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09/21
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Interview
THE HOWLIN' BLUES TRIO


KING KONG BLUES
king kong blues
king kong blues
BLUES the howlin blues trio





Le trio joue avec une belle ardeur, swing, boogie, blues, country, rockabilly... C’est dynamique, enlevé, les bonnes vibrations sont là.    

Votre trio existe depuis plus de 15 ans, comment s’est fait la rencontre entre vous ?
Julien : Je rentrais tout juste d’un voyage à Austin, Texas, et en discutant musique avec le boulanger du coin, il m’a permis de rencontrer l’harmoniciste qui avait son atelier de joaillerie à deux pas de là. On peut dire que c’est un « pain » qui nous rapprochés.
Robin :
Au « cross-road » de la Barrière de Toulouse à Bordeaux.
Shakey :
Notre rencontre s’est faite dans mon atelier du ‘blues’, Barrière de Toulouse à Bordeaux, mais j’ai rencontré Vincent lors de Jam session au comptoir du Jazz et Julien s’est présenté à moi grâce à notre boulanger du quartier qui savait que nous partagions la même passion musicale.

Quel est votre port d’attache ?
Julien : Dobor.
Robin : Le port d’Amsterdam.
Shakey : Entre deux eaux : Garonne et Bassin d’Arcachon.

Auriez-vous chacun l'amabilité de vous présenter brièvement...
Julien : Je suis né à côté de Lyon, j’ai grandi en Aquitaine, études puis travail à Bordeaux, je joue du plus bel instrument au monde : la contrebasse.
Robin : Vincent Jamet dit ‘Robin Hookins’ Normand de naissance puis Bordelais, l’aventure du blues commence vraiment en terre girondine à la majorité. C’est dans les murs du Comptoir du Jazz à Bordeaux que mon jeu de guitare et piano va s’étoffer grandement. L’asso du Marine Band club et les nombreuses rencontres vont faire le reste, notamment un certains Jean-Noël Hervé.
Shakey : Jean-Noël Hervé dit ‘Shakey’, issue d’une famille déracinée d’Algérie française, arrivé à l’âge de 4 ans j’ai grandi au cœur de Bordeaux, fortement attiré depuis toujours par la musique noire américaine, j’ai décidé sur le tard de me mettre à l’harmonica et créer presque aussitôt mon premier groupe, et bien plus tard en 2002 avec la rencontre de mes deux compères, je me suis mis au chant.

Quelles ont été vos influences ?
Julien : D’abord rock alternatif, puis psychobilly, puis un retour vers la musique noire et blanche américaine des 40/50’s.
Robin : Dans un premier temps la variété internationale et française puis les années vont me faire découvrir le blues.
Shakey : Tous les styles de blues, Delta, Chicago, West coast.

Après tant d’années d’existence peut-on faire un bilan ?
Julien : Un peu mal au dos.
Robin : Non.
Shakey : Le bilan peut se résumer en disant une très belle rencontre amicale, complice, musicale et durable.

Si le band avait une devise, quelle serait-elle ?
Julien : Des cordes, du souffle et des tripes.
Robin : L’énergie (?)
Shakey : Prendre toujours autant de plaisir à transmettre notre passion.

Parmi 3 ou 4 musiciens ou chanteurs de référence, quels sont ceux qui font l’unanimité dans le groupe ? Julien : Hooker et Little Walter, Sonny Boy Williamson, bien sûr « Big Willie ».
Robin: Les grands bluesmen, Howlin’ Wolf, John Lee Hooker, James Cotton, Willie Dixon. Pour ne citer qu’eux!
Shakey : Howlin’ Wolf, John Lee Hooker, Pinetop Perkins, Little Walter et Walter Horton…

Vous souvenez-vous du premier blues ou rock que vous avez entendu ?
Julien : Non, plus précisément.
Robin : 33 tours American Folk Blues Festival.
Shakey : Le double album Chess de Sonny Boy Williamson, c’est la révélation pour moi.

Qui imprime la couleur musicale du groupe ?
Julien : Chacun amène sa patte, c’est le côté sympa du trio. Mais la culture « blues » de Jean-Noël, l’harmoniciste, m’a impressionnée, au début, Il m’a presque tout fait découvrir dans le blues.
Robin : Le teinturier.
Shakey : Vincent pour le côté roots et Julien pour le côté rockin’blues, et moi je saupoudre le tout avec mon harmo et ma voix éraillée.
BLUES thehowling blues trio
Comment définiriez-vous votre style ?
Julien : Rockin’blues, sans hésitation.
Shakey : Rockin’blues principalement, mais on évolue.

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ?
Julien : Dans un petit bouclar de Bordeaux.
Shakey : Oh c’est vieux tout cela. Je pense que c’était en 2002 dans le quartier St Michel à Bordeaux.

Maintenant, combien de concerts par an (hors période covid) ?
Julien : Nous jouons peu, mais régulièrement. Une à deux fois par mois, en moyenne, environ. Un peu plus l’été.
Robin : 20 à 25…
Shakey : Entre 20 et 30 à peu près.

En quoi la scène est-elle indispensable ?
Julien : Elle rapproche les gens et permet beaucoup de rencontres humaines, et c’est ce qui se perd peu à peu, je trouve.
Robin :
Le public. L’adrénaline.
Shakey : On se nourrit du public, c’est lui qui transfère l’énergie et nous procure l’adrénaline nécessaire à notre musique.

Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène…
Julien :
Le meilleur : une petite « tournée » en Bretagne ... 5 concerts sur 7 jours, je m’en rappelle encore. Et j’y retourne dès demain, si… Le pire : Euh non, rien…
Robin : Bon souvenir : le festival de Pompignac.
Shakey : Je ne garde que les bons souvenirs, première partie de Lurrie Bell, festival de Pompignac (33), Grésiblues (38), La Bonne Ville du Blues (33).

Votre album, Crève-Cœur est paru en mars, comment est-il né ?
Julien : Je trouve que c’est le plus personnel de nos albums. Pas de reprises et des morceaux très imprégnés de nos influences variées respectives (Chicago, boogie, rockab, country). Nous avons bossé dans l’antre de la joaillerie, pendant plusieurs mois, tous les mardis, après le travail. Nico Dubouchet s’est chargé de la prise de son, mixage et mastering et il connaît un peu la chanson. Nous ne sommes pas distribués, nous le vendons aux concerts et sur des points de vente locaux Cultura, Total Heaven (excellent disquaire bordelais).
Robin : Une volonté de faire un nouvel album puis chacun a émis des idées, des compos, des riffs. Le tout bien travaillé et enregistré au domaine de Moulinsart.
Shakey : C’est un album autoproduit, c’est la suite logique de notre histoire. Chacun de nous a apporté ses idées, ses envies, ses influences du moment, et dans la cave de mon atelier nous avons monté nos 12 morceaux représentant notre complicité, il a été enregistré chez Vincent par Nicolas Dubouchet qui avait déjà enregistré notre premier album Back To The Roots et pour la conception de la pochette c’est Michael Bourrousse, le frère de Julien qui est artiste peintre à Paris.

BLUES thehowlin blues trioUne chanson en français ‘Crève-Cœur’, envisagez-vous d’autres créations en version francophones ?
Julien : L’album précédent Hard Times avec également un seul titre en français. Nous sommes restés sur cet équilibre là. A la fois c’est cool d’avoir un titre dans notre langue, mais c’est aussi vite « casse-gueule » le blues en français... Perso, je ne suis pas fan.
Robin : On ne se donne pas de règles on verra le moment venu, selon l’inspiration.
Shakey : On l’a déjà fait et on le refera avec plaisir.

Quels sont les projets du groupe pour les mois à venir ?
Julien : Concrétiser les gigs que l’on booke actuellement pour la saison prochaine. Amen ! Robin : Du live. Shakey : Pouvoir enfin jouer et partager notre album sur scène.

Pour parler d’autre chose, quels sont vos hobbies en dehors de la musique ?
Julien :
La musique est le principal pour moi, (je joue dans plusieurs formations) en dehors de mon « day-job ». Sinon je bricole sur ma vieille 203 de 53 et cruise avec, chiner, les brocs, les soirées entre potes, bien sûr !
Robin : Du sport mais surtout à la télé.
Shakey : Habitant près de l’océan j’affectionne le Surf casting, les balades en bateau ou les virées en Harley Davidson.

Un lieu de prédilection où vous aimez vous retrouver ?
Julien : Retourner au Continental Club, boire des Buds et écouter tous les groupes de tueurs locaux.
Robin : Dans ma maison, à la campagne (où nous avons d’ailleurs enregistré ce dernier album).
Shakey : Moi j’y suis déjà, le bassin d’Arcachon, mais j’aime beaucoup aussi la montagne du pays Basque.

Derniers coups de cœur musicaux ?
Julien : Dans un autre style, je ne me lasse pas de Ray Collins Hot Club.
Robin : Dust Bowl.
Shakey : En ce moment je suis à fond dans le Mississippi Hill country blues, RL Burnside, Robert Belfour, Fred McDowell, et je gratte mon dobro.

Pour le groupe, quel serait le rêve le plus fou ?
Julien : Un « one-shot » sur Mars.
Robin : Un festival blues de grande renommée.
Shakey : Une petite tournée nationale ou même, soyons fous, internationale. Ha, ha !

La question que je n’ai pas posée…
Julien :
J’aime beaucoup votre jazz, ça fait longtemps que vous jouez ensemble ?
Shakey : Une pensée pour tous les Intermittents et tous les lieux qui accueillent du public, et que l’on puisse vite enfin reprendre un cycle de vie normale.

Gilles Blampain – mars 2021

The Howlin Blues Trio album "crève-cœur" -logo youtube

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