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été 20
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Portrait: BLIND LEMON JEFFERSON Interview: MAINE IN HAVANA Portrait: ROBERT FRIPP
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

SEPTEMBRE 2013

Buddy Guy
Rhythm & Blues

Genre musical: funky-blues et rock (disque 1), blues-rock (disque 2).
Label : SILVERTONE
Distributeur : SONY

Terminator ! Quiconque branche une guitare, ou jette sa glaire dans un micro, fait de l’huile en écoutant ses disques. Depuis 23 ans, rescapé d’une longue décrépitude, Buddy Guy sort des albums d’une densité exceptionnelle. Ses choix sont parfois discutables, jamais quelconques. Guy réussit ce que foirent tous les princes de l’ancien régime. Ainsi ce double album. Souci petit-bourgeois de la fiche cuisine : un disque Rhythm, un disque Blues, d’où le titre général de l’échafaudage. Des solos partout, une emphase chargée jusqu’à la gueule, tous les instruments poussés devant dans un bric-à-brac de cuivres et de chœurs, des invités commandés à la botte : Beth Hart, Kid Rock, Steven Tyler, etc. Pourtant, toutes ces hyperboles s’emboîtent au nano-poil. Guy met tous ses excès à l’équilibre, c’est une question d’échelle, et l’échelle dont on parle ici se déplie sans jamais trouver son extrémité supérieure. Le disque Rhythm est une bordée meurtrière de boulets funkyformes, métarock, swamps progoïdes. Le disque Blues campe sur le blues rock, avec des shuffles de cents tonnes. Le prêche est arrogant, tyrannique et la guitare, d’une méchanceté rare, jouant la panique ou l’incendie, relevant plus de l’effet spécial que de la harangue musicale, décrochages époustouflants, fusions d’énergie statique, gros renvois de wah-wah nauséeux, scie musicale montant son aigu sur un seul bend ondoyant, taquet immédiat comme si Guy attaquait tout de suite par le climax, puis livrait en flash-back les circonstances de l’orgasme. Terminator, ou alors Dorian Gray. Et la Strato constellée serait son portrait, un refus forcené d’être beau.
Christian Casoni

Cyril Neville
Magic honey

Genre musical: Magic groove
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Louisianais dans les gènes, ce disque révèle un vrai cocktail de saveurs des plus excitantes. On y trouve une bonne dose de funk, un groove pimenté, une pincée de blues par-ci, un doigt de rock par-là, un trait de soul, une goutte de reggae qui révèle d’autres arômes… Cyril Neville dit d’ailleurs à propos de cet enregistrement : « C’est un gumbo musical cuit à point qui, je pense, sera agréable aux papilles des amateurs de musique. » On ne le démentira pas. Les sources d’inspirations sont multiples, la rythmique est vitale, la mélodie se fait passion, la mise en forme est superbe et la réalisation est irréprochable et, bien sûr, le chant de Cyril Neville est prenant. Le band du maître de céans est parfait et les invités se nomment Allen Toussaint, Mike Zito, Dr John, David Z, Walter Trout. Cyril Neville n’est pas le premier venu, mais entouré de pointures de ce calibre, tout est enlevé de manière magistrale, et c’est peu dire que le résultat est excellent. Ce gumbo a été cuisiné au Studio In The Country à Bogalusa en Louisiane. Chose rare, tous les titres ont été gravés dès la première prise enregistrée dans les conditions du live. Le résultat est étonnant et détonant.
Gilles Blampain

Dana Fuchs
Bliss Avenue

Genre musical: blues-rock, country-rock, country
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Ceux qui en causent sur internet prédisent que cette débutante va faire très mal, très vite. Et c’est vrai que son premier album, d’une facture très classique, est impressionnant, même dans ses moments pompiers... c’est-à-dire quasiment tout le temps ! Pour une fois, l’inventaire des styles est facile à pointer : un blues-rock qui évolue en country-rock, qui évolue en country pur jus. Premier mouvement : beats appuyés, voix souveraine de soprano teigneuse, un swamp pour la transition énergétique (‘Handful Too Many’). Deuxième mouvement : la mélodie arrive, l’orgue et les chœurs aussi, le chant prend du gospel, normal pour une protestation de country. L’épreuve de la ballade, ‘So Hard To Move’ : elle jopline comme il faut. Encore quelques charges de guitares irradiantes avant de dégainer la sèche et les archets : on est dans le troisième mouvement. On atterrit sans stresser dans l’arrière-pays texan, sur de très belles chansons (‘Baby Loves The Life’) et un dernier remords rock (‘Keep On Walkin’). C’est encore la personnalité de la chanteuse et de ses musiciens qui fait le prix de ce classicisme, 100 % compos. Dana Fuchs bien sûr, mais aussi le guitariste Jon Diamond, qui palpe avec beaucoup de prudence sa grosse varice d’électricité, tellement distendue qu’elle peut lui péter dans le museau à chaque note ! La jeune Américaine s’est d’abord fait connaître au cinéma, tenant un rôle dans le film Across The Universe (2007). On ne s’attardera pas sur sa plastique ni sur son décolleté, on ne dira pas trop longuement combien sont souples les tendons de ses genoux, mais on ne peut pas non plus faire comme si on n’avait rien remarqué !
Christian Casoni

Glen Campbell
See you there

Genre musical: Country
Label : Surfdog / Membran
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Labélisé ‘légende de la musique populaire américaine’, Glen Campbell qui a travaillé avec Elvis Presley, Frank Sinatra, The Beach Boys et tant d’autres, avait sorti le CD Ghost On The Canvas en 2011. Tandis que la critique saluait sa prestation avec enthousiasme, la faculté lui annonçait qu’il était atteint de la maladie d’Alzheimer. Triste point final à une longue carrière. A 77 ans, Campbell sait aujourd’hui que sa santé ne lui permettra plus de sortir de nouveaux albums, aussi See You There est constitué de classiques qu’il avait réinterprétés lors des sessions de 2011. Plutôt que de laisser de côté des prises de qualité, les producteurs Dave Kaplan et Dave Darling ont choisi pour l’occasion de reprendre ces parties vocales de l’époque et de réunir un tout nouveau groupe de musiciens en studio. Ce sont donc quelques-unes des chansons les plus connues qui ont jalonnées le parcours de l’artiste: ‘Hey Little One’, ‘Gentle On My Mind’, ‘Postcard From Paris’, ‘Rhinestone Cowboy’, ‘Waiting On The Coming Of My Lord’…  qui sont exploitées ici dans une perspective rafraîchie. La voix est intacte, claire et vibrante, l’émotion et le charme opèrent. L’ensemble est chaleureux avec une part de mystère et une pointe de nostalgie.
Gilles Blampain

Jeff Golub with Brian Auger
Train keeps a rolling

Genre musical: Cool groove
Label : eOne / Membran
Distributeur : HARMONIA MUNDI

D’un côté, on a l’Américain Jeff Golub à la guitare, de l’autre, le Britannique Brian Auger à l’orgue Hammond B3 ou au Fender Rhodes et au milieu l’étincelle magique qui se produit. Entourés d’un band à leur mesure, ça démarre fort avec ‘The Cat’ de Lalo Schifrin. L’enregistrement nous emmène dans un voyage intemporel entre acid jazz et pop soul, rock, samba ou blues, le tout du meilleur style. C’est à la fois enjoué et plaisant. Les ambiances sont cool et séduisantes, quelque peu rétro funky par moment. On retrouve au fil des plages des classiques comme ‘Pusher Man’ de Curtis Mayfield, ‘Live The Life I Love’ signé Willie Dixon et popularisé par Mose Allison ou encore ‘Walking On The Moon’ de Sting période Police et, bien évidemment, des compositions signées Auger ou Golub. En tout 11titres. Le disque est essentiellement instrumental, toutefois, Christopher Cross, Alex Ligertwood (qui a chanté pour Santana) et David Pack (ex-Ambrosia) ont prêté leurs cordes vocales pour les parties chantées. C’est original, frais, léger sans être superflu, fin et subtil ; l’interactivité des deux leaders est un vrai régal, les solos de guitare et d’orgue sont aériens et les parties de cuivres ensorcelantes. Un enregistrement à la fois classieux et décontracté.
Gilles Blampain

Jonny Lang
Fight for my soul

Genre musical: Soul-pop, country rock FM,etc.
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Après sept ans de silence phonographique, Jonny Lang est-il encore blueso-compatible ? Ma foi, oui. Mais décrire le style de cet album va encore donner lieu à un bel exercice de néologie cabalistique. Au choix et selon les titres : soul pop avec des embardées blues-rock, ou country-rock FM, genre variété américaine qu’on peut entendre sur MTV, mais pas honteuse du tout. De la belle ouvrage, certes un peu potagère dans la fabrication, mais pas dans l’inspiration. Lang déploie une palette vocale vraiment colorée, un chant parfois liquide et félin qui ferait presque penser à un Michael Jackson viril et à d’autres moments, une voix plus abrasive et plus rock. Les parties de guitare sont, elles aussi, fantastiques, brèves et retenues la plupart du temps, Lang laissant quelquefois fuser l’électricité, effet garanti. Les mélodies sont toujours bien écrites, que les tempos cognent ou flânent, Lang chantant ainsi une paire de ballades émouvantes, sans frime ni pathos, comme savent les trousser les meilleurs auteurs de country. Onze épanchements juteux dans un costume du dimanche, car conçus pour meubler l’espace dans un rayon de quinze kilomètres autour de l’autoradio. On n’est pas chez Freewheelin’, mais cette ampleur colle parfaitement aux orchestrations plantureuses et à l’inflexion de la saison… dans la zone balnéaro-anisée du calendrier.
Christian Casoni

Lurrie Bell
Blues in my soul

Genre musical: Chicago blues
Label : DELMARK
Distributeur :
SOCADISC

Lurrie Bell a eu son comptant de déboires, le genre de ceux dont on ne se relève pas obligatoirement. Bob Koester lui offre encore l'occasion de briller avec cet album de professions de foi, confortable, un peu long (une manie chez Delmark) mais jamais ennuyeux. Quatorze titres denses, bien tassés. Une première partie faite de blues lents, volontiers pathétiques et plutôt portés sur la mélodie (hormis le titre d'ouverture aux cuivres jazzy soul). Une deuxième partie plus tonique, shuffles South Side, jumps et beats funky. Lurrie Bell chante d'un timbre fêlé, mais il minaude comme BB King quand il veut ! Il solote, du pouce, des phrases irrésolues, tortueuses, finissant toujours par trouver l'inflexion mélodieuse qui va bien. Dick Shurman, qui signe le livret, le présente comme un prédicateur de la note exacte, et c'est vrai qu'on croit souvent entendre un soliste qui réfléchit à la question, puis s'empresse de donner la bonne réponse... Des sidemen double-crème l'entourent avec beaucoup d'amour : Roosevelt Purifoy, son billard d'orgue, son bastringue boogie-woogie, le bassiste Melvin Smith, le batteur Willie Hayes, l'harmoniciste Matthew Skoller qui fait, des titres qu'il irradie, des plaies ouvertes, et des arrangements pêchus de pavillons, embouchés par Marques Carroll (trompettiste, l'arrangeur en question), Chris Neal (saxe ténor) et Mark Hiebert (saxo baryton). Un excellent album de Chicago blues, personnel et souvent poignant, donc. On parlait de professions de foi tout à l'heure : 'Blues In My Soul', 'Just The Blues', 'Blues Never Die'... On est ici dans la piété.
Christian Casoni

Oli Brown CD+DVD
Songs from the road

Genre musical: Power blues
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

En décembre 2012, Oli Brown qui a atteint des sommets en moins de 5 années (British Blues Awards : meilleur chanteur en 2010, meilleur  band et meilleur album en 2011, meilleur jeune artiste en 2012) et qui a enchaîné les tournées au fil des ans était de retour dans sa ville natale de Norwich au club Waterfront devant un public peut-être conquis d’avance mais qui restait à étonner. L’assistance n’a surement pas été déçue. C’est une vraie puissance de feu qui était présente sur la scène. Toujours aussi brillant, Brown dégage une force remarquable avec des riffs incisifs et des solos vigoureux, soutenu par Scott Barnes à la basse et Wayne Proctor à la batterie. Au regard de sa jeunesse, Oli Brown est évidemment porteur d’une certaine fraicheur mais il possède néanmoins une réelle maîtrise de son art. Son blues rock mâtiné parfois d’une touche pop est très efficace. Étant donné que cet enregistrement est un live, nous avons le plaisir d’écouter des titres qui dépassent allégrement les 8 ou 9 minutes. Le CD livre 9 titres tandis que le DVD en révèle 13 avec, en plus, le plaisir d’assister au show. Ne se contentant point d’être un excellent guitariste et un bon chanteur, Oli Brown est également un compositeur de talent puisqu’il signe la plupart des titres de l’album.
Gilles Blampain

Samantha Fish
Black wind howlin’

Genre musical: Rock
Label : RUF
Distributeur :SOCADISC

C’est vif, solide, plein de verdeur et de fougue. A l’écoute de son deuxième enregistrement on s’entiche de miss Fish. La belle de Kansas city nous prend dans ses rets dès le premier titre. Dans une dynamique juvénile, elle envoie un rock puissant qui décoiffe et enchaîne les chansons avec une énergie communicative. La pression ne retombe jamais à part à deux ou trois moments où elle laisse quelques respirations à l’auditeur avec des tempos blues plus calme. Dans l’ensemble, le son est lourd, puissant, un poil rageur avec des riffs fiévreux ; le chant est tout autant mordant. Mais la miss n’est pas seule, Mike Zito qui s’est posé en producteur, pointe le bout de sa guitare et de sa voix sur le CD. Johnny Sansone et Paul Thorn, autres invités de marque, ont également apporté leur concours à l’entreprise. Samantha Fish qui décline la gamme du rock et du blues avec une réelle aisance signe 11 titres et reprend de belle manière ‘Who’s Been Talking’ d’Howlin’ Wolf. Tout a été capté dans les studios Dockside à Maurice en Louisiane. « J’ai vraiment fait ce que je souhaitais sur ce disque et j’en suis fière » dit Samantha Fish. Elle peut, c’est du beau boulot.
Gilles Blampain

Studebaker John’s Maxwell Street Kings
Kingsville jukin’ 

Genre musical: Chicago rocking blues
Label : DELMARK
Distributeur : SOCADISC

Sachant que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs gumbos, Studebaker John et ses Rois de la rue Maxwell se sont emparés de guitares et de fûts des années 50, de micros, d’amplis à lampes et magnétos labellisés fifties pour graver l’objet qui nous intéresse. Le matériel d’époque donne un son bien rauque. Résultat, un blues made in Chicago, lourd, profond, épicé, orné de slides brûlants, de basse ronflante, de peaux martelées, d’harmonica corsé et d’un chant puissant et inspiré. Avec 16 titres, soit plus d’une heure de compositions originales, Studebaker John convoque les mânes de Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Elmore James, Hound Dog Taylor et se montre digne de ses maîtres. Il nous sert un houserocking à l’ancienne, brut et rocailleux. Ça secoue ! Un son vintage qui va du boogie au swamp pour le meilleur, jamais pour le pire. Le band est une redoutable mécanique d’entraînement qui va droit au but et évite toute fioriture. Aucune frivolité, aucun détail superflu, seulement la bonne note et rien d’autre pour faire monter la pression. C’est chaud, brûlant, nerveux, dynamique, enlevé, excitant. Ce Kingsville Jukin’ est vraiment jouissif. La production est nickel. Studebaker John Grimaldi est un prince… du blues.
Gilles Blampain

The Rides
Can’t get enough

Genre musical: Blues-rock incertain
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Le line-up du Rides n’est pas exfiltré d’un squat, mais a priori elle s’emmanche mal cette affaire. Un supergroupe avec Stephen Stills, multirécidiviste de ces escadrilles poussives et médaillées qui vérifient neuf fois sur dix l’axiome : 1 + 1 = 0,5. Pour lui tenir compagnie, cet autre retraité pianotant : Barry Goldberg. Dans le rôle du sacré jeune : Kenny Wayne Shepherd, un guitar hero qu’on passe son temps à confondre avec tous les autres. Même la section rythmique fait bling-bling : Kevin McCormick et Chris Layton. Post-produit à la mode des années 80 sur des positions blues-rock ou rock sudiste (?), ce bateau fantôme hisse quelques covers instructifs. ‘Honey Bee’, bon, ça ne mange pas de pain. ‘Rockin’ In The Free World’, de l’Insupportable Geignard. Et… ‘Search And Destroy’ ?!? Incroyable ! Et super bien balancée, leur version ! On tente alors un tympan timide. L’album est chargé mais pas lourdingue. Les chansons ont du jarret, les voix sont couillues, les solos ne tirent pas en longueur et montent souvent les chansons à l’étage supérieur. Le disque comporte une somme raisonnable de ballades. Les mélodies ne sont pas couchées par Chopin, elles refoulent parfois une modulation de fréquence de triste mémoire (‘Don’t Want Lies’), mais le band sait toujours où sont embusqués les radars du bon goût et quand lever le pied. A part ‘Rockin’ In The Free World’, irrécupérable, le reste de l’album passe ainsi, inexorable et puissant, sans lassitude, avec ses trois voix saillantes et efficaces, son rock simple, ses deux manches brûlants, et cette sympathie réciproque qui filtre des enceintes et balaie les derniers doutes. Dès le jump ‘That’s A Pretty Good Love’ (plage 2), on leur a pardonné d’exister, et c’est en cela que Can’t Get Enough est un album vénéneux : il affaiblit nos défenses immunitaires, il repousse les limites de la tolérance. Quelle sera la prochaine étape ? Lynyrd Skynyrd ? Neil Young ? Santana ? Yes ?
Christian Casoni

Walter Trout & his band
Luther’s blues

Genre musical: Luther’s blues
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Inutile ici de faire l’éloge de Walter Trout, son talent de guitariste n’est plus à démontrer. Les connaisseurs s’y retrouveront. C’est donc avec son punch ancré dans le blues rock que Walter Trout rend hommage au grand Luther Allison qui nous a quittés prématurément en 1997. Musicalement et humainement, Allison était un grand bonhomme, son blues était empli d’une énergie débordante, d’une vitalité contagieuse et d’une lumineuse subtilité. Se hisser à sa hauteur n’est pas à la portée du premier venu. Trout rappelle dans les lignes de présentation du livret que s’il a partagé de nombreux moments avec Luther Allison qu’il considérait comme un ami, il n’a eu qu’une seule fois le plaisir de partager la scène avec lui. C’était à Montreux en 1986. Avec cet enregistrement Walter Trout s’en sort très dignement en reprenant 10 titres composés par Luther plus un de son fils Bernard (‘Low Down And Dirty’), une très courte plage nous fait réentendre la voix du maître et le disque se termine par un hommage écrit spécialement: ‘When Luther Played The Blues’. Le livret, hormis le témoignage de Walter Trout, nous livre un commentaire de Bernard Allison, de Rocky, la dernière compagne de Luther, et de James Solberg, ami et compagnon de route musicale du cher disparu durant 25 années.
Gilles Blampain