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09/17
Chroniques CD du mois Portrait: WILLIE MABON Livres & Publications
  Dossier: EXCELLO RECORDS  
 


Interview
watermelon slim
Je me vois comme un citoyen du monde


blues deraime








Il a déboulé dans la sphère du blues il y a quelques années et a rapidement gagné les faveurs d’un public qui lui est fidèle. À chaque nouveau disque la qualité est au rendez-vous et il a glané plusieurs récompenses pour ses enregistrements et ses prestations sur scène (album de l’année et groupe de l’année : Blues Music Awards 2008). Des bancs de l’université aux rangs de l’US army au Vietnam, de la sérénité du cultivateur à la rudesse du chauffeur routier, il a vécu plusieurs vies. Retour sur son parcours musical.

Qui es-tu Slim ?
J'ai soixante ans, je suis né à Boston mais j’ai grandi à Asheville, en Caroline du Nord. Actuellement je demeure à Oklahoma City en Oklahoma, mais j'ai acheté une petite maison à Clarksdale, Mississippi, lieu de naissance de Robert Johnson,  pas loin du plus célèbre carrefour du blues, où se croisent les routes 61 et 49. J'aime aller à la pêche, j'aime le baseball, j'aime le jeu d’échecs, j'aime la bonne nourriture, la manger mais également la préparer, j'aime le sexe multi orgasmique, j'aime lire tout ce qui me tombe sous la main, j'aime écrire. Ce serait plus facile me demander ce que je n’aime pas, parce qu'il y a beaucoup moins choses dans ce registre là!

Es-tu né dans une famille de musiciens ?
Ma mère a appris à jouer du piano quand elle était jeune fille et mon père a joué un peu la clarinette après son retour de la seconde guerre mondiale. Mais il n'y avait pas de musiciens professionnels dans ma famille jusqu'a mon frère et moi. Mon frère, Peter P. Homans, est un compositeur de musique classique reconnu dans le monde entier maintenant. Ses œuvres ont été jouées à Carnegie Hall il y a huit mois de ça.
Moi, j'ai chanté à l'église pendant six années, c’est comme ça qu’a commencé ma carrière, soi-disant, dans la musique. Mon premier instrument a été les bongos, c’était en 1958. J'ai commencé à jouer de l'harmonica l’année suivante. Je suis percussionniste professionnel, mais je suis bien plus connu comme harmoniciste et comme guitariste (j'ai commencé à jouer de la slide guitar en 1970).

Quel musicien t’a particulièrement impressionné ?
John Lee Hooker. Sans connaître son nom, ni le genre de musique qu’il jouait (le blues), j'ai découvert sa musique en 1954, quand j'avais cinq ans. C’était dans ma propre maison. C'est une histoire que j'ai raconté mille fois, mais une fois encore: une femme afro-américaine qui travaillait pour ma famille, dans les dernières années de ségrégation raciale aux Etats-Unis, chantait la musique de M. Hooker durant son travail. C’est ce qui a été ma première expérience avec le blues.

Si tu devais citer 3 ou 4 musiciens comme principales références, quels seraient-ils? 
Evidemment, John Lee Hooker. J’ajouterai, Mississippi Fred McDowell, Earring George Mayweather, Junior Wells, et le premier bluesman de Boston Massachusetts, depuis trente années ou plus (il est batteur dans mon groupe aujourd'hui), Chris Stovall Brown. Il est mon seul héros musical de ma propre génération.

Quel genre de musique écoutais-tu quand tu étais ado? 
Toutes sortes. Blues, bien sûr, mais aussi les musiques sacrées, country, bluegrass, classique, big band, jazz, rock'n'roll, rhythm’n’blues, pas le type de musique qu’on appelle aujourd'hui "R’n’B", mais la vraie celle jouée par Little Johnny Taylor ou Ray Charles, par exemple.

Quels genres de musique écoutes-tu quand tu es seul?
Je joue de la musique professionnellement. Peut-être que ceci semblera curieux, mais je n’écoute pas beaucoup de musique quand je suis seul chez moi. Je suis, en effet, jaloux de mon silence. Mais si j’écoute quelque chose c’est en priorité du blues.

Quand as-tu décidé de devenir professionnel?
J'ai enregistré mon premier, et mon seul, LP en 1973. Après, j'ai fait plusieurs tentatives pour devenir musicien professionnel, mais je ne suis pas un virtuose et je n'ai jamais réussi à gagner ma vie avec la musique avant 2003, sauf quand je suis allé en Europe pour jouer la première fois en 1987. Je suis un tâcheron de la musique, pas un maître. 

Pourquoi as-tu pris ce surnom de Watermelon Slim et qu’est-ce que ça signifie pour toi?
J'ai essayé pendant plusieurs années d’être fermier. Je faisais pousser des pastèques (des melons d'eau comme disent les Québécois), et puis plusieurs bluesmen ont été surnommés Slim. Alors, pour mon nom de scène...

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Combien de concerts fais-tu par an?
Entre 2005 et 2008, je suppose, plus de 600. Cette année-ci, peut-être 90. Ma santé n'est pas vraiment brillante, mais je continue à travailler en soutenant une certaine fréquence. L’année prochaine - qui sait? C'est certain, pas moins.

Tournes-tu souvent aux USA ou au Canada?
En 2009, j'ai plus joué en Europe qu’en Amérique du Nord (dont deux apparitions en France), mais je dois dire que le Canada reste toujours parmi mes endroits de prédilection pour faire du tourisme et pour jouer. 

Peux-tu présenter les membres de ton groupe?
Avec plaisir. Cliff Belcher, bassiste, et Ronnie Mac McMullen Jr., guitariste, qui m’accompagnent respectivement depuis 5 ans pour le premier, et presque 4 ans pour le second. Chris Stovall Brown, batteur, a rejoint les Workers cette année en remplacement de Michael Newberry, un des membres fondateurs du groupe (Ike Lamb, guitariste, était l'autre), qui est parti l'an dernier en automne.

Y a-t-il un but que tu aimerais atteindre avec ton groupe?
Nous avons réalisé la plupart de nos aspirations. Voyez ma bio sur mon site web. Dieu nous bénisse constamment et toujours!

Après avoir chanté de la soul music et du blues, ton dernier CD est enraciné dans la country music. Etait-ce un vieux rêve d’enregistrer à Nashville ?
Non. Ce n'était pas exactement une coïncidence, mais je ne voulais pas enregistrer à Nashville à tout prix, bien que j'ai écrit de nombreuses chansons de country and western depuis très longtemps.

En dehors de la musique quels sont tes passe-temps?
Les échecs, aller à la pêche, sculpter des pipes en écume. Et puis, j'ai été un joueur de bowling accompli durant toute ma vie, mais les chiropraticiens m'ont conseillé à présent de ne pas continuer parce que mon corps ne le supporterait plus.
 
Tu manies notre langue avec assez d’aisance, où as-tu appris à parler français?
On me demande parfois comment il se fait que je parle français couramment. Eh bien, mon français est bien médiocre, mais c’est peut-être suffisant pour un Américain. J'ai commencé d’apprendre la langue quand j'avais treize ans, à l'école, et tout simplement, je ne l'ai jamais oublié. Maintenant, avec les opportunités qui se présentent de plus en plus en étant un musicien international, j'aime de plus en plus parler et écrire le français! Les gens se moquent de moi de moins en moins. Je parle aussi l'espagnol, pas si bien que le français, mais ça suffit pour l’Espagne, où je joue occasionnellement. J'ai commencé d’étudier l'italien, et j'ai fait plusieurs prestations et interviews dans cette langue. Je parle de temps en temps la langue des Pays-Bas, mais mon néerlandais est rudimentaire. Je me vois comme un citoyen du monde. J’aime mes ami(e)s français(es)! Votre pays, la douce France, restera toujours un de mes pays favoris! Je vous verrai bientôt. Sans doute l’année prochaine.

Gilles Blampain

www.watermelonslim.com

Discographie
Escape from the chicken coop - 2009 - NorthernBlues
No paid holidays - 2008 - NorthernBlues
The wheel man - 2007 - NorthernBlues
Watermelon Slim & the Workers - 2006 - NorthernBlues
Up close and personal - 2004 – Southern records
Big shoes to fill - 2003 - Southern records
Merry airbrakes – 1973 – Normal records

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