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10/20
Chroniques CD du mois Interview: ALMANAK Livres & Publications
Portrait: W.C HANDY Interview: lee o'nell blues gang Dossier: FENDER STRATOCASTER
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

JANVIER 2013

Ben Harper & Charlie Musselwhite
Get Up !

Genre musical: Folk Polymorphe
Compositions: 10 sur 10
Livret : Prémature....
Label : STAX
Distributeur : UNIVERSAL

Comme il quitte Virgin et débute chez Stax, Ben prie Charlie Musselwhite, vieux héros de l'harmonica, de venir avec lui. Les deux hommes s’aiment bien depuis deux lustres, ils cherchent justement à le montrer dans un disque et Ben, de leur tailler cette cotte sur mesure pour deux. Puis il rencarde son groupe, le Relentless 7, dans ce studio de Los Angeles où se passe l’histoire : guitare, basse et batterie, Jason Mozersky, Jesse Ingalls et Jordan Richardson. La muse de Ben, qui a le verbe hargneux en ce moment, lui inspire cet album de caractère au folk tendancieux. Tendances blues (‘I’m In, I’m Out And I’m Gone’), blues-rock (‘Blood Side Out’), blues progressif (‘I Don’t Believe’), swamp (‘She Got Kick’), gospel (‘We Can’t End This Way’), soul (‘Found Another Lover’). Toutes tendances confondues, ce douzième album reste foncièrement folk, mûrement réfléchi, soigneusement écrit et mis en scène, très sophistiqué malgré son vernis rugueux, sous lequel un folk sans aucune bienveillance accueille l’ami Charlie. « Give a man hundred years, he’ll wanted hundred more/Give him a hundred choices, and he still chooses war. »Ben Harper penche plus pour la noirceur de Bob Dylan que pour les illusions légalistes de Ry Cooder. Comme toujours, Ben veut voir la main droite du diable, antimilitariste, gauchiste métaphysique, mais le diable n'a pas de main et pas de réponse à produire. Et, pendant qu’il réfléchit à tout ça, tantôt furibard, tantôt frappé de stupeur, parfois contemplatif mais jamais niais, le Relentless 7 joue la cognée ou bruine dans le lointain, et Charlie étale un bitume toxique qui verse plus d'angoisse que de musique.
Christian Casoni

Doghouse Sam & his Magnatones
Buddha blue

Genre musical: Blues (trio vitaminé)
Compositions: 12 sur 13
Livret : Digipack
Label : MUSIC AVENUE
Distributeur :
BLUES BOULEVARD

Un CD qui démarre sur les chapeaux de roues avec un morceau qui sent l’urgence et sur lequel le chanteur/guitariste/harmoniciste Doghouse Sam termine en transe totale annonce un grand cru. Quand on parle de grand cru, c’est que la bouteille à de l’âge et du caractère. Ici, ce sont les trois musiciens qui ont de la bouteille, avec plus de cinq cents concerts au compteur avec auparavant The Rhythm Bombs. Doghouse Sam écrit paroles et musiques, le contrebassiste, Jack ‘Fire’ O’Roonie mérite bien son surnom et Franky Gomez a été récemment élu meilleur batteur aux Pays-Bas. Si vous appréciez les Fabulous Thunderbirds, vous aimerez ‘Nobody Knows’ où Doghouse manie l’harmonica avec conviction. Un petit côté rockab’ vous fera battre la mesure avec ‘Roll Up My Sleeves’ morceau dans lequel le piano de Bass Jansen vient prêter main forte au trio. On peut retrouver l’esprit de J.L. Hooker  dans le titre lent et puissant ‘Hurt’. Le ‘Crossroads’ version Doghouse Sam n’est pas piqué des gaufrettes avec un tempo qui ne vous laisse pas respirer, agrémenté d’une guitare saturée… et toujours un son vintage grâce aux guitares électro acoustiques du sieur Doghouse. Ah oui, j’oubliais ! L’album a pour titre Buddha Blue. Pourquoi ? J’en sais rien et à vrai dire, c’est pas grave, ce qui compte, c’est le contenu. Et là, c’est du tout bon.
César

Elvin Bishop
She puts me in the mood

Genre musical: Best of Blues
Compositions: 12 sur 16
Livret : Digipack 3 volets
Label : MUSIC AVENUE
Distributeur : BLUES BOULEVARD

Un florilège de morceaux glanés sur 5 disques différents qui s’étalent entre 1988 Big fun Sessions et 2000 That’s My Partner – Live. Vous vous doutez bien que c’est le meilleur de ces albums qui vous est proposé par Blues Boulevard. Belle approche de cet artiste pour ceux qui n’auraient que peu entendu son travail malgré ses décennies de bons et loyaux services dédiés au blues depuis les années soixante. La plupart des titres sont joués avec un accompagnement de cuivres sauf deux, dont ‘Ace In The Hole’ où la guitare d’Elvin Bishop côtoie l’harmonica de Charlie Musselwhite. C’est sur le registre slide que j’aime entendre vibrer sa Red Dog (nom de baptême de sa Gibson) dans des morceaux comme ‘Devil’s Slide’, ‘Honest I Do’ ou ‘She Puts Me In The Mood’. Trois compositions lentes et imparables. L’album se termine par deux enregistrements publics dans lesquels est invité à partager la scène, le guitariste de Chicago, Albert ‘Little Smokey’ Smothers décédé en 2010. Blues Boulevard à fait le bon choix.
César

Jason Vivone & Billy Bats
Lather rinse repeat

Genre musical: Blues alternatif
Compositions: 9 sur 9
Livret : Pas vu
Label : AUTOPRODUIT
Distributeur : CDBABY

Dès la première écoute, j’ai accroché avec ce sextet originaire de Kansa city. On sent le côté généreux et roots de cette formation qui est faite pour la scène.  Quatre hommes (guitare –banjo – basse – batterie) et deux femmes (guitare – percussions) composent ce groupe dans lequel Jason Vivone tient le rôle principal en tant que compositeur / producteur / chanteur /  cigarboxiste / harmoniciste…et je dois en oublier. Ce CD ouvre sur un premier morceau boogie avec de la réverb dans la voix dont le titre ‘I Hear A Heartbeat’ colle parfaitement avec ce rythme ; et Jason joue avec ça. Le second titre tire plutôt sur la ballade ‘Baby Fat’ alors que le troisième ‘The Nina, The Pinta, The Santa Maria’, repart d’une manière dynamique, la cigar box toujours en slide. Un p’tit clin d’œil à Bo Diddley est envoyé avec le morceau trop court (1’56 ‘’) ‘Do The Nod’. Un jeu d’appel / réponse avec ses musiciens sur la chanson ‘Liquid Diet’ passe en revue un bon paquet de boissons alcoolisées sur fond de percussions only. L’album se termine sur le titre lent ‘Medusa Blues’ où l’on appréciera les qualités vocales du chef de groupe. Un album qui aurait bien supporté deux ou trois morceaux supplémentaires, parce que quand la musique est bonne, 9 titres ce n’est pas assez. Cette formation va représenter la Kansas Blues Society  à l’American Blues Challenge 2013.
César  



blues chroniques

Mississippi Gabe Carter
Midnight dream / Until they drag me down

Genre musical: Blues du Delta
Compositions: un certain nombre sur 25
Livret : Pas vu
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
CDBABY, AMAZON, ETC...

C’est l’histoire d’un mec… fasciné par le blues du Delta, celui qui a les pieds dans la boue et la tête dans les étoiles. Bien que Gabe Carter soit né dans l’Indiana, qu’il ait grandi dans le Michigan et qu’il vive à présent à Chicago, son blues est fortement ancré dans la tradition du Mississippi ; on pense à Jack Owens, à Junior Kimbrough, à RL Burnside, autant dire un style qui se fait rare aujourd’hui. Loin de faire une copie appliquée, Mississippi Gabe Carter se réapproprie cette expression si particulière et en donne une tournure complètement personnelle et originale. Il envoie des riffs de guitare brûlants et entonne un chant de falsetto, son groove prend aux tripes et la transe ne tarde pas à envoûter l’auditoire. Carter joue un son brut très amplifié, lancinant, hypnotique, et marque le rythme avec le pied. Il reprend certaines compositions d’anciens citoyens de Bentonia et inscrit les siennes dans la continuité. 12 titres sont gravés sur Midnight Dream (paru en 2008) et 13 sur Until They Drag Me Down (paru en 2011). Après des années à jouer dans les rues (et ce n’est pas fini) et dans des clubs plus ou moins obscurs, Mississippi Gabe Carter s’est décidé à laisser une trace sonore et, même si cela est made in USA, il a confié le soin de ses sessions d’enregistrement à des ingénieurs du son français, Jean Yves Munch et Philippe Tessier du Cros.
Gilles Blampain



Otis Taylor
My world is gone

Genre musical: Americana
Compositions: 13 sur 13
Livret : Pas vu
Label : TELARC
Distributeur :
SOCADISC

Ce type est une sorte d’historien naturaliste. Il se distingue des autres folk-rockers par la constance désespérée de son œuvre, une transe dont chaque album (son treizième pour le coup) apporte une convulsion supplémentaire. Moraliste du détail préférant toujours l’homme à la doctrine, il s’interroge sur les tragédies domestiques de ce pays qu’il aime profondément. Le monde disparu de l’album est celui de Mato Nanji, chanteur et guitariste nakota (sioux), qui lui a inspiré cette lugubre promenade dans les charniers génocidaires de la conquête de l’Ouest. Otis Taylor ne gagnera pas, cette fois non plus, le concours de la meilleure blague (‘Sand Creek Massacre Mourning’). Au treizième rendez-vous, le malaise est toujours aussi épais, avec cette tête d’americana complexe que creusent toutes sortes de stupeurs, des trucs irlando-appalachiens, créolo-cajuns, rocks monochromes, valses morbides et jazz rasant. « Quand je pense qu’on me prend pour le Nick Cave du blues ! » Les songwriters pensifs sont toujours un peu pénibles, mais ce mec échappe à la règle. Il a l’antériorité, étant l’un des initiateurs de ce folk progressif oppressant qui court aujourd’hui les rues. Nudité, sincérité, tension, il lui a donné des vertus qui le protègent des ballades molles et des poses d’artiste. Il sait surtout réconcilier des conjoints improbables, le violoncelle et le banjo parfois ; ici, le cornet à pistons, les crincrins traditionnels du folk et des surpiqûres d’électricité jouées par Mato Nanji et Shawn Starski. Le grizzly de Boulder, Colorado, ne plaisante jamais, pas plus à la scène qu’à la ville. Il n’a pas cette politesse.
Christian Casoni

Sophie Kay
Leaving Town

Genre musical: Blues à l'ancienne
Compositions: 3 sur 9
Livret : Pas vu
Label : BLUEJENO
Distributeur : FACEBOOK.COM/PAGES/SOPHIE-KAY

Le titre nous dit qu’elle a envie de quitter la ville, mais question présence elle est là et bien là. En fait, plutôt que partir, Sophie Kay revient nous titiller les oreilles avec son blues vintage. Il y a comme un soupçon de nostalgie dans sa musique qui nous renvoie des échos d’une époque dont la perspective s’incruste dans le rétroviseur. Blues et rock sont fabriqués à l’ancienne, avec un poil de réverbe, une contrebassine, une rythmique rustique et une voix pleine de vigueur. Le soin apporté à la qualité du son est un atout majeur de cet enregistrement fait avec la complicité de Mathieu ‘Bo Weavil’ Fromont. La set list mêle compositions personnelles et reprises du siècle passé. Tout ça est bien inspiré et quelques textes en français trouvent facilement leur place dans un répertoire majoritairement anglophone. Sophie Kay est à la guitare et au chant ; ses invités selon les titres, se nomment Lise Hanick (batterie, chœur), Mathieu Fromont (guitare, contrebassine, harmo) Julien Chauveau (basse), Hubert # 06 (chœur). L’ensemble est relativement bref puisque les 9 neuf titres sont exécutés en moins de 30 minutes, mais l’enthousisame l’emporte.
Gilles Blampain