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été 19
Chroniques CD du mois Interview: GROUND ZERO Livres & Publications
Portrait: JAMES COTTON Interview: FLYIN' SAUCERS GUMBO SPECIAL Portrait: ROBIN TROWER
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

MAI 2019

AG Weinberger
Reborn

Genre musical: Blues, jazz
Label : BIGFOOT RECORDS
Distributeur : CdBaby, Amazon, iTunes, Spotify    

La voix tantôt veloutée tantôt rocailleuse de Weinberger nous fait entrer dans un univers à la frontière du blues et du jazz, où douceur et rythme se croisent et s'entremêlent en un jeu maîtrisé. 'The Fool's Lucky Day' témoigne de ce mélange des genres avec une guitare slide glissant sur des accords jazzy. La guitare est claire et décidée, la batterie feutrée et la basse bourdonne des rythmiques entraînantes. De ballades en morceaux dansants, les musiciens déclinent tout un panel d'émotions au fil des compositions. La très blues et plutôt lente 'On The Wrong Side' fait écho au slow 'Just One Minute', lui-même suivi d'un 'Cadillac Blues' qui démarre sur des motifs plus rapides à la guitare. Le titre éponyme, plus atmosphérique et plus long que les autres chansons du disque, s'en démarque par ses accents de ballade presque country. La véritable surprise de cet album est cependant ‘I Am The Water’ qui le clôture, un titre joué uniquement au piano et accompagné d'une voix poignante et dramatique. Reborn offre un aperçu à la fois doux et entraînant d'un genre hybride qui trouvera son public à coup sûr.
Marion Braun

Automatic City
Triple Ripple

 

Genre musical: Exotica Blues
Label : WITA RECORDS
Distributeur : L'AUTRE DISTRIBUTION

L'ovni blues du mois, œuvre sonique unique ! Quatre garçons dans le futur du blues premier... Lyon, la capitale des Gaules, qui à travers un pacte 'voodoo', doit être jumelée depuis des temps anciens avec le Delta du Mississippi ! Alors qu'Éric Duperray, Emmanuel Mercier, Raphael Vallade et Zaza Desiderio se partagent les instruments de base du blues électrique, il faut rajouter sitars, flûte, mélodica, bellzouki, thérémine, marimba, stylophone, bongos, pandero, berimbau, udu ! Palette instrumentale à laquelle se rajoute aussi divers effets sonores extra-terrestres nous ramenant aux séries TV américaines de l'après-guerre. Autour de 3 instrumentaux, 'First Ripple', 'Second Ripple' et 'Triple Ripple', qui constituent la charpente de cet édifice, ondulent compositions originales dans une veine 'exotica orientaliste' signées Mercier et Duperray. 'King Money King' nous rappelle le regretté Rachid Taha tandis que 'Gas O Line' pourrait être le thème d'une série TV composé par John Barry.  De nombreuses reprises également, toutes réincarnées dans l'esprit du collectif Automatic City. 'Shrinking Up Fast' un mambo de Camille Howard, chanteuse R’n’B des 40's et 50's.' Deux reprises de RL Burnside, 'Going Down South' et 'See My Jumper Hanging On The Line', ou un trajet avec Skip James himself à bord d'une voiture volante au-dessus d'une mégalopole du 27ème siècle. Joe Hill Louis est présent avec son 'Tiger Man' où, gémissements de félin et cris de Tarzan nous propulsent dans la jungle épaisse, avec dans les dernières secondes, un clin d'œil aux Cramps. Le 'Good Morning Little Schoolgirl' de Sonny Boy Williamson I, le croirez-vous? C'est Curtis Mayfield qui s'y colle en hoquetant façon le King of Rockabilly, Charlie Feathers. Autre King, l'interprétation de 'Animal Instinct' qu'Elvis chantait dans une nullité de 1965, 'Harum Scarum' ('C'est La Fête Au Harem') et où, d'un coup du revers de la main il alignait un guépard... C'est leur 3ème album, leur meilleur. Le blues hanté d'Automatic City ravive la flamme mystérieuse des origines de cette musique, sans cesse en renouvellement. Ce n'est pas très courant, il faut le signaler. 
Juan Marquez Léon

BelpheGorZ
BelpheGorZ

 

Genre musical: Rock
Label : CLOSER RECORDS
Distributeur : DIFFER-ANT

Les BelpheGorZ, dont l’arbre généalogique affiche fièrement l’appartenance ancienne à une haute lignée du rock méridional ne sont assurément pas les perdreaux de l’année. Le visuel du digipack est vaguement angoissant, avec une poupée Chucky qui s’y frotte s’y pique devant une guitare-basse en attente de possession en arrière-plan. ‘Vintage Girl’, le titre phare de leur premier CD 5 titres ouvre également ce nouvel opus. Comme un demi-instrumental surf mutant, il donne le ton à cet album de 11 titres : claviers Stranglers, guitares voodoo-surf-rockab, voix exaltée d’outre cave, le gang nous concocte un brouet hypnotique, dérangé et addictif : B 52’s garage sous amphétamines ou Rezillos dépressif sous acides, BelpheGorZ fusionnent une pop-punk-glam-rock en mode Blade Runner avec danseuses burlesques à trois seins. On pense aux Cramps, pas tant pour la musique que pour cette capacité à instaurer des climats déviants de série Z. Dans cet étrange cabaret, la voix, psalmodiante,  ronronnante lancinante ou éthérée est utilisée comme un instrument, et accentue le côté sérieusement barré de l’aventure. Le clavier ponctue les morceaux de ses interventions impérieuses, la rythmique assurant le train sans faillir. Au final, un florilège de morceaux plus d’ambiance que de compositions, un univers sonore singulier. On trouvera plus difficilement la mélodie à fredonner sous la douche, seul petit reproche que l’on pourra adresser à ces brillants Marseillais, qui après tout, n’on jamais prétendu jouer de la power-pop et clôturent leur exercice par une version réussie du ‘Radioactivity’ de Kraftwerk.
Laurent Lacoste

Bord
For Better And For Worse

 

Genre musical: Mélancolies rock 
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
www.bordmusic.bandcamp.com

Ça commence comme la formation d’une planète gazeuse : un americana atmosphérique qui fait sa buée. On sent bien que la denrée essentielle de ce quatrième album va être le temps, du slow food, qu’il ne va pas falloir être pressé, ni attendre d’être décoiffé par le père de tous les riffs. Il y en a que ça agacerait. Et comme on se laisse bercer, on ne se rend pas compte qu’on est déjà sorti de la buée et qu’on trempe maintenant dans un bain de composition fine, plus charpentée qu’on ne l’avait imaginé. Petit à petit les chansons commencent à myéliniser leurs terminaisons nerveuses. On distingue un peu mieux les contrechants twangy d’une guitare souterraine, les lames de fond orchestrales qui touchent au foie, les lignes mélodieuses d’une guitare plus claire qui reprisent tout l’album, et l’énergie stoïque de quelques sombres arpèges électriques. L’americana est loin depuis longtemps, on s’est coulé imperceptiblement dans une chanson plus traditionnelle, avec ses ballades éternelles, forgées comme des tisonniers à souvenirs. ‘Isabelle’ et ‘For The Right Time’ s’imposent même comme deux hits pop en puissance. Bord (quel est son prénom, de quelle partie de l’Hexagone arrive-t-il) « déchante pour mieux chanter », selon sa formule. Le dénommé Urban Lambert joue toutes les guitares et le moog. Christophe Hubert et Julien Takeyan tiennent la section rythmique, basse, batterie, percus, et Patrick Ychard, les claviers. Elle est assez mélancolique, mais y a quand même de la joie. Et indéniablement de la beauté.
Christian Casoni

Fuzzy Grass
1971

 

Genre musical: Heavy-psych 
Label : SWAMPLAND
Distributeur : fuzzygrass.bandcamp.com/album/1971

Le vent se lève sur les quais de la Garonne. Chaud, presque brûlant, il annonce l'orage qui va refroidir les murs de briques après une journée étouffante sous le soleil de juillet. Toulouse va connaître la colère des cieux. Mais avec la fraîcheur va revenir la vie nocturne. La place Saint-Pierre fourmille déjà de jeunes gens en goguette à la recherche d'un verre, à la recherche de l'excitation. Les Fuzzy Grass habitent la Ville Rose, et ils ont rêvé de jouer du heavy-blues psychédélique. De l'excitation, ils vont en donner, comme d'habitude depuis leur formation en 2015. Le pas est aujourd'hui décisif, avec ce premier album. Quatre chevelus possédés ont mélangé une dangereuse mixture de Colour Haze, les magiciens du stoner-blues allemand, mais aussi Grand Funk Railroad, Pentagram, Leaf Hound… Audric Faucheux s'occupe du chant et des machines, Thomas Hobeck de la basse, Clément Santiago Gaudry de la batterie. La guitare est tenue par une jeune femme aux longs cheveux bruns et au talent décisif : Laura Luiz. Elle et Faucheux forment un duo de devant de scène particulièrement percutant. La rythmique assure un travail de premier ordre, indispensable pour permettre à la voix chaude et à la guitare suintant le blues électrique de s'exprimer. Sept cavalcades électriques sont au programme, dont les fascinants 'The Alone Boy', 'The Faceless Man' ou 'The Winter Haze'. 1971 est un album de premier ordre.
Julien Deléglise

Kenny « Beedy Eyes » Smith
& the House Bumpers

Drop The Hammer

 

Genre musical: Blues hommage  
Label : BIG EYES RECORDS
Distributeur : iTunes, Amazon, Spotify

La musique de Kenny « Beedy Eyes », honnête et respectueuse du genre, s'inscrit dans la lignée de la grande tradition du blues. Il est cependant difficile de lui attribuer un genre spécifique, car le fils de Willie « Big Eyes » Smith, lui-même musicien de légende et compagnon du grand Muddy Waters, est pétri d'influences qu'il transmet volontiers au fil de morceaux éclectiques. Les trois premières chansons reflètent cet héritage : 'Head Pounder', embellie par l'usage d'un sitar, débute l'album avec un son à la fois proche du blues roots et résolument moderne dans son approche. Vient ensuite 'Hey Daddy’, un Chicago blues au ton plus léger porté par l'harmonica, dans lequel on retrouve les voix des enfants de Kenny. 'Drop The Hammer' surprend par son groove et son intensité, qui contrastent encore avec les deux titres précédents et que les chœurs viennent amplifier. De l'énergie se dégage de tout l'album, comme sur la funky 'Puppet On A String', qui fait taper du pied en cadence ; ou la très efficace 'One Big Frown' où Kenny et la choriste Kimberly Johnson se donnent la réplique. Le disque se termine sur un slow instrumental, non sans avoir auparavant dévoilé des compositions plus lentes. Avec ce disque, Kenny présente ses hommages à une tradition dont il est l'héritier tout en se montrant capable de se l'approprier pour la faire basculer dans notre ère.
Marion Braun

Lo Pailhes
Echos

 

Genre musical: Chansons rock métaphysiques
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.pailhes.com, pailhes.bandcamp.com/album/echos

On va y aller mollo. De quoi s’agit-il ? De chansons à texte. En tout cas, poétiques. Ou alors, de nouvelles arrangées en charades et mises en rock. Voilà, c’est plutôt ça. Des textes littéraires déclamés sur des emballements de batterie, des ondulations de basse, quelques riffs, power chords, arpèges bien ficelés, contrechants de guitare, et une voix qui porte. Pailhes vit à Marseille, ce que trahit parfois une toute petite pointe d’accent, comme ces accords suspendus trahissent son initiation par des groupes de rock. L’album, qui a démarré dans l’incantation, s’ouvre peu à peu à la mélodie. L’auteur, car c’en est un, commence alors à chanter pour de bon, et ses guitares aussi. Les textes parlent de mouvements de court terme, moyens de locomotion, bateaux, trains, débarcadères, passagers, exotismes intérieurs, et du surplace de long terme auquel sont condamnés les vivants, d’horizons aspirants et de haine des murs : « Je ne pourrais pas vivre à Berlin Est/ J’aurais trop peur que, du jour au lendemain, ils reconstruisent un mur/ Je devrais alors me salir les mains/ A creuser un tunnel improbable/ Pour courber le sens du futur ». Dans ce jeu, le hasard est un atout instable (« Il aime confier la barre à la chance qu’il n’aura pas/ La chance, ce n’est pas non plus le trait caractéristique/ De ces milliers de gens qui se trouvaient ce soir au même endroit »). Tout le mérite d’une œuvre de ce genre, c’est sa franchise et le risque qu’elle sous-tend. Autant de témérité pouvait finir dans un écrabouillage d’autant plus cuisant que l’auteur se dépoile sans protéger ses arrières. Pailhes fonce tout droit, il a ses deux potes avec lui, Vincent Ouriet le bassiste et Jules Pelletier le batteur, il sait qu’à un moment, ses déclamations littéraires vont s’élever vers la chanson et que la mélodie viendra comme un sacre. Et puis, combien de chansons rock ont le culot de commencer par des vers de 26 pieds ? « Sur un siège usé d’un train à grande vitesse nous ramenant à la période de nos trente glorieuses/ Dont la seule évocation entraîne des mélodies d’époque encore si actuelles pour nous qui les avons connues »
Christian Casoni

Maéso
De L'Enfer au Paradis

 

Genre musical: Soft rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : iTunes, Spotify, Deezer

Le sifflotement, une recette qui a fait ses preuves ! Avec quelques sommets, du grand Otis de ‘Dock Of The Bay’ à la pétulante Micheline Dax – on omet volontairement l’ignoble ‘Wind Of Change’ des affreux Scorpions… Dès ‘Retour Gagnant’, première plage de ce nouvel album, Jean-Paul Maéso reprend le gimmick, doublant le motif de guitare d’un sifflement quelque peu désinvolte. Le Toulousain a pourtant frôlé la mort (il l’évoque pudiquement - et brièvement, notamment dans le titre éponyme) mais ne s’érige pas en martyr. Son inspiration, c’est la vie quotidienne (‘Les Pieds Dans l’Eau’, ‘Rumba’)… Maéso jette un pont entre rock et chanson française, à la manière d’un Bashung, toute proportions gardées bien entendu. On pense aussi quelquefois à Cabrel, et l’accent n’y est pas pour rien. Cabrel avec qui il a collaboré, de même qu’avec Manu Katché, jadis pour le bouclage de son premier single. Aucune prétention dans ces titres aux accents quelquefois bluesy, souvent pop, ou plus surprenant, rocksteady (‘La Manche’, et son rythme chaloupé). Qui plus est Maéso compense certaines limites vocales par un enthousiasme et une humilité jamais pris en défaut... 
Marc Jansen

Nebula
Demos & Outtakes 98-02

 

Genre musical: Stoner blues
Label : Heavy Psych Sounds
Distributeur :
Heavy Psych Sounds

Heavy Psych Sounds a réveillé le souvenir de ces trois coyotes du désert californien. Un nouvel album est en cours de cuisson. Pour préparer le terrain, le label a réédité Charged paru en 2001, et a surtout édité cet album regroupant des bandes démos enregistrées entre 1998 et 2002. Cette production peut paraître accessoire, comme une sorte de compilation de fonds de tiroirs. Mais la réalité est que ce disque est une vraie bénédiction. Le stoner-rock est toujours meilleur lorsqu'il est délivré en direct. Le punk n'est jamais loin dans l'esprit. Les dix morceaux proposés permettent de se retrouver dans la salle de répétition de Nebula entre deux siècles, délivrant leur substance heavy, blues, rock et psyché sans ménagement. On découvre des versions inédites de morceaux déjà publiés comme 'Smokin' Woman', 'To The Center' ou 'Sun Creature', mais aussi une reprise des mythiques Leaf Hound : 'Stagnant Pool'. Bravaches, teigneux, le timbre un peu branleur, les Nebula sont tels qu'ils sont les plus beaux. Je suis ravi d'écouter cet album, de les redécouvrir, alors que je me souviens encore avoir acheté leur premier EP en 1997. 'You Got It' est un de ces morceaux meurtriers qu'il convient d'avoir écouté une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour se rassurer sur la vitalité du rock en ces heures au combien inquiétantes.
Julien Deléglise

Reverend Freakchild
Road Dog Dharma

 

Genre musical: Blues, rock, folk    
Label : Treated and Released Records
Distributeur : CdBaby

Ecouter la dernière sortie du Reverend Freakchild est captivant comme un paysage qui défile sur l'autoroute. On se laisse emporter au gré des vingt-six pistes de cet album tout à fait intéressant. Quatorze de celles-ci sont consacrées à des chansons et, en alternance, les autres sont des extraits de rencontres radiophoniques entre le Reverend et l'animateur(trice) de l'émission qui l'accueille. Et là, même quand ça parle, ça chante ! Les animateurs, gens de paroles qui ont chacun leur propre ton, donnent une couleur à leur émission et le Reverend, personnage enjoué et sensible donne du rythme et de la vie à son discours ce qui fait que le CD est sous-titré 'Lay Your Hands On The Radio' pour appuyer sur le côté sacré et sacrément vivant de ces moments de vie captés au fil de ses pérégrinations à travers les States, car le type, en plus, roule pas mal sa bosse. Beaucoup de titres évoquent d'ailleurs le déplacement, 'Roadtrance' premier du CD, capté en public qui, sur plus de sept minutes nous embarque dans son blues psychédélique, 'All Across America' au beat rock’n'roll avec l'harmonica omniprésent et la slide en bandoulière, 'Inferno Avenue' tout en puissance contenue, 'Keep On Trucking' ballade folk-blues... Et puis il y a aussi les remix de titres figurant sur d'autres de ses albums, 'Dial It In' dont, outre le remix, il nous gratifie également d'une version acoustique et 'Hippie Bluesman Blues' (le clip d'animation est particulièrement réussi). On notera les enregistrements live lors d'émissions radio. 'Call Me The Breeze' (2 guitares et harmonica), 'Jesus Just Left Chicago' version folk-blues avec un petit clin d'œil au regretté et immense Coco Robicheau, 'You Gotta Move' roots à souhaits. Avec ce CD, pas besoin de trifouiller son tuner pour capter la bonne station, il suffit d'introduire la galette dans le lecteur et c'est parti en boucle sur des centaines de kilomètres jusqu'à 'The Finish Line' qui termine le voyage tout en douceur.
César

Shayna Steele
Watch Me Fly

 

Genre musical: Soul, jazz, r’n’b
Label : MEMBRAN
Distributeur : MODULOR

Elle a grandi en écoutant Stevie Wonder, Chaka Khan, les Meters, Tower of Power, les Isley Brothers et les Temptations. Basée à New York, Shayna Steele chante sur scène depuis 1996. C’est comme choriste derrière Moby, Marcus Miller, Rihanna, Kelly Clarkson, Bette Midler, Queen Latifa, Dolly Parton ou Steely Dan qu’elle a fait ses premières armes durant de nombreuses années. Dotée d’une sérieuse technique vocale alliée à une belle énergie, elle présente son 3ème album alliant soul, jazz, blues et gospel en passant par le r’n’b. En 45 minutes elle interprète 10 chansons dont six originales qu’elle signe en collaboration et en imprimant sa marque personnelle sur quatre reprises, ‘That’s What Love Will Make You Do’ de Little Milton, ‘Baby Be Mine’ de Michael Jackson et ‘Life Goes On’ de Big Mama Thornton ou encore ‘Secret Love’ popularisé il y a bien longtemps par Doris Day. Chanteuse, compositrice et productrice, Shayna Steele révèle une vraie personnalité avec laquelle il faut désormais compter. Elle confie : « J’aimerais avec mon album offrir au public le même frisson que j’ai eu en écoutant Purple Rain, Thriller ou les premiers albums de Whitney Houston… ». Outre-Atlantique la presse est dithyrambique à son égard. Le public européen jugera et appréciera. Elle devrait gagner quelques fans supplémentaires.
Gilles Blampain

Stevie Wright
Black Eyed Bruiser

Genre musical: Rock'n'soul australien
Label : BAG REPUTATION
Distributeur : BAG REPUTATION

Stevie Wright fut le chanteur du groupe australien The Easybeats, qui connut le succès avec le simple 'Friday On My Mind' en 1967. Le guitariste et compositeur s'appelait George Young, grand frère de Malcolm et Angus. Il va fonder un studio avec un complice des Easybeats : Harry Vanda. Ils seront à l'origine des meilleurs disques de l'île. Wright, lui, démarre sa carrière solo en 1974 avec un très bel album : Hard Road. Il est une sorte de Rod Stewart austral. Maigre compositeur, il a un coffre râpeux qui se prête au blues, au rock'n'roll et à la soul. Le label Bad Reputation, grand amateur de rock australien, a pris la peine de rééditer le second album de Stevie Wright. Le premier, Hard Road, était superbe. Le second garde bien des qualités, et dévoile l'influence du chanteur sur des vocalistes locaux majeurs : Bon Scott d'AC/DC et Angry Anderson de Rose Tattoo, un fan absolu. En 1975, Wright est toxicomane, difficile à manager. Vanda & Young font appel aux copains, et aussi à la famille : Malcolm Young vient y graver quelques riffs saignants, dont 'Black Eyed Bruiser'. Il y a des cuivres, des chœurs soul, tout ce qu'aime Wright. Mais il y a aussi ce côté teigneux inhérent au rock australien, indescriptible, qui rend chaque morceau retors. Cette belle réédition offre en bonus la remasterisation de trois morceaux nommés 'Evie' en trois parties, et qui furent les tables de la loi de Wright pour s'imposer en solo en 1974.
Julien Deléglise

The BB King Blues Band
The Soul Of The King

Genre musical: Tribute
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Plus dans l’esprit que dans l’imitation cet album rend hommage au géant disparu le 14 mai 2015. BB King avait développé l’un des styles de guitare les plus identifiables et était peut-être le bluesman le plus connu du grand public. En plus de 50 ans de carrière les musiciens ont été nombreux à se succéder au sein de son band. Alors cet orchestre n’a peut-être rien d’historique mais cette formation est au top avec 1 guitariste, 2 trompettistes, 2 saxophonistes, 1 tromboniste, 1 bassiste, 2 batteurs, 1 claviériste. Des zicos avec un sérieux CV qui ne pointent pas au rendez-vous des branques. Ajoutons à cela une brochette d’invités de haut vol comme Kenny Wayne Shepherd, Mary Griffin, Taj Mahal, Kenny Neal, Kirk Joseph, John Del Toro Richardson, Diunna Greenleaf, Michael Lee et Joe Louis Walker qui ont répondu présents. Tous réunis pour célébrer la mémoire du Maître, ils nous servent 13 titres dont 3 signés par celui qu’ils honorent, ‘Sweet Little Angel’, ‘Paying The Cost To The Boss’ et ‘The Thrill Is Gone’. Spécialement pour l’occasion Joe Louis Walker a composé ‘Regal Blues (A Tribute To The King)’, un titre à la manière du Blues Boy. Grâce à cette belle réunion de virtuoses qui rivalisent de finesse l’héritage perdure.
Gilles Blampain

The Duke Robillard Band
Ear Worms

Genre musical: Rengaines 
Label : STONY PLAIN
Distributeur :
SOCADISC

Ces vers d’oreille sont des mélodies qui s’insinuent dans la tête et qui ont du mal à en ressortir. On a tous connu ça. Douce obsession quand l’air est inscrit au registre de ses favoris, moins sympa quand on est accroché par une daube sonore style muzak, car malheureusement ça arrive aussi. Pour notre plus grand plaisir Duke Robillard revisite des rengaines qui ont illuminé son adolescence. Voilà donc un billet de retour vers le début des années 1960 où se mêlent blues, pop, surf, rock, versions chantées ou instrumentales, avec 13 titres venus de divers horizons comme ‘Careless Love’,standard incontournable interprété avec un côté pétillant rarement entendu, des compositions de Bob Dylan, ‘I Am A Lonesome Hobo’, Chuck Berry, ‘Dear Dad’ ou encore Link Wray, ‘Rawhide’. Cette bande son euphorique d’une époque lointaine n’exclue cependant pas des chansons venues plus tard comme ‘Yellow Moon’ des Neville brothers. Comme d’habitude Duke est entouré de Bruce Bears au piano et à l’orgue, Brad Hallen à la contrebasse ou à la basse électrique et Mark Teixeira à la batterie. Le quatuor a convié une dizaine d’invités plutôt brillants à venir poser une voix, un solo de guitare, de violon, de saxophone ou de trompette et le résultat est assez joyeux. Un très agréable voyage mélodieux et quelque peu nostalgique de 51 minutes avec des airs qu’on n’a, en fait, peut-être pas envie de se sortir de la tête. Duke Robillard n’a rien du guitar hero mais tout de celui qui n’a pas besoin de frimer pour imposer son talent. Un grand bonhomme !
Gilles Blampain