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été 17
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Interview
THOMAS SCHOEFFLER JR.


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L’homme est seul en scène avec une guitare, un harmonica et un tambourin. A travers ses notes et ses mots on part pour des virées lointaines sur une bande son country blues avec une touche de grunge.

Blues Again : Qui es-tu Thomas Schoeffler ?
Thomas Schoeffler  Jr : Je suis né à Mulhouse le 23 Septembre 1975. Je suis le deuxième d’une famille de 4 enfants. bluesJ’ai grandi à Mulhouse et y ai fait mes études d’infirmier avant de m’installer à Strasbourg en 2000 où je vis depuis.
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé chanter et écouter de la musique.
Mes parents ont tentés de m’inscrire à des cours d’orgue puis plus tard de clarinette, mais je n’ai jamais aimé apprendre. Je n’aimais pas la manière dont la musique m’était enseignée. C’était souvent très ennuyeux et je ne voyais pas l’intérêt. J’ai donc laissé ça de côté avant de me mettre à la guitare vers la fin du lycée. J’ai ensuite formé un groupe post-grunge dans lequel je tenais la guitare. Puis quand le groupe s’est séparé, j’ai commencé à jouer seul, en ajoutant l’harmonica pour m’accompagner.

Qu’aimes-tu dans la vie ?
Les choses que j’aime… Mmm, pas facile comme question. J’aime les vieux fromages de chèvres, me promener dans la montagne, j’aime porter la même vieille chemise à carreaux jusqu’à ce qu’elle soit toute déchirée, j’aime boire un verre seul, dans mon bar favori, le dimanche soir quand je rentre d’un WE de concerts, j’aime me marrer avec mes potes et aussi parfois passer des journées entières, seul, à faire de la musique... J’adore la littérature américaine, les films de série B, etc, etc.

Te souviens-tu du premier blues ou rock que tu as entendu ?
Je crois que c’était ‘Satisfaction’ des Rolling Stones. Je me souviens d’avoir écouté cette cassette en vacances. Le même été, je devais avoir dans les 10 ans, mon père tente de m’apprendre la musique du Train Sifflera Trois Fois sur une guitare. Déjà du blues, du rock et de la country, tout en même temps !

Quelles ont été tes principales influences ?
Je me suis vraiment ouvert à la musique durant la période grunge. Beaucoup de groupes issus de cette scène ont compté dans ma manière d’appréhender la musique. J’écoutais ces groupes et surtout les musiciens dont ils disaient être influencés. En parallèle, j’écoutais aussi du rock 70’s, du blues et de la musique country-folk. Finalement, aujourd’hui, j’essaye juste de mélanger un peu tout ça !

Quels musiciens entrent dans ton panthéon personnel ?
Hank Williams, Neil Young, Kurt Cobain, David Eugene Edwards, Scott H Biram, Nina Simone, RL Burnside, Mississippi Fred McDowell, Jimmy Page, John Fogerty… il y en a trop.

Où et quand as-tu fait ton premier concert ?
Mon premier concert avec un groupe s’est joué  dans le bar l’Indiana près de Mulhouse aux environs de 1995 je pense. Mon premier concert solo c’était Chez Jeannette et les Cycleux, un bar de Strasbourg et ça devait être vers 2006.

Maintenant, combien de représentations par an ?
Une bonne soixantaine.

Tu as donné des concerts en prison, comment s’est fait cette démarche ? Que peux-tu dire de cette expérience ?
L’idée de jouer en prison, je trouvais ça cool, un peu comme Johnny Cash ! Mais je ne savais pas trop comment m’y prendre. Et puis j’ai rencontré quelqu’un qui, au sein d’une association d’étudiants (Génépi), faisait des interventions en milieu carcéral. Il m’a alors été proposé de faire une intervention à la prison centrale d’Ensisheim. Ça a été une journée assez intense.
Il a fallu lister tout le matériel nécessaire au concert, attendre les autorisations, passer plusieurs grilles… Le fait même d’entrer dans une prison avec des gardiens armés autour de soi est assez impressionnant. Quelques détenus avaient activement participé à la préparation du concert : l’un d’entre eux s’occupait du son, un autre filmait… et puis d’autres passaient là par hasard et s’arrêtaient pour écouter un peu de musique. Dans l’ensemble ils se sont montrés très chaleureux et reconnaissant qu’on puisse venir jouer de la musique pour eux.
J’ai fait d’autres concerts en milieu carcéral depuis.
C’est toujours une expérience particulière avec un public disparate où certains ne sont pas franchement intéressés, car ça n’est pas du tout une musique qui leur parle, et ou d’autres sont extrêmement attentifs et parfois même très émus.
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Parle-nous un peu de tes belles rencontres…
J’ai eu la chance de croiser pas mal de musiciens depuis que je tourne un peu plus : Bror Gunnar Jansson, les Mountain Men, Buddy Guy… Mais ma plus belle rencontre c’est celle avec Scott H Biram ! Un one man band du Texas qui est celui qui m’a inspiré depuis les débuts de mon projet solo. Il n’est pas très connu en France, mais pour moi, partager la scène et les coulisses avec lui, c’était comme de rencontrer Elvis en personne.

Quel est ton meilleur souvenir de scène ?
Jazz à Vienne en première partie de Buddy Guy en juillet 2014. Tout un amphithéâtre pour moi tout seul ! Ma première très grande scène (plus tard j’ai revu les vidéos et je ne me suis pas trouvé très bon… mais sur le coup ça a été très cool).

Et le pire ?
Pas vraiment de pire… Bien sûr il y a eu des soirs pas faciles, parfois on se demande ce qu’on fait là, parfois on n’est pas bon, mais il y a toujours eu quelque chose de positif à monter sur scène, il y a toujours une leçon à apprendre.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
Ça c’est un peu mystérieux, même pour moi. Les musiques, je ne sais pas d’où elles viennent.
Les idées arrivent surtout le matin. J’aime bien répéter tôt, c’est souvent là qu’un riff ou qu’une suite d’accords me vient. Puis, à partir de ces idées je brode mes chansons et là ça peut prendre cinq minutes comme deux ans, ça dépend. Quant aux textes je m’inspire beaucoup de la littérature américaine (Faulkner, Steinbeck, O’Connor, Caldwell), des textes de vieux bluesmen (pour leur simplicité, leur humour et leur incroyable pouvoir d’évocation) ou d’autre chanteurs comme Nick Cave (pour son côté mystique), Hank Williams (pour sa limpidité) ou Scott H Biram (pour les gros mots!) pour ne citer qu’eux.

Sur quel genre de guitare joues-tu ?
Une guitare folk Alhambra et une Gibson ES125 de 1951.

Ton dernier CD ‘Jesus Shot Me Down’ est paru en mars…
Il s’agit de mon premier CD avec le label Echoproduction. Il comporte 12 titres et a été enregistré à Paris par Laurent Guéneaux. Il est distribué par PIAS.blues

Comment définirais-tu ton style ?
Je crois faire du country-blues… avec un zeste de grunge-rock.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Composer et enregistrer le prochain album. Et continuer à faire un maximum de concerts.

Quelques mots sur la scène blues à Strasbourg et en Alsace…
Je ne sais pas s’il y a une scène blues à Strasbourg mais nous avons la chance d’avoir des groupes assez incroyables (Dirty Deep, Bad Juice,…) et des endroits très chouettes où jouer (le Mudd Club, Au Camionneur…)

Quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Manger des crêpes…

Quel est ton lieu de prédilection ?
Mes grands-parents avaient une maison en Ardèche. J’y ai passé toutes mes vacances étant enfant. C’est là que j’aime retourner.

Quels ont été tes derniers coups de cœur musicaux ?
Slaves, un duo rock anglais.

En dehors du rhythm’n’blues, de la soul, du rock, apprécies-tu d’autres styles musicaux ?
Oui bien sûr ! J’écoute beaucoup de vieilles country musics, du bluegrass, du hip-hop, du stoner… Je n’aime pas me limiter à un genre en particulier.

Quel serait ton rêve le plus fou ?
Etre signé sur le label Alive Natural Sound Record et tourner aux Etats-Unis !

Et ton pire cauchemar ?
Apprendre que je suis le fils caché de Michel Sardou. 

Gilles Blampain – novembre 2015

https://thomasschoefflerjr.bandcamp.com

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