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04/17
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Interview
THE STEADY ROLLIN' MEN


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Energie rock, atmosphère bluesy, le répertoire du band reste ouvert et laisse entendre pop, soul, country ou funk. L’interview, c’est le chanteur qui s’y colle.

Blues Again : Tu es guitariste, chanteur, mais encore…
Xavier Berland : J’ai bientôt 22 ans et je suis né dans la Drôme à Romans sur Isère. Malgré des défauts certains, cette ville est moblues n port d’attache, plus pour ce qu’elle symbolise que pour ce qu’elle est vraiment d’ailleurs. C’est là que mes parents se sont rencontrés, que j’ai rencontré au lycée la fille qui partage ma vie depuis…  Là où j’ai fait des rencontres, belles et moins belles, en tout cas influentes sur ma vie et la personne que je suis aujourd’hui. J’aime énormément de choses, curieux de tout ; j’aime passer du temps avec mes amis, ma famille, et surtout deux passions, la musique, et le ballon rond. J’aime jouer, regarder du foot, aller au stade surtout. En musique, mon truc c’est la guitare et le chant – surtout les deux en même temps. J’ai commencé à jouer avec Jean-Noël quand nous avions 14 ans ; on a appris ensemble, par nous-mêmes, en copiant ce qu’on pouvait entendre sur nos disques d’AC/DC ou sur internet… Et en tant qu’autodidacte du coup, mon parcours musical ce résume à cela !  Dans le band je tiens la guitare rythmique et je chante, Jean-Noël Aunet est le guitariste solo, Jordan Balssa est à la basse et Jonathan Thivillier à la batterie.

Comment cela a-t-il démarré ?
Le groupe est né lorsqu’en 2011 avec Jean-Noël on décide de jouer sur scène, après avoir passé à peu près deux ans à gratouiller et à écrire des chansons. On était alors un duo, et on a saisi l’occasion qui se présentait près de chez nous : un restaurant organisait une « scène ouverte ». On y a rencontré Jonathan. Ce fût la naissance de The Steady Rollin’ Men.

Qui imprime la couleur musicale du groupe ?
Elle est le résultat d’un mélange de cultures différentes et de goûts musicaux éclectiques. Nous aimons tous les quatre différentes choses, ce qui donne ce métissage si particulier. Donc, un peu tout le monde.

Le style du groupe, tu le définies comment ?
Un métissage de musiques d’influences africaines-américaines. Certains disent  blues-rock. Pourquoi pas ! Je n’ai rien contre.

L’origine du nom?
Robert Johnson bien-sûr ! On cherchait un nom de groupe avec Jean-Noël. On a pris exemple sur les Rolling Stones, qui avaient choisi leur nom en référence à un titre de Muddy Waters. On aimait bien le titre ‘I’m A Steady Rollin’ Man’ de Robert Johnson, du coup, étant deux, on a mis ça au pluriel et ça a donné The Steady Rollin’ Men. Ça sonne pas du tout, les gens n’y comprennent rien et ne le retiennent pas, mais c’est Robert Johnson. C’est la base.

Comment s’est fait la rencontre entre vous ?
Jean-Noël est mon meilleur ami depuis que je sais marcher. Jonathan a rejoint le groupe après avoir joué avec nous lors de cette scène ouverte dont je te parlais plus haut, en 2011. Jordan, lui nous a été présenté par un ami commun, il a rejoint le groupe en janvier 2012. Mais si tu veux de l’exclu, la légende raconte que je faisais du judo avec lui quand on avait 6/7 ans ! On s’est retrouvé 10 ans plus tard grâce à la musique.

Premier blues ou rock que entendu ? 
Bien sûr! ‘Riding With The King’, Eric Clapton & BB King. Deux monstres ensemble sur un album. Et quel album… C’est toujours un de mes classiques.

Tes principales influences…
Elles sont multiples. Pour ma part, mes premières émotions musicales sont venues avec AC/DC, qui m’a emmené au blues. Je me suis petit à petit ouvert au jazz, à la soul, au rhythm’n’blues, funk, hip-hop… Du coup mes principales influences sont en fait les musiques africaines-américaines dans l’ensemble.

3 ou 4 musiciens ou chanteurs de référence qui font l’unanimité dans le groupe ?
Hm… c’est compliqué, comme je te disais, on aime vraiment tous des choses différentes. Mais du coup je pense qu’il n’y a qu’un seul groupe où l’on se retrouve tous, c’est Led Zeppelin.

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ?
Le Relais des Mailles à Laveyron, le fameux restaurant ou a eu lieu cette scène ouverte en 2011.

Maintenant combien de concerts par an ?      
C’est très irrégulier, trop pour pouvoir te répondre. Pas assez, c’est sûr, mais la situation de chacun des membres du groupe (2 étudiants, 2 qui pratiquent une activité professionnelle) fait que nous ne pouvons accorder l’entièreté de notre temps à la musique… Pour l’instant.
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Quelle a été la plus belle expérience sur scène ?
J’en ai beaucoup… En 2012 on a joué à La Nuit du Blues de Salaise sur Sanne. A tout juste 17 ans ! C’était incroyable, surtout qu’on partageait la scène avec Mike Avery & West Side Soul, avec Bill Dickens à la basse. Ils m’ont fait monter sur scène à la fin de leur set, j’ai pu chanter un bon vieux blues avec Mike Avery et le groupe, tout en représentant le mien… C’était énorme. Incroyable.
Notre concert anniversaire pour fêter nos cinq ans et la sortie de notre album The Flowers Of Hope le 29 Octobre dernier, c’était le plus émouvant. Toute ma famille était là, mes amis… Je ne me suis jamais senti aussi bien sur scène que ce soir-là.

Alors, pour toi le live est essentiel… 
Pour te remettre en question, te soumettre à un œil et une oreille étrangère à ta musique, entendre des nouvelles critiques fraîches et éviter ainsi de te reposer sur tes lauriers et de te complaire dans la critique subjective de ta famille et de tes amis. Je pense.

The Steady Rollin’ Men, plaisir et partage de la musique ou entreprise professionnelle ?
Clairement pour le plaisir. Certains musiciens ou groupes ont un rapport « métier » à la musique, mais ce n’est pas mon cas. Pour moi, c’est une passion, un truc que j’ai en moi et que je fais parce que j’aime le sourire que ça met sur le visage des gens qui me disent « votre musique me fait du bien ». J’arrêterai le jour où j’aurai l’impression d’aller au boulot.

Répétez-vous beaucoup ou cela n’est pas trop nécessaire ?
C’est évidemment nécessaire quand on prépare un nouveau spectacle ou un gros concert, comme c’est le cas en ce moment. Même si il y a une osmose dingue entre nous, on essaye de répéter une fois par semaine quand il y en a besoin. En période creuse, on se donne du temps, qu’on peut consacrer à nos amis, familles, etc.

Comment est né le CD The Flowers Of Hope ?
The Flowers Of Hope est notre quatrième album.
On a travaillé longtemps sur les compositions (il n’y a aucune reprise sur l’album). Le travail de composition a duré presqueblues deux ans, on a du coup essayé de proposer un travail cohérent dans son ensemble avec des textes et compositions autour d’un même thème : l’espoir.
L’album comme toute création artistique est inscrit dans une époque et un contexte ; dans le cas The Flowers Of Hope, c’est un contexte très noir, morose, dans lequel les gens ont peur et s’isolent. Nous dans cet album on parle donc d’espoir, comme d’une lumière qu’on peut rallumer lorsque tout autour semble sombre.
Il a été enregistré au studio Le Nodal à Annonay, chez nos deux amis Romain et Vincent. Ils nous ont toujours accompagnés dans notre parcours, et lorsqu’ils nous ont annoncés qu’ils montaient un studio, le choix pour notre prochain album était tout fait ; nous ne le regrettons absolument pas. Cet album est le résultat d’un travail dans la bonne humeur entre potes. Tout était plus facile avec eux. Il n’est pas distribué, autrement que par nous-mêmes, sur les concerts, et par expédition. On s’autoproduit vraiment de A à Z !

Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène…
Un seul bon souvenir ? T’es dur. Le 29 octobre 2016 à La Presqu’Ile (Annonay) alors. Sortie d’album, anniversaire du groupe, toute la famille et les amis dans la salle. Si je devais me rappeler d’une seule chose de toute mon aventure musicale ce serait ce moment-là sans hésiter.
Pour le mauvais souvenir, faut chercher, parce que même les mauvais ont amené de bonnes choses à la fin… Par exemple ce concert en Ardèche dans un bar où les gens essayaient de couvrir le bruit que l’on faisait sur scène du son de leur voix. C’était hyper humiliant haha ! Je me sentais inutile et je voulais vraiment finir et m’en aller. Heureusement, 4 jeunes étudiants étaient là pour écouter notre musique, du coup je me suis concentré sur eux, ils m’ont vraiment aidé à aller au bout. A la fin du concert ils nous ont emmenés chez eux où on a partagé quelques bonnes bouteilles et quelques belles histoires. Tu vois, y a toujours du bon, même dans le mauvais !

Il y a sûrement eu d’autres belles rencontres…
On en a fait un tas !
Je me rappelle par exemple avoir rencontré Mac Arnold à l’hôtel lors du festival de Blues sur Seine en 2013. On participait au Tremplin National, où on avait gagné le prix Club Mississippi d’ailleurs. Bref, toujours est-il que le lendemain matin, on se lève pour aller au petit-déjeuner, et j’aperçois un vieil homme noir, un chapeau vissé sur la tête. Je me dis qu’il doit être Américain, donc je l’aborde en anglais et on se met à discuter. Je lui demande naïvement « Are you a musician ? », et il me répond que oui, qu’il joue au festival avec son groupe, Mac Arnold and Plate Full O’ Blues. Bref on discute un peu, on partage une table, un café, et on prend la route pour rentrer chez nous.
Une fois arrivé chez moi je prends mon ordinateur, je tape « Mac Arnold » sur Google, et je trouve sa page Wikipédia. Le type était né dans les années 40 en pleine ségrégation, et il avait eu une carrière monstrueuse, jouant aux côtés de James Brown, Muddy Waters, BB King, Otis Spann, John Lee Hooker… Je ne m’en suis toujours pas remis.
Je lui ai envoyé un mail suite à notre rencontre, il m’avait alors répondu que nous étions conviés à venir jouer dans son restaurant si on avait envie un jour. J’ai vraiment été frappé par l’humilité de cet homme… Imaginez 5 secondes la tête d’une « star » si vous lui demandiez « Vous êtes musicien ? Vous êtes qui ? ». Lui m’a souri, a déjeuné avec nous, et nous a appris une grande leçon d’humilité.

Quels sont les projets du groupe pour les mois à venir ?blues
Nous préparons un gros concert le 25 Mars ; nous jouerons au festival de La Meuh Folle à Alès, où l’on figure à l’affiche aux côtés de groupes comme Dub Inc, Les Motivés, Yannis Odua, Highlight Tribe… Un gros festival donc avec des groupes dans un registre très différent du nôtre, mais que l’on affectionne également. Ce sera une belle soirée dans une belle salle où l’on attend 4000 personnes. On a hâte d’y être.

Un lieu favori…
J’aime la Drôme, mon département. Que ce soit ma ville natale de Romans sur Isère, mon village de La Motte de Galaure, le Royans chez mon grand-père, le Vercors… Je m’y sens partout chez moi.

Quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Comme je disais plus haut, le foot ! Mais pas seulement. Je fais aussi des études qui me passionnent, je suis en Master d’Anglais et je suis passionné par l’histoire des Africains-Américains. Et oui, du coup, le blues, c’est pratique…

Derniers coups de cœur musicaux ?
En ce moment je suis dingue de Vulfpeck, et de tous les musiciens géniaux qui gravitent autour ! Joey Dosik, Cory Wong… Ils sont excellents. Ils sont peu connus en France encore, et gagnent à être découverts ! Foncez les écouter.

Pour le groupe, quel serait le rêve le plus fou ?
Continuer de se faire plaisir, et toucher un maximum de gens avec notre musique.

Un dernier mot…
Ne perdez jamais espoir. Les fleurs poussent encore, il suffit de les cueillir… 

Gilles Blampain – janvier 2017
www.facebook.com/TheSteadyRollinMen

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