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Chroniques CD du mois Interview: LITTLE MOUSE & THE HUNGRY CATS Livres & Publications
Portrait: CHARLES BROWN   Dossier: SPECIALTY RECORDS
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

MARS 2012

Alexx & Lio
The mooonshine tracks

 

Genre musical: Country Folk
Compositions: 0 sur 6
Livret : La photo est très bien...
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Alexx et Lio (Lionel), la chanteuse et le guitariste des MoOonshiners, s'offrent une récré acoustique en tandem et en six titres, six reprises country-folkantes, six anomalies qu'ils assument en appuyant tout de suite sur l'accélérateur qui freine : David Crosby, 'The Lee Shore' et 'Triad' un peu plus loin. Gasp ! Ils reprennent aussi 'Me And Bobby McGee' et 'Ode To Billie Joe' (devenue un pont sur la Garonne chez Joe Dassin. Les Compagnons de la Chansons avaient, eux, tenté et foiré 'Me And Bobby McGee'.) Ils reprennent encore 'Caroline', de Francis Rossi et Robert Young (Status Quo.) Au centre enfin : 'Heartbreak Hotel', pour le coup, l'accélérateur qui désintègre la bagnole. Putain de version, hargneuse et jouissive ! Alexx chante de la mort, avec des inflexions dignes et finaudes et une voix country magnifiée par la nudité des arrangements. Lio compte pas non plus pour des prunes : accords de soie porteuse et frappe sèche au besoin. Bon, il y a ces deux titres de Crosby… Mais là, on est barré dans un trip intime, que Lio justifie comme suit : « Il me troue le derche dés qu'il ouvre le bec ! ». Alors, les soul-punks, pourquoi ce crochet nostalgique par les arpents verts ? Lio : « J'avais trouvé une vieille Martin de 76. En simultané, Alexx me ressortait le 'Triad' de Crosby, parfait pour roder mon nouveau joujou. On est resté une (longue) soirée à jouer dans ma cave. On a laissé courir le bouton record, et on a eu envie de partager ça sur mp3, en distribution numérique, grâce à Philippe 'Dixiefrog' Langlois. Rodolphe au mix et Doumé au master ont fait des miracles pour qu'on entende bien le bois de la Martin. Voilà, on s'est fait plaisir. »
Christian Casoni

Billy Boy Arnold
With McPhee and the Groundhogs

 

Genre musical: Chicago, British Blues
Compositions: 6 sur 15
Livret : Simple digipack
Label : BLUES BOULEVARD
Distributeur : MUSIC AVENUE

Billy Boy Arnold, a enregistré cet album à une époque où le CD n’existait pas, mais où  l’énergie, matière intemporelle et palpable, était bien présente. C’était en 1977, et si je vous dis que le groupe qui accompagne ce maître harmoniciste n’est autre que Groundhogs dont le guitariste, Tony McPhee, a parfois été comparé à un Jimi Hendrix anglais, vous aurez une petite idée de ce qui vous attend si vous posez cette galette dans votre platine. Un bon mariage des genres vous est servi avec du Chicago blues mâtiné de son dérivé british. Le label a jugé bon de laisser au début de certains morceaux, la voix de Billy Boy Arnold qui donne ses consignes aux musiciens ce qui renforce l’idée d’une rencontre impromptue entre ces deux styles de blues. D’ailleurs la quinzaine de morceaux de ce disque a été enregistrée en deux jours et il en ressort une espèce de ressenti Live. Vous avez compris que j’ai aimé, sinon je n’en parlerais pas.
César

Blues Power Band
Dark room

 

Genre musical: Rock, Pop
Compositions: 12 sur 12
Livret : Vintage
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Voilà un disque coup de poing taillé dans le rock. Ce nouveau CD du BPB illustre parfaitement le concept du changement dans la continuité. Pour la continuité, le band est toujours efficace, bien rôdé, soudé par le talent indéniable de chacun des membres, une vitalité débordante et une connivence évidente entre tous les musiciens. Pour le changement, on sent nettement une inflexion du genre pratiqué jusque-là. Si le blues reste le tronc commun, exit les touches de funk, les intonations soul, pour faire place à un rock robuste aux accents pop. Un concentré d’énergie qui déborde à chaque sillon. C’est un choix assumé qui ne déçoit pas. La maîtrise instrumentale soutient un chant toujours vif et habité. Tout est solide, bien charpenté et constitue un ensemble bien équilibré qui accroche immédiatement l’auditeur. Tout en étant très actuel, certains titres ont des accents dignes des meilleurs groupes britanniques des années 70 et l’ensemble est assez exaltant, il y a le punch et le feeling par-dessus. Des riffs pointus, de beaux solos, des ambiances qui jouent sur la gamme des sensations. Cette production est vraiment pleine de saveurs
Gilles Blampain

Dr. John
Locked down

 

Genre musical: Indescriptible mélange
Compositions: 10 sur 10
Livret : Pas vu
Label : NONESUCH
Distributeur : WARNER

Qu’elle est étrange et biscornue, la routine de Dr. John. Locked Down est une nouvelle ligne de fuite dans le grand bazar néo-orléanais, un biais insaisissable qui frôle toutes les denrées AOC du magasin, soul, funk, jazz, rock’n’roll, et n’emporte que les ombres. Le doc en fait cette chaussette de clown bariolée, complètement décousue puis recousue avec une préciosité de dentellière, indescriptible macédoine qui s’apprécie sans effort. John organise sa fuite à l’intérieur même des chansons, qu’il démonte et reconstruit sans relâche, un mouvement d’orchestre après l’autre, fanfares rock, blaxploitation, cabaret fatal ambiance Tom Waits, tin pan alley, boogie vague, gospel louche, blues résiduel, chœurs parfois kidnappés au sein du Big Bazar (encore un bazar) et, de temps en temps, une mélodie qui sent la violette. C’est un édifice à la Numérobis qui tient pourtant solidement sur ses fondations grâce à l’intelligence des orchestrations : deux tonnes de matière grise à la seconde, un son naturel et résolument 70’s, sans effets spéciaux, une débandade baroque qui ne perd jamais son agilité malgré sa masse. 72 ans, 40 ans de carrière, 30 albums, l’homme qui se coiffait d’un poulpe avait écouté les Black Keys, puis rencontré le barbu du tandem à la Nouvelle-Orléans. Dan Auerbach produirait son prochain disque. L’audacieux impétrant avait réuni les lames du line-up à Nashville, certaines, déjà éprouvées par les Black Keys, des exaltés comme Max Weissenfeldt, un batteur extrêmement dynamique, véritable chef de chantier qui déménage l’album au gré de ses reconstructions, et aide John à se métamorphoser, un alien après l’autre.
Christian Casoni

Eric Bibb
Deeper in the well

 

Genre musical: Blues, Folk
Compositions: 7 sur 13
Livret : Impeccable
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Une pochette lumineuse évoque l’humidité, la moiteur, toutes les influences culturelles qui font le charme unique de la Louisiane. Dès les premières notes, la voix d’Eric Bibb nous entraîne dans son univers, subtil mélange de tradition et de modernité. Cet album mêle tous les courants musicaux de la Nouvelle-Orléans, du créole à la musique cajun, en passant par le jazz et le blues. Son écriture exprime des thèmes universels, l’amour, la foi, et sa vision de l’humanité. La Louisiane, terre magique et sacrée par son histoire, reste une source inépuisable d’inspiration pour les bluesmen. La voix suave et généreuse d’Eric Bibb nous berce et nous fait partager ces paysages exotiques et ces odeurs, exhale une sensation de paix, une plénitude dans laquelle on peut laisser le bon temps rouler. ‘Bayou Belle’ concentre cette atmosphère chaude et intimiste que laisse filtrer le disque. Je retiendrais aussi le pouvoir hypnotique de ‘Could Be You, Could Be Me’, genre bon vieux blues. Noter également la reprise de Dylan ‘The Times They Are A-Changing’. Eric Bibb signe un album réussi, authentique comme toujours, où ballades mélancoliques et titres plus rythmés s’enchaînent avec douceur. Ce joli voyage de sons mêlés au cœur du bayou met en relief l’ampleur de la richesse musicale américaine. Deeper In The Well, une parenthèse de chaleur particulièrement bien venue en ce moment, sera le Midnight express de cet hiver sibérien et vaut très, très largement le détour. Bluesman engagé, atypique, Eric Bibb a une façon singulière d’aborder le blues et en tire une musique solide et intemporelle.
Arthur Moroni

Harrison Kennedy
Shame the devil

 

Genre musical: Blues profond
Compositions: 13 sur 14
Livret : Sobre digipack
Label : ELECTROFI
Distributeur : SOCADISC

Le tour de force de cet enregistrement est qu’on a l’impression d’écouter des thèmes classiques alors que tous les titres sont des originaux, donc jamais entendus avant. Harrison Kennedy signe 13 des 14 chansons de ce disque et reprend ‘You Don’t Know Me’ (Walker/Arnold) popularisé par Ray Charles, une de ses idoles. Interprète au registre étendu, Kennedy est doté d’une voix exceptionnelle, chaude et grave, qu’il peut rendre tour à tour suave ou rocailleuse, et il sait aussi chanter en falsetto. Cependant, son talent ne se limite pas là puisqu’il joue de la guitare (slide ou pas), et également de l’harmonica, du banjo, de la mandoline et des percussions. Et le résultat est vraiment excellent, on entend un blues profond qui prend aux tripes autant qu’il parle à l’esprit en se teintant de couleurs changeantes selon l’utilisation de ces différents instruments. Harrison Kennedy est accompagné par Keith Lindsay aux claviers et à l’accordéon, Alec Fraser à la basse et Matt King à la guitare. S’il est enraciné dans la tradition Harrison Kennedy joue et chante une musique très actuelle, et il se dégage de cet enregistrement une réelle énergie.
Gilles Blampain

Janiva Magness
Stronger for it

 

Genre musical: Country-rock, Blues rock, Soul
Compositions: 3 sur 12
Livret : Le modèle est joli
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

En 2011, une pluie d'honneurs douche les artistes d'Alligator Records, signe probable que les nouvelles orientations, plus commerciales, de la maison fructifient quand même un peu. Janiva est un précieux accessoire dans le kit de survie d’Alligator. Elle est blanche, jeune mais assez mûre pour incarner une femme stable, régulière et rassurante. Elle chante extrêmement bien, d'une voix qui soulève, soul ou country-rock selon les besoins. Elle aime le travail abouti et fait très bien le job. Musiciens expérimentés, probes et zélés. Stronger For It  est son troisième album Alligator,le meilleur. Janiva abat trois atouts imparables : les mélodies, l'énergie et la voix. Les styles s'interpénètrent avec une ampleur FM, le son est toujours un peu chargé. Janiva démarre en mariant les Beatles et la soul ('There It Is'), puis le rock, le blues, la country et encore de la soul, elle crée un avatar country-funk ('You Got What You Wanted'), country-gospel ('Things Left Undone'), tous ces assemblages qui faisaient la couleur de Sticky Fingers et d'Exile, mais ici, les cuivres, la terre et le vice en moins. Voilà donc un album bien ficelé, bien envoyé, les risques bien calculés, l'exécution soignée, sans perfectionnisme toutefois. La franchise et la spontanéité sont là, mais c'est avec la même franchise que Janiva courtise les DJ. Rien de honteux, bien sûr, tout le monde est dans son rôle : Bruce Iglauer, couronné "Chicagoan de l'année 2011", résiste avec décence, Janiva est irréprochable, le chaland ne se fait pas arnaquer. Qu'est-ce qui gêne légèrement aux entournures, alors ? Un confort trop bourgeois ? Le sentiment d'une œuvre trop fonctionnelle ?
Christian Casoni

Jeff Toto Blues
Le Blues... et moi

 

Genre musical: Blues
Compositions: 12 sur 12
Livret : Bien
Label : BLUESIAC
Distributeur : BRENNUS

Et si on enterrait définitivement le vieux débat : « Le blues peut-il (doit-il) se chanter en français ? ». J'ai le remède pour guérir définitivement ceux qui ne jurent que par « l'angliche ». Ce remède, breveté par les labos Servier, qui comme chacun sait se foutent parfaitement des addictions qu'il peut provoquer chez ses utilisateurs, s'appelle Jeff Toto Blues. Celui-ci, de son vrai nom Jean-François Thomas, avoue humblement dans le morceau titre, être né dans le 43, département traversé par la Loire et l'Allier, mais dont on ignorait que le Mississippi passait aussi par-là ! Ou du moins on l'ignorait jusqu'à la sortie de cet album. Si le fleuve Mississippi ne traverse pas exactement le Massif Central, la poussière de ses chemins a dû se poser toute entière sur les cordes vocales de notre homme. Le timbre, entre Howlin’ Wolf et Tom Waits, est chaud et taillé pour chanter le blues et rien d'autre. Ajoutez lui l'harmonica tout en nuances de Vincent Bucher et le bonheur est total. Les textes sont empreints d'une émotion simple, celle qui nous touche là, sans crier gare. Entre une déclaration d'amour à sa fille, ‘Princesse', ou la mélancolie d'un 'Regard Hagard', Jeff Toto Blues émeut, mais il n'oublie pas non plus de nous faire marrer, notamment lorsqu'il rend hommage à sa (nôtre ?) paresse naturelle ('Il est encore temps') et, must du must, ce joyau intitulé 'La Crémière', trempé dans un second degré délicieusement grivois et carrément jubilatoire. Grivoiserie second degré que n'aurait pas reniée le grand Willie Dixon, adepte en la matière. L'expression « Blues en français » n'est certes pas un pléonasme, mais grâce à Jeff Toto Blues elle ne sera plus jamais un oxymore.
Robert Biettron

Kaplan & Co.
Tired of living

 

Genre musical: Blues, Folk
Compositions: 6 sur 11
Livret : Très beau digipack
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : WWW.KAPLAN-AND-CO.COM, MYSPACE.COM/KAPLANANDCO

De facture classique et très agréable à écouter ce CD révèle enfin le talent d’un des bands les moins médiatisés de la sphère blues en France. Le titre de l’album a un parfum de mélancolie mais en fait l’ambiance est chaleureuse, les voix sont agréables et on enchaîne les titres avec plaisir. Après de longues années d’expérience le punch et le dynamisme sont toujours intacts et Gérard Kaplan (chant, guitares), Jean-Marie Morel (guitares, mandoline, chant), Bernard Weber (basse) et Olivier Floro (batterie) nous livrent un disque vif et pétillant. Sans oublier la brillante prestation du pianiste Gilles Erhart sur quelques titres. La set list présente cinq reprises de choix (‘Stop Breaking Down’, ‘Crossroad’ : R. Johnson, ‘You Gotta Move’ : F. McDowell, ‘Wild Horses’ : Jagger/Richard, ‘Tipina’ : Prof. Longhair), et des compositions signées Kaplan ou Morel qui accrochent dès la première écoute. Ces chansons qu’ils signent et interprètent ont une teinte originale et très personnelle. Certaines donnent dans la sobriété, d’autres partent dans une frénésie communicative, les harmonies étant toujours élégantes et subtiles. Beau travail ! La production est sans reproche. Un band qui a beaucoup d’atouts dans son jeu.
Gilles Blampain

Larsen Blues
Larsen Blues

 

Genre musical: Blues, Soul
Compositions: 6 sur 6
Livret : Joli digipack
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : WWW.LARSENBLUE.COM, ITUNES, AMAZON

Larsen Blues (guitare rythmique, harmonica et chant), Mathias Schuber (lead guitare, claviers), Raymond Doumbé (basse) et Yves Teslar (cajon, percussions) jouent un blues qui s’affranchit des codes pour créer des ambiances bien particulières. Une base de funk, une pointe de soul et pourquoi pas une trace de rock ou un zeste de reggae pour relever un passage. C’est tour à tour doux ou hargneux, ça caresse ou ça cogne et on se laisse accrocher avec plaisir. Ce mélange de douceurs et d’âcreté donne à l’enregistrement une allure de légèreté et de raffinement. C’est joué avec un minimum de moyens pour un maximum d’efficacité. Mais sous une certaine désinvolture affichée, on sent une grande maîtrise avec une voix chaude, une réelle sensibilité doublée d’une  frénésie séduisante, une rythmique solide, d’agréables mélodies et de beaux solos. L’élégance de l’interprétation, confère une certaine grâce à l’ensemble, mais Larsen Blues n’a, semble-t-il, pas voulu s’étendre, en présentant seulement 6 titres, tous signés de sa main. Légère frustration donc, avec 28 minutes d’écoute, il laisse l’auditeur un peu en suspension.
Gilles Blampain

McMannus BBB
Call me back

 

Genre musical: Boogie
Compositions: 10 sur 10
Livret : Simple et classe
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : WWW.MCMANNUSBOOGIEBLUESBAND.OVER-BLOG.COM

Pas sûr que cet album soit facile à dénicher, mais il vaut les efforts de la quête. C'est le genre de découverte qu'on joue en boucle dans les mange-disques et les autoradios. Les lascars de McMannus font un peu de blues et beaucoup de boogie, avec une crédulité plus houserockante que blues-rock. Rien de très original dans les tournures, les McMannus sont… classiques, mais le style est le vecteur naturel de leur personnalité, jamais une pose et encore moins une dévotion. Chez McMannus, tous les musiciens sont des cadors très inflammables, s'en remettant à leur instinct comme une boussole infaillible, ne sacrifiant pas une étincelle d'énergie au rabâchage, chacun exultant pour les autres, dans l'utopie d'un groupe soudé qui court comme un seul homme. Même le mixage est bourré de feeling dans la façon d'introduire les instruments et de mettre les titres en scène. Des galops serrés et enthousiastes, un long marathon de boogie à la respiration impeccable, sans un poil de mégalomanie ('Wake Up Late'), et un final gospéloïde rigolo en forme de prêche, holler funk au message dérisoire et vital ('Give Some Boogie To All People'). Leurs références sont innombrables et parfaitement transcendées. S'il fallait n'en citer qu'une, 'Biker Boogie' trahirait une certaine inclination pour Canned Heat. Mais qui sont-ils à la fin ? Paul Mayan (alias McMannus) : basse et chant, Eric Berger : batterie, Christian Piton : harmonica, Jean-Luc di Coztanso : claviers, et Thierry Saunier : guitare. Le groupe gravite autour de Draguignan, l'album a été enregistré à Salernes, séjour d'un musicologue d'excellente mémoire nommé André Fanelli, que le groupe présente comme son "sixième homme", son éminence grise…
Christian Casoni

Malted Milk
Get some

 

Genre musical: Soul
Compositions: 8 sur 10
Livret : Super (normal, c'est Dixiefrog)
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Avec ses explosions de joie, ses lenteurs musclées et sa nostalgie des Trente Glorieuses, la soul est un excellent remontant contre les coups de calgon de la crise. Malted Milk fut d’abord un duo dobro-harmo qui s’affûtait sur le Delta, puis il se multiplia autour des amplis en remontant vers Chicago, et continua de dérouler le fil de l’histoire et de ses fantasmes musicaux en prenant un crochet par Memphis. Là, l’attendait un destin dans la soul. Il y a deux ans, l’album au titre explicite Sweet Soul Blues annonçait un virage. Get Some installe maintenant les Nantais dans leurs nouveaux meubles. Depuis le départ, le centre de gravité du groupe s’appelle Arnaud Fradin. Il a sillonné le ghetto français du blues en long, en large et en travers, fait l’affiche de tous les festivals, et la tapisserie de tous les rades qui fournissent les heures de l’intermittence, il a fini par faire de Malted Milk une marque. Le line-up a bougé depuis deux ans, mais la marque a gagné en éclat et en notoriété. Sur la route comme en studio, neuf musiciens poussent une soul de rêve avec orgue Hammond, saxos, trompette, trombone, choristes, wah-wah et la grosse basse humide qui chuinte, une utopie spontanée, compacte et sentimentale que le blues de Fradin traverse par capillarité, dans les surpiqûres d’une guitare brûlante. Ils ont enregistré l’album au plus près du live, ils reprennent deux titres d’un soulster contemporain qu’ils doivent être les seuls à connaître, Kevin Warren Davis, ils sont parfaits, puissants et mélodieux, ils parlent d’amour avec un dédain affecté du triple A, et ça fait un bien fou.
Christian Casoni

Otis Taylor's
Contraband

 

Genre musical: Taylor made
Compositions: 14 sur 14
Livret : Sobre avec portrait de groupe
Label : TELARC
Distributeur : SOCADISC

Toujours novateur, Otis Taylor livre encore un disque très personnel aux sonorités très variées dans lequel guitare acoustique, cornet, banjo, pedal steel guitar, djembé, orgue, violon se marient pour le meilleur. Lignes de basses lancinantes ou rythmes syncopés, cris ou chuchotements, rien n’est fade. Et bien sûr cette voix profonde qui prend des intonations tour à tour tendres ou coléreuses. Il y également cette transe qu’on retrouve souvent chez Taylor, mais il y aussi des moments plus apaisés et de superbes envolées. S’il mêle différents styles au gré des titres, cet enregistrement est superbe d’un bout à l’autre. Ce nouvel album traite bien sûr de thèmes qui sont chers à l’artiste, l’amour, l’injustice, la guerre. Le titre vient d’un article paru dans Preservation Magazine qui parlait des esclaves fugitifs durant la guerre de Sécession. Connus sous le nom de ‘Contraband’, ces derniers vivaient dans des camps où les conditions étaient souvent pires que la vie sur les plantations qu’ils avaient fuies. Mais au-delà du sort des esclaves Otis Taylor chante les joies et les tourments de l’humanité.
Gilles Blampain

Sharon Lewis & Texas Fire
The real deal

 

Genre musical: Chicago Blues, Soul
Compositions: 8 sur 13
Livret : Simple
Label : DELMARK
Distributeur : SOCADISC

Cet enregistrement navigue entre Chicago blues, soul et rythmes funkysants. Native de Forth Worth, Texas, Sharon Lewis est dotée d'un organe puissant et d'un grain de voix agréable, toujours en phase avec ses musiciens. Après un morceau assez banal ‘What's Really Goin'On ?’, place au rhythm & blues pour le deuxième morceau ‘The Real Deal’». La voix de tigresse soul et les cuivres se marient parfaitement sur ce titre. Le disque comprend 5 reprises, notamment ‘Crazy Love’ de Van Morrison. L'harmonica de ‘Blues Train’ séduira les amateurs. Sharon Lewis & Texas Fire semblent être un parfait groupe de scène, jouant carré avec plein de bonnes vibrations. On le ressent parfois sur cet album, malgré une production un peu dépassée sur certains titres. C'est le disque de l'apéritif...
Nicolas Miliani