Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

été 17
Chroniques CD du mois Interview: JUJU CHILD Livres & Publications
  Dossier: AMERICAN EPIC Interview: DOM FERRER
 


Portrait



blues josh white
blues bo diddley


30 décembre 1928 (Mississippi) – 2 juin 2008 (Floride)

McComb dans le Mississippi. C’est dans cette petite ville du comté de Pike que le créateur du jungle beat voit le jour. Né Ellas Otha Bates, il prend le nom du cousin de sa mère, Gussie McDaniel qui l’élève. C’est le temps de la grande dépression et une vie de misère à la campagne chasse la famille dans la grande métropole du nord. C’est donc à l’âge de 7 ans que Bo Diddley découvre Chicago. A 18 ans, après avoir pratiqué la boxe il raccroche les gants sur une défaite cuisante. Côté boulots, il travaille un temps à la voirie puis est embauché dans un atelier de lutherie. Côté musique, il tâte du trombone puis du violon mais  préfère la guitare, instrument mieux adapté pour jouer du rhythm’n’blues.
Après avoir tenté de capter l’attention des passants dans les rues, en compagnie de Billy Boy Arnold, il débute dans les clubs de Chicago en reprenant le répertoire de  Muddy Waters, John Lee Hooker ou Louis Jordan. Sa prestation est appréciée, mais voulant sortir du lot il crée rapidement sa propre identité musicale.
Zone de Texte: Mettant à profit ses connaissances en matière de lutherie, en 1952 il acquiert un ampli qu’il bricole lui-même avec un réveil et quelques pièces mécaniques pour en tirer l'un des tout premiers effets vibrato électronique. Créant  une saturation sonore alliée à une réverbération  puissante, il invente le Diddley sound, qu’il va exploiter et sans cesse approfondir. En faisant sonner sa guitare comme un tambour africain, il mêle les rythmes venus du sud et ceux sortis des boîtes de la windy city, en tordant les sons et en prolongeant des riffs lancinants, il fait naître le fameux Jungle beat qui devient sa marque artistique, immédiatement reconnaissable.

En 1955, il est dans les studios Chess. L’envoûtant ‘Bo Diddley’ est un succès immédiat. Il enchaîne les hits avec ‘I’m A Man’, ‘Who Do You Love’, ‘Mona’, ‘Before You Accuse Me’, ‘Road Runner’, ‘Pretty Things’. Des chanteurs de rock et même les bluesmen comme Muddy Waters, reprennent ses titres. Sa musique dynamique et sa présence sur scène emportent l’adhésion du public. Sa guitare rouge rectangulaire étonne et séduit les teenagers. En 1956 il rencontre Peggy Jones et l’engage comme bassiste. Il est ainsi le premier à intégrer des femmes dans son band. En dépit d’une musique vraiment originale et d’une liste impressionnante de titres qui deviendront des classiques, la popularité de Bo Diddley ne parvient cependant pas à égaler celle des têtes d’affiche du rock’n’roll.

En 1963 il fait une tournée en Grande Bretagne en compagnie de Little Richard et des Everly brothers. Tout au long de cette décennie il continue de placer quelques titres dans les hit parades avec une grande régularité : ‘You Can’t Judge A Book By The Cover’ (1962), ‘Bo Diddley Is A Lover’ (1963), ‘Mama Keep Your Big Mouth Shut’ (1964), ‘Hey ! Good Lookin’ (1965). Côté albums, on peut citer Bo Diddley (1962), Bo Diddley Rides Again (1963), In The Spotlight et Roadrunner (1964), sans oublier le fameux Two Great Guitars avec Chuck Berry (1964). Mais durant les années 60, même s’il garde les faveurs des amateurs, Bo Diddley change de statut malgré lui, il passe du rang de musicien reconnu à celui de légende. Son style n’évolue pas, mais de nombreux artistes de la nouvelle génération revendiquent son influence, en Grande-Bretagne : les Rolling Stones, les Animals, les Kinks, les Pretty Things,…Aux Etats-Unis, les Doors, Creedence Clearwater Revival,…

Zone de Texte:  Dans les années 70, s’il vend moins de disques il tourne encore. Le mythe est toujours vivace et la jeune génération veut lui rendre hommage. En 1979 le groupe britannique The Clash lui demande d’assurer la première partie de sa tournée. Avec les années 80 vient le temps de la reconnaissance officielle. Le 21 janvier 1987, Bo Diddley, surnommé ‘The Originator’ pour son apport majeur à la musique populaire, est intronisé au Rock’n’ Roll Hall of Fame. Plus tard, il se voit remettre un Grammy Award d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. La décennie suivante est pour lui une semi retraite, on le voit moins mais il n’est pas oublié, les stars du moment lui rendent hommage en l’invitant sur scène lors de leurs shows, comme les Stones ou Bruce Springsteen.

En 2004, le magazine Rolling Stone place Bo Diddley à la vingtième place des plus grands artistes de tous les temps. En 2005, il célèbre ses 50 ans de carrière par une tournée mondiale. Encore sur scène en 2006, il est contraint de cesser ses activités en 2007 car il souffre du cœur. Malade depuis de nombreux mois, il est hospitalisé à plusieurs reprises.

Bo Diddley meurt d’un arrêt cardiaque à son domicile d’Archer en Floride, le lundi 2 juin 2008. Entré dans la légende avec son stetson et sa guitare rectangulaire, il était le véritable lien entre le blues et le rock’n’roll.

Gilles Blampain

 

 


blues josh white