Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

été 17
Chroniques CD du mois Interview: JUJU CHILD Livres & Publications
  Dossier: AMERICAN EPIC Interview: DOM FERRER
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

MARS 2017

A Contra Blues
Heart And Guts

Genre musical: Blues, rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.acontrablues.com

Cette formation marque sa onzième année d'existence avec la sortie de ce sixième album. Ils nous viennent  de l'autre côté des Pyrénées et pour la petite histoire, ont gagné l'International Blues Challenge en 2014. Cet indéniable groupe de scène à la bonne humeur contagieuse est un quintette dont le chanteur guitariste, Jonathan Herrero, possède une voix à la musicalité et au vibrato d'un Stevie Wonder et à la puissance d'un Meat Loaf. Joan Vigo joue tour à tour de la basse ou de la contrebasse et Nuria Perich est un p'tit bout d'femme avec deux grands yeux comme des lacs mais qui tient les baguettes comme pas un et dont pas mal de mecs pourraient s'inspirer. Enfin deux guitaristes plein d'ardeur viennent compléter le tableau. Ce sont Alberto Calvillo et Hector Martin. Ces gens ne sont pas des classiques du blues, ils viennent mêler plein d'influences musicales diverses dont le rock, bien entendu. D’ailleurs le sigle du groupe se rapproche de celui des Allman Brothers. Le titre 'I Will There Be Light' où l'on trouve des percussions semble inspiré de la musique de l'ABB. Le morceau qui arrive juste après a aussi des allures de southern rock, c'est  'Demons Running Wild' et ensuite vient la chanson éponyme 'Heart And Guts' qui aurait pu être créée par le Floyd ou bien par Yes. A noter 'IDKWTBI' (I Don't Know What The Blues Is) un titre blues funky sur le feeling et un hymne en puissance 'Less Leather / More Rock'n'Roll' où le groupe dit ce qu'il pense du monde du rock, bien fort avec le majeur bien haut. Les douze morceaux, sont retranscrits sur un livret inséré dans un digipack au visuel original (dessin). Ces gens soignent le côté artistique, comme toujours. Ce disque est fait pour ceux qui privilégient : Le cœur, les tripes et l'esprit.
César

Benoît Blue Boy avec Nico Duportal
A boire et à manger à St-Germain-des-Prés

Genre musical: Swing’n’roll, R&B zazou, yéyé grand style
Label : TEMPO RECORDS
Distributeur :
BILIEVE DIGITAL (numerique), www.benoitblueboy.com (vinyle)

Sans doute y a-t-il eu une époque où les Français n’étaient pas encore le peuple le plus pessimiste du monde. Un indice. Benoît Blue Boy sort un album antimorosité (le quinzième ?), le plus arrangé et le plus pétaradant de sa discographie, qui renvoie à un âge d’or fantasmatique mêlant le swing des zazous, le swing du Caveau de la Huchette et le swing des yéyés, Louis Jordan retoqué par Moustache, un scoubidou qui tresserait ensemble Henry Cording, Boris Vian et Sacha Distel. Comme il l’avait fait précédemment avec Franck Goldwasser, Benoît embarque pour Saint-Germain-des-Prés avec un copilote : Nico Duportal, particulièrement à l’aise dans ce répertoire, comme peut l’être Benoît quand il s’agit de faire rouler un texte énigmatiquement dadaïste. Lui, qui a longtemps rechigné à interpréter les chansons des autres, se livre de plus en plus souvent à cet exercice, et c’est particulièrement vrai ici où il remet en mémoire quelques auteurs d’après-guerre, François Lianes, Jean-Pierre Sasson, Pierre Goussez, lesquels situaient déjà le bonheur de se laisser vivre dans un steak frites en terrasse et ‘Une Petite Salade Avec De La Mayonnaise’. Le zydeco est mis en sourdine mais, comme il est devenu un ressort naturel dans l’œuvre de l’harmoniciste (qui, au passage, exploite son instrument avec beaucoup de parcimonie), le zydeco filtre comme par inadvertance dans ‘Et Là-Bas’ ou dans la reprise fracassante de ‘J’Marche Doucement’, relancée par un solo lumineux de Nico Duportal, lui-même ne faisant gicler son jus de manche qu’en quelques occasions stratégiques. Autour des deux hommes, un groupe d’experts infaillibles : Thibaut Chopin à la contrebasse, Olivier Cantrelle aux claviers, Sylvain Tejerizo et Alex Bertein aux saxos, Pascal Mucci à la batterie et, pour clore cette extension de palette (en fait cette couleur n’est pas nouvelle chez Benoît, mais elle flottait d’un LP à l’autre, elle n’était pas concentrée sur un seul vinyle comme ici, parce que, autre parenthèse, cet album n’est disponible qu’en 33-tours et en téléchargement), bref, pour clore la nouvelle embardée d’une longue carrière sans reproches, émaillée de surprises, un bel instru au chromatique, sorte de bonus track qui parfume la conclusion d’une touche Little Walter.
Christian Casoni

Boogie Beasts
Comme and get me

Genre musical: Boogie Punk
Label : NAKED
Distributeur : IN-AKUSTIK

La Belgique est un territoire en état de décomposition avancée, comme on sait. Il n'y a guère que l'équipe nationale de foot et une petite poignée d'artistes pour encore fédérer le peuple, se moquant de la frontière linguistique. Les Boogie Beasts sont de ceux-là : le duo Liégeois Fabian Bennardo (harmonica) - Mathias Dalle (guitare, vocaux) délaisse un temps son projet actuel, The Goon Mat & Lord Benardo (avec un seul "n") pour s'associer à la moitié d'un combo venu du nord, Voodoo Boogie. Soit Jan Jaspers (guitare/vocaux lui aussi) et son acolyte Gert Servaes (batterie, percussions). Tout ce beau monde ne pouvait accoucher que d'une galette de boogie saignant, et c'est une vraie réussite. Les premiers titres ('Blast', 'Calling My Name') évoquent des Black Keys qui auraient oublié d'aseptiser leur son, et je vous invite à consulter Youtube pour visionner la troisième plage, 'Shake 'Em', morceau jubilatoire peuplé de pétulantes jeunes filles, à la joie communicative. Ensuite les BB tracent le sillon, lorgnant à l'occasion du côté du Blues Explosion ('Dig'), baissant la garde à deux occasions - 'Coming To You' et le final 'Like A Fool' - enfin ce n'est qu'une fausse sortie, puisqu'ils nous font le coup du morceau caché, une nouvelle tranche de voodoo rhythm parfaitement roborative.
Marc Jansen

Coco Montoya
Hard truth

 

Genre musical: Blues-rock
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Surnommé ‘le gaucher le plus chaud du blues’, Henry Coco Montoya est un performer dynamique avec un jeu de guitare énergique, mélodique et passionné. Il est le genre de guitariste qui n’empile pas les notes pour déstabiliser l’auditeur, mais plutôt de la trempe de ceux pour qui une note bien jouée a plus d’impact que dix alignées pour brouiller les pistes. En 51 minutes, ce nouvel album déroule 11 chansons livrant chacune une dure vérité (Hard Truth). De ‘I Want To Shout About It’, marqué par le gospel au sombre ‘Devil Don’t Sleep’ en passant par la reprise d’Albert Collins ‘The Moon Is Full’, l’album couvre un large spectre émotionnel. Son blues-rock pimenté parfois d’une pointe de funk est toujours aussi électrisant. La finesse de ses solos reste impressionnante tout autant que son chant teinté de soul et, pour ce dixième enregistrement Coco Montoya s’est entouré d’une poignée d’amis, Mike Finnigan est aux claviers, Billy Watts et Johnny Lee Schell alternent à la guitare rythmique, Bob Glaub tient la basse et Tony Braunagel qui a coiffé la casquette de producteur pour ce CD est à la batterie. Le maître de la guitare slide Leroy Parnell a été invité sur le très enflammé ‘Lost In The Bottle’. Avec cet enregistrement Coco Montoya confirme sa place parmi les meilleurs guitaristes.
Gilles Blampain

Eliza Neals
10,000 Feet Below

Genre musical: Blues-Rock
Label : E-HRECORDS
Distributeur : www.elizaneals.com

Cette femme est une tornade à la voix déchirée, à l'image de Beth Hart elle est également pianiste et joue de l'orgue. Sur les onze titres de ce nouvel album, on trouvera dix compos et une reprise de Skip James 'Hard Killing Floor'. Son blues est irrigué par une puissance rock mise en valeur par l'excellentissime guitariste Howard Glazer qui a de l'électricité au bout des doigts. Deux autres guitaristes sont invités à s'exprimer, sur 'At The Crossroads'  c'est Billy Davis (Hank Ballard, Jimi Hendrix), sur 'Cold, Cold Night', à la guitare acoustique c'est Paul Nelson (Johnny Winter). Pour cet album, la chanteuse a usé cinq batteurs et quatre bassistes. En introduction, elle nous offre un 'Cleotus' juste avec deux guitares (dont une slide) et des battements de main. Simple et efficace. C'est après, sur  'Another Lifetime' une ballade lente qu'elle commence à montrer ses capacités de « Howleuse ». Avec 'Burn The Tent Down' nous sommes dans le registre du blues-rock aux riffs lourds. '10,000 Feet Below' est fait pour taper des mains pendant les concerts avec ses coups bien marqués par le batteur. 'You Ain't My Dog No More' est du hard-blues avec la slide bien présente, comme du George Thorogood au féminin. Ce CD est fait pour les infatigables, ceux qui aiment l'énergie intense.
César

Eric Bibb 
Migration Blues

Genre musical: Folk-Blues
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Tout est dans le titre de l’album. Eric Bibb s’empare de la tragédie humaine vécue par une foule d’hommes, de femmes et d’enfants en errance qui fait la une des journaux depuis des mois. Et une fois encore son propos se veut universel.  « Je voulais parler de ce qui se passe en ce moment même dans ce monde. Il n’est pas possible d’éviter de parler de ce drame des réfugiés. Où que l’on vive. Je vis en Suède et il y a là aussi de nombreux réfugiés. Je voulais m’engager sur cela. J’ai réalisé que j’étais, moi-aussi, un migrant ». Pour cet enregistrement Eric Bibb à la guitare et au chant est accompagné par JJ Milteau à l’harmonica et Michael Jerome Brown qui joue guitare, fiddle et banjo. Le titre ‘Migration Blues’ est une très belle pièce instrumentale signée Bibb, Milteau, Brown. Eric Bibb ne peut oublier que le blues né aux Etats-Unis s’est enrichi au cours de migrations comme celles des anciens esclaves fuyant la ségrégation sudiste pour aller vivre dans les grandes métropoles du nord. La plupart des 15 titres qui s’égrennent au cours des 48 minutes que dure l’album sont des compositions originales, mais Bibb reprend également ‘Masters Of War’ de Bob Dylan et ‘This Land Is Your Land’ de Woody Guthrie pour clore le CD avec un arrangement du traditionnel ‘Mornin’ Train’. L’interprétation délicate à travers un chant chaud et sensuel est soutenue par un accompagnement d’une belle sobriété. C’est une évidence, avec Eric Bibb la qualité est toujours au rendez-vous.
Gilles Blampain

Eric Gales
Middle of the road

Genre musical: Blues électrique
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Le gaucher a encore frappé, avec l'énergie et l'innovation qu'on lui connaît. Ce dépoussiéreur de blues a le talent pour faire évoluer celui-ci par le biais de sonorités bien à lui. Autant en début de carrière, encore adolescent prodige au sein des Gales Brothers, il avait pour maître Jimi Hendrix, autant, maintenant, c'est lui que l'on peut appeler maître. L'équivalent de Prince avec la frime en moins. Le premier titre 'Good Time' sonne comme une invitation à prendre du plaisir à écouter ce qui va suivre. 'Change In Me (The Rebirth)’, blues électrique où le rythme métronomique permet de placer quelques chorus bien enlevés. C'est d'ailleurs souvent de cette manière qu'Eric Gales procède. Il suffit d'écouter 'I've Been Deceived' chargé de volts. Son frère Eugène est invité sur 'Repetition' tandis que sur 'Boogie Man' c'est Gary Clark Jr qui est le bienvenu pour un blues tranquille où la guitare a le temps de se balader et raconter des histoires. On trouve un autre invité en la personne du jeune prodige Christone Kingfish Ingram sur 'Help Yourself'.  A noter un reggae mâtiné de blues 'Been So Long' et un funky-blues où le rythme est formé d’onomatopées et ça balance pas possible ! Pas de doute, si vous aimez la guitare bluesy électrique inspirée sur des compos bien ficelées, il faut voir du côté d'Eric Gales.
César

Eric La Valette Band
Deadline

Genre musical: Blues, rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.ericlavalette.com

Eric LaValette, le gentleman du blues-rock français s'est lâché comme jamais pour cette quatrième sortie. Toujours en quatuor, on retrouve l'irremplaçable Greg Lamazères à l'harmonica et une section rythmique qui a changé. Un talentueux vétéran de la guitare basse en la personne de Jeff Cazorla et un batteur puissant et précis (également one man band - qui n'est autre que le fils du bassiste) Jérémy Cazorla viennent compléter le duo d'origine. Et ça démarre sur les chapeaux de roue avec 'The Blue Back Gorilla' un rock nerveux qui va crescendo jusqu’à la fin avec l'addition de cuivres. A peine le temps de respirer et un boogie de la mort qui tue 'Get Off The Ground' vous arrive en pleine face. Impossible de rester en place pour le titre suivant 'Lost And Found' où la slide et l'harmonica se donnent à fond, tout comme dans le quatrième morceau au gros son 'Infrared Light'. Ouf, on se calme un peu avec 'Sing Along' aux accents lennoniens pour repartir encore plus vite avec 'Blood Pressure'. Le côté hyper solide de cette nouvelle section rythmique permet à Eric et Greg de se dépasser. Ce band n'est pas un bon groupe, c'est un très bon groupe. Tout au long des douze titres de cet album, Eric LaValette et son équipe de choc sait nous aspirer dans son monde blues-rock jamais lourdingue jusqu'au morceau final 'Hometown Blues' qui est la répétition du onzième mais en public. Un must pour qui aime le blues électrique les doigts dans la prise, mais pas bourrin, je le répète.
César

Fingers and Cream
John Lingers

Genre musical: Folk-rock
Label : KROMATIK RECORDS
Distributeur : figersandcream.bandcamp.com/album/
john-lingers

Cette fois ci c'est en solo que s'exprime Fingers And Cream, autrement dit, Iolo Guerrey, un Finistérien du Trégor. Alors que la musique de son groupe au complet est plutôt du genre dynamique, c'est à un EP 5 titres de folk-rock aérien, empreint d'une mélancolie lumineuse, que nous sommes conviés. Une quinte faite d'arpèges de guitares acoustiques, de mandoline ('Breathe Of Time'), de douces notes de claviers divers, de mots suspendus au-dessus de silences ('Back In Anger'). Aucun musicien n'est crédité sur la pochette, on suppose donc que I.G. joue de tous ces instruments. On pense parfois au regretté Mark Linkous et son Sparklehorse, artisan de sublimes mélodies, voire à Syd Barret ('Sarah') et puis, carrément au Pink Floyd pour 'John Lingers'. Ce titre, porté par une guitare électrique à la David Gilmour ressemble à un inédit du 'More' de Barbet Schroeder. En fait, en écoutant ce disque, on a l'impression d'être en présence d'une bande originale de film. Les images défilent devant nous, sur le grand écran de notre imagination. Si tel est le but recherché, c'est donc très réussi.
Juan Marquez Léon

Gaelle Buswel
New Day’s Waiting

Genre musical: Rock, pop et roots
Label : ORGANIC MUSIC
Distributeur : L'AUTRE DISTRIBUTION

Le troisième album studio de Gaëlle Buswel s’épanouit comme un splendide bouquet de pop-rock. On peut débattre longtemps des détails, mais le ton dominant est celui-là. L’americana et le country-rock qui marquaient les deux LP précédents, ne s’exhalent plus que par bouffées, et s’affirment à mesure que le disque tourne. Avec finalement peu d’ingrédients, Gaëlle et ses hommes arrivent à donner une saveur capiteuse à ces dix titres, tous plus harmonieux les uns que les autres, portés par des mélodies nettes, des arrangements simples et imparables, une idée précise de la direction à suivre et une mélancolie tonique… comme dans les chansons pop ! Rien à voir avec l’abandon mortifère et les pâmoisons dépressives qui plombent tant de disques tristes. D’ailleurs cet album est plus grave que triste, et encore. Pop-rock donc (‘Dreams Set Me Free’), shuffles stoniens (‘So Blue’), ballades acoustiques (‘If I Fall’), et même heavy blues (‘25 Hours’), quelles que soient les nuances, Gaëlle chante d’une voix claire, avec des inflexions charnelles, des élans volontaires qui la préservent du pathos ordinaire de la femme délaissée. Ce travelling narratif, dont l’atmosphère se développe doucement sans qu’il soit besoin de multiplier les astuces de studio, a une petite histoire, nous dit la feuille de présentation. Il aurait commencé à Austin, Texas, où la chanteuse était de passage. Un certain David Quick lui aurait alors apporté le titre ‘No One Else’, ici chanté en duo avec l’auteur, enregistré à Austin avec ‘If I Fall’. Pour servir la rockeuse pop et roots à la fois (le postulat a l’air biscornu mais son paradoxe est parfaitement soluble), se présentent son fidèle guitariste Michaal Benjelloum, le bassiste Xavier Zolli et le batteur Steve Belmonte. Tiens, de la pop sans claviers ?
Christian Casoni

Gaume
Gaume

Genre musical: Pop-rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
www.roman-electric.band.com

A signaler (et à suivre attentivement) le premier EP quatre-titres d’un chanteur et guitariste nantais nommé Ronan Gaume, aperçu durant la saison 3 de The Voice, qui s’illustrait naguère au sein du groupe électrogène Roman Electric Band (crédité de trois albums), et qui continue sous la marque Gaume tout court, dans un genre pop-rock, en tout cas sur la piste d’une chanson très référencée rock, arpèges, power-chords, grosses batteries, mélodies tranchantes, voix nerveuse, harmonies vocales, un ensemble qui, curieusement, remue de lointaines réminiscences de Bob Dylan, Dieu sait par quel biais. ‘A Longer Time’, ‘Autumn Again’… ladies and gentlemen, Gaume est très bon.
Christian Casoni

Heath Green And The Makeshifters
Heath Green And The Makeshifters

Genre musical: Southern rock'n'rollin blues and soul
Label : ALIVE NATURALSOUND
Distributeur : www.alive-records.com

« Comment définiriez-vous votre musique? »: « Good honest rock’n’roll with a little bit of soul!» répond Heath Green, le meneur de ce combo de Birmingham, Alabama. Pour les influences : « I would say on this record, musically we were pulling from bands like Ike and Tina Turner, Led Zeppelin, The Stones, Wilson Pickett, Big Brother and the Holding Company, Humble Pie, The Faces and Tom Waits ». Son album préféré est le Leon Live de Leon Russell. Avant ce premier disque, cela faisait 15 ans que HG (chant, claviers, harmonica) tournait dans tous les rades de l'Alabama. Ses musiciens ont tous eu des expériences soit en solo, soit dans des groupes divers. Jody Nelson (guitare), Jason Lucia (batterie), Keelan Parrish ou Greg Slamen (basse) sont les Makeshifters, formation solide, bien en place, des fois assez sauvage, avec des compos souvent possédées. Ce qui frappe de prime abord est la voix cassée de Heath Green.  Entre Joe Cocker période Léon Russel et Eddie Hinton. 2'07", c'est la durée  du premier titre 'Out To The City', le plus court de l'album. Un rock bien envoyé à coup de giclées d'harmonica. Le groovy 'Secret Sisters', soul rock sudiste, comporte sur sa fin des chœurs gospel. Juste la voix et le piano en intro de 'Ain't Got God', puis arrive la guitare, agressive. 'Hold On Me' autre rock-blues avant le très soul 'Ain't It A Shame' ; le bambin imaginaire de Ray Charles et Janis Joplin, chanterait ainsi ; habité, pénétré. 'Living On The Good Side' vire carrément vers un heavy-rock lourd comme un 'Black Zeppelin Sabbath'. Un des grands moments est ce 'Took Off My Head', sale, teigneux, très Tom Waits ; ici, la voix déchire les membranes de vos enceintes et les poumons du chanteur vous sont offerts sur la table de votre salon, ficelés avec ses cordes vocales. Impressionnant. 'I'm A Fool' est un blues laid back, comme une trêve après la claque d'avant... et ça repart sur un shuffle blues très rock sur sa fin avec solos de guitares dévastateurs dans 'Ain't Ever Be My Baby'. 'Sad Eyed Friend', lancinant gospel-blues, harmonica à la Ennio Morricone clôt ce magnifique album. Alive fait encore très fort en signant ce combo, dont on devrait normalement beaucoup parler dans les mois à venir.  
Juan Marquez Léon

Jo Harman
People we become

Genre musical: Ballades éthérées
Label : V2 RECORDS
Distributeur : BERTUS

Comment parler de ce disque sans avoir à manger son chapeau ? Car il est, en gros, tout ce que n’est pas l’album de Gaëlle Buswel (commenté dans ce lot de chroniques), et qu’il contient tout ce dont nous félicitions la Française d’avoir évité ? Jo Harman d’abord. C’est une jeune Britannique qui a enregistré ce deuxième album à Nashville, au Sound Emporium Studio, avec des requins du cru : Tom Bukovac (guitares), Greg Morrow (batterie) ou Gordon Mote (claviers). Jo aligne les dix plages de rigueur : deux chansons charpentées blues-rock (‘No One Left To Blame’, ‘The Reformation’), un titre funky chic à la Sheryl Crow (‘When We Were Young’), mais sept ballades éthérées, interrogatives et transies. Ici, tout est pastel et pluvieux. La parole à la défense. C’est vrai que l’album dégage pas mal de tristesse et que Jo ne mégote pas sur les Aaaaah incrédules et frigorifiés, mais elle chante extrêmement bien et s’attaque à des mélodies autrement plus sophistiquées que des chansons à boire. Les arrangements, riches et très léchés, fondent les harmonies en douceur, les additionnent imperceptiblement et les estompent. Pareil pour les chœurs, bien écrits, d’abord juste une illusion, prenant corps petit à petit, saturant doucement l’espace, enflant en apothéose. Chaque titre ou presque s’achève d’ailleurs par une apothéose. Et puis la guitare, d’une finesse remarquable, une ombre électrique, pas violente mais étrangement impérieuse. Un bonheur, donc, pour qui aime les évaporations élégiaques, les harmonies somptueuses et les frappes chirurgicales sur la table de mixage.
Christian Casoni

Les Semeurs de Blues
Toupie Blues

Genre musical: Conte récité et chanté en folk et en blues
Label : BLUESIAC
Distributeur : BRENNUS MUSIC

18 plages de chansons et de récitatifs s’enchevêtrent. Ce conte musical est plutôt destiné aux enfants, donc gentiment raconté, mais jamais niais ni complaisant. Juste optimiste malgré le contexte. Chanteur des Semeurs de Blues : Jeff Toto (Jean-François Thomas), voix dense et débonnaire, guitariste tous calibres. Ses partenaires : Éric Courrier (basse), David Paquet (harmo), Martial Semonsut (batterie) et Mayco (voix off). Ils sont tous sobres, parfaits dans cette narration parlée-chantée. Le répertoire démarre folk tendre et prend, à mesure que le jeune Toupie, héros du conte, se déplie, les pointes plus corsées du blues (‘Le Blues De La Voie Ferrée’, ‘Un Vrai Hoochie Coochie Man’), les allants du ragtime (‘Me Voilà A Memphis’), et même un petit nerf rock (‘Baby Boogie’). L’histoire est celle d’un enfant de Greenville nommé Toupie, qui fugue à Helena pour devenir une vedette de blues, poursuit vers Memphis, St Louis, Chicago, devient célèbre et revient à Greenville (retour au folk : ‘Toupie Blues’) comme Ulysse, après avoir fait un beau voyage. C’est donc un conte tonique et positif malgré sa charge socialo-existentielle, adoucie par le regard candide que Toupie porte sur les différentes étapes de son ascension. Un petit crossroads pour les mercredi après-midi…
Christian Casoni

Marc Lelangue Trio
Lost in the Blues

Genre musical: Blues rustique
Label : NAKED
Distributeur : DONOR PUBLISHING

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise : l’intitulé et la (fort belle) pochette annoncent immédiatement la couleur. Marc Lelangue, issu du nord de la Belgique, actif musicalement depuis plus de trente ans, n’a qu’un credo : le blues, donc. Notre homme est facétieux : la maternité qui l’a vu naître est aujourd’hui devenue un hospice, ce qui lui permet d’affirmer qu’il finira ses jours où tout a commencé. Réfugié sur le label Naked, une bande de passionnés qui défend le blues local sous toutes ses formes – voir par ailleurs la chronique des Boogie Beasts – il revient en trio, entouré de Raf Lazy Horse Timmermans (slide guitar, mandoline, harmonica, papier émeri (!)) et René Stock à la basse. C’est donc un album de puriste, d’une intégrité remarquable, qui mixe compos personnelles, arrangements de traditionnels, et reprises plus ou moins obscures. Taquin toujours, il désigne les auteurs sur base de leur état civil, obligeant le chroniqueur consciencieux à se lancer dans quelques recherches. C’est ainsi qu’on découvre deux reprises de Tampa Red, alias Hudson Whittaker, alias Hudson Woodbridge (‘Forgive Me Please’, ‘You Missed A Good Man’ ), ou une autre de Robert Hicks, mieux connu sous le nom de Barbecue Bob (‘Mississippi Heavy Water Blues’). Blues rustique, privilégiant le mid tempo – une incursion toutefois du côté de New Orleans, ‘Send My Body To Bourbon Street’  – languide par moments (ce n’est pas pour rien qu’un titre s’intitule ‘Too Lazy’, ce qui ne surprendra pas venant d’un homme qui baptisa son unique opus en français Glandeur Nature). On pourra regretter l’absence quasi-absolue de prise de risque, mais une chose est certaine, cet album ravira les amateurs de classicisme et d’authenticité.
Marc Jansen

Mary's Little Lamb
Elixir for the drifter

Genre musical: Western country-folk
Label : ROOTZ RAMBLE
Distributeur : SONIC RENDEZVOUS

Boire un simple verre de cet Elixir pour vagabond, c’est s’envoler direct vers l’Amérique profonde depuis un camp de base belge retapissé à la country alternative : des hordes de passionnés des deux mondes en rêvaient dès leur initiation à la guitare, Mary’s Little Lamb l’a fait en nous offrant douze plages photochromes de toute splendeur, dont une reprise de Hank Williams, exactement comme sur le premier album du groupe sorti en 2014. Attention, il s’agit ici d’écouter et de vivre grandeur nature un western tonitruant, mélancolique, tartiné de poésie, où les refrains se muent souvent en gigantesques vues panoramiques aux allures morriconéennes. Avec un son chaleureux et des paroles à portée universelle, les morceaux ravissent l’auditeur : sensibilité et lyrisme feutrés, close-up vocal de l’impressionnant chanteur Bart Hendrickx, qui signe la totalité des textes, mariachis endiablés sur les tisons Texmex, glaçage bluegrass lorsque les cordes sont de sortie, introduction à la guimbarde qui fleure trop bon la fusillade en pleine rue, un p’tit brin de brass band pour clore ce ‘Tell Me Now’ façon Vieux Sud. Et des thèmes cinématographiques à mort, briqués sous quelques jolies vagues de violons, des rythmes percutants qui s’accrochent au fond de nos mémoires comme les sept couleurs à l’arc-en-ciel... Deux mentions spéciales peuvent être décernées à ‘Saguaro’, une ballade poignante interprétée en duo avec Kathleen Vandenhoudt, et à ‘Hay’, dont la trame nostalgique soutenue par le banjo quasi-appalachien plane en colimaçon d’un bout à l’autre de la pièce. Au terme de trois quarts d’heure de voyage filmique, cette œuvre musicale s’avère une et indivisible. Alors ne soyons pas étonné si, au détour d’un souffle de trompette, entre les cactus à candélabres surgissent soudain Tuco et son rire dément, l’abominable Sentenza, puis Blondin toujours en retrait afin d’avoir un temps d’avance sur les autres. Il y a même les accords de gratton saturés et le coup de cloche au lointain, comme s’il était une fois dans l’Ouest. Magistral.
Max Mercier

Mathis Haug
Wild country

Genre musical: Multicolore
Label : NUEVA ONDA
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Superbe album aux ambiances changeantes allant de la douce torpeur à l’impulsion lumineuse. On est emporté dès le premier titre. Du rêve à la réalité, Mathis Haug convoque la nostalgie ou crée de joyeuses images colorées. Véritable kaléidoscope sonore à travers le métissage des rythmes, les sonorités nées sous les tropiques côtoient des mélopées d’Europe centrale ; blues, country, folk mènent la farandole à laquelle s’accrochent rock, calypso, cajun ou bluegrass. A côté des guitares, basse, claviers, accordéon, une pointe d’exotisme s’invite avec une subtile utilisation des percussions, fiddle, banjo, mandoline ou mélodica. Soutenue par une simple guitare ou le chambard d’un band flamboyant la voix grave et chaleureuse de Mathis Haug nous entraîne dans un univers où la poésie fait son nid. Au gré d’histoires d’enracinement ou de dérive, d’espoir ou d’illusion perdue, l’émotion affleure en permanence. Et il semble que si le sens des mots est important leur sonorité est toute aussi essentielle que celle des notes de musique. Mathis Haug qui définit son style comme gitan et coloré a composé la majorité des titres (7 en anglais, 1 en français et 1 en allemand) en compagnie de Sal Bernardi et Sébastian Danchin qui est aussi le producteur de l’enregistrement. Avec ce disque il a encore placé la barre assez haut et le résultat est remarquable.
Gilles Blampain

Mr. Hardearly
X-Perienced Blues Tour 2017
DVD

Genre musical: Blues-rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.hardearly.com

L’affaire s’est déroulée dans la soirée du 30 septembre 2016 dans l’enceinte de la Briqueterie à Montmorency. Cette riante cité du Val d’Oise, capitale de la cerise, louée par Jean-Jacques Rousseau et Alfred de Vigny, accueillait ce soir-là Mr. Hardearly. Boule à zed, lunettes noires sur le nez et bague à chaque doigt, Mr. H est en super forme. Fender en bandoulière et rack de pédales d’effets au pied il attaque direct dans le vif du sujet, ‘Before You Accuse Me’. Au programme de la soirée les reprises sont limitées, après Bo Diddley en ouverture, au fil du show viendront Joe Louis Walker (‘You Don’t Love Me’), Jimi Hendrix (‘Fire’), Ivory Joe Hunter (‘Since I Met You Babe’) et Jimmy Rogers (‘Walking By Myself’), pour le reste le maître de céans privilégie ses propres compositions, 11 en tout. Pour envoyer son blues-rock dynamique avec riffs mordants, solos brulants et chant ne manquant pas de puissance, l’homme à la Stratocaster est accompagné par Alain Gibert à la basse et Julien Hubert à la batterie, ce qui selon l’expression d’usage ressemble à un power trio. Mr. Hardearly a la sobriété des grands et ne se la pète pas guitar hero à la gestuelle outrancière, il reste sobre tout en sachant maintenir la pression. Les titres s’enchaînent sans aucun temps mort et la prestation dure un peu plus d’une heure et quart. Filmé sur scène au contact direct des musiciens, sans effets de zoom intempestifs le DVD met bien le band en valeur.
Gilles Blampain

Paul MacMannus & Friends  
Boogie & Soul

Genre musical: Blues, Boogie
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.macmanusbbb.fr

Ce quatrième album a toujours en toile de fond le boogie sous toutes ses formes, ce style étant la marque de fabrique de ce bassiste chanteur producteur, batteur à ses heures. Onze titres, onze compositions. Monsieur Paul a su s'entourer de très bons musiciens et il n'impose pas sa basse en jouant plus fort que les autres, ce qui donne des compositions équilibrées et bien charpentées. Ses acolytes ne sont pas tous des inconnus, à l'image de Pascal Cosimo l'un des trois guitaristes, les autres étant les très bons Pascal Marchetti et surtout Mike Calvet que l'on retrouve sur quasiment toutes les compositions. Grand coup de chapeau à l'harmoniciste Christian Piton qui navigue très à l'aise, que les titres soient tempétueux ou empreints de sérénité, ainsi qu'à Jean Luc Di Costanzo le claviériste qui accompagne l'aventure boogie depuis le début. Aux fûts, c'est Patrick Solari qui marque le tempo. La plupart du temps, le rythme est dans l'air puisque le boogie a infesté l'âme du compositeur comme dans ce 'B For Blues' où le B rime avec Boogie, Blues and Beer. Sur les quatre premiers titres, on trouve, devinez quoi ? Du boogie ! 'A Bit', 'B For Blues', ‘This Road' mais du côté soul, on trouve cette belle ballade un brin nostalgique 'From New York With Love' ou ce blues lent 'I Can Lie'. Seul moyen de se procurer un CD, soit à la sortie des concerts ou par le biais du site. Soyez curieux et comme dirait Paul MacMannus : « Let's Boogie »
César

Quinn Sullivan
Midnight Highway

Genre musical: Pop-rock americain
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Une bien belle pochette ! On y voit le beau Quinn Sullivan de dos, arpentant une autoroute de nuit… On entend presque la voix des esclaves cassant les cailloux enfouis sous le bitume et on attend le prochain cross road… Problème, il n’arrive pas ! Quinn n’a, semble-t-il, pas entendu. En fait, Quinn Sullivan est un excellent musicien, il maîtrise, sans aucun doute, tous les styles abordés dans cet album un peu jukebox. Mais, comment dire, une plage, une planche de surf et une pina colada eurent, selon moi, mieux convenu pour illustrer la musique de notre jeune virtuose (27 ans au compteur !). L’enfant prodige (remarqué à l’âge de 6 ans) accompagnait déjà Buddy Guy, 10 ans avant cet opus ! Pris individuellement et, pour qui apprécie le style abordé, chaque plage est bien torchée. En parlant de Midnight Highway, Quinn déclare avoir voulu explorer d’autres horizons tout en restant lié à ses racines. Le résultat est fidèle à l’ambition, même si, parfois, la corde est très tendue. La reprise de ‘While My Guitar Gently Weeps’ est très représentative du grand écart opéré. Dans cet étalage coloré, mon préféré : ‘Something For Me’, curieux mélange de Dead Weather et ZZ Top. L'album a été enregistré avec des musiciens ayant collaboré à des albums de Buddy Guy : Michael Rhodes et Tom MacDonald à la basse, le guitariste Rob McNelley et le claviériste Reese Wynans, (Stevie Ray Vaughan). Pour son producteur (Tom Hambridge), Quinn Sullivan est une éponge qui absorbe tout autour de lui. Voilà qui résume parfaitement la situation !
Robert Bolaers

Samantha Fish
Chills & Fever

Genre musical: Soul, R'n'B
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Au fil de de ses trois premiers albums Samantha Fish envoyait un rock puissant qui décoiffe, un rock sans fioritures fait de riffs cinglants. Pour cette nouvelle production elle ne met pas d’eau dans son rock mais lui donne une autre teinte. Sans manquer de punch, le style est plus velouté et se métamorphose en soul et rhythm’n’blues. Elle annonce : « J’ai écouté beaucoup de soul music, et j’aimais profondément des  gens comme Otis Redding et Ray Charles… j’ai été influencé par des artistes comme RL Burnside, Junior Kimbrough et on était plus habitué à entendre ces dernières influences dans ma musique mais ce sont différentes facettes de ma personnalité ». Alors, pour assouvir son autre penchant elle est allée dans les studios de The 45 Factory à Detroit où elle a retrouvé  deux ex-Detroit Cobras, Joe Manzzola (guitare) et Steve Nawara (basse) ainsi que Kenny Tudrick (batterie) et Bob Mervack (claviers), rejoints par Marc Levron (trompette) et Travis Blotsky (saxophone). Avec ce nouvel enregistrement Samantha Fish redonne un coup de jeune à des chansons des années 60 et 70 popularisées par Ronnie Love (‘Chills And Fever’), Jackie DeShannon (‘He Did It’), Irma Thomas (‘Hurts All Gone’), Barbara Lewis (‘Hello Stranger’), Charles Sheffield (‘It’s Your Voodoo Working’), Ted Taylor (‘Somebody’s Always Trying’)… la rockeuse se mue en  soul sister. 
Gilles Blampain

Thomas Schoeffler Jr.
The Hunter

Genre musical: Blues, folk
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : L' AUTRE DISTRIBUTION

Thomas Schoeffler Jr, sort son troisième album. Je vous rappelle les titres des précédents. Daddy's Not Going Home et  Jesus Shot Me Down, les tons des pochettes étant noir et blanc ou sépia. Autant dire que l’on n’est pas en présence de dance music, son monde est assez sombre. Ce one man band de l'Est de la France est pourtant extrêmement attachant, voire hypnotisant. Ses textes forts et ses musiques tantôt débridées 'Sauerkraut' ou calmes et reposantes 'Why Is Made  Of Tears' , 'I Should Have Known' avec ses arpèges discrets et sa voix douce, ne peuvent pas vous laisser de glace. Ses instruments sont des guitares (Gibson E 125 de 51', Furch, Dupont), son harmonica et ses semelles et avec ça, il vous enflamme une salle.  Le titre d'ouverture 'Daisies All Around' débute avec un sermon de Billy Sunday, qui fout un peu les jetons et se poursuit dans une galopade country folk, le truc imparable. Les deux morceaux suivants 'Sauerkraut' et 'Oh Mary Lynne' donnent dans le son saturé et les rifs simples. Après, on se laisse embarquer par le poète et sa sensibilité à fleur de peau. Cet album confirme que Thomas Schoeffler Jr est un grand.  Ah ! vous le saviez déjà ?
César

Thornetta Davis
Honest Woman

Genre musical: Blues-gospel-funk
Label : SWEET MAMA MUSIC
Distributeur :
Amazon, CdBaby

Thornetta Davis a débuté sa carrière il y a une bonne trentaine d'années dans le Michigan où  elle a été baptisée « Detroit's Queen of the Blues ». Cette femme à la présence imposante a du coffre et mérite largement ce titre. Elle est gentiment en train de devenir l'égale des divas du blues qui l'ont précédée. Le CD débute avec 'When My Sister Sings The Blues' écrit par sa sœur, tout de suite enchaîné par 'I Gotta Sang The Blues'. Le premier est dit et non pas chanté, juste avec un accompagnement à la slide. Quant au second, c'est une explosion de bonheur chantée en duo avec Kim Wilson qui, bien entendu, assure aussi les parties d'harmonica.  'That Don't Appease Me' qui suit n'est pas en reste avec son tempo rock et son expression gospel. Gospel qui a d'ailleurs inspiré pas mal des treize titres de ce disque, avec ses choristes au top. C'est le Larry McCray Band qui accompagne la chanteuse sur le quatrième morceau funky-gospel 'Set Me Free'. Deux titres lents permettent à cette voix fabuleuse de toucher directement votre âme, 'Shadow', ballade tristounette et 'I'd Rather Be Alone' avec une belle brigade de cuivres en soutient. Chaque titre a ses émotions que Thornetta Davis sait faire passer. Cette femme est une Diva, définitivement.
César

Three Gamberros
Take me home

Genre musical: Bluegrass, country-folk
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.threegamberros.com

N'ayez pas peur, ces trois Gamberros (Hooligans) ne détruisent rien sur leur passage, mais laissent des traces dans les esprits de ceux qui les ont croisés. Si vous connaissez Loretta and the Bad Kings, ce sont les mêmes, le batteur en moins. C'est à dire : La pétillante et charismatique Loretta, chanteuse contrebassiste, le fameux Mig Toquereau, chant, guitare acoustique, ukulélé, percussions et l'excellent Anthony Stelmaszack, chant, guitares, mandoline et harmonica. Pour ce second  album, ces multi instrumentistes  chantent en solo, duo ou trio, tous les coups sont permis pour nous engeôler. La pochette au visuel réalisé au pochoir sur tissu qui accentue le côté artisans d'art de ces Hooligans à la sensibilité palpable, cache onze titres dont  trois reprises. 'Tennessee Border' de Jimmy Work, 'Lonesome Whistle' de Hank Williams et 'Stop Look And Listen' traité façon pré-rockabilly chanté par Loretta. Les morceaux proposés qui oscillent entre bluegrass, folk teinté de country, laissent une sensation de tranquillité. On peut avoir envie de valser sur 'El Rey Caido', de se laisser bercer par la slide de 'Paradise Island', de chanter en chœur sur 'Sleeping In The Doghouse' ou tout simplement de rester sur le rocking chair à rêvasser sur les images qu'allument cette musique belle et indémodable.
César

Vanessa Collier
Meeting my shadow

Genre musical: Blues, rock, soul
Label : RUF
Distributeur :
SOCADISC

Vanessa Collier fait preuve d’une belle vitalité. Après un premier album paru en 2014, cette jeune américaine du Maryland présente avec enthousiasme sa deuxième production qui ne manque pas d’éclat comme : « une rencontre du passé, du présent et du futur. Un hommage à l’esprit de la tradition du blues, une réflexion sur notre culture actuelle et un désir d’évolution et d'inclusion à mesure que nous progressons ensemble… partager la force et fournir un message réjouissant ». Sur les traces de Maria Muldaur ou Bonnie Raitt, elle interprète avec aisance blues-rock, funk, soul-blues et gospel dans un style enlevé et pétillant. Artiste aux multiples talents Vanessa Collier signe 8 compositions sur 11et reprend ‘Up Above My Head, I Hear Music In The Air’ de Rosetta Tharpe. Elle chante d’une voix claire non dénuée de souffle ni de nuances et joue selon les titres interprétés du saxophone (alto, soprano et ténor), de la flûte, des claviers (clavinet, Rhodes et Wurlitzer) et de la shuitar (instrument hybride guitare/percussions). Enregistré au Music + Arts Studio à Memphis avec une belle brochette de musiciens cet album distille une réelle fraîcheur et une belle énergie et déroule en 44 minutes un éventail de styles plutôt agréable à l’oreille.
Gilles Blampain

Walter Broes & the Mercenaries
Movin' Up'

Genre musical: Rock’n’roll, blues surf
Label : ROOTZ RAMBLE/IN-AKUSTIK
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Pilier de la scène belge depuis une vingtaine d'années, ce chanteur et  fin guitariste est passé par les Ratmen, le Dizzy Dave Band, puis les Seatsniffers. Ceux-ci ont  clappé leur fin il y a 4 ans. Réincarné en Walter Broes & The Mercenaries, Bas Vanstaen le bassiste, Lieven Declercq, le batteur au jeu époustouflant, complètent ce trio. Au programme du jump à la Louis Jordan/Big Joe Turner ('Movin Up', 'Don't You Ruin My High'), du rock Texan à la Jimmy Vaughan des Fabulous Thunderbirds ('Come On Down', 'You And Me'). Et aussi des mixtures incandescentes de surf music avec un bon doigt de Cramps ('Closed'). Une chevauchée de cowboy sur twang guitare, ('Downtime'). Un latino dans le style ‘Tabu’ de la cubaine Margarita Lecuona ('Man Child’). Et des blues comme 'No More' et surtout le très Muddy Waters 'Sideshow'. Puis au rang des reprises : 'I Got My Own Kick Going' de Ronnie Self ; un rocker des 50's mort trop tôt. Puis en fin d'album, ‘Black Star’ (Non... pas celle de Bowie, encore que... son dernier album était sans doute un message!) mais celle d'un autre King, Elvis. Cette chanson est tirée d'un film de Don Siegel 'Les Rôdeurs De La Plaine' ('Flaming Star') 1960. « Chaque homme a une étoile noire, Une étoile noire au-dessus de sa tête, Et quand un homme voit son étoile noire, il sait que son heure est arrivée. » Jugée trop sombre à l'époque, elle fût changée en 'Flaming Star'. Les fusées Apollo 16 (1972) et 11 (1969) figurant sur la pochette emmenèrent aussi chacune un trio sur la lune. Est-ce une volonté? Ou plutôt celle de  voir la musique de Walter Broes, à l'instar de celle de Chuck Berry dans Voyager, être envoyée dans l'infini, vers la Black Star?
Juan Marquez  Léon