, avidité, mensonges... Alors que l’autre est bon, n’est que joie, paix, amour, espoir, humilité, vérité… Il ne tient qu’à nous de nourrir le chien qui nous permettra de prospérer. Alors mes très chers amis, je vous offre ces chansons en étant conscient que le chien que je nourris est celui qui m’aidera à vous apporter tout l’amour que j’ai au plus profond de moi-même. ». Comme à son habitude et avec les influences qui lui sont chères (Jimi Hendrix, Freddie King, Stones, Mötörhead…), Popa Chubby explore de nombreux styles tout en restant au plus près du rock et de la soul. Avec sa touche très personnelle l’homme du Bronx souligne ses textes avec un blues façon Chess ou des sonorités Motown, un boogie endiablé ou une subtile ballade acoustique. Et pour finir en beauté, il termine le CD avec des reprises live qui n’avaient encore jamais trouvé leur place sur aucun de ses disques, ‘Sympathy For The Devil’ des Rolling Stones et ‘Allelujah’ de Leonard Cohen. Une production qui vous tiendra en éveil pendant 68 minutes.
Gilles Blampain

Simo
Rise & Shine

Genre musical: Kaleidoscope musical
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Cet album donne l’impression d’un retour vers le futur musical. Le band, difficile à classer dans une catégorie, brouille les lignes entre les genres et les époques. Dans l’ensemble ça plane pas mal, les ambiances sonores rappellent Pink Floyd, la manière de chanter fait penser à Prince ou Al Green, et les rythmes semblent inspirés par Jimi Hendrix, Isaac Hayes, Funkadelic ou d'Angelo. Malgré tout, les membres de SIMO - le chanteur, guitariste JD Simo, le batteur Adam Abrashoff, et le bassiste Elad Shapiro - disent ne pas vouloir regarder dans le rétroviseur mais inventer de nouveaux sons. Cet album est donc le fruit du parcours inventif d’un trio curieux et aventureux laissant entendre une expression musicale assez étonnante. On a droit à des riffs électriques, frénétiques et sensuels comme à des solos de guitare acoustique tout autant qu’à des effets électroniques, à des chorus agressifs et de tendres mélodies. Comme l’annonce le dossier de presse on trouve sur le CD des ballades aux accents soul, du desert-rock psychedelic instrumental, des brûlots bluesy et du funk-rock façon Stax. Il semble que la part laisser à l’improvisation soit de mise avec des morceaux qui s’étirent pour dépasser allègrement les 5, 6 ou 7 minutes et même aller au-delà des 13 minutes pour ‘I Pray’ qui ferme l’album.
Gilles Blampain

Sonny Landreth
Recorded live in Lafayette

Genre musical: Louisianais
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Dans un style détendu et inventif Sonny Landreth se joue des frontières musicales en passant avec talent du blues au zydeco, du folk à la country ou au jazz. Tout cela bien sûr en étant aussi brillant en slide que doué en picking. L'album présente deux CDs, l’un pour un set acoustique (8 titres – 44 mn) et l’autre pour une prestation électrique (8 titres – 47 mn). Enregistré dans son fief de Lafayette, Sonny Landreth est au chant et évidemment à différentes guitares. Il est accompagné par Sam Broussard également aux guitares, Dave Ranson à la basse, Brian Brignac à la batterie et aux percussions et Steve Conn aux claviers et à l’accordéon. S’il est bien le leader, Sonny Landreth a l’intelligence de laisser une belle place à ses coéquipiers. Et c’est un vrai festival. L'enregistrement est extrait de trois spectacles qui ont eu lieu à l’Acadiana Center For The Arts, non loin des bars et des clubs où, enfant du pays, il a fait ses débuts, et l'énergie renvoyée par le public se ressent aisément. Pour ces concerts il a puisé dans son large répertoire personnel et repris quelques standards comme ‘Key To The Highway’ ou ‘Walkin’ Blues’, trouvant une myriade d'influences aux textures colorées pour exprimer ces chansons avec une belle profondeur lyrique.
Gilles Blampain

Stanton Moore
With you in mind: The Songs of Allen Toussaint 

Genre musical: Jazz, funk
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Stanton Moore qui est batteur est, à ce qu’il paraît, l’un des musiciens les plus actifs de la cité du Croissant. Jazz, funk, rock, il connaît tous les genres et les pratique avec brio. Quand il n’est pas en tournée, il enseigne la musique et enregistre en solo ou en trio. Début novembre 2015, accompagné par David Torkanowsky aux claviers et James Singleton à la basse, il entre en studio pour un nouvel album. Avant que les séances débutent, le monde de la musique apprend avec une grande tristesse la disparition d’Allen Toussaint figure emblématique de New Orleans. Le projet With You In Mind: The Songs Of Allen Toussaint s’impose alors. Moore réarrange quelques grands titres de Toussaint et invite la crème des musiciens de Louisiane à se joindre au trio. En seulement 10 titres, c’est donc le plus vibrant hommage que Stanton Moore rend au maître du son de NOLA, en compagnie d’un véritable All-Stars : Cyril Neville, Jolynda Kiki Chapman, Nicholas Payton, Donald Harrison, Trombone Shorty, Maceo Parker et Wendell Pierce. Tout ce beau monde nous entraîne avec un énorme talent dans un bain de funk et de jazz avec des interventions chantées ou parlées. A la fois rythmé et plein de délicatesse cet album est superbe, émouvant et bien sûr très mélodieux.
Gilles Blampain

The Gentlemen's Agreements
Last Call for the Gentlemen

Genre musical: Pop Jerk
Label :
SOUNDFLAT RECORDS
Distributeur : SOUNDFLAT RECORDS

Quand on dépend des fans pour sortir un album (c’est-à-dire passer le chapeau du crowdfunding), on ne publie que le meilleur. Les 12 titres de Last Call For The Gentlemen sont tous des Face A de 45 tours. When you have nothing, you have nothing to lose, comme disait un prix Nobel. Alors tout est bon, rutilant, travaillé. La paire de boots brille comme jamais. Parce que c’est la seule qu’ils ont. A l’image du chanteur Barnabé, sapé comme le duc de Brabant et fauché comme un rat d’église. ‘Shakin Around’, ‘Grand Bi Chase’, Du Hast Mich’, il faut tout écouter, plusieurs fois, et remercier ces artistes, parce qu’ils donnent plus qu’ils ne reçoivent. Voilà un vinyle qui devrait être dans tous les marchés de Noël.
Cranberry Gordy

The Sideshow Tragedy
The view from nowhere

Genre musical: Blues expressionniste
Label : DIXIEFROG/BORDERLINE BLUES
Distributeur : PIAS

Leur nom est inspiré par le texte d’Arthur Rimbaud Parade (Side Show en version anglaise). Un duo venu d’Austin, Texas, formé par Nathan Singleton au chant et aux guitares (Telecaster, resonator, slide, basse…) et Jeremy Harrell qui s’occcupe de la batterie et des percussions. Tous deux signent conjointement les compositions. Quelques amis viennent en renfort pour ajouter saxophone, piano, Moog, Hammond B3, car bien que se présentant en binôme leur musique plutôt sophistiquée nécessite d’autres intervenants. Différentes sources les présentent comme un duo indie/blues/roots/rock ou encore comme rock/garage/blues, mais ces appellations semblent quelque peu réductrices. Entre blues déjanté et funk hypnotique, rock sombre et punk baroque, ils cristallisent la rencontre improbable entre Lou Reed, The Stranglers et Kurt Weill. Ils ont une esthétique musicale tourmentée, un son très personnel qui fait preuve d’une liberté revigorante pour explorer de nouveaux espaces sonores. Des chansons faites de force brute, de colère et d’emballement émotionnel. Un rédacteur de l’Austin Chronicle dit de leur musique qu’elle est : « spéciale, sombre et finalement exaltante », c’est bref et ça résume assez bien. Mais plutôt que de commenter il vaut mieux écouter.
Gilles Blampain

The Wild Ones
The wild ones

Genre musical: Rockabilly, boogie
Label : Rootz Rumble/Donor Productions
Distributeur : In-Akustik  

Voilà un CD qui sent bon la Nu-Nails, le peigne dans la poche, le Perf’ astiqué ! Ce disque est en fait une compile pour fêter les 30 ans de carrière de ce groupe belge basé à Bruxelles. Un band qui pratique un rockabilly mâtiné de blues et de boogie sans tomber dans le conservatisme cultivé par certains bands du genre. Guitares hurlantes, ça jumpe, ça slappe tous azimuts comme un moteur de bécane anglaise ! Mention spéciale à la cover de l’Iguane, ‘Lust For Life’ le bien nommé, ainsi qu’un dépoussiérage en règle du ‘Got My Mojo Working’ popularisé par Muddy Waters. Le disque se clôt avec un inédit, un chant de... Noel qui loin de tomber dans la crème chantilly-kitsch habituelle dans ce style, louche plutôt vers l’univers de... Nick Cave ! Etonnant non ? Pour les amateurs, le groupe se reforme et va sortir un nouveau LP à la fin de cette année. Préparez la Triumph et entretenez la Pompadour.
Pierre Ivanov

Thomas Wynn and The Believers 
Wade waist deep

Genre musical: Rock sudiste
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Le journal Orlando Weekly a consacré 7 années de suite Thomas Wynn & the Believers comme le meilleur groupe de rock et mais également de country/folk de la ville d’Orlando. Le sextet présente son troisième album qui mélange un blues rugueux et un rock sudiste poisseux mêlés de country et de soul. Grâce à des rythmes puissants aux rifs mordants et de belles harmonies vocales, le band trouve de fait sa place dans l’arbre généalogique des grands groupes sudistes. C’est une vraie force en mouvement qui transmet une énergie vivifiante. La tonalité est puissante mais sans brutalité superfétatoire. Et comme dans tout ce qui se fait avec passion, ça peut être parfois hypnotique ou débridé et révéler à d’autres moments une certaine tendresse. Le chant enflammé de Thomas Wynn est à la fois puissant et pénétrant tandis que celui de sa sœur Olivia, la seule fille du groupe, est plus léger mais tout autant habité. Soutenue par une assise rythmique impeccable et implacable, la guitare peut être aussi agressive qu’émouvante. Les claviers moelleux apportent un certain velouté et l’harmonica quand il intervient impulse une belle énergie. Enregistré à Nashville, l’album déroule sans aucun temps mort 12 titres en 50 minutes chrono.
Gilles Blampain

Tu Brüles Mon Esprit
Master Série

Genre musical: Prog Variété
Label : Donnez-Moi Du Feu Records
Distributeur :
https://tubrulesmonesprit.bandcamp.com
/album/master-s-rie

Prenez un tube français de la variété patrimoniale. Gardez les paroles. Composez une toute autre musique. Bien lourde, avec des guitares ventrues, un orgue pleureur, une batterie lestée pour ne pas qu’elle puisse s’enfuir sous les coups. Vous obtenez, sur 10 minutes, ‘10 Ans De Chaine’, du groupe Tu Brüles Mon Esprit. Avantage : pas besoin de faire un dessin, on sait où on est. Surprise : ça fonctionne à fond. Parce que la démarche est complètement premier degré, sans aucun recul goguenard, sans volonté de se moquer. Après il n’y a plus qu’à tirer l’échelle : le pinceau tient tout seul. Les titres suivants arrivent comme une évidence : ‘Je N’ai Jamais Eté Indien’, ‘Couleur Du Trottoir’, ‘Les Yeux Qui Tuent’. Le tout en téléchargement gratuit, comme un acte parfait.
Cranberry Gordy

Val Starr & The Blues Rocket
I always turn the blues on

Genre musical: Blues, rock
Label : Sandwich factory records
Distributeur : CdBaby, FCC Clean

C'est en 2012 que Val Starr a sorti son premier album Cool Ride. Aujourd'hui, en 2017 elle nous propose son quatrième opus en quartet avec quelques invités bien choisis. Il faut dire que Val connaît un paquet de monde car depuis la fin des seventies elle a bossé dans l'industrie du disque puis elle a créé au début ce de siècle un des premiers réseaux de radio, il en reste le bouquet www.gotradio.com où le blues n'est pas en reste avec la station Bit O Blues. La voix claire de Val Starr change des tessitures qu'on a l'habitude d'entendre dans le monde du blues. Ici, pas de voix éraillée, pas de cris, une voix juste et bien placée accompagnée par John Ellis à la basse (qui lui sert aussi de mari) Paul Farman à la batterie et Frankie Soul à la lead guitar, Val Starr tenant également la guitare rythmique. On reste dans un blues électrique, classique et bien senti. Durant les douze titres originaux de l'album, la voix est souvent mise en avant pour raconter des histoires d'amour, de ruptures, de vie partagées... Le claviériste Todd Morgan vient partager l'aventure sur cinq titres soit avec son orgue 'High Time To Go' et 'Wether Blues' (où l'on trouve la guitare additionnelle et inspirée de Daniel Castro) soit au piano 'I Always Turn The Blues On' et 'Bad Luck & The Blues' où l'harmoniciste Tim Barron vient poser sa science du savoir souffler, ce qu'il fait sur trois autre titres. Avec ce disque, on se promène entre swing léger, tempo lourd, Chicago et Memphis blues. Ce qui est certain, c'est qu'on a les deux pieds dans le blues.
César