blues again en-tete
09/21
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Portrait: LIL GREEN Interview: SWEET SCARLETT Dossier: BLAXPLOITATION
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

FEVRIER 2021

Alice Cooper
Detroit Stories

Genre musical: Rock'n'roll   
Label : VERYCORD
Distributeur :
VERYCORD

Drôle d’idée de démarrer un pèlerinage à Detroit par une reprise en taloche majeure du Velvet (‘Rock & Roll’), avec Joe Bonamassa venu faire l’appoint. Car le 21e album d’Alice Cooper se situe à Motor City. Le faune lubrique aux dents factices revient dans la ville de ses premières victoires, la seule à l’époque qui ne lapidait pas les freaks dans son genre. Dans l’ensemble Alice a respecté le terroir : Wayne Kramer, le batteur Johnny Badanjek (quelle castagne), le bassiste Paul Randolph, les Motor City Horns, ou respecté la mémoire : le producteur Bob Ezrin, ou les trois transfuges du Alice Cooper Group pour un titre, ‘Social Debris’, l’une des deux déceptions de l’album. Restent treize titres super-velus. Le kamikaze aux yeux fendus déboule pied au plancher, dans une voiture-bélier dont les freins ne lui ont pas semblé utiles. A 72 ans, Alice balance un rut de jeune marié, social, frontal, carré, avec une étonnante voix toute de muscles et de nerfs. Est-ce qu’à cet âge-là on détèle des galops hard rockab comme ‘Go Man Go’ ou ‘Independence Dave’ ? Eh, ‘Hail Mary’ ne vous rappelle rien ? ‘Too Drunk To Fuck’… Alice n’oublie pas de monter ses refrains avec une grandiloquence racoleuse. En fait, cette rouerie est un gage de salut. Ce détachement a toujours démarqué l’homme Vincent de sa créature Alice, et le laisse déclencher une furie d’ancien combattant sans jamais avoir l’air d’un vieux bouc nostalgique. Et sur Detroit Stories, on aurait plus affaire à l’homme, un survivant du green aux dents trop blanches, qu’à sa créature, la Zizi Jeanmaire d’Halloween. « Me and Iggy were giggin’ with Ziggy, and kickin’ with MC5 ». Fantastique !
Christian Casoni

Amaury Faivre
2020

Genre musical: Country blues, folk
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
www.amauryfaivre.com/albums.html#!/     

Tout est dans le titre de l’album, car c’est enfermé seul dans son studio un peu contraint par cette année particulière qu’Amaury Faivre, chant, guitare, dobro, mandoline, banjo et harmonica a enregistré ce disque entièrement acoustique. Le travail sur le son est impeccable. Jeune artiste bien inscrit dans son époque il se dit néanmoins inspiré par les pionniers du blues qui se baladaient il y a bien longtemps entre Nashville et Baton Rouge. Musicien globetrotteur il entend concilier la liberté du jazz et l’émotion du blues. Il signe les 11 compositions de cet ouvrage allègre et plaisant et débute par un bref instrumental enjoué à l’harmonica, ‘Amuse-Bouche’,pour le terminer sur une autre pièce sans voix, ‘Watch Her Sleep’, qui laisse entendre une guitare et un harmonica un brin nostalgique. Entre ces deux titres les 9 autres morceaux qui naviguent entre country-blues et folk sont de belle facture tant au niveau de la conception que de l’exécution mettant en valeur un beau jeu de fingerpicking. Rythme sautillant, joyeuse envolée ou ambiance teintée de mélancolie, huit chansons sont en anglais, une seule est interprétée en français, ‘Invité A Danser’, et quelle que soit la langue les mots épousent harmonieusement le tempo des notes. Il y a un réel charme dans cet enregistrement qui s’écoute vraiment avec beaucoup de plaisir.
Gilles Blampain

Amy Winehouse
The Collection

Genre musical: Soul, rhythm'n'blues 
Label : UNIVERSAL
Distributeur :
UNIVERSAL MUSIC     

On ne va pas revenir sur le gâchis que fut sa triste existence, ou tartiner une fois de plus sur la disparition de la-dernière-icône-en-date. Ni se demander dans quelle mesure ses démons intérieurs ont pu magnifier son talent, ce qui de toute façon n'apporterait aucune réponse définitive. Contentons-nous de découvrir ce beau coffret, qui nous renvoie à l'essentiel, la musique, et c'est bien ce qui compte aujourd'hui. Voici rassemblés les deux albums parus du vivant d'Amy Winehouse, le posthume Lioness : Hidden Treasures, ainsi qu'un album live, et un autre de remixes en tous genres. Le premier opus, Frank, paru en 2003, pétri d'influences jazz, est encore loin d'être parfait - Amy n'en sera jamais complètement satisfaite - mais sa voix, son charisme, sa sensibilité exacerbée la font remarquer aussitôt, et déjà, les comparaisons les plus flatteuses abondent. Mais c'est évidemment avec le chef d'œuvre Back To Black que le mythe va exploser, dans tous les sens du terme. On a tout dit sur cet album parfait, les standards immédiats, la production de Mark Ronson, l'interprétation sublime. Et on connaît la suite, les excès, les relations tumultueuses, la traque des paparazzi, qui ne sont pas pour rien dans la chute, Puis cet album posthume, qu'avec le recul on découvre meilleur qu'on a pu le prétendre à l'époque, même s'il fait un peu office de fourre-tout (titres inédits, reprises - 'The Girl From Ipanema', 'Body And Soul'... versions alternatives - 'Valerie'... raretés). Pour compléter le tout, un live enregistré en 2002 au Sheperd's Bush Empire de Londres, excellent concert où la chanteuse est encore en possession de tous ses moyens, et enfin un album de remixes. Indispensable à toute discothèque digne de ce nom, comme on dit, sachant que les complétistes peuvent également se procurer le 12X5, qui compile les singles de la diva fracassée.
Marc Jansen

Colosseum
Transmissions – Live At The BBC

Genre musical: Jazz-rock progressif
Label : REPERTOIRE RECORDS
Distributeur :
REPERTOIRE RECORDS     

On mésestime énormément la scène jazz anglaise. Au même titre que le blues, sa mutation vers le rock ouvrit des horizons immenses à la musique pop britannique. En 1968, le batteur Jon Hiseman et le saxophoniste Dick Heckstall-Smith décident de former un groupe à eux. Ils ne sont pas des nouveaux venus. Le premier a été musicien de jazz semi-professionnel, le second a été membre permanent du Graham Bond Organisation, et est connu pour jouer du double saxophone comme Rahsaan Roland Kirk. Hiseman remplaça Ginger Baker dans ce dernier groupe, parti fondé Cream en 1966. Une fois l'aventure terminée, les deux créent Colosseum. La formation se stabilise avec l'arrivée de Tony Reeves à la basse, James Litherland à la guitare et Dave Greenslade aux claviers. Ce petit monde participe à l'album Bare Wires de John Mayall, avant d'enregistrer un premier album fondateur : Those Who Are About To Die Salute You en mars 1969. Valentyne Suite est capté la même année, la formation est en pleine mutation. Le guitariste James Litherland est remplacé par Clem Clempson, ex-Bakerloo, et Reeves par Mark Clarke. Ils sont rejoints quelques mois plus tard par le chanteur Chris Farlowe. Ce coffret réunit l'ensemble des sessions à la BBC de Colosseum de ses débuts en tant que groupe en janvier 1969 à sa séparation fin 1971. La formation est d'abord considérée comme un groupe de jazz, avant d'entrer de plain-pied dans le monde du rock en participant aux sessions de John Peel. Dès ses débuts, la musique de Colosseum est riche, mais l'arrivée de Clarke et Clempson oriente les concerts vers davantage d'improvisations aux teintes bleues. Colosseum n'aura qu'un succès d'estime, il sera surtout connu pour ses prestations en direct flamboyantes, traversant régulièrement l'Atlantique. L'ensemble des sessions sont passionnantes, dévoilant toute l'inventivité live de l'orchestre. Colosseum fut ainsi un de ces pionniers du rock dit progressif, mêlant habilement jazz, blues, rock, virtuosité, et inspiration du moment.
Julien Deléglise

Dave Thomas
One More Mile

Genre musical: Blues variés
Label : Blonde On Blonde
Distributeur :
CDBaby, Spotify, iTunes .

Vétéran du british blues boom, actif depuis la fin des années 60, Dave Thomas laisse entendre que One More Mile est le premier de trois albums dont les suivants verront le jour au cours des prochains mois. Il nous dit : « One More Mile, parce que cela ressemble vraiment au voyage de toute une vie que j’ai effectué. Et je joue de la musique depuis plus de 50 ans, donc l’étape est assez significative. Le matériel vient de trois périodes différentes, le thème commun est ma voix, les musiques sont de styles différents, mais elles s’accordent bien ». Cette production présente donc un mélange de compositions originales et de reprises en commençant par ‘It’s My Own Fault’ de BB King avec belle section de cuivres, orgue Hammond et où l’on apprécie le savoureux jeu de guitare de Dave Thomas. Vient ensuite 'One More Mile To Go ', hommage à James Cotton où l’artiste met en avant ses talents d’harmoniciste. Subtil brassage d’éléments modernes et traditionnels, groove soul-blues, cuivres funky ou ballades nostalgiques, cet enregistrement aligne 10 titres assez variés mais tous exécutés avec brio pour se terminer par trois compostions de choix signées Tony McPhee des Groundhogs, ‘Garden’, ‘Eccentric Man’ et ‘Strange Town’.
Gilles Blampain  

Delvon Lamarr Organ Trio
I Told You So

Genre musical: Funk et pop jazzy
Label : COLEMINE
Distributeur :
MODULOR     

Tiens ? Un disque de funk instrumental… Enfin, le funk c’est surtout dans les premières plages. Quand ça n’est pas du funk, c’est ce que la feuille de présentation appelle de la « feel good music », ce jazz pop sixties qui s’articule autour de l’orgue Hammond. Delvon Lamarr pilote justement l’instrument. C’est un maître de la nappe pneumatique qu’il peut charger d’une raucité agressive, et dilater ses séquences d’un seul accord, long et vrombissant, jusqu’à deux fois la volumétrie de l’orchestre. Funk, jazz… il ne faut pas se laisser impressionner par la technicité supposée, ou la froideur, qu’induisent ces deux termes. Cet album coloré, enjoué et turbulent ne demande pas une oreille exercée, et s’écoute très facilement. On y trouve même quelques slows instrumentaux très prenants comme ‘From The Streets’ ou ‘Careless Whisper’. Ce titre sera l’unique reprise de l’album et tout le monde le connaît, c’était un gros tube de George Michael. Comme quoi, l’humour n’est jamais laissé pour compte. L’humour, pas la dérision. Le trio, le prétendu trio (beaucoup de groupes ont du mal avec l’arithmétique depuis Louis Jordan), est repéré du côté de Seattle. Quand on affirme qu’ils déméngent tous autant qu’ils sont, l’orgue, la section rythmique et la guitare, ce n’est bien sûr pas d’immobilier que nous parlons.
Christian Casoni

Floo Flash
Moderne

Genre musical: Rock haute énergie
Label : SIMPLEX RECORDS
Distributeur :
SIMPLEX RECORDS     

Simplex Records continue ses recherches archéologiques dans le rock lyonnais, et vient de remonter à la surface et du fond des âges une excellente formation au destin hélas maudit : Floo Flash. A la fin de l'année 1977, le bassiste Denis Bourboulon et le batteur Pierre Schussler dit Schuss fonde un trio sur les pas de Bijou, qu'ils nomment Diamant, puis Dyalix. Floo Flash prend forme avec l'arrivée du guitariste Hervé Paul et du chanteur Jean-Luc Mangold en 1980. Le timing est déjà mauvais, car l'explosion de la seconde vague du rock français est belle et bien terminée. La formation originale de Little Bob Story n'est déjà plus, les copains de Ganafoul ont toutes les peines à survivre après trois excellents albums, et Starshooter a, lui, laissé le punk pour une new wave plus en phase avec l'époque. Seuls les groupes signés sur des majors ont de l'avenir : Océan, Téléphone, Trust. Floo Flash tient pourtant la dragée haute aux meilleurs lors de premières parties mythiques : U2, Dogs… ou de concerts parisiens remarqués : Rose Bonbon, Gibus, Bains Douches. Leur mixture habile de Bijou, Dogs, et Jam fait des merveilles. Un maxi est distribué par New Rose fin 1982, Mon Epoque, puis la perspective d'un contrat avec la major Polydor se dessine en 1985. Des sessions ont lieu pour un album, mais seul un single sort en 1986, au son très commercial, et sous le nom d'Equateur. Floo Flash jette alors l'éponge face à la malédiction. Moderne réunit les sessions inédites pour Polydor en 1985, ainsi que des titres en live de 1982. On y découvre toute la force du groupe, sa classe folle, une musique élégante et nerveuse, à côté de laquelle, une fois encore, le monde du rock français est passé.
Julien Deléglise

Grant Maua
Awa Blues

Genre musical: Soul blues
Label : DIXIEFROG
Distributeur :
PIAS     

Il vient des antipodes et prouve s’il en était encore besoin que le blues est universel. Il a sorti son premier album solo Knucklehead en 2010. Après les scènes de divers festivals en Nouvelle Zélande et en Australie c’est en Louisiane en 2016 qu’il a conquis un nouveau public enthousiaste. Grant Haua néo-zélandais d’origine maori possède un timbre de voix rocailleux et un jeu de guitare lumineux qui peut l’inscrire dans la lignée de Ritchie Havens, Taj Mahal ou Ben Harper. Son blues mâtiné de soul intègre des accents de sa terre natale. Il dit à propos de son enregistrement : « Sur le dernier album, toutes les chansons étaient des premières prises. Je jouais deux fois, puis enregistrerais la troisième. Pas d'overdubs. Ce serait la dernière prise. C'était le kaupapa (plan) de cet album en particulier. Cela a bien fonctionné parce qu'avec cette approche, il y a une honnêteté brute et réelle dans les chansons que les gens peuvent entendre, ce qui rend les chansons faciles à comprendre ». Il signe seul ou en collaboration avec Tim Julian les 12 chansons de l’album et est accompagné sur la plupart des titres par Tim Julian (claviers, shakers, basse), Grant Bullot (harmonica) et Jesse Colbert (contrebasse) et on peut noter la participation de Fred Chapellier sur ‘This Is The Place’ et de Neal Black sur ‘Addiction’. Une production de très belle facture qui sort du lot.
Gilles Blampain

Group Sounds Four & Five
Black & White Raga

Genre musical: Jazz anglais 
Label : JAZZ IN BRITAIN
Distributeur :
JAZZ IN BRITAIN     

Jazz In Britain est en train de s'imposer comme le label qui fait revivre l'héritage du jazz en Grande-Bretagne. Parmi ses plus beaux travaux, l'exhumation de bandes live, notamment captées par la BBC (Tubby Hayes, Ray Russell Quartet…). C'est que dans les années 60, le blues et le jazz faisait jeu égal dans les petits clubs branchés londoniens. La frontière était d'ailleurs parfois assez mince, des musiciens de rhythm'n'blues pouvant également intégrés des orchestres de jazz. Le Graham Bond Organization fut de ces groupes dont les membres étaient multi-cartes, et John Mayall, avec son album Bare Wires en 1968, avait révélé que le blues et le jazz avait beaucoup en commun. La communauté de musiciens était également réduite à une poignée d'instrumentistes qui se connaissaient tous très biens. Lorsque le trompettiste Henry Lowther et le saxophoniste Lyn Dobson décident de fonder leur quintet nommé Group Sounds Five, ils ont un engagement dans un bar de Westbourne Grove à Londres nommé L'Escarpolette. Se côtoient dans l'établissement des jeunes acteurs en devenir comme des musiciens tels que Alexis Korner et Graham Bond, qui habitent le quartier. Il n'est pas étonnant de voir Jon Hiseman, futur Colosseum, prendre les baguettes du Group Sounds Five. La formation est complétée par Ken McCarthy au piano et Ron Rubin à la contrebasse. C'est ce quintet que l'on retrouve sur la session du BBC Jazz Club de novembre 1965. La seconde, sept mois plus tard, sera en quartet, d'où le nom Group Sounds Four. Rubin et McCarthy sont partis. La contrebasse est jouée par Jack Bruce, qui ne va pas tarder à rejoindre Cream. Le jazz proposé est très influencé par Miles Davis et John Coltrane, avec des écarts free que l'on retrouve chez d'autres musiciens fameux de la scène anglaise comme John Surman ou Mike Westbrooke. Pour qui aime le jazz modal dit post-bop, ce sera un ravissement de chaque instant, avec cette touche anglaise que l'on retrouvera chez les fondateurs du jazz-rock : Colosseum, Nucleus, Soft Machine, Lyn Dobson rejoignant ces derniers en 1969.
Julien Deléglise

Iggy and the Stooges
From KO To Chaos boxset

Genre musical: Proto-punk-rock 
Label : Skydog International
Distributeur :
Skydog International     

Marc Zermati est parti il y a quelques mois. A son actif, on peut notamment lui reconnaître la remise sur le marché de la musique des Stooges à l'orée du punk grâce au live Metallic KO. Les bandes, vendues par le guitariste James Williamson via le journaliste Nick Kent, auront permis aux jeunes anglais de découvrir tout le chaos d'un concert des Stooges en 1973-1974. La qualité sonore un peu limitée va même contribuer au mythe punk, la musique se devant de ne pas être trop clinquante, et les prestations bordéliques. Les Stooges ne le sont assurément pas, Iggy, les frères Asheton et James Williamson ayant une expérience de la scène de six longues années lorsque sort Raw Power. Ce beau coffret réédite Metallic KO dans sa version originale, ainsi que les deux enregistrements ayant servi à l'assemblage du disque, l'enregistrement de l'ultime set de 1974 étant le meilleur témoignage sonore de cette époque. Fort logiquement, l'album Telluric Chaos, live des Stooges reformé enregistré au Japon en 2004 et publié par Skydog, est aussi réédité ici. A cela s'ajoutent deux beaux CDs de face B de EP, de démos des Stooges de 1972, et autres raretés live captées entre 1977 à 1985 démontrant la facette rock d'un Iggy nageant entre punk et new wave. Un set acoustique de 1993 à Barcelone en CD et DVD permet de constater tout le talent à nu du parrain du punk devenu un homme concentré et plus en maîtrise de sa propre musique. Iggy Pop vient de sortir le très bon American Caesar, entre hard-rock et blues. Ce beau coffret est le testament stoogien de Zermati.
Julien Deléglise

King King
Maverick

Genre musical: Rock 
Label : Channel 9 music
Distributeur :
kingking.tmstor.es/     

C'est toujours Alan Nimmo, guitariste chanteur à la carrure de jovial rugbyman et au charisme irrésistible, qui est aux commandes de King King pour nous proposer un cinquième album. Cette formation écossaise (Glasgow) a été présentée par certains médias comme étant le meilleur groupe de blues-rock au monde. Je trouve que l’on est plus au rayon rock, voire hard rock façon Meat Loaf, Boston, Survivor ou tout autre formation de ce type qui aurait sévi durant les années soixante-dix/quatre-vingts. La manière d’arranger les morceaux, la production y sont pour beaucoup car les angles sont un peu plus arrondis, le matériau est moins brut ce qui donne une différence de mordant en comparaison, par exemple, à leur album de 2013 Standing In The Shadow. Ceci étant, les musiciens sont de premier plan. John Dyke (orgue, piano), Zander Greenshields (basse), Andrew Scott (batterie) et Stevie Nimmo (guitare) qui est venu donner un coup de main à son frère comme à l’époque furieuse des Nimmo Brothers. C’est sur scène, surtout, où l’on pourra apprécier toute la réelle générosité de King King sur ces titres, cet album où le rapide alterne avec le lent, étant un travail de studio un peu trop peaufiné, parfait, un peu trop propre à mon goût, mais restant un bon album. Cette évolution est elle une prise de risque qui justifie le nom de l’album ? La question reste ouverte, à vous de juger.
César

Marlow Rider
First Ride

Genre musical: Heavy blues pub-rockabilly garage 
Label : Rock Paradise Records
Distributeur :
Differ-Ant     

Il y a quelques années Rock Paradise, un label versé dans le rockab, sortait Tony Marlow, Anthologie 1978-2018, un double album qui récapitule la carrière de notre homme Tony, chanteur, compositeur, guitariste et batteur, à travers les groupes qui l’ont buriné : Rocking Rebels, Tony Marlow Et Les Privés, Betty & The Bops, K’Ptain Kidd… Tout ça pour dire qu’après six Olympia et les premières parties de Carl Perkins, Stray Cats ou Mink DeVille, Tony a eu le temps d’en concasser du boogie en quarante ans. Quand il monte sa règle de trois du rock’n’roll avec deux potes, eux-mêmes richement blasonnés, le contrebassiste Amine Leroy et le batteur Fred Kolinski, on s’attendrait à ce que le premier disque des Marlow Rider sente la gomina et les pneus à flancs blancs. Le démenti est asséné dès la première plage : ‘Debout’, c’est ‘Black Dog’ joué par les Seeds dans un slap de contrebasse, avec des paroles redneck, un peu l’écho de la voix de Dicks Rivers dans le chant, production Vic Maile ou quasi ! Heavy blues pub-rockabilly garage en prise live, roule libre, et la mélodie du V8 sous un turbo bricolé d’enfer. Plus inattendu : le fil rouge s’appelle Jimi Hendrix. On a ‘Purple Haze’ (‘Vapeur Mauve’), ‘Hey Joe’ (qui ne devrait jamais sonner autrement qu’ils ne la font sonner), ‘Jimi Freedom’… et cette moto sur la pochette. La plaque est immatriculée 15 10 66. C’est une date. Ce soir-là, entre Long Chris et Johnny Hallyday, Jimi Hendrix investissait la scène de l’Hôtel de Ville de Villerupt, un patelin de Meurthe-et-Moselle. Pourquoi cette date précisément ? Un début de réponse dans ‘Juste Une Autre Chanson D’Amour’…
Christian Casoni

Randy Casey
Record Time

Genre musical: Blues, folk 
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
https://randycasey1.bandcamp.com/releases

Cet album est du Randy Casey pur jus. Pour ces onze chansons, on navigue entre blues et folk avec de beaux textes tous écrits composés et interprétés par le susnommé le tout enregistré en moins de vingt-quatre heures… mais sans précipitation et avec application, comme il se doit. La cerise sur le gâteau étant que Randy reverse la moitié des gains réalisés avec cet album à l’Equal Justice Initiative (https://eji.org/about/). Respect monsieur Casey. Cette fois-ci, c’est juste un homme et ses guitares plus un peu de batterie que l’on écoute sur ce neuvième album où aucun autre musicien n’est venu prêter main forte. Pas d’effets spéciaux non plus, les chansons sont basées sur les textes et les mélodies. Les amateurs de ballades seront satisfaits avec ‘Deep End’, ‘Sleep’, ‘Teach Me To Fall Down’, on y trouve aussi un titre instrumental où Randy joue pas mal sur les harmoniques ‘Graceland Kiss’. Il n’y a qu’un guitariste, certes, mais les guitares sont nombreuses, acoustique, dobro, électrique, slide… Le type est doué pour les manier et il en ressort un état de tranquillité même quand on tape du pied avec ‘I Got Lucky’ ou même ‘Dead Wrong’ dont on pourrait croire qu’il s’agit de Roy Rogers. Un disque à écouter en boucle pour s’évader par l’esprit et de belle manière en ces périodes de confinement.
César

Rocket 88 & The Rockettes
Chapter 1

Genre musical: Fusion bluesoulrock…
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
Amazon, Spotify, Deezer, iTunes     

Les précédents albums du band Tulane Avenue (2003) et One Footed Cockroach Stomp (2009) étaient essentiellement composés de reprises de standards américains du blues régénérés de belles manière. Après un long silence les Suédois de Rocket 88 & The Rockettes reviennent avec une nouvelle distribution des rôles, Jim à la guitare, Django Tango à la guitare et au chant, Lee à la basse, Jonas à la batterie, Anna et Madame au chant. Cependant la nouveauté ne vient pas que du changement de personnes, en 2020 le groupe, sans renier ses influences, a commencé à écrire, produire et lancer une musique originale qui, comme les intéressés le disent, n’est ni blues, ni rock, ni soul, ni rhythm’n’blues, mais une fusion de tous ces genres. Et le résultat est plutôt agréable à l’oreille. Un son moelleux mais avec un zeste de mordant et un trait de pop de bon aloi qui entremêle élégamment finesse et entrain. L’ensemble est bien charpenté et adroitement équilibré et le duo de voix féminines qui a par moments un côté pétillant ne manque pas de souffle. On se laisse bercer avec plaisir d’un titre à l’autre. Voilà donc 6 compositions d’une redoutable efficacité qui ne manquent pas de relief et qui distillent de bonnes vibrations.
Gilles Blampain

Samsara Blues Experiment
End Of Forever

Genre musical: Stoner-metal bluesy
Label :
Electric Magic Records
Distributeur :
Bandcamp     

Sorti à la cheville entre 2020 et 2021, dix-huit mois de chaos humain mondial absolument indescriptibles plus tard, cet album a peut-être le titre le plus approprié du moment. Si l'état de la scène artistique fait désespérément mal au cœur partout dans le monde, celui de Samsara Blues Experiment (SBE) est un magnifique gâchis. En 2008, le guitariste-chanteur Christian Peters fonde à Berlin un quatuor stoner dans la lignée de son précédent trio Terraplane. Il recrute trois fidèles lieutenants : Hans Eiselt à la guitare rythmique, Thomas Vedder à la batterie, et Richard Behrens à la basse. Charismatique et doué, le quatuor publie un premier album en 2010, Long Distance Trip, absolument fantastique. Ces hommes sont l'un des espoirs phares du rock des années 2010 avec Kadavar et Colour Haze.
La scène allemande bouillonne d'excellents groupes heavy et psyché inventifs et passionnants, et SBE est assurément l'un de leurs fers de lance. Le set à l'émission Rockpalast en 2013 scelle ce qui doit être la destinée du quartet : ils sont prêts pour conquérir le monde. Mais la vie est une garce. Il n'y aura rien. L'album suivant, Waiting For The Flood, est une stèle indépassable de heavy-rock moderne, inventif et sans aucune contrainte commerciale. Ces quatre-là sont libres, et ce nouvel album est un jalon supplémentaire dans leur odyssée sonore, en constante progression. Le concert du Glazart à Paris la même année, leur unique set en France, sera une expérience impressionnante. Quatre mecs de Berlin ravivent la flamme, et carbonisent cinq cents personnes, dont de nombreux gamins. Ils ont scellé tout le bien que je pensais d'eux. Et puis ce fut la panade. Richard Berhens décida de se concentrer à son groupe nommé Heat, excellente formation dont le premier album fut par ailleurs publié par Electric Magic, le label … Christian Peters. Ce départ fut comme une amputation. SBE refusa le remplacement. Eiselt prit la basse, et Peters se chargea de toutes les guitares. Il y eut un peu de flottement lors de la sortie de l'album One With The Universe. Etait-il à la hauteur ? Oui, il l'était. Mais malgré les dates américaines, quelque chose était cassé.
Christian Peters s'est depuis consacré à la méditation bouddhiste, et à la musique expérimentale allemande des années 70. Ce retrait intellectuel était sans doute nécessaire face à son propre échec, mais il lui fut sans doute aussi fort utile lorsqu’apparut la pandémie infernale. Car il en faut, de la méditation, pour avaler les couleuvres de l'abandon des scènes culturelles. End Of Forever est une magnifique surprise, parce que ce disque ressuscite un groupe immense. Toujours en trio, SBE fait parler la poudre, comme avant, comme toujours. Les expérimentations de claviers psychédéliques de Peters ont alimenté l'album. On y trouve de merveilleuses partitions de mellotron, d'orgue Hammond et de synthétiseurs B3. Mais les guitares sont toujours là, la rythmique épaisse de Eiselt et de Vedder toujours en place. End Of Forever est effectivement un album avec des claviers. Mais la fureur des premiers albums de SBE et toujours là. Et le climat lugubre qui règne sur les compositions ressemble incontestablement au King Crimson de Red. Peters avait survécu à l'enfer de sa déconvenue, puis à la déchéance de la société toute entière. Ce qui le conduisit à un disque riche et détaché de biens des enfers mentaux du moment. Merci infiniment, Christian.
Julien Deléglise

Satan
Early Rituals

Genre musical: New Wave Of British Heavy-Metal
Label : Listenable Records
Distributeur :
Listenable Records     

Curieuse destinée que celle de Satan. Formation de heavy-metal culte notamment grâce à son premier album Court In The Act de 1983, elle entra de plain-pied dans la légende de la NWOBHM (New Wave Of British Heavy-Metal) parmi les grands noms de cette vague : Iron Maiden, Saxon, Def Leppard, Raven, Samson… Comme beaucoup de très bons groupes, Satan fera partie de la seconde division, de ceux qui brilleront musicalement, mais n'arriveront pas à percer commercialement. En 1983 arrive des Etats-Unis le Thrash-Metal, qui puise largement dans la NWOBHM, fusionnant heavy-metal et punk. Satan se renomme Blind Fury en 1985, avant de redevenir Satan en 1987, puis Pariah entre 1988 et 1990. Puis c'est la séparation. Le groupe retente l'aventure trente ans après Court In The Act, sous leur formation la plus légendaire : les guitaristes Russ Tippins et Steve Ramsey, le bassiste Graeme English, le batteur Sean Taylor, et le chanteur Brian Ross. Coup de théâtre : leur nouvel album Life Sentence est un succès sur le continent américain, Nord comme Sud. Satan connaît alors une consécration qu'il n'attendait plus. Early Rituals est un disque historique, car il réunit trois démos disparues de Satan de 1981, 1982 et 1986. On y découvre les débuts du groupe, entre heavy-metal et punk, une musique brute et sans fioriture, celle qui animait les clubs des villes industrielles de Grande-Bretagne, de Nottingham à Sheffield au début des années 80. Les compositions sont déjà toutes originales, avec une volonté de créer un heavy-metal ésotérique et menaçant. Ramsey et Tippins se complètent à merveille. « Kiss Of Death », « Trial By Fire », « Blades Of Steel », « Pull The Trigger »… sont de véritables classiques du heavy-metal, offerts dans leurs versions les plus brutes et les plus radicales.
Julien Deléglise

Skylar Rogers
Firebreather

Genre musical: Soul rockin' blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
iTunes, Spotify, Amazon     

Nouvelle venue dans la lignée de Koko Taylor, Etta James ou Tina Turner, après un premier enregistrement en 2018, Skylar Rogers originaire de Chicago a souhaité renouveler l’expérience après sa tournée de 2019. Chanteuse passionnée et énergique elle va certainement se placer dans le peloton de tête des artistes qui vont marquer les années à venir. Elle possède ce mélange de puissance sauvage et de tendresse retenue qui provoque le frisson intense grâce à une interprétation forte, chaleureuse et sensuelle. Son band, The Blue Diamonds, qui assure avec classe et feeling, est composé de Pete Zimmer aux claviers, Steven J. Hill et Marty Gibson aux guitares, Jerry Ewing à la basse et ‘Disco Fuzz’ Bradley Arl à la batterie. Et c’est avec une rythmique puissante, des riffs de guitare étincelants et un Hammond B3 tour à tour aérien ou profond que le chant est mis en valeur. Skylar Rogers signe en collaboration les 10 chansons de cette production enregistrée au studio Sawhorse à St Louis, Missouri. Charriant une force émotionnelle incontestable son soul rockin’ blues emporte tout sur son passage. Le mot qui s’impose est dynamisme. Il en résulte un album fougueux et brûlant sans aucun temps mort qui s’écoute avec un réel plaisir et qui laisse deviner que l’artiste a un potentiel dont on n’a pas encore fait le tour.
Gilles Blampain

The Kills
Little Bastards

Genre musical: Indie rock
Label : DOMINO
Distributeur :
Domino Recording Company     

Parmi les groupes apparus en ce début de 21ème siècle, les Kills figurent sans conteste parmi les plus pertinents. Jamie Hince (le beau gosse aux coupes de cheveux taillées au sécateur) et Alison Mosshart la féline proposent depuis bientôt vingt ans un rock lo-fi, minimaliste mais sans cesse renouvelé. Leur dernier album Ash & Ice, qui date déjà de 2016 était, il est vrai, un peu décevant, et après un tel silence (en tant que duo, s'entend, la troublante Alison s'est tout de même montrée fort active, notamment au sein de Dead Weather) on est en droit de craindre une sérieuse baisse d'inspiration. Autant dire que cette compilation de singles - faces B comprises - inédits et autres reprises, datés de la première décennie, arrive donc à point nommé. Bien souvent ce genre d'entreprise ne fournit que des fonds de tiroir, mais manifestement ce n'est pas le cas ici. Aucun des titres présents ne déparerait leurs albums. Si les inédits proposés aujourd'hui n'y ont pas trouvé place, c'est tout simplement parce que leurs géniteurs estimaient qu'ils ne s'intégraient pas parfaitement à l'ensemble, ou qu'ils n'étaient pas totalement achevés (qu'ils aient été retravaillés ou nom, on ne peut pas dire que ça saute aux oreilles aujourd'hui !). Des petits bâtards donc - c'est le nom de leurs boîtes à rythme successives - qui presque tous figurent parmi ce qu'ils ont proposé de mieux. Vingt titres, plus d'une heure de musique, qui prouvent aussi qu'il ne faut surtout pas les réduire à un duo garage, et rappellent que le couple guitare/voix peut se montrer torride, en dépit de l'aspect synthétique. Décharges électriques (‘ Superpowerless', 'Run Home Slow', 'The Void'...), titres lancinants ('Kiss The Wrong Side', 'Raise Me'), même du blues déviant ('Forty Four') et une terrible reprise ( 'I Put A Spell On You'), cet album ne présente décidément aucun déchet.
Marc Jansen

Trevor B. Power
What Is Real


Genre musical: Blues-rock
Label : Farm 189 records
Distributeur : Amazon, Spotify, iTunes

Trevor B. Power, chant, guitare et harmonica, joue un mélange musclé de rock'n'roll puissant et dynamique imprégné de blues et de soul. Un son accrocheur et profond. Ce n’est pas un débutant, ça fait près de 25 ans qu’il roule sa bosse dans le business de la musique. Le dossier de presse le résume très bien : « Trevor B. Power, musicien du New Jersey, rejoint des artistes comme Bruce Springsteen, Bob Dylan, Johnny Cash et Joe Strummer, dont la musique reflète le monde qui nous entoure et brosse un portrait des luttes de gens ordinaires qui tentent de gagner leur vie en des temps extraordinaires ». Après un premier album paru en 2019, ‘Everyday Angel’, il signe les 11 compositions de cette deuxième production abordant différents sujets, notamment celui qui préoccupe la terre entière actuellement, ‘Pandemic 2020’. Composé pendant le confinement ce titre fait entendre une guitare rageuse et une batterie puissante. C’est à la fois une célébration de l'esprit courageux du peuple américain et un réquisitoire contre la nature égoïste de la société de consommation qui a conduit à cette catastrophe. Fougueux, mordant, rock énervé, slide gémissante ou ballade sombre, Trevor B. Power ne manque pas de vitalité et peut toucher un large public. 
Gilles Blampain




Uriah Heep
50 Years In Rock

Genre musical: Hard-rock progressif
Label : Sanctuary Records
Distributeur : BMG

Les vétérans du rock disparaissent tous les uns après les autres, mais Uriah Heep est toujours là, cinquante ans après son premier album. Originellement nommé Spice, et fondé par le guitariste Mick Box et le chanteur David Byron, le groupe devient Uriah Heep avec l'arrivée de l'organiste Ken Hensley. Leur premier album, « Very 'Eavy...Very 'Umble » paraît en 1970, et s'attire les foudres de la critique. Melissa Mills de Rolling Stone écrit : « Si ce groupe réussit, je me suicide ». L'histoire ne dit pas si elle a franchi le pas, car Uriah Heep l'a fait, et va s'installer dans les classements européens et américains pour les quinze ans à venir. Stakhanovistes, Uriah Heep publie un album par an minimum, et développe un hard-rock à l'orgue goudronné dans la lignée de Deep Purple, avec un côté progressif plus prononcé, sous l'impulsion de Hensley, qui devient le compositeur principal. Look At Yourself, Demons And Wizards ou le double Uriah Heep Live de 1973 deviennent des classiques du genre. En 50 ans de carrière, il y a bien évidemment eu de nombreux rebondissements : le départ de Byron en 1976 pour cause d'alcoolisme et son remplacement par John Lawton, celui de Hensley en 1980, le repêchage au début des années 80 grâce à un hard-rock mélodique calibré pour les radios de fort bonne facture (Abominog, Equator), puis la stabilisation depuis le début des années 90, avec un retour au hard-rock entre mélodies et accents prog. A l'écoute de ces 23 CDs, il n'y en réalité pas grand-chose à jeter. La réputation de Uriah Heep est parfaitement fondée. Toujours à la limite du too much, que ce soit avec le vibrato de Byron, les envolées heroic-fantasy des paroles, l'usage parfois un peu forcé des synthétiseurs… Uriah Heep était et reste un bon groupe de hard-rock à la discographie copieuse, magnifiquement emballée dans ce beau coffret richement illustré.
Julien Deléglise

Veronica Lewis
You Ain't Unlucky

Genre musical: Rock, boogie  
Label : Blue Heart Records
Distributeur : Amazon, Spotify, iTunes

Son jeu de piano est décrit comme « ayant la puissance d'un orage d'été dans le Delta ». Elle a 17 ans et c’est son premier album. Native du New Hampshire elle fait revivre l’âge d’or des enregistrements Sun à Memphis. Entre rock’n’roll et boogie, cette jeunette pleine de vitalité ne manque pas de souffle. Elle joue donc du piano et chante d’une voix claire, forte et expressive, accompagnée par Mike Walsh à la batterie et Don Davis au saxophone. Une configuration de trio assez rare, mais bigrement efficace. Elle signe 6 compositions de son cru dont une « Ode To Jerry Lee », un instrumental de piano qu’elle a écrit pour le Killer, elle y ajoute une reprise de Louis Jordan, ‘Is You Is My Baby’ et rend hommage à l'une de ses inspiratrices, Katie Webster, avec une version revisitée de ‘Whoo Whee Sweet Daddy’. Très dynamique, Veronica Lewis s’inspire des sonorités venues des fifties pour créer son propre style en ayant la vertu d’être originale. C’est en quelque sorte un Back To The Future audio. Cet album distille une réelle fraîcheur et une belle énergie. Veronica Lewis révèle une vraie personnalité avec laquelle il faut désormais compter.
Gilles Blampain