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été 17
Chroniques CD du mois Interview: JUJU CHILD Livres & Publications
  Dossier: AMERICAN EPIC Interview: DOM FERRER
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

JUILLET - AOUT 2017

American Epic
The Sessions

Genre musical: Vintage
Label : COLUMBIA
Distributeur : COLUMBIA

Rien que la liste des participants est alléchante : Alabama Shakes, Bettye LaVette, Taj Mahal, Los Lobos, Rhiannon Giddens, Merle Haggard, Willie Nelson, Pokey LaFarge, Beck, Lost Bayou Ramblers, il y a même Elton John et l’acteur Steve Martin... Toute une flopée de musiciens ont répondu présents pour ce projet produit par Robert Redford, Jack White et T-Bone Burnett, un documentaire consacré à l’histoire de la musique moderne américaine de 1920 à aujourd’hui. Et au-delà du film Columbia présente ce double CD (13 titres/36mn + 19 titres/52 mn). Le but étant de recréer l’atmosphère spécifique des enregistrements fondateurs, ces artistes contemporains ont utilisé micros, amplificateurs et autre matériel d’époque, pour faire revivre une expérience unique, un remake des premières musiques gravées dans la cire. Les styles sont variés, blues, country, old time, tex-mex, cajun, hawaïen, avec des chansons du Reverend Gary Davis, de Memphis Minnie, Will Shade, Frank Stokes, W.C Handy et d’autres signées par les artistes conviés à participer à l’évènement. Pas d'overdubs, pas de repiquage et que trois minutes de temps d'enregistrement. Malgré ces limites, le son fraîchement enregistré est cristallin et d'une profondeur étonnante. Une belle expérience qui nous transporte dans le passé en regardant vers l'avenir.
Gilles Blampain

Andres Roots
Mono (field recordings 2015-2016)

 

Genre musical: Blues roots
Label : ROOTS ART RECORDS
Distributeur : http://www.andresroots.com/

Voici un bluesman qui porte bien son nom. Andres Roots est basé à Tartu en Lettonie, son instrument est la guitare slide et c'est un maître dans son maniement, ce qui l'a amené à inviter d'excellents artistes sur ses albums précédents (Dave Arcari, Bottleneck John, Steve Lury...). En ce qui concerne Mono, Andres Roots est quasiment seul avec son instrument tout au long des neuf titres de ce CD à l'exception de quatre morceaux. Une reprise de 'Roll and Tumble' et de 'Soup City Blues #2' où son vieux complice de batteur ( Raul Terep) l'accompagne lors d'un enregistrement capté live dans une église du 14ème siècle, et deux autres titres 'Trouble In Mind' et 'Down By The Riverside' dans les quels Howard Fishman de Brooklyn tient la seconde guitare et le chant. L'album ouvre avec une autre version de 'Soup City Blues #1' enregistré en extérieur et la captation en est brut de décoffrage comme la plupart de titres de Mono. On peut entendre les voix des gens qui causent au bar ou bien quelques oiseaux gazouiller. Il suffit de fermer les yeux et on est dans l'ambiance. C'est du Roots dans tous les sens du terme et dans toute sa splendeur. Un seul morceau a été enregistré en studio 'Blues For Halvo', Halvo étant la personne qui a restauré la guitare sept cordes fabriquée par un certain Avelinius Tõnissoni en 1920... et ça sonne ! Pour les curieux, sa guitare habituelle est une Walden T550 équipée de micros dont le bobinage a été fait main par... Halvo, le luthier précité. 'Django', 'Station Blues Medley' et 'Room Service' ont été enregistrés dans un petit bar de Tartu avec la proximité du public. A l'origine, ce CD est sorti en cassette. Puisque je vous dis que c'est du 100 % Roots, à découvrir absolument.
César

Gina Sicilia
Tug of war

 

Genre musical: Blues emotion
Label : BLUE ELAN RECORDS
Distributeur : http://www.blueelan.com/gina-sicilia-store

En ce qui concerne le titre 'Tug Of War' (tir à la corde), il ne s’agit pas de cordes vocales qu'elle a solides, mais plutôt du combat permanent qu'il faut mener pour mener à bien sa vie, avec ses hauts et ses bas en prenant soin de ne pas trop effriter cette corde à force de tirer dessus. Gina Sicilia pour son septième album, s'est un peu plus dévoilée que sur  les six précédents et la plupart de ses textes ne donnent pas dans la franche rigolade. 'Abandoned', 'I Cried', 'Damaging Me', ‘They Never Pay Me', 'I Don't Want To Be In Love'. Fort heureusement, rien de triste dans la musique qui soutient bien la force et la profondeur de cette voix que Gina se plaît à moduler comme le font les chanteuses de soul music. Des fois, c'est un côté avec quelques résonnances un peu country qui prend le dessus 'I'll Stand Up'. On trouve aussi une ambiance franchement sixties avec la reprise de 'Tell Him' que jouaient, à l'époque, les Exciters. Quant à sa reprise de 'All My Lovin' des Beatles, le titre prend des allures de slow de l'été  et lui donne, une fois de plus, l'occasion de pousser sa voix.  Cet album peut plaire à ceux qui aiment les chanteuses qui s'expriment à gorge déployée et à ceux n'écoutent pas que du blues.
César

Jim Allchin
Decisions

Genre musical: Blues rock
Label : SANDY KEY MUSIC
Distributeur : iTunes, Amazon

Ce n'est pas parce qu'on a été une des têtes pensantes chez Microsoft avec environ vingt mille personnes sous ses ordres qu'on n’en est pas moins musicien virtuose au feeling indéniable. C'est le cas de Jim Allchin qui a débuté avec la musique. D'abord la trompette, puis son amour s'est tourné vers la guitare et c'est plus tard qu'il s'est mis à étudier pour devenir cadre très supérieur dans la boîte précitée. Maintenant, il aurait tendance à faire musique only. Decisions est donc son troisième album et le producteur qui l'a pris sous son aile est également le batteur sur cet album, l'awardisé Tom Hambridge. Vous aurez compris, d'après le titre,  que cet album porte sur les choix, sur les directions que l'on a à prendre dans la vie. Les trois premiers titres frappent assez fort avec du blues bien électrique où l'on trouve de beaux solos de guitare. 'Artificial Life', 'The Mexican End' et 'Bad Decisions'. Après, on alterne entre titres rythmés et titres plus posés dont trois instrumentaux. 'Just Plain Sick' boogie qui va très vite, où les claviers de Reese Wynans portent la vélocité d'Allchin. 'After Hours' dont le feeling me rappelle 'Parisienne Walkways'. Enfin, 'Destinity' titre aérien tout en finesse et légèreté qui clos l'album. Séquence émotion avec 'My Father's Eyes' chanson lente qu'il dédie à son père qu'il a perdu très jeune. A noter que sur plusieurs morceaux, les cuivres des Heart Attack Horns viennent pulser leur chaleur et que l'on trouve la voix de l'immense Keb Mo'  sur le titre 'Healing Ground' qui aurait pu être écrit par Chris Rea. Peut-être bien un CD à mettre dans le lecteur sur la route des vacances. A vous de voir !
César

Joseph Veloz
Offerings

Genre musical: Blues energisant
Label : BIG O RECORDS
Distributeur : Amazon

Joseph Veloz est un bassiste reconnu et apprécié par ses pairs. Sa basse à cinq cordes a accompagné pas mal d'artistes comme Greg Nagy, Lucky Peterson, Matt Murphy, Carl Weathersby, Mississippi Heat et beaucoup d'autres grands noms du blues, mais pas que. Cela lui a permis d'avoir un carnet d'adresses long comme le bras qui lui a bien servi pour la réalisation de cet album dont il a aussi fait les arrangements. Sur les huit titres qui composent ce CD, cinq invités sont venus poser leur voix. Après une composition instrumentale funk jazzy très dynamique  'Just Jammin'', Biscuit Miller vient donner de la voix sur 'Good Good Day' une reprise écrite par Eddie Kirkland. Pour suivre 'Mules For Biles (Blues For Miles)’ où l'orgue de Jim Alfredson et la guitare d'Erich Goebel se donnent la réplique, c'est au tour de Lucky Peterson de pousser de la voix sur 'Jukin' And Shakin'' accompagné par un feu d'artifice de cuivre. Le titre suivant est encore une compo instrumentale ‘He loves Me (God's Promise) !' où le côté chrétien affirmé et proclamé est mis en évidence ce qui est confirmé par les offrandes du titre de cet album. 'I Like Me Better When I'm With You' est soutenu par la voix de Greg Nagy. Une voix féminine, celle, puissante, de Jennifer Westwood est là pour une reprise d'une chanson extrêmement connue de Dolly Parton 'Jolene'. On termine avec, encore plus connu, 'Kiss' de Prince et là, c'est Joey Spina qui prend le micro et ça groove. Quels que soient les styles proposés, il en ressort une belle musicalité, une énergie communicative des arrangements soignés, et ça donne la banane.
César

Kathy & the kilowatts
Let's Do This Thing!

Genre musical: Blues, rock
Label : LECTRO FINE RECORDS
Distributeur : Amazon, CdBaby

Avec Kathy et ses Kilowatts, nous sommes dans la lignée de S.R.V. et des Fabulous Thunderbirds avec une voix féminine et sans harmonica. C'est ce que l'on ressent à l'écoute du titre qui ouvre l'album 'Let's Do This Thing'. Voilà pour le style, autant dire du blues avec une attitude rock, c'est ça le Texas ! Impression confirmée plus loin avec des titres comme 'Talking Out My Head' ou 'Love Came Knocking'. Certains comparent le timbre de voix de Kathy Murray à celui de Wanda Jackson, il est vrai qu'on la verrait aussi bien chanter de la country. Le guitariste en chef des Kilowatts est à la ville comme à la scène le compagnon de Kathy, en la personne de Bill Monster Jones. Avec un surnom comme celui-ci, vous vous doutez bien qu'il envoie ses Kilowatts au charbon pour le meilleur rendu comme dans ce 'Exception To The Rule' avec sa rythmique à la Bo Dudley, son invité (Ken Buck) à la beat box vocale sans oublier sa section cuivre qu'on retrouve dans deux autres titres, 'Each Kiss' rock en diable et 'Beautiful Moment', sucré à souhaits, genre slow de l'été. L'album de termine sur une touche de rockabilly avec 'Your Barn Door's Open', une histoire de braguette ouverte et le tout dernier titre où le contrebassiste Dylan Cavalirer emmène tout le monde avec son slapping sans répit. David Murray, frère de Kathy est venu prêter main forte sur quelques titres (guitare et basse). Let's Do This Thing est un album entraînant à écouter pour se tenir éveillé sur les longs trajets en tapotant les doigts sur le volant pour marquer la mesure. Avec quinze titres, on a le temps de faire des Kilowatts... heu, pardon, des Kilomètres !
César

Lightnin' Willie
No Black, No White, just Blues

Genre musical: Blues intense
Label : LITTLE DOG RECORDS
Distributeur : lightninwillie.com

Du feeling à l'état brut. Lightnin' Willie est un vieux routard du blues qui tourne non-stop depuis des décennies. Il a côtoyé les plus connus et composé des musiques de films mais c'est le blues qui l'anime avec des modèles comme Muddy Waters, Robert Johnson, Chuck Berry, Howlin' Wolf mais aussi George Harrisson et Keith Richards. C'est un guitariste au jeu posé et à la voix passée au papier de verre (grain fin). Pour nous mettre en jambe, les deux premiers titres 'Can't Get My Stuff' et ‘Eyes In The Back Of My Head' prouvent que Lightnin' Willie peut faire danser l'auditoire sans avoir à crier ni faire péter les watts, juste avec un ressenti profond de la musique qu'il interprète grâce à l'aide du bassiste producteur Pete Anderson qui tient aussi les parties d'harmonica. L'écoute du troisième titre 'Locked In A Prison' vaut largement une séance de relaxation sous lumières tamisées avec la douceur du saxophone de l'excellent Ron Dzubla que l'on retrouve sur d'autres morceaux et du piano de Michael Murphy. Skip Edwards, laisse tomber son Hammond B3 pour prendre l'accordéon sur 'Sad 'N Blue'. Du velours encore avec les titres 'Note On My Door' et 'Thinking Of You'. Ce dernier à un petit air de slow de l'été en nous ramenant du côté des sixties. Un boogie infernal 'Shake My Snake' termine cet album qui comporte une dizaine de titres dont les formats sont assez courts mais intenses, en moyenne trois minutes. Et comme le dit la pochette du CD No Black, No White, JUST BLUES !
César

Michael Packer
"I am the blues" My Story - Vol 3

Genre musical: Blues testament
Label : IRIS MUSIC GROUP
Distributeur : Amazon – iTunes

Monsieur Michael Packer souhaitait qu'on se rappelle de lui juste comme un simple bluesman. Le blues, il connaissait. L'alcool, la drogue, SDF rebelle errant dans les rues new-yorkaises, mais aussi activiste pour la paix, auteur-compositeur-interprète de grand talent, à tel point que le Chicago Blues Hall of Fame va être rebaptisé Michael Packer Chicago Blues Hall of Fame. Ce garçon au parler décontracté, tranquille et au jeu de guitare fluide n'aura pas vu la sortie de cet album qui marque la fin d'une trilogie dans laquelle il raconte sa vie. Il s'en est fallu de quelques jours. Le cancer aura gagné, une fois de plus. Le principe de ces trois CDs est simple. Une narration et pour suivre le titre qui correspond. Le CD commence avec 'Blues For Peace' en acoustique, sa voix et deux guitares, la sienne plus celle de Jack O'Hara. 'Fields Of Sorrow' le titre suivant voit l'addition de deux voix supplémentaires (Ed Jackson, Irving Louis Lattin) pour chanter le choc d'avoir vu une plantation du Mississippi, berceau de l'esclavage, transformée en attraction pour touristes. Le titre 'Flash Flame' relate le décès de son batteur Guy Powell sous ses yeux par la voix puissante d'Alexis Suter soutenues par une guitare électrique incisive. 'Do It All Over' est une chanson d'amour puissante interprétée en solo acoustique voix/guitare. Deux titres ont été enregistrés en live au très célèbre Buddy Guy's Legend, 'Chicago' et 'Mr. Packer' qui clos le CD. La dernière phrase que l'on entend dans ce titre est: «They gonna find me dead, these blues is killing me, I'm going out on fire before the devil takes me » RIP Mr. Packer.
César

Michel Herblin
Honey Mood

Genre musical: Blues, jazz, world music... No Limits !
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.herblin.com/Honey_MOod_-_Nouvel_Album.htmlAmazon – iTunes

Michel Herblin n'est pas assez connu et pourtant... Quel poète ! Pas besoin de paroles pour ses poèmes qui ne manquent pas d'air ni d'airs. Mélodiste hors pair, cet harmoniciste de génie (qui par le passé est allé rafler deux médailles d'or aux states lors de concours internationaux... champion du monde, quoi) sort son troisième album en vingt-cinq ans. Il a joué avec pas mal de blouseux Français (Bill Deraime, Mr Tchang, Nina Van Horn...) et aussi d'artistes comme les excellents Thibault Couturier et Nicolas Bacchus. Avec monsieur Herblin, pas de sons saturés, pas d'artifices, juste le filet d'air, les lamelles de son instrument et les mélodies coulent tranquillement. C'est soit un ruisseau d'eau claire, soit un papillon qui virevolte, tout est en délicatesse. Ses compagnons de jeux sur cet album, sont Guillaume Wilmot aux claviers et aux arrangements, Benoît Leduc à la basse (5 cordes), Philippe Pouchard aux guitares et pour d'autres souffles, Mary Estrade à la clarinette et au saxophone. En tout, douze compositions instrumentales dont certaines ont été écrites il y a quelques décennies comme ce 'Cuba Libre' qui donne envie de se dégourdir les jambes ou bien 'Poterne Des Peupliers' un vrai petit tourbillon printanier, sans oublier 'Variation' qui clos l'album comme on ferme un bon livre, plein d'images dans la tête. Le titre éponyme qui débute l'album 'Honey Mood' est lent et s'articule autour d'une rengaine qui prête à la rêverie. 'Keltas' est bien sûr un clin d’œil à la musique Celtique en même temps qu'un hommage au groupe du même nom, tandis que 'Oseille En l'Air' est un autre hommage, à Michel Legrand dont Michel Herblin est un fan. Pour 'Journal', il suffit de se laisser guider par  le côté jazzy et ses changements de rythmes qui sont autant de brises et de tourbillons qui font respirer ce titre. Et les musiciens sont toujours au top, à tel point que l'on peut parler d'orfèvrerie. Alors, pour une fois, le « pur » blues, laissons le de côté et profitons de cette musique trop rare, donc exceptionnelle.
César

Paul Macmannus and the Old Timers
Roo Doo Doo

Genre musical: Boogie, blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : paulmacmannus-oldtimers.com

Paul MacMannus ne chôme pas. Son CD Boogie & Soul tourne encore dans nos lecteurs que voici déjà une nouvelle production. Enregistré en prises live et en 2 jours cet enregistrement est une redoutable machine à rythmes. A la fois simple et vif, si le boogie en est la pièce maîtresse, le blues n’est pas absent de l’entreprise. Réduit à la portion congrue du power trio pour donner plus de mordant à l’ensemble le band dégage une belle énergie tout en ayant une certaine subtilité dans l’exécution. C’est avec une apparente désinvolture et un bon feeling que Paul MacMannus chante de sa voix légèrement rocailleuse et fait ronfler sa basse pour insuffler de la puissance à chaque titre. En parfaite symbiose, Hervé Letrillard marque le tempo à la batterie et Luc Lavenne slide, pique et gratte sa guitare avec une belle dextérité. Toujours plein de bonnes vibrations, avec eux le boogie part parfois dans des envolées planantes pour une virée sonore des plus excitantes et retrouve un côté plus sobre sur la plage suivante. La force de l’interprétation tient l’auditeur en éveil et maintient la tension tout au long des 10 titres. Le résultat est là, sans équivoque, ce Roo Doo Doo au titre amusant est un disque sans fioriture, riche et vibrant. Rien de superflu, seulement le bon groove.
Gilles Blampain

Rebecca Dry
Bring Back Soul

Genre musical: Soul
Label : Q SOUNDS RECORDING
Distributeur : DIFFER-ANT  

Le single de l’album, c’est ‘Watch What He Says’, Uptempo Northern Soul. De 0 à 100 en 3 secondes. Quand on n’a rien, on n’a rien à perdre, comme disait un prix Nobel. Autant tout dire, tout donner. Dans chaque album Q Sounds on retrouve cette recette : on démarre à fond, on accélère au milieu, et on termine en sprint. Parce que tout peut arriver demain : on peut se retrouver sans studio, sans musicien, sans chanteuse. Q Sounds Recording, le seul label se soul authentique en France, continue à creuser son microsillon, toujours sur le fil. Alors l’hymne du Wigan Casino peut retentir, ralenti, solennisé, cet amour infecté, ce ‘Tainted Love’. C’est la seule reprise de l’album. Les autres titres sont denses, parfois épiques à la Norman Whitfield. Toujours saturés de l’émotion dans la voix de Rebecca.
Cranberry Gordy

The Cash Box Kings 
Royal mint

Genre musical: Blues musclé et inspiré
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Dès la première mesure ça accroche l’oreille. Un son irrésistible par un band qui une âme et des tripes. Un band brillant déployant une énergie explosive, capable de jouer le son brut de Chicago pour enchaîner avec un blues façon Delta. Sachant passer d’un houserock débridé à un rockabilly sautillant. Pouvant déployer la frénésie du jump blues et maîtriser l’apaisement du jeu acoustique. Et tout ça avec un égal talent. Royal Mint est le 9ème album du groupe qui déroule 13 titres tous aussi puissants les uns que les autres. Deux têtes se partagent avec bonheur le leadership et le chant des Cash Box Kings, Oscar Wilson et Joe Nosek, ce dernier étant également harmoniciste. Nosek et Wilson signent la moitié des chansons de l’album, le reste de la set list étant composé de reprises de Muddy Waters, Jimmy Reed ou Robert Johnson. L’osmose est parfaite entre les deux bonshommes qui partagent la scène depuis une quinzaine d’années. Billy Flynn et Joel Patterson qui sont aux guitares donnent avec grand talent beaucoup de relief à l’ensemble de cet enregistrement. Si l’on ajoute que Kenny Beedy Eyes Smith et Mark Haines se succèdent à la batterie et que Brad Ber tient la basse on a la formation de base. Ajoutons que quelques invités ont été conviés au studio pour les titres pour lesquels le piano et la section de cuivres étaient nécessaires.
Gilles Blampain

Willa Vincitore
Better days

Genre musical: Blues, soul, pop
Label : BUILDING RECORDS
Distributeur :
willaandcompany.com/repertoire, Amazon, CdBaby

Ce premier album était attendu depuis très longtemps, mais Willa Vincitore était prise par son engagement au sein de la formation de l'harmoniciste awardisé Chris O'Leary, qui d'ailleurs est venu la soutenir sur cet album de blues à forte coloration soul avec quelques touches de funk. Une incroyable brochette de musiciens de haut vol sont également présents sur cet album. D'abord, Lee Falco le batteur et Brandon Morrison le bassiste qui ont travaillé avec Donald Fagen, Andy Stack, Amy Helm... Ce sont aussi les deux producteurs de ce CD qui ont parfaitement saisi les capacités vocales et la personnalité de la chanteuse pour lui tisser une musique sur mesure. Le guitariste est Chris Vitarello (Bruce Katz, Butch Trucks) pour la guitare acoustique, c'est Petey Hop (Pinetop Perkins, Mitch Woods)  La section cuivre est composée de gens venu du jazz, du blues et du rhythm and blues. Jay Collins au  saxophone, Reggie Pittman à la trompette. Le clavier est Scott Milici. Que Willa soit seule avec une slide guitar 'Demons' ou bien avec l'orchestre au grand complet avec des chœurs puissants 'Love Looks Good On Me' elle est partout à l'aise et fait le sans faute. Autant la guitare agressive soutient des titres comme 'Hey little Sister' ou 'Mama Needs Some Company' autant on se laisse bercer par des titres comme 'Caroline' où l'on est sur un nuage  ou 'Look What  We've Done' où il n'y a qu'à lâcher prise pour se laisser entraîner dans un style où la soul flirte avec la pop. Peut-être verrons-nous un jour écrit: Award du meilleur premier disque. Sait-on jamais.
César

Zozophonic Orchestra
That Thing

Genre musical: Festif
Label : GROLEKTIF
Distributeur : L'AUTRE DISTRIBUTION

Le groupe qui s’est déjà exposé sur de nombreuses scènes des deux côtés de l’Atlantique présente avec That Thing son troisième album. Zozophonic Orchestraqui a la puissance et la dextérité d’un big band de jazz s'affranchit des étiquettes en mêlant blues, soul, hip hop, funk, sans oublier ici et là des touches caribéennes et africaines pour pimenter le tout. Les univers sonores se télescopent et un groove magique naît de ce big bang musical. Manouche Fournier (National steel et lap steel guitar), Nicolas Frache (guitare), Etienne Kermarc (basse), Jean Joly (percussions), Fred Gardette (saxo alto et baryton) et Jean Crozat (trombone et sousaphone) sont à la manœuvre. Ils concentrent la puissance du rock, le feeling de la soul et la rage du rap. Quand ils reprennent ‘Little Baby’ de Willie Dixon ou ‘Dust’ de Robert Johnson ce n’est pas pour en faire une énième copie académique mais pour revisiter la composition en profondeur et en faire une création personnalisée. Sinon ils signent 7 titres sur les 10 que présente le CD. La production est impeccable. L’ensemble déborde d’énergie et les 38 minutes du disque passent plutôt vite.
Gilles Blampain