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Chroniques CD du mois Interview: BONEY FIELDS Livres & Publications
Portrait: BIG WALTER HORTON Interview: WHODUNIT Dossier: CHANCE RECORDS
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

SEPTEMBRE 2018

Ana Popovic
Like it on top

Genre musical: Blues funky
Label : ArtistXclusive records
Distributeur : SOCADISC

Ana Popovic a enregistré ce nouveau CD à Nashville. La tonalité générale est funk et l’énergie dégagée est assez puissante. Belles lignes de basse, orgue et section de cuivres et bien sûr de superbes envolées de guitares aériennes. Les invités se nomment Kenny Wayne Shepherd, Robben Ford et Keb Mo qui s’est aussi chargé de la production. Les atouts de la réussite sont donc tous réunis en une seule main. Ana Popovic signe 8 compositions sur les 10. Le thème central de l’album est celui des femmes qui dans le monde d’aujourd’hui surmontent les obstacles et font sauter les verrous sexistes pour atteindre le sommet dans la vie sociale, professionnelle et familiale. La chanteuse à la voix claire et intense salue également les hommes suffisamment motivés et éclairés qui les soutiennent dans leur quête d’exprimer le meilleur d’elles-mêmes. Un enregistrement dédié à la gent féminine par une artiste qui s’est imposée au fil des ans dans le peloton de tête de meilleurs guitaristes de sa génération, sans distinction de genre, et qui dit : « J'espère que ma musique inspirera les gens à motiver les femmes du monde entier à être énergiques, autonomes et couronnées de succès, et incitera les hommes à leur donner cette possibilité ». Une excellente production qui met en valeur la plénitude du son, la clarté de la note et la force de la rythmique.
Gilles Blampain

Big Brazos
La Part des Anges

 

Genre musical: Folk blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : Spotify, Deezer

Entre blues et folk des voix claires portées par de belles harmonies nous entraînent dans des contrées poétiques originales. Si les rapports amoureux inspirent les auteurs, l’écologie est aussi un sujet important, un cri d’alarme. Redessinant les contours d’une certaine tradition, Big Brazos dresse toujours le décor de cet univers qui lui est propre tout en gardant un regard aiguisé sur notre société. Avec un certain brio et un bon feeling Etienne Faïsse est au Dobro et à la basse, André Fougerousse à l’harmonica et Jérôme Travers aux guitares, mandoline, banjo, percussions et orgue. Ils chantent tous trois et nous livrent 10 compositions originales fidèles à une expression francophone revendiquée pour terminer néanmoins sur une reprise revisitée de ‘Drifters Wife’ de JJ Cale. De son propre aveu, le trio se voit comme une entreprise familiale restant fidèle à la musique du « peuple » sous toutes ses formes. Les atmosphères sont légères pour soutenir des propos qui ont du sens. Petit bonheur ou chagrin du quotidien, chaque chanson raconte une histoire, une tranche de vie. Entre espoirs et désillusions, cette part des anges qui évoque la volatilité des bons alcools vieillissants rappelle sans doute que les sentiments aussi sont parfois insaisissables mais que rien n’est jamais totalement perdu.
Gilles Blampain

Big Harp George
Uptown cool

 

Genre musical: Blues jazzy  
Label : Blues Mountain records
Distributeur : CdBaby, Amazon, iTunes, BlueBeat music

Troisième album et déjà presque un mythe, Monsieur George est un artiste hors du commun. Toujours tiré à quatre épingles, la classe vocale d'un crooner, cet harmoniciste a la particularité de jouer sur un harmonica chromatique, ce qui dans le monde du blues est exceptionnel. Ce n'est pas quelqu'un qui tire la couverture à lui, pas de grandes démonstrations, mais plutôt un partage de ses compositions où chacun peut s'exprimer ce qui n'empêche pas des solos brillants et inspirés. Deux autres souffleurs brillantissimes sont en garde rapprochée. Le saxophoniste Michael Peloquin et le tromboniste Mike Rinta. On continue avec la dream team. Chris Burn tient les claviers, Alexander Pettersen la batterie, Joe Kyle et Kid Andersen la basse. Ce dernier tient aussi la guitare tout comme Little Charlie Baty. N'oublions pas les percussions assurées par D'Mar. Avouez qu'il y a du beau monde. Bien que blues, une certaine coloration jazzy est donnée à cet album par l'utilisation du chromatique et la permanence des cuivres. On y trouve quelques rythmes latins dansants 'I Wanna Know', 'Standing In The Weather', 'Just Calm Yourself' où dans ce dernier la voix puissante de Loralee Christensen donne le change à George. Une petite touche de classe est d'utiliser quelques mots de français dans le funky 'Internet Honey' avec ses solos de trombone et de saxo. Les arrangements sont fins et léchés. Il ne serait pas étonnant que cet album reçoive des récompenses. Affaire à suivre... et de près !
César

Billy Hector
Someday Baby

 

Genre musical: Blues, funk, rock.  
Label : Ghetto Surf Music
Distributeur :
iTunes, www.billyhector.com

« Le trésor vivant du New Jersey » c'est ainsi que certains critiques ont baptisé Billy Hector qui en plus de trente ans de carrière a réalisé seize albums et a tourné en tant que guitariste avec Hubert Sumlin et Joe Louis Walker. Sous des airs tranquilles, ce type est une véritable machine à vous faire bouger, impossible de rester de marbre à l'écoute de ce CD dont la réalisation a fait appel à cinq bassistes et cinq batteurs différents, à un clavier (David Nunez) et une section de cuivres du plus bel effet. Il fallait au moins ça à ce maître guitariste qui sait faire fumer sa Telecaster à chacun des treize titres de cet album. Onze compos et deux classiques arrangés aux petits oignons 'Alabama Bound' avec l'aide de Denis Gruenling à l'harmo et la voix de Suzan Lastovica et 'On Your Bond', deux titres sur lesquels Billy Hector caresse la slide. La grosse machinerie funk est de sortie avec 'Butt Naked And Funk' où la Talk box fait une apparition remarquée. L'orchestration de 'Hit The Road' fait penser à Screamin' Jay Hawkins et celle de 'Creeper' à Hendrix mais avec des cuivres qui étincellent. Quand on écoute 'Moonlight In Her Eyes' on décèle un peu de Led Zeppelin ou de psychédélique avec sa section de cordes qui prend une tournure orientale sans que le rythme rock ne cesse avec la guitare qui miaule par-dessus tout ça. Avec 'Bareback' on sent qu'il a le feeling texan à la SRV, ça va vite et intensément. Outre être un très bon guitariste, Billy Hector est un arrangeur au top ce qui donne une dimension supérieure à ce disque.
César

Brigitte Purdy
Still I Rise

 

Genre musical: Blues, soul, funk, jazz     
Label : Dirtshack records
Distributeur : CdBaby, Amazon, iTunes

Cette native de Los Angeles est une chanteuse née qui peut passer du moindre souffle à la tempête sans que ses qualités vocales en soient altérées. Elle a fait le conservatoire Dorothy Chandler à L.A. et Paul Rodgers l'a employée en tant que choriste dans différentes tournées. Pour cet album, elle a pu se reposer sur le savoir-faire de Dave Osti pour la production et les parties de batterie, de basse et de guitare acoustique. Pour couronner le tout, Kenny Neal a été invité à poser son harmonica sur le bouillonnant titre d'ouverture 'Hoodoo'. S'en suit une ballade à tendance Gospel 'Be The Light' où l'amour du prochain est au cœur du sujet. 'Home Is In My Heart' se tourne vers le Texas blues. C'est Michael Fell qui tient l'harmonica sur 'My Kind Of Blues' titre court et entraînant. Alors que, pour suivre, le titre lent 'Last Time' prend une tournure solennelle avec l'orgue de Drake Shining et nous offre une facette plutôt pop de la chanteuse. On attaque le funk avec 'Get It Understood' et les morceaux s'enchaînent jusqu'au dixième avec, il faut le dire, un hommage à BB King et sa guitare 'Lucille Don't You Weep', magnifique titre R&B avec comme il se doit une belle partie guitare. Brigitte Purdy a de l'Etta James en elle, de l'Aretha Franklin, elle sait faire passer l'émotion et la voie (voix) royale lui est ouverte. C'est une grande.
César

Bruce Katz Band
Get Your Groove !

 

Genre musical: Soul’n’blues jazzy 
Label : American Showplace Music
Distributeur : MVD

Bruce Katz, l’homme de Baltimore, joue du piano depuis plus de soixante ans : autant dire que nous n’avons pas affaire à un pintadeau du printemps, et Gregg Allman, l’un de ses innombrables compagnons de scène, ne se trompait pas lorsqu’il affirmait que « ce type sait tout interpréter, du jazz au blues en passant par Jean Sébastien Bach ». Un invité de marque a rejoint les membres du groupe aux Showplace Studios de Dover, New Jersey, pour enregistrer trois pépites avec eux : rien moins que Jaimoe, le batteur fondateur du Allman Brothers Band. En conséquence, la maîtrise technique et artistique, tous protagonistes confondus, atteint sur cet album un niveau époustouflant, chacun parvenant à s’exprimer en mode aléatoire, loin des conventions, de l’attendu et de la routine, façon free, sans jamais perdre des yeux le thème mélodique à triturer. Au final sont ici proposés onze morceaux, alternance d’instrumentaux et de pièces chantées par le guitariste Chris Vitarello, qui font la part belle aux chorus novateurs, complantés de ruptures rythmiques et d’insolites sorties de gammes faisant parfois écho à une musique quasi-progressive, tel ce ‘Freight Train’ saturé d’orgue bondissant et d’envolées de Hofner façon carpaccio de six cordes à se damner la face !... Quel que soit le tempo retenu, le bon groove blues, soul ou rock’n’roll est au rendez-vous. Le bain de Hammond B3 confère aux titres les plus lents une réelle intensité dramatique, fond de sauce dans lequel s’épanouissent le plaisir d’improviser, les émotions contenues, la création désaxée. Comme quoi les musiciens les plus talentueux savent marier le respect de la tradition, notamment sur la structure des compositions, et la démarche baroque leur permettant de s’arroger quartier libre quand sonne l’heure des soli surréalistes. Voilà donc une œuvre dense, lumineuse, très subtilement mixée, dont le son plein, la richesse inspirée et la liberté jazzy vont réjouir les amateurs de Bel Ouvrage.
Max Mercier

Buddy Guy
The Blues is Alive and Well

 

Genre musical: Blues ! 
Label : SILVERTONE
Distributeur :
SONYl

Si vous vous demandez pourquoi Guy pose devant un panneau Lettsworth, googueulez son portrait Wikipédia. 53 ans plus tard, après cette explication, revenu de toutes les défaites et de toutes les conquêtes, Guy s’est posé sur le perchoir doré de Silvertone, et s’y balance depuis presque 30 ans. Le gros de sa carrière se concentre là en définitive. A intervalles réguliers il sème ces colis de plus en plus funèbres et contenant toujours de bonnes choses, parfois inattendues. Dans celui-ci on trouvera bien une wah-wah plus funky, un jump tachycardiaque, mais Guy campe surtout sur des blues lents et mélodieux magnifiquement chantés, arrangés comme s’il n’y en aurait plus jamais d’autres, quelques uns bercés par la brise de Muscle Shoals, et des blues-rock agressifs, un style dont il est un peu l’inventeur. Finies les piailleries expressionnistes des années 80, finis aussi ces écorchés de Strato plus sauvages que beaux. Chant et jeu, aujourd’hui Guy s’épanche avec décence, il ne laisse déjanter sa gratte qu’en fin de chanson. Les échotiers du rock auront leur comptant d’énurésies avec ‘Cognac’ (les guitares de Guy, Jeff Beck et Keith Richards), ‘You Did The Crime’ (l’harmo de Mick Jagger) et ‘Blue No More’ (la voix de James Bay), mais les meilleurs moments du disque sont ces méditations angoissées, ‘A Few Good Years’, ‘The Blues Is Alive And Well’, où Guy est inégalable, et cette plongée vers les racines qu’il entame six titres avant la fin, avec ‘Nine Below Zero’, ‘Ooh Daddy’ (le fameux jump), et qu’il termine sur ce qui semble bien être une superbe chute de studio de 0’57, Guy seul à la guitare : ‘Milking Muther For Ya’. On aurait tort de croire que les vieux lions sont la risée des chiens. Guy a plus de 80 ans et chausse du 153. Il gagne une pointure à chaque nouvel album.
Christian Casoni

Damon Fowler
The Whiskey Bayou Session

 

Genre musical: Soul cool, rock cool, country louisianoïde cool  
Label : WHISKEY BAYOU RECORDS
Distributeur : Amazon, iTunes

Damon n’est plus un débutant et n’en est pas à son premier album, lui qui a prêté sa guitare aux grands noms du rock sudiste. Le plus inattendu, avec ce type qui affiche tous les dehors du musicien américain viril, plutôt bien en chair, casquette de redneck et petit bouc, c’est son chant clair, délicat, mélodieux, plutôt soul. Cet excellent album à la longueur parfaite, produit par Tab Benoit, tourne gentiment, imperturbable, mais avec beaucoup d’assurance et, finalement, pas mal de culot. Il a été enregistré à Houma, Louisiane, aux studios Whiskey Bayou, et ça s’entend plus d’une fois dans le bouquet de styles qui le composent, rock cool, soul tempérée sur des riffs doucement funky, country cajun, presque-zydeco, et même Delta rock (‘Ain’t Gonna Rock With You No More’), tenus ensemble par cette voix berçante et cette unité d’exécution devant beaucoup à l’attelage réduit qui constitue le groupe : un trio rock aiguisé au fil, et à son mixage limpide, économe en effets de table. Difficile de tricher dans ces conditions ; il faut être vraiment bon. A signaler : une splendide ballade folk dépressive, intitulée ‘Candy’. Derrière Damon : Justin Headley à la batterie, Todd Edmunds à la basse, et Tab Benoit de temps en temps, qui vient placer quelques guitares.
Christian Cason
i

Dennis Jones Band
WE3 Live

 

Genre musical: Blues, rock 
Label : BLUE ROCK RECORDS
Distributeur : CdBaby, iTunes, Amazon

Pour son sixième album, le trio de L.A. a souhaité proposer une image de ce qu'est le groupe en concert, lui qui a passé le plus clair de son temps sur la route pour porter bien haut l'étendard du blues électrique durant ces quinze dernières années. Les fans seront ravis. Les deux acolytes de D.J. ont déjà participé à certains des albums précédents et sont vraiment à leur place. Avec Sam Correa à la guitare basse et Raymond Johnson à la batterie, le pack est au top, l'électricité est dans l'air et au niveau du ressenti on se trouve entre SRV et Henrix. On trouve des clins d’œil à ce dernier dans la reprise de 'Born Under A Bad Sign' de Booker T. La wah wah et la voix de Dennis Jones rappellent celles du défunt génie gaucher de Seattle. Sur le solo du country-boogie-rock effréné et bien nommé 'Hot Sauce', on retrouve cette influence hendrixienne. D'ailleurs dans la chanson 'Passion For The Blues', pendant près de huit minutes, Jones rend hommage à toutes les icônes du blues qui ont nourri son style, et à côté, en soutient le binôme basse/batterie construit une base solide et ciselée. Du Texas blues avec 'I'm Good' et 'Don't Worry About Me' titre dans lequel la guitare discute vite et bien. Du funk avec 'Enjoy The Ride' aussitôt suivi par un rythme de samba sur 'You Don't Know A Thing About Love'. L’album riche et varié d'un artiste au top. Du vraiment beau boulot pour qui aime le blues vitaminé.
César

Eric Lindell
Revolution in your heart

 

Genre musical: Multisonore  
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

C’est incontestable, Eric Lindell fait partie de ces artistes dont l’aisance s’allie à l’élégance. Pour cette production superbement soignée il s’empare d’à peu près tous les instruments : guitares électriques et acoustiques, basse, synthétiseur, orgue Hammond B3, harmonica. Les congas, le tambourin et la batterie sont dévolus à Willie McMains et le seul autre musicien du disque est Kevin McKendree au piano sur la chanson ‘Millie Kay’. Eric Lindell avec son style toujours riche de saveurs variées mêle blues, rock californien, rhythm’n’blues d’inspiration New Orleans et country mâtinée de Memphis soul. Il signe toutes les compositions de cet enregistrement et pour les textes puise son inspiration dans ses souvenirs d’enfance, la famille, l’amitié, l’amour. Sa voix chaude et expressive soutenue par une musique étonnamment fraîche et excitante construite sur de belles mélodies et un groove inaltérable nous entraîne dans des ambiances mélancoliques ou joyeuses qui varient au gré des plages. Expressif et touchant le bonhomme qui a une certaine classe va à l’essentiel et ne brode pas inutilement puisque les 12 titres sont envoyés en 37 minutes chrono.
Gilles Blampain

Eugene Hideaway Bridges
Live In Tallahassee

 

Genre musical: Blues, Soul  
Label : ARMADILLO RECORDS
Distributeur : CADIZ MUSIC LTD

Son papa a allumé le feu, et lui, entretient la flamme. C'est pour cette raison que ce disque est dédié à la mémoire de son père, le guitariste Hideaway Slim disparu en 2015. Eugene, grâce à lui, a été bercé par le blues, a grandi avec le gospel et perpétue la tradition avec brio, entrain et expression. Ceux qui étaient présents ce 11 août 2017 au Bradforville Blues Club à Tallahassee, Floride, ne diront pas le contraire. Une soirée, un enregistrement et pas de bidouillages. David Webb était aux claviers, Kelpie McKenzie tenait la guitare basse et Pat Manske la batterie. Au résultat, 79 minutes de bon blues dont dix-sept compos qui riment avec bonheur plus une reprise. Le tranquille 'Sweet Little Angel' de BB King qui dure plus de huit minutes entre les mains de Monsieur Eugene. Quelques autres morceaux lents sont proposés 'Good Old Days', 'Don't Call It Supper' et 'I'll Be A King' qui aurait fait un malheur dans les soirées dansantes à l'heure du slow. Sinon, tout prête à battre la mesure en tapant du pied ou en claquant des doigts, le charisme le feeling et la technique faisant le reste.
César

Fuck Sh*t up !
The Great Art of the Northern Lopsided laboratory

 

Genre musical: Punk 
Label : KEBRA'S RECORDS
Distributeur : https://records.patkebra.org

Fuck Shit Up! (soit en gros, bousiller tout ce qui bouge, tirer dans le tas) est une bande de hooligans soniques français honorant leur patronyme avec ce EP de 4 titres qui laisse l’auditeur en état de stress post traumatique après première écoute. Si le punk US des années 90, le hard rock et le métal font partie des influences revendiquées, on pense aussi au défricheur de son cinglé Jim Thirwell, aka Jim Phoetus, one-man-band théâtral pote avec les Nick Cave et autres mavericks australiens et américains du post punk 80’s, dans cette capacité à la juxtaposition de styles et aux ruptures de rythmes, voire aux légendaires et précurseurs Chrome de San Francisco pour le côté expérimental et industriel. Ce blitzkrieg inclut collage musicaux surréalistes, guitares abrasives et métal, et rythmiques oppressantes. Des petits gimmicks sonores apportent un humour bienvenu au projet, second degré revendiqué par le titre du EP, The Great Art Of The Northern Underground Lopsided Laboratory, The Very First EP Of FuckShitUp ! qui fait écho aux grandes heures des noms d’albums aux titres extravagants. Des soli de guitares métallo-industriels permettent à l’auditeur de reprendre son souffle avant reprise immédiate des hostilités. En bonus pour les survivants, les riffs de guitares essentiels et le groove de ‘Let’s Lose Control’ donnent irrésistiblement l’envie de se lever et de jouer frénétiquement de l’air-guitare, et justifient à eux tout seul l’achat de ce CD 4 titres. Fuck Sh*T Up ! se sort donc brillamment de cette prise d’otage musclée grâce à un sens de l’humour et de la dérision qui donne une respiration à l’entreprise de démolition systématique de votre oreille interne.
Laurent Lacoste

Gina Sicilia
Heard the Lie

 

Genre musical: Blues, country  
Label : BLUE ELAN RECORDS
Distributeur : Amazon, iTunes

Puristes du blues, passez votre chemin. Par contre si vous aimez les voix qui modulent, qui montent fort et descendent tout aussi vite en tapant dans tous les styles, Gina Sicilia fera votre bonheur. On est ici dans le registre de l'americana, de la soul, de la country alternative. Gina n'est pas exclusivement une blueswoman, c'est une chanteuse qui a du coffre. En écoutant le boogie-rock tranquille et entraînant 'Sugar' je ne peux m'empêcher de penser à Elvis Presley. Sa manière de chanter avec ce léger tremblement dans la voix et la mélodie accrochante y participent. Pas mal de ses compos et de ses reprises sont un habile mélange de country, de blues et de pop, 'I Do Bad Things' et 'Growing Dim' en sont des exemples. Avec 'How Many Times' on est entre gospel et soul. Le blues mâtiné de gospel est pour 'Man In The Sky'. L’interprétation de 'Ready For Love' de Bad Co prend ici une tournure chaloupée à la Santana. Invitée sur ce huitième album, Janiva Magness a coécrit 'Brighter Day' et bien sûr, chante avec Gina cette chanson faîte pour être fredonnée. En tout onze titres à apprécier si vous aimez les femmes qui ont du souffle.
César

Jeremiah Johnson
Straitjacket

 

Genre musical: Blues sudiste  
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Evidemment on pense à Sydney Pollack et Robert Redford, mais il n’y a pas de hasard, ce prénom lui a bien été donné par son père car il est né l’année de sortie du film, en 1972. Voilà deux décennies que Jeremiah Johnson use ses cordes de guitare et forge son chant sur les scènes des clubs de Saint Louis et au-delà, et si son nom n’est pas encore très connu de ce côté de l’Atlantique il a déjà enregistré 4 albums avant celui-ci. Son style plonge dans le southern-country-rock en déployant une belle puissance de jeu. Il est entouré de Frank Bauer (saxophone et chant), Tom Maloney (basse) et Benet Schaeffer (batterie). Cet enregistrement a été fait dans les conditions du live au Texas sous la houlette de Mike Zito qui intervient sur le titre final et seule reprise ‘Rock & Roll Music To The World’ d’Alvin Lee. Sinon la set liste dévoile 11 compositions originales qui vont du rock râpeux au funk-blues brûlant. L’artiste puise son inspiration dans son vécu, ses hauts et ses bas et les cicatrices que ça laisse. Mais il ne manque pas d’humour pour autant et chante : « j’ai évoqué le vaudou, on m’a demandé où j’étais allé, si j’avais trop bu, qu’est-ce que j’avais fumé et on m’a mis une camisole de force (straitjacket)… ». L’âme du Sud anime cette production et le souhait de Jeremiah Johnson est « …que ce disque donne envie aux gens de faire un voyage émotionnel ». Pas de problème il a un son qui déchire avec du punch et un bon feeling.
Gilles Blampain

Jérôme Mardaga
Raid Aérien

 

Genre musical: Post rock, electro
Label : GRAN VIA
Distributeur : SPOTIFY

Une fois n’est pas coutume, ce mois-ci, je sors des sentiers battus pour vous faire partager une découverte déconcertante et vraie. Jérôme Mardaga, ex Jeronimo a laissé de côté son pseudo, mais aussi le style pop-rock qui l’a fait connaître pour nous livrer un album puissant et noir à souhait. Dans Raid Aérien, Jérôme Mardaga renoue avec ses affinités pour les transes post-punk ou électro. Il en ressort une musique entêtée et oppressante telle une machine qu’on ne peut arrêter. La voix anodine et les textes (plutôt des phrases flash) positionnent le narrateur en victime ou en observateur impuissant d’un monde qui devient fou. Par moment, tu imagines une caméra qui filme juste après l’explosion au métro Maelbeek et c’est cette musique que tu entends. Pesante et désabusée ! Même le silence après... Et ces textes, comme des instantanés de vie arrachés aux cadavres ou aux survivants groggy ! Un excellent, mais discret travail de production parachève le concept. Du grand art ! Et sans chauvinisme aucun, on notera qu’à cet excellent travail de production, a participé Jean-Charles Cremers, membre de notre staff de chroniqueurs mondains ! Qu’il est gai de prendre la peine de s’ouvrir à d’autres expériences quand c’est pour tomber sur une telle pépite ! Je ne peux que vous conseiller le voyage.
Robert Bolaers

Johnny & The Headhunters
That's All I Need

 

Genre musical: Blues, rock, R&B...
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby, Spotify

Cc Johnny là me fait penser à un autre Johnny dans l'approche qu'il a, concernant les titres de ce CD. Je pense à Johnny Rivers. Quasiment que des reprises de tous bords arrangées de telle manière que l'on y retrouve un son commun avec un feeling blues en permanence. Il en résulte un album dansant au bonheur communicatif. Le genre de disque que l'on met en boucle dans le lecteur pour un long voyage. 'That's All I Need' de Magic Sam débute cet album avec un ressenti à la Creedence. Magic Sam est à l'honneur car le classique 'All My Whole Life' est aussi au nombre des reprises. Johnny Ticktin a aussi pioché chez Donovan pour 'Watch And Chain' où sur un rythme saccadé à la Bo Diddley, il partage sa voix avec celle de Liz Springer. On trouve du Link Wray avec l'instrumental indémodable et envoûtant 'Ace Of Spades'. Le boogie-rock 'Rock'Em Dead' de Lowell Fulson vous fera enfiler les creepers et inviter votre belle sur le parquet ciré de la piste de danse surtout qu'après ce morceau arrive 'Shake Your Money Maker' d'Elmore James et le rythme s'intensifie et la slide obligée vous fait tourner la tête. 'Collin's Mambo' instrumental qui clôt cet album est tout aussi intense et rend hommage au fameux Albert Collins. On peut faire confiance à ce guitariste qui a joué avec Louisiana Red, Sunnyland Slim, Eddy Taylor et d'autres pointures de cette trempe.
César

Keith Stone With Red Gravy
Blues With A Taste Of New Orleans

 

Genre musical: Blues épicé
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : http://www.keithstonemusic.com/store

Comme ils se plaisent à le dire, les Néo-Orléanais appellent la sauce tomate de base, la Red Gravy. Dans ce cas, le groupe a sa propre interprétation de la recette et on a tendance à demander du rab. Pour son premier album, Keith Stone avait fait appel à un grand nombre de musiciens et ce fut une réussite. Pour celui-ci, le second, le voici en leader d'un groupe qui sonne comme s'il était formé depuis longtemps. Tom Worell y est pour quelque chose car c'est lui qui tient les claviers, qui a arrangé et produit l'album. Le batteur percussionniste est Eddie Christmas qui tape avec finesse, le bassiste est Kennan Shaw. La plupart des dix titres concoctés par le chef Stone, constituant le menu, ont un goût de Nouvelle Orléans. ‘Something In The Water' ainsi que 'Red Gravy' et leurs rythmes épicés amènent du sourire, de la bonne humeur. 'Aint That The Blues' qui sert d'entrée voit l'adjonction de la slide de Brent Johnson pour relever la sauce. Pour suivre, c'est la grosse basse bien ronde qui est un fondement inébranlable sur le quel peuvent évoluer les musiciens pour le funk 'Love Done Put Me Down'. Même plan pour 'Time To Move On' qui a pour invité le grand Jimmy Carpenter au saxophone que l'on retrouve dans deux autres titres. Le swamp 'You Ain't Got Nothing' et le tendre 'Crazy In Love With You'. En chef charismatique, Keith Stone sait s'entourer de la bonne brigade pour assaisonner son blues des épices nécessaires et qu’il soit à point et savoureux. Garçon ! Remettez-nous ça, s'il vous plaît !
César

Mat Walklate
Sea Of Blues

 

Genre musical: Blues variés  
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby, iTunes, Amazon

A travers cette nouvelle production faite de 10 créations originales et une reprise, ‘River Of Jordan/Get Ready’, l’homme de Manchester embarque sur une mer de blues aux horizons multiples. En solo, en duo avec son complice Paolo Fuschi à la guitare ou en formation plus large, Mat Walklate joue un blues aux humeurs variées. Dynamique, détendu, mélancolique ou joyeux, teinté de reggae, traditionnel, rock ou boogie, son blues ne fait pas dans la demi-teinte et ne laisse pas indifférent. Dès la première chanson (‘Could Have Been’) on est happé par le rythme et la tension ne retombe pas avant la fin du CD. Maître harmoniciste (diatonique ou chromatique), son jeu brillant n’a rien à envier à ses grands prédécesseurs. On peut aussi l’entendre à la flûte et aux percussions et sa voix chaude est plutôt agréable à l’oreille. L’ensemble de l’album dégage une belle ferveur. Rien n’est banal dans cet enregistrement tant au niveau des atmosphères que des mélodies. Ce disque est plein de moments intenses et forts, il est pétillant, rafraîchissant, vivifiant. Un bel exercice où tout est finement ciselé. Que ce soit de manière explosive ou tout en retenue, la finesse de l’exécution est toujours lumineuse, le frisson passe et c’est bien le principal.
Gilles Blampain

Russ Green
City Soul

 

Genre musical: Blues, Rhythm and blues  
Label : CLEOPATRA RECORDS
Distributeur : Amazon, iTunes, Spotify

Le tout premier album de Russ Green, City Soul, démarre sur les chapeaux de roue. Le premier titre, 'First Thing Smoking', nous emmène à toute vitesse à la découverte de la Chicago natale de l'artiste qui veut nous la faire découvrir en musique. Ville tantôt dangereuse, comme le prouve le riff efficace de 'The Edge', tantôt envoûtante, comme le témoigne le sensuel 'Believe In Love', où l'orgue Hammond, joué par Joe Munroe, trouve une place de choix. L'harmonica, joué par Russ lui-même, est mis à l'honneur tout au long du CD. Ses solos furieux et les ornements nerveux qui l'accompagnent n'ont rien à envier aux guitares et témoignent de la passion du musicien. Ce n'est pas une balade géographique, c'est un voyage temporel à travers l’œil du bluesman : 'Going Down South' nous invite d'ailleurs à aller avec lui à la rencontre de ses racines, retrouvant justement un aspect du blues plus traditionnel alors que 'Lover Man', un peu plus funky, et 'Something New' nous font taper du pied. Russ joue un blues qui vient du cœur, à grands renforts d'influences soul et groovy. Russ Green nous présente un premier album très prometteur, et l'on a hâte d'entendre le prochain !
Marion Braun

Shemekia Copeland
America's Child

 

Genre musical: Blues, soul, rock et plus  
Label : ALLIGATOR
Distributeur :
SOCADISC

Sa maternité en 2017 a suscité de la part de Shemekia Copeland bien des interrogations sur l’état de la société d’aujourd’hui. Ce nouvel enregistrement est le fruit de ses réflexions. Elle évoque le chaos et l'incertitude du monde tout en trouvant néanmoins de la joie autour d'elle. America's Child va au-delà du blues et de l'americana, avec des touches de rock, de soul et de country. Shemekia Copeland qui est sans conteste l’une des plus grandes voix du blues livre chaque chanson avec une véritable passion. Avec ‘Americans’ elle dessine une Amérique aux contours et aux couleurs multiples. A travers ‘Smoked Ham And Peaches’ avec Rihannon Giddens au banjo elle s’interroge sur la recherche de la vérité et de la tranquillité au pays de l’oncle Sam. En reprenant la composition de son père ‘Promised Myself’ qui parle des aléas des rapports amoureux elle est carrément sublime et elle est parfaitement légitime et convaincante quand elle chante (I’m)In The Blood Of the Blues’. Quant à sa version de ‘I’m Not Like Everybody Else’ des Kinks qu’elle revisite à sa façon, c’est une réelle affirmation de sa singularité. Et pour terminer sur une note de douceur pour son fils elle clôt le disque avec une berceuse ‘Go To Sleep Little Baby’. Entourée par un groupe de musiciens au top Shemekia Copeland a convié, comme pour donner encore plus de lustre à cette superbe production, quelques invités de marque : John Prine, Mary Gauthier, Emmylou Harris, J.D. Wilkes, Steve Cropper... Produit par Will Kimbrough qui joue également de la guitare sur tous les titres, l'album a été enregistré à Nashville.
Gilles Blampain

The Little Red Rooster Blues Band
Lock Up The Liquor

 

Genre musical: Blues millésimé
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby, iTunes, Spotify

Le Little Rooster Blues Band est un groupe qui a de la bouteille, au propre comme au figuré, si l'on en juge par la jaquette du CD et par la date de formation du band (1988). Trente ans de carrière, forcément, ça se fête, d'où la sortie de ce septième album contenant une quinzaine d'originaux dans un style somme toute assez classique Chicago et West coast. Ces vieux briscards ont le chic pour faire danser l'auditoire autant que leur tirer une larme. Ils ont pour nom Kevin McCann au chant et à la guitare, Jeff Michael à la basse, Bob Holden aux fûts et le très bon harmoniciste Dave Holtzman qui prend le micro sur deux titres avec sa voix légèrement éraillée 'Trouble In The Jungle' et 'Six Strong Men'. Un petit plus non négligeable, est l'invitation lancée à deux musiciens de renom qui sont ; le maître harmoniciste Steve Guyger qui accompagna pendant une quinzaine d'années Jimmy Rogers sur le titre dégoulinant d'un feeling poisseux '4 O'Clock In The Morning' ainsi que le pianiste Anthony Geraci qui s'exprime sur une huitaine de morceaux avec aisance, comme s'il était partie intégrante du groupe depuis longtemps. A noter un tribute endiablé à James Cotton 'Cotton Mouth' et 'Nothin' Left Between Us', titre lent de plus de sept minutes où Holtzman fait pleurer son harmonica. Bref, faîtes sauter le bouchon pour ce trentième anniversaire et que la musique coule à flots.
César

The Record Company
All Of This Life

 

Genre musical: Blues-rock roots, folk stoogien, entre autres  
Label : CONCORD RECORDS
Distributeur : UNIVERSAL MUSIC

Encore un trio d’Amerloques en uniforme redneck : l’inévitable casquette pour vider des canettes, l’inévitable petit bouc pour conduire le camion. La Record Company (ils auraient pu trouver mieux, quand même) en est à son deuxième album, et nous voici de nouveau confrontés à l’insipide terme d’americana, qui sonne comme une variété de pizza quatre-saisons. Concernant ce disque, l’expression recouvre une série de transes folk solidement rythmées par une section massive, du blues-rock roots, de la hill country vaguement grunge, peut-être un poil de blunk, du rock’n’roll terreux (pas si garage qu’on le décrit : ‘I’m Getting Better’, ‘Coming Home’), quelques jolies ballades, dont une mélodie promenant un lointain souvenir des Beatles (‘You And Me Now’), et même une belle extase pop-folk (‘Goodbye To The Hard Life’). Les trois rednecks, aux souliers néanmoins bien cirés et aux jeans bien ajustés, s’appellent Marc Cazorla (batterie, claviers, chant), Alex Stiff (bassiste, guitariste, chanteur, producteur), Chris Vos (guitariste, harmoniciste, chanteur principal faisant merveille avec sa voix solide, majestueuse et sentimentale). All Of This Life, enregistré à Hollywood, n’est pas l’album le plus révolutionnaire du deuxième semestre, mais il n’est pas anodin du tout, et rien ne pêche en lui. Il joue le rôle des bons disques, tient parfaitement les kilomètres de bitume, accentue légèrement la pression artérielle, excite les hanches et les genoux.
Christian Casoni

Tom Hambridge
The Nola Sessions

 

Genre musical: Blues from N.O
Label : SUPERSTAR RECORDS
Distributeur : Amazon, iTunes, CdBaby

Non seulement Tom Hambridge vient de fournir une quinzaine de chansons et a tenu la batterie sur tous les titres du nouvel album de Buddy Guy, mais il sort également son propre disque avec treize morceaux au programme. Créateur infatigable, excellent batteur, chanteur de qualité et producteur de génie, T.H, sur ce coup-là, a été inspiré par la Nouvelle Orléans (NOLA) et a donc « embauché » quelques locaux, et pas des moindres, à se joindre à l'aventure. Je veux citer Ivan Neville et son Hammond B3, Sonny Landreth et sa slide reconnaissable entre mille et enfin Allen Toussaint dont c'est l'un de ses derniers enregistrements avant son décès en 2015. C'est lui qui tient le micro et le piano dans le swinguant titre d'ouverture 'Blues Been Mighty Good To Me'. C'est après un entraînant 'Bluz Crazy' qu'est joué l'irrésistible 'This End Of The Road' en trio. Batterie/chant par T.H, basse par Tommy MacDonald et à la slide, bien sûr, Sonny Landreth. On retrouve ce dernier dans d'autre titres. 'Little Things', 'Whiskey Ghost' qui est sorti il y a quelques années sur un album de Buddy Guy et 'Me And Charlie' avec toujours ce son envoûtant de guitare propre à Sonny Landreth, le slydeco. Joyeux et festif, 'I Love Everything' voit the Naughty Horns apporter un côté fanfare au titre alors que pour le suivant 'What You Leave Behind', ils amènent une touche solennelle avec en plus le B3 d'Ivan Neville. A noter aussi la chanson genre gospel vitaminé 'Save Me' qui nous ramène à l'époque des Mad Dogs and Englishmen où les trois McCrary sisters s'en donnent à cœur joie. Le disque se termine sur un court morceau intense 'Faith' avec pour accompagnement guitare, basse et violoncelle. Pas d'ennui possible avec cet album plein de vie.
César

Tomislave Goluban feat. Toni Starešinići
Velvet Space Love

 

Genre musical: Blues de l'espace, musique électronique
Label : SPONA
Distributeur : CdBaby, Deezer, Spotify, iTunes

Pour son neuvième album, le croate Tomislav Goluban s'allie à son compatriote pianiste de jazz et compositeur Toni Starešinić. Très éloigné de la dimension loufoque et bon enfant des précédents disques de Tomislav, Velvet Space Love fonctionne comme un voyage sonore : il n'y a qu'à fermer les yeux et se laisser porter dans une autre galaxie. L'atmosphérique 'Space Drive' expérimente par exemple avec différents sons qui semblent effectivement venir d'une autre planète. L'harmonica sur 'My Jupiter Mistress' s'allie au son délicat du piano et l'on a tôt fait d'imaginer les aventures intergalactiques que les deux artistes peuvent bien nous raconter.
Si l'absence de chant tout au long de l'album est compensée par les lignes d'instruments mélodiques, la présence de la soprano Josipa Lončar sur 'Hypersleep Dream' confère à la chanson une atmosphère onirique et la fait se démarquer des autres. A celle-ci suit parfaitement l'inquiétant '10_9_3'. Le très jazzy 'The Busiest Woman I've Ever Loved' s'accompagne de cuivres, faisant de ce morceau le plus « terrien » de l'album. L'ajout des remix à la fin du CD ne semble pas pertinent pour les trois pistes, mais la reprise de 'Man With A Harmonica' d'Ennio Morricone est à la fois surprenante et réussie. Si vous planifiez de partir en road trip dans l'espace, alors Velvet Space Love est fait pour vous !
Marion Braun

Vanessa Collier
Honey Up

Genre musical: Blues funk
Label : PHENIX FIRE RECORDS
Distributeur : www.vanessacollier.com

Face au pilonnage des, hum, « artistes R&B », débitant de la musique au kilomètre, apparaît heureusement une génération de jeunes chanteuses autrement authentiques, plus sensibles à la qualité musicale qu’au son clinquant du tiroir-caisse. Sari Schorr, Carolyn Gaines, Mattiel, et aujourd’hui Vanessa Collier, toutes attachées aux racines plutôt qu’aux rythmes synthétiques. Vanessa Collier n’est pas tout à fait une inconnue, elle qui a rejoint Buddy Guy on stage, accumulé les distinctions (Blues Music Awards, ce genre) et publié jusqu’ici deux albums, Heart, Soul And Saxophone (2014) et Meeting My Shadow (2017). Une femme qui ne manque pas de ressources : auteur-compositeur-interprète, elle manie aussi la six cordes, et pratique le saxo depuis l’âge de neuf ans. Non contente de composer tous les titres – à l’exception du ‘Love Me Like A Man’ de Chris Smithers, elle se permet également de produire cet opus - roots bien sûr mais aussi plein de fraîcheur. La voix ample, intemporelle, impressionne sur ‘Icarus’. Sur tout l’album, en fait, qu’elle aborde le blues pur (‘Love Me Like…’), l’habille de couleurs New Orleans -‘Sweatin’ Like A Pig, Singin’ Like An Angel’ (!!) - ou de funk bon teint (‘Honey Up’, ‘Percolatin’’, montés sur ressorts). Ça groove sévère tout du long (mention spéciale également à la section rythmique, Nick Trautmann (basse) / Nick Stevens (batterie), et ceux qui ne succombent pas à ‘The Fault Line’ n’ont pas de cœur, c’est dit !       
Marc Jansen

Wily Bo Walker
Almost Transparent Blues

Genre musical: Blues, rock, soul, americana 
Label : MESCAL CANYON RECORDS
Distributeur : CdBaby, Amazon, iTunes

Wily Bo Walker est un brasseur de genres qui garde toujours le blues en finalité. Natif de Glasgow, mais introduit à l'US Blues Hall of Fame, cet auteur compositeur manie excellemment bien la chansonnette grâce à sa voix rocailleuse et puissante. 'Chattahoochee Coochee Man' qui ouvre la liste des onze morceaux donne vraiment envie d'en savoir plus, avec son boogie gorgé de cuivres qui n'arrêtent pas de monter en puissance et qui donnent des ailes à la guitare de Geoff Sattler ; c'est gagné d'avance. 'Loan Me A Dime' arrive juste après et calme vraiment le jeu avec son côté aérien pour nous tuer avec un solo de guitare de Ed Brayshaw. On retrouve ce brillant guitariste sur d'autres morceaux 'I Want To Know' qui fait penser à du Chris Rea et 'Storm Warning' au tempo plus entraînant, guitare solide et piano qui ne lâche rien. Le dobro et la mandoline sont au programme de 'Motel Room' de Loudon Wrainwright III pour ce titre quasi acoustique si ce ne sont les solos de guitare. Ça balance avec nonchalance avec du cuivre et des chœurs pour 'Did I Forget’ et ça explose avec 'Long Way To Heaven' genre Mad Dogs and the Englishmen avec sections cuivres et cordes énormes et pour chœurs les Brown Sisters du Chicago Gospel Choir. 'Moon Over Indigo' et sa patte jazzy voit Wily Bo hurler sa détresse à la lune avec en fond la trompette de Kenny Rampton qui alourdit l'ambiance et le trombone de Danny Flam qui enfonce le clou. Le chanteur arrive à la hauteur d'un Tom Waits avec 'Light At The End Of The Tunnel'. Dans cet album, la sensibilité est palpable, c'est du grand art.
César