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09/17
Chroniques CD du mois Portrait: WILLIE MABON Livres & Publications
  Dossier: EXCELLO RECORDS  
 


Portrait
T-BONE WALKER
Aaron Thibeaux Walker : 28 mai 1910 (Texas) – 16 mars 1975 (Californie)


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Avec son style élégant et son swing aérien il a marqué de son empreinte tous les guitaristes venus après lui.

D’ascendance africaine et cherokee, fruit de l’union de Movelia Jimerson et Rance Walker, Aaron Thibeaux Walker voit le jour le 28 blues t-bone walkermai 1910 à Linden, une petite commune du nord du Texas située à 25 miles de la frontière louisianaise. Mais c’est 165 miles plus à l’ouest, à Dallas, que l’enfant va grandir. Ses géniteurs sont tous deux musiciens mais c’est surtout son beau-père, Marco Washington, violoniste au sein du Dallas String Band qui lui apprend à maîtriser guitare, ukulélé, violon, banjo et piano. Il apprend également à faire des claquettes et participe très jeune à des house rent parties. Et c’est tout naturellement qu’il intègre par la suite le string band de son beau-père.
Blind Lemon Jefferson est un fidèle ami de la famille et au début des années 20, le jeune garçon conduit le guitariste aveugle de bar en bar où il joue pour des pourboires. En 1924, à l’âge de 14 ans, il se joint au medecine show Big B Tonic du Dr Breeding. En 1926 c’est au sein du spectacle de la chanteuse Ida Cox qu’il se retrouve. En 1929, T-Bone Walker fait son tout premier enregistrement accompagné par le pianiste Douglas Fernell. ‘Wichita Falls Blues’/‘Trinity River Blues’, sort chez Columbia sous le nom d’Oak Cliff T-Bone.
En 1928 il est engagé au sein de l’orchestre du saxophoniste Lawson Brooks et y reste durant deux années. En 1930, au Majestic Theatre de Dallas, il gagne le premier prix du Cab Calloway's Amateur Show, et le roi du Hi De Ho l’enrôle pour tourner quelque temps avec son orchestre. En 1933 c’est avec le Count Biloski Band qu’il parcourt le sud. En 1934 il joue au côté de Ma Rainey. C’est au cours ces années-là qu’il fait la connaissance de Charlie Christian et de son frère pianiste, Edward, avec qui il se produit comme danseur. Charlie Christian bien qu’un peu plus jeune que T-Bone Walker aura une certaine influence sur son jeu de guitare.
En 1934, T-Bone Walker quitte le Texas pour s’installer à Los Angeles. Dans un premier temps il n’est pas musicien mais danseur avec le groupe du saxophoniste Big Jim Wynn. En 1935, il électrifie sa guitare et joue dans les clubs de L.A après avoir fondé son propre combo. Pour animer son show il impose un jeu de scène acrobatique faisant le grand écart ou jouant de la guitare derrière son dos. C’est comme cela qu’il est engagé au club Little Harlem. Il y reste 4 ans. En 1939, le chef d'orchestre Les Hite l’embauche comme chanteur et ils partent se produire à New York et Chicago. Walker chante ‘T-Bone Blues’ sur l’enregistrement que Hite sort chez Varsity records en 1940, mais ne joue pas de guitare sur ce titre. De retour en Californie, il quitte la formation de Les Hite et joue à nouveau un temps au Little Harlem avant de s’associer avec le pianiste Freddie Slack. On peut les voir au club Alabam et au Last Word fréquentés par les stars de l’écran et du show business.
Capitol records est une toute jeune entreprise d’Hollywood en 1942 lorsque T-Bone Walker signe et enregistre ‘Mean Old World’ et ‘I Got A Baby Break’ avec Freddie Slack. Son style fluide, ces riffs élégants et moelleux ainsi que sa voix chaude vont faire école pour un grand nombre de guitaristes de blues. Mais Walker reprend la route. Le champion de boxe Joe Louis propriétaire avec Charlie Glenn du Rhumboogie Club à Chicago l’engage pour l’ouverture de l’établissement en août 1942. Il s’y produit de façon discontinue jusqu’en 1945. Il joue également à Detroit au Paradise Theatre et au Frolic Bar. Il grave quelques titres pour le label Rhumboogie recording sous la direction du pianiste Marl Young, mais il enregistre peu après avec un autre label nouvellement créé, Mercury.
En 1946, T-Bone Walker revient à Los Angeles, travaille au Swing Club et signe avec Black & White records chez qui il va enregistrer abondamment. L'immortel ‘Call It Stormy Monday (But Tuesday Is Just As Bad)’sort en 1947. Il est accompagné sur cet enregistrement par Teddy Buckner à la trompette et le pianiste Lloyd Glenn. Walker s’exprime souvent dans des blues lents, mais le titre ‘T-Bone Jumps Again’ à la même date, illustre sa dextérité dans des rythmes plus rapides. Walker enregistre beaucoup pour Black & White jusqu'à la fin de 1947, gravant des classiques comme ‘T-Bone Shuffle’ et ‘West Side Baby’, mais beaucoup de ses sessions paraissent sur Capitol après la disparition de Black & White.
A partir de 1948, il entreprend des tournées avec un orchestre de 9 musiciens qui vont le mener dans de grandes salles comme l’Apollo de Harlem. En 1950, Walker se tourne vers Imperial. Pour sa première session pour le jeune label de L.A il grave ‘Glamour Girl’ et peut-être l'avant-dernier jump instrumental dans son répertoire, ‘Strollin' With Bones’. Entre 1950 et1954 les enregistrements Imperial révèlent quelques classiques: ‘The Hustle Is On’, ‘Cold Cold Feeling’, ‘Blue Mood’, ‘Vida Lee’ (en hommage à sa femme), ‘Party Girl’ et ‘Railroad Station Blues’, produit par Dave Bartholomew.
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Faisant entendre une sonorité assez chaude et un jeu subtil, sa musique mêle le blues texan de sa jeunesse à des sons jazzy plus urbains, Son phrasé musical se caractérise par un swing aérien, des notes claires et volubiles qui soulignent une voix douce et agréable.
En 1955, souffrant d’ulcères à l’estomac il est contraint d’arrêter la scène et de dissoudre son orchestre. Mais s’il ne se produit plus en club il signe cependant chez Atlantic et continue d’enregistrer. Son premier rendez-vous pour le label new-yorkais est une collaboration improbable mais réussie avec les piliers de Chicago, l’harmoniciste Junior Wells, le guitariste Jimmy Rogers, et le bassiste Ransom Knowling. Rogers trouve l'expérience si réussie que son ‘Walking By Myself’ qu’il grave par la suite chez Chess n’est autre qu’une adaptation de ‘Why Not’ de Walker. Avec un band de L.A plus en adéquation avec son style, T-Bone Walker grave deux sessions de suite pour Atlantic en 1956-1957. Ces séances produisent de superbes instrumentaux comme ‘Two Bones And A Pick’, ‘Blues Rock’, ‘Shufflin' The Blues’ où T Bone Walker fait un échange formidable avec son neveu, le jazzman Barney Kessel.
En 1960, le revoilà sur la côte Ouest. En octobre 1962 il fait partie de la première tournée européenne de l’American Folk Blues Festival avec John Lee Hooker, Willie Dixon, Memphis Slim, Sonny Terry et Brownie McGhee, Shakey Jake, Magic Sam et Helen Humes. De retour en Amérique on le voit aussi bien dans les clubs que sur les campus universitaires californiens. En 1965 il remonte sur la scène de l’Apollo à New York. Il participe au festival de Monterey en 1967 et d’Ann Arbor en 1969. Tout au long des années 60 il fait plusieurs allers-retours entre l’Amérique et l’Europe. Ainsi en 1965 et 1966 il tourne avec le Jazz At The Philarmonic, organisation de concerts mettant en scène des musiciens d'origines diverses jouant habituellement dans des petites formations. En 1968 il revient avec l’AFBF avec Jimmy Reed, John Lee Hooker, Big Joe Williams, Curtis Jones, Eddie Taylor, Big Walter Horton, Jerome Arnold et J. C. Lewis. En 1969, de mars à juin il joue au Trois Mailletz à Paris. Pendant l’été 1970, de retour en Californie, il tourne avec le Johnny Otis Show. En 1971, établi à Boston il forme un nouvel orchestre et délaisse la guitare au profit du piano électrit-bone walkerque et se produit au Canada. Cependant en juillet 1971 c’est comme guitariste qu’il est sur la scène du festival de jazz de Nice. En 1972, on le voit de nouveau sur le vieux continent avec l’American Folk Blues Festival.
Mais depuis le début des années 1970 T-Bone Walker souffre de tuberculose et doit faire de fréquents séjours à l’hôpital, ce qui ne l’empêche toutefois pas d’enregistrer sur différents labels : Jet Stream, Black & Blue, Bluesway, Verve, Polydor, Blues Times, Reprise… Avec Good Feelin', enregistré à Paris en novembre 1968 et sorti en 1970 chez Polydor, il décroche un Grammy Award. Il est accompagné sur cet enregistrement made in France par Slim Pezin (guitare), Michel Sardaby (piano), Manu Dibango (sax ténor), Pierre Holassian (sax alto) et Francis Cournet (sax baryton).
En juin 1974, c’est à Pittsburg qu’il fait sa dernière apparition en public. A la fin de cette année il est hospitalisé pour une pneumonie dont il décède trois mois plus tard le 16 mars 1975. Il est enterré à Inglewood Park Cemetery à Los Angeles.
Il est intronisé au Rock’n’roll Hall Of Fame en 1987 au regard de son influence sur de nombreux guitaristes. En 2003, le magazine Rolling Stone le classe à la 47e position de sa liste des 100 meilleurs guitaristes de tous les temps. Son empreinte reste importante et tous les ans le Texas l’honore à travers le T-Bone Walker Blues Festival qui se tient à Longview.
Gilles Blampain