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10/20
Chroniques CD du mois Interview: ALMANAK Livres & Publications
Portrait: W.C HANDY Interview: lee o'nell blues gang Dossier: FENDER STRATOCASTER
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

SEPTEMBRE 2020

Alicia F.
My No-Generation

Genre musical: Rock'N'Roll   
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
http://aliciaf.bigcartel.com

Dans son rétroviseur, Mademoiselle Alicia F. contemple un horizon qui brille loin derrière les lignes du rap et de l’électro. C’est une jeune fille anachronique. Sa non-génération est la Y… peut-être même la Z, mais son truc c’est le son des boomers, Alice Cooper, Iron Maiden, Joan Jett, GG Allin… Son premier single est d’ailleurs un 45-tour à l’ancienne, dans une pochette elle-même éloquente : le sexe, le cuir et la nuit, fondus dans la légende éternelle du rock’n’roll. C’est un manifeste, une mise à jour, une volonté de faire revivre un âge d’or révolu depuis longtemps, qui surclasse si bien tout ce qu’on a connu depuis qu’il suffirait juste de l’invoquer, comme dans le titre phare ‘My No-Generation’, pour le voir se déplier et fructifier de nouveau. Ainsi rêvait Ian Dury dans son hommage à Gene Vincent, ainsi rêve Alicia F. Face B : ‘I Fought The Law’, le serment qu’ont prêté toutes les générations du rock’n’roll, un cri de ralliement, un slogan militant qui s’accorde bien à sa voix de guerrière, et la conviction que rien n’est jamais vraiment perdu. A force de tourner, la bonne case finira bien par se retrouver une fois encore devant la flèche. Derrière Mademoiselle Alicia F., les guitares à la fois classiques et inventives du grand Tony Marlow, la basse de Fredo Lherm et la batterie de Fred Kolinski. Pas besoin de surpeupler le studio pour que le rock’n’roll soit.
Christian Casoni

Anthony Geraci with Dennis Brennan
Daydreams In Blue

Genre musical: Blues multifacettes
Label : Shining Stone Music
Distributeur :
Spotify, Deezer     

Cet album interpelle d'abord par le choix du visuel. Une toile du peintre Géorgien Alexander Varvaridze, et non Varvaridez comme indiqué sur la pochette. Avec ses dominantes bleues on pourrait penser à un disque de jazz cool ou ambient, et pourtant non, même si le blues proposé ici tend vers un swing blues léger et de bonne humeur, avec ce piano virevoltant de multiples notes en apesanteur. Mais qui est ce pianiste ? Pilier de 2 formations en activité, Ronnie Earl & The Broadcoasters et Sugar Ray & The Bluetones, la scène de Boston donc. Geraci s'est déjà fait remarquer avec ses 2 albums précédents, multi primés. Avant ça, il a accompagné de ses touches noires et blanches des gens comme BB King, Jimmy Rogers, Muddy Waters, Otis Rush, Lazy Lester, Big Walter Horton, JB Hutto, Big Joe Turner, Hubert Sumlin… Impossible de tous les citer. De grands musiciens accompagnent ce nouveau projet. Le chanteur et harmoniciste présent sur la globalité de l'album, Dennis Brennan, et qui fait des prouesses sur un des deux titres typés très Chicago Blues, 'Mister'. Le fidèle 'Monster' Mike Welch assure toutes les parties de guitares excepté sur le très Otis Rush de haute volée 'No One Hears My Prayers', où c'est Walter Trout qui décoche un solo définitif. Michael Mudcat Ward a en charge la basse et du coup a invité son 'ti frère' Peter Ward pour la guitare rythmique du morceau précédent. Batterie de Jeff Armstrong. Les cuivres de Scott Arruda et Mark Early font la cour avec élégance aux guitares de Welch, Trout et Troy Gonyea, et surtout, au piano du maître. Pour la musique, j'ai cité des titres très swing, des titres dans le style du Chicago blues. Mais on peut également remarquer un 'Tomorrow May Never Come' très New Orleans 50's. L'intro jazz aérien de 'Daydream Of A Broken Fool' est du pur Bill Evans, et ouvre sur une rumba. 'Tutti Frutti Booty' ressemble à du Little Richard première période. Quand à 'Jelly Jelly', il s'agit d'une reprise de Earl Hines ; les anciens comme moi doivent se remémorer celle du Allman Brothers Band sur leur album de 1973 Brothers And Sisters. Une surprise nous attend sur le très bon 'Dead Man's Shoes' puisqu'il s'agit d'un titre co-écrit avec le chanteur du J. Geils Band, j'ai cité Peter Wolf ! Dommage que ce ne soit pas lui qui se colle au chant ! L'harmonica dans ce titre prend des allures hantées et Morriconiennes, Il Etait Une Fois... dans Boston ! Puis tout se termine sur un court instrumental jazzy intitulé 'Ode To Todd, Ella And Mike Ledbetter'. En ces temps de canicules, voici un album à mettre dans vos voitures de vacances, IN BLUE !
Juan Marquez Léon

Back To Paradise
A Tulsa Tribute To Okie Music

Genre musical: Touche JJ Cale
Label : HORTON RECORDS
Distributeur :
Amazon     

Un bataillon de chanteurs et de musiciens se met en route pour Grand Lake, invités à essuyer les nouveaux plâtres du Paradise Studio, remis à neuf après une longue interruption de service. Dans cette institution fondée par Leon Russell, on n’avait plus enregistré depuis 1978. Voilà le titre élucidé : retour à Paradise, l’hommage des gars de Tulsa à la musique de l’Oklahoma. Au générique, une bonne vingtaine de noms qu’on aura, au mieux, entendu résonner quelque part, un jour, Paul Benjaman, John Fullbright, Jesse Aycock, Sarah Frick… Dans le détail, on se retrouve avec un aperçu de l’arc-en-ciel américain, notamment beaucoup de country, de rock, d’ambiances à la JJ Cale et, invévitablement, un funk placide. Là, c’est selon les goûts, mais quels qu’ils soient, ‘Crossing Over’, ‘Blind Man’, ‘I’m On Fire’, ‘I’m Gonna Get To Tulsa’, c’est à prendre ou à prendre. Dans l’ensemble, on écoute un disque de longue haleine (17 plages), pénard, chaloupé, très agréable et très pointu, chanté et joué par les meilleurs homeboys de l’Etat. Dans l’ensemble aussi, c’est à prendre ou à prendre.
Christian Casoni

Bobby Rush
Rawer Than Raw

Genre musical: Blues nu
Label : DEEP RUSH
Distributeur :
Amazon     

Le vieux rapper Bobby Rush, si cool avec ses deux danseuses dodues, maître du chitlin’, du signifying libidineux et du R&B funky, avait déjà sorti un album intitulé Raw en 2007. Il a 86 ans, il a survécu au coronavirus, est-ce la raison de cette plongée dans les racines de son art ? Seul avec sa guitare et son harmonica, il s’incline devant les bluesmen du Mississippi qui l’ont éduqué, Skip James, Robert Johnson, Howlin’ Wolf, Rice Miller, six reprises auxquelles il ajoute cinq compos, déhabillées de la même manière. Rawer Than Raw se démarque des 26 LP enregistrés durant sa longue carrière (premier 45-tours en 1967), et n’a d’autre intérêt que de donner à écouter un type qui sait parfaitement de quoi il parle. Cet album n’en reste pas moins un témoignage poignant, sans auto-apitoiement ni pleurnicheries sur le temps qui passe. Rush l’a produit lui-même sans trop se poser de questions, comme un besoin organique, et ça s’entend. Son blason aurait très bien pu se passer de ce trophée, mais Bobby Rush l’a fait, honnêtement, avec une pieuse sobriété, comme d’autres avant lui, Muddy Waters, JB Lenoir, Buddy Guy ou Luther Allison. Peut-être qu’ici, la seule citadelle à protéger est la logique. Or, à aucun moment ce critère n’est pris en défaut, pas une fois on se dit que Bobby Rush joue au péquenaud parce qu’il ne sait plus à quel saint se vouer. Il est simplement dans son rôle et tout s’écoule, aussi naturellement que l’intrusion de ‘Mystery Train’ dans ‘Smokestack Lightnin’ ’. Depuis le début Bobby Rush est aussi un bluesman, et il le revendique avec des mots justes. La leçon de ses maîtres n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd.
Christian Casoni

Crooked Eye Tommy
Hot Coffee And Pain

Genre musical: Blues, rock and soul
Label : Blue Heart records
Distributeur :
The Orchard, Amazon     

Originaires de la région de Santa Barbara en Californie, les frères Tommy et Paddy Marsh à la tête de Crooked Eye Tommy ont été deux fois demi-finalistes de l'International Blues Challenge en 2014 et en 2019 et ont atteint la finale de l’IBC en tant que duo en 2020. Autant inspirés par le Allman Brothers Band que le Grateful Dead les deux frangins sont à la guitare et au chant et sont accompagnés par Jimmy Calire à l’orgue Hammond B3 et au saxophone, Samuel Corea à la basse et Charlie McClure à la batterie. Le saxophoniste Craig Williams se joint à eux sur le titre ‘Hot Coffee And Pain’ et Teresa James au piano vient chanter un duo sur ‘Baby Where You Been ?’. Leur style est épicé de blues, de southern rock et de country avec parfois une pointe psychédélique. Leur deuxième production, Hot Coffee And Pain, présente neuf titres dont 3 sont signés par Tommy Marsh et se termine par une chaude et cuivrée reprise de ‘Congo Square’ de Sonny Landreth. Tommy et Paddy Marsh savent exécuter avec dextérité riffs agressifs soulignant leurs voix viriles pour rock halluciné et tempérer de subtile façon de doux solos avec sobriété d’expression pour des thèmes plus langoureux.
Gilles Blampain

Dave Fields
Force Of Will

Genre musical: Blues-rock
Label : FMI RECORDS
Distributeur :
www davefields.com, Spotify, Deezer, Amazon     

Dave Fields est un virtuose new-yorkais de la Fodera, une guitare qui est presque devenue son pseudo, et une bête à concours qu’on dit couverte de médailles. Son sixième album est une solide injection de blues-rock, avec une volonté de casser la baraque… indiquée dans le titre. On a les batteries lourdes, les shuffles massifs, l’orgue au besoin, la voix blanche, plutôt agréable et mélodieuse, la ballade de rigueur au premier et au deuxième tiers de l’œuvre, et les solos grinçants pour aiguillonner le chaland. Le prodige à la Fodera est porté par des sections rythmiques qu’on qualifie de « légendaires », le tandem Van Romaine/ Buddy Allen ou la paire norvégienne Kare Amundsen/ Bjorn Hagset. Il ne s’agit pourtant pas (toujours) d’un blues-rock classique. Sa patte est personnelle et son phrasé tire parfois sur le metal. Ici le blues reste intrinsèque aux solos, l’ensemble prenant davantage le vent du rock, traversant une séquence funky-soul et se laissant même aller à un dérapage hard-prog. Dave Fields s’adresse d’abord aux adorateurs de la guitare. On n’est pas tenu de se prosterner mais on ne peut pas nier que ce disque est une réussite.
Christian Casoni

Eric Hughes Band
Postcard From Beale Street

Genre musical: Blues de Memphis
Label : Endless Blues records
Distributeur :
erichughesband.com/product/549626, Deezer, Spotify     

Ici, le guide, c’est Eric Hughes, personnage savoureux à la joie de vivre communicative. Il nous promène dans Memphis à travers diverses époques musicales qu’a connue cette ville mythique. Sachez que cette carte postale colorée a été écrite (avec beaucoup de talent) à Memphis, que monsieur Eric et ses musiciens sont tous de Memphis et que l’enregistrement comme le mixage et la masterisation ont été réalisés à… Memphis ! Si vous parlez parfaitement anglais, vous serez captivé par les histoires de ce conteur hors norme que ce soit dans un style Jug band ‘Follow Your Stupid Little Dreams’, pur Rock avec guitare acérée ‘He’s Just An Alley Cat’ ou ballade ‘Homesick Angel’. En tout une dizaine de compositions toutes avec un esprit différent et signées Eric Hughes qui est accompagné par Walter Hughes à la seconde guitare, Leo Goff à la basse et Brian Aylor aux fûts. Pour aider le quatuor, quelques perles rares que les plus grands s’arrachent. Les claviers de Rick Steff et les souffles précis de Mark Franklin à la trompette et de Kirk Smothers au saxophone. Un vieux copain (Mick Kolassa) est venu prêter main forte à cette belle équipe. A écouter en boucle.
César

Eric Johanson
Below Sea Level

Genre musical: Blues-rock, Americana
Label : Nola Blue records
Distributeur :
Bandcamp, Amazon     

Originaire de Louisiane, Eric Johanson dont l’étincelle pour la musique a été allumée très tôt par l’énergie contagieuse du blues et du rock, a été adoubé par Tab Benoit qui n'a pas hésité à le recruter comme le premier artiste de son label Whiskey Bayou records en 2017. Guitariste talentueux il a tourné par la suite avec Cyril Neville, Terrance Simien, JJ Gray & Mofro, Eric Lindell, Mike Zito, Anders Osborne et bien d'autres encore. Pour ce deuxième album coproduit avec Luther Dickinson, Eric Johanson signe 12 compositions originales au tempo musclé. Epaulé par la puissance rythmique de Cody Dickinson à la batterie et Terrence Grayson à la basse, Johanson souligne son chant accrocheur de riffs croustillants de ce qu’il désigne comme : « une musique contemporaine naturellement issue des racines du blues du sud et de l’inspiration psychédélique ». Sa musique est chaleureuse et pleine d’énergie. Un style dynamique dans lequel le rock pointe sa hargne et le blues sa mélancolie ce qui donne à l’ensemble une formidable puissance qui irradie l’album du début à la fin. Interprétation, feeling, groove, tout est là. Dès la première chanson la température monte et les titres s’enchaînent sans faille. Dans l’esprit de la Big Easy cette production est riche de différentes saveurs. C’est assez torride !
Gilles Blampain

Fred Chapellier
Best Of 25 Years On The Road

Genre musical: Blues, rock, soul
Label : DIXIEFROG
Distributeur :
PIAS     

Un quart de siècle ce n’est pas rien. Ça se fête ! Inspiré par Albert King, Roy Buchanan et Peter Green à la fin du siècle dernier le jeune Chalonnais se lance. Il officie d’abord au sein des bands Kashmir puis Men In Blue avant de fonder le Fred Chapellier Blues Band. La vie de musicien n’est pas un long fleuve tranquille mais la voie est tracée : compositions, répétitions, clubs, festivals, studios. Son premier enregistrement Blues Devil paraît en 2003 et Fed Chapellier est nommé ‘Révélation Blues’ et ‘Meilleur Guitariste’ de l’année en 2004, à l’occasion des Trophées France Blues.  L’œil Du Blues sort en 2005, une dizaine d’autres albums suivront. Et puis en 2012 à Memphis, il représente la France à l'International Blues Challenge. Au gré de ses collaborations il est apprécié aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. En 2014 sa participation aux tournées des Vieilles Canailles le fera connaître à un plus large public au-delà du cercle restreint du blues. Son parcours est ancré dans le blues, c’est évident, mais il y a aussi le rock et bien sûr la soul. Ce double album est donc un court résumé du parcours de l’artiste. Le premier CD (18 titres-79 minutes) est une sélection des disques enregistrés en studio. On retrouve les collaborations avec Neal Black, Nico Wayne Toussaint, Pascal Mikaelian, Dale Blade, Billy Price, Leadfoot Rivet et une kyrielle de pointures. Le deuxième CD (16 titres-78 minutes) est consacré aux concerts et aux prises de son live. Avec son jeu dynamique et plein de fougue d’où la subtilité n’est pas absente, dire que Fred Chapellier est bon guitariste est un truisme, mais c’est aussi un bon chanteur, et on ne le dit pas assez.
Gilles Blampain

Kirsten Thien
Two Sides

Genre musical: Blues, rock, soul
Label : Screen Door record
Distributeur :
CdBaby, Amazon     

Ça démarre fort immédiatement. Dès la première chanson, ‘Shoulda Been’, soulignée par des traits de slide incendiaires on est embarqué sans retenue. L’émotion est là, ça vibre et ça palpite, la new-yorkaise est animée par une fougue contagieuse mais sait être tout aussi convaincante quand le registre impose un ton plus feutré. Les huit titres de cette nouvelle production, la cinquième à son actif, prouvent que Kirsten Thien passe facilement du rock au blues, du gospel à la soul, et qu’elle est aussi à l’aise à la guitare acoustique qu’à l’électrique. Sans parler de son chant plein de ferveur. Elle est accompagnée par le bassiste et producteur Erik Boyd, les batteurs Steve Holley et Alex Alexander, le guitariste Arthur Neilson et Tommy Mandel qui est aux claviers, et notons aussi que deux invités de marque ont participé aux sessions, les talentueux guitaristes Raul Midón et Doug MacLeod. Les sources d’inspiration sont multiples, elles viennent de Chicago, Memphis, New Orleans, du Texas, de Californie. Kirsten Thien chante en espagnol pour la première fois sur le charmant latino-blues-caribéen ‘Montañas’ qui laisse entendre de beaux passages de piano et de guitares sud-américaines. En 33 minutes chrono Kirsten Thien nous entraîne dans un étonnant voyage musical.
Gilles Blampain

Lee O'Nell Blues Gang
# Shades Of Love

Genre musical: Blues-rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
www.leeonellbluesgang.com/boutique     

Ça démarre sur les chapeaux de roues avec un blues-rock au tempo nerveux ‘Can You Tell Me’. On enchaîne sur un deuxième titre ‘Lovely Masquerade’ tout aussi puissant. Sur la plage suivante ‘Different Shades Of Love’ enfonce le clou. Mais le band sait aussi faire dans la retenue et le prouve avec brio à d’autres moments. Force et feeling sont les conducteurs de cette production de belle facture qui laisse deviner une réelle passion avec riffs musclés et chant expressif. A l’exception d’une reprise de Jimmy Rogers (‘Walking By Myself’) à laquelle Neal Black et Leadfoot Rivet ont apporté une lumineuse collaboration, l’album présente 10 compositions originales signées Gipsy Bacuet et Neal Black pour les textes et Lionel Wernert pour les musiques. Gipsy Bacuet au chant et Lionel Wernert aux guitares, à la tête de ce gang de haut vol, sont entourés de Jonathan Thillot à la batterie, Philippe Dandrimont à la basse et François Barisaux aux claviers. Fred Chapellier ami de longue date qui est également coproducteur de l’enregistrement fait entendre sa guitare sur 4 chansons. C’est nerveux, dynamique, enlevé, excitant et surtout bien fini, car pour ne rien gâter la production est nickel. Une belle réussite ! Avec cette première livraison pleine de bonnes vibrations le gang s’impose dans la cour des grands avec une belle force de frappe.
Gilles Blampain

Lucas Spinosa / Friends & Legends Of Louisiana

Genre musical: Blues du grand sud
Label : L&M star productions
Distributeur :
www.lmstarproductions.com/friends-legends, Amazon, Deezer, Spotify     

L’addition d’un promoteur/manager (Mike David) et d’un musicien/compositeur (Lucas Spinosa) qui regardent dans la même direction et réunissent leurs connaissances pour en bonifier le feeling donne cet album riche en sonorités et en ambiances. Dix titres, dix chanteurs différents presque tous Louisianais, mais pas que. Certains n’amènent que leur voix, tel que Wayne Toups, Parker James, Don Rich, Chris LeBlanc, Greg Martinez, Ryan Foret et Bryan Romano. D’autres portent (outre leur voix) aussi leur instrument tel que le saxophone (Jason Parfait), l’harmonica (Kenny Neal), le sax et la guitare (Bob Henderson). Sur le titre entraînant ‘Belly Of The Beast’ on reconnaît la slide de l’inimitable Sonny Landreth. Toutes les compositions sont écrites par Spinosa dont trois avec la complicité de Bob Henderson de Nashville. Ian Smith est le maître des cuivres, David Hyde le bassiste, le batteur est Brian Brignac. Avec une quarantaine d’années de guitare entre les mains, c’est Cranston Clement qui manie la six cordes. On a ici une palette de couleurs qui regroupe tout ce qui peut se faire dans le grand Sud. Ça sautille, ça percute, ça charme, ça danse, ça rêve… C’est la vie en musique.
César

Pretenders
Hate For Sale

Genre musical: Rock
Label : BMG
Distributeur :
BMG Distribution     

Si on ne devait en retenir qu'une ? Ce serait sans doute Chrissie Hynde... Farouche, indomptable, leader incontesté des Pretenders - le groupe aux deux premiers albums flamboyants. Rock'n'roll racé, ballades mémorables, Chrissie a toujours su s'imposer, sans minauderies, sans attirail sexy. Elle a survécu à toutes les embûches aussi, dont un mariage avec Jim Kerr, la tête de veau de Simple Minds ! Mais surtout, après ces débuts tonitruants, deux overdosés plus tard (le guitariste James Honeyman-Scott, le bassiste Pete Farndon) elle relèvera la tête pour un somptueux Learning To Crawl au titre évocateur. La suite est digne d'estime, mais forcément moins passionnante. Autant dire que ce nouveau brûlot nous fait l'effet d'une divine suprise... Musicalement rien ou presque n'a changé : le gang distille toujours ces mid tempo somptueux, jamais mièvres, et ces tranches de rock abrupt, majoritaires sur cet album. C'est dans cette catégorie qu'on trouve des titres tels 'Hate For Sale', ou les formidables 'I Didn't Know When To Stop' et 'Turf Accountant Daddy' aux riffs ravageurs. Dans la catégorie slow, on épinglera les élégants (qui en douterait ?) 'Maybe Love Is In NYC', 'You Can't Hurt A Fool' ou 'Cryin' In Public'. A noter aussi un excellent titre aux allures reggae, le chaloupé 'Lightning Man'. Le groupe est tout à fait soudé, la production parfaite, et Chrissie chante mieux que jamais. Bref, cet album est un pur joyau, qui conserve la grâce et l'énergie des premiers jours. Qui peut en dire autant, quatre décennies plus tard ?
Marc Jansen

Rusty Ends & Hillbilly Hoodoo
The Last Of The Boogiemen

 

Genre musical: Rockabilly, blues  
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : Amazon, Spotify, Deezer

Voilà un guitariste chanteur compositeur que l’on pouvait déjà entendre dans les sixties accompagnant les Shirelles, les Drifters, les Coasters et bien d’autres, dont la vie artistique s’est inscrite en pointillés à travers les décennies. Des disparitions, des réapparitions, mais, c’est certain, il n’a jamais lâché le manche car son jeu est fin et précis et fait merveille dans un style surtout marqué par le rockabilly avec le blues pour compagnon et sa voix décontractée a un côté envoutant qui nous entraîne au bout des douze titres du CD sans que l’on voit passer le temps. Simplicité et efficacité. Sa formation, aujourd’hui, se résume à un bassiste (Uncle Dave Zirnheld) et un batteur (Gene Wickliffe), plus l’aide du saxophoniste Gary Falk sur deux titres. Bien qu’étant inspiré par le rock des fifties ‘Cheap Wine’, la musique de Rusty Ends sonne actuelle et s’enrichit d’influences variées comme ce mix funk/blues ‘Hillbilly Hoodoo’ ou bien le swinguant ‘Bob Will Play The Blues’. Ses talents de conteur captivant sont mis en évidence sur ‘Midnight Angels’ dans le quel il évoque sa jeunesse de musicien dans les bars et autres lieux improbables. Avec toutes ces années à jouer, ces types n’ont plus rien à prouver mais leur truc, c’est juste se et nous faire plaisir. Et c’est vraiment réussi !
César

Sam Joyner
When U Need A Friend


Genre musical: Blues, soul
Label : Sam Joyner music
Distributeur : www.samjoyner.com/store , Spotify

C'est entre Chicago où il a grandi et le Delta du Mississippi où il passait ses vacances que Sam Joyner a pu s’imprégner de ses influences musicales ‘Goin’ To Chicago’. Ce fils de pasteur, outre d’être doté d’une voix puissante et passionnée, s’accompagne au piano de belle manière et son inspiration ‘divine’ l’aide assurément à se surpasser comme dans ce titre de plus de sept minutes ‘Breakin Up Our Happy Home’ où maître Joyner a tout du prêcheur dans l’intonation. Voix vibrante et éraillée sur un tempo lent dans ‘When U Need A Friend’ avec quelques larmes de slide. Soul à fond avec sons de violons, basse bien ronde, saxo enchanteur et chœurs féminins bien réglés, c’est ‘Must Be Jelly’. On flirte avec la Motown quand on écoute ‘Hard 4 Tha Money’. Belle démonstration de piano dans le titre dansant ‘Them Bluez’ qui oscille entre rock et boogie. Egalement très entrainant, titre où l’on sent que ce type doit être une vraie locomotive sur scène, c’est ‘Sam Joyner In Tha Hause’ En tout, une dizaine de titres qui ne vous laisseront pas de glace. Un disque de blues, de soul, une énergie rock basée autour du piano avec une voix vraiment puissante et souriante que l’on pourrait comparer parfois à celle de Wilson Pickett. Merci monsieur Joyner, vous êtes mon disque du moment.
 César

Savoy Brown
Ain't Done Yet

Genre musical: Blues-rock
Label : Quarto Valley records
Distributeur : Bertus

Toujours actif depuis plus de cinq décennies, accompagné depuis plus de 10 ans par Garnet Grimm à la batterie et Pat DeSalvo à la basse, Kim Simmonds (guitare, harmonica et chant) a cette fois effacé son nom pour revenir à la simple appellation de Savoy Brown même si paradoxalement on ne voit que lui sur la pochette. Le bonhomme reste fidèle au blues, au rock et au boogie et dit de sa 41ème production : « Ce nouvel album poursuit l'approche que j'ai adoptée avec le groupe ces dix dernières années. La grande différence est l'approche multicouche que j'ai retenue pour l'enregistrement des parties de guitare. C'est du rock basé sur du blues. J'essaie de trouver de nouvelles façons d'écrire et de jouer la musique que j'aime depuis mon adolescence ». Comme une sorte de florilège les styles abordés sont donc variés, du hard au laid back, le son est rond et plein d’énergie avec de beaux solos de guitare, cependant deux titres ‘River On The Rise’ et ‘Rocking In Lousiana’ sont joués dans la sobriété acoustique. Le feeling est de la partie, c’est simple mais efficace. Il y a autant d’épaisseur que de finesse. Tout amateur de blues-rock y trouvera son content. La set list aligne 10 compositions originales bouclées en 46 minutes.
Gilles Blampain

Scott Weis Band
Simmer Me Down

Genre musical: Blues rock and soul
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.scottweisband.com, Spotify, iTunes, Deezer

Un power trio assez peu connu qui sort son 6ème album. Fondé en 2005, la formation est restée la même depuis, c'est à dire Scott Weis, guitares, chant et harmonica. Robert Kopec, guitare basse, Roger Voss, batterie. Weis est originaire du New Jersey et le groupe semble être basé en Pennsylvanie. Il pratique son instrument depuis ses 8 ans. En 2012, un accident a failli le laisser paralysé, ce qui n'a pas empêché son introduction au célèbre Blues Hall of Fame la même année. Avant la création de son groupe, il aurait bossé ou ouvert pour des gens comme Jerry Garcia, Junior Wells, Buddy Guy, John Lee Hooker. Cet album est dédié à leur ingé son, Ben Elliott, disparu peu de temps après la réalisation de ce disque. Le visuel de la pochette est empli de têtes de mort ou fait référence au vaudou. Mais l'essentiel est dans la musique. Et c'est de la bonne. Le premier titre 'Pride And Soul' justifie à lui seul l'achat de ce brûlot. Une choriste, Cindy Mizelle, arrache tout sur son passage. A mon avis, ça ne va pas tarder pour qu'on entende parler de la dame ! Titre gras, lourd, guitare cradingue. Du Humble Pie dans sa version la plus pachydermique, période 'Street Rats' si vous préférez. Le chant rappelle celui du barbu de ZZ TOP. C'est pas un castrat ! 'Right Where It Belongs' qui rock et roule sur le bitume chauffé aux riffs de guitares, est là pour nous le rappeler, nous sommes en plein Texas, parmi les cactus et les serpents. Ils vont même jusqu'à reprendre le désormais classique des Tres Hombres 'Jesus Just Left Chicago'. Et c'est une version hantée! Autre reprise, 'When Something Is Wrong With My Baby' d'Isaac Hayes pour Sam and Dave en 1966. Il y a donc aussi de la soul classieuse genre Willy De Ville, 'The Way I Do'. De la funk New Orleans comme savait en balancer Little Feat, avec John Ginty au piano. Un lent blues tout en retenue, ‘All Over Again', solo de guitare habité. 'Transcendance' ferme cet excellent album, et est un instrumental 'psyché-hendrixien-in Ladyland'. Belle découverte que ce Scott Weis Band.
Juan Marquez Léon 

The Allman Betts Band
Bless Your Heart


Genre musical: Americana
Label : BMG
Distributeur : Amazon

Après un premier album Down To The River sorti en juin 2019, The Allman Betts Band, emmené par 3 héritiers, fils de Greg Allman, Dickey Betts et Berry Oakley, est de retour. Devon Allman (guitare, chant), Duane Betts (guitare, chant), Berry Duane Oakley (basse, chant), Johnny Stachela (guitare), John Ginty (claviers), R. Scott Bryan (percussions) et John Lum (batterie) rejoints par une section de cuivres pour donner plus de relief à certaines chansons continuent de faire vivre un southern rock très coloré. Cependant même s’il met ses pas dans les traces des grands groupes sudistes qui ont ouvert la voie le band ne veut pas se laisser enfermé et revendique également un mélange d'influences venues de la côte Ouest, de Louisiane et du Texas autant que du Midwest et de la Floride, de New York ou de Chicago. Un style que Devon Allman décrit comme « The United States Of Americana ». Enregistré dans les studios de Muscle Shoals, cette nouvelle production aligne 13 compositions originales forgées dans un alliage de rock, de blues, de soul et de country. La partition est multicolore avec des pulsions et des rythmes qui éveillent les sens. Festival de virtuosité et d’entrain, l’ensemble, clair et fluide, offre une très belle sonorité.
Gilles Blampain


Wild Boogie Combo
Black Hills Country Blues

Genre musical: Blues
Label : Around the Shack Records
Distributeur : wildboogiecombo.bandcamp.com/, Spotify

Au vu de l'intitulé, un coup d'œil distrait pourrait laisser penser qu'il s'agit d'un autre de ces albums révérencieux qui se contente de parcourir la gamme des musiques roots. C'est compter sans la pochette, vue d'un terril du Nord de la France. On navigue donc bien ici entre les rives du Mississippi et les Black Hills du Nord-Pas de Calais. Hervé Loison, alias Jake Calypso, n'est pas un nouveau venu. Pilier entre autres des Hot Chickens, il a fondé avec le batteur Thierry Sellier ce Wild Boogie Combo, actif depuis 2010. Pour ce troisième opus (on note aussi une collaboration avec Archie Lee Hooker, le neveu de qui on sait) ils se sont adjoints les services d'un redoutable harmoniciste, l'énigmatique Mr Ruine-B. Blues, country, boogie donc, mais aussi un peu de folk, du rockabilly, le thème des morceaux est tout aussi varié et traditionnel, cfr ce 'Eggs & Bacon' pris en sandwich entre un 'Lord Showed Me The Way' et un 'The Devil In My House'. Les dix titres ont été enregistrés en une journée, celle du 12 mars 2020, dans un studio de 10m². Les mixages, master, pochette... réalisés donc pendant la quarantaine. Ce qui en garantit le côté rudimentaire, brut et authentique, indispensable au genre.
Marc Jansen

Wily Bo Walker & Danny Flam
Ain't No Man A Good Man

Genre musical: Rock-soul-blues 
Label : Mescal Canyon records
Distributeur : CdBaby, iTunes

L’Ecossais Wily Bo Walker, auteur, compositeur et interprète connu pour sa voix pleine de caractère et ses performances scéniques farfelues et le musicien, arrangeur et leader du New York Brass, Danny Flam, ont fait appel à plus de trente des meilleurs musiciens et chanteurs américains et britanniques et à la participation des Brown Sisters of Chicago Gospel Choir et The Cenovia Cummins String Quartet pour une nouvelle production qui explore les péripéties musicales que l'on attend d'une production de Wily Bo Walker. Ain’t No Man A Good Man propose dix titres qui emmènent l’auditeur dans un univers étonnant de swing, de jazz et de blues plein de sensations fortes et de frissons.  Un jeu passionné de soul théâtrale entraînée par des cuivres furieux. Des ambiances explosives de rite vaudou, de vaudeville tourbillonnant, de funk diabolique, de reggae trépidant ou de bande son de polar sombre qui font exploser le cadre du blues conventionnel. On est entraîné dans un savoureux tourbillon sonore par lequel on se laisse happer sans se débattre. Cet enregistrement puissant, chaleureux et troublant, diffuse un souffle étourdissant. Ça pète le feu à chaque titre, tout est joué avec une grande ferveur et la prestation très tonique nous plonge dans une atmosphère assez débridée.
Gilles Blampain