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été 20
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Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

MARS 2016

3 Dayz Whizkey
Live and Let Live

Genre musical: Southern rock, blues-rock
Label : BLUES BOULEVARD
Distributeur : MUSIC AVENUE

Guitares surpuissantes pour ce groupe allemand de classic rock tendance 'rock sudiste', et, sauf erreur de ma part, inconnu par chez nous à l'Ouest du Rhin. Tilo George Copperfield et Brad The Snake échangent des solos de manches au milieu de titres bien costauds et très sympas. La rythmique : Big Tony (basse) et Little Chris (batterie). Au chant Myles Tyler, très puissant également, fait partie de ces voix que l'on a l'habitude d'entendre dans certaines formations de hard rock 70's. Après 3 albums studios, le groupe a décidé de s'enregistrer en tournée. Étrangement, on discerne à peine le public. Volonté ou pas au mixage d'atténuer les applaudissements ? En même temps, on n’est pas là pour entendre les clappements de mains ou autres sifflets! Et comme les titres sont enchaînés par le groupe sans blabla entre, c'est tant mieux et bien envoyé. Pour clore ce live, trois titres en studio, un mid tempo 'Hard To Be Good', un 'Down With The Blues' très tonique, et 'Sand', une ballade genre Clapton.
Juan Marquez Léon

Andy Frasco and the U.N
Happy bastards

Genre musical: Feel good music
Label : RUF
Distributeur :
SOCADISC

Le style d’Andy Frasco and the U.N a été décrit par un critique américain comme un mélange turbulent de funk harmonique et d’influences jazzy, le tout boosté par une énergie débordante. Et cela est assez juste. Cet enregistrement est un délire sonore de shuffle, de funk, de soul, de blues. Frasco et sa bande de joyeux drilles, originaires de Los Angeles, nous entraînent dans une agréable virée musicale qui rendrait son sourire à un croque-mort. Un album qui célèbre la vie. Frasco dit d’ailleurs qu’il fait de la feel good music. Andy Frasco est au chant, au piano et à l’orgue, Ernie Chang au saxophone, Supaman à la basse, Shawn Eckles à la guitare et au chant et Andee Avila à la batterie, plus quelques invités de passage venus avec des cuivres et des percussions. Andy Frasco annonce : « J’essaie d’apporter une interprétation différente de ce que les gens pensent être le blues. Le blues ne nécessite pas d’être triste et solitaire. J’aime les performances de Wilson Pickett, Marvin Gaye, Buddy Guy, The Band, Samantha Fish. Tous s’emparent du blues pour en faire leur propre lecture ». Andy Frasco brasse donc ses influences dans un grand chaudron musical et nous sert un son très actuel mais dans lequel des échos des sixties s’invitent par-ci par-là. Il déroule 12 titres originaux en 44 minutes qui semblent passer bien vite.
Gilles Blampain

God Don’t Never change
The songs Of Blind Willie Johnson

Genre musical: Tribute to Blind Willie Johnson, gospels ruraux
Label : ALLIGATOR
Distributeur :
SOCADISC

Dark Was The Night, Cold Was The Ground’, la rêverie lugubre de Blind Willie Johnson, devenue le passage obligé de tous les apprentis slideurs, flotte dans le cosmos, à 40 000 ans de la prochaine étoile. Pendant ce temps sur Terre, Alligator souffle ses 45 bougies avec ce tribute au bluesman de l’espace. L’habit est superbe et le livret, soigné et signé Michael Corcoran. Le producteur Jeffrey Gaskill, qui semble à l’aise avec les choses de la foi (on lui doit le Gotta Serve Somebody de Dylan) s’est chargé de réunir les interprètes. Lucinda Williams, Derek Trucks et Susan Tedeschi, Blind Boys Of Alabama, Luther Dickinson (entouré du Rising Star Fife & Drum Band), et même Maria McKee à la limite, on peut s’attendre à les rencontrer sur ce genre d’hommage ; le reste de la distribution fout quand même un peu les jetons au premier coup d’œil : Tom Waits, Cowboy Junkies, Sinead O’Connor, Rickie Lee Jones… En fait, il n’en est rien, tout le monde fait des étincelles, même Tom Waits qui ouvre le ban avec ‘The Soul Of A Man’, fait son Tom Waits, toutes glaires dehors, mais se rattrape à la fin sur ‘John The Revelator’, le muscle vocal bandé, un chant effrayant et magnifique. Les apôtres de Willie Johnson sont, dans l’ensemble, portés à l’incantation et au call & response, dans la tension des bottlenecks. Sinead O’Connor (excellente) et les Blind Boys Of Alabama jouent davantage sur la mélodie, les Blind Boys se livrant à un exercice de gospel rhythm’n’bluesant de très grande classe. La messe est dite sur la crucifixion : ‘Dark Was The Night…’. L’œuvre minuscule de Willie Johnson (trente faces gravées entre 1927 et 1930, toutes couronnées de succès) ne pouvait s’achever sur un autre titre. Rickie Lee Jones a été chargée d’éteindre en partant, après cette onzième et dernière plage. Et elle commence mal : outrancièrement dolente, la voix qui flanche en cabotinant, et puis le chœur et l’orchestre s’insinuent à pas feutrés, une trompette pleure doucement la mélodie, les musiciens s’élèvent juste de quelques marches pour régner sur les dernières secondes de l’oraison. Fantastique. Bruce Iglauer ne se plante pas beaucoup. Depuis combien d’années n’a-t-il sorti un disque… ne serait-ce qu’anodin ?
Christian Casoni

Ina Forsman
Ina Forsman

Genre musical: Blues, Rock, Soul
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

A voir la photo, Ina Forsman a l’air d’une pin-up fragile. Mais dès qu’elle entre en scène on se ravise, on a affaire à une bombe vocale. Une chanteuse  avec une voix pleine de force et de fraîcheur. Elle envoie un blues-rock à l’ancienne avec un réel punch qui collerait plus d’un rocker aguerri au tapis. Bien que très actuel son style fait remonter par moments des souvenirs emplis de nostalgie. La jeune Finlandaise a signé elle-même 10 titres et termine l’album de belle façon avec une reprise de Nina Simone ‘I Want A Little Sugar In My Ball’. L’enregistrement de ce tout premier CD qui ne manque pas de souffle s’est fait à Austin, Texas, avec Mark Kazanoff comme producteur et arrangeur. Du coup la belle d’Helsinki a eu un band à la hauteur. Laura Chavez et Derek O’Brien sont aux guitares, Nick Connolly est aux claviers, Russell Jackson à la basse, Tommy Taylor à la batterie et son compatriote Helge Tallqvist qui a fait le déplacement avec elle est à l’harmonica, sans oublier la présence des Texas Horns sur certains titres. On a droit à un blues-rock de facture assez classique mais vraiment très efficace avec quelques détours par une soul étincelante. Une jeune artiste qui met ses pas dans les empreintes laissées par Etta James ou Amy Winehouse.
Gilles Blampain

Jaimeo Brown Transcendence
Work Song

Genre musical: Fusion
Label : MOTEMA/MEMBRAN
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Jaimeo Brown Transcendence est plus un mouvement avec différents collaborateurs plutôt qu’un band ordinaire. Et ces Work Songs n’ont rien à voir avec celles d’Alan Lomax qui recueillait le chant des travailleurs in situ. Cet enregistrement mêle instruments acoustiques [guitare, batterie, saxos (alto et ténor), flûte, orgue, claviers], samples électroniques, voix actuelles et chants traditionnels anciens (du Mississippi ou du Japon) plus bruits divers sur fond de travaux urbains [matériels de chantier, marteaux piqueurs, grues…]. Jaimeo Brown (batteur) et Chris Sholar (guitariste) entrelacent jazz, blues, hip-hop, électro, dans une curieuse confusion de sons qui s’entrechoquent et de ce brouillard sonore naissent des ambiances étranges. On part dans un rêve kaléidoscopique où les styles musicaux, les rythmes, les sonorités et les époques semblent fusionner puis s’éloigner pour créer la bande son d’une quatrième dimension. Des échos du passé s’incrustent dans une vision du futur. Les bruits de l’homme à la tâche accrochent au réel des sonorités éthérées. Comme une déformation temporelle l’espace sonore semble se dilater puis se contracter. Jaimeo Brown précise « Mon but est de créer quelque chose de spirituel et émouvant, je souhaite que les gens soient touchés comme je l'ai été durant le processus de création. ». En 55 minutes il condense la technologie, la musique et la sueur humaine.
Gilles Blampain

Jeff Toto Blues
Death Valley Blues

Genre musical: Blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : jefftotoblues.info

En février 2015, Jeff Toto part pour une virée musicale d’une dizaine de jours en Californie, il joue dans différents endroits, rencontre pas mal de musiciens du cru et en revient avec une idée d’album. Le projet se concrétise, le disque est enregistré et mixé en France mais masterisé à Los Angeles. Il sort en novembre. Le titre Death Valley Blues ne doit pas nous tromper, Jeff Toto s’exprime toujours en français. Il signe 12 nouvelles compositions et navigue du blues traditionnel au blues-rock, du boogie à la soul relevée des touches funky avec une réelle aisance. Sa voix caverneuse et légèrement râpeuse fait swinguer ses mots dans une belle envolée. Le rythme des mots va de pair avec la pulsation des notes. Au gré de riffs de guitares accrocheurs, de quelques nappes d’orgue ou de discrets traits d’harmo il nous entraîne dans des road trips ensoleillés, des errances solitaires, des histoires d’amitié, des tranches de vie faites de petits riens et de grandes espérances. Les atmosphères varient d’un titre à l’autre mais le feeling reste intact. Jeff Toto est accompagné par Perry Robertson à la guitare, Eric Courier et/ou Matt McFadden à la basse, Martial Semonsut à la batterie, Mo Aljaz à l’harmonica, Bobby Orgel à l’orgue Hammond. Il y a une réelle dynamique dans cet enregistrement où des textes biens ficelés dansent sur des tempos qui ne sont jamais fades.
Gilles Blampain

Jesus Volt
Jesus Volt

Genre musical: Boogie gothique
Label : NOTE A BEN
Distributeur : WAGRAM

Jesus revient. 5e résurrection, plus une prédication où le messie parle live à ses apôtres. Première surprise : pas de sacrilège dans la têtière. Même pas de titre. Pour ainsi dire, un premier album. Julien Boisseau, bassiste : « Le nom du groupe est déjà, en soi, une provocation. Notre collaboration avec Mark Opitz [producteur] était comme un nouveau départ, d’où l’idée d’un album éponyme. ». 2e surprise : ce prodige qui s’accomplit entre John Lee Hooker et Mötörhead, avec James Brown quelque part sur le trajet, est moins brutal que les disques précédents, presque humain. « Feel and melody », leur répétait Opitz, l’Australien qui s’occupait naguère d’AC/DC et d’INXS. Jesus cherche en effet davantage la chanson que le coma sonique, mais on est encore loin des Beatles : ils ont toujours cet éperon de boogie gothique qui creuse leurs fondations depuis le départ, et Jesus joue toujours son miracle favori : la multiplication des pains, basse profonde, frappe massue, riffs cisaillants, chant à la Pazuzu quand il prend Linda Blair pour bonnette. La mélodie est bridée mais elle passe, et le chant de Lord Tracy a le poids des substances dangereuses. Ils sont d’ailleurs tous les quatre grandioses – Jacques Méhard-Baudot et Olivier Hurtu aux guitares et à la batterie. 3e surprise dans ce gros coup de grisou : des échos de funk blanc comme on en entendait dans les eighties. On dirait de cet album, boursouflé de prédations et de paranoïas contemporaines, qu’il n’a pas pris une ride, dans cette tranchée où le heavy blues des 70’s rattrape la new wave atrabilaire des années suivantes. Ce que Jesus appelle son « vintage modern rock ».
Christian Casoni

Layla Zoe
Breaking free

Genre musical: Rock’n’blues psyché
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Celle qui en 2006 s’est vue décerner le titre de Chanteuse de l'Année aux Vancouver Island Awards et qui par la suite a partagé la scène avec le regretté Jeff Healey, Downchild Blues Band et bon nombre d’autres pointures du genre a pas mal roulé sa bosse depuis. Ce nouvel album affiche le numéro 10 dans sa discographie. Elle décrit elle-même son style comme du rock’n’blues avec des touches psychédéliques. On ne la contredira pas. Elle souhaite que sa musique soit un éveil émotionnel : « Je veux que les gens entrent en contact avec les sentiments qu’ils enfouissent au fond de leur cœur ». Ce nouvel enregistrement révèle 10 titres originaux plus une reprise de ‘Wild Horses’ des Stones pour laquelle Sonny Landreth a rejoint l’équipe. Pour cet enregistrement, la voix rauque, puissante, sensuelle et chaleureuse de Layla Zoe est soutenue par le guitariste et organiste Jan Laacks, Gregor Sonnenberg est à la basse et aux claviers et Hardy Fischötter à la batterie. Le band est restreint mais la puissance sonore est sans retenue. Avec ce CD l’artiste explose les timings radiophoniques et laisse tourner le chronomètre avec des titres qui dépassent allègrement 6, 8, 11 minutes. Assez longtemps pour apprécier sa fougue à sa juste mesure.
Gilles Blampain

Lucky Peterson
Long nights

Genre musical: Very blues
Label : JSP
Distributeur : SOCADISC

Les albums de Lucky Peterson sont en général au top. Créatif, surprenant, le bonhomme a l’étoffe des très grands et la prestation est toujours haut de gamme. Le style est classieux, le feeling à fleur de peau, la voix est chaude. En bref, le talent est là. Comme le rappelle si justement John Stedman (patron du label JSP) : « Lucky Peterson a commencé si jeune qu’à tout juste passé 50 ans il a l’expérience d’un musicien de 70 ans. Et cet album est pour le plus blasé des collectionneurs tout autant que pour une nouvelle génération d’auditeurs ». Il est vrai qu’à l’écoute de cet enregistrement on sent que la passion de l’artiste ne s’émousse pas avec les ans. Trois heures du matin, en studio à Palmer, Texas. Le maître d’œuvre à la guitare électrique a un touché unique qui ne fait pas d’ombre pour autant à la prestation acoustique et au slide incomparable. Le groupe en formation minimum (Jonathan Fisher à la basse, Jamil Byrum à la batterie et Kelyn Crapp à la guitare) est enregistré en prise directe. Lucky Peterson ajoutera seulement quelques overdubs de piano. La plupart des titres sont signés par le parolier, arrangeur et producteur Steve Washington, Tamara la compagne de Lucky Peterson et Peterson lui-même (séparément ou en collaboration). S’il nous a entraîné parfois avec bonheur dans des méandres soul, funk ou jazz, Lucky Peterson revient cette fois au fondamental, et avec 11titres en 44 minutes on tient ici la quintessence du blues.
Gilles Blampain

Neal Black & Larry Garner
Guilty saints

Genre musical: Blues, Americana
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Black et Garner ont deux styles et deux voix différentes et pourtant cette association est une superbe réussite. Ce qui les rassemble est un jeu de guitare brillant qui ne manque pas de délicatesse et une approche artistique hors des courants et des carcans musicaux qui les placent un peu à part de la production classique. Dans le cadre de ce projet original ils ont uni leurs talents pour les textes et les musiques et ils dépassent une fois encore le cadre du blues purement traditionnel pour s’évader vers des contrées musicales bigarrées. Fusion de blues et d’americana cet enregistrement diffuse de larges échos de musique sudistes et les deux compères se partagent le chant et les interventions à la guitare d’un bout à l’autre des 12 titres du CD. L’interprétation est chaleureuse et sensible, les harmonies sont belles et les ambiances varient au gré des chansons. Black et Garner sont entourés par une bande d’experts : Mike Lattrell est aux claviers, Kris Jefferson à la basse, Jean-Michael Tallet est à la batterie, Larry Crockett aux percussions, Bako Mikaelian à l’harmonica, Christophe Duvernet à l’accordéon et Leadfoot Rivet a été invité à chanter avec eux sur le dernier titre. Cette pépite a été enregistrée en France. La production est soignée et le travail sur le son est impeccable. Le plaisir d’écoute est réel, on pourrait aligner les superlatifs, mais à quoi bon, ces deux-là ont un grand talent, un point c’est tout.
Gilles Blampain

Solomon Hicks
Carring on the torch of the Blues

Genre musical: Neo-Blues
Label : ORGANIC RECORDINGS MUSIC
Distributeur : ORGANIC RECORDINGS MUSIC

Quand sur un disque apparaît le nom de Southside Johnny, ici à l'harmonica sur le magnifique 'Homework' d'Otis Rush, je me dis que c'est bon signe. Quand je remarque une reprise des Beatles sur un disque de blues, de plus le 'I Saw Her Standing There', un de mes titres préférés des 4 de Liverpool, je suis étonné. Quand participent à l'événement des gens du E Street Band du Boss, comme Curt Ramm (trompette) ou le neveu de Clarence, Jake Clemons (sax ténor), je me dis que le gars sait bien s'entourer. Voici donc le nouveau prodige du blues! King Solomon, ou Lil B.B., ou East Montgomery comme autres surnoms. Le petit a 20 ans, pratique la guitare depuis 14 ans et a déjà un disque à son actif, Embryonic en 2010! A croire que certains ne naissent plus dans les choux, mais dans une caisse de Gibson avec en fond sonore Les Paul! Quelle époque! Je n'exagère pas si je vous dis que Solomon joue comme un damné. Sans en faire des tonnes, tout est en place, précis et économique, son jeu est riche, divers et ouvert à différents styles, blues old school, louisianais, jazz, rock, funk à la Johnny Guitar Watson, ('Fooling Around', avec un zeste de psyché! Si si!)  Quel grand guitariste! Et comme si cela ne lui suffisait pas, c'est en plus un chanteur confirmé. Au titre des reprises, en plus de celles citées plus haut, 'Paul B. Allen, Omaha, Nebraska (PT.II)' de Buddy Miles, 1970. Du jazz pour confirmer son surnom d'East Montgomery! Puis, pour finir, un 'My Baby' de Willie Dixon. Signalons tout de même que Jeff Levine, est présent ici comme co-auteur, producteur et pianiste sur tous genres de claviers. Étonnamment, Solomon a ouvert pour la dernière tournée du groupe Kiss. C'est dire que le gars doit savoir y faire pour tenir en haleine ce public de hard-rockeux! L’avenir du blues et de la bonne musique est maintenant assuré... votez Salomon Hicks.
Juan Marquez Léon

Tasha Taylor
Honey for the biscuit

Genre musical: Blues and Soul
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Tasha Taylor a du charisme et suit les traces de son père Johnnie, pilier en son temps du label Stax. « Je suis la nouvelle génération du rhythm’n’ blues et de la soul. Je passe le relai d’une génération à l’autre. C’est une entreprise familiale et c’est ma passion ». Et de fait ce nouveau disque est une déclinaison soul, funk et développe toutes les nuances du blues. Un album plein de rythmes et de charme. La miss qui est guitariste a une voix bien posée qui ne manque ni de puissance ni de couleur et suffisamment de talent pour signer les 13 titres du CD. Ajoutons qu’en tant que productrice c’est elle qui a mené le projet de bout en bout. Tasha Taylor semble incarner l’adage ‘bon sang ne saurait mentir’ car, bien qu’enregistré à Los Angeles, il y a tout au long de cet album comme de bonnes vibrations venues de la belle époque de la soul de Memphis. De la passion, de la mélancolie, de la fougue, l’ensemble ne manque pas de feeling, c’est dynamique et lumineux, et avec une belle section de cuivres plus d’une chanson invite à la danse. Déjà bien entourée par son band Miss Taylor a convié quelques invités de marque à venir faire un tour dans le studio, ils se nomment Keb Mo, Robert Randolph, Samantha Fish,  Tommy Castro, ce qui ne gâte rien.
Gilles Blampain

Toronzo Cannon
The Chicago Way

Genre musical: Chicago blues
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Avec The Chicago Way, Toronzo Cannon rejoint le label Alligator et, à l’écoute de cet enregistrement plein de fougue, de tension et de bonnes vibrations, on se dit que le Chicago blues a encore de beaux jours devant lui. Du gamin qui a grandi dans le South side au chauffeur de bus qui sillonnait les ghettos, puis des scènes locales aux tournées internationales, dans la continuité de Muddy Waters, Hound Dog Taylor ou Luther Allison, Toronzo Cannon continue d’écrire la saga du blues de la cité des vents. Et on peut affirmer sans être contredit qu’il est à la hauteur de ses glorieux prédécesseurs. Après une longue période de sideman recherché, voilà maintenant 15 ans qu’il se pose en leader charismatique, et à l’approche de la cinquantaine ça marche plutôt bien pour lui. A travers ses chansons il déroule sa propre histoire. Sa musique a une pêche d’enfer, les riffs agressifs tirés de sa Flying V mettent en valeur sa chaude voix de soulman. Il signe les 11 titres de l’album. Torride, funky, mordant, impétueux, on peut aligner les adjectifs, aucun de tombent dans le cliché. Toronzo Cannon  envoie un blues puissant, pétillant, lumineux, novateur où la soul transpire à chaque note. Il entraîne l’auditeur dans son univers avec un réel enthousiasme et une énergie qui ne se démentent à aucun moment.
Gilles Blampain

Vincen
Exécute Froidement 13 Chansons de PKRK

Genre musical: Rock Alternatif
Label : COMBAT ROCK
Distributeur : vincen.bigcartel.com

Vincen, c'est Vincen Massey, guitariste-chanteur de PKRK, groupe punk messin qui compte quatre albums au compteur. Sa particularité ne se limite pas au retrait d'une consonne, puisque le voilà qui revisite le répertoire du groupe à l'aide - je cite - d'une simple guitare creuse et de trois casseroles. Le préposé aux casseroles, enfin aux percussions, répondant au nom de Brice Winzenrieth. Voici donc un album acoustiques, mais rassurons-nous, on n'a pas affaire à quelque folkeux dépressif. Car s'il privilégie les ambiances apaisées, Vincen n'en oublie pas pour autant le mot d'ordre keupon : l'énergie. Avec quelques échappées en terrain bluesy ('Tant Que Tu Vis Ton Trip'), voire jazzy pour faire bonne mesure ('Atchoum'). Pas de slogans niais, des textes simples et efficaces, volontiers sarcastiques : « Le rock'n'roll est si pratique/Même plus besoin d'être anormal/Pour faire du bruit épileptique » ('Ineptik Gloria') ou encore « Je n'aime pas les autres/Ils sont bien trop nombreux/Vous m'aimez pas tant pis/Trouvez-moi un sosie » ('Je N'Attends Plus Rien'). Textes volontiers ludiques donc, qui peuvent néanmoins virer à l'émotion ('On Est Pas Sérieux'). Un album épuré, au plus près de l'os, sans un poil de graisse superflue. Un peu de légèreté en ces temps oppressants.
Marc Jansen