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Chroniques CD du mois Interview: THE NIGHT CATS Livres & Publications
Portrait: IKE TURNER Dossier: VOCALION  
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

OCTOBRE 2017

Benny Turner
My Brother's Blues

Genre musical: Blues feeling
Label : NOLA BLUE RECORDS
Distributeur : Tunecore, iTunes, FCC Clean

Whaaaaahouuuuu! Tout y est ! Le cœur, les tripes et l'esprit. Dès le premier titre 'Big Legged Woman' au feeling funk, on claque des doigts, on bat la mesure, on tape du pied et tout s'illumine. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, le fabuleux Benny Turner, chanteur bassiste de son état, est le frère du non moins fabuleux, mais regretté Freddie King pour qui il joua de la basse jusqu'en 1976, année à laquelle ce grand frère ainsi qu’ami cher disparut à l’âge de 42 ans. Après avoir travaillé longtemps avec Mighty Joe Young et très longtemps (20 ans) avec Marva Wright, Benny s'est lancé sous son propre nom, a récolté pas mal de lauriers et a sorti un livre Survivor autobiographie dans laquelle il retrace une soixantaine d'années de carrière. My Brother's Blues est un vibrant hommage à son icône de frère où un gros travail de mixage a été réalisé (Jack Miele) avec un son puissant. Sur quasiment tous les titres on retrouve une section trompette/saxophone qui donne un peps supplémentaire à l'affaire. Il n'y a que sur les deux morceaux où est invitée Carolyn Wonderland, sa voix et sa guitare que l’on n’a pas les cuivres. Ce sont 'Mojo Boogie' de J.B. Lenoir et 'Wee Baby Blues' de Joe Turner où la douceur de la lap steel de Roosevelt Collier fait merveille. De la douceur et de la profondeur on en trouve aussi avec 'Same Old Blues' de Don Nix, blues lent dans lequel June Yamagishi fait pleurer sa guitare tout comme dans 'Ghetto Woman' immortalisé par B.B. King autant que par Freddy King dont les paroles sont toujours d'actualité. Pour bien ancrer cet album dans les hommages, il y a ce titre 'I'm Tore Down' vraiment dynamique dans lequel on entend les voix d'Otis Clay et de Marva Wright. Avec un disque comme celui-ci et ses onze morceaux et un parcours comme le sien, il n'est pas étonnant que Bennie Turner soit admis au Chicago Blues Hall Of Fame ce mois d'octobre.
César

Carousel Vertigo
Revenge of rock and roll

 

Genre musical: Rock bluesy
Label : MOLANO MUSIC
Distributeur : www.carouselvertigo.com

C’est pas du toc, c’est bien du rock ! Carousel Vertigo dégage une formidable énergie. Pas question de garder son calme avec pareille musique. Tout de go Carousel Vertigo balance des riffs explosifs. Un rock plutôt hard, tendance seventies, qui accroche l’auditeur au premier accord. Le genre de truc qui peut cramer les enceintes si on y va trop fort. Le band puise son inspiration dans l’âge d’or du genre bluesy-hard-rock (Humble Pie, Grand Funk Railroad, Foghat…), mais garde son originalité et son authenticité. Vincent Martinez et Jansen Press sont les deux guitaristes, duellistes et virtuoses, qui emmènent le band et les gaillards frappent dur. Ils sont efficacement secondés par Jimmy Montout à la batterie et Olivier Brossard à la basse. C’est percutant, abrasif, ça éclate les cages à miel. Ils envoient 10 compositions incendiaires où le chant soul-rock de Vincent Martinez est soutenu par des solos enflammés, avec parfois un peu d'orgue Hammond pour adoucir le propos car le quatuor ouvre la porte à d’autres musiciens. Il y a même une section de cuivre pour pimenter l’affaire sur ‘Revenge Of Rock And Roll’ qui donne son nom à l’album. Ailleurs c’est un harmonica qui vient relever la partie. La production est sans faille et sur ce deuxième album du groupe, chaque titre est une petite tuerie. Revanche ou pas, le rock bouge encore.
Gilles Blampain

Do The Dirt
Useful Junk

 

Genre musical: Down home blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : https://dothedirt.bandcamp.com/album/useful-junk

Avant même de glisser le CD dans le lecteur on voit déjà au regard des titres que c’est un hommage aux maîtres qui ont inspirés les deux condisciples. ‘Poor Black Mattie’ deRL Burnside, ‘Gypsy Woman’ et ‘Can’t Be Satisfied’ de Muddy Waters, ‘Give Me Back My Wig’ de Hound Dog Taylor, ‘Cherry Ball Blues’ de Skip James… Le duo a toujours un feeling d’enfer et son style qui lui est propre. Nicolas Moulin au chant et à la guitare et Guillaume Arbonville aux percussions accrochent dès le premier morceau et les 11 suivants sont plus excitants les uns que les autres. On entend un blues brut, ensorceleur, d’une simplicité évidente, avec un son tendu au rythme lancinant qui crée une atmosphère envoûtante. Mais ce qui fait la différence vient des sonorités traditionnelles traversée de fulgurances exaltantes. Avec une façon de faire qui semble intemporelle, ils ont l’intelligence et le talent de se réapproprier ces chansons que tout amateur a entendu un grand nombre de fois pour en donner avec brio une version particulièrement originale. La façon dont ils renouvellent ‘Money (That’s What I Want)’ de Berry Gordy, chanson reprise par les plus grands (Beatles, Stones, Led Zep, Doors…), est d’ailleurs assez bluffante. Il y a dans cet album beaucoup de tension, mais quelques moments plus apaisés. L’enregistrement s’est fait dans les condition du live en 3 jours.
Gilles Blampain

Five Horse Johnson
Jake Leg Boogie

Genre musical: Heavy blues
Label : SMALL STONE RECORDS
Distributeur :
IMPORT GIBERT JOSEPH

Déjà vingt-deux ans au compteur pour Five Horse Johnson, qui jamais n'a trahi la cause du blues rock débraillé - flirtant parfois avec le stoner, ou s'accordant quelques rares pauses, telle cette reprise apaisée du 'Submission' des Pistols sur Double Down, en 1997. Car le quintette de Toledo, Ohio, enquillait les albums à l'époque : six en dix ans, et puis un long hiatus, avant de revenir en puissance avec The Taking Of Black Heart en 2013. Quatre longues années plus tard, revoici le combo hirsute, qui préfère soigner ses compos que son look, et c'est ma foi très bien ainsi. On note le retour du batteur original, Tim Cahagan (sur les albums précédents officiait en appui JP Gaster, le bûcheron attitré de Clutch, autre fleuron du heavy blues avec lequel FHJ entretient des rapports quasi consanguins - le vocaliste/harmoniciste Eric Oblander ayant participé entre autres à leur From Beale Steet To Oblivion). Et de fait, ça bastonne à tout va, à grand renfort de riffs cinglants, exécutés sans pitié par le redoutable Brad Coffin, secondé par un excellent Phil Dorr : 'Jake Leg Boogie', 'Hard Times', irrésistible, 'Smoke Show', boogie monstrueux, il y a de quoi faire en rayon. A la basse, Steve Smith achève de soutenir l'ensemble, pour un album manifestement enregistré live en studio. Recommandables aussi, 'Ropes And Chains' ou le superbe 'Daddy Was A Gun', ébouriffés et lancinants. Le tout s'achève sur le bien nommé 'Last Song', en souhaitant que ça ne soit pas définitif...
Marc Jansen

Giant Sand
Good Luck Suckers - The Last Tour
2 DVD


Genre musical: Rock country de Tucson
Label : LA HUIT
Distributeur : ESC conseils et distribution.

De la galaxie Giant Sand, sont toujours en mouvement Calexico, dont John Convertino et Joey Burns sont issus, et une formation récente, Xixa, collaboration au sommet de Brian Lopez et Gabriel Sullivan, ici présents autour d'Howe Gelb, l'homme par qui tout à commencé, à Tucson, en plein désert d'Arizona. Dans mes années 80, pour évoquer une Amérique oubliée, profonde et mystérieuse il y avait les 3 G, le Gun Club, Green On Red et...  Giant Sand. Fondé il y a environ 30 ans avec son ami Rainer Ptacek, décédé en 1997, et dont Gelb se remémore ici avec émotion l'ami disparu, ce groupe sous forte influence Neil Young, alliait la country, un rock très indie, et par la suite une pincée de jazz, HG étant aussi un admirateur de Monk. Leur premier album sortit en France sous label New Rose. Tout au long de son existence, Giant Sand se renouvellera, laissera la porte ouverte à tous et collaborera avec de nombreux invités comme Victoria Williams, Neko Case, PJ Harvey, Vic Chesnutt ou Steve Wynn. La désormais célèbre Feist, une proche du groupe, a même été lancé par Gelb au Duc Des Lombards de Paris. Ce dernier met donc  fin à cette belle aventure. C'est ce concert de fin de tournée d'adieu au Trabendo de Paris que nous propose le premier DVD. Réunis aux guitares, Gabriel Sullivan et Brian Lopez, ces fines lames, apportent une épaisseur psyché au rock déjà très riche de Gelb. Et lorsqu'à l'unisson, ces 3 mousquetaires là se lâchent, c'est pour des dialogues de cordes stratosphériques. Également réalisé par Guillaume Dero, mais en coproduction avec Les Escales de St Nazaire (puisqu'il faut souligner, qu'existe un pont entre ces 2 villes et, que le Nantais Laurent Allinger, ex-Little Rabbits, mixant souvent pour ces formations, semble faire sans arrêt l'aller-retour !). Le second DVD est une rencontre avec Tucson, son caractère unique, son ambiance, la solidarité de sa très riche scène musicale. On y découvre d'autres talents comme Al Foul, Joey Burns de Calexico, l'excellent bluesman Tom Walbank, le touchant Billy Sedlmayr. Au final une excellente introduction à la musique de cette ville perdue le long d'une ligne de chemin de fer en plein désert d'Arizona. Howe Gelb annonce se consacrer dorénavant au jazz. Souhaitons-lui Good Luck Sucker !
Juan Marquez Léon

Hoboken Division
The Mesmerizing Mix Up of the Diligent John Henry

Genre musical: Delta garage, hill country psyché
Label : LES DISQUES DE LA FACE CACHEE
Distributeur : L'AUTRE DISTRIBUTION / BERTHUS

Les deux Lorrains de Hoboken reviennent… à trois. Il y a avait Marie et Mathieu, forgeant une hill country moderne à la piété belliqueuse, chant, guitares et programmation des rythmes. Le batteur Thibaut arrive et les rend plus libres et plus instinctifs. Eminence grise, l’ingénieur du son Lo Spider, qui trace l’axe de ce deuxième album très hybride et a énormément contribué à lui garantir une unité remarquable, réalise un véritable travail d’éditorialiste. Car le pilon martial d’Arts And Crafts, le premier album, se fragmente ici, selon les plages, en garage rock, blues psyché, americana punk, gospel de forçat, songwriting atmosphérique, voire folk-rock et lo-fi, un biseautage de contrastes qui se marient bien, tous déduits du Delta, la référence obsessionnelle du groupe. Leurs intentions transparaissent un peu dans le titre extravagant de ce nouvel album : The Mesmerizing Mix Up Of The Diligent John Henry. Mathieu : « John Henry a défié une machine et l’a battue à la force du poignet. Or, avec les instruments traditionnels du blues, on peut faire de cette musique quelque chose de très contemporain. Ses thèmes et ses histoires collent tellement bien à notre époque. » Hoboken retrouve le goût des arrangements, qu’ils avaient mis en sourdine dans Arts And Cafts. Ces arrangements taillés dans la masse, plus narratifs qu’harmonieux, donnent un sens particulier et une direction à l’album. Ils ouvrent la crypte gothique du précédent sur un parvis plus clair aux reliefs dynamiques, mais c’est la même image. Ce sentiment est conforté par l’habillage des deux disques, dessins de Jean-Luc Navette aux traits aigus et couturés… comme deux grandes cicatrices.
Christian Casoni

Jack Tempchin 
Peaceful easy feeling the songs of Jack Tempchin

Genre musical: Americana
Label : BLUELAN RECORDS
Distributeur : Amazon, iTunes, Blue Elan rec.

Vous avez déjà dû entendre pas mal de ces titres mais sûrement pas joués par Jack Tempchin qui en est pourtant, pour la plupart, le co-auteur avec le regretté Glen Frey qui, comme tout le monde le sait fût un membre éminent d'une formation baptisée Eagles. Outre le fait d'avoir déjà sorti une dizaine d'albums, ce garçon discret a également écrit pour Tom Waits, Glen Campbell, Emmylou Harris, Bobby Whitlock et beaucoup d'autres de cette trempe. Le fameux 'Peaceful Feeling' des Eagles, c'est lui seul qui l'a écrit et c'est tout naturellement qu'il l’a placé en ouverture de ce CD. Il est interprété d'une manière un tout petit peu plus rythmée et moins sophistiquée que l'original. Jack Tempchin chante et tient la guitare, tandis que Joël Piper tient tous les autres instruments. Il produit aussi la plupart des titres. Trois autres titres mythiques enregistrés par les Eagles et écrits ou co-écrits par Mister Jack sont gravés sur ce CD. 'Already Gone', 'It's Your World Now' sur lesquels Chris Hillman joue de la basse et de la mandoline et Herb Pedersen tient la guitare et le dobro et 'Everybody's Gonna Love Somebody Tonight', bien musclé comme il se doit. 'Slow Dancing' a été écrit pour Johnny Rivers en 77, il nous est livré sous forme d'un duo avec Rita Coolidge juste avec un accompagnement au piano joué par Chris Garcia. Pour 'Soul Searchin' c'est Janiva Magness qui est invitée à partager le micro. Voilà un beau retour aux sources pour cet artiste de qualité qui nous propose des arrangements simples, mais efficaces qui n'altèrent en rien l'esprit de ces dix chansons... et pour cause, c'est lui qui les a écrites.
César

Joel Dasilva 
Everywhere from here

Genre musical: Blues, rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : iTunes, Spotify

Joel Dasilva est un de ces artistes qui donne un coup de jeune au blues tout en restant dans l'esprit. Le costard strict, la cravate bien nouée, les pompes astiquées et la coiffure impeccable ce fils de musiciens baroudeurs Brésiliens a perdu son père alors qu'il avait trois ans et cela l'a profondément marqué. On trouve dans ses compositions un côté profond et tourmenté à l'image de ce 'Down In The Delta' lent et solennel où la guitare saturée et inspirée se mêle à la voix filtrée et désespérée. Son 'Bad Boy' est aussi remarquable, sorte de rumba rock avec l'accompagnement à l'accordéon d'Alejandro Sanchez et quelques larmes de castagnettes. Il y a aussi du lourd avec 'This Day I Bleed' rouleau compresseur sans freins où les gros riffs de guitare font bon ménage avec la rythmique acoustique. Le titre qui ouvre l'album 'Shake' n'est pas en reste avec son attitude rock. La ballade tranquille 'Chasin' The Sun' voit l'adjonction de la pedal steel de John Calzavara. La garde rapprochée étant formée du claviériste Tom Regis, du bassiste Robert Cleary et du batteur Chris Peet. L'énergie du blues texan est présente avec 'Cadillac Mama' et 'Spell On Me', on y retrouve un lien de parenté avec Jimmie Vaughan. Le titre qui clôture l'album 'My Brazilian Soul' aurait pu être composé par Carlos Santana avec ses rythmes chaloupés et sa guitare omniprésente. Par l'intensité de son jeu et l'inspiration de son chant possédé, Joel Dasilva sait allumer des images chez l'auditeur. Cet album est un film à lui tout seul.
César

Likho Duo
Blues and the world beyond

Genre musical: Instrumental et acoustique
Label : BLIND RACCOON
Distributeur : CdBaby, FCC Clean

Basé à New York, le duo s’est formé fin 2016. Noé Socha, 26 ans, joue de la guitare et de l’harmonica et Cliff Schmitt, 46 ans, de la contrebasse. Et les deux sont plutôt doués. En acoustique, ils reprennent un répertoire essentiellement instrumental composé de huit standards du blues (‘Spoonful’, ‘I Can’t Be Satisfied’, ‘You Shook Me’…), de quelques airs traditionnels italiens (Noé Socha est natif de Capri) et de compositions originales puisant dans le jazz, le folk, la valse, avec même quelques échos manouches. Chaque instrument est bien mis en valeur et en 67 minutes l’album déroule 14 titres. Plein de finesse et de délicatesse sous-tendu par une réelle intensité, cet enregistrement distille des ambiances fort agréables. C’est tour à tour sautillant, langoureux, émouvant. En déployant une réelle virtuosité, le duo montre une certaine simplicité dans son expression et cet album qui véhicule une certaine allégresse a beaucoup de charme. Faut-il voir de l’humour ou du dépit dans le nom de leur duo ? Noé Socha est pratiquement aveugle, Cliff Schmitt lui ne voit que d’un œil. Ils s’imaginent donc comme un cyclope, c’est pourquoi ils ont décidé de se baptiser Likho, nom d’une créature effrayante n'ayant qu'un seul œil, personnification du mauvais sort et de la malchance dans la mythologie slave. Ce bel album devrait leur ouvrir des horizons lumineux.
Gilles Blampain

Little San Blues Band
Little Sam Blues Band

Genre musical: Delta Blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.littlesambluesband.com

Jusque-là Little Sam Blues Band se présentait en duo, Little Sam au chant, à la guitare et aux percussions podales et Big Joe à la basse et également aux percus. Ils ont embarqué pour cet enregistrement Jean Marc Hénaux et son harmonica. Le trio est à la manœuvre et ne ménage pas ses efforts. Groove, feeling et efficacité, trois ingrédients majeurs pour trois musiciens qui envoient avec puissance une musique exaltante ; un blues rageur doté d’une belle force de frappe. Ils reprennent à leur façon, en leur donnant une nouvelle dimension, des chansons de Junior Kimbrough, Hound Dog Taylor, Little Walter, Howlin’ Wolf, Muddy Waters, Fred McDowell, RL Burnside, au milieu desquels Little Sam glisse deux compositions de son cru. La moiteur du Sud s’impose immédiatement. Une basse lourde, un son brut, des slides brûlants, des riffs entêtants qui abolissent le temps, une pointe de réverbération et l’harmonica qui installe une atmosphère chargée de toute la mythologie du Delta. La pulsation vient bien du Deep South et, avec des ambiances moites et suintantes d’un blues épais qui colle à la peau, en 36 minutes l’Ardèche s’impose comme 83ème county du Mississippi. Un album très dynamique, plein de bonnes vibrations, dans lequel le band fait mouche à chaque titre.
Gilles Blampain

Lucky Peterson
What have I done wrong - The best of the JSP studio sessions

Genre musical: Blues, soul, funk    
Label : JSP
Distributeur : SOCADISC

Les albums de Lucky Peterson sont en général au top et John Stedman le boss de JSP en a sorti tellement qu’il n’a eu que l’embarras du choix pour faire une sélection. En effet ce Best Of picore un titre dans neuf enregistrements déjà parus auxquels s’ajoutent 4 chansons originales jamais diffusées. Bien qu’on ait affaire en grande partie à une compilation ne boudons pas notre plaisir car avec Lucky Peterson la prestation est toujours haut de gamme. A la guitare ou devant un clavier son style est classieux. Avec un feeling à fleur de peau et sa voix chaude, il fait toujours preuve de son immense talent d’interprète et de musicien. Voici donc quelques titres où Lucky Peterson partage le micro avec Andy Aledort, son défunt père James, sa compagne Tamara, Bernard Allison, Larry McCray et Carl Weathersby. Et tout ce beau monde sait faire monter la pression. D’une plage à l’autre le plaisir d’écoute ne faiblit à aucun moment. Les ambiances sont variées allant du blues au funk avec des détours vers la soul ou le jazz. Avec un bon groove, la qualité est incontestable. L’ensemble est dynamique, bien structuré, et diffuse une musique chaleureuse et pleine d’énergie.  
Gilles Blampain

Mighty Mo Rodgers & Baba Sissoko
Griot Blues

Genre musical: Urban african blues
Label : ONE ROOT MUSIC
Distributeur : Amazon, Fnac

Ils se sont rencontrés en backstage lors d’un festival en Italie et ont débuté leur collaboration lors de concerts de Mighty Mo en Lithuanie. Ils ont décidé d’immortaliser tout ça sur place (Mamas Studio) en 5 jours ! Les rencontres musicales entre le blues américain et ses racines africaines donnent parfois lieu à des expériences ethnico-intello-chiantes. Ici, c’est loin d’être le cas. Les deux compères et leurs musiciens s’amusent et ça se sent. Ils n’ont rien à prouver ou à démontrer et ça se sent aussi. Griot Blues propose 11 compositions originales où, tour à tour le griot ou le bluesman amènent la matière première laissant l’autre apporter sa touche, sa couleur. Sans vraiment s’en rendre compte, on passe d’un reggae en plein bayou à un blues électrique et urbain dans les faubourgs de Bamako. La voix chaude et groovy de Mighty Mo Rodgers (qui, sur les plages les plus minimalistes, n’est pas sans rappeler Otis Taylor) se mélange merveilleusement bien à la musicalité singulière de Baba Sissoko. Teinté d’émotion, mais aussi d’humour et d’autodérision, Griot Blues concrétise la rencontre de deux artistes (plus que de deux mondes) qui avaient tout pour se comprendre et le savoir-faire pour que l’auditeur participe à la fête, sans se poser de question.
Robert Bolaers

Mike Brookfield
Brookfield

Genre musical: Rock passion
Label : GOLDEN RULE
Distributeur : www.mikebrookfield.com/

Il se présente comme guitariste, professeur et compositeur. Les amateurs peuvent donc allez voir son site pour des cours en ligne. Il s’est pointé avec sa guitare sur les scènes de comédies musicales, dans les clubs de jazz de Big Apple et y a même récolté un Award du Jazz Musician of the Year. Il peut jouer à peu près dans tous les styles, mais se fixe désormais plutôt dans le rock et le blues. Avec ce nouvel album Mike Brookfield qui est établi maintenant à Dublin laisse entendre un rock musclé et accrocheur de belle facture enluminé de brillants solos et émaillés de riffs percutants. Avec un son très personnel il ne fait pas dans la copie, mais au  niveau dextérité certains n’hésitent pas à le comparer à Jimmy Page, Eric Clapton ou Ritchie Blackmore. La presse d’outre-Manche est dithyrambique : « des mélodies puissantes, des solos pleins de passion… un maître dans son art… un guitariste de grande compétence… un grand feeling à la fois dans le chant et le jeu de guitare… étourdissant… de la pure dynamite…». Mike Brookfield signe les musiques des 11 titres de l’album tandis que les paroles sont du poète et musicien Eamon Carr. Cette production digne d’intérêt permettra de découvrir celui qu’un chroniqueur a qualifié de « trésor caché irlandais ».
Gilles Blampain

Mindi Abair and The Boneshakers
The Eastwest Sessions

Genre musical: Blues, rock and soul
Label : PRETTY GOOD FOR A GIRL
Distributeur : Amazon, iTunes

Après deux ans et demi sur les routes, dans les bouges et les salles de concert, Mindi Abair est allée en studio sous la houlette de Kevin Shirley (producteur entre autres de Led Zeppelin, Joe Bonamassa, The Black Crowes). The Eastwest Sessions est son premier album en compagnie des Boneshakers. Et cela transpire l’énergie, suinte le blues, exhale le saxophone ! Et quels saxophones ! La native de Los Angeles joue à la fois de l’alto, du ténor et du baryton. A l’écouter, il est clair qu’elle n’a rien à envier à certains jazzmen. Le disque s’ouvre avec le tonitruant ‘Vinyl’ qui célèbre l’amour et, pour ceux qui y croient, le pouvoir de la musique. Dotée d’une voix rocailleuse et grave, Mindi Abair chante avec une sincérité déconcertante.  Entourée de Randy Jacobs (guitare, voix), Rodney Lee (claviers), Derek Frank (basse, voix) et Third Richardson (batterie, voix), Mindi Abair jongle et joue sur les rythmes et les échanges entre instruments. Témoin, le titre musicale ‘Not That Kind Of Girl’ ou ‘Play To Win’. Grâce à Kevin Shirley, quelques invités pointent le bout de leurs cordes comme Joe Bonamassa (‘Pretty Good For A Girl’) ou Sweet Pea Atkinson qui prête sa voix sur la ballade ‘Let Me Hear It From You’. Cet opus pourrait être finalement une ode à cet instrument de cuivre tant elle montre et démontre son aisance à en jouer dans différents styles. Ecouter le titre ‘I Love To Play The Saxophone’ qui conclut l’album sur un rythme qui n’est pas sans rappeler le titre de Bobby McFerrin, ‘Don’t Worry, Be Happy’.
Tristan Sicard 

Nico Wayne Toussaint
Plays James Cotton

Genre musical: Blues, funk
Label : DIXIEFROG/BORDERLINE BLUES
Distributeur : PIAS

Hommage fervent à celui qui l’a impressionné dans son adolescence et qu’il considère comme l’un de ses maîtres, James Cotton qui nous a quittés en mars 2017. Accompagné d’un mini big band au top (Michel Foizon à la guitare, JP Legout aux claviers, Antoine Perrut à la basse, Romain Gratalon à la batterie, Pascal Drapeau à la trompette, Cyril Dumeaux au sax ténor, Sébastien Arruti au trombone), Nico Wayne Toussaint interprète ce que jouait James Cotton et pas uniquement ce qu’il a composé. Sans tous les citer, les titres sont donc signés Percy Mayfield, Jacky Brenston, Allen Toussaint, Merle Haggard… et bien sûr James Cotton. Dès le premier titre ça explose. ‘No Cuttin’ Loose’, avec Boney Fields en invité spécial, donne le ton général de l’album, c’est funky-blues avec une dynamique pleine de chaleur. Et tout le reste du CD est de la même veine. Les 13 chansons s’enchaînent pied au plancher et la pression ne faiblit pas une seconde au fil des plages. Nico Wayne Toussaint a l’intelligence de ne pas tomber dans l’imitation, il ne se pose pas en superbe mais simple copiste du Maître ; harmoniciste classieux et chanteur enthousiaste il se réapproprie chaque composition pour en donner une vibrante version personnelle. Grâce à son talent ce projet ambitieux est une parfaite réussite. Et pour que l’emballage soit au niveau du contenu, c’est Jean Paul Pagnon qui signe l’illustration du digipack.
Gilles Blampain

Richard Van Bergen & Rootbag
Walk On In

Genre musical: Blues-rock
Label : NAKED
Distributeur : INAKUSTIC

Richard Van Bergen serait néerlandais, et lancerait là son deuxième album. Il l’a enregistré avec le bassiste Roelof Klijn et le batteur Jody Van Ooijen. Quelques comparses les ont rejoints pour poser un harmo, un clavier ou une percu. Richard Van Bergen joue un blues-rock tendu qui a conservé la mémoire de ses racines noires. Pas d’étalage ni de mégalomanie donc, pas de basse qui commence à slapper inopinément, pas de réverbe roborative sur la grosse caisse, pas d’interminables prises de manche, mais des interventions toujours pertinentes, des riffs soignés et une recherche qui porte davantage sur les effets et la dynamique que sur l’emphase. Richard Van Bergen n’invente rien, tel n’est pas son propos. Il enregistre pour le plaisir un album simple, très bien chanté, très bien joué et très bien foutu. Tout juste s’autorise-t-il quelques fantaisies louisianaises (‘That’s What You Do To Me’ – excellente partie de guitare) et un instrumental jump jazzy bien aéré (‘Snap!’).
Christian Casoni

Steve Howel & Jason Weinheimer
A hundred years from today

Genre musical: Country blues
Label : OUT OF PAST MUSIC
Distributeur :
BURNSIDE DISTRIBUTION CORP.

Le titre de cet album correspond bien à l'état d'esprit de ce disque. A une époque où tout va vite où tout est surproduit où il faut jouer fort avec attitude, avec ces deux messieurs, c'est tout le contraire. Deux types tranquilles avec leurs guitares vintage jouent, principalement, en picking des chansons anciennes dont les douces mélodies pourraient servir de berceuses. Jason Weinheimer possède un studio d'enregistrement et joue, d'habitude, de la guitare basse dans le groupe de Steve Howell and the Mighty Men. Pour son sixième album, Steve Howell a choisi de donner dans la simplicité en ne travaillant qu'avec son ami pour interpréter des titres qui ont éclairé sa vie. Le plus récent qui date de 1959 est le 'Going Back To Florida' de Lightning' Hopkins et pour le plus ancien, Howell a regroupé deux titres (qui sont devenus des standards du jazz) dans le même morceau 'Limehouse BluesAfter You've Gone' qui datent respectivement de 1922 et 1918. On trouve deux chansons de Mississippi John Hurt dont Howell est fan. Toutes deux de 1928, ce sont 'Louis Collins' et 'Got The Blues, Can't Be Satisfied'. Louis Armstrong et Glenn Miller ont interprété cet autre standard 'Bassin Street Blues' qui prend ici une forme simple dépouillée et nonchalante. Et au sujet de cet autre titre qui a également été interprété par Louis Armstrong 'Rocking Chair', qui parle de grand âge, on peut dire que cette chaise à bascule est le siège idéal où se caser et écouter ce disque, les yeux mi-clos. Une dizaine de titres country blues à tendance rurale magnifiés par deux artistes de talent.
César

The Harpoonist & The Axe Murderer
Apocalipstic

Genre musical: Blues, rock, pop
Label : TONIC RECORDS
Distributeur : MEMBRAN

Non, non, ce ne sont pas de petits nouveaux, c'est juste leur quatrième album. Ce duo nous vient de Vancouver et ces gens se connaissent depuis une grosse dizaine d'années. L'un, Shawn Hall « The Harpoonist » joue de l'harmonica, chante et tape sur quelques pédales. L'autre, Matthew Rogers, « The Axe Murderer », joue de la guitare et tape aussi sur quelques autres pédales. Pour l'enregistrement de cet album ils se sont fait aider par un batteur, John Raham et un claviériste, Geoff Hilhorst. Il ne faut surtout pas oublier les choristes, remarquables et omniprésentes Il en ressort une alchimie qui leur est particulière. Une guitare et un harmonica accrocheurs avec des sons, des rythmes bien Blues, un beau travail sur le chant, un côté frais et insouciant pour la plupart des titres et parfois des triturages un peu électro en arrière-plan ce qui donne parfois un côté pop aux compositions. De quoi amener de nouvelles oreilles vers le blues. Les deux premiers titres ‘Get Ready' et 'Nancy' sont entraînants pour amener l'auditeur dans leur monde, puis on attaque 'Forever Fool' quelque chose du genre 'Hot Stuff' des Stones, pour arriver à 'I'm Back' un titre sous tension où l'intro et les refrains sont des marteaux pilons. Le morceau suivant 'Pretty Please' tient du gospel sous amphétamines, rapide et échevelé. Pour le sixième titre 'Treat Me Kind', sur un accompagnement simple à la guitare, avec quelques nappes d'harmonica, la voix se fait plaintive et les chœurs viennent doucement la soutenir et ça repart avec des sonorités fifties 'Running' pour une ambiance débridée, et ce, quasiment jusqu'à la fin des treize titres que contient cet album. Musique chaleureuse qui laisse entrevoir des concerts torrides.
César

The McKee brothers
Moon Over Montgomery

Genre musical: Blues, rock
Label :
AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.mckeebrothers.com

Ce n'est que leur second album produit par eux-mêmes et déjà une pléiade de musiciens et de chanteurs, et pas des moindres, se sont rendus à l'invitation des frères McKee à l'enregistrement de ce Moon Over Montgomery. Preuve que ces types savent y faire. Leur premier CD Enjoy It While You Can était déjà un beau coup d'essai, et là, l'essai est transformé avec classe. Ils sont plus d'une trentaine à avoir posé leurs notes ou leur voix sur des arrangements somptueux. Quelques noms : Bob Schultz, Larry McCray, Laith Al-Saadi, Bobby West, Jeff Robinson, Leo Thornburg, la liste est très longue... Dans les très grandes lignes, nous sommes sur une base de soul music mais avec des colorations différentes. On trouve du funk de la meilleure facture avec 'I Feel Like Dynamite', 'Bayou Man' et 'Go To Work' où les cuivres lancent des étincelles. 'Flat, Black, & Circular', 'Kicks' et 'Pig Feet' auraient été interprétés par Ray 'The Genius' Charles, qu'il n'aurait pas fait mieux. 'Moon Over Montgomery' qui est un hommage à la marche des droits civiques de 1965 et 'Confidential' me rappellent la grande époque de Blood Sweat & Tears avec cette sorte de gospel vitaminé avec guitare rock et toujours ces cuivres omniprésents et ces chœurs généreux. Ce disque inspiré et intelligent est fait pour vous faire oublier tous les tracas et vicissitudes de la vie et vous coller un sourire grand comme ça. Pari réussi, McKee 2017 est un très grand cru.
César

Theo and the Boogie Sinners
Mad with Greece

Genre musical: Blues rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.facebook.com/MadeWithGreece

Hum, la musique grecque... Le Sirtaki? Melina Mercouri? Aphrodite's Child, et l'inénarrable Demis Roussos? Elysian Fields à la rigueur? Bon, on s'avoue quelque peu ignorant en la matière. Peu importe, en fait : la mondialisation frappe aussi en matière musicale, et dans ce cas on ne va pas s'en plaindre. Car cet album aurait pu voir le jour dans n'importe quel coin du globe. D'autant que le groupe athénien fait ici appel au vétéran du blues Tommy McCoy, cité  comme special guest, intervenant pourtant sur la plupart des titres, qu'il a souvent (co)composés. Un retour d'ascenseur en fait, puisque les Boogie Sinners avaient participé en 2015 à l'album de McCoy, 25 Years Retrospect... Alors, qu'en est-il de ce Made With Greece, outre le calembour un peu douteux? D'entrée, quatre compositions solides, interprétées sans génie particulier, mais avec savoir-faire et sérieux. Et puis... En milieu d'album, trois plages - dont deux instrumentaux - franchement pénibles, évoquant tour à tour du mauvais Santana (pléonasme?) ou du Gary Moore en roue libre (les dix interminables minutes de 'The King Is Gone',  tricotage dans les aigus, summum du blues mou du genou). Fort heureusement, ils parviennent à redresser la barre avec quatre derniers titres efficaces ('Heavy Rotation Blues', ‘Albert Collins Blues'... les titres sont pour le moins explicites). Les textes vont de l'insouciant («Let the good times roll », ce genre) à la référence historique ('Gone to Marathon', la bataille, oui) sans occulter les difficultés d'un pays saigné à blanc ('Heavy Rotation Blues', encore). Give Greece a chance, comme l'affiche clairement l'un des musiciens sur la photo du livret intérieur !
Marc Jansen

The Strypes
Spitting Image

Genre musical: Rock, rhythm'n'blues
Label : MERCURY
Distributeur : UNIVERSAL  

The Strypes ! La divine surprise de l'année 2013. Bien sûr, les grincheux trouvaient tout cela suspect, ces gamins trop parfaits, ce look, cette attitude as cool as possible, cette érudition, ces compos... Les Strypes ont pourtant prouvé depuis longtemps qu'ils n'avaient rien d'un autre boys band. D'autant qu'ils n'ont pas tardé à se voir adouber par quelques figures intouchables, Wilko Johnson et Paul Weller en tête. Un premier album sous perfusion Feelgood, un second où ils élargissent - et modernisent - leur horizon, sonnant par moments comme des Arctic Monkeys qui auraient conservé la hargne, et donc aujourd'hui ce troisème opus. Qui va diviser, c'est certain. Car nous parlons ici de power pop actuelle, bien que toujours solidement ancrée dans le passé, en gros des 60's aux 80's. En témoignent le très pop 'Behind Closed Doors', au break redoutable, le post punk 'Consequence', qui évoque aussitôt XTC, ou encore 'Easy Riding', kinksien en diable. Il y a bien là l'un ou l'autre titre anecdotique, mais on sent qu'ils ont soigné les mélodies : voir 'Grin And Bear It' ou le très convaincant 'Garden Of Eden'. Ce qui n'empêche pas de subites poussées de fièvre ('A Different Kind Of Tension', hommage aux Buzzcocks, ou l'irrésistible '(I Need A Break From) Holidays'. En final, 'Oh Cruel World' allie avec une rare efficacité Diddley Beat et giclées d'harmo. Les Strypes, c'est frais et ça pétille...
Marc Jansen

Tommy Castro and the Painkillers 
Stompin' ground

Genre musical: Blues, rock, soul
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Découvrir un nouvel album de Tommy Castro est toujours agréable car on sait qu’on ne sera pas déçu. Et cette dernière production ne déroge pas à la règle. C’est puissant, pétillant, lumineux, d’une vitalité contagieuse. Le CD laisse entendre un mélange savoureux de rock, de blues, de soul, joué avec une énergie débordante et un gros feeling. Guitare accrocheuse et voix de soulman Tommy Castro est superbement épaulé par ses Painkillers, Michael Emerson (claviers), Randy McDonald (basse) et Bowen Brown (batterie), et comme à son habitude il a convié quelques amis à se joindre à lui. Charlie Musselwhite (harmo et voix sur ‘Live Every Day’), Mike Zito (guitare et chant sur ‘Rock Bottom’), Danielle Nicole (voix sur ‘Soul Shake’) et David Hidalgo de Los Lobos (guitare et voix sur ‘Them Changes). Avec Stompin’ Ground Tommy Castro livre sept compositions originales et reprend à sa manière cinq chansons qui l’ont inspiré dans sa jeunesse à San José où hippies, bluesmen et Chicanos lui ouvraient la voie. Des titres créés par Taj Mahal, Ray Charles, Delaney and Bonnie ou Buddy Miles. Grâce à son interprétation pleine de fougue et de puissance maîtrisée où se mêlent plaisir et excitation Tommy Castro reste au top.
Gilles Blampain

Walter Trout
We’re all in this together

Genre musical: Blues, blues-rock
Label : MASCOT
Distributeur :
PROVOGUE

Tous concernés par le même projet. Ils sont venus, ils sont tous là. Il faut dire que Walter Trout à un cercle d’amis assez prestigieux : John Mayall, Joe Bonamassa, Kenny Wayne Shepherd, Sonny Landreth, Joe Louis Walker, Warren Haynes, Randy Bachman, Charlie Musselwhite, Edgar Winter, Eric Gales, Mike Zito, Robben Ford, John Nemeth, auxquels s’est joint le fils de Walter, Jon Trout. Il les a invités et ils ont tous répondu présents. On connaît le talent de chacun d’entre eux, il est donc inutile d’épiloguer. Walter Trout dit avoir écrit chaque chanson en pensant au musicien qu’il inviterait à jouer avec lui. Et ce qui aurait pu n’être qu’un défilé de stars s’enchaîne malgré tout avec une belle cohérence. Walter Trout présente donc 13 compositions originales et reprend ‘The Sky Is Crying’ d’Elmore James en compagnie de Warren Haynes. Avec ces guitaristes hors pair chaque nouveau morceau tape dans le haut de gamme. Toute la palette du blues au blues-rock, du jazz au rhythm’n’blues affiche de belles nuances. En 69 minutes c’est un vrai festival, car pour chacun de ces musiciens la passion semble intacte. C’est carré, efficace, plein d’énergie et de bonnes vibrations.
Gilles Blampain

Webster Avenue
Daylight

Genre musical: Blues, Americana
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : FCC Clean

Webster Avenue est une des plus longues rues du Bronx avec plus de neuf kilomètres, mais c'est aussi le nom qu'ont pris ces trois musiciens pour sortir leur premier album garni de quatorze compositions. Il s’agit de David Webster, guitariste chanteur, qui a écrit la plupart des chansons et qui a déjà un passé assez rempli car ce musicien de studio a accompagné, entre autres, Chuck Berry et Bo Diddley. Le bassiste, Tony Mercadante a joué et enregistré avec des gens comme Otis Rush, Otis Blackwell, Allen Freedman, Michael Monroe... Andrew Caturano, le batteur, a aussi travaillé avec Bo Diddley, Otis Rush et Otis Blackwell. Ce trio a pendant plusieurs années joué dans un groupe R&B appelé Streetkid avec le claviériste Benny Harrison qui est venu leur donner un coup de main sur trois titres de cet album. 'Daylight' et 'Ain't That A Shame' qui groovent avec leurs accompagnement cuivré et 'My Poor Heart' qui balance tout autant mais sans les cuivres. La clarinette vient donner une ambiance feutrée sur une ritournelle jazzy 'Whenever' alors que 'Ronnie O' nous emmène sur un rythme reggae aux interventions de guitare blues. La voix perchée et appliquée de David Webster, assez inhabituelle dans le monde du blues, est le fil rouge liant toutes ces chansons aux ambiances différentes. Je lui trouve même un lien de parenté avec Donald Fagen 'Bad Thing' et 'Midnight Sun'. A découvrir.
César