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été 20
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Portrait: BLIND LEMON JEFFERSON Interview: MAINE IN HAVANA Portrait: ROBERT FRIPP
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

MAI 2016

Ana Popovic
Trilogy

Genre musical: Blues, jazz, funk
Label : VERYCORDS
Distributeur : WARNER

Ana Popovic fête ses 40 ans cette année, l’âge des bilans mais où toutes les audaces sont encore permises. On ne va pas faire son l’éloge, son talent n’est plus à démontrer. Il est plus simple de lui laisser la parole à propos de sa nouvelle réalisation qui ne manque pas d’ambition : « A une époque où beaucoup de gens sont sceptiques quant à l'état actuel et l’avenir de l'industrie musicale, je voulais avec Trilogy raconter une histoire différente. Le marché du disque pourrait être ruiné et Spotify pourrait nous arnaquer, mais cela ne peut pas tirer un artiste vers le bas. La créativité est bien vivante, et la musique est la célébration de la vie ». Les 3 CD qui présentent diverses facettes de la musique d’Ana Popovic, tour à tour blues, funky, jazz, portent chacun un nom différent : 1-Morning (40 mn), 2-Mid-Day (25 mn), 3-Midnight (28mn). En tout 23 titres avec des invités de marque comme Joe Bonamassa, Robert Randolph, Cody Dickinson… Ça pulse, ça cogne, ça s’envole, la guitare mène la danse et les cuivres font monter la pression, ailleurs le piano nous la joue mid-tempo quand le jazz se fait cool. La critique applaudit et ceux qui sont en haut de l’affiche depuis bien longtemps adoubent la blonde à la Fender. Bruce Springsteen dit d’elle : « Ana Popovic est une sacrée guitariste », Billy Gibbons : « Ana bouscule le blues de très, très belle façon ». En amont le projet avait déjà séduit le gratin des producteurs puisque ce sont Warren Ricker, Tom Hambridge et Delfeayo Marsalis, considérés comme faisant partie des meilleurs actuellement, qui ont été aux manettes pour mettre en valeur cette entreprise.
Gilles Blampain        

Dirty Deep
What’s flowin’ in my veins

Genre musical: Blunk, blues-rock
Label : HELLPROD
Distributeur :
NORMANDEEPBLUES

Le néologisme « blunk » finira bien par devenir synonyme de « blues français », tant il s’impose depuis quelques années comme son centre de gravité. Quelques constantes, comme le goût des périmètres restreints, des bottlenecks, une certaine propension à la clandestinité, l’envie de casser la baraque. Et quelques spécificités. Chez ces hipsters strasbourgeois, le blunk est plus dans l’esprit (pour toutes les raisons évoquées plus haut) que dans la forme. Le trio jouerait plutôt un blues-rock charnu, volontiers heavy, teinté de hill country au début, carrément hard blues sur la fin, avec l’inextinguible énergie qui caractérise les deux genres, (l’esprit blunk, la forme blues-rock), et une tentation de plus en plus britannique à mesure que le disque tourne. C’est le jeu naturel du bottleneck qui rattache Dirty Deep aux mœurs de la dirty foot family. Et, pour tout dire, excellent esprit et très grande forme. Toutes ces transes, ces cris de rage, sont impeccables, fracassants, et les deux ballades de l’album, précises et déchirantes, la stonienne ‘Light And Blue’ et le morceau de bravoure final, ‘Shine’, slow blues-rock qui se consume dans un brasier d’orgue. Dirty Deep commence avec l’échappée solitaire de Victor Sbrovazzo, qui part en one-man-band et sort un album en 2010, continue en duo avec le batteur Geoffrey Sourp et un album en 2014. Voilà le bassiste Adam Lanfrey et cet album en power trio, power trio qui a eu les honneurs de Tracks, l’émission d’Arte. Donc, « une certaine propension à la clandestinité », oui, mais avec des dérogations. Ce qui n’est pas une critique, au contraire. Peu d’humains savent combien le blues français est beau et pointu.
Christian Casoni

Eric Bibb and North Country Far with Danny Thompson
The Happiest Man In The world

Genre musical: Country Blues
Label : DIXIEFROG
Distributeur :
HARMONIA MUNDI

Musicien aussi discret que talentueux, Eric Bibb est actif sur la scène musicale depuis le début des seventies. Notre homme a traversé toutes ces décennies sans faire grand bruit, au propre comme au figuré. Son premier opus date de 72, celui-ci est… son 36ème, sans compter de nombreuses participations à diverses compilations. Il a collaboré entre autres avec Taj Mahal, Wilson Pickett, Charlie Musselwhite et, pas plus tard que l’année dernière, JJ Milteau, pour un estimable Lead Belly’s Gold. Il a certes un joli pedigree : son père Leon Bibb fut actif sur la scène folk dans les années 60, son oncle John Lewis militait au sein du Modern Jazz Quartet. Amis de la famille : Judy Collins, Pete Seger, Bob Dylan. C’est ce dernier qui lui prodiguera ce précieux conseil, « Keep it simple, forget all that fancy stuff ». L’intéressé retient la leçon et s’envole bientôt pour l’Europe, Paris d’abord, Scandinavie ensuite – il serait maintenant basé en Angleterre. Et c’est dans un studio/résidence aux alentours de Norwich qu’il s’est retiré cette fois, convoquant dobro, mandoline, 12-strings, steel et autres guitares hawaïennes, invitant quelques amis scandinaves, et puis surtout Danny Thompson, le contrebassiste de Pentangle, pour un album forcément apaisé. Si en 2014 il proposait son album militant (Blues People), l’heure est aujourd’hui au sentiment amoureux. « I’ll milk your cows at the crack of down/ When the harvest comes I’ll shuck your corn », énonce-t-il sur le champêtre ‘I’ll Farm For You’, et il semble bien qu’il n’y ait là aucun sous-entendu coquin. Blues élégant, à l’image de son auteur, qui intègre éléments de folk, de country, voire de soul. La voix est chaude, le jeu des musiciens subtil, le climat intimiste. Avec, pour clôturer le débat, une version étonnante de ‘You Really Got Me’… Un album rustique donc, qui a le bon goût de ne pas sonner vieillot.
Marc Jansen

Fred Chapellier
It never comes easy

Genre musical: Blues’n’soul’n’rock étincelant
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Au commencement était le rythme. Vinrent le blues, la guitare, l’électricité, le rock’n’roll. Alors du Grand Est déboulait Fred Chapellier, virtuose des six cordes, champion du gymkhana de frettes, cinquante ans au compteur dont trente-cinq passés à incendier les scènes de France, d’Europe et d’ailleurs. Ce nouvel album studio est un hymne à la création musicale avec 100 % de morceaux originaux, au partage sans borne, à la route que rien ne détourne lorsqu’au-dessus de l’horizon miroitent passion et liberté. L’artiste se hisse aujourd’hui sur des sommets inexplorés, plaçant au centre de son œuvre le groove terrassant et la sensibilité à fleur de peau. Ses textes profonds s’accrochent aux turpitudes de l’existence, mots simples et touchants emprunts de lumière, délivrés d’une voix de feutre que la maturité magnifie. La maîtrise musicale, quant à elle, s’avère saisissante. Denis Palatin et Guillaume Destarac aux fûts, Abder Benachour à la basse, Charlie Fabert en second couteau sur les guitares, les fidèles artilleurs du patron concoctent des lignes tantôt fulgurantes d’énergie positive, tantôt mélancoliques à faire perler les larmes au coin de l’œil. Johan Dalgaard vient enrichir la facette soul du disque avec de somptueux nappages et soubresauts de claviers. Produites par l’ingénieur du son Steven Forward, les douze compositions bénéficient d’un traitement sonore tout en relief, brillant et punchy comme on en rêve. Puis il y a l’étoile de la soirée : Princesse Telecaster aux courbes blondes, qui s’invite partout, en introduction, en accompagnement, en climax sur les soli ébouriffés, en confidente salvatrice quand elle gémit au creux de la nuit. Prolongement de la voix, des doigts, du cœur de Fred Chapellier, elle résume en un cri l’histoire d’un amour évanoui. Elle extirpe du désert les âmes égarées. Elle délivre confiance. Fureur de vivre. Besoin de laisser tourner It never comes easy sur la platine, encore, et encore…
Max Mercier

Jane Lee Hooker
No B!

Genre musical: Blues-rock
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Prendre un pareil nom de scène c’est gonflé. A moins d’être inconscient, il faut assurer grave et être sûr de son fait. Mais le résultat est là, il n’y a pas d’offense au Healer. Pour le beat, la puissance, les tripes, ces nanas ont ce qu’il faut. Et oui, Jane Lee Hooker n’est pas unique mais quintuple. Cinq new-yorkaises qui balancent un blues-rock qui décoiffe. Dana ‘Danger’ Athens (chant), Tracy Hightop (guitare), Tina ‘T-Bone’ Gorin (guitare), Hail Mary Z (basse), Melissa ‘Cool Whip’ Houston (batterie). Ces cinq musiciennes encore dans leurs belles années ne sont pas pour autant des jouvencelles au niveau musique, elles alignent quelques heures de vol au compteur. Elles ont partagé la scène avec pas mal de pointures et pratiqué assez de séances de studio pour cumuler pas mal de points de retraite. Avec ce premier disque elles reprennent des standards comme ‘Champagne And Reefer’, ‘Mannish Boy’ de Muddy Waters, ‘Sake For Me’ de Willie Dixon, ‘The Hunter’ d’Albert King, ‘I Believe To My Soul’ de Ray Charles… en y accrochant leur signature. Elles souhaitaient donner à leur enregistrement le souffle qu’il y a dans l’album Hard Again qui réunissait Muddy Waters et Johnny Winter en 1977. Elles s’en sortent haut la main. On a la puissance émotionnelle du blues, la force du rock et l’énergie du punk. En 11 titres et 51 minutes elles ne laissent pas l’auditeur faire une pause, tout s’enchaîne sans faiblesse.
Gilles Blampain

Martha High
Singing For The Good Times

Genre musical: Soul/Funk
Label : BLIND FAITH RECORDS
Distributeur : DIFFER-ANT

La trajectoire cabossée des choristes des années 60 a été documentée magistralement (Oscar du documentaire) dans ’20 Feet From Stardom’. Merry Clayton, Darlene Love, Claudia Lennear : des débuts de background singer, 3-4 clones en robe pailletée, une chorégraphie synchrone. Quelques tentatives solo, invariablement disco, la période étant gourmande en voix de diva, et puis? Rien ou pas grand-chose. Ou alors, une rencontre tardive avec des érudits, des diggers, chiropracteurs de l’âme, qui vont remettre la musique en ordre. Martha High, après des décennies de collaboration avec James Brown, et ses héritiers (Maceo, plein d’autres), a tenté le crossover disco (le somptueux ‘He’s My Ding Dong Man’ en 79) enregistré deux albums avec les britanniques Speedometer à la fin des années 00, dans une tradition Soul 60’s. L’entreprise de restauration se poursuit dans un atelier Italien, celui du Luca Sapio. En ligne de mire, l’esprit Daptone (Luca Sapio va faire la première partie de Sharon Jones en Europe : le hasard n’existe pas). Le résultat est un album soul/funk soprano, frais comme une bouteille de Lambrusco, porté par le single ‘Lovelight’, magnifique!
Cranberry Gordy

Mat Walklate & Paolo Fuschi
Kicking up the dust

Genre musical: Blues URBAIN
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.walklateandfuschi.com

Voici un duo impressionnant. Mat Walklate est Britannique, il est à l’harmonica et au chant, Paolo Fuschi est Sicilien, il joue de la guitare et chante également. Tous deux résident à Manchester et jouent un blues dynamique dont les nuances renvoient aux 50’s et aux 60’s. On sent une belle connivence entre l’Anglais et l’Italien et la parfaite cohésion du duo fait que dès le premier titre ils captent l’attention de l’auditeur. Ils reprennent avec enthousiasme les titres de leurs grands prédecesseurs, Willie Dixon (‘As Long As I Have You’), Muddy Waters (‘Trouble No More’), Lightnin’ Hopkins (‘Black Cat Bone’), Bobo Jenkins (‘Nothing But Love’), Berry Gordy (‘Money’)… Et s’ils font des reprises ils ont l’intelligence et le talent nécessaire pour y imprimer leur touche personnelle, ils n’abordent pas ces compositions comme des pièces de musée mais ils leur donnent un nouveau souffle. Pour recréer la sonorité qu’ils aiment, ils ont fait le choix d’utiliser de vieux amplis à tube et le résultat est là, un son savoureux, plein de rondeur. Et ce son à l’ancienne dégage une certaine rudesse qui apporte une pointe d’excitation. Porteur d’un réel talent et possédant une sérieuse technique, le duo déploie une belle énergie, avec voix graves et bonne rythmique, c’est efficace, plein de force et de bonnes vibrations.
Gilles Blampain

Mike Sponza
Erco Sum

Genre musical: Rara blues in terris
Label : EPOPS
Distributeur : EPOPS

Mike Sponza ne travaille quasiment jamais seul. C’est un partageur à l’esprit large. Rappelez-vous ses albums Kakanic BluesKakanic blues 0.2Continental Shuffle  qui regroupaient des artistes venus des quatre coins de l’Europe. Cette fois-ci, le guitariste compositeur a eu le renfort de Ian Siegal, autre guitariste bluesman de renom et de Dana Gillespie chanteuse britannique qui a une quarantaine d’albums au compteur. En ce qui concerne Ergo Sum, c’est un album concept qui marie avec classe un blues puissant à des textes basés sur des écrits anciens (Horatius, Juvenalis, Catullus…) dont Mike Sponza est friand, semble-t-il. Seulement huit titres, mais qui valent le détour. On notera ‘Prisoner Of Jealousy’ qui fleure bon le rhythm and blues à la Otis. ‘The Thin Line’ chanté par madame Gillespie qui nous explique que la frontière est mince entre amour et haine. ‘See How The Man’ du vrai funky avec une guitare rythmique à la James Brown, mais avec un chant plus posé, enchaîné avec ‘Poor Boy’ qui nous propose le côté rock de ce CD. Toujours des cuivres en fond, souvent de la slide guitar et jamais de mollesse. C’est bon, c’est beau, c’est Sponza.
César

Moreland & Arbuckle
Promised Land Or Bust

Genre musical: Blunk old school
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Les deux de Wichita, Arkansas, en sont déjà à sept albums. C’est leur premier chez Alligator. On les aurait plutôt vus chez Alive. Pourtant Bruce Iglauer salue Promised Land Or Bust (enregistré à Omaha, Nebraska) comme un retour du label à son credo originel : « genuine houserockin’ music ». Et c’est vrai que ce disque est un peu moins produit que ce à quoi Alligator nous habituait depuis sa rupture avec les houserockers noirs, purs et durs, du début. Il y a sûrement un pont entre ceux-ci et les hipsters de la nouvelle génération, qui ont connu le grunge, Fat Possum et tous les développements blunks de la hill country. Points communs approximatifs : les bottlenecks, les amplis du garage et une grosse énergie hédoniste. Aaron Moreland joue de la guitare et de la boîte à cigares, Dustin Arbuckle chante et joue de l’harmo, le décoiffant batteur Kendall Newby joue le troisième homme. Il y a quelques guests aux claviers, à la basse et à la guitare additionnelle. Moreland est infatigable, il a tous ses fers au feu, et relance comme personne une chanson d’une épaisse poussée de slide, donnant les basses, l’accord et les phrases claires d’un seul coup de son poignet rythmique. Chez Arbuckle, le chant et l’harmo ont le même caractère, du genre incandescent, flexible, musculeux, dense, etc. Pour autant, on est au-dessus des standards du blunk heavy juke joint. Le leur, plus pulpeux, tient davantage de l’underground des années 90, plus quelques shuffles sidérurgiques qui rappellent éventuellement Omar & The Howlers (‘Woman Down In Arkansas’, ‘I’m A King Bee’), et un filet mélodique dans la voix et dans les courses d’harmo qui donne une inflexion parfois country (‘Mount Comfort’, ‘Long Did I Hide It’) à cet avatar ultra-jouissif du vieux blues-rock, eux, les héritiers de Moloch, groupe confidentiel de Memphis qui inventa le blunk en 1968…
Christian Casoni

Sulfur City
Talking Loud

Genre musical: Rock
Label : ALIVE NATURALSOUND
Distributeur : www.alive-records.com

Fulgurance rock'n'rollienne, c'est à dos de mustang sauvage que commence tambour battant ce premier album de Sulfur City. 'Whispers' semble être un inédit du groupe des années punks de Los Angeles, X, formation d'Exene Cervenka, John Doe et Billy Zoom. Sauf que Sulfur City est de l'Ontario. Comme pour le premier album d'X, Ray Manzarek des Doors aurait pu produire Talking Loud, tant l'esprit des Portes rôde aussi à travers cette musique. La raison à cela ? La présence du clavier synthé 'Rolland Junostage' (Keith Breit) sur la totalité des titres. La chanteuse Lori Paradis, qui n'est certainement pas la frangine de Vanessa... était dans une vie passée, conductrice d'engins, peintre en bâtiment, serveuse de bar. Voilà de quoi nourrir certains de ses textes imprimés sur le livret,  comme 'What's Going On', qui sort en premier single. Dans 'Sold', elle psalmodie ses mots comme une chanteuse de country qui aurait rencontré le Diable. La slide est tenue par l'autre compositeur du band, le guitariste Jesse Lagace. Je ne sais pas si le manche de Jesse 'Lagace' Lori (...), mais le canadien est discret, riffeur comme il faut, et ce avec un savoir-faire évident. 'Ride With Me'? Moi, je réponds oui à Lori ! 'Pockets' pourrait être du Bo Diddley, textes chantés et clamés, un peu comme la cover 'Gloria' de Patti Smith. Janis Joplin avait son 'Summertime', aujourd'hui Lori a son 'One Day In June' ; même désespoir, même blues. Lagace y décoche un solo bref mais possédé ! 'Raise The Hammer' possède un petit côté celtique à la Richard Thompson. Étonnement, la chanteuse utilise un washboard électrique ! Citons également le bassiste Steve Smith, et le batteur Sam King. 'You Don't Know Me', punk-blues, termine cet excellent disque d'un premier groupe avec chanteuse signé par Alive. Décidément ce label a vraiment du flair, et souhaitons à Sulfur City le même succès que les Black Keys.
Juan Marquez Léon

Walker Family Singers
Panola County Spirit

Genre musical: Gospel
Label : DAPTONE
Distributeur : DIFFER-ANT

Raymond et Joella Walker sont mariés depuis plus de 50 ans. Ils eurent 6 enfants et vivent encore heureux à Como, Panola County, Mississippi. C'est tout le 'mal' qu'on leur souhaite! C'est donc dans le salon familial qu'a été enregistré vers 2010 ce merveilleux disque de chants a cappella. Les enfants, Alberta, Bobby, Delouse, Patricia, et Robert sont ici présents pour de nombreuses chansons à réponses (call and response). Hormis le dernier titre, où la famille interprète, guitare acoustique et basse en bandoulière, un sublime holy blues, ce sont de superbes et profonds gospels blues qui vous prennent aux tripes. Clappements de mains, le pied rythme le chant et, depuis des temps lointains reviennent ces litanies, nous rappelant que la soul musique, profane, avait comme ancêtres ces chants religieux, de travail, ces blues qui se sont développés à travers les âges dans le peuple noir. Ici, cela est  tellement pur et primitif, que l'on ne peut nier que l'apport amérindien  est évident. Como, est la ville où vécu Fred McDowell à partir de 1940. Pour une tournée avec Sam Cooke, ce dernier proposa à Raymond, leader des Longtime Travellers à l'époque,  d'intégrer les chœurs. Raymond refusa, préférant rester près de sa famille et de son église. Aujourd'hui, Sam Cooke et Fred McDowell sont morts, mais le patriarche, Raymond Walker, est toujours là, en vie pour un  des plus beaux disques de gospel qui m’a été proposé d’écouter.         
Juan Marquez Léon

Robyn Bennett & Bang Bang
The song is you

Genre musical: Groove petillant
Label : CITY MUSIC
Distributeur : MUSICAST

Dès le premier titre ça frétille. Il se dégage de ce disque une joie, un dynamisme et une belle vitalité. La palette sonore de Robyn Bennett est pleine de nuances attirantes et lumineuses. De cet enregistrement fusent des envolées de jazz, des giclées de swing, des traits de soul, des esquisses funky, des touches de blues. Un tempo qui ne faiblit pas. Une voix claire et puissante. C’est un éclat de joie musical. Un moment de liberté dans lequel s’entremêlent feeling et sensualité. Les 12 titres se déroulent en 45 minutes avec un réel enthousiasme porté par le Bang Bang band animé par Ben Van Hille (trombone), Max Mastella (guitare), David Pouradier-Duteil (batterie), Gino Chantoiseau (contrebasse) et Julien Raffin (saxophones). Les cinq musiciens font preuve d’une belle aisance et s’y entendent pour créer des ambiances festives, nostalgiques ou enjouées selon les titres. De cette production Robyn Bennett dit : « The Song Is You affirme notre style, notre son, notre manière de vivre la musique comme nous le voulons et non selon les règles des autres ». Il se dégage de cet enregistrement une fraîcheur et quelque chose de pétillant, de désinvolte et joyeux qui lui confère une certaine grâce.
Gilles Blampain