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09/17
Chroniques CD du mois Portrait: WILLIE MABON Livres & Publications
  Dossier: EXCELLO RECORDS  
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

SEPTEMBRE 2017

Altered Five Blues Band
Charmed & Dangerous

Genre musical: Blues, rock
Label : BLIND PIG
Distributeur : Amazon, iTunes...

Si l'on additionne une des plus belles voix mâles actuelles dans le domaine du blues (Jeff Taylor) à un guitariste au jeu fluide et inventif, (Jeff Schroedl) cela nous donne le noyau d'un des meilleurs groupes du moment, à savoir Altered Five Blues Band. Formé il y a une quinzaine d'années, A5BB a su grimper les échelons de la reconnaissance, jusqu'à être signé, pour cet album, sur le prestigieux label Blind Pig records. Cette formation est un quintette qui regroupe également l'excellentissime batteur Tom Hambridge qui est aussi le producteur de cet album, le bassiste Mark Solveson ainsi que le claviériste Raymond Tevich. Le CD ouvre avec le titre éponyme 'Charmed & Dangerous'  effectivement accrocheur et dévastateur où dès les premières secondes on se doute que c'est dans la poche. La guitare et la voix nous emmènent loin, bien soutenues par les trois autres compères. Le 'Mint Condition' qui suit n'est pas en reste pour ce blues bien pêchu qui fait battre la mesure, de même avec 'Three Forks' qui est une libre adaptation de 'Crossroads'  de Robert Johnson avec de nouvelles paroles, un tempo bien marqué et l'adjonction de l'harmonica virevoltant de Steve Cohen, invité que l'on retrouve dans 'She's Still Crazy' un morceau nerveux où la discussion entre l'harmo la guitare et l'orgue bat son plein. Peu de moments tranquilles dans cet album si ce ne sont 'Look What You Made Me Do', 'Eighth Wonder' et 'Cookin’ In Your Kitchen', où l'on sent quand même une tension palpable, les dix autres titres oscillant entre blues béton et soul balaise grâce à ce tandem guitare/voix qui fait toute la personnalité de ce groupe. Ce CD m'accompagne partout.
César

André Cymone
1969

 

Genre musical: Soul, rock, funk
Label : LEOPARD
Distributeur : SOCADISC

Bassiste, compagnon de scène et de studio de feu Prince, André Cymone est à présent le guitariste du band New Power Generation. Avec cet album solo dont il signe avec talent les 12 titres, il jette à 59 ans un regard militant sur son époque. En écoutant 1969 où se mêlent soul, rock et funk, le son des seventies s’impose. ‘We All Need Something’ qui ouvre le disque rappelle Jimi Hendrix, ‘California Way’ fait resurgir les années hippies et n’aurait pas choqué dans la bande son du film Easy Rider, quant à ‘It’s Rock’n’Roll Man’, ce titreaurait pu trouver sa place sur Exile On Main Street des Stones. C’est un flashback nostalgique où la rébellion s’imposait plus dans les rues que sur les réseaux sociaux. Après 50 ans de lutte, d’espoir et de changements, André Cymone fait un amer constat : « À l’époque, les droits civiques étaient quelque chose de très important. Il y avait les Black Panthers, et aujourd’hui on a le mouvement Black Lives Matter. Les deux sont liés. Richard Nixon faisait la guerre à la drogue et dans mon quartier on avait l’impression qu’il était surtout en guerre contre notre communauté. Aujourd’hui, c’est au tour de Donald Trump qui est en guerre… contre à peu près tout ». Certaines forces rétrogrades ternissent l’image de l’Amérique mais la contestation est toujours vive. Un bel album dont la production est également du fait d’André Cymone.
Gilles Blampain

Andrew Chapman a.k.a JoJo
Well it's about time

 

Genre musical: Blues, rock
Label : UPSLAND RECORDS
Distributeur : SELECT-O-HITS

A l'origine de ce projet, une vieille amitié entre deux hommes. Andrew Chapman, chanteur, et le bassiste Terry Wilson. Ces gars-là jouaient dans une formation des seventies baptisée The Bloontz avec un album à leur actif, et puis Chapman, las du business musical, s'est retiré du jeu mais a gardé le contact avec ses amis musiciens. Quelques décennies plus tard, les types fouillent les fonds de tiroirs, écrivent quelques titres et sortent cet album en ayant pris soin de contacter le batteur de l'époque Tony Braunagel, les claviéristes John Bundrick et Jeff Paris ainsi que le guitariste Billy Watts. Il en ressort un résultat au-delà des espérances d'Andy Chapman dont la voix est restée intacte. Le titre d'ouverture, 'That's The Kind Of Day That I Had Today', ainsi que 'Still Got The Message' font penser à du Little Feat. On est dans un registre plus rock avec 'Face Of Love' et sa rythmique bien marquée, on frise la pop avec 'Plane From Paris’ et 'The Feet And The Feel' qui aurait pu être interprété par Billy Joel. On trouve quand même des titres bluesy  'She Don't Mess With My Buzz' avec la slide de Billy Watts que l'on retrouve dans 'Still Got The Message'. Au final, c'est un album avec treize compositions très variées qui ne satisfera sûrement pas les puristes du blues mais qui est bien réalisé et reste cependant agréable à écouter. A vous de voir... ou d'écouter pour vous faire une idée.
César

Automatic City
Bongoes & Tremoloes

Genre musical: Tropical garage blues
Label : STAG O LEE
Distributeur :
www.automaticcity.net

Dans la foulée du très roots One Batch Of Blues, les lyonnais d’Automatic City nous proposent cette fois un album d’inspiration plus exotique : Bongoes & Tremoloes. Ne nous y trompons pas, on est loin des colliers de fleurs et des pulpeuses vahinés ! Ce sont des rythmes caribéens et des percussions tribales qui sont intelligemment intégrés à un blues sauvage et spontané. L’album est constitué, d’une part,  de compositions originales et, d’autre part, de reprises (revisites) inspirées : ‘I Wish I Would’ de Billy Boy Arnold, ‘Crawfish’ issu du film King Creole avec Elvis Presley, ‘Havana Moon’ de Chuck Berry, ‘Going Down South’ de RL Burnside, ‘Satisfied’ de Billy ‘The Kid’ Emerson et ‘Mellow Down Easy’ de Willie Dixon, mais la version est, à mon avis, plus proche de celle de Little Walter. Le mélange entre reprises et compositions originales est cohérent. Le groupe propose des sonorités et des arrangements personnels et identifiables. Les guitares crasseuses cohabitent avec des instruments singuliers tels la sanza, le sitar électrique ou le theremin. Je dois bien avouer qu’à l’énoncé de cet étrange mélange, j’ai craint le pire. Et pourtant, tout cela est savamment dosé et crée une ambiance plus qu’intéressante qui n’est pas sans rappeler le somptueux Wicked Grin de John Hammond. L’album a été enregistré en prise directe, ça se sent et ça sonne vrai !
Malgré les références, la démarche proposée est résolument moderne, elle ajoute à ces dernières  une atmosphère envoûtante et hypnotique qui leur sied à ravir.
Robert Bolaers

Cory Seznec
Backroad Carnival

Genre musical: Franco-américain-africain folk rock blues
Label : CAPTAIN POUCH RECORDS
Distributeur : Deezer, CdBaby

Corentin 'Cory' Seznec est un franco-americain qui vient du folk. Ce second disque, après 3 années passées en Ethiopie, a été produit avec tous les souvenirs ramenés du continent africain. Bien sûr, Cory n'en est pas à son premier coup d'essai, puisque son premier album Beauty In The Dirt était déjà fait de ce métissage musical traversant aussi ses autres formations : Groanbox, Seznec Bros, MistO-MistO, Damakase. Le gars est un bosseur !
Backroad Carnival commence par une valse hantée 'Picayune Baliverne' qui donne tout de suite le ton : cet album sera plus fouillé que le premier. Une guitare évoquant les déserts américains, on pense à Calexico, voire Tom Waits. L’harmonica de David Chalumeau mène la danse sur le très funky blues 'Sell You My Soul', Daniel Mizrahi déchire le paysage d'un solo de guitare bien vif. 'Hawk On A Haystack' avec son banjo et la pedal steel de Paolo Conti, passe des Etats-Unis à l'Afrique en un tour de main. Le grand moment du disque est assurément 'Tattered Flag'. De l'afrobeat qui bizarrement me rappelle, par sa production, la fusion des Talking Heads en son temps ! Purement exaltant ! Suit un blues slidé et joyeux, 'Pigeon Man'. On y retrouve un peu le Ry Cooder des 70's comme sur le gospel blues 'Let It All Go' dominé par un banjo ou 'God Will Change Your Situation Barbershop'. L' acoustique 'Zanzibar' est tout en finger-picking, et fait le pont entre l'Europe Occidentale et l'Afrique Orientale tandis que l'on va s'arrêter, en rumba, chez 'Colette Bar & Restaurant' pour une petite collation en français.  L'album se termine sur un traditionnel irlandais, 'The Parting Glass'. Disque de voyages, Cory réussit ici un mélange original de picking guitare, banjo, de funk blues et de couleurs africaines.
Juan Marquez Léon

Greg Sover 
Songs of renegade

Genre musical: Rock, blues
Label : GROUNDED SOUL
Distributeur : Amazon, CdBaby, iTunes

J’ai tout de suite trouvé qu’il avait une bonne gueule, moi, Greg Sover, avec sa veste « Sergent Pepper » et sa Stratocaster rouge. Impression positive confirmée à l’écoute des trois premiers morceaux de l’album ! 'Moment’ balance un bon six-huit, évoquant un Otis Redding survolté, suivi de ‘Heroes’, puissant, dans l’esprit rock américain des années 80, avant d’enchaîner sur le très « Bo Diddleysque » ‘Preacher’ … Bref, vous l’aurez compris, un album très éclectique, tel que Greg aime à se définir lui-même, mais marqué par sa voix aux accents soul et ses soli de guitare, toujours bien sentis, qui ponctuent chacune de ses chansons et donnent une cohérence à l’ensemble. Auteur-compositeur-interprète, guitariste autodidacte, l’un de ses proches affirme qu’à l’âge de cinq ans, Greg préférait regarder des vidéos de Jimi Hendrix que les émissions enfantines à la télévision. Après avoir bourlingué dix ans dans la « Philly Area » où il est né, des petits clubs en trio acoustique aux premières parties d’artistes confirmés, Greg Sover sort enfin son premier album : Songs Of A Renegade. Il est accompagné par les expérimentés : Garry Lee à la basse, qui produit également cet album, Tom Walling (batterie), Wally Smith (claviers), et Allen James (guitare), qui constituent habituellement le backing band de Deb Callahan. On sent un effort de production particulier sur deux morceaux : l’inévitable, mais néanmoins très réussie ballade, ‘Say Yeah’ et la reprise du classique ‘Ain’t No Sunshine‘ de Bill Withers. Pour l’anecdote, un titre de chanson en français ‘Déjà Vu’ (prononcez « déjà vou ») qui chaloupe très Caribéen. Un bon album, à découvrir !
Jean Charles Cremers

Hamilton Loomis 
Basics

Genre musical: Blues, rock, funk
Label : HAM-BONE MUSIC/BLIND PIG
Distributeur : shop.hamiltonloomis.com/

Un truc est sûr, c'est que ce garçon aime bien les rythmes funk et adopte une approche blues-rock dans ses compositions et c'est ce genre d'artiste qui peut amener de nouveaux aficionados au blues chez les jeunes. Il a eu la chance de naître au Texas dans une famille de musiciens, avait accès aux instruments et eut comme mentor un certain Bo Diddley qui lui a enseigné, outre la musique, la simplicité et la générosité. Nous avons donc là, un album qui correspond aux deux qualificatifs précités. Hamilton Loomis Joue de la guitare, de la basse, de l'harmonica et des claviers et à fait appel à Armando Aussenac pour tenir les baguettes, Sabrina LaField pour des parties de basse et à Fabian Hernandez au saxophone qui a un jeu genre Groover Washington junior. 'Sugar Baby' le titre qui ouvre cet album a une histoire particulière. Il a été écrit en hommage au « CHI », organisation dédiée aux recherches concernant l'Hyperinsulinisme dont son fils est atteint. La guitare est nerveuse et électrique le rythme est primitif, quelques parties d'harmonica nous rappellent que l'on est au rayon blues. Autrement dit, ça dépote. 'If I Would've' est un des morceaux qui peuvent rameuter la jeunesse dans les rangs des blouseux, une larme de blues, une cuillère de rock, une autre de funk et une pincée de pop. Pour le titre suivant 'Candles And Wine' vous remplacez la cuillère de funk par une de soul. Quelles que soit les recettes, ce type est un mélodiste à la voix claire et bien placée ce qui donne de la fraîcheur à ses compositions. 'Ain't What It Ain’t' est un titre qui fait taper du pied et fait pour la scène, grosses guitares et harmo saturé. 'Getting So Big', ballade tranquille permet quelques belles petites parties de guitare, tout comme dans l'éthéré 'Prayer'. Le dernier titre 'Funky Little Brother' est une tuerie à rallonge. Du vrai funk mais avec de gros riffs de guitare. Annoncé pour 5'46'', ce morceau s'arrête une dizaine de secondes au bout du compte et repart, oh surprise, pour pousser l'histoire à onze minutes avec des solos d'orgue, de basse, de batterie, du genre : « c'était pas prévu mais on s'est éclatés alors on vous l'offre ». Généreux, les types !
César

Joakim Tinderholt
Hold On

Genre musical: Rhythm rockin' blues
Label : BIG H RECORDS
Distributeur : www.rhythmbomb.com

Après avoir, il y a trois ans, sorti un premier album sensationnel You Gotta Do More, Joakim Tinderholt nous propose son dernier né Hold On qui confirme l'impression positive laissée par son premier opus. D'ailleurs les plus grands festivals européens ne se sont pas trompés en le signant. Ceci étant dit, ce sont les mêmes musiciens qui l'accompagnent, autant dire la crème du blues en Scandinavie. Le bassiste est William ‘Bill’ Troiani, le batteur Robert Alexander Petersen et le guitariste Håkon Høye. Pour info, ce sont les musiciens du Billy T Band groupe d'Oslo a qui on ajoutera le pianiste Kjell Magne Lauritsen et sur trois titres, le saxophoniste Kasper Skullerud Vaernes. Joakim Tinderholt a la voix parfaite pour chanter ce style de blues, de r n' b mâtiné de rock vintage, il sait donner la pulsation nécessaire à ce style de musique. 'Jungle Bo' est une tuerie dans le plus pur style Bo Diddley y compris la sonorité. Deux titres sont entièrement signés par J.T, 'Anything Is Better Than Nothing' qui swingue en diable avec une guitare précise et claire et 'I Quit' qui aurait pu être un tube des années cinquante. Ce type doit mettre le feu partout où il passe. Le titre qui ouvre le bal est une reprise nerveuse et entraînante de Ike Turner 'Trouble Up The Road' où l'on entend que le garçon n'y va pas à l'économie quand il chante « U Got To Looooooose », c'est un loup qui hurle et sa version de 'Number 9 Train' de Tarheel Slim est une locomotive sous pression. Le disque idéal pour vous faire oublier que vous rentrez de vacances et qu'il va falloir aller au charbon.
César

Johnny Oskam
In my shadow

Genre musical: Blues-rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby, iTunes...

Peu connu du grand public, ce jeune homme mérite d'être découvert si on aime le blues-rock. Encensé par des artistes comme Coco Montoya, Walter Trout ou Jonny Lang, Johnny Oskam sort son deuxième album dans lequel on trouve neuf compositions et où l’on devine un guitar hero qui se dessine. Bien qu'ayant commencé sa vie musicale par la chorale et l'écriture, c'est lors d'un concert de Jonny Lang qu'il a eu la révélation : « Je veux jouer du Blues ! », et depuis, il s'y attèle et s'en sort plutôt pas mal aidé par ses compères Marc Encabo à la guitare basse, Katin Burns à la batterie et Kyle Schafer aux claviers.  'Badlands' le premier titre se situe entre Deep Purple et Led Zeppelin avec une grosse montée en puissance pour attaquer le morceau suivant 'Deep In My Bones' où le jeu de guitare démontre que le type aime bien S.R.V. Vient le tour de 'Turn The Key' qui nous rapproche du Southern rock. 'Hold Your Tongue' avec son tempo pachydermique bien tenu par la section rythmique sur lequel la slide saturée fait son travail nous amène gentiment vers 'Waiting For The Rain' qui avec 'I Want You To Stay' et 'Limbo Lane' sont les trois titres plutôt sages de cet album ce qui n'empêche pas la guitare de s'exprimer et qui nous permet de remarquer que Johnny Oskam a du talent pour chanter. Le morceau de bravoure étant le bien nommé 'Devil's Comin' avec plus de sept minutes au compteur et son côté Hendrixien psychédélique qui sans coupure enchaîne avec 'Drag Your Own' hypnotique et enflammé. Ce garçon ne fait que commencer sa carrière et s'il continue comme ça... Hou là là !
César

Johnny Ray Jones
Feet Back In The Door

Genre musical: Blues, rhythm and blues, soul    
Label : MoonDogg records
Distributeur : www.moondoggrecords.com

On est ici en présence d'un gros son comme savent le produire les Américains. Une sorte de force tranquille sans paillettes ni tape à l’œil et ce n'est que le premier album de ce Johnny Ray Jones également baptisé « the Godson of Soul ». Avec un surnom comme celui-ci, on peut se poser des questions. Ce chanteur à la voix profonde et parfois légèrement chevrotante a eu pour maître de chant Sam Taylor et, l'épouse de Percy Mayfield était sa marraine. Il a chanté avec Big Joe Turner et bien d'autres, ce qui vous assoie une réputation. En 1995 il a commencé à enregistrer quelques titres pour un album qui ne s'est jamais fait et comme il a de la suite dans les idées il a réuni ses musiciens de l'époque et a sorti Feet Back In The Door. Johnny Lee Schell tient la guitare, Mike Finnigan s'occupe, bien sûr, de tout ce qui est claviers, Joe Sublett est le saxophoniste de cette formation, Tony Braunagel en est le batteur et James Hutchinson le bassiste. Pour certains titres, une section de cuivres vient épauler Joe Sublett et Coco Montoya et Jimmy Powers font des apparitions autant dire que cette galette est bourrée de feeling. 'I'm A Bluesman' de ZZ Hill, 'Hearts Have Turned To Stone' de Leon Russel, 'A Certain Girl' d'Allen Toussaint, 'Hole In Your Soul' de Sam Taylor sont quelques-unes des neuf reprises parmi les dix titres qui jalonnent le sillon de ce CD. La seule composition de Jones étant 'In The Heart Of The City' qui dégage un peu de vague à l'âme au contraire du reste des morceaux qui sont plutôt entraînants comme ce 'Love Itis' popularisé il y a environ quarante ans par le J. Geils Band. Un bon CD pour battre la mesure de la première note à la dernière.
César

Juju Child
The power of me

Genre musical: Soul-blues
Label : PAPA RO
Distributeur : Music/Film&Entertainment LLC, Soundcloud, iTunes…

Il a fait languir ses fans, mais le voilà de retour avec un album de très belle facture. L’inspiration ne lui a pas fait défaut et l’originalité est de nouveau au rendez-vous. Avec une touche toute personnelle, Juju Child, confirme sa place dans la lignée de compositeurs-interprètes comme Isaac Hayes ou Stevie Wonder. Dans ses textes il aborde des thèmes intemporels comme l’amour mais parle aussi de faits de société comme le déclassement social. Dans une production très soignée, il nous livre 11 titres aux ambiances assez variées, riches de feeling et de rythmes. Un enregistrement constitué d’une trame de soul, d’une pointe de blues, d’un soupçon de reggae, d’un trait de jazz, pour soutenir une voix chaude et grave. Juju Child puise avec bonheur à différentes sources et s’il maîtrise parfaitement blues ou funk il ne se prive pas d’aller voir plus loin, certains passages laissant entendre des échos venus des Caraïbes ou d’Extrême-Orient. Dans une savoureuse communion sonore, de scintillants éclats de guitares, des nappes d’orgue veloutées, une section de cuivres chaleureuse et de dynamiques percussions se mêlent dans de belles mélodies aux arrangements soignés pour soutenir une interprétation qui semble s’épanouir dans la décontraction. L’ensemble est plaisant et brillant, et ce nouvel album distille vraiment de bonnes vibrations.
Gilles Blampain

Karen Lovely
Fish Outta Water

Genre musical: Blues-rock saupoudré de folk
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : Amazon, iTunes & Bandcamp

A l’évidence, une fille enchaînant ainsi les nominations et les victoires dans les concours de blues depuis presque dix ans mérite toute notre attention. Passion solaire, morphologie impressionnante, infaillible énergie, Karen Lovely ravaude sans relâche les scènes nord-américaines et européennes les bras chargés de morceaux explosifs et pénétrants. Fish Outta Water, son cinquième album solo, est un parfait concentré de ce que cette chanteuse de l’Oregon sait faire : douze pièces originales, du blues charpenté nature, mâtiné de rock et de folk, élevé en plein air dans l’humus des Anciens, soutenu par une voix puissante qui raconte la vie en couleurs, émois haute définition et son de qualité supérieure. Le spectre s’avère très large, à la fois pour les tonalités musicales et les thèmes abordés. Plusieurs chansons s’accrochent aux lenteurs scandées du Delta, entre le feu et la glace, cousues d’harmonica langoureux, basse plombée, frappé de fûts trempés à l’huile. De superbes compositions americana boostées à la strychnine surgissent au coin de la rondelle, mélodieuses en diable, habillées d’arpèges souples et de vigoureux accords d’orgue Hammond. Il y a aussi la brindille countrysante ‘Punk Rock Johnny Cash’ en hommage à l’Icône, jusqu’au socle beat’n’roll ‘Next Time’ paré d’un piano saloon à faire danser tout Portland. Et puis ‘Hades’ Bride’, création nodale embrasée par le violon d’Eric Gorfain, authentique torche d’émotion pure. Au final, voilà un disque fort en caractère, frais, racé, ancré dans la tradition et ouvert au modernisme le plus séduisant. Karen la Sauvage, la Sensuelle, la Novatrice, accompagnée de ses excellents musiciens, y met son cœur, son âme, ses envies, rivalisant sans complexe avec les grandes chanteuses blues’n’soul dont elle s’inspire depuis toujours, de Ma Rainey à Bessie Smith en passant par Janis Joplin. Ce qu’elle propose aujourd’hui est splendide : l’auditeur se voit offrir le bonheur de naviguer en terrain connu tout en découvrant à chaque plage un univers inexploré. Un tour de force en somme.
Max Mercier

Lew Jetton & 61 south
Palestine Blues

Genre musical: Blues, rock
Label : COFFE STREET RECORDS
Distributeur : CdBaby, Amazon, iTunes

Pour la petite histoire, Lew Jetton a rejoint 61 South en 1994 en tant que guitariste et en est devenu rapidement le leader. Il a appris le blues, adolescent, en travaillant dans les champs de coton et deux de ses mentors sont Carl Perkins et l'harmoniciste Snooky Pryor. Pour cet album, Lew Jetton a choisi de travailler en formation restreinte avec ses musiciens habituels, Erik Eicholtz le batteur et Otis Walker le bassiste de 61 South. Vient se greffer sur deux titres puissants l'harmoniciste J.D. Wilkes qui était déjà invité sur l'album précédent. Un boogie du diable qui ouvre l'album 'Will I Go To Hell' et un rock qui balance 'Sold Us Out'. Le tout chanté avec une voix directe et puissante. La belle pochette de Palestine Blues volontairement usée n'inspire pas la joie avec cette photo de cimetière au lever du jour, et pour cause, dans les dix compositions qu'elle renferme le compositeur y chante une partie de son passé. Dix années où l’alcool, la drogue, la dépression et quelques autres bricoles du genre sans emploi étaient son quotidien. Monsieur Jetton peut se permettre de chanter le blues et sa guitare le comprend et l'accompagne de belle manière. Ecoutez 'Don't Need No Devil' au tempo lent ou ce 'Christ Have No Mercy' au rythme lourd et à la prière déchirante, et vous comprendrez ce que je vous dis. Souvent la guitare est bien électrique et saturée, sauf sur le vaporeux 'Drinking Again' qui calme le jeu. Palestine, pays historiquement sacré et terre de conflits, est aussi le nom d'une ville des States où a vécu Lew Jetton, raison pour laquelle il a choisi Palestine Blues pour cet album plein de sensibilité et de vécu.
César

Red Beans & Pepper Sauce
Red

Genre musical: Blues-rock
Label : CROSSROAD PRODUCTION
Distributeur : www.redbeansandpeppersauce.com

Le titre annonce la couleur. Le signal est dans le rouge et la pression ne retombe que 46 minutes plus tard quand l’album prend fin. C’est un tourbillon au tempo fougueux, une explosion de décibels, de bonnes sensations et de beaux frissons. Red c’est rouge comme le désir, la révolte, rouge comme la passion, rouge comme le sang, comme la vie, mais aussi rouge comme une zone dangereuse. Avec ce nouvel enregistrement Red Beans & Pepper Sauce reste dans un registre musclé mais il semble que la pression augmente encore d’un cran et que le turbo est mis. Le band nous sert un blues-rock accrocheur, puissant, nerveux, brûlant, sensuel. Red, c’est un son intense pimenté par moments d’une pincée de funk, adouci à d’autres par un zeste de soul. Avec une égale ardeur, mêlant puissance et feeling, Jessyka Aké au chant, Laurent Galichon à la guitare, Serge Auzier aux claviers, Denis Bourdié à la basse et Niko Sarran à la batterie vibrent à l’unisson pour envoyer comme une giclée de lave 10 compositions originales. Et comme la musique est un partage, ils ont invité Pierre Andissoa à poser quelques lignes d’un harmonica incendiaire à différents endroits. De chaque titre il se dégage une puissance renversante, chaque note étincelle et l’émotion déborde. Un groove d’enfer ! Un enregistrement top niveau dispensé par un band dynamique et enthousiaste. La production est soignée avec une excellente qualité sonore et un emballage au visuel ‘saignant’.
Gilles Blampain

Rick Estrin & The Nightcats
Groovin’ in Greaseland

Genre musical: Blues et plus encore
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Avec eux, c’est du brut, du sauvage, avec la classe en plus. Le genre de mecs qui jouent avec leur âme et leurs tripes. Rick Estrin est au chant et à l’harmonica avec des solos étincelants, Kid Andersen joue de la guitare en envoyant des riffs ensorcelants ainsi que de la basse, Lorenzo Farrell, magicien des claviers, est à l’orgue, au piano ou au synthétiseur, et Alex Pettersen est à la batterie. Des musiciens que certaines revues US n’hésitent pas à qualifier de « fabuleux, remarquables et originaux » ou encore de dire « qu’on ne peut pas faire mieux ». Quelques talentueux amis se sont joints à eux pour ajouter selon les titres, des percussions, des cuivres ou pour faire les chœurs. L’enregistrement déroule 13 chansons originales, 11 sont signées Estrin (dont une co-écrite avec Andersen) et une Andersen et Farrell. Le groupe, qui se classe parmi les plus originaux, repousse les frontières pour distiller un blues façon Chicago ou West coast, dériver vers la surf music, réinventer le rock’n’roll ou s’échapper vers le jazz, tout cela avec un réel brio. Cet album joyeux et tonique qui dégage une éclatante énergie a été produit par Kid Andersen et Rick Estrin et a été enregistré au fameux Greaseland studio à San Jose, en Californie.
Gilles Blampain

Rob Lutes
Walk in the dark

Genre musical: Blues, Americana, folk   
Label : LUCKY BEAR RECORDS
Distributeur :
www.roblutes.com/walk-in-the-dark

Un univers particulier ressort de ce disque qui se situe au croisement du blues, de l'Americana et du folk. Non pas tout seul avec sa guitare, mais avec l'aide de quelques-uns des meilleurs musiciens Canadiens, Rob Lutes a pu mettre en valeur sa voix originale, voilée et harmonieuse pour ce septième album très musical dans lequel il suffit de se laisser guider. Ses complices sont le guitariste virtuose Rob MacDonald, Mark Nelson, batterie et percussions, Andrew Horton à la basse et puis, il y a de l'harmonica avec Guy Belanger, des claviers avec Bob Stagg et de la mandoline avec Joe Grass. Le coproducteur est Rob Heaney qui a enregistré et mixé, ce garçon ayant été plusieurs fois sacré meilleur ingé-son Canadien. Avec une carte de visite comme celle-ci, il est intéressant de jeter une oreille attentive sur cette galette fourrée de treize compositions car ce garçon a en plus, le feeling et la tranquillité d'un JJ Cale, le sens de la mélodie accrocheuse et des arrangements parfaits. C'est ce que l'on ressent dès le premier titre 'Little Room', mais ne nous leurrons pas, c'est du Rob Lutes. Des chansons qui coulent, fluides comme un ruisseau. Pour 'Pumping Love' la voix prend des intonations de Dr John sur le Wurlitzer de Bob Stagg et des guitares qui s'entendent à merveille. Quand on écoute 'I Am The Blues' on se rend compte que Rob Lutes est plus qu'un parolier, un vrai poète. Une slide légère, un piano discret un rythme douce, c'est 'Whistling Past The Graveyard'. 'Walk In The Dark', le titre éponyme, est une belle ballade qui réveille avec de l'orgue en soutient et des guitares bien claires. Lutes aime ce titre car il correspond à l'enregistrement de cet album qui s'est fait en trois jours, sans savoir ce qui allait en sortir. Juste une perle, merci monsieur Lutes. 'Spence' est un morceau d'exception où les deux guitaristes en acoustique s'en donnent à cœur joie pour un bluegrass bien senti. Le violon de Josh Zubot, la contrebasse de Rob Fahie accompagnent la guitare sèche et la slide pour un country-blues bien ficelé, c'est 'Rabbit'. En tout, treize titres qui ne peuvent laisser indifférents. Si vous ne connaissez l'homme, je vous encourage à le faire.
César

Scott Ellison
Good morning midnight

Genre musical: Blues, rock
Label : RED PARLOR RECORDS
Distributeur : iTunes..., Amazon

Ce guitariste, chanteur, songwriter est originaire de Tulsa, Oklahoma et connaît la musique depuis longtemps avec pas mal d'albums à son actif, des titres joués dans des films et des séries télévisées. Il nous propose là un panel de compositions où son énergie rock vient amplifier le blues qu'il nous propose. Une armée de musiciens que l'on trouvait sur son précédent album a participé à l'enregistrement de ce CD. Six batteurs, quatre claviéristes, quatre bassistes et quelques autres musiciens se sont succédés pour soutenir Scott Ellison qui, comme d'habitude s'est adjoint, pour la coproduction et l'écriture de quelques titres, l'aide de Walter Richmond. Le disque ouvre avec une puissante locomotive qui balance, 'Sanctified' où la voix du chanteur Chris Campbell fait merveille, pour les autres titres, c'est Monsieur Ellison qui chante aussi bien qu'il manie le médiator et ce, quel que soit le style qu'il aborde, que cela sonne rock 'Tangled', jazzy avec un accompagnement cuivres et piano 'Wheelhouse', reggae avec pédale wah wah 'Hope And Faith'. Sur les treize titres de cet album, une reprise, 'Last Breath' d'un autre artiste de Tulsa, Steve Pryor qui arbore une couleur sud avec son tempo lourd. Grâce à environ deux cents concerts par an, Scott Ellison peut  restituer l'énergie de ses prestations dans ses enregistrements comme le brûlant 'Another Day In Paradise' sans concessions ou le slow blues 'Gone For Good' et ses papillonnages guitaristiques sur fond d'orgue et cuivres. Musique riche et bien mixée, ce neuvième album est encore une réussite.
César

Scottie Miller Band
Stay above water

Genre musical: Blues, r'n'b
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
www.scottiemiller.com/music.htm

C'est du blues, pour sûr, mais moderne, joué avec une énergie rock et des références à la Nouvelle Orléans et des influences funky et gospel, mais de toute façon ce type est aussi bon auteur, compositeur, chanteur que musicien. Il faut dire que c'est lui qui accompagne Ruthie Foster lors de ses tournées. Pianiste, organiste, mais aussi maîtrisant parfaitement la mandoline, Scottie Miller nous offre une douzaine de compositions parfaitement équilibrées où tout le monde peut y trouver son compte. Pour ce faire, une base solide constituée du bassiste Dik Shopteau et du batteur percussionniste Mark O'Day  est nécessaire pour soutenir les rythmes imposés par le patron. Le quatrième larron est le guitariste Patrick Allen et pour couronner le tout, une section de cuivres dirigée par le tromboniste Larry McCabe vient souffler le chaud sur deux titres 'Keep This Good Thing Going' et 'It's What You Do' où la voix de Miller fait penser à celle d'un certain Dr. John, alors que sur 'Stay Above Water' chanson où il tient la mandoline, on pourrait penser à Steve Earl. A noter que, Ruthie Foster vient faire les chœurs sur 'Keep This Good Thing Going', merci madame. Bien que basé dans le Minnesota, cette formation a le feeling musical chaleureux des états du sud 'It Better Groove' en est un des exemples. Un morceau empreint de calme et de sérénité 'Guardian Angel' vient calmer le jeu en milieu d'album et un autre du même acabit 'Goodbye' termine logiquement ce disque qui file la banane et fait tapoter des doigts sur le volant de ceux qui l'écoutent en conduisant. C'est du vécu.
César

Stacy Jones
Love is everywhere

Genre musical: Blues-rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby

Stacy Jones est une enfant du Northwest des Etats-Unis, sorte de creuset fondateur d’un blues-rock trapu et polychrome. Elle a enregistré ce septième album à Seattle, accompagnée de son groupe habituel, Jeff Menteer à la six cordes, Rick Bowen à la batterie, son père Tom Jones à la basse, elle-même assurant le chant et les parties d’harmonica, de guitare acoustique, Dobro, piano et orgue Hammond. Une poignée d’invités cinq étoiles les ont rejoints au Studio Litho, dont le légendaire harmoniciste Lee Oskar, joueur et fabricant d’instruments, ainsi que le saxophoniste Mike Marinig, incontournable sur la scène du Puget Sound dès qu’il s’agit de cuivrer les morceaux en les parant d’incandescences soul’n’roll. Le résultat est une œuvre dense, cohérente, marquée au fer d’un blues très personnel, enrichie d’incursions vers la musique country, le folk, le rock sudiste, jusqu’au jumping jazz grésillant avec ce ‘One Stop Light’ taillé pour calciner les dancefloors. Afin de ménager les sensations, le choix s’est porté sur une alternance de ballades mid-tempo et de parties plus énergiques dans lesquelles la bande laisse exploser ses talents individuels avec des soli tranchants, de superbes envolées électriques, des mélodies inspirées qui ne vous lâchent pas de la journée, l’ensemble étant tricoté sur un groove inimitable. La voix de la belle porte loin et accroche nos cœurs, quand bien même certaines montées dans les aigus semblent surjouées, mais la sincérité est toujours au rendez-vous. L’idée de cet opus est née au lendemain de la tuerie d’Orlando, pic de haine et d’intolérance qui a traumatisé l’Amérique au début de l’été 2016 ; de ce fait, en oscillant sans arrêt de la gravité la plus lucide à la légèreté tip top joyeuse, le propos de l’album creuse le sillon de l’Amour sous toutes ses formes, et personne n’infirmera la conclusion qu’en tire Stacy : rien ne peut se faire sans l’espoir en l’homme, les sentiments restant l’unique vraie source de lumière qui brille en haut de l’escalier.
Max Mercier

Steve Winwood
Greatest Hits Live

Genre musical: Soul Jazz Folk Rock
Label : Windcraft Rds/Modulor
Distributeur : Thirty Tigers/Differ-ant

J'avoue ne plus trop avoir écoutés les derniers disques du Steve. Production trop clean, trop FM, trop 80's. Cela ne l'a pas empêché d'en vendre des bennes entières. Le dernier disque studio acheté a été Arc Of Diver (1980), parce que son premier album éponyme (1977) me tient à cœur, et qu'encore aujourd'hui, je le considère comme son meilleur en solo. Et puis je me suis laissé tenter par le Live From Madison Square Garden (2009) avec Clapton, histoire de regoûter à certaines beautés de l'époque de Blind Faith (1969), de Derek And The Dominos (1970-71), de Slowhand ou de quelques reprises bien senties de JJ Cale ou Hendrix. Stephen Lawrence Winwood reste tout de même un sacré musicien, multi-instrumentiste, qui à l'âge de 15 ans commençait sa carrière au sein du Spencer Davis Group. Une sacrée voix soul aussi. Et puis il est le co-auteur de titres comme 'I'm A Man' ou 'Gimme Some Lovin' ; rien que pour cela il méritait de rentrer dans l'histoire. On ne compte plus le nombre de ses participations, dont la plus mémorable restera celle à l’Electric Ladyland (1968) de Jimi Hendrix ; l'orgue Hammond sur 'Voodoo Chile', c'est lui. Aujourd'hui, à 69 ans, il nous propose à nouveau un disque live issu de ses archives personnelles. Sauf erreur de ma part, tout cela est joué avec la même formation qui le suit depuis une dizaine d'années. D'où cette impression d'homogénéité, comme si tout avait été capté en un seul soir. Présentation des musiciens : José Neto, guitare. Richard Bailey, batterie. Paul Booth, vents et orgue. Edson Da Silva, percussions. Steve se chargeant de l'orgue avec basse au pied, de la mandoline, et de la seconde guitare. Écartons de suite ce qui ne va pas, mais alors pas du tout... Cette pochette ! Franchement pas attirant... pour le reste, le contenu, c'est clairement magnifique. Cette fusion de pop, rock, soul, folk, jazz, teintée de latino brésilienne fonctionne à merveille. Certains titres s'enchaînent, les développements sont sur des longueurs acceptables (les échanges orgue et guitare sur 'Low Spark Of High Heeled Boys'), alors que flûte ou mandoline apportent un côté irish sur d'autres. Autre bon point, pas de solo de batterie ici. Le groupe est bien en place et joue sans effets excessifs. La part belle des titres est à l'un des plus beaux groupes anglais des 70's, Traffic. Le reste est partagé entre le Spencer Davis Group et sa carrière solo. Une seule chanson qui n'est pas signée SW, le 'Them Changes' de Buddy Miles, et dont le batteur à la coupe afro avait également repris en son temps avec le Band Of Gypsies de Jimi Hendrix. La boucle est bouclée.
Juan Marquez Léon

Sugaray Rayford
The World That We Live In

Genre musical: Soul
Label : Blind Faith Records
Distributeur :
Differ-Ant

Imaginons la vie quotidienne au Vatican au 17ème siècle. Une concentration de cornettes, de la bure, des soutanes et autres tiares et une bonne paire de calottes. Les tours de ceinture des évêques épousent la forme des barriques de Châteauneuf du Pape, et la couperose des cardinaux dessine des réseaux plus denses qu’un plan de métro. Mais si on s’éloigne, vraiment loin. Que reste-t-il aux confins de l’empire chrétien ? Loin des burettes ? Des religions différentes, parfois polythéistes. Et, tout seuls, des putains de croisés au ventre plat, des missionnaires, burnés la main sur la crosse de l’épée. Qui ont une foi aveugle. Loin de Memphis, Chicago ou Detroit, vraiment loin, on trouve quelques soldats perdus de la Soul comme le lieutenant Drogo du Désert des Tartares. En France, c’est Ludo, le patron de Q Sounds Recording. En Italie, c’est Luca Sapio, avec le label Blind Faith Records. Il a produit Martha High l’an dernier, et cette année c’est le tour de Sugaray Rayford, chanteur de blues texan, pour lequel il édifie des cathédrales romanes solides et épurée comme l’antique. Tout l’album est superbe, et la voix de Sugaray pourrait remplir de larmes tous les bénitiers de Rome. Amen, brother.    
Cranberry Gordy

The Gordon Meier Blues Experience
Magic Kingdom

Genre musical: Chicago blues
Label : Reverberocket records
Distributeur : CdBaby

Cet album est baptisé Magic Kingdom. Le blues est un royaume magique, certes, mais le Magic est en hommage à Magic Slim qui fût une sorte de guide musical pour Gordon Meier, quant au Kingdom c'est en référence à Freddie King qui est l'autre monstre sacré du blues qui a décidé Gordon à suivre cette voie. Pour le coup, le garçon a bien fait de suivre ce chemin pour lâcher son énergie et sa rage de jouer. Une douzaine de morceaux parsèment ce CD, pour la plupart des reprises de belle facture. Freddie King, Jimmy Rogers, Johnny Otis, Muddy Waters, John Primer et quelques autres en sont les compositeurs. La voix de Gordon Meier est éraillée, plutôt dans le registre des graves et sa guitare est bavarde, passionnée, ce qui laisse entrevoir des concerts chauds de pur blues, surtout avec le line up présent sur l'album. Lester Veith le batteur et Mark Friedman le bassiste apportent l'assise nécessaire pour les longues phrases de guitare endiablées comme dans 'The Strumble' et 'In The Open' de Freddie King ou 'Buddy Buddy Friends' de Dr. Feelgood. Il faut noter les interventions du claviériste Tom Hammer et surtout celles de l'harmoniciste Dennis Gruenling qui propulse les titres dans lesquels il intervient dans une dimension supérieure. Très, très bon boulot. N'oublions pas les deux guitaristes invités, Dean Shot pour quelques rythmiques et Joe Taino qui dans deux titres nous fait profiter de sa slide, 'Stop Draggin' That Chain Around' de John Primer et, 'Just Keep Riding' qui est une des deux compositions de Gordon Meier. Du bon blues électrique, tout simplement.
César

The Halley Devestern Band
Keep On Playin'

Genre musical: Blues, rock
Label :
Devestunes & Li'l.T
Distributeur : CdBaby, Spotify, Tunecore

La plantureuse et atomique Halley Devestern à la tête de sa bande nous montre, d'après le visuel du digipack façon comics, que même en cas de fin du monde ils seront toujours en première ligne pour nous délivrer une musique costaude et sans concessions. Sa garde rapprochée est composée de Tom Heinig bassiste qui participe à l'écriture des titres, Rich Kulsar à la batterie et des guitaristes David Patterson et Steve Jabas qui touche aussi aux claviers. La puissance vocale de cette femme est impressionnante, on pourrait la comparer à celle d'une certaine Janis Joplin, sans en avoir le côté éraillé. Ce mini album de cinq titres débute avec 'Keep On Playin'' qui démarre à la manière de 'Come Together', mais les guitares sont plus acérées et le ton monte assez vite. 'Time For You To Light Things' peut être comparé aux hymnes de la Motown de la grande époque avec cette voix qui, haut perchée et avec véhémence, balaye tout sur son passage. 'Bangin''  calme le jeu. Cette ballade chaloupée n'empêche pas la chanteuse de modérer ses ardeurs. Pour 'Song In You', l'adjonction d'un clavier nous rapproche d'une soul musclée et on se rend compte que la Diva pourrait être qualifiée de « howleuse ». C'est déjà la fin avec 'Hit Twice' blues balaise avec slide incorporée. Avec ce cinq titres, The Halley DeVestern band confirme la belle impression que j'avais eue avec leur album précédent « Fabbo ! Boffo ! Smasho ! ».
César

The Isley Brothers - Santana
Power of Peace

Genre musical: Soul, funk, pop...
Label : LEGACY
Distributeur : SONY

On ne présente plus Carlos Santana et The Isley Brothers, (Ronnie et Ernie) qui ont influencé la musique populaire depuis les années 60. Carlos Santana est bien entendu à la guitare solo mais également à la guitare rythmique, aux percussions et aux chœurs, les frères Isley au chant, transcendant chaque titre avec leurs superbes voix aériennes. Santana apporte sa touche latin-rock quand les Isley impriment le funk. Leur association nous offre une virée musicale soul, funk, blues, rock, jazz et pop de belle facture. Dans une ambiance générale plutôt cool invitant à la détente, cet album est une succession de morceaux choisis que se sont réappropriés ces talentueux interprètes. Ils ont en effet décidé de reprendre des chansons rendues célèbres par The Chambers Brothers (‘Are You Ready’, ‘Love, Peace, Happiness’), Stevie Wonder (‘Higher Ground’), Billie Holiday (‘God Bless The Child’), Curtis Mayfield (‘Gypsy Woman’), Willie Dixon (‘I Just Want to Make Love to You’), Marvin Gaye (‘Mercy Mercy Me’)… 13 titres en tout. La seule création originale du disque, ‘I Remember’, a été écrite et est interprétéé par Cindy Blackman Santana. Un enregistrement qui selon les initiateurs veut porter un message d’espoir, d’amour et de paix.
Gilles Blampain

The Jon Spear Band
Hot Sauce

Genre musical: Blues varié
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby, FCC Clean  

Hot Sauce est d'abord un digipack dont on a envie de savoir ce qu'il contient tellement le nom est évocateur et la pochette réussie. Quand on sait que ce groupe a, par deux fois, été sélectionné pour concourir à l'International Blues Challenge et qu'il en a été une fois finaliste (cette année), alors, on se hâte de glisser le CD dans le lecteur, et... On n’est pas déçu du tout. Ce quatuor qui mêle plusieurs générations joue sous le nom de son leader Jon Spear, guitariste chanteur mais tout le monde compose. C'est Andy Burdetsky le bassiste, secondé par le producteur A. F. Waldeck, qui a composé le titre éponyme 'Hot Sauce' car celui-ci a pour hobby de faire pousser toutes sortes de piments. On trouve sur ce titre qui balance, le saxophone de Ron Holloway. Le second guitariste, Dara James, a écrit le morceau qui ouvre l'album 'Bottom Of The Bottle' dont le blues électrique a des airs de Bad Co. N'oublions pas le batteur, John Stubblefield, qui participe également aux chœurs. Avec le second titre 'Geographical Cure', on change complètement d'ambiance avec son rythme caribéen alors que suit 'Really Great Gig’ qui sonne rock’n’roll des origines pour conter les aventure du chanteur d'un groupe de rock. 'Pierre Jourdan', une histoire de fantôme de la Nouvelle Orléans est accompagné juste par une guitare acoustique et un dobro aux quels vient se greffer l'accordéon de Matty Metcalfe et le dernier couplet est en français. On saute comme ça de morceaux en morceaux en découvrant des ambiances différentes, pour finir sur 'Natchez Burning' en hommage aux plus de 200 personnes tuées lors de l'incendie d'un Club à Natchez en 1940. Ce titre débute simplement à la manière d'un gospel (chant et battements de mains) et se termine avec une guitare électrique saturée et torturée. Séquence émotion.
César

Tony Marlow 
Surboum Guitare !

Genre musical: Rock'n'roll
Label : ROCK PARADISE
Distributeur : RUE STENDHAL

Tony Marlow, fer de lance du rockabilly français est brillamment actif sur les planches depuis 1977, date à laquelle il monte son premier groupe les Rockin’ Rebels. Depuis pas mal d’années, le rocker tourne en solo et nous offre son dernier brûlot Surboum Guitare ! . Cette galette est une mine de pépites rock’n’roll dont nos esgourdes sont friandes. Tony, rend hommage, tour à tour, aux guitaristes ayant marqué son parcours, de Dick Dale à Scotty Moore en passant par Link Wray sans oublier Chuck Berry et tous les légendaires pionniers du genre. Tony est un passionné et cela se ressent dans son interprétation sur le manche. D’ailleurs, le gaillard ne triture pas uniquement la 6 cordes sur cet opus, il excelle aussi derrière le micro et les fûts, autant dire que ses talents sont multiples. Son acolyte à la basse et contrebasse, Gilles Tournon, est solide pour soutenir ces treize magnifiques envolées rock’n’rollesques. A l’écoute de ce disque nous faisons un bond dans l’âge d’or de la musique du diable sans pour autant basculer dans la nostalgie puisque le son est résolument actuel. Tony sait se renouveler et le prouve radicalement sur ‘Les Guitares Jouent », ‘Le Swing Du Tennessee’, ‘Et La Fuzz Fut’, ‘ RDV Au Ace Café’, etc... Trêve d’énumération, découvrez sans attendre tout cela par vous-mêmes. Conclusion : Surboum Guitare ! à ranger entre Elvis et Jimi Hendrix. Rock On !
Alicia Fiorucci

Trevor Sewell
Calling Nashville

Genre musical: Blues, Americana
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
www.trevorsewell.com

Une voix cassée qui peut autant interpréter la douceur que la tempête, c'est celle de Trevor Sewell qui franchit les frontières entre un blues résolument moderne et un Americana passionnant, donnant la priorité au feeling. A part la voix, il y a aussi la guitare, la mandoline, la basse et quelques claviers que pratique l'artiste. Avec Trevor Sewell, c'est la bonne note au bon moment, pas de déluge sonore et de démonstrations inutiles, juste l'art de vous emmener où il veut. L'album ouvre avec 'Some Day' un morceau dynamique où le violon omniprésent de Kellen Michael Weinrich répond à la guitare bien amplifiée de Sewell. On retrouve le même genre de construction, plus loin, avec 'Stand Next To Him' qui lui, est à consonance country blues rock. Avant d'attaquer 'Matter Of Time' qui sonne comme du Knopfler, on trouve un titre reposant, calme 'Mountain Of Gold' et 'Fade To Grey' morceau de plus de sept minutes dans lequel on s'installe confortablement grâce à son côté mi blues, mi jazzy, duo avec une de ses invitées, Janis Ian, qui prête sa voix et tient le piano. Le genre de titre que l'on aimerait voir ne jamais s'arrêter. Autre invitée, Tracy Nelson que l'on entend sur 'Long Time Ago' et les onze chansons s'enchaînent jusqu'à la dernière 'Shadows' où à nouveau Janis Ian vient caresser les touches de son piano sur la voix de Sewell, enregistré live, une seule prise, la bonne. Je vous le dis, ce disque n'est pas que du blues, mais une question de feeling.
César

Van Morrison
Roll with the punches

Genre musical: Blues and soul
Label : CAROLINE
Distributeur : UNIVERSAL

Avec ce 37ème enregistrement Van Morrison souhaitait se positionner plus comme un interprète que comme un auteur compositeur. « J’étais un performer avant d’écrire des chansons et j’ai toujours pensé que c’est exactement ce que je fais ». Après presque six décennies de carrière il n’est plus nécessaire de louer les qualités de chanteur du bonhomme, il se classe de fait parmi les grands. Il reprend donc des titres de Bo Diddley ‘I Can Tell’, ‘Ride On Josephine’, T-Bone Walker ‘Stormy Monday’, Count Basie ‘Goin’ To Chicago’, Sam Cooke ‘Bring It On Home To Me’, Lightnin 'Hopkins ‘Automobile Blues’, Rosetta Tharpe ‘How Far From God’, Mose Allison ‘Benediction’, Little Walter ‘Mean Old World’… et en donne une interprétation toute personnelle. La set list déroule 16 titres dont 5, quand même, sont signés par Morrison. Toute de finesse et de chaleur, la voix de l’Irlandais fait toujours passer le frisson en glissant avec élégance d’une ambiance soul vers le blues ou en sautant allègrement d’un tempo jazzy vers une atmosphère rock. Pour l’occasion Van Morrison a convoqué quelques amis qui ont pour noms Jeff Beck, Paul Jones, Chris Farlowe, Georgie Fame. Autant dire que l’affaire était vouée à la réussite. Une très belle réalisation pleine de délicatesse et de feeling. Les 63 minutes de l’album sont un vrai bonheur.
Gilles Blampain