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12/18
Chroniques CD du mois Interview: LITTLE MOUSE & THE HUNGRY CATS Livres & Publications
Portrait: CHARLES BROWN   Dossier: SPECIALTY RECORDS
 


Interview
THE JAMWALKERS


KING KONG BLUES
king kong blues
king kong blues
king kong blues
BLUES thom and the tone masters




Un power trio explosif et éclectique qui revendique diverses influences pour créer son propre style avec un son particulier.  

Blues Again : Commençons par le début…
Thibault : Je suis originaire d'un petit village des Yvelines, mes parents m'ont transmis leur amour de la musique etblues the jamwalkers m'ont permis de faire du piano très tôt. J'ai fini par abandonner vers 12ans sans jamais vraiment avoir su jouer, puis comme un déclic j'ai découvert la basse après avoir écouté les albums Californication (Red Hot Chili Peppers), Tragic Kingdom (No Doubt) et Origin Of Symmetry (Muse). J'ai acheté une Cort (je ne sais plus quel modèle), un ampli bien merdique, et j'ai appris en jouant par-dessus les CD avant de finalement prendre une année de cours individuel pour avoir un peu de théorie. J'ai joué beaucoup en groupe ensuite, c'est ce qui m'a le plus appris, ça force à sortir de ce que tu sais faire. Aujourd'hui je joue sur une Fender Jazzbass Made in Mexico, et un Hughes&Kettner BK300. C'est petit mais robuste ! Julien peut taper comme une brute, j'ai encore de la marge sur le potard des watts, sans que le son ne perde sa couleur ! Je l'aime, je le caresse là !

Fabien : Je suis également Yvelinois, et j'ai commencé la guitare à l'âge  de 7 ans. J'ai eu la chance grâce à mes parents d'écouter de la bonne musique (Dire Straits, AC/DC, Queen, Pink Floyd etc.), mais aussi de prendre des cours particuliers. Après mon bac, en ayant marre de l'école « standard » j'ai eu la chance d'intégrer la Tech Music School de Londres (école de musiques actuelles réputée). De retour en France je suis passé par le CFPM de Paris puis le conservatoire histoire d'avoir des « diplômes officiels français ».
Pour ce qui est de mes instruments j'en ai beaucoup (certains disent trop, mais je ne suis pas d'accord avec ça). On me reconnaît généralement car je joue beaucoup sur des guitares à résonateurs ou des demi-caisses.

Julien : J'ai grandi à Civry-La-Forêt, petit village de campagne très pratique pour travailler son instrument ! J'ai commencé la batterie à 13 ans suite à une révélation lors d'un festival en Espagne où je suis resté littéralement scotché devant le batteur, à mon retour j'ai donc commencé l'apprentissage de la batterie avec M. Jacques Philippe Laurent, qui n'a fait qu'accroître ma passion pour cet instrument au point de vouloir en vivre. Durant ce chemin d'apprentissage je suis passé par l'école ATLA, Agostini et l'ENM de Mantes-La-Jolie où j'ai rencontré Fabien qui par la suite me proposera de lui faire perdre quelques points d'audition en intégrant The Jamwalkers.

Comment le groupe est-il né ?
Fabien : Ce groupe est né de mon envie de partager mes compositions avec un public un peu plus nombreux que celui présent dans ma chambre... C'est longtemps resté qu'une simple idée, mais un jour j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai proposé le projet à un autre chanteur/guitariste. Le groupe a commencé comme ça, en duo.
Au fil du temps, le groupe a évolué, et les membres du groupe aussi, jusqu'à arriver à la formule power-trio qui nous caractérise aujourd'hui.
J'ai rencontré Julien au conservatoire. On cherchait un batteur pour le groupe, et vu qu'il partageait les mêmes influences musicales que moi, ça paraissait évident que je lui propose de venir jouer avec les Jamwalkers. J'ai rencontré Thibault par l'intermédiaire de Julien puisqu'ils avaient tous les deux fait partie d'un même groupe.

Vous souvenez-vous du premier blues ou rock entendu ? 
Fabien : Pour moi c'était Johnny Hallyday. Puis j'ai commencé à m'intéresser au rock anglophone lorsque j'ai entendu dans un jeu vidéo la chanson ‘TNT’ d'AC/DC. Je me souviens de m'être pris une claque monumentale et d'avoir demandé à mes parents de m'acheter le CD. A partir de là j'ai écouté tous les grands classiques du rock (Led Zep, Deep Purple, Guns n’Roses...)  pour progressivement m'intéresser à leurs influences : le blues, puis le Delta-blues...
Thibault : Sûrement ‘Johnny Be Good’ dans retour vers le futur.

Qui imprime la couleur musicale du groupe ?
Fabien : On joue principalement mes compos donc on va dire que j'apporte la ligne directrice, mais qu'ensuite chaque membre du groupe est actif dans la couleur et le style des Jamwalkers. Chacun apporte sa patte avec ses arrangements, ses idées, son style de jeu, son son. On arrive à quelque chose de cohérent parce que c'est un travail d'équipe.
blues the jamwalkers
D’où vient ce nom ?
Fabien : Lonblues the jamwalkersgue histoire qui parle de confiture et de gens qui marchent dedans...

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ?
Fabien : C'était en juin 2014 à Issy les Moulineaux, on a fait la soirée d'ouverture du Maryland Music qui aujourd'hui n'existe malheureusement plus.

Maintenant combien de concerts par an ?
Fabien: C'est un chiffre qui évolue. L'an passé on en a fait une vingtaine. Cette année on est presque à ce chiffre au mois de juin. On espère que ça va continuer dans ce sens !

Quelle a été votre plus belle expérience sur scène ?
Thibault : Mon premier live avec The Jamwalkers pour un tremplin. Un retour sur scène musclé après 2 ans de pause.
Fabien : On a eu l'occasion de faire de belles scènes, partager l'affiche avec de super groupes, jouer devant de super publics... Difficile de choisir un seul souvenir.

En quoi la scène est-elle indispensable ?
Thibault : La scène permet de démultiplier le plaisir en mettant à l'épreuve notre propre excitation. De base on fait une musique qui nous plaît, mais quand tu réussis à capter un public, ça te conforte dans l'idée que ce que tu fais dépasse ton propre plaisir. Ça pourrait parfois être l'inverse, mais on n'est jamais tombé sur un public saoulé par notre musique. La scène permet de se dépasser, donner le meilleur de toi-même pour transmettre l’énergie de 3 zicos, à une foule de 500 personnes (parfois moins).blues the jamwalkers
Fabien : 100% d'accord avec Thibault. La musique c'est un peu un combat quotidien. Entre démarchages, administratif, communication, coups de téléphone, paperasse, répétitions acharnées... Alors quand on monte sur scène et que le public renvoie notre énergie, on se dit qu'on ne fait pas tout ça pour rien. Ce petit bout de plaisir, d'adrénaline, vaut vraiment le coup !
Julien : C'est comme le sexe, seul c'est sympa mais partagé c'est tout autre chose !
Plus sérieusement c'est sur scène que nous pouvons faire vivre notre musique et emmener le public dans notre univers. C'est le moyen de partager notre musique avec le plus grand nombre, une bonne façon de tester la réaction du public à nos morceaux et puis bon, la scène reste quand même le plus important, les répétitions et les enregistrements sont là pour aboutir au live.

Un bon souvenir de scène… et un mauvais pourquoi pas…
Thibault : Pas de mauvais souvenir, je ne me focalise que sur les bons souvenirs, des têtes qui bougent en rythme, des gens qui dansent, qui s'éclatent, globalement de transformer un public curieux, en foule conquise. Quand tu as un bon échange avec l'équipe technique aussi, ça contribue vachement.
Fabien : J'ai quand même quelques mauvais souvenirs, quand justement les gens ne bougent pas malgré tous tes efforts, et te demandent de jouer du Kendji Girac à la place de ta musique. C'est rare mais ça arrive. C'est l'effet Ricard, mais il faut dire qu'on est moins bons que Kenji aussi. Au final on y repense en rigolant, et ça devient des bons souvenirs... Donc oui on n'a que des bons souvenirs en fin de compte ! Ah ah !
Julien : Une salle blindée avec des gens qui sautent dans tous les sens c'est pas mal comme souvenir !  Sinon les mauvais souvenirs font rire maintenant, comme avoir une batterie de backline dans un état de décrépitude extrême et se prendre pour un magicien quand tu arrives à en faire quelque chose qui ressemble à un instrument.

Et les rencontres…
Fabien : Déjà il y a les deux supers musiciens avec qui j'ai la chance de jouer et de partager de bons moments. Et ensuite, des groupes avec qui on a partagé des scènes, des personnes ayant assisté à nos concerts, etc.

3 ou 4 musiciens qui font l’unanimité dans le groupe… 
Bonamassa (pour la musique plus que le chant), Bjorn Berge, Derek Trucks et Robert Johnson.

Comment définiriez-vous votre style ?
Fabien : Je dirais qu'on joue du Dirty Blues. Un bon gros mélange entre une base blues et des sons plus rock, de la country, mais aussi de la musique ethnique et psyché. Bref un melting-pot de « bonnes musiques ».

Comment sont nés The Story Of Sharky Jones en 2015 et le EP Almost Free en 2017 ?
Fabien : On a enregistré The Story Of Sharky Jones en home studio dans la cave de mes parents. Aventure complètement « do it yourself » de l'enregistrement jusqu'au pressage du CD, puisqu'on les gravait nous-mêmes. J'ai aussi passé un nombre incalculable d'heures à coller les pochettes etc...
Pour Almost Free, on a mis plus de moyens, puisqu'on est allés en studio et on a fait un vrai pressage CD. Etant autoproduits nous n'avons pas de distribution physique (les CDs sont en vente sur notre site et à nos concerts), mais les morceaux sont disponibles sur Spotify et Deezer.

Quelles sont vos sources d’inspiration pour écrire et composer ?
Fabien :  Sur l'album The Story Of Sharky Jones il s'agissait d'une série de chansons qui racontent l'histoire d'un personnage fictif Sharky Jones, de sa naissance à sa mort. Tandis qu'Almost Free, et les nouvelles compos, ça parle plus de la vie de tous les jours, de lectures, d'envies, de rêves.

En dehors du rock, du rhythm’n’blues, appréciez-vous d’autres styles musicaux ?
Fabien : Je crois qu'il serait plus rapide de demander ce qu’on n’aime pas... Parce qu'à part ce qui est « mainstream » sur les radios (rap, electro, variété mielleuse...) je crois que j'écoute de tout... Rock, blues, métal, jazz, funk, musique classique, musique folklorique, grunge, etc. D'ailleurs je pense que c'est pour ça qu'au-delà de l’esthétique blues-rock de notre musique, on peut retrouver bien plus d'influences de genres variés dans notre style...
Thibault : J'écoute beaucoup de métal (Tool, Hacride, Lamb Of God...), beaucoup de stoner (1000mods, Red Fang ...), et j'aime beaucoup le mélange des genres ou fusion au sens large (Snarky Puppy, Wulfpeck, Camille...). Hormis la variété française et la pop mainstream, il n'y a pas beaucoup de courants musicaux vers lesquels je ne me suis pas aventuré.
Julien : J'essaie d'ouvrir mes oreilles et développer mon jeu à différents genres musicaux comme le  jazz, reggae, funk, musiques du monde (Cubaine, Africaine, Indienne).

Quels sont les projets du groupe pour les mois à venir ?
Fabien : Continuer de faire un maximum de dates, et enregistrer notre album car on n'a pas mal de nouvelles compos depuis le dernier CD Almost Free enregistré fin 2016.
Julien : ...et boire quelques bières !

Quels sont vos hobbies en dehors de la musique ?
Thibault: Je pratique l'apiculture, je fais aussi ma propre bière.
Fabien:  Je fais du kayak, pas mal de randonnées et camping, je lis beaucoup, et j'aime bien bricoler aussi (me créer des amplisblues the jamwalkers, des pédales d'effets, sculpter, forger...).

Un lieu où vous aimez vous retrouver ?
Fabien : La campagne et la forêt en général.
Thibault : Mon home studio, et mon lit !

Derniers coups de cœur musicaux ?
Julien : En ce moment j'écoute Anoushka Shankar.
Fabien : J'écoute le dernier CD d'Einar Selvik et Ivar Bjornson Hugsjà. Je me suis aussi replongé dans ma discographie des Delta Saints, rien de mieux pour me donner la pêche !
Thibault : Je suis tombé tardivement sur l'album The Savage Heart de The Jim Jones Revue. La présence du piano avec une pêche de tous les diables, ça mettrait de bonne humeur le plus maussade des musiciens !

Pour le groupe, quel serait le rêve le plus fou ?
Fabien : Pouvoir vivre uniquement de ça, et faire de grosses salles avec un public déchainé. 
Julien : Pourquoi pas une tournée mondiale, déjà un petit tour aux Etats-Unis serait pas mal.
Thibault : Partager la scène d'un gros festival avec Rival Sons, The Black Keys ou Bukowski... genre Les Vieilles Charrues. 

Gilles Blampain – juin 2018

http://thejamwalkers.com/

blues the jamwalkers