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05/20
Chroniques CD du mois Interview: JEAN-MARC HENAUX Livres & Publications
Portrait: PEETIE WHEATSTRAW Interview: MISS BEE AND THE BULLFROGS Portrait: ROY ROGERS
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

SEPTEMBRE 2012

Changing Horses
The Nashville Sessions

Genre musical: Indie - Folk
Compositions: 6 sur 6
Livret : Pas vu
Label : CHEZZ
Distributeur :

Changing Horses est un duo britannique composé de Richard Birtill (guitare, voix et auteur-compositeur de l’ensemble des chansons) et de Francesca Cullen (voix, violon, mandoline et mélodéon). Connu dans un premier temps pour leurs grandes performances scéniques, écumant les festivals de Grande-Bretagne et faisant quelques premières parties remarquées, ils signent avec The Nashville Sessions leur premier album studio. Pourquoi ? Et bien tout est dans le titre : il fut entièrement enregistré dans des studios de Nashville, Tennessee (ça fait toujours bien de le dire comme ça et de l’écrire, c’est encore mieux). A la première écoute, saisissant le crissement des doigts sur les cordes de la guitare acoustique, les envolées parfois lyriques du chanteur montant dans les aigus, les violons jouant les chœurs, on pourrait croire qu’un petit frère du groupe belge Puggy est arrivé sur la nouvelle scène folk européenne. Les arrangements sont propres, peut être trop. Les musiciens sont bons, c’est certain. Et pourtant… Il manque à presque tous les morceaux ce qui fait qu’on a envie d’y revenir, ce qui fait que sans s’en rendre compte on fredonnerait du Changing Horsesdans les bouchons, qui pousserait un chroniqueur à dire : « Allez-y ! ». Il nous manque une belle mélodie… et c’en est même frustrant car on sent ici ou là poindre quelques possibilités comme dans ‘Cut All Strings’, ouverture bien choisie de l’opus, ou dans ‘One Million Screaming Angels’. Dommage, attendons le prochain…
Charles Lagard

Dick Farrelly & Matt Walklate
Keep it clean

Genre musical: Blues accoustique
Compositions: 3 sur 10
Livret : Passable
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : http://www.mattwalklate.co.uk/keep-it-clean.html

S'il est un ménage à trois qui a toujours bien fonctionné dans le blues, c'est bien celui de la guitare acoustique, de l'harmonica et du chant. Les spécialistes les plus célèbres dans ce domaine, restent Sonny Terry et Brownie McGhee, mais la formule est toujours d'actualité et certains artistes talentueux se prêtent ponctuellement à l'exercice pour notre plus grand plaisir. C'est le cas de Dick Farrelly et Mat Walklate, peu connus du grand public et pourtant dotés d'une carte de visite longue comme la route reliant Clarksdale à Chicago. Le premier, guitariste de son état, a joué avec des artistes aussi différents que Van Morrison, Sinead O'Connor, Mick Taylor ou Noël Redding. Le second, harmoniciste et chanteur, excelle dans plusieurs styles et mène de front plusieurs projets allant de ses deux groupes de blues à son ensemble de musique traditionnelle irlandaise. Nos deux larrons se sont croisés l'an dernier à Amsterdam, où vit Dick Farrelly, un soir où s'y produisait Mat Walklate. L'idée de taper le bœuf après le concert s'imposa d'elle-même et ce fut le coup de foudre musical : Publiez les bans ! De cette union naîtra l'album que votre humble serviteur a sous les yeux et... entre les oreilles. Album enregistré en prise live en une seule journée de studio, deux mois pile après la rencontre. La gestation fut rapide et l'accouchement itou, mais le bébé est superbe et se porte à merveille, il respire la santé et le plaisir de jouer. Cet opus alterne instrumentaux et morceaux chantés, reprises et compos, dont une créée sur place le jour de l'enregistrement. Voilà le type même de l'album tranquillou à s'écouter peinard en sirotant une boisson maltée made in Tennessee, ce que je ne vais pas me priver de faire dès le point final apposé au bas de cette modeste chronique.
Robert Biettron

Girls with guitars - live CD/DVD
Victoria Smith, Dani Wilde, Samantha Fish

Genre musical: Bues, Rock, Soul
Compositions: 10 sur 15
Livret : Informatif
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Le CD démarre sur les chapeaux de roues avec une reprise des Stones (‘Bitch’), et la tension ne retombe pas durant les 12 titres enregistrés qui durent un peu plus d’une heure. Le band composé par deux Anglaises de Brighton, Victoria Smith (basse) et Dani Wilde (guitare et chant), associées à une Américaine de Kansas City, Samantha Fish (guitare et chant), sans oublier the boy on the drums, Denis Palatin, a une puissance de feu impressionnante. Blues, boogie, rock ou soul, the girls with guitars ont le feeling et tiennent la distance sans faiblir. On a déjà pu apprécier le talent de Fish et de Wilde à travers leurs propres enregistrements, et hormis quelques reprises, ‘I Put A Spell On You’ (Jay Hawkins), ‘Who’s Loving You’ (Smokey Robinson), ‘Jet Airliner’ (Paul Pena), la set list déroule des chansons signées alternativement Samantha Fish ou Dani Wilde. Le DVD (près d’1heure 20) nous permet de découvrir le groupe sur scène et révèle un certain décalage entre ce qu’on voit et ce qu’on entend. Autant la puissance sonore et le feeling réflètent bien ce qu’on a entendu sur le CD, autant les trois protagonistes sont relativement statiques. Ça frôle même parfois l’inertie. Blues, boogie et rock imposent une certaine dynamique qui fait ici défaut. Côté film, pas d’effets de caméra intempestifs et les cadrages nous permettent d’apprécier les différences de jeu entre Samantha Fish, qui joue avec un médiator, et Dani Wilde qui préfère se servir de tous les doigts de sa main droite. Le show filmé reprend tous les titres joués sur le CD exepté ‘Bitch’ qui dispraît au profit de ‘Are You Gonna Go My Way’ (Lenny Kravitz) plus ‘Funk # 49’ (J.K. Fox) et deux autres compositions de Wilde et Fish.
Gilles Blampain

Jerry Douglas
Traveler

 

Genre musical: Blues de voyage
Compositions: 4 sur 11
Livret : Bien
Label : EONE MUSIC
Distributeur : MEMBRAN

Etre un prodigieux musicien présente deux avantages (en dehors de celui d'être un prodigieux musicien). Le premier est que ça permet de jouer avec tout le gotha mondain de la musique au sens large du terme (Clapton, Keb'Mo, Allison Krauss, Mark Kohn, etc.). Le second est que lorsque l'on fait un album, les membres du gotha mondain en question se chamaillent pour être dessus. On pourrait même ajouter un troisième avantage : jouer avec tout le monde implique de maîtriser tous les styles. C'est le cas de Jerry Douglas, maître ès Dobro qui, comme le suggère le titre de son dernier album, nous emmène en voyage. Du blues des origines (le CD ouvre par une superbe reprise de 'On A Monday' de Leadbelly) à la country music, en passant par la Nouvelle Orleans avec 'High Blood Pressure' en compagnie de  Keb'Mo ou 'Something You Got' accompagné d'Eric Clapton (on croirait du JJ Cale vautré dans un hamac de Bourbon Street et accompagné d'un groupe local). On a même droit à un 'So Here We Are' oscillant entre fusion et prog, sur lequel Jerry Douglas sonne la charge à la lap steel tandis que Victor Krauss fait rugir basse acoustique et électrique, et que l'immense Omar Hakim pose sa fabuleuse pulse rythmique sur les fûts. Et puis, quoi de plus normal pour le spécialiste mondial du Dobro et de la lap steel guitar qu'est Jerry Douglas, que de s'associer au spécialiste mondial du banjo, Bela Fleck, dans le but fallacieux de nous faire dresser les poils sur les bras tout au long du sublime instrumental irlandais 'Gone To Fortingall', accompagnés pour ce faire de l'accordéoniste (l'accord hédoniste ?) Jeff Taylor. Bref, Traveler est un album que vous aurez du mal à prêter à vos amis. « D'accord pour ma brosse à dent, ma voiture ou mon poster de Georges Guetary, mais pas MON Traveler de Jerry Douglas ».
Robert Biettron

Joanne Shaw Taylor
Almost always never

 

Genre musical: Pop Rock
Compositions: 11 sur 12
Livret : Informatif
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Celle qui à ses débuts (il n’y a pas si longtemps), se disait influencée par Stevie Ray Vaughan, Albert Collins et Jimi Hendrix, s’affranchit de ses maîtres et impose son propre style qui est assez flamboyant. Qu’elle fasse jaillir de sa Les Paul des traits pyrotechniques ou des sons veloutés, le frisson passe. Et si son approche de la guitare ne suffisait pas à en faire une Madone de la scène, souvenons-nous que Joanne Shaw Taylor a été désignée en 2010 et 2011dans le cadre des British Blues Awards comme Best British Female Vocalist Of The Year. C’est dire si la dame a du talent ! Cependant si ses deux premiers disques distillaient un blues rock offensif, elle nous propose avec ce nouveau CD un ensemble pop rock dans lequel passe brièvement, selon les titres, une pointe de soul. Elle dit s’être investie pârticulièrement dans le processus d’écriture et de composition et pense que le résultat reflète parfaitement ce qu’elle est en tant qu’artiste à ce jour. Cet album, enregistré à Austin, Texas, qui présente une autre facette de Joanne Shaw Taylor s’écoute avec un réel plaisir et confirme que l’artiste a un potentiel dont on n’a pas encore fait le tour. Les musiciens qui l’accompagnent, David Garza (claviers), Billy White (basse, slide guitar) et J.J Johnson (batterie) sont égalemnt au top et distillent quelques pépites.
Gilles Blampain

Kelly Joe Phelps
Brother sinner and the whale

 

Genre musical: Folk, Blues
Compositions: 12 sur 12
Livret : Digipack
Label : BLACK HEN MUSIC
Distributeur : CRS

Considéré comme l’un des meilleurs guitaristes du moment, Kelly Joe Phelps revient avec un disque enregistré en solo, tout en finesse et en délicatesse, où il interprète une douzaine de titres, dont la moitié sur une guitare slide National et l'autre sur une Martin D-35. Au summum de la technique et de la dextérité avec le feeling par-dessus, Phelps livre dix chansons et deux pièces instrumentales. Il y a un côté spirituel indéniable dans ce CD qui peut être considéré comme un enregistrement de gospel à la manière du Reverend Gary Davis, avec néanmoins des échos de Charley Patton ou de Skip James. Mais si l’approche rappelle des champs déjà abordés par d’illustres prédécesseurs, Kelly Joe Phelps joue sa  musique de façon très contemporaine. Reprenant des thèmes bibliques (inspirés par le livre de Jonas), toutes les chansons sont magnifiquement ciselées et cela donne de réels joyaux acoustiques avec d’attrayantes mélodies. C’est à la fois étrange et aérien, grave et léger, profond et subtil. Kelly Joe Phelps nous entraîne dans un univers de douceur et, incontestablement, que l’auditeur soit croyant ou athée, cette guitare et cette voix apaiseront son âme.
Gilles Blampain

Michael Burks
Show of strength

 

Genre musical: Strong Blues
Compositions: 5 sur 12
Livret : Bien
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Michael Burks était l'un des chefs de file du blues moderne et le vide laissé par son départ soudain le 6 mai dernier, d'une crise cardiaque, n'est pas prêt de se refermer. Ce nouvel album, qui était fin prêt et n'attendait que le retour de tournée de son interprète pour la finalisation d'un ou deux mixages, ne nous laisse que plus de regrets. Dès la première note de 'Count On You' le titre d'ouverture, on reconnaît la patte du maître ; cette attaque guitaristique si particulière ouvrant la porte à une bonne grosse rythmique plombée comme on les aime dans le blues-rock. Iron Man, surnom glané au fil de concerts titanesques, s'ingénie à durcir la note tout en la rendant mélodique, comme il le fait sur 'Take A Chance On Me Baby' et 'Since I Been Loving You', (à ne pas confondre avec le presque homonyme 'Since I've Been Loving You' de Led Zep) superbes ballades blues sur lesquelles le tranchant de la six cordes n'a d'égal que l'émotion qui s'en dégage. On a également droit à un 'Cross Eyed Woman' à l'ambiance lourde et moite et au riff trempé dans le bouillon hendrixien, laissant penser que cette cross eyed woman a certainement côtoyé un voodoo child il y a quelques années. Mais les influences de Michael ‘Iron Man’ Burks étaient multiples et il le prouve avec un 'Little Juke Joint' dans la plus pure tradition du grand Chicago-blues aux racines sudistes, ou avec 'What Does It Take To Please You' que n'aurait pas renié T-Bone Walker. Michael Burks clôt l'album par une reprise aérienne de 'Feel Like Going Home' de Charlie Rich, titre sur lequel il fait littéralement pleurer sa guitare...et nous avec ! Nos larmes...d'alligator ne feront pas revenir l'Iron Man, mais il nous lègue avec Show Of Strengh, un somptueux héritage.
Robert Biettron

Paddy Milner
The curious case of...

 

Genre musical: Blues - Pop - Jazzy
Compositions: 9 sur 14
Livret : Pochette cartonnée double
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : RUE STENDHAL

Paddy Milner, un cas ? P’t’être bien. En tous cas, c’est un foutu bon pianiste, qui, pour cet album, met son instrument en avant. Vous aurez remarqué que dans genre musical, j’ai mis trois styles différents. Blues, car c’est la plus grosse influence. Jazzy car il y a un p’tit côté New Orleans indéniable avec sousaphone, tuba, trombone et pop, par le traitement de ses morceaux avec sa voix claire, les chœurs chiadés et les petits coups de xylophone discrets et bien placés. Enfin, cet album est positif, joyeux et entrainant. Quelques reprises connues ont entamé  une nouvelle  vie. ‘Unsquare Dance’ de Dave Brubeck, ‘Louisiana Blues’ de Muddy Waters, ‘Come On In My Kitchen’ de Robert Johnson sont quelques-unes de celles-ci. Et pour finir, je trouve une facette « musique dite classique » avec cet opus où les notes tombent comme une pluie d’été, nombreuses, étourdissantes et bienfaitrices. Ce type est un surdoué.
César

Paul Brady
Dancer in the Fire

 

Genre musical: Folk et Pop
Compositions: 19 sur 22
Livret : 18 pages (autour de l'histoire de chaque chanson)
Label : PROPER
Distributeur : PROPER

Dancer In The Fire est une anthologie de l’œuvre de Paul Brady, constituée par le singer-songwriter lui-même... Fort d’une carrière de près de 45 ans, et en solo, Brady ne compte pas moins de 15 albums et 140 chansons. Né en 1947 en Irlande du Nord, Brady est un enfant de la balle. Avec un père professeur de musique, il débute le piano à 6 ans, et la guitare à 11. A 16 ans, il enchaine les piges dans différents groupes aux styles musicaux variés. De 1967 à 1978, toujours en groupe, il connaît le succès dans la musique traditionnelle irlandaise, et s’impose comme un de ses plus brillants chanteurs. En 1978, commence sa carrière solo. Dancer In The Fire, n’est pas une compilation, mais bien une anthologie où l’artiste a regroupé les chansons qu’il préférait. Lui-même note le grand mystère qu’il peut exister entre le ressenti que les artistes ont face à leur création, et la réception du public. Dans cette perspective, un livret conséquent -18 pages- accompagne le double CD : pour chaque chanson, Brady explique l’histoire, le contexte, le sens de ses compositions. Attention agréable. Concernant le contenu de l’album, les arrangements ont vieilli ; étant une anthologie, il n’y a effectivement pas d’unité entre les morceaux. Mais, écouterions-nous avec la même tendresse une anthologie de Renaud si ses chansons n’étaient déjà entrées dans notre imaginaire collectif ? L’album s’écoute, mais honnêtement il pourrait plus facilement être conseillé aux curieux ou aux futurs émigrés vers Dublin
Charles Lagard

Robert Cray
Nothin but love

 

Genre musical: Soul
Compositions: 10 sur 10
Livret : Pas vu
Label : PROVOGUE
Distributeur : WAGRAM

12 millions de Terriens ont un album de Robert Cray, non piraté, chez eux. Pour un assimilé-bluesman, c'est une sacrée multiplication. 15 fois nominé aux Grammy, 5 fois couronné, Cray passe les bornes du genre, au propre comme au figuré. L’homme utilise le blues pour nourrir ses solos, il ne s'est jamais prosterné devant les mythes, ni ceux du blues ni ceux de la soul. On le juge pour ce qu'il est : Robert Cray, compositeur, désendetté de l'histoire, n'ayant aucun compte à rendre au fantôme de Muddy Waters. Cray a incarné, il incarne encore, le son du deuxième revival, avec des chansons commerciales très bien écrites, très bien réalisées, très bien chantées, très bien jouées. Pas du tout vintage, sa Strato sonne toujours un peu années 80, élasticité métallique des cordes graves, aigus durs et froids. Le titre du 17e album donne l’humeur de ces dix nouvelles chansons : languide. Toutes sont mélodieuses, soigneusement préparées avec ses familiers, Jim Pugh (claviers), Richard Cousins (basse), Tony Braunagel (batterie), puis enregistrées à l'arrache aux studios Revolver de Los Angeles. On navigue dans une soul émotive mid-tempo qui frôle parfois la variété stylée, s'allonge de cuivres ou de cordes au besoin, les refrains relancés par un chœur. Voix toujours chaude et claire, son charnu, galbé pour les DJ. La soul de Robert Cray s’infléchit donc dans le blues par la guitare. Ses lignes uniques, hésitantes et appuyées, ne partent jamais d’une gamme mais d’une mélodie que Robert se fredonne mentalement. Combien de guitaristes (composant et chantant aussi bien) sont encore capables d'innover avec les bends du blues ?
Christian Casoni

Shemikia Copeland
33 1/3

 

Genre musical: Blues variés
Compositions: 10 sur 11
Livret : Pas vu
Label : CONCORD RECORDS
Distributeur : TELARC

Une Diva en devenir qui a déjà quelques albums à son palmarès. Un timbre de voix qui se remarque. Quand elle chante, on la reconnaît tout de suite, donc, grosse personnalité. Un coffre qui la placerait en soliste dans une chorale Gospel. En ce qui concerne 33 1/3, comme vous l’aurez compris, c’est un hommage à la grande époque du vinyle. Mademoiselle Copeland ayant baigné dès sa plus tendre enfance dans le milieu du blues (son papa est le guitariste Johnny Clyde Copeland aujourd’hui décédé), c’est  tout naturellement que quelques amis viennent lui prêter main forte. Quelques noms ? Buddy Guy, J.J. Grey, Arthur Neilson… Le contenu de cet album n’est pas ennuyeux pour un sou et les ambiances sont variées avec un premier morceau pêchu ‘Lemon Pie’ où Shemekia constate qu’il n’y a plus de middle class. T’es riche ou pauvre ! De la slide sur un rythme funky pour le deuxième morceau ‘Can’t Let Go’. Elle reprend un titre de son père ‘One More Time’, et justement, quand on arrive à la fin du CD, c’est one more time, on en redemande.
César

Tom Jones
Spirit in the room

 

Genre musical: Folk gothique
Compositions: 1 sur 13 (peut être)
Livret : Mega beau
Label : ISLAND
Distributeur : UNIVERSAL

Le sex-symbol pop, dont les roadies faisaient deux brouettes de petites culottes à chaque concert, n'est plus. Il y a deux ans, le Gallois entrait chez Island, sur les pas du producteur Ethan Johns, fils de Glyn. Ils y ouvrageaient un disque de gospels intimistes qui défraya la chronique. Deux ans plus tard, Jones & Johns rempilent chez Island en comité encore plus réduit. Ce 40e album est le deuxième acte de la repentance de Tom Jones. Cette fois sa garenne giboyeuse sera celle du folk et des songwriters, vieux prêcheurs (Blind Willie Johnson) et jeunes babas (Low Anthem). Mais pas d'hommages ni de replis nostalgiques pour cet album quasi-religieux, un peu par son contenu, surtout par cette pénombre sacrée, cette veille de Jugement dernier qui rappelle fatalement les dernières contritions de Johnny Cash. Tom Jones durcit les chansons morbides (Leonard Cohen) ou trop avachies (Odetta), met du riff dans les trop compliquées (Paul Simon) peigne un peu les échevelées (Tom Waits), fait de chaque cover un nu terrible sous les guitares sobres et vibrantes d'Ethan Jones et les bourdons d'harmonium, avec la gravité d’un chant qui n'a pas besoin de pousser pour faire autorité. Plus la contrebasse. Plus la batterie. Toute chose inexorable et mesurée jusqu'au dernier flash, la lumière blanche de l’au-delà, Tom Jones déversant son néant dans une cathédrale de voix. ‘Charlie Darwin’, terminus. La version deluxe propose un rab de trois titres, et c’est presque dommage tant le film est cohérent jusqu’à ‘Charlie Darwin’. Enfin, ce serait dommage si l’un de ces trois titres n’était ‘When The Deal Goes Down’, magnifique valse mourante d’un Dylan tardif, celui du folk gothique justement. « Vulnerant omnes, ultima necat », lisait-on sur les cadrans solaires au sujet des heures. On pourrait le dire des chansons de cet album : « Elles blessent toutes, la dernière tue ». (Du latin, ouah la frime !)
Christian Casoni