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12/19
Chroniques CD du mois Interview: BOOGIE RAMBLERS Livres & Publications
Portrait: JOHNNY FULLER Interview: THE KOKOMO KINGS Portrait: VULCAIN
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

avril 2019

Ally Venable
Texas Honey

Genre musical: Blues-rock
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC    

Qu’on ne s’y trompe pas : la pochette, l’intitulé, pourraient laisser craindre un album sirupeux… dieu m’est témoin qu’il n’en est rien ! Mise au point dès le titre éponyme: « I’m gonna take all your sugar/I’m gonna take all your money/Cause there ain’t nothing sweet/About this Texas honey ». Ally Venable, jeune pousse plus que douée, fait partie de cette génération de gamines qui préfèrent la musique de leurs parents aux sirènes formatées du bizness. On ne va pas s’en plaindre... Son histoire ressemble à un conte de fées, voire un pur cliché rock’n’roll : très tôt la voilà qui chante à l’église, se met à la guitare dès 12 ans, cumule aujourd’hui les distinctions : double lauréate de l’East Texas Music Award, catégorie « Femme guitariste de l’année », deux fois distinguée également avec son groupe en tant que Blues Band of the Year ( c’est un peu comme les fédérations de boxe et leurs catégories, les prix attribués au blues : il y en a tellement qu’on s’y perd, et qu’ils sont des centaines à s’en revendiquer… Mais bon, ça n’enlève rien à son talent). Et puis cette fille n’a que 20 ans… Guitariste redoutable donc, chanteuse bien sûr, elle signe seule huit des titres de ce troisième opus – en sus, une plage co-composée par Mike Zito, qui produit, une reprise du ‘Love Struck Baby’ de S.R. Vaughan, et ‘Careless Love’, adaptation d’un auteur inconnu. Epaulée par le bassiste Bobby Wallace et le batteur Elijah Owings, elle livre un album de blues-rock décapant, aux fondations solides. Les textes parlent d’amour – d’un ton souvent désenchanté, parfois teigneux, voire revanchard – sur fond de riffs ravageurs (‘Nowhere To Hide’, très accrocheur, ‘White Flag’…), soli compacts, jamais verbeux (‘Broken’, ‘One Sided Misunderstanding’…). On ne fait pas dans la démonstration, mais bien dans l’efficacité… Cette fille a du caractère, ça tombe bien, on n’aime pas les nunuches.  
Marc Jansen

Big Daddy Wilson
Deep in my soul

 

Genre musical: Soul, Funk
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Depuis son premier album chez Ruf records Love Is The Key paru en 2009, les enregistrements de Big Daddy Wilson sont toujours au top niveau. Cette fois encore le produit est excellent. On a affaire à un artiste qui a sans conteste sa place parmi les plus grands interprètes de soul music. Un chanteur à l’intonation profonde et prenante. Cet album est le résultat d’un séjour entre Memphis et Muscle Shoals dans le célèbre studio FAME et d’une amitié scellée avec le producteur Jim Gaines autour d’une jambalaya. Big Daddy Wilson nous dit que cet enregistrement est pour lui un véritable retour aux sources, c’est à dire à l’âme du Sud. Enveloppante, pleine de délicatesse et de feeling, la voix de Wilson toujours superbe, chaude, forte et douce à la fois, capte immédiatement l’auditeur. C’est un délice auditif, un plaisir des tympans. On passe du blues intense à la soul mélancolique et au funk cuivré avec un égal bonheur. Entouré d’un orchestre 5 étoiles avec orgue et section de cuivres dans lequel Laura Chavez tient la guitare, sans oublier des choristes expérimentés, Wilson nous livre un album de qualité haut de gamme. Un moment de grâce qui dure de la première à la dernière note tout au long des 12 chansons aux sonorités chaudes et aux rythmes chaloupés. Une production très soignée qui met les sens en éveil.
Gilles Blampain

Black Cat Biscuit
That’s How The Cookie Crumbles

 

Genre musical: Jazz’n’blues énergique
Label : NAKED
Distributeur : INAKUSTIK

Voici cinq artistes belges qui labourent depuis 2015 le terrain du blues, au sens très large du terme. Ils s’avèrent méchamment talentueux et les Awards sont déjà au rendez-vous, après seulement quatre ans de carrière sous le nom déroutant de Black Cat Biscuit : vainqueurs du Belgian Blues Challenge en 2018, ils représenteront leur pays en avril prochain au Portugal à l’occasion de l’European Blues Challenge. Certes ils n’entrent pas forcément dans les cases des marchands de disques : ça swingue comme sur la Côte Ouest, ça tape du pied façon boogie, ça jazze cool à la mode Bostonienne, ça slide si dru qu’on se croirait dans le Sud des States, bref ça mixe les genres et ça dépasse les frontières. L’ensemble sonne moderne à mort, et pourtant on décèle sur toutes les pistes les soubassements bienvenus de la Musique du Diable, traditionnels et efficaces, qui donnent à l’auditeur l’agréable sensation de découvrir un nouveau monde sans quitter sa région natale qu’il chérit par-dessus tout. D’un bleu profond est la jaquette de l’album, une tonalité qui sied à merveille au propos du groupe, douze pièces charpentées autour de la voix franche de Bart ‘Yasser’ Arnauts, auteur des textes et maître de la rythmique, des solos percutants de la six-cordes de Stanley Patty, des emportements d’harmonica de Mark ‘Mr Mighty’ Sepanski, des lignes de basse de Patrick ‘P Daddy’ Indestege et du martelage affuté de la batterie de Jeff ‘Junior’ Gijbels. Irréprochables sur le plan technique, drapées dans un gros son qui met en valeur chaque instrument, les compositions présentées ici parlent juste de la vie telle qu’elle nous chamboule, ses plaisirs, ses drames, la solitude et puis l’Amour. Certaines chansons musardent tout en lenteur, avec l’émotion à fleur de notes, tandis que d’autres laissent exploser les gammes à Mach 2, agrémentées d’attaques de guitare rutilantes à faire fondre le bitume alentour. A la vérité, cette galette est une sacrée belle surprise de début d’année : du blues décapant comme on adore, de l’énergie en pack de douze comme on en veut !
Max Mercier

Cara Being Blue
Grit

 

Genre musical: Sassy blues 
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby, iTunes, Spotify

Soutenue par des musiciens solides, notamment Dave Fields (New York Hall of Fame) et Jack Pearson (ex-Allman Brothers Band), la voix suave et déterminée de Cara Lippman, la bueswoman de Boston exilée à Nashville, s'adresse à toutes celles (et ceux) qui en veulent. Célébrant le courage et la volonté, Cara chante des chansons incitant à croire en soi. Le vibrato qu'elle porte dans la voix ne l'empêche pas d'opter pour un timbre plus vulnérable ('One Day') sur certains morceaux moins entraînants. Si la première chanson, maîtrisée d'une main experte, allie intensité et retenue, elle excelle aussi dans les ballades ('You Don't Wanna'). C'est dans la tradition du blues-rock US rond et touchant que s'inscrit l'Américaine, laissant place à des solos de piano ou de guitare qui traduisent à merveille les émotions dont elle traite dans ses textes. Le ton général oscille entre nostalgie et optimisme sans jamais être larmoyant. On pense par exemple à la ballade 'Old Feelin'' et son harmonica discret suivie par 'Kind Kinda Man', un morceau plus rythmé au parfum rétro. Le dernier titre est aussi le plus rapide et appelle à la danse. Au final, un disque fort porté par une femme déterminée et charismatique. Il est d'ailleurs annoncé que Cara passera par l'Europe pour sa tournée 2019...
Marion Braun

Cisco Herzhaft
Son Of A Watchmaker

 

Genre musical: Folk blues et plus  
Label : Blues N’Trad
Distributeur :
SOCADISC

Cisco Herzhaft, habile finger picker et slider chevronné, revient avec une production très personnelle dont l’interprétation singulière ne manque pas de souffle et dans laquelle il nous livre un blues bien trempé et ouvert sur son époque comme à son habitude. Hormis ses compagnons de longue date, Bernard Brimeur à la contrebasse et Patrick Cassotti à la batterie, il a invité quelques talents avec qui il a déjà collaboré, le rappeur Rockin’Squat, Micflow beatboxer du collectif Under Kontrol, la fougueuse harmoniciste Geneviève Dartevelle et l’excellent Fabrice Eulry maître du piano boogie woogie. S’il garde à l’esprit ses maîtres comme John Lee Hooker dont il reprend ‘Shake It Baby’ avec une réelle intensité, ce nouvel album de Cisco Herzhaft est bien une création originale. Il déroule en 47 minutes chrono 11 titres où les ambiances mélancoliques s’entremêlent avec des atmosphères plus excitantes, se baladant avec grâce du folk-blues au boogie, intégrant des beats entêtants ou des phrasés rap. Rien que les titres de ses compositions nous racontent une histoire, ‘Just The Man’, ‘Indian Trail Blues’, ‘I’m A Blues Vet’, ‘Travelin’ Man’… des chansons à travers lesquelles il se raconte, nous dit le parcours d’un homme, le trajet d’une vie mise en musique. Des propos intimistes qui ne manquent pas d’énergie pour autant. La réalisation est parfaite et l’écoute de cet enregistrement de belle facture est vraiment agréable.
Gilles Blampain 

Cotton Belly's
Missi

 

Genre musical: Blues, folk, rock     
Label : CABANE PROD
Distributeur : L'AUTRE DISTRIBUTION 

Ils pourraient se reposer sur leurs lauriers mais n’en font rien pour notre plus grand plaisir. Besogneux et créatifs ces quatre-là semblent être autant fourmis que cigales. Après This Day en 2014, Rainy Road en 2015, Live session vol.1 suivi de Live session vol.2 en 2017 voici donc la nouvelle production des Cotton Belly’s, Missi,qui aligne 11 compositions originales. Comme les précédentes celle-ci est irréprochable, le style est enlevé et l’originalité est toujours de mise. Blues, folk et rock sont les trois piliers de la création du band qui donne un éclat spécial à ce tripode musical où se glissent quand même furtivement çà et là de bien belles sonorités celtes ou soul. En maîtrisant toujours ce subtil équilibre entre la délicatesse et la fougue le band libère une joyeuse explosion de rythmes et de bonnes vibrations. Yann Malek est à l’harmo, joue de la lapsteel et chante, Aurélie Simenel tient les baguettes de la batterie, Mick Ravassat gatte et pince les cordes de guitares et banjo et Christophe Etienne alterne la basse électrique et la contrebasse. Il y a dans leur musique autant de pétillant que de moelleux, autant de douceur que d’acidité. Ils savent distiller avec un art consommé aussi bien la joie que la mélancolie dans leurs chansons. Un enregistrement de très belle facture fait de ritournelles qui accrochent immédiatement l’oreille et qui entrent dans la tête pour ne plus vous lâcher.
Gilles Blampain

Crypt Trip
Haze Country

 

Genre musical: Stoner-blues 
Label : Heavy Psych Sounds
Distributeur : Heavy Psych Sounds

Alors que certains groupes se prennent les pieds dans le tapis de la grosse production, le trio de Dallas Crypt Trip poursuit sa route à travers l’héritage du James Gang de Joe Walsh et de Grand Funk Railroad. Pratiquant un hard-rock teinté de blues et de psychédélisme, Crypt Trip possède un son à la saturation naturelle, directement capté à la sortie des amplificateurs. Haze Country est leur troisième album, et le trio confirme l’excellence de son prédécesseur, Rootsrock, sorti en 2018. Ryan Lee est un guitariste inspiré, au feeling mélodique indéniable. De la guitare acoustique s’ajoute parfois sur ses riffs afin de donner un petit arrière-goût country-rock. Il est parfaitement secondé par l’énergique bassiste Sam Bryant et le tonitruant batteur Cameron Martin. Lee est un chanteur feutré, au timbre juste, presque fragile. Crypt Trip rappelle toutes ces merveilleuses formations heavy-psychédélique du début des années 70 aux morceaux foisonnants d’inventivité et de rebondissements sonores : Captain Beyond, Steamhammer, Clear Blue Sky… Sans être passéiste, le trio crée une musique nouvelle en lien direct avec cette fabuleuse matière 70’s : ‘Death After Life’, ‘Hard Times’, ‘Free Rain’, ‘Wordshot’ et ses couleurs californiennes. Haze Country est un album réjouissant, parce qu’il possède toutes les qualités d’un très bon disque de rock-blues : mélodie, interprétation, son. Il montre aussi combien le rock véritable a repris les chemins de traverse pour se régénérer et s’épanouir loin du formatage sonore.
Julien Deléglise

Eli "Paperboy" Reed
99C Dreams

 

Genre musical: Soul 
Label : YEP ROC
Distributeur : BERTUS

Ce nouvel enregistrement d’Eli ‘Paperboy’ Reed est dans une veine soul vintage de la meilleure facture. Depuis ses débuts en 2005 l’artiste suit son chemin et reste fidèle à lui-même puisque déjà durant ses années d’études à l'Université de Chicago dans la filière de sociologie, il animait une émission de radio intitulée We Got More Soul sur la station WHPK. Cette nouvelle production chaude et colorée s’est faite à Memphis au Sam Phillips Recording Studio. Le disque propage un groove contagieux, une soul music riche de belles sonorités avec une section de cuivres exubérante, une virée sonore joyeuse, exaltante et plaisante, relevée de quelques pincées de funk, et par-dessus tout il y a la voix étonnante d’Eli ‘Paperboy’ Reed, claire et puissante soutenue par le chœur légendaire des Masqueraders sur quelques titres. Dans les 12 compostions qu’il signe, le message de Reed est que le bonheur passe par le partage, la fraternité et bien sûr la musique.  La musique qui libère l’esprit, une mélodie qui rend moins triste, un air qui fait se sentir mieux. Véritable délectation acoustique 99 Cent Dreams est une superbe réalisation aux arrangements élaborés, le seul reproche pourrait être sa brièveté, 38 minutes qui passent trop vite.
Gilles Blampain 

Eric Gales
The Bookends

 

Genre musical: Blues, jazz, rock,etc 
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Eric Gales est de retour avec cet enregistrement sur lequel trois invités se sont joints à lui, B. Slade pour ‘Something’s Gotta Give’ et ‘Pedal To The Metal’, Doyle Bramhall II pour ‘Southpaw Serenade’ et Beth Hart dont la voix donne le frisson dans l’interprétation de ‘With A Little Help From My Friends’. Pour cet album musicalement sophistiqué, plein de mélodies originales, Eric Gales, véritable groove master, ne voulait pas seulement apparaître en tant que musicien, domaine dans lequel il est incontestablement reconnu, mais également en tant que chanteur. The Bookends lui permet de prendre son envol pour un voyage de découverte. Il plonge dans différents genres mêlant blues, jazz, heavy-rock, psychédélisme, reggae avec autant d’énergie que d’intensité, que ce soit dans une chanson douce ou se déchaînant dans un solo enflammé avec un côté sauvage où brille son jeu de guitare agressif et brutal. Dans la lignée de son modèle, Jimi Hendrix, il ne se ménage pas et sculpte les sons à grands coups riffs soutenu par un tempo vif, un beat bien marqué, une wāh wha volubile et une ligne de basse percutante. Et côté vocal il ne s’en tire pas si mal. La production est hors pair. Le résultat donne une émotion brute enveloppée dans une superbe musicalité.
Gilles Blampain

Gary Hoey
Néon Highway Blues

 

Genre musical: Blues-rock et plus 
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Gary Hoey est le genre de musicien capable de jouer tous les styles de musique avec une égale dextérité. Il peut attaquer avec une intensité féroce puis jouer dans un registre plus doux, maîtrisant le feeling et le phrasé avec maestria. Sur son 21ème album il parcourt l’univers du blues-rock avec quelques invités de marque. Blues pur, rock ou simplement musique instrumentale, Hoey aligne 11 titres en puisant dans ses influences et en y adaptant sa propre technique. L’album débute avec sur un rythme funky bien enlevé, ‘Under The Rug’ en duo avec Eric Gales. Vient ensuite ‘Mercy Of Love’ joué avec Josh Smith dans un style plus lent avec toutefois quelques riffs dynamiques. Suivent au fil des plages, shuffles ornés de beaux effets de slides, instrumentaux avec des accords percutants et des sonorités classiques rappelant les années 70. ‘Don't Come Crying’ un blues lent est interprété avec son fils Ian âgé de 17 ans. ‘Damned If I Do’ un autre blues basé sur la slide est l’occasion d’un duo avec Lance Lopez. La chanson titre, ‘Neon Highway Blue’ qui clôt le CD est un instrumental cool aux sonorités hawaïennes. Non content d’être l’interprète, Gary Hoey a lui-même produit l'album dans son studio basé dans le New Hampshire.
Gilles Blampain

George Benson
Walking To New Orleans

 

Genre musical: Hommage 
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

George Benson, figure majeure de la guitare, fort de 42 albums sans compter les compilations, a réalisé cette production en hommage à Fats Domino et Chuck Berry. Dans une interview il a déclaré : « Je suis un grand fan de la musique créée par ces deux types, Chuck Berry était un grand showman et un grand musicien et Fats Domino n'a rien enregistré d’autre que hit après hits ». Pour célébrer la mémoire de ces deux géants il est entouré d’un quatuor de Nashville de premier ordre, le batteur Greg Morrow, le guitariste Rob McNelley, le pianiste Kevin McKendree et la bassiste Alison Prestwood ainsi que d’une section de cuivres, incontournable pour souligner l’esprit jovial de la musique néo-orléanaise de Fats Domino. Les répertoires des deux artistes honorés sont si vastes que le choix d’une sélection n’a pas dû être aisé. Seulement 10 titres retenus, mais on a droit à un véritable festival : ‘Nadine’, ‘Ain’t That A Shame’, ‘Rockin’ Chair’, ‘You Can’t Catch Me’, ouvrent la série. Inutile de commenter le jeu brillant de Benson, immense guitariste à l’aise dans tous les registres, jazz, soul, funk. Son chant, chaud et dynamique, reste dans l’esprit des créateurs et met bien en valeur ces chansons archi-connues inscrites dans la mémoire de tout amateur de rock qui se respecte. L’ensemble est comme une madeleine de Proust, un régal auditif malheureusement un peu court, seulement 37 minutes.
Gilles Blampain

Glen Clark
You Tell Me

 

Genre musical: Blues, soul blues 
Label : GLENCO
Distributeur : Amazon, CdBaby, iTunes, Spotify

Le nouvel album du pianiste texan est un vrai moment de douceur. Celui qui a collaboré avec Delbert McClinton, Bonnie Raitt ou encore Willie Nelson met toute son expérience à profit et délivre un blues aux accents soul. Le premier titre, plutôt country, nous emporte vers les plaines américaines. 'Walk On', plus tranquille, incite son auditeur à garder la tête haute quoi qu'il arrive. L'orgue de Glen soutient chaque morceau avec justesse et humilité alors que la guitare les orne de motifs et solos délicats (le très beau 'I'm Never Gonna Stop Loving You' peut en témoigner). A la formation classique se rajoutent une trompette et un saxophone ('I Can Tell By Looking'). Les compositions se succèdent avec harmonie et les chœurs, que l'on retrouve tout au long du disque, donnent une dimension gospel toute particulière à l'ensemble. L’interprète met tout son cœur dans des chansons qui parlent de déceptions et d'espoir. Au final, passer un moment à écouter les histoires qu'il nous raconte, c'est prendre du temps pour soi, pour se souvenir des bons moments et se rappeler qu'il y en aura beaucoup d'autres.
Marion Braun

Hat Fitz and Cara
Hand it Over

 

Genre musical: Folk-blues 
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : iTunes, Spotify, www.hatfitzandcara.com/shop/

Hat Fitz et Cara, la belle et la bête façon blues australopithèque du bush, l’artwork du cinquième CD du duo annonce la couleur : lui en rogomme broussard et mastard à longue barbe écorcheur de kangourous, elle starlette années quarante blonde enrobée et platinée, à voix de diva soul-jazz-blues. En gros, et fort de leurs expériences (il est une sorte de légende en Australie, elle a été  longtemps choriste pour Jamiroquai) et de leur maitrise instrumentale (guitare électrique, dobro, mandoline, batterie, washboard), ils peuvent se permettre de revisiter comme ils respirent le blues, la soul et le folk, le tout en mode minimaliste ascétique, batterie fanfare militaire, 2 accords blues ou folk et la voix éthérée de Cara ou celle gravillonnante et rocailleuse de Hat Fitz  démarrant et surplombant tout le bouzin sonore. C’est sûr, ces deux ont trouvé un truc, une formule, et ont touché une corde sensible. Comme des The Kills folk-blues, en quelque sorte, ou des White Stripes version Délivrance tempérés par les harmonies vocales de la belle. On y vient, on y revient, et on se dit que c’est ce que l’on a entendu de plus singulier, intéressant et excitant depuis des lustres dans ce registre roots. A se procurer de toute urgence et sans hésitation donc.
Laurent Lacoste

Katarina Pejak
Roads That Cross

 

Genre musical: Pop rock and blues 
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Le voilà donc cet album, le 5ème tout de même ! Celui-ci est produit par Mike Zito. Cette chanteuse autrice compositeuse, pardon... chanteuse-auteure-compositrice et pianiste... on s'y perd des fois, a débuté sa carrière en Serbie, son pays natal où elle est très acclamée (elle vit à Belgrade une partie de l'année), puis passage américain par le Berklee College Of Music comme d'autres 'collégiens' qui ont pour noms Susan Tedeschi, Pat Metheny, Al Di Meola, Donald Fagen, Steve Vai ou Keith Jarrett... De prime abord, ce qui retient tout de suite l'attention sur ce 'Chemins De Traverse' ce sont deux reprises. La première, 'Sex Kills' de l'immense Joni Mitchell (75 ans aujourd'hui, gloire à elle !) adaptée par Pejak en une formidable version soul blues. La seconde, le 'Turtle Blues' de Janis Joplin, mais dans un style plus proche de l'excellente Rickie Lee Jones que de la 'Mama Cosmique'.  Pour le reste, les compositions sont d'un excellent niveau alternant blues, ballades ('Old Pain') et chansons sur un mode mid-tempo, La guitariste Laura Chavez (excepté pour 'Moonlight Rider' ou Mike Zito se charge de la slide) y fait des merveilles, des fois twangy sur 'Nature Of My Blues' conférant à ce titre une ambiance tarantinesque, avec ses remontées de manche à la Dick Dale, (le saint homme vient de casser sa pipe). 'Chasing Summer' débute comme 'Start Me Up' des Stones. On se retrouve en terre cubaine dans 'She’s Coming After You' alors que le titre éponyme nous emmène en terre irlandaise. En fait ce pourrait être le genre de galette à glisser dans le mange disques de votre voiture en roulant à 80km/h. Tranquille.
Juan Marquez Léon

Keith Richards
Talk Is Cheap

 

Genre musical: Stone en solo  
Label : BMG
Distributeur : WARNER

Ce disque n’est pas vraiment ce qu’on appelle une nouveauté. On pourrait avancer que cette (re)sortie est un coup marketing, gloser sur l’intérêt d’une telle opération. Alors pourquoi ? Pourquoi pas ! Les fans inconditionnels y trouveront leur compte. A la fin des années 1980 les Rolling Stones s’offrent une pause. A cette époque les liens entre les Glimmer Twins sont plutôt tendus. En 1987 Mick Jagger sort son deuxième album en solo. En 1988 Keith Richards se lance à son tour et contacte quelques potes pour publier lui aussi un premier disque sous son nom, Talk Is Cheap paraît en octobre. Onze titres produits et enregistrés en grande partie à Montréal, en collaboration avec Steve Jordan le batteur des X-pensive Winos. L’ouvrage se fait donc avec la participation d’une belle brochette d’invités qui se nomment Boosty Collins, Maceo Parker, The Memphis Horns, Ivan Neville, Bobby Keys, Johnnie Johnson, Chuck Leavell, Mick Taylor… 30 ans plus tard Keith Richards déclare : « Cet album tient le coup, je l’écoute et pas du tout à travers les brumes de la nostalgie, car cela ne m’affecte pas de cette façon. Nous nous amusions et vous pouvez l’entendre ». L’écoute nous ramène à une période révolue, mais il est vrai que cet enregistrement se redécouvre avec plaisir. D’autant plus que le CD avec les 11 titres originaux est remasterisé et que le coffret en contient un deuxième qui dévoile 6 titres inédits remarquables.
Gilles Blampain   

Nico Chona & the Freshtones
Nico Chona & the Freshtones

 

Genre musical: Blues-rock, mais pas que...
Label : Electric George records
Distributeur : Spotify, iTunes, Deezer, Amazon

Il est des essais qui sont aussitôt transformés en victoire éclatante. Ce carré d'as en est la preuve. Ce premier album soigné, tant au niveau du visuel que de son contenu, nous présente une formation où la musicalité des compos n'a d'égale que l'intensité des interprétations. Le mécano en chef, Nico Chona, tient les guitares et le micro tandis que ses collègues, Joris Perrin (guitare), Dan Nambotin (basse) et Nicolas Gamet (batterie) forment les chœurs. Et contact ! C'est le son d'un gros V8 ronronnant qui avec quelques coups d'accélérateur lance un bon gros boogie rock 'Wheels Of Obsession' qui donne le ton général du contenu de l'album : de la fièvre entrecoupée de périodes calmes mais intenses. Voie royale pour le second titre 'Run' où l'influence de Blackfoot n'est pas loin. 'Screen Boy' a quelques rapports avec le Southern Rock. Puis viennent 'Again And Again' et 'The Heat' où on se calme avec la guitare acoustique qui entre en scène. Avec ces deux chansons, on serait plutôt dans le style du ‘Lucky Man’ d'ELP. Et revoilà le son de nôtre gros V8 qui redémarre pour lancer 'Black Sky Man' où le couple basse/batterie, comme un gros moteur, ouvre la route à deux guitares toutes en riffs. 'Hello', blues acoustique met en valeur la voix de Nico. L’envoûtant 'The Winning Wind' et sa mélodie un brin nostalgique est le calme avant la tempête. Aïe, aïe, aïe, l'interprétation de 'Rollin And Tumblin' avec le marteau pilon de la section rythmique et la slide grasse et énervée est imparable. 'Goldtrop Sunday Blues' et son rouleau compresseur électrique n'est pas en reste. 'Catalin Crest', onzième titre et ballade folk qui donne envie de tout plaquer et prendre la route, termine cet album sur lequel l'esprit des seventies plane et quand on coupe le contact, on se dit : « 'tain, ces mecs on l'jus et sans forcer ! Z'ont la classe pour l'international ! Allez, j'remets l'contact ». Les amateurs de V8 et de V Twin, apprécieront le gros son mélodique de cette galette.
César

Reese Wymans and Friends
Sweet Release

 

Genre musical: Blues, r'n'b, rock
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Si vous lisez attentivement les pochettes de disques son nom ne vous est peut-être pas étranger. En effet, si jusque-là Reese Wynans, claviériste qui a débuté à la fin des années 1960, n’a encore sorti aucun album sous son nom avant celui-ci, il a joué avec tout le monde : Captain Beyond, Allman Brothers Band, Stevie Ray Vaughan, Buddy Guy, John Mayall, Colin James, Delbert McClinton, Ana Popovic, Joe Bonamassa… Le mec a un carnet d’adresses gros comme un dictionnaire. Alors quand il s’est mis en tête de se mettre un peu sur le devant de la scène, aider par Joe Bonamassa qui joue le rôle de producteur, beaucoup d’amis ont répondu présents. Plus de 25 musiciens et chanteurs sont venus : Keb’ Mo’, Kenny Wayne Shepherd, Warren Haynes, Bonnie Bramlett, Chris Layton, Tommy Shannon, Doyle Bramhall II, Josh Smith, pour n’en citer que quelques-uns. A travers 13 titres l’album est un condensé de la carrière de Reese Wynans. Il reprend des compositions jouées avec les nombreuses formations auxquelles il a participé. Cinquante ans d’une grande aventure musicale qui aborde divers styles du blues au funk, le rock n’étant pas absent. « Ces chansons sont des fenêtres de différentes époques et de moments distincts de ma carrière », explique Wynans. « C’est une collection de chansons que j’ai jouées avec des musiciens dans le passé et qui met en lumière les artistes du blues qui, à mon avis, ont besoin d’un peu plus de reconnaissance ». Sweet Release révèle en 70 minutes une magnifique association de fabuleux talents distillant un énorme groove.
Gilles Blampain

Rival Sons
Feral Roots

 

Genre musical: Heavy-blues-rock
Label : ATLANTIC
Distributeur :
UNIVERSAL

Les Rival Sons font partie de ces derniers guerriers rock de la planète dont le succès commercial dépasse largement le cercle des clubs. Généralement bien installés dans les classements anglais, les Rival Sons sont aussi une attraction scénique appréciée aux Etats-Unis. Depuis leur création en 2008, ils sont le grand espoir du rock bluesy lourd initié par Led Zeppelin. Rival Sons ont sorti de bons disques, et notamment le fantastique Great Western Valkyrie en 2014 qui était à la hauteur de toutes les espérances posées sur eux. Feral Roots était attendu comme un album devant au moins confirmé le niveau de qualité défini, si ce n’est le dépasser. On y retrouve les ingrédients sonores du groupe : la voix puissante et expressive de Jay Buchanan, une section rythmique massive, et la guitare grésillante de Scott Holiday. Si ce nouvel album affirme bien le niveau musical atteint par le quartet, force est de constater que quelques morceaux manquent de ressort, comme le simple envoyé en éclaireur : ‘Do Your Worst’. On retrouve cette rythmique pachydermique, un peu stomp, chère à de nombreuses formations voulant revenir à d’hypothétiques sources blues, mais qui sonne totalement cliché. Quant à Scott Holiday, il a parfois tendance à en faire des caisses avec les pédales d’effet, couvrant péniblement la faiblesse de certaines mélodies comme sur ‘Sugar On The Bone’. Néanmoins, il y aussi les merveilles qui font des Rival Sons un très bon groupe de rock : ‘Feral Roots’ et sa mélodie zeppelinienne, les efficaces et heavy ‘Back In The Woods’ et ‘Too Bad’, le délicat ‘All Directions’, le lyrique ‘End Of Forever’. L’album se termine par un authentique gospel : ‘Shooting Stars’. Feral Roots est un disque en demi-teinte, avec des choses exaltantes, et quelques facilités qui ternissent un peu de fantastiques qualités. C’est assurément lorsque les Rival Sons se concentrent sur les mélodies et les interprètent sans fard qu’ils excellent.
Julien Deléglise

Robin Trower
Coming Closer To the Day

 

Genre musical: British blues  
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

A 74 ans Robin Trower, toujours actif, n’a pas encore épuisé sa source de créativité et le semble toujours inspiré. Ses performances n'ont jamais été aussi vivantes. Le bluesman ravira ses fans de longue date qui l’ont découvert dans les années 60 et séduira sans doute de plus jeunes amateurs. L’homme à la Fender Stratocaster paraît enthousiaste et annonce philosophe : « Je suis plus près de la fin que du début mais cela ne me fait pas du tout peur. Si je partais demain, j’aurais l’impression d’avoir été béni pour avoir réussi à réaliser autant de choses comme musicien. Je suis passionné par la guitare et ma passion est plus forte que jamais. C'est toujours un grand frisson de jouer ». Avec Coming Closer To The Day, même si le titre de l’album reconnait que la vie est courte et le temps précieux, son écriture et son jeu restent intacts. Sa musique est brute, corsée, il joue un blues fiévreux sans fioritures. Un truc qui vient autant des tripes que de l’esprit avec ça et là quelques envolées psychédéliques comme un clin d’œil aux sixties. Riffs entraînants ou rythmes plus calmes, l’ensemble est distillé avec une belle élégance et un bon feeling. La set list aligne 12 titres inédits.
Gilles Blampain

Tiffany Pollack and Eric Johanson
Blues In My Blood

 

Genre musical: Blues roots, gospel
Label : NOLA BLUE
Distributeur : Amazon, iTunes, Spotify

Lancer Blues In My Blood, c'est un peu partir en voyage. C'est se plonger dans un état second, se rappeler pourquoi on aime le blues. Le style épuré et efficace du combo (le duo est rejoint par d'autres instruments, dont un orgue et des percussions) fait taper du pied ('Keep It Simple') et hocher la tête en rythme ('Diamonds On The Crown').Forte de son amour du jazz New Orleans, Tiffany est dotée d'une voix puissante et toute en émotions. Véritable tour de force, le morceau éponyme en est un exemple frappant. Après avoir fait le tour des clubs de Louisiane, Eric se rapproche d'un blues plus authentique (on pense notamment à 'Memories To Forget', où l'harmonica et l'orgue créent une atmosphère hors du temps, appuyés par la voix de Tiffany en fond) avec cependant une technique et un son de guitare plus modernes. En effet, leur musique est pétrie d'influences diverses. Ainsi, 'Keep It Simple' allie un côté plus rock avec la guitare slide, que l'on retrouve tout au long du disque. Au contraire, 'No Expectations' est une écoute plus tranquille. Ce CD met les voix à l'honneur, et les instruments se font plus discrets. Au final, c'est une véritable déclaration d'amour au blues sous ses différentes formes que nous présentent les deux musiciens.
Marion Braun

Vegas Strip Kings
Jackpot

Genre musical: Zydeco, rockabilly, americana
Label : Gutbukit/Blind Pig
Distributeur : iTunes, Amazon

Avis à ceux qui aiment danser ! Le quintet de Las Vegas nous livre une galette rythmée qui saura trouver le cœur de son public. Leur musique éclectique va du cajun ('Back To You') au rockabilly ('Rotgun Run') en passant par le blues plus classique ('V8 Ford' a un parfum de 'Hoochie Coochie Man'). Saxophone et accordéon se donnent la réplique (comme sur le blues lent 'Lately'), soutenus par le piano. Si l'on ferme les yeux, on peut même apercevoir les lumières de Vegas. Leur son et surtout la technique irréprochable des musiciens sont en effet comparables à l'opulence presque ostentatoire de la ville des tentations. On se voit ainsi danser jusqu'aux petites heures du matin sur des morceaux comme 'Screeching Halt' et son impressionnant solo de saxophone ou sur la plus zydeco 'Life of Me'. 'Sharp As A Razor' clôture l'album avec un blues lent orné de motifs au saxophone. Les amateurs du genre trouveront là un disque éclectique et rythmé avec un seul objectif : faire danser et vibrer son public sans jamais se départir de son humeur bon enfant. Une formation qui mériterait sûrement d'être vue en live.
Marion Braun

Walter Trout
Survivor blues

Genre musical: Blues-rock
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Comme une sorte d’hommage à ses maîtres, Walter Trout nous gratifie d’un album de reprises, mais il a intelligence de ne pas nous infliger des scies maintes fois entendues. Il commente : « Je voulais faire de vieilles chansons obscures qui étaient peu reprises. Et c'est comme ça que Survivor Blues a commencé… ». Une fois encore il fait preuve d’un style original et puissant, sa voix est forte et son jeu de guitare précis. Il est accompagné par Michel Leasure à la batterie, Johnny Griparic à la basse et Skip Edwards aux claviers. Tout au long de ce disque qui dure 65 minutes l’ambiance est assez torride. Plutôt que faire une pâle copie, Walter Trout se réapproprie chaque morceau qu’il interprète à sa façon. Il ouvre avec ‘Me, My Guitar And The Blues’ (Jimmy Dawkins), enchaîne avec ‘Be Careful How You Vote’ (Sunnyland Slim), poursuit avec ‘Woman Don’t Lie’ (Luther Johnson) chantée en duo avec Sugaray Rayford, puis il reprend ‘Sadie’ (Hound Dog Taylor) et ‘Please Love Me’ (BB King). En tout une succession de 12 titres signés Otis Rush, JB Lenoir, Magic Sam, Elmore James qui se s’écoutent avec plaisir. Pour interpréter l’avant-dernier titre du CD, ‘Goin’ Down To The River’ (Fred McDowell), Walter Trout est rejoint par Robbie Krieger dans le studio de qui s’est fait l’enregistrement à Los Angeles.
Gilles Blampain

YGAS
Better Days

Genre musical: Folk, blues, soul 
Label : iM Yvan Guillevic/Anne Sorgues
Distributeur :
Spotify, Amazon

Que ceux qui ont des chaînes aux yeux, que ceux qui ont des entraves aux oreilles se laissent libérer par cet album d’YGAS comme nous y invite le titre ‘Cause I’m Free’. Yvan Guillevic à la guitare (unique instrument utilisé) et Anne Sorgues au chant, nous offre 5 titres intemporels mais aux résonnances bien actuelles. Yvan sert avec beaucoup de finesse la voix d’Anne, en lui donnant l’appui nécessaire pour déployer ses ailes. L’influence jazz, soul et blues colorent tout en douceur leurs compositions. Dans ces temps de fureurs et de violences, il est bon de se laisser envelopper par les messages d’espoir et de résilience que ce duo véhicule. Là où certains voudraient des murs YGAS construit des ponts, de la plus belle des manières… avec la musique de l’âme.
Stedy Salin