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03/17
Chroniques CD du mois Interview: CHICKEN DIAMOND Livres & Publications
Dossier: BLUES & FLAMENCO (suite) Portrait: BIG JOE WILLIAMS Interview: MOJO BRUNO
 


Interview
TINQUI8
Les histoires de rencontres, d'échanges c'est ça qui me plait


blues deraime
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Blues Again : J'aimerais bien avoir l'historique complet de l'homme, parce que Tinqui8 c'est avant tout la cigar box, mais il y a bien eu un avant Tinqui8 ?
Tinqui8 : Ah ! Ma rencontre avec la guitare, j'avais quinze/seize ans, j'étais fan de métal, Metallica, Iron Maiden,… cheveux longs jusque-là, j'étais fou de riffs et obnubilé par les solos. Je m'intéressais à la batterie aussi, pour le côté rythmique, mais à la maison ce n'était pas pratique et puis, pour garder le rythme, ça va, mais pour décomposer avec les baguettes, c'est pas mon truc. Par contre un pote venu habiter à côté de chez moi possédait une guitare électrique. Le noël suivant, j'ai la mienne: une imitation Strat. Mon pote m'apprend à accorder la gratte, j'achète des tablatures et je bosse le son. Je travaille tous les jours, case par case, note par note. Ensuite, vient le moment des groupes.
Avec mon ami et son frère plus un batteur on est restés cinq ans ensemble, le band s'appelait Way Out et c'était quasi fraternel. On jouait dans un style grunge vraiment pour faire la fête. Après, j'ai essayé d'autres formations, mais ce n'était jamais aussi fort qu'avec Way Out. Il me faut des relations fortes, sinon ce n'est pas la peine de continuer; c'est comme dans un couple. Du coup, j'ai joué tout seul dans mon coin pendant quatre/cinq ans et j'ai écouté d'autres choses, Pink Floyd, Led Zep,  j'ai eu une période reggae et puis après j'ai découvert les vieux bluesmen.

Lesquels ?
Tout ce qui est Patton, Johnson…, et tu te dis: « Tiens, ce mec est tout seul et ça sonne, comment fait-il pour avoir ce son ? » et ça me fait changer mon approche de la guitare. Tu t'aperçois qu'il y a des guitares en fer, des dobros, des résonateurs, des choses comme ça et puis tu vois que les accords ne sont pas les mêmes, qu'il y a des opens, qu'on peut utiliser un bottleneck… Ça élargit ton monde et tu comprends des choses. J'ai étudié comment étaient montés les instruments, et par le biais de l'internet, j'ai découvert les instruments africains et me suis aperçu que des types fabriquaient leurs guitares eux-mêmes.

Et la cigar box dans tout ça ?
Justement, sur internet je découvre un truc avec trois cordes fabriqué à partir d'une boite de cigares, et qui se joue en slide. Comme ça m'a interpelé, je me suis lancé. Ma première a été faite avec une boîte de biscuit en fer, un tasseau, une corde avec un mécanisme. Ça marchait, c'était horrible, pas confortable, mais ça sonnait quand même. Le mouvement était lancé. J'ai découvert un forum américain sur les cigar box, j'ai commencé à récupérer du matériel, des boîtes de cigares, j’ai fabriqué quelques modèles en tâtonnant et au bout de quelques mois, j'en ai sorti deux qui sonnaient pas mal. Je me suis filmé en train de jouer et me suis inscrit sur ce forum. C'est comme ça que Tinqui8 est né. Le petit Frenchie, il lui fallait un pseudo et comme j'avais celui-ci quand je maniais la console vidéo, je l'ai gardé. Petit à petit, est arrivée la composition avec des idées de paroles que je présentais sur ce forum et j'étais encouragé par la communauté anglo-saxonne cigarboxienne.

C'était en quelle année ?
C'est pas vieux, c'était en 2009. C'est là que naturellement j'ai adopté la stomp box, pour marquer le rythme et que j'ai écrit cinq ou six morceaux. J'étais devenu accro à la cigar box.

Mais de ces cinq ou six morceaux joués comme ça par passion jusqu'au CD existant maintenant, que s’est-il passé ?
Le truc, c'est que mes morceaux, je les enregistrais avec mon caméscope, je les présentais sur des réseaux sociaux, MySpace et autres, ça me permettait de vendre quelques cigarbox et de racheter du matériel. J'ai eu envie d'enregistrer quelques morceaux avec du meilleur matos. C'est là que j'ai rencontré Thierry Nicolaï du studio "Le Chantier" J'ai passé quatre jours avec lui. Le bonheur. C'est un vieux routard du blues qui comprend ma démarche. Il m'a sorti un vieil ampli à lampe Marshall de 1964, du coup, je ne me sentais plus en enregistrement. J'étais dans le son et sur la lancée, j'ai mis en boîte d'autres compos, mais avec d'autres guitares (Weinsenborn...) ce qui m'a fait 14 morceaux. Ceci m'a donc amené à faire ce CD, ce qui n'était pas prévu à l'origine. C'est comme pour le visuel du boîtier, c'est un ami qui m'a fait ça d'un jet, première proposition aussitôt acceptée. Ce CD, ce ne sont que des histoires de rencontres, d'échanges et c'est ça qui me plait.

 

Et pour trouver des dates ?
J'ai jamais trop cherché. Il se trouve qu'à l'époque de la sortie de l'album, en Grande Bretagne était prévu le second festival consacré à la cigar box. Vu qu'on était en contact avec les mecs, ils m’ont proposé de venir jouer en Angleterre. Mon premier concert s'est donc déroulé outre-Manche. C'était énorme pour moi. Sept ou huit ans que je n’avais pas fait de scène et me voilà propulsé dans un univers différent. Vraiment énorme ! En plus je chante en Français, ça devait faire exotique pour eux, mais ça c'est très bien passé. Ce qui fait que cette année on a organisé en France le premier festival de cigar box avec mon ami Marcelus qui en fabrique dans son coin depuis des années et avec qui nous sommes invités au festival de Cognac pour présenter nos fabrications depuis deux ans. Ce premier festival s'est déroulé sur une soirée à Paris dans une petite salle avec projection d'un film sur la cigar box et entre autres, Hollowbelly, artiste britannique, celui-là même qui m'avait invité en Angleterre et qui m'a donné le goût de cet instrument. En principe on recommence en 2012.

Tu le vois comment l'avenir de la cigar box en France ?... Et le tien ?
Ben, la cigar box s'est bien installée en France, ça commence à prendre de l'ampleur. Ça fait trois ans qu'avec mon pote Marcelus on construit, on construit et j'ai envie de baisser un peu le rythme et de plus consacrer mon temps au jeu. Au regard de ce mouvement, je constate qu'il y a de plus en plus de gens qui se mettent à construire. Entre les luthiers amateurs et les ‘requins’ (entre guillemets), qui arrivent aussi et qui font de la série, il commence à y avoir du monde. Si ça se trouve dans trois ans, on va recevoir des containers arrivant de chine et Tinqui8 n'existera plus. J'ai passé deux ans à fond la caisse, entre le disque, les fabrications, les concerts, les ateliers pour les enfants et mon boulot, je voudrais sortir un second album, parce que j'ai quelque bons trucs à raconter. Je pense qu’en 2012, ce sera le second album, histoire à suivre.

Des conseils à donner sur la fabrication ?
La caisse, t'es pas obligé de prendre une boîte de cigares, tu peux te la fabriquer avec 4 planches. Le mieux, c'est de partir sur une trois cordes, c'est le minimum pour faire un accord, pas besoin de fretter. Le manche, avec un tasseau en pin, ça fonctionne; après, si tu as du chêne ou une autre essence, c'est toi qui vois. Maintenant, il ne faut pas s'attendre à faire des miracles tout de suite, c'est comme le jeu, c'est une progression, un apprentissage, tu tâtonnes un peu. Faut pas hésiter à demander sur les forums.

Justement, si on veut en savoir plus ?
Il y a mon site, www.jellyguitare.com et il y a le forum mondial qui s'appelle www.cigarboxnation.com qui est la base de tout et qui est situé aux Etats-Unis. C'est vraiment la référence mondiale. Sur Facebook on a créé un collectif qui s'appelle cigar box France. Sinon, il y a un autre site en France qui a pour nom Slide et Résonateur où l'on parle beaucoup de Dobro, Weinsenborn et autres et où il y a une grosse section bricolage. On peut aller aussi sur le site de Marcelus http://cigarbox-guitars-marceluswallace.blogspot.com/

César