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11/19
Chroniques CD du mois Interview: NICO CHONA Livres & Publications
Portrait: SUGAR PIE DESANTO Interview: YELLOW DOGS Dossier: ANN ARBOR 1969
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

OCTOBRE 2019

Black Stone Cherry
Black to Blues Volume 2

Genre musical: Hard-rock-blues
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE     

Le band du Kentucky qui interprète le blues dans une veine hard-rock remet le couvert en reprenant des compositions de Freddie King ‘Big Legged Woman’, Robert Johnson ‘Me And The Devil’, Otis Rush ‘All Your Love (I Miss Loving)’, Howlin’ Wolf ‘Down In The Bottom’, Elmore James ‘Early One Morning’, Son House ‘Death Letter Blues’. Pour cette deuxième production, Chris Robertson (guitare, chant), Ben Wells (guitare, chant), Jonathan Lawhon (basse, chant) et John Fred Young (batterie) ont été rejoints par Yates McKendree (claviers). Le premier volume a reçu un bon accueil du public et Ben Wells dit : « C'est incroyable ! Le plus cool, c'est d'entendre de jeunes fans dire qu'ils n'ont jamais écouté ces artistes jusqu'à ce que nous leur fassions découvrir ». Avec une puissance sonore énorme, des riffs fracassants et une rythmique martelée certains spécialistes parleront peut-être de sacrilège, mais le blues est la matrice de toutes les déclinaisons du rock, hard, heavy, etc, alors une chose est sûre le blues est toujours source de découvertes et d’inspiration. Comme sur le précédent album le band ne reprend que 6 chansons, mais même avec si peu de titres en 26 minutes, ça décoiffe !  
Gilles Blampain

Blues Caravan 2019
CD + DVD
Ally Venable, Katarina Pejak, Inas Forsman

 

Genre musical: Blues, soul, rock, jazz
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Cette dernière version de la Blues Caravan a été captée comme l’année précédente au Café Hahn à Coblence. Le concert qui a eu lieu le 15 février 2019 présentait Ally Venable (guitare et chant) du Texas, Katarina Pejak (piano et chant) de Serbie et Inas Forsman (chant) de Finlande. Trois jeunes artistes (Ally a tout juste 20 ans, les deux autres ont moins de 30 ans) qui ont assuré le show avec un talent incontestable. Pour cette édition les protagonistes ne se succèdent pas sur la scène mais la partage tout au long du spectacle prenant le micro à tour de rôle, épaulées par Roger Innis à la basse et Elijah Owings à la batterie. Blues, rock, soul, funk, country et même latin jazz sont au programme. Le CD aligne 14 titres en 70 minutes tandis que le DVD permet de voir le concert qui dure près de deux heures et d’écouter 22 chansons. La majorité des titres interprétés sont signés Venable, Pejak, Forsman. Quelques reprises de belle facture font revivre Janis Joplin (‘Turtle Blues’), Stevie Ray Vaughan (‘The House Is Rockin’), Merle Travis (‘Sixteen Tons’), ce dernier titre est chanté en chœur par les trois jeunes femmes. Cette association de trois talents différents dégage une réelle dynamique.  
Gilles Blampain

Ghalia
Mississippi Blend

 

 

Genre musical: Blues-rock
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Pour son album précédent sorti fin 2017, elle s’était installée à New Orleans, cette fois-ci c’est dans le Mississippi, au Zebra Ranch studio à Coldwater, qu’elle a posé ses guitares. Elle a signé neuf compositions de l’album et s’est occupée des arrangements des deux titres qui ne sont pas de son cru (‘Wade In The Water’, ‘I Thought I Told You Not To Tell Them’). L’énergie est toujours débordante. Ghalia Vauthier qui a désormais Volt comme nom de scène fait entendre un blues-rock brut de décoffrage, celui qui vrille les tympans. Elle envoie ses chansons comme des coups de poing qui sonnent l’auditeur. Elle mêle habilement la rage du rock et la détresse du blues dans un tourbillon sonore assez jouissif et fait preuve d’une force émotionnelle incontestable. Ses compagnons de sessions ne sont pas de simples requins de studio, ils se nomment Cedric Burnside, Cody Dickinson, Lightnin’ Malcom, Watermelon Slim, Dean Zucchero, Smokehouse Brown. Autant dire des spécialistes du genre. On ne pouvait trouver mieux ! Résultat un album fougueux et brûlant sans aucun temps mort et qui bouscule tout sur son passage. Une belle production empreinte d’une dimension festive avec un côté flamboyant.
Gilles Blampain

Grady Champion
Steppin’ In: A Tribute to Z.Z. Hill

 

Genre musical: Electric blues 
Label : MALACO
Distributeur : Amazon, Spotify, iTunes, Pandora

Le multi-instrumentiste du Mississippi Grady Champion revient avec un CD hommage composé uniquement de reprises. Cette sortie est spéciale car après plus de vingt ans de carrière, l’Américain de 49 ans délivre un album à la fois personnel et empreint d’humilité : cet enregistrement, c’est un peu sa madeleine de Proust. Champion reprend les titres de ZZ Hill, bluesman aux accents soul qui s’est notamment fait connaître dans les années 70-80. Décidé, le guitariste attaque fort avec le hit ‘Down Home Blues’, une chanson emblématique de la discographie de son héros. On sent dans l’interprétation de ces chansons une modernité nouvelle, une fraîcheur apportée par l’aspect solaire de l’univers de Champion. Ces titres retrouvent d’ailleurs une seconde jeunesse à la couleur de sa voix veloutée. Cet album est dédié à sa mère, qui lui a fait connaître Hill : on sent dans les reprises de Champion une passion qui ne peut être transmise que par la nostalgie des années perdues. Grady Champion offre ainsi une rétrospective de sa jeunesse au goût du jour ; une initiative qui permet de (re)découvrir un artiste de grande envergure.
Marion Braun

Hemptress
Alchemy

 

 

Genre musical: Stoner-metal sudiste 
Label : Cursed Tongue Records
Distributeur : https://hemptressband.bandcamp.com

Parfois, la route est longue quand on veut faire du rock’n’roll. Les racines du groupe Hemptress remontent aux alentours de 2015. Un premier split-LP avec la formation Chronobot était sorti à ce moment-là, et puis plus rien. Il y eut quelques concerts autour de Kamloops en Colombie Britannique, Canada, leur ville d’origine. Hemptress a décidé de sécuriser un concert avec le label Cursed Tongue Records pour sortir leur premier album. Le line-up est lui aussi stabilisé : Jesse Mac Taylor est au chant et à la guitare, Jordan David Easson à la basse, Jordan Peter Bennee à la guitare et Matthew Michael John Bayley à la batterie. Hemptress joue un stoner-metal lourd et gras qui n'est pas sans rappeler d'éminents prédécesseurs : Wo Fat. On peut jouer au jeu des influences : Black Sabbath, Budgie, Corrosion Of Conformity, Electric Wizard, Clutch… Bref, tout ce que vous voulez en termes de sons lourds aux teintes bleues et psychédéliques. Le groupe n'a pas vraiment les racines du Sud des Etats-Unis, mais a fortement imbibé son stoner de blues et de rock sudiste. 'Moonlight Gunnin' en est une démonstration. Le disque se termine par le dantesque 'Alchemy', véritable procession doom-stoner de onze minutes sur laquelle se répandent vos cauchemars intérieurs les plus douloureux.
Julien Deléglise

Jimmy Carpenter
Soul Doctor

 

Genre musical: Sax blues’n’soul
Label : Gulf Coast records
Distributeur : gulfcoastrecords.net, Amazon

Même si cet album n’est que le quatrième opus personnel de Jimmy Carpenter, les premières mesures du titre introductif nous rappellent illico l’évidence : ce gaillard-là n’est pas un pintadeau du printemps. Notre homme, qui vient de fêter ses trente-cinq ans de scène, tourbillonne depuis sa naissance dans le milieu du blues et de la soul en tant que saxophoniste, arrangeur, compositeur, désormais directeur du festival Big Blues Bender et président de la Blues Society de Las Vegas, où il a établi son quartier général après avoir habité longtemps à la Nouvelle Orléans. De ses multiples expériences vécues aux quatre coins du monde, il tire aujourd’hui la quintessence à travers dix morceaux, dont sept originaux, enregistrés en compagnie d’une douzaine de musiciens ultra-chevronnés. Le résultat est ébouriffant d’énergie brute et d’intelligence mélodique, porté par le groove décapant de Jason Langley à la basse et Cameron Tyler aux baguettes. Le spectre instrumental est large, des grattons de Trevor Johnson et Chris Tofield à l’harmonica d’Al Ek, en passant par la trompette de Doug Woolverton, le cuivre baryton de Mark Earley, l’orgue Hammond de Red Young. Le capitaine a également invité le guitariste Nick Schnebelen sur la chanson-titre du disque, ainsi que son vieil ami Mike Zito, co-fondateur du label Gulf Coast Records, à jeter quelques éclairs de slide sur le cryptofunky ‘Love It So Much’. Et puis partout rebondit le souffle puissant de Jimmy dans son saxophone, qui sait se faire entêtant, radical, dansant ou velouté, charriant les émotions à pleines brassées. Bien sûr, il ne s’agit pas pour ces passionnés de réinventer le genre ni de lorgner vers un quelconque free blues. La structure des plages reste traditionnelle, mais l’interprétation léchée, les harmonies vocales et le rendu sonore sont de qualité supérieure. Enfin, un Bluesagain d’or peut être décerné à la vigoureuse bouchée ‘Wrong Turn’, dans laquelle Carpenter empoigne la six-cordes pour catapulter le rythme vers les cimes, avec des solos de Fender et d’harmonica à ramoner les cheminées de l’enfer pour l’éternité. Good job, Doctor Carpenter !
Max Mercier

Joe Bonamassa
Live At The Sydney Opera House

 

Genre musical: Live blues
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Un nouveau disque de Joe Bonamassa. Un de plus. Le bonhomme semble publier des albums live comme d’autres éditent des almanachs. Il est donc difficile de se renouveler pour parler de sa dernière production. Tout a été dit ou presque depuis la trentaine de publications précédentes. Son talent, son style nerveux, puissant et aérien à la fois, sa technique, son feeling, ont été maintes fois commentés. Est-il nécessaire de préciser que le bonhomme est au top ? La nuance vient du continent sur lequel il a été enregistré. Après New York, Los Angeles, Londres, Amsterdam… cette fois-ci c’est donc à Sydney en Australie qu’il a été capté lors de sa tournée de 2016. Joe Bonamassa est accompagné comme d’habitude par le claviériste Reese Wynans, le percussionniste Anton Fig, le bassiste Michael Rhodes, Lee Thornburg est à la trompette, Paulie Cerra au saxophone et les chœurs sont assurés par Mahalia Barnes, Juanita Tippins et Gary Pinto. On apprécie à leur juste valeur des prestations de 7, 8 ou 10 minutes. C’est du haut de gamme, le show est plutôt enlevé. La production est d’excellente qualité et présente 9 titres en 73 minutes.
Gilles Blampain

Kenny Wayne Shepherd Band
The Traveler

 

Genre musical: Blues, rock, soul, etc
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Le Louisianais est toujours au top et ça se sent tout de suite. Originalité, feeling, efficacité, trois ingrédients majeurs qui harponnent l’auditeur dès la première écoute. Ça démarre fort avec un blues-rock qui décoiffe, ‘Woman Like You’. Et tout ce qui suit est dans la même veine, accrocheur, vigoureux, excitant. Blues, rock sudiste, soul, country, les ambiances varient au gré des titres interprétés. Toujours précis, rapide, fluide et dénué d’emphase déplacée, l’homme à la Fender est assurément aussi à l’aise quel que soit le style choisi. Kenny Wayne Shepherd partage le chant avec Noah Hunt suivant les plages, sauf pour ‘We All Alright’, un blues-rock assez torride où ils se retrouvent en duo. Chris Layton est à la batterie, Kevin McCornick tient la basse et Jimmy McGorman et Joe Krow sont aux claviers, autant dire qu’on a affaire à une équipe gagnante. De l’énergie du rock à l’émotion d’une ballade country, pour Kenny Wayne Shepherd le plaisir de jouer est évident. La set list présente 8 compositions originales et deux excellentes reprises, ‘Mr. Soul’ de Buffalo Springfield et ‘Turn To Stone’ de Joe Walsh. Un enregistrement de 46 minutes aux rythmes trépidants, éclatant de vitalité où la puissance le dispute au feeling.
Gilles Blampain

Kris Barras Band
Light It Up

 

Genre musical: Blues-rock
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Le Britannique Kris Barras a un son à haute énergie de rock avec de gros morceaux de blues et de country à l’intérieur. Influencé dès son plus jeune âge par Gary Moore et Jimi Hendrix, ancien combattant de MMA, sport qu’il a pratiqué durant une dizaine d’années, Kris Barras envoie ses riffs comme des uppercuts. Sa nouvelle production aligne 13 compositions originales sur un rythme effréné. Comme un souffle qui balaye tout sur son passage. Il est entouré d’Elliott Blacker à la basse, Will Beavis à la batterie et Josiah J. Manning aux claviers. Le band envoie un blues-rock mordant avec un côté sauvage où brille un jeu de guitare agressif et brutal. Une explosion sonore dans laquelle un clavier fiévreux, une batterie martelée et une basse lourde soutiennent des solos incendiaires au service d’une voix claire mais légèrement voilée. L’enregistrement est dynamique, accrocheur, puissant, nerveux, brûlant, la pression ne retombe jamais, une force renversante se dégage de chaque titre. Kris Barras nous livre un déferlement de décibels d’une haute intensité dans un style très personnel.
Gilles Blampain

Manu
L'Horizon

 

Genre musical: Pop progressive 
Label : TEKINI RECORDS
Distributeur : SOCADISC

C’est un disque à synthés, pas de doute, mais bien sûr l’album ne mise pas tout sur l’électro. Il évolue, miroitant d’innombrables références 80’s et 90’s, les deux décennies concentrées dans cette sculpture pop, beaucoup plus ambitieuse qu’il n’y paraît. Le problème c’est que chaque plage apporte une idée qui gomme la précédente. Pop rock? Rock tout court? Electro pop? Pop progressive? New wave? A un moment il faut bien admettre que ces chansons, qu’on croit avoir entendues cent fois auparavant, avec leurs lignes de basse lourdes et leurs guitares venues du punk, transfigurées par les années 90 qui les avaient si bien acclimatées, faisant ressortir comme jamais ce que le punk pouvait avoir de pop, composent une trajectoire originale où rien n’est abandonné au hasard. Manu le suggère dans une note du livret : « Ecouter ce nouvel album en entier et dans l’ordre, c’est mieux ». Album à tiroirs, à doubles fonds, pop en 3D jalonnée d’interludes, parcourue de bruitages, de gazouillis métalliques et d’échos grésillants, voix trafiquées qui gagnent peu à peu en naturel et deviennent enfantines et haut-perchées, chants et claviers aux timbres interchangeables, prononciations superfétatoires, Manu jouant davantage sur l’atmosphère, qu’elle sublime en poésie à force de la filtrer, plutôt que s’efforcer de rendre intelligible le sentiment de la seconde qui passe (« Son avance est un passage/ Seul mouvement autour de rien »). Elle chante des rocks et des slows faussement désincarnés, et ouvre d’étonnantes harmonies dans un basculement critique, par accumulation de lignes. C’est un disque riche, même assez gonflé, insaisissable, qui montre sans cesse ce qu’il aurait pu être dans tel genre avant de s’escamoter dans un autre, sans jamais perdre sa cohérence ni le fil de sa narration. Il faut se méfier de ces chansonnettes flottantes qu’on pensait désuètes. La blancheur et le dépouillement de l’artwork inclinent dans ce sens, mais les illustrations du livret, en particulier la Telecaster de la chanteuse, revendiquent l’objet comme un album rock. Ecoutez ‘Nino’ et dites le contraire ! Tout le monde joue un peu de tout, à commencer par Manu (Emmanuelle Monet) qui s’était fait connaître dans les années 90 comme l’axe d’un groupe appelé Dolly. Elle poursuit en solo avec Vincent Dudignac (basse, guitares, synthés), Patrick Giordano (les autres guitares), Nirox pour la batterie, et Yaz qui vient mettre un poil de rap sur ‘Lalala’.
Christian Casoni

One Rusty Band
Voodoo Queen

 

Genre musical: Boogie blunk à claquettes 
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.onerustyband.com

Rusty Greg (chant au micro téléphone, guitare cigarbox, harmonica, batterie… jouée au pied) et Léa Jumping (claquettes et washboard) développent dans Voodoo Queen, leur deuxième album, la réinterprétation moderne d’un boogie-blues-rock de pionniers, qui puise autant dans le blues décharné Hill Country qu’à la tradition des tap dance apportée par les premiers immigrants Irlandais, et popularisée par le jazz et Broadway. Si le blunk et les formules « près de l’os » en one man band ont fait de nombreux émules depuis la redécouverte des strates fondamentales par Fat Possum Records, l’innovation de notre duo genevois réside dans l’introduction des claquettes, composant essentiel de la culture populaire américaine, comme élément rythmique de leurs morceaux. Comme si les grands ancêtres rustiques du Mississippi croisaient une cousine délurée et affranchie sous un porche de Chicago, se livrant au son de leurs guitares bricolées à un numéro acrobatique et improvisé de claquettes et retrouvant l’essence de la musique ‘down home’ américaine, celle improvisée sous un pas de porte ou de grange. Les treize morceaux du CD se déroulent sur un tempo frénétique et soutenu, pied au plancher et aux claquettes, et revisitent avec malice tous les archétypes du blues, la détresse humaine, ‘I’m Lost’, la rencontre avec le diable, ‘Devil Cave’, ou encore le vaudou, ‘Voodoo Queen’. Séduisant sur disque, le duo prend une dimension supplémentaire sur scène, la prestation acrobatique de Léa Jumping accompagnant la voix rauque et la guitare rêche de Rusty Greg y étant pour beaucoup. En attendant, cet excellent opus est une magnifique et fidèle carte de visite.
Laurent Lacoste

Parlor Snakes
Disaster Serenades

 

Genre musical: Rock 
Label : HOLD ON
Distributeur : WAGRAM MUSIC

Cette formation franco-américaine semble s'être stabilisée autour d'Eugénie Alcazar, chant/claviers ; Peter Krzynowek, guitare ; Séverin Pignol, basse ; et Marc Le Saux ; batterie. On se souvient bien de leur second album éponyme de 2015, produit par le Heavy Trash, Matt Verta-Ray, le son gagnait en puissance, plus compact aussi, par rapport à leur premier enregistrement. Aujourd'hui, ce dernier a été confié à Étienne Meunier au Studio Harry Son de Pantin, et il s'agit bien d'une nouvelle étape pour Parlor Snakes ; on garde la même puissance sonore mais on gagne en flamboyance, cette fougue des groupes que l'on qualifiait de New Wave dans les 80's, Echo & The Bunnymen ou Siouxsie & The Banshees pour n'en citer que deux. Pour ceux qui ne connaissent pas la voix d'Eugénie Alcazar, on pourrait la situer entre celles de Fabienne Shine (Shakin Street) et de Kate Bush (surtout dans 'Delicate Creatures') ; l'alliance mutine entre sensualité animale et comptines de notre enfance. De nombreux titres à l'ambiance rêveuse, brumeuse constituent ce nouvel album ; 'Marc Bolan's Fifth Dream' relève un peu de la berceuse pour enfant. Le chant est opalin et lointain, comme suspendu dans la nuit dans 'Nylon And Milk'.  Nous est proposé pour la première fois, un titre en français, 'Serpent' ; ‘twangy’ guitare et mystère à la Twin Peaks sont au rendez-vous. Mais je vous rassure, le groupe n'a pas pour autant abandonné la fulgurance rock de ses débuts. 'Darkness Rises' et sa corne de brume, introduit l'album à la manière d'un navire surgissant des ténèbres, tandis que l'affaire se termine par un 'Frequency' méchamment punk et psyché. Entre les deux, l'hypnotique 'Das Meer' aux riffs de guitare tranchants semble nous dire que les couchers de soleil précèdent toujours les nouveaux jours ; l'océan, ce réparateur des âmes meurtries.
Juan Marquez Léon


blues rhythm bomb

Rhythm Bomb Various Artists
With The Ring / Feelin’ Good
Satan’s Holiday / Motorvatin’ vol.1 & 2
Southern Bred / I’m A Woman /Sputnik Dance

 

Genre musical: Rhythm’n’blues vintage  
Label : Koko-Mojo/ Atomicat
Distributeur : Brokensilence

Le livreur de Rhythm Bomb, un label plutôt spécialisé dans le rock’n’roll et le rockabilly d’époque, dépose huit digipacks sur le paillasson, la suite de ces compilations diaboliques chargées jusqu’aux molaires (28 titres par disque) de fonds de cave lo-fi, rock’n’roll des oubliettes, blues interlope, cat music, doo wop de chiffonniers et rhythm’n’blues de quat’ sous, sélectionnées par deux collectionneurs érudits, l’Italo-Américain Little Victor Mac, alias DJ Mojo Man, et le peut-être Allemand Dee Jay Mark Armstrong.
Le prétexte est assez nigaud : on prend un thème, prétexte à aligner des faces de singles, et on bourre. Les émois adolescents (With The Ring), la vie de couple (Feelin’ Good), le peuple des ténèbres (Satan’s Holiday), la bagnole (Motorvatin’, volumes 1 et 2), les rockeurs du Mississippi (Southern Bred), l’éternel féminin (I’m A Woman) et les folies de l’espace (Sputnik Dance). Au générique, des vedettes : Chuck Berry, Bo Diddley, Irma Thomas ou Little Walter, ceux dont on sait qu’ils existent : Peppermint Harris, les Spaniels, Papa Lightfoot ou Otis Blackwell, et les péchés d’experts : les Del Vikings, Harold Burrage, Bunny Paul ou les Du Droppers. Impossible évidemment de citer tout le monde (28x8) sans que cette chronique ne se mette à ressembler à un annuaire.
La question des labels mériterait une enquête approfondie, ces huit compiles portant parfois la marque Atomicat, le plus souvent Koko-Mojo (une quarantaine de références au catalogue). L’ensemble est donc présenté par Rhythm Bomb, dont l’identité semble hésiter entre l’Allemagne et l’Angleterre, toutes ces lunes gravitant autour d’une étoile : Rockstar. Cette boîte-aux-lettres serait vissée à Londres. On est loin du travail léché d’Ace et de la Bear Family, nous disait naguère Victor, ironisant sur le fait que ces recueils lui faisaient penser aux mix-tapes de ses répétitions. Victor exagère toujours. Le son est peut-être vintage, obligatoirement mono, mais tout à fait comestible. La précision est sans doute inutile, mais personne ne se goinfre 28 titres d’un seul coup. Les disques ne sont pas structurés comme des albums, ce ne sont que des juxtapositions de singles enregistrés dans les années 50 avec les moyens faméliques du bord. Même si tout est bon là-dedans, cette émulsion des bas-fonds, toute cette joie de vivre surjouée, ces vociférations de saxo, ces aigreurs d’ampli, finissent inévitablement par fatiguer. Ceci posé, que le spritz coule à flots !
Christian Casoni

Rick Estrin & The Nightcats
Contemporary

 

Genre musical: Blues pétulant
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Désormais considéré comme un des meilleurs harmonicistes en activité, cela fait 50 années que Rick Estrin nous offre, avec fraîcheur et humour, cette joie de souffler et de chanter. Après ses premiers essais chez des gens comme John Littlejohn, Eddie Taylor ou Johnny Young, il avait fait partie durant 30 ans de la formation Little Charlie & The Nightcats, au chant et harmonica chromatique. Le petit Charlie parti, les Chats de la Nuit se rangent derrière le nouveau boss, Estrin. Depuis 2008, le nouveau guitariste se nomme Kid Andersen. Les autres matous sont les fidèles Lorenzo Farrell (claviers), Alex Pettersen (batterie), qui semble désormais laisser ses baguettes à Derrick D'Mar Martin, auxquels se joint le bassiste Quantae Johnson. Et bon sang, tout ce petit monde joue fichtrement bien ; écoutez les échanger dans l'instrumental 'Cupcakin'', c'est proprement époustouflant. Différents styles de blues sont abordés avec talent au cours de cet enregistrement, mais ce qui frappe surtout c'est la production de Kid Andersen, claire, moderne et 'colorée'. Par exemple, des titres comme 'Resentment File' ou 'Contemporary' glissent doucement vers des sonorités plus actuelles, voir le hip hop ou le métal ! Le 5 octobre prochain, Rick Estrin aura pile 70 ans, souhaitons-lui un joyeux anniversaire et espérons d'autres albums de ce niveau. Du pur plaisir.
Juan Marquez Léon

Robert Randolph And The Family Band
Brighter Days

 

Genre musical: Soul-rock-blues
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Toujours aussi incisif et dynamique, bousculant les repères, Robert Randolph est à même de rassembler les amateurs de blues, de rock, de soul et de gospel. Alors que basse et batterie travaillent pour créer un son puissant, le virtuose de la pedal steel guitar avec ses superbes slides hurlants et sa voix grave entraîne l’auditeur dans un savoureux voyage sonore, tantôt dans l’énergie, tantôt dans la retenue. The Family Band est une vraie famille, le groupe qui soutient Randolph est en effet composé de ses cousins, le batteur Marcus Randolph, le bassiste Danyel Morgan, et sa sœur la chanteuse Lenesha Randolph, auxquels s’est joint le claviériste Jason Crosby. On sent une force créative et une joie partagée au sein du groupe qui livre 8 compositions originales et une magnifique reprise tout en finesse du ‘Simple Man’ des Staple Singers ainsi qu’une réinterprétation de belle facture de ‘I’m Living Off The Love You Give’ précédemment connue par Little Milton. L’album se termine brillamment avec ‘Strange Train’ et un fantastique solo de Robert Randolph. D’une force impressionnante et d’une belle fluidité, sans temps mort ou faiblesse, Brighter Days est un album lumineux plein de passion. Un seul regret peut-être, sa brièveté, 38 minutes.
Gilles Blampain

Ronnie Earl and the Broadcasters
Beyond The Blue Door

 

Genre musical: Blues, soul
Label : STONY PLAIN
Distributeur :
SOCADISC

On ne se voit pas décerner le Blues Music Award du Guitar Player of the Year à 4 reprises pour rien. Ronnie Earl est sans conteste l’un des guitaristes les plus fins et subtils dans le monde du blues. Un mec classieux, lumineux, le genre virtuose qui ne se la pète pas guitar hero. Pour cette nouvelle production il est entouré d’un band top niveau et de la chanteuse Diane Blue. Une dizaine d’invités sont également venus dans le studio dont Kim Wilson (harmonica et chant), Greg Piccolo (sax ténor), David Bromberg (guitare et chant) parmi les plus connus. Tout ce beau monde prodigue blues et soul avec talent et bon goût durant 72 minutes exaltantes durant lesquelles Ronnie Earl fait des étincelles. Solos de guitare enflammés, saxo rugissant, orgue vrombissant, chant passionné, c’est tour à tour joyeux, exubérant, pétillant, parfois sentimental. Une quinzaine de titres mêlent chansons et compositions purement instrumentales signées Ronnie Earl à des reprises de Howlin’ Wolf ‘Baby How Long’, Henry Glover ‘Drown In My Own Tears’, Bob Dylan ‘It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry’, Timmy Thomas ‘Why Can’t We Live Together’, Little Walter ‘Blues With A Feeling’. C’est brillant ! Ronnie Earl dit croire en la puissance de la musique pour guérir l’esprit. Il a certainement raison.
Gilles Blampain

Rose Tattoo
Transmission - On Air 1981

 

Genre musical: Hard-rock blues australien
Label : REPERTOIRE RECORDS
Distributeur : REPERTOIRE RECORDS

Il faudrait un jour que je vous compte en détails l'histoire de ce rock australien depuis la fin des années 60. Pays brûlant, peuplé à l'origine par d'anciens taulards, l'Australie est un pays dur et dangereux. Dans les années 70 règne une violence d'Etat contre la jeunesse. Les flics castagnent du kid, et le son se durcit. Pete Wells, ancien bassiste de Buffalo, fonde son propre groupe en 1976 dans lequel il passe à la guitare slide : Rose Tattoo. Le line-up se stabilise avec Mick Cocks à la guitare rythmique, Geordie Leach à la basse, et Dallas ‘Digger’ Royall à la batterie. Le poste de chanteur est dédié à un petit teigneux au crâne rasé : Gary ‘Angry ‘ Anderson. Le premier album Rose Tattoo sort en 1978 et entre dans le Top 40 australien. Il est édité sous le nom de Rock'N'Roll Outlaws en Europe en 1981. Cet album regroupe les sessions en direct à la télévision et à radio de 1981 : quatre morceaux à la BBC le 22 avril, quatre autres à l'Hippodrome de Pantin à Paris le 28 avril, et encore quatre pour l'émission allemande Musikladen le 26 novembre. On y retrouve bien sûr de nombreux classiques du premier album : ‘Nice Boys’, ‘The Butcher And Fast Eddy’, ‘Bad Boy For Love’… Rose Tattoo y est à son sommet : puissant, hargneux, mais aussi subtil et habité, sommet de blues enragé. Le second disque offre la version DVD de l'émission Musikladen, et le concert de Pantin, qui fut filmé pour l'émission Chorus d'Antoine de Caunes.
Julien Deléglise

Spirit
The Complete Potato Land

Genre musical: Rock psychédélique
Label : ESOTERIC RECORDINGS
Distributeur : CHERRY RED RECORDS

Lorsque Jimi Hendrix partit de New York pour conquérir la Grande-Bretagne, il laissa sur le quai un jeune garçon de seize ans nommé Randy Wolfe, surnommé par Hendrix Randy California. Musicien doué, il rebondit en fondant à Los Angeles le groupe Spirit en compagnie de son beau-père batteur, Ed Cassidy. Spirit va offrir quatre merveilleux albums de rock psychédélique teinté de jazz, puis California débute une carrière solo en 1972 sous le sobriquet de Kaptain Kopter. Il enregistre un second volet avec Cassidy : The Adventures Of Kaptain Kopter & Commander Cassidy In Potatoland. Le disque est refusé par la maison de disques, et devient une arlésienne des fans de Spirit, au point que des badges frappés 'Release Potatoland' sont réalisés lors de la tournée européenne de Spirit en 1978. Une première édition est finalement disponible en 1981. La bande de la version originale de 1973 a été récemment exhumée. Esoteric a assemblé un coffret regroupant les deux versions, auxquelles s'ajoutent de nombreux inédits, et des bandes en direct de 1972. Si la qualité du son de certaines bandes de concerts est parfois frustre, ce coffret permet au moins de les publier officiellement et le plus proprement possible. Quant à l'album, il réunit parmi les meilleures chansons de Randy California, dans une interprétation faussement loufoque de '1984' de Georges Orwell.
Julien Deléglise

Steve Strongman
Tired Of Talkin'

Genre musical: Blues-rock
Label : Autoproduction
Distributeur : www.stevestrongman.com, Amazon, CdBaby

Un riff saignant qui évoque Free, ou plus récemment les Black Crowes, influences que revendique sans rougir Steve Strongman. Comme celle des Stones, d'ailleurs ('Hard Place And A Rock’ les cite littéralement ou presque, même si musicalement il s'en éloigne alors). De fait le but n'est pas de réinventer l'Histoire, mais de proposer un album sans bavures, et manifestement l'objectif est atteint. Originaire du Canada, actif depuis la fin du siècle dernier, notamment au sein de, hum, Plasticine (rien à voir bien entendu avec les pétulantes baby rockeuses parisiennes), il officie maintenant sous son nom propre, entouré de fines gachettes. Citons juste Pat Sansone (Wilco - claviers), Audley Freed (guitare - Sheryl Crow, The Black Crowes justement) et avant tout Dave King (Autumn Defense) dont le rôle est ici essentiel, puisqu'il tient les baguettes, co-écrit la quasi-totalité des titres, et se charge de la production. A l'exception de deux tentatives mainstream mitigées ('That Kind Of Fight', ballade folk un peu mièvre, 'Tell Me Like It Is', un blues décidément trop orthodoxe), les morceaux convaincants se succèdent, sur un mode fluide ('Still Crazy About You') ou saccadé ('Tired Of Talkin', 'Just Ain't Right', 'Livin' The Dream'...). S'il se décrit avant tout comme un guitariste, Strongman est également un fort bon vocaliste. Et presqu'inexplicablement, des titres aussi classiques que le formidable 'Highway Man' fonctionnent sans coup férir. Des touches soul ou funky alimentent la machine, et le parcours s'achève tout en suavité sur la seule reprise de l'album, le 'Let's Stay Together' d'Al Green. 
Marc Jansen

Supersonic Blues Band
Road Chronicles: Live

Genre musical: Blues-rock  
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Léger remaniement au sein de la Machine. Fabrizio Grossi (basse) et Kenny Aronoff (batterie) sont toujours présents, mais Kris Karras (guitare et chant) remplace désormais Lance Lopez. Le style ne change pas, c’est carré, avec des envolées fastueuses et des riffs mordants. Ce live a été capté lors du concert qui a eu lieu à Brugnera, en Italie, le 20 juillet 2018, dernière date de la tournée européenne. Un concert qui s’étire sur 77 minutes. Le trio envoie avec conviction un rock solide avec guitares luxuriantes et rythmique retentissante, épaulé par Alex Alessandroni Jr. aux claviers et Serge Simic à la deuxième guitare. Les 8 premiers titres sont interprétés par le trio qui est pour la suite du show rejoint par Billy F. Gibbons qui a suivi le groupe tout au long de la tournée. A partir de là on a l’impression par moments que Supersonic Blues Machine s’efface pour laisser la place à un tribute to ZZ Top. Les 6 morceaux en compagnie du barbu sont pour la plupart des classiques à commencer par ‘La Grange’ (à tout seigneur tout honneur), ‘Dust My Broom’, ‘Got My Mojo Working’… il n’y donc aucune raison de bouder son plaisir.
Un enregistrement qui a une belle puissance de feu.
Gilles Blampain

The Magpie Salute
High Water II

Genre musical: Americana
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Voilà un CD pour faire le plein de bonnes vibrations. Rich Robinson (guitare, chant), Marc Ford (guitare), John Hogg (chant), Sven Pipien (basse), Joe Magistro (batterie) et Matt Slocum (claviers) sont de retour. Il y a un peu plus d’un an sortait High Water I qui a reçu un très bon accueil. High Water II a été en partie mis en boîte au Dark Horse Studio à Nashville, simultanément avec l’édition précédente. Et Rich Robinson déclare : « Nous sommes tous très heureux de sortir la deuxième moitié de High Water. Depuis sa création, je l'ai toujours considéré comme une pièce unique. High Water II liera les deux albums comme un seul voyage musical ». Dans la tradition des grands bands sudistes Magpie Salute produit un ouvrage tout en nuances. En 47 minutes, les musiciens alignent habilement 12 nouvelles compositions mêlant somptueusement rock’n’roll bien senti, blues psychédélique, country sauvage et soul cuivrée. L’enregistrement est plein de rythmes puissants, de riffs mordants et de belles harmonies vocales, ainsi que de savoureux moments d’émotion et d’élans d’excitation. Invitée spéciale, Alison Krauss superstar du bluegrass, est venue avec son violon pour illuminer ‘Lost Boy’ un titre teinté de country. Un disque fait de contrastes, plein de force et de sensibilité, de côtés sombres et lumineux. Une superbe production.
Gilles Blampain

Thumlock
Lunar Mountain Sunrise

Genre musical: Stoner-rock
Label : MUSIC FARMERS
Distributeur :
https://thumlock.bandcamp.com

Le bush australien a toujours engendré des formes de rock d'une violence sonore assez inouïe, toujours pétries d'une forme de blues et de pub-rock. Thumlock est un guerrier valeureux du stoner-rock de la première génération. Originaire de Wollongong en Australie, il est composé de Ben Lough au chant et à la guitare, de Raff Iacurto à la guitare, de Wayne Stokes à la basse et de Greg Eshman à la batterie. La première trace discographique est une démo en cassette de 1996. Le premier vrai disque est le EP Dripping River Heat en 1997. Après un deuxième album en 2002, Sojourn Lucid Magic, Thumlock est en sommeil. La formation aura d'excellentes critiques, mais un management boîteux les empêchera d'assurer des engagements en Europe alors qu'ils y sont fortement demandés. Music Farmers a réédité en format vinyle et avec une nouvelle pochette le second EP de 1999, Lunar Mountain Sunrise. Composé de six morceaux pour trente-sept minutes de musique, on flirte largement avec le format album. Au-delà de cet aspect, Thumlock délivre un stoner-rock puissant, teinté de space-rock à la Hawkwind première mouture. Les guitares sont tantôt abrasives, tantôt planantes et hallucinées sur ‘Starquake’, ‘Dusky Afternoon’ ou le puissant morceau titre. Cette réédition permet de ressusciter l'univers sonore d'une formation trop injustement oubliée.
Julien Deléglise

Toronzo Cannon and the Chicago Way
The Preacher, The Politician Or The Pimp

Genre musical: Chicago blues
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Ce nouvel album, le deuxième chez Alligator, aligne douze compositions originales teintées d’ironie et d’humour, alimentées pour la chronique sociale par ses années d'observation du public en tant que chauffeur d’autobus. Excellent performer mais toujours employé par la compagnie des transports de Chicago (CTA) Toronzo Cannon nous dit : « Je connais les problèmes de Chicago, les difficultés. Mais j'ai choisi d'aimer et de respecter la ville à cause des géants du blues qui sont venus du sud. Je suis fier d'être sur les épaules de tous les grands musiciens de blues de Chicago qui m'ont précédé ». Et il tient le flambeau haut et droit. Continuant de creuser le sillon tracé par ses grands prédécesseurs, sur une rythmique impétueuse il joue un blues nerveux, tendu, taillé dans le rock. Dans un style tout à la fois affûté et subtil, avec ses riffs agressifs et sa puissante voix de soulman sa musique est assurément très excitante. Entouré d’un trio, claviers, basse, batterie, le gaucher a convié une dizaine d’invités au studio d’enregistrement parmi lesquels on trouve Billy Branch, Joanna Connor et même Bruce Iglauer (patron du label et coproducteur) qui fait une intervention parlée sur le titre ‘Insurance’. Avec un artiste de ce calibre doté d’une telle vitalité la scène blues de la Cité des vents n’est pas prête de perdre son aura.
Gilles Blampain

Tweed
Love Strong

Genre musical: Blues-rock, soul
Label : INDEPENDANT
Distributeur : Spotify, CdBaby, Amazon

Nous assistons ici à un véritable tour de force ; Love Strong a été enregistré et mixé en à peine huit jours. Tous les morceaux sont des compositions originales. L’album, plus pêchu et moins pop que les précédents, semble s’affirmer en tant que pièce très axée sur le blues-rock. Diverses influences se manifestent au fil des morceaux ; la chanson ‘This Time’ mélange par exemple rythme funky et ligne plutôt blues alors que 'Dying Land' profite d'une ligne mélodique marquée par la guitare slide. L’identité de Tweed ne cesse en effet de bouger, notamment à cause du changement de voix dû au décès de l’ancien chanteur Joseph Holman. Gervis Myles donne un second souffle à la formation qui semble plus centrée sur des rythmiques entraînantes et des lignes mélodiques entêtantes. La nouvelle direction, plus solide qu’auparavant, transparaît tout au long des chansons. Myles apporte ainsi une autre dimension au band, et l’on a hâte d’entendre la prochaine manifestation du groupe.
Marion Braun

Vokonis
The Grasping Time

Genre musical: Stoner-metal 
Label : The Sign Records
Distributeur :
https://vokonis.bandcamp.com

Vokonis est un trio suédois composé du guitariste-chanteur Simon Ohlsson, du batteur Emil Larsson et du bassiste Jonte Johansson. Vokonis est déjà l'auteur de deux albums : The Ascending en 2016 et The Sunken Djinn en 2017. A ce moment-là, les trois musiciens sont fortement marqués par l'univers de High On Fire et Sleep. Ils pratiquent alors un stoner-metal teinté de doom d'une grande qualité. Il a fallu attendre deux longues années pour qu'un troisième disque voit le jour. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce temps a été mis à profit à tous les niveaux. Vokonis a progressé de manière stupéfiante. Vocalement, Ohlsson est aussi à l'aise dans le chant rageur que sur les tonalités plus mélancoliques. 'Antler Queen' en est une démonstration stupéfiante. Musicalement, Vokonis a évolué vers des horizons plus progressifs. L'influence de formations comme Baroness, Mastodon et Elder éclabousse l'oreille, mais pour notre plus grand bien. 'Sunless Hymnal' éblouit par sa beauté mélodique et gothique. Le reste du disque est à l'avenant, éclatant de maîtrise et d'inspiration. Le trio vient de signer un immense album, surpassant de trois têtes son œuvre antérieure, déjà remarquable.
Julien Deléglise