Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

été 20
Chroniques CD du mois Interview: JUNKYARD CREW Livres & Publications
Portrait: BLIND LEMON JEFFERSON Interview: MAINE IN HAVANA Portrait: ROBERT FRIPP
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

JUILLET - AOUT 2013

Beth Hart et Joe Bonamassa
Seesaw

Genre musical: Swing, Blues, rock.
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Des reprises certes, mais quelles reprises ! Comme une envie de remettre le couvert, Beth Hart et Joe Bonamassa que nous avions quittés fin 2011 avec Don't Explain reviennent avec un album où leur complémentarité fait à nouveau « Bingo ! ». La même équipe les accompagne : Anton Fig aux percussions et batterie, Carmine Rojas à la basse, Blondie Chaplin à la guitare et Arlan Schierbaum, orgue et piano. Ce nouvel album est un florilège de clins d'œil à de grandes Dames de la musique soul. 'Close To My Fire' rappelle à qui l'aurait oublié la puissance vocale de la regrettée Amy Winehouse. L’énergie de Tina Turner vient hanter nos souvenirs sur 'Nutbush City Limits'. Là, la guitare endiablée de Joe Bonamassa décoiffe tout. Autres hommages à Nina Simone et Billie Holiday avec 'Them There Eyes' et le toujours dérangeant mais néanmoins essentiel 'Strange Fruit'. Comme le souligne Beth Hart dans une interview: « I don't have any personal relationship to slavery in my family but I can at least sing it from a place of compassion. It was important to me to do this ». 'If I Tell You I Love You' se rapproche de nous puisque c'est tiré de l'album de Melody Gardot, The Absence sorti en 2012. Le solo de Joe Bonamassa illumine ce titre envoûtant, velouté, sexy... Dernier hommage, celui rendu à celle que Beth Hart a adoré : Etta James avec 'Rhymes' et surtout 'A Sunday Kind Of Love' présent sur cet album parce que la mère de Beth appréciait ce titre plus que tout autre. Des reprises donc mais surtout des hommages. De splendides hommages.
Tristan Sicard

Dawn Tyler Watson et Paul Deslauriers
Southland

Genre musical: Americana
Label : L-ABE
Distributeur : www.dawnandpaul.com

Après un premier CD en commun en 2004 (En Duo), l’association Paul Deslauriers et Dawn Tyler Watson se reforme en affichant une belle complicité. Connu pour son jeu électrique percutant, Paul Deslauriers change de style pour cette nouvelle rencontre, tandis que Dawn Tyler Watson dont la présence scénique au sein de grands orchestres est toujours remarquée, révèle ici un côté plus délicat. Les deux artistes intègrent de multiples influences musicales pour recréer un univers dans lequel ils nous entraînent sans résistance. L’interprétation est chaleureuse et sensible pour des ambiances sobres qui donnent un côté intimiste à l’ensemble. Une grande partie du disque est acoustique tout en finesse et en velouté mais le tempo change à de courts moments où Paul Deslauriers rebranche sa guitare tandis que Dawn Tyler Watson monte en puissance et qu’ils sont rejoints par d’autres musiciens. Cet enregistrement dévoile de belles harmonies vocales, des ambiances pop, folk, parfois bluesy, sans se priver de quelques échos de rock ou de soul. Sur les 12 titres alignés, les reprises sont au nombre de quatre, ‘Southland Of The Heart’ de leur compatriote Bruce Cockburn, ‘Crosstown Traffic’ de Jimi Hendrix, ‘Rain Song’ de Led Zeppelin et ‘Ne Me Quitte Pas’ de Jacques Brel. Un disque indéniablement plein de charme.
Gilles Blampain

deltaR
Check it out baby

Genre musical: Canned Heat Garage
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : Amazon, iTunes, www.deltar-band.com

22, revoilà les trois Suisses sous acide ! Deuxième buvard: Check It Out Baby. Le premier, He Knows Where Bad Girls Live, comportait sans doute quelques étourderies de jeunesse dans sa radicalité ; le deuxième est impeccable, barbelé d’un blunk devenu psychédélique, moins trash mais beaucoup plus incisif. Deux références immédiates : Canned Heat et le garage 60’s, ainsi qu’une touche plus contemporaine difficile à identifier, pas vraiment punk en fait, purement deltaR si ça se trouve. Par contre, Canned Heat, ça oui, indubitablement. Contrairement à ce que pourrait laisser penser toute cette agitation, la classe de deltaR est une affaire d’équilibre. Les combustions inopinées, les fusions d’ampli restent toujours sous contrôle. Leur blues est tenu et contraint à la concision. Quand il est aussi intense et inflammable, il ne faut surtout pas le laisser partir dans tous les sens, il sera d’autant plus offensif ainsi compressé. Pas d’onanisme contre-productif donc, deltaR a ce respect pour sa musique. Le bouzin lui-même ne pèche pas par la longueur, il mesure juste le bon timing pour rester excitant de bout en bout, et s’enchaîne avec une dynamique aux petits oignons, d’une plage à l’autre mais aussi, dans le for des chansons, d’un mouvement à l’autre. La guitare, qui met un peu de lierre sur les poteaux carrés de la section rythmique, est particulièrement finaude. L’album parfait, quoi. Quatre reprises étonnantes, méconnaissables parfois, comme ‘Wang Dang Doodle’, les couplets paraissant sortir tout droit de Living The Blues, le refrain ayant l’air d’appartenir à Jr Kimbrough (‘All Night Long’). Et ces trois excellents Suisses s’appellent : Nicolas Roggli (chant et guitare), Gabriel Scotti (basse et claviers), Jean-Philippe Mercier (batterie), plus Vincent Hänni pour un petit solo en passant.
Christian Casoni

Denis Viel
Sunset blues

Genre musical: Blues eclectique
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : cdbaby

Allez, on se fait une envolée en direction du Canada. Denis Viel, ça vous dit ? Le garçon est avant tout guitariste. Il joue sur toutes sortes de guitares, mais il pratique aussi la mandoline, la basse et la contrebasse. Et comme si cela ne suffisait pas, ajoutez la pedalsteel et les claviers et vous aurez un aperçu de la place qu’occupe ce garçon sur son album. Ah, j’oubliais, il chante aussi, et même plutôt bien. Il ne reste plus qu’à inviter un bon batteur qui joue avec finesse, Christian Bourgoin, et faire appel à l’harmoniciste Little Leslie qui fait virevolter les notes et on obtient un CD gorgé de feeling où le blues à des échos de JJ Cale, de country et de musique Cajun. Son aisance à la six cordes, avec ou sans bottleneck, électrique ou acoustique, lui a valu quelques prix, dont l’invitation à jouer au festival Blues sur Seine, il y a quelques années déjà. Pas de notes inutiles, de démonstrations superflues. L’artiste va à l’essentiel avec cœur et simplicité, ce qui fait qu’arrivé à la fin du CD, on se le remet au début pour repartir pour une quarantaine de minutes de blues variés et bien produits.
César

Fossen & Struijk Band
Clubbing

Genre musical: Hyper-Chicago-Blues
Label : BLUES BOULEVARD
Distributeur : MUSIC AVENUE

Eux, ça fait longtemps qu’ils ont passé l’âge de collectionner les cartes Pokémon, mais ils plongent dans le Chicago blues avec un enthousiasme juvénile auquel il est difficile de résister. Ils seraient presque trop généreux dans le service, particulièrement pas radins sur le chronomètre. On pourrait craindre que l’intérêt ne s’émousse avec la longueur, mais non. Peut-être parce que l’album a l’air d’évoluer avec le degré d’échauffement du guitariste Peter Struijk (oui, Struijk… le générique est néerlando-néerlandais). C’est comme si les titres apparaissaient dans la chronologie des enregistrements, du plus tiède au plus ardent. Struijk, qui doit soloter du pouce et de l’index, a d’abord l’air embarrassé. Il lâche des petites phrases tortueuses, erratiques, parfois maladroites, mais se déplie chemin faisant : la force, la verve, la fluidité se déclarent petit à petit et se conjuguent en un brasier dévorant sur le final, ‘Sinner’s Prayer’ : 11 minutes 46. Robbert Fossen a une belle voix noire et joue de l’harmo sans chercher l’exploit, mais son discours est toujours racé. Reste à présenter la section rythmique : Jan Markus (basse) et Eduard Nijenkuis (batterie) font voluptueusement rebondir cette balle qui donne le shuffle. Chez eux, le South-Side est une revendication de militant. Ils le prennent en formation serrée. L’enregistrement clair et les extensions de guitare n’apportent pas vraiment le rock dans ce blues, plutôt une touche qu’on pourrait appeler (avec pédanterie) hyper-Chicago. Quel que soit le nom qu’on donne à ce South-Side extrapolé et les micro-nuances qu’on lui prête en se piquant de jouer les gourmets, l’album Clubbing est magnifique.
Christian Casoni

Jimi Brown Experience
Jimi Brown Experience

Genre musical: Funky, Funky, Funkyyyy !
Label : IMAGO RECORDS
Distributeur : Amazon, iTunes

Que cet album puisse vous permettre de vous déhancher, de vous tortiller, de danser car il mêle les sons de deux « tontons » du funk et du rock : Jimi Hendrix et James Brown. Dès l'intro 'Hot Pans', ce groupe vous réveille les tympans sur un rythme saccadé profondément funky. On y adhère d'entrée. La suite n'est finalement que là pour confirmer le bien-fondé de ce premier titre annonciateur. Car là où la prouesse est belle, splendide même, c'est que les cuivres Seb Chaumont et Selim Nini (saxophone), Fred d'Oelsnitz (trompette), Tahina Razafindratsiva (trombone) complètent à merveille les riffs rythmiques de Jonathan Gritella (guitare) et la basse de Fabrice Bistoni. A la batterie, Laurent Sarrien nous montre toute sa dextérité notamment sur 'Fire'. 'Get On The Good Foot' décille les yeux et ouvre les oreilles. Si par chance, vous le calez le matin au saut du lit, petit déj' et matinée sont lancés sans problème. C'est fluide, c'est limpide, c'est soul et funky ! Quel que soit le titre abordé, ces comparses la jouent tranquille, sans prise de tête avec une réelle sincérité. Ecoutez 'Purple Haze' au son diaboliquement psyché telle la pochette de leur album.
Tristan Sicard

Lino Muoio
Mandolin Blues

Genre musical: Assez rare
Label : CHEYENNE RECORDS
Distributeur :
Amazon, cdUniverse…

Qu’on évoque la mandoline et on parle de Naples et ses ritournelles sans oublier de fredonner ‘O Sole Mio’, le féru de blues, lui, citera plutôt Yank Rachell et le Tennessee. A moins d’être une spécialiste les références n’iront pas beaucoup plus loin. Italie du sud contre sud des Etats-Unis, Lino Muoio fait la jonction. Italien, bluesman et mandoliniste, il nous livre 14 compositions de son cru, interprétées in english. Joueur de guitare, de ukulélé, de banjo au sein du band transalpin The Blue Stuff durant de nombreuses années, le voilà en solo pour son deuxième CD entièrement dédié à la mandoline pour son plaisir et le nôtre. Cet enregistrement possède un doux parfum de nostalgie. Les ambiances créées par la mandoline associée au piano, au trombone, à la clarinette, au dobro et au violon sont des plus agréables. Loin de sentir la naphtaline, ce disque nous enveloppe dans de douces vapeurs d’antan. C’est tour à tour sautillant, langoureux, émouvant, allant du country blues, au swing, en passant par le jazz New Orleans et le bluegrass. S’il signe tous les titres et joue brillamment de son instrument, Lino Muoio laisse le chant à Bob Ray Green, Lonnie Wilson, Mario Insenga, Guido Migliaro, Veronica Sbergia, Michelle Chiuchiolo. Une très belle production qui sort du lot.
Gilles Blampain

Mannish Boys
Blues Horizons

Genre musical: Blues variés
Label : Sweet Home production
Distributeur : mannish.boys.free.fr

Les horizons du blues sont multiples et les couchers de soleil qui s’y enfoncent leur donnent des couleurs changeantes. Avec ce 9ème album le band toulousain nous entraîne sous diverses latitudes. Ambiances venues de Chicago, de Memphis, des Caraïbes, blues sautillant et joyeux, maussade, parfois nostalgique, tout cela exécuté de façon séduisante et inspirée. Mais l’on sait depuis longtemps que le groupe aime retailler le blues sous des facettes colorées et variées. Country, rock, soul ou swamp, pourquoi s’enfermer dans un style quand on les apprécie tous ? Bruno Metregiste signe11 titres sur les 14, le disque débute par ‘Motherless Child’ une reprise de Blind Willie Johnson, plus loin c’est Howlin’ Wolf qui est de la revue avec ‘Smokestack Lightnin’’ et le dernier titre interprété est ‘Rum & Coca’ popularisé dans les années 40 par les Andrews sisters. L’inspiration change mais le band maîtrise toujours le sujet. A noter un léger changement par rapport au précédent CD, Mojo Bruno s’impose toujours en leader à la guitare et au chant, Mickaël Mazaleyrat apporte encore sa touche spéciale à l’harmonica, Jeff Cazorla tient la basse, mais Jérôme Arias a pris la place de Benjamin Naud à la batterie. L’horizon reculant à mesure qu’on avance, les Mannish Boys ont encore une longue route devant eux. Suivons-les !
Gilles Blampain

Omar Dykes
Runnin' with the wolf

Genre musical: Hommage
Label : MASCOT
Distributeur :PROVOGUE

Omar m’a tué, Dykes m’a ressuscité ! Avec l’organe vocal dont la nature l’a doté Omar Dykes est un des rares chanteurs à pouvoir reprendre le répertoire d’Howlin’ Wolf sans friser le ridicule. Après un premier titre, hommage au maître, signé de sa main, Omar Dykes enchaîne 14 titres emblématiques ‘Killing Floor’, ‘The Red Rooster’, ‘Spoonful’, ‘Who’s Been Talkin’’, ‘Back Door Man’, ‘Wang Dang Doodle’… composés par Chester ‘Howlin’ Wolf’ Burnett lui-même ou spécialement taillés pour lui par Willie Dixon. Toutes chansons à classer directement dans l’inventaire du blues. Comme Dykes le dit dans les notes du livret : «  Howlin’ Wolf mettait la poussière du Delta dans chaque note qu’il composait et dans chaque mot qu’il chantait, tandis que Willie Dixon ajoutait l’empreinte urbaine ». Omar Dykes évite le piège de l’absurde copie conforme et réinterprète les titres à sa manière tout en respectant l’esprit du créateur. Le style est nerveux, tendu, presque féroce, proche du rock’n’roll comme le faisait Howlin’ Wolf, la voix est forte et rauque. Enregistré à Austin, les musiciens conviés à la réalisation de ce projet sont très nombreux et tous à la hauteur. Nul ne remplacera Howlin’ Wolf, Hubert Sumlin ou Henry Gray, tel n’est pas le propos, mais ce CD offre près d’une heure d’une remarquable prestation dynamique et jouissive.
Gilles Blampain

Robbie Hill & The Blues 62’s
Price to pay 

Genre musical: Blues-Rock
Label : BLUES BOULEVARD
Distributeur : MUSIC AVENUE

Aujourd’hui, le niveau monte tellement haut que plus personne ne songe à s’étonner. On écoute sans sourciller des titres super bien composés et chantés avec conviction, sens évident de la mélodie, solos de guitare chargés de sentiment, doigtés fabuleux, rythmiques exigeantes qui tabassent implacablement et ne décompressent jamais, des disques qui sont, de surcroît, des aventures pour leurs auteurs et conservent les élans magiques de la virginité… Bref, la routine du blues-rock. Il y a tellement d’humbles virtuoses qui s’expriment, avec beaucoup d’authenticité, dans ce style prolo, hautement moral quand le groupe s’y tient alors qu’il aurait largement le capital pour assouvir d’autres ambitions, plus grandiloquentes… Robbie Hill mérite mille fois cet éloge. C’est l’histoire d’un jeune Ecossais qui s’en va enregistrer un album irréprochable à Helsinki, avec Jesse King à la basse (qu’on nous présente comme le Henry Kissinger du blues), Tatu Pärssinen à la batterie et Harri Tattonen aux claviers. Voilà le Blues 62’s. On se croirait sur le podium d’une course de F1 ! Blues-rock, certes, avec quelques nuances, folk-blues : ‘Price To Pay’ (americana peut-être, si quelqu’un sait ce que recouvre ce terme), rocks bien riffés façon pub : ‘No Place To Hide’, ballades déchirantes : ‘Please Come Back To Me’, ou jump instrumental dévastateur : ‘You Ain’t Right’. Tout est bon dans le Hill. Qu’ajouter ? C’est du blues-rock.
Christian Casoni

Roomful Of Blues
45 Live

Genre musical: Jump, Swing, Blues...
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Pour fêter ses 45 ans de carrière Roomful Of Blues a organisé en mars 2013 trois soirées de concert dans le club The Ocean Mist à Matunuk, Rhode Island. Trois fois la salle s’est retrouvée bondée et le public n’a pas retenu ses ovations. Classieux, pétaradant, énergique, un swing du feu de Dieu, c’est Roomful Of Blues, le band qui passe du bop au lowdown blues, du jump au jazz avec une aisance presque insolente. Un vrai feu d’artifices ! 45 ans ça se fête et l’occasion était trop belle pour ne pas la partager avec les fans de longue date, et ils sont nombreux, voilà donc un enregistrement live qui ravira les inconditionnels. Chris Vachon, guitariste et leader du band a sélectionné soigneusement les titres de la set list dans laquelle on retrouve quelques hits comme ‘Turn It On, Turn It Up’, ‘That’s Right’, ‘Dressed Up To Get Messed Up’, en tout 14 titres plus dynamiques les uns que les autres.  La rythmique est en béton, la section de cuivres est au top (mais a-t-elle déjà été défaillante ?), les solos de guitare sont enflammés, le saxo est rugissant, l’orgue est vrombissant, le chant est exalté. C’est joyeux et exubérant. Créé à la fin des années 60 le mini big band a vu passer dans ses rangs plus de 50 musiciens et chanteurs qui ont fait sa renommée. La réputation du groupe n’est plus à faire, il est au sommet depuis longtemps et gageons qu’il y restera encore pour quelques décennies.
Gilles Blampain

Tail Dragger
Stop Lyin'

Genre musical: West side of Chicago
Label : DELMARK
Distributeur : SOCADISC

Plus qu’une nouveauté, ce disque a une valeur d’archive, de trésor révélé. C’est le tout premier enregistrement effectué par Tail Dragger en 1982, resté dans un coin de placard pendant 30 années. Chicago, session de studio du 29 septembre 1982 : pour l’occasion Tail Dragger est entouré par Johnny B. Moore (guitare), Willie Kent (basse), Larry Taylor (batterie), Little Mack Simmons (harmonica) et Lafayette Leake (piano), le tout produit R.J Iron Jaw Harris. Comment rater un enregistrement avec un tel aréopage ? Impossible ! Alors que s’est-il passé ? Tout est dans la boîte, malheureusement R.J Harris meut précocement et ne peut aller au bout du projet. Jimmy Dawkins propose alors de sortir sur son label Leric Music un EP avec les titres ‘So Ezee’ et ‘My Head Is Bald’, mais les 7 autres titres restent inaudibles pendant 30 ans. Les voilà à présent révélés par la volonté de Delmark : du pur West side sound labélisé 80’s. Tout est impeccable, c’est brut, puissant, rocailleux, lumineux. Un vrai régal pour tout amateur. Pour clore le CD Tail Dragger évoque ses souvenirs d’une époque révolues en 16’41 (‘Tail’s Tale’). Comment ça se passait dans le studio, ses rapports avec les uns et les autres et l’ombre d’Howlin’ Wolf qui plane au-dessus : une page d’histoire du Chicago blues.
Gilles Blampain