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été 20
Chroniques CD du mois Interview: JUNKYARD CREW Livres & Publications
Portrait: BLIND LEMON JEFFERSON Interview: MAINE IN HAVANA Portrait: ROBERT FRIPP
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

MAI 2012

Ana Popovic Band
An evening at Trasimeno Lake

Genre musical: Rockin' Blues Jazzy Live
Compositions: 9 sur 11
Livret : Digipack sans livret
Label : ARTISTEXCLUSIVE
Distributeur : ARTISTEXCLUSIVE

Avec une régularité de métronome,  An evening …, deuxième live de la guitariste slave, prend place en 2010 dans une discographie studio de quatre albums.Le répertoire puise principalement dans les albums Still Making History et Blind For Love, dont la qualité a été largement saluée outre-Atlantique. Comme à son habitude, Ana livre sur scène une interprétation plus musclée -tendance rock- de ses compositions. Dès le titre d'ouverture, rythme accéléré, batterie déchainée et gros son laissent penser que le groupe en met plein la vue au public, mais nuisent un peu à la qualité de la prestation (la faute à la balance peut-être?). Pour tenir la corde, le chant est heureusement soutenu par les chœurs...Il faut attendre ‘How'd You Learn To Shake It Like That’ en troisième position, blues rock au rythme plus modéré et agrémenté d'un beau solo slide, pour s'installer dans l'album. ‘Let Me Love You Babe’, dans une belle livrée vaughanienne, rattrapera également les amateurs de blues rock. Mais la musique d'Ana s'affranchit largement des frontières, et avec un certain succès. Ce concert en est la démonstration à partir de ‘Doubt Everyone But Me’, jazzy et acoustique. Indéniablement, Ana est plus à son aise sur ses titres acoustiques au tempo moins rapide. ‘Blind For Love’ est ainsi mieux interprété que sur l'album et les parties de guitare électroacoustique ciselées. La prise son est ici excellente et le demeurera jusqu'à la fin. Revenant à des titres électriques, Ana enchaîne avec une belle interprétation groovy ‘Love Fever’ et ‘Hold On’ en guise de final de ce show, révélant la progression de sa maîtrise scénique depuis le dernier album live, et concluant un concert de qualité.
Grégory Hulin

Catfish
Catfish

Genre musical: Deep Blues Jurassien
Compositions: 5 sur 5
Livret : Digital
Label : TROLLSPROD
Distributeur : BELIEVE

Catfish : poisson de la famille des siluriformes, spécialité culinaire du Mississippi. ‘Catfish Blues’ est un standard du blues, vous le savez. Ce que vous ne savez peut-être pas encore, c'est qu'on duo français répondant au nom de ce sympathique poisson nous livre fraîchement le résultat de sa première pêche. Il s'agit d'un EP digital 5 titres. Du bonheur pour nos ouïes. Quel plaisir de retrouver le grain de voix d'Amandine Guinchard, qui sévit déjà au sein du groupe Washing Machine Cie. Elle est ici accompagnée par Damien Félix (le poisson-chat ?) qui gratte, tambourine et joue de l'harmonica. La formule du one woman/man band est ici mise au carré : la mayonnaise prend. ‘Have A Good Time’ nous donne du bon temps d'entrée ; slide en avant et osmose guitare/chant. On y entend le Delta blues, celui des pionniers, sans fioriture, revue par le prisme du rock. La force du groupe est qu'il ne sert pas le sempiternel boom-boom, mais offre des nuances, des passages plus aériens, ‘Let Me Go’ en est l'illustration. ‘Drag You Down’ est une pause légère sur cet opus. Avec ‘Roll Talk Joke’, on remue la tête et on se frise les barbillons de plaisir. Fans de Bob Log III, Left Lane Cruiser, approchez !     
Nicolas Miliani

Daniele Franchi
Free Feeling

 

Genre musical: Blues-Rock version guitares
Compositions: 7 sur 9
Livret : Un simple feuillet
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : WWW.DANIELEFRANCHI.IT

Une fois ce disque entre les oreilles, vous comprendrez que le vent du blues débringué des Apennins va souffler en tempête sur notre Vieux Monde. Pourtant les morceaux compilés ici tiennent en une grosse demi-heure seulement, mais quelle claque cyclopéenne ne prend-on en pleine poire !... Le type sort de Gênes, il s’appelle Daniele Franchi et embrase les scènes d’Italie du Nord à la tête d’un trio surpuissant, fougueux, terriblement percutant. Certes la voie qu’emprunte cette locomotive sillonne la terra cognita : le rail de gauche suit l’inspiration et les douze mesures standard sauce Muddy Waters, celui de droite prolonge la distorsion et l’inventivité hendrixiennes. En revanche le guitariste plaque sur toutes ses compositions des touches de sensualité bienvenue, d’humour, de désinvolture transalpine. Au fil des thèmes et des rythmes variés, Dany le magicien fricote sans cesse avec le bonheur simple de jouer la musique qui enivre. Il tape dans le jazz beat à la Duke Robillard, les riffs pâteux du gumbo texan, le rock kaléidoscopique des années soixante-dix, un décontractant folk acoustique rénové à la Ligure, jusqu’au hit potentiel intitulé ’I Can’t Sleep Tonight’. Ce premier album solo définit déjà les contours du style affirmé, fait d’un son faramineux, diaboliquement électrique, avec les lignes de basse signées Davide Medicina en guise de marteau-pilon, les finesses syncopées d’Andrea Tassara à la batterie, les secondes voix masculines sur la moitié des chansons pour barioler le propos, et des tombereaux d’énergie à offrir au public sous le choc. Rien à faire, Gênes reste une mine d’or : il y eut Christophe Colomb, il y eut Niccolo Paganini, il y aura Daniele Franchi.
Max Mercier

Enrico Crivellaro
Freewheelin'

 

Genre musical: Blues instrumental
Compositions: 12 sur 12
Livret : Digipack explicatif
Label : ELECTRO-FI
Distributeur : SOCADISC

Il n’est toujours pas évident de mettre sur le marché un enregistrement entièrement acoustique. Le public apprécie tellement les chanteurs. Pourtant ce disque (qui n’est pas son premier) met en valeur l’un des guitaristes les plus doués de la nouvelle génération. Enrico Crivellaro qui se dit inspiré par des artistes aussi différents que Duane et Greg Allman, Junior Kimbrough, Albert King, Duke Ellington dont il reprend ‘In A Sentimental Mood’ et Earl Hooker dont il reprend ‘Universal Rock’. Il annonce : « Le bluespeut être joué d’un million de façonsdifférentes. C’estun langage tellement clair et passionnant », et il le prouve sans difficultés, avec passion et créativité. Sa force réside dans la polyvalence extraordinaire qu’il a de passer d’un style à l’autre avec un réel talent et une sérieuse technique. Qu’il s’enracine dans une transe hypnotique ou qu’il s’envole dans un swing aérien, Crivellaro atteint des sommets. Mentionnons également Pietro Taucher aux claviers (Hammond C3 et Fender Rhodes), digne successeur de Johnny ‘Big Moose’ Walker et Jimmy McGriff, qui apporte une superbe couleur à l’ensemble de ce disque. La rythmique est assurée par Simone Serafini (basse) et Silvio Berger ou Carmine Bloisi (batterie). Hormis les deux reprises déjà citées, Crivellaro et Taucher se partagent, en solo ou ensemble, la paternité des dix autres titres de l’album. Un disque généreux qui vous transporte pendant une heure et quart sans voir le temps passer.
Gilles Blampain

Léon
Chocolate

 

Genre musical: Soul
Compositions: 11 sur 13
Livret : Pas vu
Label : VAZIZA MUSIC
Distributeur : SONY

Léon Malélé grandit à Kinshasa. Là-bas, au travers de la collection des disques de papa, il se nourrit des meilleurs opus de la musique noire américaine : la soul seventies avec Marvin Gaye, Barry White, Bobby Womack, Al Green ; le jazz avec Nat King Cole, Maceo Parker ou Louis Amstrong. Il y a pire pour s’éduquer les oreilles. En 1989, débarquant avec sa famille à Toulouse, il découvre de nouvelles influences comme NTM. Se multiplient ensuite de nombreuses expériences musicales, Rap, R&B, ou newjack, et en 2000, avec son groupe électro soul Le Gotha, il sort un disque. Le groupe se sépare et en 2008, alors que la musique commence à s’éloigner, il fait la connaissance de Jao, musicien et ingénieur du son, avec qui il va préparer le présent album. A l’écoute de Chocolate, on reconnaît facilement les influences du jeune homme comme le premier morceau qui s’ouvre avec l’harmonica de ‘For Once In My Life’ de Stevie Wonder. Le reste de l’album est de la même veine, de bons arrangements, des cuivres, du swing, on s’en surprendrait même à voir son pied battre le tempo. La voix est belle également, à la fois douce et cuivrée, rageuse et suave. Hélas, et c’est souvent l’écueil dans ce style musical, les artistes ont trop tendance à oublier que la musique n’est pas que performance vocale et arrangement, mais également, voire surtout, mélodie. Ici, ces dernières sont bien trop faibles mis à part peut-être le premier morceau ‘You Give Me’, et bien sûr la reprise, réussie, de ‘Michelle’. En fait, avec cet album, on en revient à regretter la mode des CD deux titres.
Charles Lagard

Mama's Biscuits
Evil gal

 

Genre musical: Rhythm'N'Blues, Soul
Compositions: 5 sur 14
Livret : Très simple
Label : TEMPO
Distributeur : MUSICME, AMAZON, ETC..

Avec ses allures aguichantes cette mauvaise fille risque de vous faire tourner la tête. Dans  un style sensuel et puissant le band nous balance un grand cru de rhythm and blues millésimé 50’s et ça décoiffe. Juste quatre noms parmi les reprises pour avoir un aperçu du casting, Leonard Feather (‘Evil Gal’), Percy Mayfield (‘Never Say Naw’), Buddy Johnson (‘No More Love’), Eddie Green (‘A Good Man Is Hard To Find’). Et les cinq titres signés Véronique Sauriat sont du même calibre que ceux au milieu desquels ils s’installent. Peines de cœur et ruptures tissent la trame de toutes ces chansons. En moins de 40 minutes les 14 titres sont déroulés sans que la pression retombe. Au générique, Véronique Sauriat, voix de diva soul, mène le bal accompagnée de Manu Guillou (guitares), Philippe Floris (batterie) Jean Marc Despeignes (basse) ou Pascal Lefèvre (basse et contrebasse) et Bala Pradal (piano, orgue). Invités de marque Stan Noubard Pacha vient poser un brillant solo de guitare sur un titre et Benoit Blue Boy apporte l’éclat de son harmonica sur un autre. Feeling, qualité de l’interprétation, production soignée, tout est réuni pour que l’entreprise soit un succès.
Gilles Blampain

Muddy Waters Blues Band
Mud In Your Ear

 

Genre musical: Chicago Blues de chez Chicago Blues
Compositions: Trop compliqué, 15 titres en tout cas
Livret : Très bien
Label : DOUGLAS MUSIC
Distributeur : SOCADISC

Un disque de Muddy Waters sans Muddy, auquel manque le Waters ? La jaquette spécifie bien : Muddy Waters Blues Band, mais l'allusion au band est beaucoup moins lisible que le nom de l'absent. C'est d'ailleurs la binette de M. le Muddy, bourrelée comme une gueule de shar pei, que Mati Klarwein gouache à la une. 1967. Le producteur Alan Douglas veut Muddy Waters mais Chess n'est pas prêteur, Douglas se rabat sur son groupe. Coup de bol : Muddy ne recrute pas en rhumatologie, il tourne avec le guitariste Luther Johnson, l'harmoniciste Mojo Buford, le pianiste Otis Spann et quelques épées de Chicago. Muddy vient d’enregistrer une atrocité intitulée Electric Mud. Bref, son petit monde a rendez-vous dans un studio de Manhattan en décembre 1967. Douglas en tire deux albums (Come On Home et Chicken Shack), l’un chanté par Luther à la voix fruitée, l'autre par Mojo au timbre voilé. Plus tard, Muse réunit le meilleur de l’un et de l’autre sous le titre Mud In Your Ear. C’est ce digest qui est ici réédité. Le son est parfois réparti à la fourche, le mixage pas toujours très clair et les musiciens, pas toujours à la hauteur de leur réputation, en particulier Mojo Buford. Pourtant l'album est excellent. Il exalte cette somme de paradoxes qui rendent le blues si spectaculaire, avec une classe définitive qui transcende la vulgarité. Muddy Waters ou pas, ce grand disque de blues, magnifique gueule de bois, avance tout seul et monte en jouissance comme par magie. D'ailleurs Muddy n'a pas totalement largué ses ouailles, il assure le background sur plusieurs titres. Difficile de dire où. Au moins le bottleneck de ‘Sad Day Uptown’.
Christian Casoni

Mud Morganfield
Son of the seventh son

 

Genre musical: Chicago Blues
Compositions: 10 sur 12
Livret : Digipack explicatif
Label : SEVERN
Distributeur : SOCADISC

Muddy Waters a eu de nombreux héritiers spirituels, mais bon sang ne sachant mentir ses descendants directs lui font également honneur. Dans la famille Morganfield on connaissait déjà Big Bill, voici son grand frère Larry alias Mud. Portrait craché de son père, il met ses pas dans ceux de son géniteur pour notre plus grand plaisir en dispensant un Chicago blues contemporain de la meilleure veine. Evitant le piège de la copie, Mud Morganfield ne se sert de l’apport paternel que comme d’un tremplin pour son propre talent. Produit par Bob Corritore et enregistré à Chicago, Mud Morganfield, connu comme batteur et bassiste, se limite au chant sur cet enregistrement. Chanteur très expressif, il est soutenu par un super groupe, Rick Kreher et Billy Flynn (guitares), Barrelhouse Chuck (claviers), Kenny Smith (batterie), EG McDaniel (basse), et Harmonica Hinds ou Bob Corritore à l'harmonica selon les titres. Hormis une seule reprise du grand Muddy (‘You Can’t Lose What You Ain’t Never Had’), et un titre signé J.T Brown (‘Short Dress Woman’), le disque présente dix compositions originales. Sept (nombre magique) de la main de Mud Morganfield, une signée Studebaker John Grimaldi, une attribuée à Billy Flynn et une autre à Bob Corritore. 
Gilles Blampain

Nathan James and the rhythm scratchers
What you make of it

 

Genre musical: Country Blues, R'N'B, Etc...
Compositions: 11 sur 14
Livret : Digipack explicatif
Label : DELTA GROOVE
Distributeur : SOCADISC

En quelques mots l’artiste dit l’essentiel et il n’y a pas grand-chose à ajouter : « Pour moi les sons les plus émouvants sont les blues ruraux du Delta et du Piedmont de la côte Est des années 20 et 30, le gospel brut, et le r’n’b des années 50 et 60. Après avoir vraiment creusé tous ces genres, je me suis rendu compte qu’ils avaient des similarités qui pouvaient se combiner ». Fort de ce constat Nathan James reprend trois titres signés Blind Boy Fuller, Jimmy McCracklin et Bobby Patterson et nous livre quelques perles de sa composition dans les genres qu’il affectionne. Country blues, shuffle, r’n’b et même valse cajun, l’ensemble est très enlevé et interprété avec une dextérité incontestable. Accompagné par Troy Sandow (basse, harmonica) et Marty Dodson (batterie, percussions), James capte immédiatement l’attention et donne l’envie d’en écouter plus. Musicien mais également bricoleur à ses moments perdus, il a inventé ce qu’il désigne comme Washtar Guitboard. Une planche à laver, un manche de guitare, 6 cordes, micros, plus 2 Led qui n’ont d’autre utilité que la frime. Et il peut gratter dans tous les sens du terme, sur sa planche et sa guitare, les deux réunies en un même instrument. Saugrenu ? Pas forcément, car comme l’annonce le titre du CD l’important est ce que vous en faites.
Gilles Blampain

Rachelle Plas
Profile

 

Genre musical: Blues'N'Soul multicolore
Compositions: 11 sur 11
Livret : Paroles et notes en 8 pages
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : WWW.RACHELLEPLAS.COM

Si la constellation du blues nous réserve toujours de bien revigorantes surprises, Rachelle Plas est à ce titre un cas d’espèce, une forme d’étoile à la brillance miraculeuse. En effet, cette vice-championne du monde de judo a déserté les tatamis pour se consacrer corps et âme à la musique. Côté munitions, l’artiste joue la simplicité : sa voix, son harmonica, une section rythmique éblouissante. La complicité développée sur scène par cette jeune équipe se ressent vite à l’écoute de l’album, les césures tombent à pic, la fusion instrumentale répand le bon goût du show en direct. La puissance de l’œuvre réside dans son caractère résolument moderne, qui permet de dégager dès l’introduction un « style Plas » affirmé, synthèse des leçons de Greg Zlap sur le Hohner et de Luc Bertin pour le chant, mais aussi creuset d’influences à large spectre zigzaguant du Delta au free jazz, passant par la country ou les pompes manouches. A la fin, l’esprit titube de bonheur devant la variété des compositions proposées ici, tempo trépidant qui lorgne vers le rock, voire le zydeco, chevauchées à l’américaine entre la ville et les espaces ouverts, incursion dans les 70’s, fond de blues lourd, basique ou éthéré, c’est selon, voix vibrante d’humanité qui s’amuse de pointes rauques, comme celle des divas afros de l’Alabama, que l’on prédit monumentale lorsque viendra le temps de la maturité. Les arrangements sont calés au millimètre, orgue, banjo, basse, guitares saturées ou cristallines, cuivres rutilants. Et l’harmonica. Maîtrise technique totale. Inventivité à tous les étages. Interprétation passionnante, pétrie de soul et de sensualité. Le verdict est sans appel : ippon par envoûtement du public.
Max Mercier

Robin McKelle & the Flytones
Soul Flower

 

Genre musical: Blues et Soul
Compositions: 8 sur 12
Livret : Pas vu
Label : DOXIE RECORDS
Distributeur : SONY

Album d'actualité, album contemporain ! Robin McKelle nous offre sa vision sur la crise actuelle : difficultés pour subvenir à ses besoins, nécessité de faire des crédits pour vivre, salaires bas, etc. Ecouter 'Don't Give Up' qui encourage les gens à ne pas perdre espoir ou le titre 'Change'. Grande amatrice de jazz, Robin McKelle délaisse un peu ce genre pour embrayer sur un virage soul avec cet album, histoire de ne pas être « simplement cataloguée chanteuse de jazz ». Et pour se démarquer davantage, elle s'est associée pour ce nouvel opus avec les Flytones, groupe où l'on retrouve Sam Barsh (ancien pianiste d’Avishai Cohen) et Derek Nievergelt à la basse. Sa voix puissante et suave de jazzwoman nous offre quelques bons moments d'émotion même si on ressent un contrôle sur l'ensemble de la production. Gageons qu'en live cet album donnera plus d'allant pour quelques déhanchées comme le laisse suggérer 'I'm Ready'. Côté « hommages », la belle Américaine distille quelques clins d'œil aux Bee Gees ('To Love Somebody', sur un rythme jazzy langoureux) et Dionne Warwick ('Walk On By') simplement parce qu'elle a grandi musicalement avec des personnalités de leurs trempes vocales. En tendant l'oreille, on pourrait même reconnaître un clavier estampillé Donny Hathaway sur le titre 'So It Goes' !
Tristan Sicard

Royal Southern Brotherhood
Royal Southern Brotherhood

 

Genre musical: Blues Rock
Compositions: 12 sur 12
Livret : Avec textes et photos
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Il y a dans les sphères musicales américaines quelques dynasties de renommée. Il en va ainsi de la famille Allman en Georgie et de celle des Neville en Louisiane. A croire que chaque nouveau-né issu de ces parentés est destiné à monter sur scène ou à laisser son empreinte dans un studio d’enregistrement. Cette Fraternité Royale Sudiste réunit donc deux générations de musiciens, Cyril Neville, 64 ans (chant et percussions) et Devon Allman, 40 ans (chant et guitare) qui se retrouvent sur ce disque pour jouer un blues-rock mâtiné de soul-funk assez dynamique et costaud, entourés de Mike Zito, détenteur d’un Blues Music Award (chant, guitare), Charlie Wooton (basse) et Yonrico Scott (batterie). Le curriculum vitae des zicos est solide mais le fait qu’on ait rapidement une impression de déjà-entendu laisse dubitatif quant à un apport bénéfique aux blasons respectifs de ces nobliaux sudistes. Etant donné qu’on ne prête qu’aux riches on est d’autant plus surpris d’entendre des suites de riffs usés, soutenus par une basse ronflante et une batterie martelée. On a droit à une succession de clichés, des resucées de gimmicks, et tout cela lasse assez vite. Dommage… mais il y a pire dans la vie.
Gilles Blampain

Tail Dragger & Bob Corritore
Longtime friends in the blues

 

Genre musical: Cicago Blues
Compositions: 9 sur 10
Livret : Un simple digipack
Label : DELTA GROOVE
Distributeur : SOCADISC

Ces deux-là ne se connaissent pas d’hier. Leur amitié est née le soir du 11 janvier 1976 quand ils se sont retrouvés sur la même scène pour rendre hommage à Howlin’ Wolf décédé la veille. Tail Dragger, désigné comme son successeur par Howlin’ Wolf lui-même, figure majeure de la scène de Chicago depuis les années 70, énorme voix à l’instar de son mentor, exprime un blues râpeux, sauvage, lien entre tradition et modernité. Il est un des derniers à maintenir l’esprit du son mythique du West side. Bob Corritore qui a forgé son style auprès des grands noms aujourd’hui disparus de la Windy city, provoque toujours l’étincelle qui met le feu aux poudres avec ses riffs déchaînés d’harmonica. N’oublions pas non plus sur cet enregistrement la présence d’un autre compagnon de scène du Wolf, le pianiste Henry Gray qui reprend un titre de John Lee Williamson (‘Sugar Mama’). Excepté cette reprise, Tail Dragger est l’auteur et l’intreprète des neuf autres chansons de ce CD. Kirk Fletcher et Chris James (guitares), Patrick Rynn (basse) et Brian Fahey (batterie) dont les noms ne sont certainement pas inconnus des amateurs, constituent le band idéal pour cette puissante giclée de blues made in Chicago.
Gilles Blampain