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12/17
Chroniques CD du mois Interview: AUTOMATIC CITY Livres & Publications
Portrait: SCOTT JOPLIN Dossier: ALADDIN RECORDS  
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

AVRIL 2017

Alex Dawson
Always Rock

Genre musical: Rock'n'roll endurci
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.alexdawson.fr

L’avantage avec cet album, c’est qu’il n’y a aucune tromperie sur la marchandise : Always Rock écrit en caractères gras au centre du capot, dans un ciel outrancièrement coloré qui surplombe le bitume de la Route 66, on ne peut s’attendre à des napperons en dentelle de Calais version jazzy, chant de velours, gracilité et tout le toutime. Non, Alex Dawson est un guitariste expérimenté, sexagénaire élevé au rhythm’n’blues, spécialiste du gros riff qui cisaille. S’enchaînent ici, pour son troisième disque, dix morceaux commandos, rien que des compositions écrites en français, soutenues à pleines mains par la basse-pilon de Philippe Ponasse et la batterie un peu trop mise en avant de Jean-Marc Brunerie. Les forces de cet opus résident dans l’irréprochable sincérité du propos musical, quelques mélodies accrocheuses, la puissance de feu des six cordes, tant en rythmique pâteuse qu’avec les soli bien troussés du patron, ça défouraille à qui mieux mieux jusqu’à l’accord final, ponctué par exemple sur ‘Enlèvement’ du larsen enjôleur cher au genre. La voix est éraillée comme il faut, mais Alex ne prend pas souvent le temps de la poser ni de la moduler, sauf sur les passages lents, notamment dans le déconcertant ‘Pedro’ qui narre le parcours abscons d’un type « plus fort qu’un taureau, de l’amour au kilo » !... En revanche les thèmes abordés et le décor général confinent aux clichés éculés, la bécane, assortie de l’enregistrement d’un moteur gros cube comme l’ont déjà fait mille groupes de hard-rock, la liberté, le respect, au milieu desquels tournoient dans la pochette intérieure des images décalées de Mère Theresa, Mandela, l’Abbé Pierre, Luther King, héros du titre introductif, mais aussi d’un impassible Indien des Grandes Plaines et du loup qui hurle à la pleine lune. On ressort un brin abasourdi de cette escapade bouclée à deux cents à l’heure, du son ras les oreilles et la tête à la renverse. Reste qu’au fil des 48 minutes pleine gomme, on ne sent pas toujours opérer la Grande Magie du rock’n’roll...
Max Mercier

Big Daddy Wilson
Neckbone Stew

Genre musical: Blues, soul, reggae
Label : RUF
Distributeur :
SOCADISC

Comment un musicien de blues qui appelle son album ‘pot au feu’ pourrait être décevant ? Le ‘Neckbone Stew’ en question, plat principal de l’album, est introduit à la slide et part dans un reggae hédoniste du meilleur effet. Certains bluesmen cultivent une image de mauvais garçons, et dansent avec une mort précoce et plombée, Big Daddy préfère nous avertir : ‘Cookies Gonna Kill Me’. L’avantage des vendanges tardives, pour les vins comme pour les chanteurs, c’est qu’elles proposent une surmaturité : tous les curseurs dans le rouge, plénitude, top of the game. C’est devenu une catégorie à part entière dans laquelle on trouve Charles Bradley, ou la regrettée Sharon Jones. Des carrières musicales avortées, un tunnel professionnel terne et alimentaire (cuisinier dans un hôpital psychiatrique pour Bradley, surveillant pénitentiaire pour Sharon, militaire de carrière pour Big Daddy), et une retraite sur la route entourée de jeunes musiciens avides d’authenticité, comme les deux acolytes italiens de Big Daddy, Cesare Nolli et Paolo Legramandi, co-auteurs de quasiment tout l’album. Le tout est très attachant, avec une mention toute spéciale à la fantastique reprise de Tracy Chapman ‘Give Me One Reason’ en duo avec Ruthie Foster.
Cranberry Gordy

Big Time Bossmen
Working on a plan

Genre musical: Roots rock
Label : ROOTZ RAMBLE
Distributeur : IN-AKUSTIK

Pur produit de la scène rockabilly, Big Time Bossmen élargit quelque peu son champ de vision... Certes, avec parcimonie : une touche funky sur 'Bartender', un chouïa de country ('Wouldn't That Be Great'), voire un soupçon de riff hard ('Sneaky Messaround'). Mais la part belle est laissée à un rockabilly offensif, par moments vaguement gothique, emmené par le solide vocaliste David Beauwen, à la touche fifties garantie - ce quatuor flandrien étant complété par Piet Vercauteren (basse, contrebasse évidemment - un groupe de rockab' sans contrebasse, c'est un peu comme Igor sans Grichka), Bruno Dierick à la lead guitar et Rien Gees aux drums. Le groupe fonce droit devant, à l'instinct, sans jamais se retourner. Tant pis si vous êtes sur le chemin, pompes en daim bleu ou pas... 'Take No Prisoners', clament-ils en final ! Si, malgré d'évidentes qualités, 'Wolfman', où le chanteur se fait crooner, souffre un peu de la comparaison avec l'élégant Chris Isaak, c'est bien le seul moment où il se décide à poser sa voix. Noter la belle giclée d'harmonica sur 'Damn You Woman' (in your face?) et surtout le sommet de l'album, 'The last Fuck', boogie redoutable s'il en est. Est-ce le sujet qui leur inspire cette énergie communicative, quasi désespérée? 
Marc Jansen

Chris Antonik
Monarch

 

Genre musical: Blues multifaces
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.chrisantonik.com

Certains critiques l'on comparé à un croisement entre B.B. King et Eric Clapton. Certes le type joue très bien mais quand même... Disons qu'il est dans la lignée de ces deux icônes du genre. L'homme en question est basé à Toronto et c'est l'un des artistes de blues les plus appréciés au Canada avec une nomination en 2011 pour l'Award du meilleur nouvel artiste à l'occasion de la sortie de son premier album, celui-ci étant le troisième. Et il y a un petit quelque chose qui fait dire que Chris Antonik est un futur grand. Dans 'Monarch', Antonik aborde le blues sous différentes formes. Soit, résolument moderne avec juste son groupe comme dans 'Slow Moving Train' ou 'Gold Star' (guitare, basse, batterie, orgue) soit par l'adjonction d'une section cuivre et de choristes 'I'd Burn It All Down (For You)', 'Forgiveness Is Free'. De toute façon, la guitare est bavarde et les solos arrivent toujours à point nommé. 'You're Killing My Love' immortalisé par Otis Rush, est la seule reprise parmi les treize chansons de ce disque. Encore une chose, cet album a été enregistré par Jeremy Darby souvent nommé pour des Awards et qui a collaboré avec, entre autres, Pink Floyd et U 2. Je sais, je sais, ce n'est pas du blues, mais c'est bien enregistré !
César

Delta Moon
Cabbagetown

Genre musical: Blues, rock, country
Label : JUMPING JACK
Distributeur : LANDSLIDE RECORDS

Nous sommes là en présence de la formation qui a remporté l'International Blues Challenge en 2003, ne l'oublions pas. Ce quartet basé à Atlanta n'a jamais manqué à sa réputation. La preuve avec ce huitième album studio. Outre la section rythmique, Franher Joseph (basse et contrebasse) et Marlon Patton (batterie et percussions) ce sont les deux membres fondateurs qui attirent l'attention  car tous deux sont slideurs. Ce sont Tom Gray et Mark Johnson. Il est à  noter que Tom Gray a été élu parolier blues de l'année en 2008 par l'American Roots Music Association. Neuf compositions et une reprise 'Death Letter’, de Son House interprétée d'une manière hypnotique et moderne, figurent sur ce CD qui débute avec 'Rock And Roll Girl' un titre qui balance, mais sans hystérie aucune, cette formation étant plutôt posée. Avec 'The Day Before Tomorrow,' le titre suivant, on écoute une ballade rythmée comme savaient les faire CCR. 'Just Lucky I Guess' est un morceau acoustique, avec contrebasse et toujours les slides et la voix de Tom Gray, passée au papier de verre. Chanson puissante qui se rapproche du blues du désert, 'Refugee' voit trois chanteurs se succéder. Tom Gray, la belle voix de basse de Franher Joseph et celle de Kyshona Armstrong choriste sur d'autres chansons. Un instrumental à tendance country blues agrémenté d'un peu d'harmonica et de contrebasse 'Cabbagetown Shuffle' nous emmène gentiment vers la fin de l'album où l'éclatant 'Sing Together' positif et entraînant nous pousse à rejouer cet album encore et encore. Un beau disque pour accompagner le printemps.
César

Garland Geffreys 
14 steps to Harlem

Genre musical: Blues, soul, reggae, folk, rock, etc...
Label : LUNA PARK RECORDS
Distributeur : MODULOR

Garland Jeffreys, physiquement intact, creuse les mêmes 10 ou 12 sillons parallèles depuis longtemps : un titre rock, un reggae, un folk, etc, etc. La voix est claire, les reprises en chêne massif (‘Waiting For The Man’ de son ami Lou, ‘Help’ des Beatles), et l’ensemble est aussi codifié qu’un repas du dimanche chez ma belle-sœur. L’album est dédié à tous ceux qui combattent le racisme et l’injustice. Dans ‘Time Goes Away’, l’auteur nous indique que « le temps s’envole jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus beaucoup ». A la fin du livret, l’auteur remercie nommément une cinquantaine de pledgers, qui ont financé la production de l’album. Convaincus d’avance, comme les militants qui fréquentent les meetings, ils seront satisfaits du résultat. Iront-ils jusqu’à tracter sur les marchés ?
Cranberry Gordy

Grand March
Growing Old

Genre musical: Blues, folk électrique
Label : # 14 RECORDS
Distributeur : ABSILONE

Troisième CD pour cette formation  basée du côté de Strasbourg dont la chanteuse, Hélène Braeuner (mix entre Patti Smith et Grace Slick) n'a rien à envier au guitariste Aurélien Meyer qui accompagne à merveille cette dernière pour suivre ses états d'âme. La mise en tempo étant assurée par Cyrille Martin le bassiste et Fred Lichtenberger le batteur. L'impression générale qui ressort de l'écoute de cet enregistrement nous emmène du côté des années soixante-dix où blues, folk et rock allumé, mêlés, donnaient cette coloration avec un petit côté psychédélique. A signaler qu'à leurs débuts, ce quatuor n'était qu'un duo formé d'Hélène et Fred, et la formation a évoluée gentiment jusqu'au groupe actuel. Le côté rock est apporté par la guitare cinglante d'Aurélien, qu'elle soit slide 'Call It Quits' (titre d'ouverture) ou bien dans le dernier morceau qui est une reprise d'une chanson de PJ Harvey 'Good Fortune' dans laquelle la chanteuse fait merveille. Le bonheur d'écouter Grand March ne tient pas spécialement à des qualités de virtuoses des musiciens, mais plutôt à leur urgence à faire passer le feeling et les textes puissants. 'Burn The Man Down' en est un exemple flagrant. Le seul petit hic avec cet album, c'est qu'il n'y a que six titres et j'en redemande.
César

Hector Anchondo band
Roll the dice

Genre musical: Blues énergique
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.hectoranchondo.com

Est-ce qu'on joue dans la cour des grands, je ne sais pas, mais ce groupe a été demi-finaliste 2015 et finaliste 2016 à l'International Blues Challenge à Memphis. Ça présente quand même bien sur une carte de visite. Hector Anchondo est ambitieux. Son truc est de pouvoir se retrouver sur scène avec les plus grands guitaristes en étant leur égal. Il y travaille fort et les musiciens qui l'accompagnent sont aussi des gens de talent, ici pour sublimer le travail des aller retours sur le manche de ce super guitariste d'une trentaine d'années et en plus excellent chanteur. Khayman Winfield est le batteur, Josh Lund est le bassiste et l'harmoniciste a pour nom Justin Shexlton, à qui s'ajoutent une section cuivre et la voix puissante d'Amanda Fish pour le premier titre 'Dig You Baby' un bon gros boogie, histoire de prévenir l'auditeur qu'il va y avoir du puissant. Neuf compositions et une sublime reprise de 'Black Magic Woman' qui oscille entre délicatesse et passion. La Fender Stratocaster est à l'honneur sur tous les morceaux. Du funky 'Roll The Dice' au très aérien 'Sometimes Being Alone Feels Right', de l'esprit  sixties de 'Jump In The Water' au blues teinté de rock de ‘Masquerade’. Allez, oui, je crois qu'on joue dans la cour des grands.
César

Hurricane Ruth
Ain't ready for the grave

Genre musical: Blues, Rock
Label : HURRICANE RUTH RECORDS
Distributeur : CD Baby, FCC Clean

Hurricane, un surnom qui va comme un gant à cette femme portant le perfecto et ses grosses bagues comme une seconde peau et le feeling comme un sens inné supplémentaire. Il faut dire qu'elle a grandi au sein de la taverne que tenait son papa, dans l'Illinois et qu'elle a été bercée par le son des groupes de tout genre qui y passaient. Pour ce quatrième album, les musiciens qui l'accompagnent ont été triés sur le volet pour accompagner l'ouragan. Deux guitaristes qui sont Pat Buchanan (Faith Hill, K. Chesney) et Rob Mc Nelley (D. Mc Clinton), un bassiste Michael Rhodes (J. Bonamassa), les claviers sont tenus par Reese Wynans (S.R.V.). A la batterie, le producteur du CD, Tom Hambridge. Il fallait au moins ça pour assurer les douze titres présents dont la reprise de 'Whole Lotta Rosie' (AC/DC) véritable rouleau compresseur gavé au nitrométhane. Puisqu'on est au rayon rentre dedans, il y a 'Hard Rockin' Woman' où Ruth parle d'elle. Tout est dans le titre ! Rassurez-vous, il y a aussi des morceaux très lents 'Far From The Cradle' où la slide et le piano font bon ménage, 'My Heart Aches For You' où l'Ouragan crie sa passion.  'Yes I Know' est un gospel car Ruth a vraiment la voix et le coffre pour ce style. Le chant des trois choristes résonne comme une chorale entière. Quelle pêche ! Je recommande ce CD à tous ceux qui aiment le blues solide et les chanteuses à forte personnalité, vous ne devriez pas être déçus.
César

Johnny Mastro & Mama's Boys
Never trust the living

Genre musical: Heavy blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : https://www.johnnymastro.com/l isten-buy-music

Si on doit parler de heavy blues, là, il y a quelqu'un à qui causer. Cet harmoniciste de la Nouvelle Orleans et ses Mama's Boys ont choisi le chemin le plus boueux avec un son qui colle bien aux semelles. A la  guitare basse, l'imperturbable Dean Zucchero, à la batterie, le rentre dedans Rob Lee et enfin, à la guitare saturée et à la slide rugissante et dérapante, le surnommé Smoke. Cette équipe-là a su trouver un son « sale » et épais où le blues traditionnel est traité d'une manière moderne comme par exemple 'Ingrid Cold', une histoire d'extraterrestre avec en son milieu un break cosmique. Le boogie n'est pas en reste avec 'Never Trust The Living'. 'House Of The Rising Sun' est repris version instrumentale avec des accélérations et des ralentissements mais toujours saturé et ça passe très bien comme ça. Autre instrumental, 'The Sad Night Owl' très, très lent, à écouter les soirs de pleine lune. Autre titre doux et lent, plein de sensibilité, 'Believe', sans saturation celui-ci, mais avec de la réverbération sur la voix. Une belle galette qui doit être la onzième, si je ne me trompe,  de cet artiste entier et sans concession.
César

Julian Sas
Feelin' alive

Genre musical: Blues-rock
Label : CAVALIER MUSIC
Distributeur : PROPER MUSIC

L'air était chargé d'électricité et le public répondait au quart de tour lors du Coming Home Tour 2016 et fort heureusement,  les enregistreurs étaient branchés, ce qui a donné ce Feelin' Alive qui rend bien la mesure des concerts d'un des meilleurs guitaristes blues-rock européen. Si je compte bien c'est le quinzième album de Julian Sas qui, entre nous, a également récemment sorti un coffret contenant ses cinq premiers CDs maintenant introuvables. Avis aux curieux ! Pour ce live, le groupe a été renouvelé et c'est une équipe de choc qui accompagne Julian Sas. Roland Bakker tient les claviers (orgue et piano). Rob Heijne fait voler ses baguettes et à la guitare basse, on trouve Fotis Anagnostou. Neuf titres dont deux de huit minutes et un CD qui débute comme une accélération sauvage 'Jump For Joy' dont le son et le rythme font de suite penser à du Deep Purple, alors que le titre suivant 'High And Low' a plutôt une influence hendrixienne. On continue avec 'Did You Ever Wonder' et 'Fear Of Falling' où l'on constate que le garçon peut avoir un toucher genre Gary Moore, tout autant appréciable sur les titres lents que sur ceux explosifs. Et quand il s’agit d'explosions, cet album se termine par un feu d'artifice. D'abord, 'Helping Hand' qui démarre sur un riff boogie suivi de solos d'enfer, le type enchaîne avec 'Highway 61 Revisited' et achève son public avec 'Bullfrog Blues'. Rien à redire, Julian Sas est un guitar hero.
César

Lauren Mitchell
Desire

Genre musical: Blues, soul
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : http://www.laurenmitchellband.com/

Attention, que la beauté de cette femme n'efface pas ses qualités vocales, car c'est une femme à voix avec, en plus, une sensibilité palpable. Il faut dire qu'elle sort d'un divorce et qu'elle a dû reformer un groupe pour enregistrer cet album afin qu'il donne du courage et du baume au cœur à tous ceux qui ont une mauvaise passe en leur servant d'exemple. Pour cela, elle a fait appel à un producteur awardisé, très en vue, le batteur Tony Braunagel qui a su réunir l'équipe idéale qui convenait à la chanteuse qui, outre ses compositions a pioché dans les répertoires d’Etta James, Bettye Lavette, Diana Ross, Aretha Franklin et Betty Davis. Vous l'aurez compris, outre le blues, c'est la soul music qui anime cet album. 'Soul Music' est  d'ailleurs une compo où elle rend hommage à son papa qui l'a initié à ce style de musique. Tiens, il y a du tambourin, des claping hands, des chœurs féminins et une belle slide derrière la voix puissante de sister Lauren, c'est dans 'Desire'. 'Anti Love Song' est un titre saccadé dans lequel la guitare basse a un son métallique mais le piano sonne bastringue, où elle semble régler des comptes. 'Brown Liquor' au groove imparable permet au côté rageur de la voix de Lauren Mitchell de réclamer son p'tit verre d'alcool. Un disque, somme toute, dans la tradition des Divas du blues qu'elle adore.
César

Lazy Eye
Live at Chapel lane – Pocket the black

Genre musical: Blues-soul
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : http://www.lazyeyeband.com/music

Allez, hop ! Un petit tour en Australie pour découvrir un trio remarquable pour plusieurs raisons. Déjà, la formation par elle-même. Evan Whetter joue de l'orgue, de l'harmonica et chante. Il me semble bien qu'il utilise une cabine Leslie avec son Hammond. Madame Erica Graf est guitariste et fait les chœurs avec le batteur Mario Marino. Remarquable également car ces gens sont détenteurs de plusieurs awards dont : South Australian Blues & Roots (2013 & 2014) et Australian Blues Award (2015). Et remarquable aussi car capté en live, mais dans un studio d'enregistrement où une quinzaine de spectateurs étaient conviés. Le fait d'avoir un auditoire a sublimé la performance du groupe et ce CD se trouve nominé pour l'Award du meilleur album Blues Australien 2017. On ne peut faire mieux. On retrouve le feeling de la grande époque de Booker T dans 'Mucho Jalapeño' avec une petite coloration jazz ce qui fait que l'on ne voit pas le temps passer. Pas de brusquerie, de la délicatesse et de la douceur même quand on part sur des rythmes à la Bo Diddley comme 'Shack O' Mine' et pourtant, ça swingue avec 'Pocket The Black' et on bat la mesure sur 'Back The Way I Came'. Et puis un titre qui change un peu des autres 'Treat Your Lover Right', voix/harmo, guitare, caisse claire/balais. Bien heureux devaient être les auditeurs invités pour cet enregistrement, assurément.
César

Little Hook
Little Hook

Genre musical: Blues, rock, ballade, country et même chanson française
Label : NAKED
Distributeur : DONORS

Premier album énergique pour ce groupe qui a tout composé de A à Z, chose assez rare et qui mérite d'être souligné. Surtout lorsqu'il s'agit d'un premier opus. L'intro ‘Hillburner’ pose le décor : rythmique ensorcelante voire entêtante (dans le bon sens du terme!) pour lancer l'album. Nous sommes sur des airs poisseux du bayou patinés d'harmonica (Big Dave Reniers, homme qui a la particularité d'avoir vécu en Papouasie Nouvelle-Guinée pendant 18 ans !) avec ‘Drowning In My Own Tears’ ou ‘Hooked’. Et toujours cette rythmique (guitare de Bart Mulders, percussions de Steve Wouters) rappelant sans forcer Muddy Waters. Les textes sont tous signés de Renaud Lesire (excepté ‘Hooked’). Dans cet album, il a mis tout ce qu'il a connu lorsqu'il bossait sur les projets de Candye Kane, James Harman ou encore Gene Taylor. Les textes sont acérés, mélancoliques et même en français pour l'un d'entre eux : ‘Mourir Debout’. Ce dernier est une ballade lancinante qui parle de regrets, de moments ratés au cours d'une vie mais qui insiste sur la dignité. Rester debout malgré tout ! Ce qui pourrait en faire une chanson d'actualité...
Tristan Sicard

Lonesome & Blue The Original Versions
Little Walter, Howlin’ Wolf, Muddy Waters, Chuck Berry...

Genre musical: Rolling Stones Blues and Rock'n'Roll
Label : BLACK KNIGHT
Distributeur : BERTUS FRANCE

Commençons par les points négatifs liés à ce genre de compilation. Tout d'abord, le 'Blue And Lonesome' des Rolling Stones sorti l'an dernier, comportait 12 reprises. Ici nous en retrouvons seulement 10. Pour des raisons qui m'échappent, il manque le superbe 'Commit A Crime' d'Howlin Wolf de 1966. Le compilateur aurait pu, à la place,  inclure l'ancienne version, appelée 'I'm Leaving You' de 1958, mais même celle-ci n'y figure pas. Autre manque, le titre de Little Johnny Taylor enregistré en 1971, 'Everybody Knows About My Good Thing'. Problèmes de droits? Ensuite, si comme moi vous avez joué  10000 fois le magnifique album des Stones, peut-être auriez-vous souhaité que l'ordre des titres soit le même. Bin non! Et pour finir, aucunes  informations sur les dates d'enregistrement de ces originaux, surtout qu’ici on nous en propose 17 de plus. Pour ce genre de détail je vous renvoie donc au livret du dernier album des Pierres et pour de plus amples précisions, vers l'article de Christian Casoni, notre très cher collaborateur, qui s'est décarcassé récemment dans un journal de rock dont le nom commence par R et finit par K ! Pour le reste, cette compilation est un déluge de pépites. Je laisse les 10 premiers titres qui, bien que repris de bien belle manière par la bande à Mick et Keith, sont de toutes façons des monuments pour l'éternité. Reste les 17 bonus. Réécouter tous ces trésors mis bout à bout est pure joie. La grande majorité de ces titres ont été repris entre 1963 et 1965 par les Rolling Stones. Excepté 'Harlem Shuffle' (Bob & Earl 63) repris sur l'album Dirty Work en 1986. 'Mannish Boy’ (Muddy Waters 55) sur Love You Live en 1977. 'Love In Vain' (Rbt Johnson 37) sur Let It Bleed en 1969. Impossible de citer tous ces trésors, tant ils sont nombreux. Seulement, comment rester insensible à des choses comme 'Fortune Teller' par Benny Spellman (62) ou 'You Better Move On' par Arthur Alexander (61)? Et aussi, 'Around And Around', et 'Carol' (58) ; au moment où j'écris ces lignes, l'immense Chuck Berry s'en est allé...
Juan Marquez Léon

Magic Buck
Soul confidence

Genre musical: Folk-blues
Label : FRENCH BLUES
Distributeur : www.magicbuck.com

Buck is back et nous livre une fois de plus avec ce cinquième album un ouvrage de belle facture artisanale. Comme d’habitude seul face au micro, il privilégie pour s’accompagner sa National Style 0 de 1930 qu’il utilise pour 7 titres, pinçant ou slidant pour d’autres chansons soit une Gibson L00 de 1995 soit une Ibanez 637/12 de 1980 ou encore une National Duolian de 1931. Cette précision n’est pas un détail quand on sait que le bonhomme porte une attention toute particulière à ses guitares et que l’une de ses vieilles compagnes illustre en majesté la couverture du digipack. Et le résultat au niveau du son est superbe. Mais il serait injuste d’oublier l’harmonica même s’il est peu utilisé pour cet enregistrement ainsi que le fameux tabourin. Toutefois ces instruments sont avant tout au service du chant et on peut dire que le ton de Buck est chaleureux, tour à tour enjoué ou nostalgique, pour nous raconter avec humour ou sensibilité des histoires d’aujourd’hui raillant les importuns au téléphone portable ou pour aborder des thèmes plus intemporels à propos d’amour passion ou de coup de cœur pour une belle inconnue à la chevelure flamboyante. En 47 minutes et 12 compositions originales dont deux instrumentales (‘Flo’s Waltz ’et ‘Wounded Knee’) tout est dit. Et la traduction de ce Soul Confidence peut s’entendre dans les deux sens du terme, une âme qui s’exprime en ‘confidence’ ou en ‘confiance’. Mais dans un sens comme dans l’autre le partenaire est l’auditeur.
Gilles Blampain  

Mike Lécuyer
5

Genre musical: Blues français
Label : BLUESIAC
Distributeur : BRENNUS

En son temps, le 'King Of Laid Back', JJ Cale en personne, avait aussi sorti son '5'. C'est au tour de Mike Lécuyer de réaliser son cinquième album. Mais rappelons qui est Mike Lécuyer. Au début des années 70, il est critique de rock  dans Maxipop et Pop 2000 avec un certain Jacques Leblanc (Juke Box Magazine). Il publiera ensuite entre 1977 et 1980, 3 disques produits par Christian Décamps (Ange) avant d'entamer pendant 20 ans une carrière de maquettiste et de responsable multimédia. Mais l'envie de rejouer le démange. Il reprend la route, se produisant souvent au Québec. En 2012, à Memphis, la Blues Foundation lui attribue un Award, pour 'services rendus' au blues français. Pour ce numéro 5, l’idée originale a été de proposer 5 textes identiques à 2 compositeurs différents : à Bernard Zuang, avec qui Mike Lécuyer écrit souvent, et au duo Stringers In The Night (Arnaud Vandevoorde et Gérard Chaumarel),  qui collabore régulièrement avec notre homme. Le résultat est étonnant...  très décontracté pour les titres interprétés par ces derniers, un peu plus énergiques pour Bernard Zuang. Comparez 'Pub A La Radio' avec 'Blues A La Radio', deux visions différentes pour un même texte! Il est vrai que du côté de Zuang, c'est plus étoffé au niveau instruments. Guillaume Petite (piano), Jean Marie Denis (claviers), Julien Bouyssou (claviers). Inversement 'La Fille En Bleu' de Zuang est très détendue comparativement 'Au Comptoir Du Blues' des Stringers. Les 3'10 de 'A Quel Âge Est-On Immortel' de l'un se transforment en 7'25 du 'Au Club 27' de l'autre. Ce disque, à travers des textes très sympas, est une gémellité née dans la bonne humeur d'une réunion entre bons potes! Laid Back je vous disais.
Juan Marquez Léon

Mo Al Jaz and Friends
The blues of Little Walter

Genre musical: Jazzabilly blues
Label : Rhythm Bomb (prochainement)
Distributeur : www.moaljaz.com et (prochainement) Rockstar Records

Depuis le dernier Stones et ses quatre reprises de Little Walter, le génie de la gaufrette va-t-il prendre une revanche sur le néant et refaire un peu parler de lui ? Voici un album hommage très convaincant, projet du français Mo Al Jaz (origine : Montluçon), leader du groupe Mo & the Reapers, harmoniciste, chanteur, ici à la tête d’une formation multi-horizons : les britanniques Dexter Shaw, Francisca Shaw et Robert Pokorny, l’américain Big Jon Atkinson, l’autre français du disque David Imir, et l’italo-américain Little Victor à la réalisation (qui vivait en Espagne aux dernières nouvelles). Mo Al Jaz « attaque une forteresse », selon l’avertissement de Matthew Skoller mis en exergue dans la feuille de présentation. A moins de reformater son modèle en hard rock, electro ou valse-musette, quand on prétend respecter l’œuvre d’un tel monstre, que peut-on ajouter à Little Walter ? Le défi consiste essentiellement à ne pas démériter, et Mo Al Jaz ne démérite pas. « Dad approved », lui a déclaré Marion Jacobs Diaz, la fille de Walter, lui proposant de venir braver l’ordonnance Trump le 3 mai pour se produire au Buddy Guy's Legend, où sera célébré l'anniversaire de son père. La vibration de l’harmo, le drive des guitares, le swing de la batterie, la réverbération de l’espace, on a tout, avec les grands airs du répertoire comme on disait jadis : ‘Last Night’, ‘It’s Too Late Brother’, ‘Blues With A Feeling’, deux versions de ‘My Babe’, deux de l’instrumental dévastateur ‘Off The Wall’, et quelques titres plus confidentiels si tant est que l’œuvre de Walter, assez restreinte, en contienne : ‘It Ain’t Right’ ou ‘Nobody But You’. Mo Al Jaz est content, le label allemand Rhythm Bomb vient de lui proposer un deal.
Christian Casoni

Philippe Ménard  
Walking on the Front Line

Genre musical: Blues, Rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : philippemenard.blues@wanadoo.fr

Philippe Ménard est quelqu'un que l'on pourrait qualifier de vieux loup solitaire. Solitaire parce que, one man band et loup pour son côté sauvage, indomptable et libre. Il hurle, d'ailleurs, comme un loup dans le titre sur l'addiction 'High' qui est l'un des quinze morceaux de ce onzième album (à vue de nez).  Il y a aussi cette image d'un coyote qui hurle à la lune, pendant  qu'il passe la frontière mexicaine avec un million de dollars dans 'Mexico Bound'. Les chansons de cet artiste sont loin du : « Tu m'aimes, je t'aime ». Il raconte des aventures, des faits de société, des ressentis, souvent dans un style assez brut de décoffrage. Le top étant 'See How They Run' qui en cette période d'élection a toute sa place. Sur un fond d'orgue, sa guitare se fait aussi bavarde que celle d'Hendrix dans 'The First To Brake'. Titre qui doit se faire lever les spectateurs pour danser, 'She Put Another Mule In Your Stall' tient le rythme jusqu'au bout. Le morceau 'Walking In The Front Line'  que l'on voit écrit rouge sang sur son front sur la photo de la pochette est une ode à la non-violence et ce garçon, outre ses qualités musicales évidentes est une grande âme, un humaniste. Ce CD fait beaucoup de bien à qui veut bien l'écouter et le lire, car ce digipack possède un livret. C'est pour moi, un indispensable.
César

Pierre Sibille
Peace, Love and Bob Dylan

Genre musical: Soul-blues, rock
Label : BLUES' UP
Distributeur : InOuïe distribution

On n’attendait pas Pierre Sibille reprenant Bob Dylan, et pourtant il réinterprète quelques classiques du maître de très belle manière en leur donnant un nouveau lustre. Il dit avoir voulu se faire plaisir, et c’est une belle réussite d’autant que le plaisir est partagé. Il nous livre comme d’habitude une production soignée, et si la tonalité varie quelque peu le charme et l’intérêt n’en sont pas moins négligeables. ‘All Along The Watchtower’ se démarque de l’interprétation originelle tout autant que de la mémorable version de Jimi Hendrix mais est de dimension équivalente ; ‘Licence To Kill’ est du même calibre, et ‘Tonight I’ll Be Staying Here With You’ comme ‘Dirge’ ou ‘Life Is Hard’ résonnent également avec la même intensité grâce à cette subtile réappropriation. Cependant tout l’album n’est pas dédié au grand Zim. Toujours dans son registre soul-blues tonique et chaleureux avec ça et là des inflexions reggae ou hip hop, Pierre Sibille (chant, harmonica et claviers) nous livre 5 compositions originales entouré d’une belle brochette de musiciens dont Richard Arame à la guitare, fidèle compagnon de route depuis de nombreuses années. Citons en invitées Tina Mweni, Asha Noni Hadivah et Danielle Mendez venues poser leurs voix sur certains titres. Chanteur expressif et attachant Pierre Sibille capte toujours en finesse l’auditeur dans ses rets musicaux aux mailles tendues de sens et d’émotion.
Gilles Blampain

Pokey LaFarge
Manic Revelations

Genre musical: Rocksteady country old-time
Label : ROUNDER
Distributeur :
UNIVERSAL

Embardée sur la jante. Rangés les washboards, fini de jouer les péquenauds du samedi-soir et les jazzeux de la grange, old-time/manouche, en se défendant envers et contre tout d’être rétro, assez dupliqué le même 78 tours de western-swing au long de six ou sept albums. Ce costume, il le portait très bien mais, à force, il commençait à ressembler à un bleu de travail. Pour donner une suite à ses aventures, Pokey a choisi de faire plus intemporel en mélangeant les genres. Le swing vintage qui faisait sa marque traîne toujours un peu par là, mais il se dilue dans une sorte de country-old-time reprofilée. Pokey a viré la botte à foin, démonté l’accélérateur, ralenti le tempo, électrifié la guitare et la basse, acheté une batterie, ajouté des cuivres à la tournure très rocksteady, et une capillarité de rhythm’n’blues. L’actualité aura sorti Pokey du bocal dans lequel il rêvait aux années 30 : un Noir désarmé, froidement exécuté par un policier à Ferguson, Missouri, pas loin de chez lui, la découverte en tournée que son pays faisait flipper le reste du monde, et la révélation qu’un chanteur pouvait s’émouvoir de ces choses-là sans avoir besoin de tonner, dans un album aux angles doux, avec ses copains de St. Louis, ceux du South City Three : Joey Glynn, Ryan Koenig et Adam Hoskins, toujours aussi pointus. Sa voix, naguère affligée d’un gros vibrato nasal qui collait bien à ses chansons de moonshiner, s’est éclaircie et colle maintenant vraiment bien à cet old-time new-look tropicalisé, paisible et grave, dont les belles mélodies (‘Going To The Country’) ne sont jamais téléphonées. Pokey joue ici un coup magistral.
Christian Casoni

Thorbjørn Risager & The Black Tornado
Change My Game

Genre musical: BBlues, boogie, funk, soul danois
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le gars maîtrise son sujet. Chaque titre propose une ambiance propre, mais dieu que cet album autoproduit tient la route ! Il est encore plus créatif que le précédent (Too Many Roads). Malgré les titres récoltés avec ce dernier, notre ami Thorbjørn n’a pas hésité à nous proposer autre chose. Du coup, ce nouvel opus porte définitivement bien son nom. La voix chaude et groovy de Risager trouve très bien sa place sur tous les styles proposés. Il est aussi à l’aise sur les blues les plus purs, les ballades envoutantes (jamais sirupeuses) que les rocks endiablés (même si un peu trop propres à mon goût). A la seconde écoute, on découvre une richesse harmonique inattendue dans cette catégorie. Les arrangements (notamment les cuivres) sont efficaces et bien pensés. Bref, mention très bien pour ce remède contre l’ennui qui nous démontre qu’après 14 années sur les routes et 11 albums, il y a encore moyen de donner à nos vieilles oreilles ce qu’elles recherchent obstinément. Mon coup de cœur : ‘Lay My Burden Down’, une ballade mélancolique que n’aurai pas reniée Tom Waits himself.
Robert Bolaers

Tinez Roots Club
Have you heard?!

Genre musical: Boogie, rhythm’n’ blues hollandais
Label : ROOTZ RAMBLE
Distributeur :
INAKUSTIK

Martijn ‘Tinez’ van Toor au sax tenor,  Evert Hoedt au sax baryton, Rob Geboers à l’orgue  Hammond et Andreas Robbie Carree aux drums nous proposent 13 titres aux rythmes endiablés. Ces sympathiques Bataves ne doivent pas ignorer que leur musique est assez datées et prévisible, mais ils l’exécutent avec entrain et sincérité. L’album est presqu’intégralement instrumental, laissant la part belle aux saxophones ponctués par une base rythmique originale (orgue et batterie). Tout cela sonne fort bien et est exécuté sans faille ! La plupart des titres me font penser à ces films sur les gangs new-yorkais des années 50 : le groupe joue au plus fort dans le club enfumé pour couvrir les bruits du règlement de comptes qui se déroule en sous-sol… Belle musique d’ambiance donc ! Un album revival sans défaut, mais manquant peut-être d’une signature plus personnelle ou plus actuelle.
Robert Bolaers

Xavier Pillac, Antoine Escalier
Electric Blues Duo

Genre musical: Hill country rock, americana blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : facebook.com/electricbluesduo

On ne peut pas dire que Pillac fatigue son public par sa frénésie discographique. Mais il rompt une nouvelle fois le jeûne avec un EP-5 titres, rien que des reprises, et un bonus track. Pillac s’est frotté à tous les formats, du groupe de blues-rock blindé d’une section de cuivres à la formule one-man-band. Ici, il pencherait plutôt vers cette dernière, mais en duo avec son vieux complice Antoine Escalier. Pillac chante, gratte, slide et solote. Escalier basse, foot-drumme et pose des chœurs. L’harmoniciste Youssef Remadna intervient sporadiquement. Le style est d’ailleurs celui d’un one-man-band, avec les coudées plus franches du duo, hill country rock, americana tirant nettement sur le blues et, sur un titre (‘Big Road Blues’), le hachoir à Wilko, rappelant l’épisode de l’album funky soul, publié il y a une paire d’années. L’inspiration, elle, est plus roots : Yank Rachell, Tommy Johnson, Taj Mahal, Chuck Berry (référence qui tombe, hélas, trop bien), sans oublier ‘Goin’ Back Home’ de Jeff Magidson et John Doe, autres vieilles connaissances. N’importe comment, Pillac pourrait verser ces reprises à son blason tant ses interprétations sont personnelles. Evidemment, il n’a pas la prétention d’infléchir le destin du blues. Il se contente d’occuper tranquillement le terrain avec une patte qui a, maintenant, une assez longue histoire, beaucoup d’expérience, et qui a gagné ses empreintes digitales sur le bitume. Et le bon goût de ne laisser jamais le tempérament phagocyter la chanson, un scrupule qui n’est pas toujours observé par ceux qui sont d’excellents guitaristes, qui chantent bien et qui ont choisi de s’illustrer dans un genre plutôt viril.
Christian Casoni