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12/18
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Interview
THOM & THE TONE MASTERS


KING KONG BLUES
king kong blues
king kong blues
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BLUES thom and the tone masters




Un band dynamique qui dégèle la banquise avec un rhythm and blues instrumental qu’il qualifie de vintage sound, new swing.  

Blues Again : Qui es-tu Thom ?
Thomas Hirsch : Je suisblues thom and the tone masters musicien, guitariste et compositeur. Je suis né à Arras. Passionné de blues, de jazz, de musique afro-américaine en général et de guitare forcément. Je suis aussi un grand amateur de littérature américaine et de cinéma. Mais tout ça se rejoint je pense !


Comment es-tu venu à la musique ?

Je suis venu au blues vers 17 ans, des amis me faisaient écouter Just One Night, un live de 79 d’Eric Clapton avec Albert Lee en seconde guitare. Je n’ai pas tout aimé mais j’ai eu un coup de foudre pour ‘Double Trouble’, je me suis tourné alors vers Otis Rush et le Chicago blues, la vraie musique afro-américaine, et je me noie depuis dans le blues et le jazz.
J’ai commencé à travailler la guitare vers 17 ans en jouant sur les disques de Chicago blues, j’ai eu l’opportunité de faire mes premiers concerts sur Dunkerque avec Eric Liagre (King Pepper Band) et Olivier Mahieu, puis j’ai rencontré Norman Rosaia, Stéphane Moureu pour les aventures avec le band Blues Eaters et j’ai monté mon quintet Thom and the Tone Masters.    


Te souviens-tu du premier blues ou rock entendu ? 

Double Trouble d’Otis Rush, ‘Last Night’ par Little Walter.

Quelles ont été tes principales influences ?
Mes principales influences ? Il y en a tellement ! En fait dès qu’un son me parle, un phrasé, je fais la démarche d’aller plus loin, de découvrir l’artiste plus en profondeur. Je me passionne depuis plusieurs années maintenant pour les guitaristes de jump blues, de blues de la West Coast, de jazz aussi, j’aime quand le blues se mélange avec le jazz et inversement. Je suis également fort influencé par les saxophonistes, les organistes.

Quels musiciens entrent dans ton panthéon personnel ?
Je ne suis pas trop fan pour placer telle ou telle personne dans un panthéon, mais on peut citer Bill Jennings, Goree Carter, Tiny Grimes, Jimmy Vaughan, Earl Hooker, Herb Ellis, Ike Turner, Johnny Moore… Sam Lazar, Jack McDuff, Coleman Hawkins, Stan Getz, Leo Parker et des plus contemporains comme Junior Watson, Alex Schultz, Big Al Blake etc… tu vois ça part dans tous les sens et j’en oublie.

Où et quand le band a-t- il fait son premier concert ?
Le premier concert de Thom and the Tone Masters a eu lieu dans un bar mythique de Rouen, le Saxo, ce concert nous a permis de régler la setlist pour le Blues Café Live, l’émission de radio de Walter de Paduwa pour la RTBF : cette belle soirée a eu lieu le 18 novembre 2016.

Maintenant combien de concerts par an ?
Pas autant que nous le souhaiterions mais de très belles dates réalisées et à venir. Nous développons le show, qui est de plus en plus évolué, et qui s’enrichit cette année avec l’arrivée de deux pianistes et organistes de talent, Frédéric Scamps et Bruno Duyé. Nous développons le travail de composition au maximum.

Quelle a été ta plus belle expérience sur scène ?
Je ne dirais pas que ce sont les plus belles, il y en a beaucoup, mais dernièrement, nous étions à l’affiche du festival Jazz en Nord, au mois d’avril, dans la belle salle de la MJC de Croix près de Lille, c’était la première avec notre nouvel organiste, Frédéric Scamps : c’était un concert plein d’émotions, d’échange avec le public et avec les musiciens, avec des prises de risque, de la spontanéité.
Il y a aussi nos concerts en club en Pologne dans le cadre du Suwalki Blues Festival l’année dernière, de très bons moments.
blues thom and the tone masters
En quoi la scène est-elle indispensable ?
Le blues, le jazz sont des musiques organiques, ce sont des musiques faites pour le live, il y a une atmosphère unique sur scène, une prise de risque, un échange avec le public et l’humeur du jour, c’est un peu ça aussi le blues, un instant, une histoire.
Je pense que la scène fait vivre ce type de musique, qui n’est pas née dans les salons, il est dommage que tant de clubs ferment et que beaucoup de festivals n’aient pas les subventions qu’ils méritent… alors que d’autres ont un budget colossal pour des programmations aberrantes.

Comment le band est-il né ?
Je suis un grand fan de la musique instrumentale des années 50, notamment les petites formations mélangeant la guitare, le saxophone et le piano, jouant du jazz, du blues, je pense que le style n’était pas « fiché » comme maintenant… Je découvre chaque jour des morceaux géniaux, racontant tous une histoire. J’ai souhaité monter un quintet dans cet esprit mais en apportant de la modernité et beaucoup de création. On peut simplifier en disant que Thom and The Tone Masters est un quintet de rhythm’n’blues instrumental original et unique en son genre

Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène…
Beaucoup de bons souvenirs, je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y en a des mauvais mais parfois toutes les conditions ne sont pas réunies (son, installation, etc…)

Et de belles rencontres tu as dû en faire…
Il y en a eu pas mal depuis que je fais de la scène, mais là à l’instant je pense à Walter de Paduwa, de l’émission Classic 21 qui nous a bien aidé à sa façon lors du lancement du premier album Rhythm Shot et dernièrement j’ai fait la connaissance d’Andreas Arlt, de BB and the Blue Shacks, groupe que j’apprécie beaucoup, j’ai une pensée aussi pour Jeff Scott Fleenor de Delta Groove records, David Mac de Blues Junction et Done T-Bone Erickson.

Comment définirais-tu votre style ?
Le mien ?  Gaucher ! Pour le groupe, Vintage Sound, New Swing,blues thom and the tone masters résume bien le concept : un quintet de rhythm and blues instrumental avec un son vintage, mais une approche résolument moderne tournée vers la création et une réelle identité. Nous ne sommes ni un groupe de covers, ni un groupe des années 50 !

Sur quels genres de guitares joues-tu ?
Il y a quelques temps, j’en avais pas mal, c’était devenu un peu compulsif, et puis les aléas de la vie ont fait que j’ai dû en vendre une grosse partie, notamment une Gibson ES330 Cherry Red de 64, ce qui m’a valu des consultations chez le psy.
Actuellement je joue sur un modèle fait pour moi par le luthier lillois Patrick Robert, similaire à une Silvertone avec deux Gibson P13 et un vibrato. J’ai également deux modèles fais par le luthier californien Dan Dunham, et dernièrement j’ai refait l’acquisition d’une Gibson ES330, cela faisait partie de ma thérapie, j’ai suivi les conseils de ma psy, elle va mieux.

Comment est né le CD Rhythm Shot ? Et comment as-tu décroché le Blues Junction Award ?
Comme je l’explique plus haut, je suis un grand fan de rhythm’n’blues instrumental, et aussi de musiques de films, et je voulais monter un projet ou chaque morceau raconte une histoire avec un thème, une mélodie, une structure, tout en restant de la musique live.
J’ai immédiatement pensé à Stéphane Moureu, un ami très proche, batteur, nous étions tous les deux membres du groupe Blues Eaters auparavant, son style de jeu unique très épuré est une pièce essentielle du combo. Installé à Rouen, il m’a présenté Bertrand Couloume, contrebassiste (notamment avec Little Bob), qui m’a présenté Eric Preterre (saxophoniste) et Franck Deshays (deuxième guitare). Le premier album a été enregistré au studio du Flâneur à Rouen, son patron, Christophe Pélissié est un orfèvre du son.
Cette année le combo a évolué avec l’arrivée de Frédéric Scamps, organiste (Thiéfaine, France Gall, Johnny Hallyday, Emilie Simon…) et Bruno Duyé, pianiste de boogie blues (Nirek Mokar, Jean-Paul Amouroux, Chase Garrett (US), David Giorcelli (ES), Frank Muschalle (DE).
J’aime beaucoup le superbe label californien Delta Groove, et étant en contact avec Jeff Scott Fleenor, je lui ai fait parvenir quelques CDs de notre premier album, il a beaucoup aimé et en a transmis un exemplaire à David Mac du Webzine Blues Junction, et nous avons obtenu cet Award du meilleur album de blues instrumental 2016, une belle récompense pour le groupe.

Quels sont les projets du groupe pour les mois à venir ?
De bellesblues thom and the tone masters dates, mais que je ne peux toujours pas annoncer. Et nous allons encore plus loin puisque nous avons signé avec une maison de disque parisienne pour la production d’un EP, nous retournerons donc enregistrer dans le studio du Flâneur (où a été enregistré Rhythm Shot) au mois de Juillet, avec donc un album en préparation.

Quelques mots sur la scène blues de Dunkerque…
On peut citer les belles jams et concerts chaque mois au Red House (organisés par Eric Liagre), et le club de blues Le Zapping à Grande-Synthe qui fait jouer du très beau monde. En terme de festival, il y a le Bay Car Blues Festival organisé chaque année, auquel j’ai eu la chance de participer plusieurs fois.

Pour parler d’autre chose, quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Le bricolage ? Non je plaisante. Comme je le disais je suis un grand fan de littérature américaine (Jim Harrison, James Baldwin etc…) et de cinéma ce qui a une influence sur ma musique et ce que j’écoute. Et j’aime ne rien faire quand j’ai un peu de temps aussi.

Un lieu où tu aimes te retrouver ?
Là, maintenant j’aimerais retourner en Ecosse, et j’aime aller me reposer en Ardèche régulièrement, et puis j’aimerais retourner aux Etats-Unis aussi.

Un dernier mot…
Venez nous voir en concert, continuez à écouter de la vraie musique, sortez voir et écouter de la musique live, achetez mes disques, hahaha ! Plus sérieusement, merci aux gens vrais et authentiques, à ceux qui sortent des cases.

Gilles Blampain – mai 2018

www.thomandthetonemasters.com/

blues thom and the tone masters