Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

05/20
Chroniques CD du mois Interview: JEAN-MARC HENAUX Livres & Publications
Portrait: PEETIE WHEATSTRAW Interview: MISS BEE AND THE BULLFROGS Portrait: ROY ROGERS
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

MARS 2013

Al Miller
In Between Time

Genre musical: Chicago Blues, jump, boogie, blues-rock
Label : DELMARK
Distributeur : SOCADISC

Delmark alpague encore un bluesman inconnu dans un purgatoire de Chicago, et le présente comme une légende oubliée. Ici, il nous fourgue un alter ego prétendu de Mike Bloomfield, Paul Butterfield et Charlie Musselwhite. Al Miller était le leader des Dirty Wurds, premier groupe de blues blanc à avoir été enregistré par Chess. C’est de la com’, on n’est pas obligé de gober tous les points d’exclamation… Et, comme Delmark n’est pas chichiteux, il nous en met 17 plages ! Là encore, on n’est pas tenu de se prosterner devant une mule aussi chargée. Mais, pour le coup, ce recueil de titres gravés en 1999 et 2000 est une bonne surprise. Al Miller n’est certainement pas le meilleur chanteur de Chicago, même s’il tient bien le micro. En revanche, il se signale comme un très bon harmoniciste. Il dégage surtout une énergie et une candeur qui font la différence avec d’autres obscurs poilus qu’on nous a vendus comme des péchés d’initiés. Outre les qualités d’Al Miller, cet album vaut aussi par la verve de ses sidemen, notamment les solistes John Primer et Billy Flynn, le premier, le délié fluide, par moments jazzy, Chicago strict, le second plus rock, plus emphatique, le son plus rond. Selon les séances : Ken Saydak et Barrelhouse Chuck alternent au piano, et Kenny Smith tape souvent les shuffles. L’humeur générale d’In Between Time incline à la joie. Un vrac de 17 titres… Il ne faut pas chercher une logique narrative à cette longue juxtaposition, mais c’est bien le maximum qu’on puisse reprocher à Delmark. Cette richesse est presque une goujaterie vis-à-vis d’Al Miller !
Christian Casoni

Andrew Strong
The Commitments years & beyond / Live

Genre musical: Soul, Blues-rock
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Tout est dans le titre du CD The Commitments Years & Beyond. Rappelez-vous : « Vous ne comprenez pas les gars ! Les Irlandais sont les Noirs de l'Europe ! A Dublin on est les Noirs de l'Irlande et ceux des quartiers nord sont les Noirs de Dublin ! ». Cette réplique est tirée du film d'Alan Parker, The Commitments (1991). Fort de ce postulatle band, dans lequel Andrew Strong tenait le rôle du chanteur Deco Cuffe, interprètait une soul music tout à fait légitime et convaincante. Et 20 ans plus tard, après plusieurs albums et quelques tournées aux USA et en Australie, Andrew Strong ne renie toujours pas ses premières amours. Pour preuve la set list de cet enregistrement en public révèle un florilège de titres de la grande époque de la soul quand Otis Redding, Wilson Pickett, James Brown et consorts tenaient le devant de la scène. Des titres d’anthologie se succèdent donc, ‘Gimmie Some Lovin’, ‘Hard To Handle’, ‘In The Midnight Hour’, ‘Mustang Sally’, ‘Try A Little Tenderness’, et il y a même ‘Fire’ d’Hendrix, 15 titres en tout qui s’enchainent à un rythme soutenu. Qui dit soul, dit feeling et excitation, quand l’émotion le dispute au sexy ; et bien tout est là. Entouré d’un band composé de pointures de la scène française qui distille un groove chaleureux,Andrew Strong fait le show, il déborde d'énergie et sa voix de soulman enflamme le public.
Gilles Blampain

Bart Walker
Waiting on daylight

Genre musical: Southern Blues / Rock
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Il suffit de regarder la photo du boitier pour (à peu près) savoir ce qu’il renferme. Une part de blues, c’est clairement écrit en fond sur un mur défraîchi et sur la guitare de l’artiste figure le symbole de la Blues Foundation. Quant au possesseur de la guitare, ses mains couvertes de grosses bagues ornées de turquoises indiquent qu’il faut regarder vers le sud des States et cela laisse aussi supposer qu’il faut p’t’être s’attendre à du gros son. Banco ! Bart Walker vient de Nashville et question gros son, il y a quelqu’un. L’album est produit par Jim Gaines  (Santana, Thorogood, Vaughan). Outre les qualités guitaristiques du garçon, qui lui ont valu un Gibson Guitarist Award à l’International Blues Challenge 2012, la voix est puissante et claire,  toujours bien placée. On trouve une reprise du ‘Whippin Post’ du Allman Brothers Band aussi bien que l’originale et le médiator ne chaume pas quand arrivent les chorus. Ce même médiator marque des riffs très appuyés sur pas mal de morceaux qui font dire : Hey man, you rock ! (sans être bourrin, avec finesse). Steve Potts, batteur, et Dave Smith, bassiste, forment la base solide qui permet au maestro d’être serein. Ces deux-là ont enregistré, entre autres, avec Michael Burke et Luther Allison. Rick Steff, lui, vient en renfort aux claviers. Avec Bart Walker on joue dans la cour des grands, du style Warren Haynes ou SRV…..On en reparlera.
César

The Crippled Frogs
So Far, It’s OK

Genre musical: Flok retro-moderne
Label : Pbox
Distributeur : CODAEX

Ces batraciens éclopés, qui ont noms Dumaine, Garcia et Reina, se sont mis à la colle avec trois muses folkopathes. Celle du ragtime-blues, triste et mélodieuse, renvoie aux songsters de Memphis et d’Atlanta. Carrément funky, la seconde inspire ces jungles rythmiques endiablées à la limite du chicken-scratch. Enfin, la muse d’une vieille chanson urbaine et réaliste sonne un peu old-time, un peu dixieland et pas mal vaudeville. Ainsi, ‘Pink Elephant Blues’ part-elle sur une country de pizzaiolo qui tourne au refrain soiffard. La muse du funky-folk peut trépigner toute sa soul, elle est distancée par ses consœurs, l’impression globale restant celle d’une extase surannée qui remonte aux années 20, et qui était déjà vendue en seconde main sur le marché de la nostalgie pendant le revival des années 60. La banane à l’envers, ça donne : qu’est-ce que c’est que ces trois jeunes vieux de la Drôme qui jouent au medicine-show, avec leurs mélos à l’ancienne pavoisés de cœurs brisés, de crimes passionnels et de fugitifs bouffis de remords ? La banane à l’endroit maintenant : cet exercice de style remarquable ne manque pas d’humour, et ne stérilise jamais les sentiments. Les voix, toujours un peu dolentes, ont une belle charpente, et les contrechants de slide doublent à merveille les inflexions pathétiques du chant. Leur bottleneck a un cachet simple et éloquent, qui rappelle les phrases de Blind Willie Johnson. Leur folk rétro-moderne est une matière composite mais sans grumeaux, lissée avec une énergie raffinée. Quand on entend des titres comme ‘My Kingdom For A Gig’, on réalise que les Beatles ont débuté par le skiffle.
Christian Casoni

Devon Allman
Turquoise

Genre musical: Southern rock, Blues rock
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Lève-toi, fils de Gregg Allman. Alors, Allman Devon, on suit les traces de son paternel ? Après Honeytribe, Royal Southern Brotherhood, te voici en solo ? Mon gaillard, ce que tu nous as pondu, c’est du dépaysement auditif. ‘When I Left Home’ pour commencer, bon, et puis une orgie de sonorités sudistes, plein pot sur ton Texas natal et son blues mâtiné de soul (‘Into The Darkness’), avec le sax de Ron Holloway. Chapeau bas pour ta reprise de l’ami Petty et de Stevie Nicks (‘Stop Draggin’ Me Around’). Toujours en excellente compagnie, je vois, coquin… N’est-ce pas Samantha Fish qui pousse la chansonnette avec toi, maintenant ? Estampillée Ruf Records, elle aussi. En même temps, comment aurait-elle pu résister à ta voix chaude ? L’influence du Boss sur ‘Don’t Set Me Free’, maintenant ? Tu nous la ferais pas à l’américaine, des fois, genre classic rock ? ‘Yardira’s Lullaby’… bel instrumental, douceur et subtilité. Compétent sur la six-cordes, le Devon. Tu touches vraiment à tout, tu nous en mets de toutes les couleurs dans l’esgourde, mais toujours sur une base bien bleue. Et c’est qui les deux autres ? Suis-je bête… Yonrico Scott derrière les fûts et Myles Weeks à la basse. Vraiment fameuse, ta galette. Beau boulot, Devon.
Alicia Fiorucci

Elvis Presley & the American music heritage
Elvis Presley face à l'histoire de la musique Américaine.

Genre musical: Musique Pelvienne
Label : Fremeaux & Associés
Distributeur : SOCADISC

Frémeaux réédite l'exploit de compiler, organiser, synthétiser, bref mâcher le travail de tous les  music nerd que nous sommes. C'est carré, net, sans bavure. Livret, pochettes, crédits photos... Le travail d'un label, quoi... Passé le plumage ; venons-en au ramage : après la période 1954-1958, Bruno Blum décortique la période 1956-1957. Et il y a de quoi se nourrir : ‘Long Tall Sally’, ‘Rip It Up’, ‘Peace In The Valley’, ‘Blueberry Hill’, ‘Jailhouse Rock’... Les joyaux du King sont ici livrés en 3 CD à domicile, version Appellation d'Origine Contrôlée, traçabilité... Fini la colonne vertébrale du rock, période Sun Records, le natif de Tupelo est maintenant tour à tour roucouleur et père Noël... Ce coffret, encore une fois indispensable, est l'occasion de comparer le ‘White Christmas’ des Drifters, avec celui de Mahalia Jackson, puis avec celui du King. Ou encore le ‘Rip It Up’ de Little Richard et celui d’Elvis. « Par goût personnel et par volonté de lisser son image, Elvis Presley puise dans d'autres répertoires et enregistre du gospel, de la country, des chansons de Noël... » L'occasion de découvrir une autre facette de cet artiste qui a participé à réunir Noirs et Blancs, mariant leur musiques respectives et leurs cultures comme aucun autre à l'époque.
Nicolas Miliani

Eric Ter
Soundscape road

Genre musical: Psyché rock
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Plutôt dicsret à la ville Eric Ter se lâche dès qu’il redessine le monde avec sa guitare et ses mots. Avec ce nouveau CD, il nous entraîne avec une certaine audace dans une virée sonore des plus excitantes. Au long de cette route on entend son blues mâtiné de funk, mais également des envolées psychédéliques, des rythmes afros et latinos, des sonorités électro et de joyeuses mélodies pop. L’ensemble, vif et pétillant, est très stimulant. Il y a des moments où l’on plane d’autres ou l’on est électrisé. Cet album tout en mouvement, fait d’élans et de pauses, est plein d’entrain, alliant tout à la fois souplesse et nervosité. Même si la simplicité est de mise (guitare, basse, batterie, avec parfois le renfort d’un clavier ou d’un harmonica, mais pas plus), on a le sentiment d’être branché sur une fréquence spéciale qui stimule le corps et l’esprit. Eric Ter signe 11 titres et s’autorise 3 reprises dont le hit de Peter, Paul and Mary ‘I Dig Rock’n’Roll Music’ qu’il retaille pour le faire pénètrer dans une autre dimension et ‘Walking The Dog’ de Rufus Thomas qu’il rhabille à sa façon avec élégance et décontraction. La guitare est polychrome, la voix grave est chaude et suave. La  fiche promo dit d’Eric Ter : « On dirait un cousin anglais de Gainsbourg avec des fleurs dans les cheveux, l'excentricité musicale de Zappa et la guitare de Jimi », la comparaison est audacieuse mais pas fallacieuse… sauf pour les fleurs peut-être.
Gilles Blampain

Jesse Dee
On My Mind, In My Heart

Genre musical: Blues et surtout Rhythm and Blues
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Retour vers le futur avec ce nouvel album de Jesse Dee qui avait autoproduit sa première galette en 2008. Retour vers le futur pour le son qu'il nous propose, nous donne, que dis-je, nous offre ! Un cadeau qui pétille, qui rebondit, qui enthousiasme en ces temps moribonds. Retour chez Sam Cooke, Solomon Burke ou Etta James pour le son et direction le futur pour le dépoussiérage de ce style de musique : le rhythm and blues. Jesse Dee nous enivre d'entrée de jeu avec le rebondissant titre éponyme où les cuivres de John Aruda (tenor sax'), Scott Aruda (trompette), Paul Ahlstrand (sax' baryton) et Jeff Galindo (trombone) alternent entre le r’n’b et le rocksteady. C'est frais comme un mojito à l'apéro. Idem pour le titre 'I Won't Forget About You' qui invite à reprendre quelques cacahuètes ou noix de cajou pour se poser un peu plus dans son fauteuil et écouter la voix de Joanie Pimental. Ça sonne Motown à fond mais c'est bien le label Alligator qui a pris ce jeune sous son aile. Bien lui en a pris. 'From The Start' nous replonge dans le titre 'What A Wonderful World' de Sam Cooke. Mais avec l'invitée Rachael Price en duo vocal, cela donne un effet détonnant et claquant comme deux doigts !
Tristan Sicard

Jesus Volt
Vaya Con Dildo

Genre musical: Hard-Bloc, Psyché Punk
Label : GROUNDED MUSIC
Distributeur : SOCADISC

Et de cinq pour les messies survoltés de Paname, en comptant leur live au titre mémorable, Hallelujah Mother Fuckers!. Leurs disques sont d’ailleurs tous baptisés d’un joli molard, celui-ci aussi. Le dildo est un « King Kong hard-on engineer », calmant les langueurs d’une dame esseulée qui aurait les ongles incarnés. La chanson titre raconte cette montée en jouissance froide, tellement inhumaine qu’elle vire à la nécrophilie. Tout l’album transpire le sacrilège, avec une force dionysiaque, libidineuse mais sans aucun érotisme, depuis son intro à la ‘Won’t Get Fooled Again’, jusqu’au nœud intumescent qui ligature le boogie final. Les prédateurs christiques continuent de développer leurs énormes reptations, surtout depuis qu’ils ont passé un camouflage hard-rock sur leur blues psyché-punk. Encore un bâtard du rock’n’roll difficile à pédigrer, donc, une créature corpulente, très mobile, terriblement bien foutue à coups de massues rythmiques (Fuzzy Bear à la basse, Holy Bear à la batterie), guitares d’airain, solos superbes (El Tao) et voix lourde, Jim Morrison parfois, moulin de tronçonneuse le plus souvent. Le chant de Lord Tracy (pseudonyme tartiné au gras de cuisse) se prend à jubiler malgré la masse du timbre. Avec un hédonisme junkie toujours fendard, les quatre évangélistes profanent à peu près tous les commandements gravés sur les tables de la loi, même ceux que l’Eternel a oubliés : ‘Kilmister’ (« You can’t kill Mr rock’n’roll »). Mais l’Eternel est un gode, à en croire le titre de l’album. Le plus beau dans tout ça ? Des décrochages mélodiques presque pop, et deux ballades… cools comme un œil crevé.
Christian Casoni

Muddy Waters
The Blues Vol 2 

Genre musical: Chicago Blues
Label : Fremeaux & Associés
Distributeur : SOCADISC

L’itinéraire de McKinley Morganfield est une allégorie de l'histoire du blues aux Etats-Unis. Quittant les eaux boueuses du Mississippi et la plantation Stovall, Muddy Waters arrive en 1943 à Chicago où  il va être parrainé par ses pairs Big Bill Broonzy, Tampa Red et John Lee Sonny Boy Williamson. Son jeu de guitare et le son électrifié, nouveau à l’époque, ainsi que son chant, vont rapidement faire de lui une figure majeure de la scène musicale de la Windy City. Ce triple CD est une rétrospective des œuvres gravées entre 1951 et 1961 pour la légende, par ce conducteur de tracteur devenu héraut du Chicago blues. Sur cette compilation, le natif de Rolling Fork est accompagné sur de nombreux morceaux indispensables par des pointures comme Little Walter à l’harmonica, Otis Spann au piano, Willie Dixon (l'architecte du Chicago blues) à la contrebasse. La compilation se compose de trois parties: They Call Me Muddy Waters, Mannish Boy et The Crossover. Ce coffret de 3 CDs permet de sentir cette époque charnière, ce son unique d'un blues urbain portant en lui toute la rudesse et la moiteur du Delta. « Cette ambiance du deep south… presque l'odeur des poissons-chats grillés au barbecue » peut-on lire dans le livret documenté signé Gérard Herzhaft. Un moment d'histoire.
Nicolas Miliani

Nick Cave & the Bad Seeds
Push the sky away

Genre musical: Rock alternatif
Label : KOBALT
Distributeur : PIAS

Dans le genre sueurs froides, voici le crooner australien gothico-compatible, jamais sans ses Bad Seeds. Push the Sky Away a beau avoir été enregistré à Saint-Remy-de-Provence, il dégage un climat plus polaire que tropical. Un coup d’oeil à la pochette donne une idée rapide de ce qui nous attend : dans cet appartement blanc immaculé, Nick Cave chasse une ombre de femme nue. Nick Cave and the Bad Seeds conservent le producteur qui officiait sur les trois albums précédents, Nick Launay. La machine est bien huilée, les esgourdes s’en rendent compte tout de suite. L’album comporte neuf pistes. Il s’ouvre sur un ‘We No Who U R’ glacial, grande spécialité de notre orateur de froideur. L’album se construit ainsi, lancinant, dans la veine de Murder Ballad, mais plus épuré, plus mature, moins pop. Une section de cordes apporte une touche requiem. On plonge dans la catharsis auditive avec ‘Push The Sky Away’. Le morceau-phare de l’album, ‘Jubilee Street’, renvoie au ‘(Are You) The One That I've Been Waiting For?’ (album The Boatman’s Call). Le piano n’est pas resté au vestiaire, mais les guitares d’outre-tombe dominent nettement. Le chant est toujours incantatoire, hypnotique, Nick Cave est un gourou au service de nos pulsions dépressives. Difficile de passer sous silence les recherches experimentales comme ‘Water’s Edge’,poésie recitée sur une apocalypse parsemée, ici et là, d’intonations féminines. Cet album n’est pas à prescrire aux individus animés de pulsions suicidaires. Sa beauté glaçante n’est jamais dénuée d’émotions et sa technicité musicale, sans faille. C’est une oeuvre homogène, sans titres faibles. Toutes ces effusions coagulent à merveille. 42 minutes de pur bonheur. Vous avez besoin d’un album introspectif ? Push The Sky Away est fait pour vous.
Alicia Fiorucci

Trixie Whitley
Fourth Corner

Genre musical: J'sais pas, ça vient du coeur !
Label : STRONG BLOOD
Distributeur : LA BALEINE

Wahooooo !!! Quelle classe ! Non pas celle sophistiquée des gourmettes or massif et rivières de diamants. Juste la classe naturelle, de celle qui a été touchée par la grâce d’une voix hors du commun dont elle se sert pour nous proposer quinze titres servis dans un écrin par des arrangements pas trop chargés, juste ce qu’il faut pour mettre l’émotion au premier plan. Premier album (auparavant elle n’avait réalisé que des EP’s) pour cette jeune artiste qui outre le fait d’avoir une voix modulable à souhait, joue les parties de guitare et les percussions sur cet album. Le fond blues de cet album est indéniable, emprunt de douceur et de légèreté. On se croirait sur un nuage. Il faut dire que dès son enfance Trixie a été bercée par son papa Chris Whitley bluesman inclassable, aujourd’hui disparu, de qui elle a hérité cette qualité qui fait que : C’est pas du blues, c’est pas du jazz, c’est  pas de la musique du monde, c’est tout cela à la fois. Quelques arrangements discrets de cordes sont présents sur, environ,  un tiers des titres. Quinze titres qui ont chacun leur ambiance, leur rythme, leur couleur mais dont on peut dire : C’est du Trixie ! La classe, que j’vous dis. Elle n’a que vingt cinq ans et c’est une future icône.
César