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06/19
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Interview
ROSEDALE


KING KONG BLUES
king kong blues
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BLUES LITTLE VICTOR
blues rosedale
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Un duo dynamique où la guitare de Charlie soutient la voix d’Amandyn pour un blues-rock aux accents soul qui fait des étincelles.    

Blues Again : Faisons les présentations…
Amandyn : J'ai grandi en Alsace, dans un petit village du Haut-Rhin. Ce que j'aime le plus, c'est de faire des concertsblues rosedale évidemment, mais également de rêver et de réaliser ces rêves.
Je suis également très attachée à ma famille et j'apprécie les choses simples, les moments simples (comme un plat de pâtes devant un bon film au retour d'une tournée).
Charlie : Je suis né et j'ai grandi à Vitry-le-François, dans la Marne. J'y ai vécu jusqu'en 2016 avant de rejoindre Amandyn en Alsace. Ma vie tourne autour de la musique depuis que j'ai 13 ou 14 ans. Je ne m'en lasse pas. J'aime en écouter, en jouer, découvrir et créer.

Parlez-nous de votre éveil à la musique, votre parcours musical…
Amandyn : J'ai commencé la musique par l'accordéon, à l'âge de 9 ans. C'est à l'âge de 11 ans que j'ai découvert ma passion pour le chant lorsque j'ai vu pour la première fois une chanteuse en live. A cet instant j'ai su que c'était le métier que je voulais faire plus tard. J'ai toujours été attirée par les voix puissantes, les artistes charismatiques comme Janis Joplin, Aretha Franklin, Beth Hart, Robert Plant...
Charlie : Lorsque j'avais 13 ans, mon père m'a fait écouter ‘Stairway To Heaven’ de Led Zeppelin. Pour moi, ça a été une vraie révélation : quand le morceau s'est terminé, j'ai su que je voulais être guitariste. J'ai commencé à harceler mes parents pour qu'ils m'achètent une guitare, chose qu'ils ont refusé pensant que c'était simplement une nouvelle lubie. Quelques mois plus tard, j'ai revendu mes jouets à la foire aux jouets annuelle de ma ville et je me suis acheté ma première guitare dans les petites annonces : une copie Les Paul (sans marque) à 75€. A partir de ce moment, j'ai passé des heures à jouer dans ma chambre tous les jours. J'ai appris en autodidacte, en reprenant à l'oreille des morceaux des artistes que j'aimais.

Vous souvenez-vous du premier blues ou rock que vous avez entendu ? 
Amandyn : Difficile de me souvenir quel était le premier que j'ai entendu... le blues, même discrètement, est toujours présent dans les pubs, les films, certaines radios etc.
Je dirais que les premiers que j'ai entendu étaient Ray Charles et Aretha Franklin.
Charlie : Comme je le disais, pour moi ce fut Led Zeppelin, mais j'ai rapidement découvert Deep Purple puis Hendrix qui m'a encore plus rapproché du blues. Par la suite, j'ai écouté SRV, les 3 King, Gary Moore... Imagine la claque quand tu entends tout ça pour la première fois !

Comment votre duo est-il né ? Depuis quand existe-t-il ?
Charlie : Amandyn et moi nous sommes rencontrés en 2013, sommes devenus proches, et l'idée de jouer ensemble avait commencé à germer dans nos têtes quand un beau festival de sa région lui a proposé une place dans sa programmation... c'était l'occasion idéale pour concrétiser notre envie commune. On a monté un groupe en appelant des potes et en cherchant des musiciens via internet. Tout s'est fait très vite : on répétait le 9 juin 2016, on donnait notre premier concert ensemble le 10 juin 2016. C'est comme ça qu'est né Rosedale.

Pourquoi le choix de ce nom ?
Charlie : On voulait un nom de groupe qui rappelle le nom d'Amandyn (Roses), et on cherchait également un nom qui fasse référence à nos influences. Selon la légende, Robert Johnson aurait vendu son âme au Diable au crossroad entre Rosedale et Clarksdale. Quand Cream a repris ‘Crossroads’ de Johnson, ils ont ajouté la phrase "Going down to Rosedale" qui n'est pas dans le texte original. Johnson cite par contre « Rosedale » dans ‘Travelling Riverside Blues’, ainsi que Led Zep dans leur version de ce titre. Donc Robert Johnson pour le côté blues, Cream et Led Zep pour le côté plus rock... le nom de notre groupe était tout trouvé !

Qui imprime la couleur musicale du groupe ?
Amandyn : Je pense que la couleur musicale du groupe est née de la rencontre de Charlie et moi. Nous avons mélangé nos influences, nos goûts, nos envies, notre sensibilité... et c'est ce qui a donné cette identité à Rosedale. Pour ma part, j'avais envie depuis longtemps, de travailler avec une personne que je pourrais qualifier d'alter ego. Une personne avec qui je me retrouverais à 100% musicalement ET humainement. J'ai tout de suite eu un gros coup de cœur pour le jeu de Charlie et sa façon de composer. Je pense que les choses étaient écrites et que cette rencontre devait voir le jour tôt ou tard.
Charlie : On n'a pas « ressorti » des idées du tiroir quand il a été question d'écrire les morceaux de Rosedale. Tout s'est fait très naturellement, Amandyn et moi étant complètement sur la même longueur d'ondes. On ne s'est pas dit « on va faire du blues/rock », on a simplement commencé à jouer, à composer, à écrire, et au final ça sonne blues-rock parce que c'est le mix parfait entre les couleurs musicales qu'on aime. Nos diverses influences ont également fait que ça ne sonne pas complètement standard. Sur nos 2 albums (Long Way To Go et Wide Awake), il n'y a aucune reprise. On tenait vraiment à jouer notre musique.
blues rosedale
Quelles ont été vos principales influences ? 
Amandyn : A ce jour, ma plus grande influence est Beth Hart. Sa voix, son charisme, sa sincérité, son authenticité... c'est tout ce que j'aime. J'adore aussi Etta James, Janis Joplin ou encore Maggie Bell.
Charlie : Comme je le disais tout à l'heure, mes principales influences sont Led Zep, Deep Purple, Hendrix mais aussi Clapton, SRV, les 3 King, Robben Ford... Je pourrais continuer cette liste pendant des heures. J'apprécie également beaucoup le travail de Bonamassa. Au-delà du fait que c'est un excellent guitariste, son travail permet aux musiciens des jeunes générations de découvrir le blues, un peu comme l'a fait Stevie Ray à son époque, et c'est évidemment une bonne chose. 

Quels musiciens entrent dans votre panthéon personnel ?
Charlie : Si je ne devais en citer qu'un, ce serait Jimmy Page. Pour moi, il incarne le Rock n’Roll. On parle souvent de ce que Led Zeppelin a volé (heureusement, les choses ont été remises à leur place désormais et Willie Dixon etc. sont à présent crédités sur les albums de Led Zep), mais musicalement, ce qu'ils ont créé est énorme. Evidemment, si tu écoutes ‘You Need Love’ de Dixon et ‘Whole Lotta Love’, tu vas retrouver tout le texte en quasi copié/collé, mais ce riff de guitare sur ‘Whole Lotta Love’, cette ambiance psychédélique au milieu, ce son... c'est ÇA, Led Zeppelin !

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ?
Amandyn : Le premier concert de Rosedale était donc le 10 juin 2016 sur un festival en Alsace. On a fait filmer notre passage et on a mis en ligne 2 morceaux de ce premier live. Trois semaines plus tard, une dizaine d'organisateurs de concerts nous avaient déjà contactés pour leur programmation 2017. Tout s'est fait très rapidement.

Maintenant, combien de concerts par an ? 
Amandyn : Une cinquantaine. On essaie de ne faire que des concerts pour lesquels les conditions techniques sont réunies pour que le public puisse apprécier le concert de la meilleure manière. La qualité de ce qu'on fait nous importe énormément et on fait toujours tout notre possible pour qu'elle soit au rendez-vous. On travaille toujours main dans la main dans ce sens avec notre agent pour la France, Cédric Chazaud (Chazaud Productions).

Vous tournez également à l’étranger…
Amandyn : Oui et de plus en plus. En 2018, on a joué en Allemagne, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Suisse... et on compte bien y retourner en 2019 ainsi que dans de nouveaux pays. Notre agent à l'étranger, Florence Miller (Florence Miller Agency), fait un travail fantastique. On adore jouer en France mais on adore aussi jouer ailleurs, où la culture est différente. C'est vraiment intéressant de rencontrer les gens, de voir la façon dont notre musique est reçue. On a eu un accueil particulièrement chaleureux en Allemagne. Nous sommes même en couverture du dernier Bluesnews, le plus grand magazine spécialisé du pays. Un concert, c'est du partage avant tout : de musique évidemment, mais plus généralement du partage d'émotions, de regards, de sourires, et ce langage-là est universel.

En quoi la scène est-elle indispensable ? 
Charlie : La scène, c'est la base et le but de tout. Les deux choses qui comptent le plus pour moi en musique, c'est créer et jouer sur scène. Les heures de travail dans l'ombre, les heures sur la route, tout ce qu'on fait, on le fait pour vivre cet instant de communion avec le public. Sans quelqu'un pour l'écouter, la musique n'est rien.

Présentez les musiciens qui vous accompagnent…
Amandyn : Nous sommes très fiers des musiciens qui jouent avec nous. Nous allons tous dans la même direction et ils nous offrent une confiance aveugle. Denis Palatin, à la batterie, est très réputé dans le milieu blues. Il a accompagné énormément d'artistes dont Ana Popovic, Samantha Fish, Joanne Shaw Taylor, Deborah Coleman ou encore Candye Kane pour ne citer qu'elles. Philippe Sissler, à la basse, a fait beaucoup de scènes, incluant des tournées en ouverture de Scorpions ou Schenker en France, en Angleterre et en Espagne. Enfin, Séraphin Palmeri aux claviers (qui a rejoint Rosedale en juillet 2018) a travaillé avec beaucoup d'artistes dont Cascadeur avec qui il a remporté une Victoire de la Musique en 2015.

Votre premier CD ‘Long Way To Go’ sorti en 2017 a reçu un bon accueil, le 2ème  ‘Wide Awake’ paru en novembre a déjà une bonne presse. Comment est-il né ?
Charlie : On voulait faire un deuxième album relativement rapidement parce qu'on débordait de nouvelles idées. Je dis « blues rosedalerelativement rapidement » parce que même si c'est plutôt court pour un groupe, un an et demi entre 2 albums de compos, c'est déjà une certaine attente pour les gens à notre époque où tout va très vite. Wide Awake est composé de 10 titres originaux. Certains écrits par Amandyn et moi, d'autres en collaboration avec des amis (le chanteur anglais Paul Cox a co-écrit un des morceaux et nous a fait le plaisir de le chanter en duo avec Amandyn. Larry Telford, la claviériste et compositeur du groupe américain Point Blank a également co-écrit 2 titres avec nous) et d'autres que j'ai écrit seul. On a également l'honneur d'avoir en special guest sur un morceau le guitariste Henrik Freischlader qui est vraiment une référence en Allemagne.
Pour pouvoir réaliser cet album, on avait lancé un financement participatif pour couvrir une partie des dépenses, et on a été autant touchés que ravis de voir que les gens nous ont soutenus sans la moindre hésitation. Nous avons atteint la somme fixée en moins de 72h ! On n'aurait pas pu le faire sans leur aide.
Amandyn : Comme pour le premier album, nous avons principalement enregistré Wide Awake aux Downtown Studios, à Strasbourg. Par contre, le mix a été fait aux Etats-Unis. Jared Kvitka, ingénieur du son et producteur californien qui a remporté un Grammy Award, s'est chargé de ce travail. Il s'est énormément investi dans le mixage et le mastering de l'album et nous sommes fiers de l'avoir eu à nos côtés. Jared travaille souvent avec Bonamassa ainsi qu'avec Berth Hart, alors il connait le blues-rock et a tout de suite compris quelle direction prendre.
Ce qui nous a permis de faire cet album, c'est aussi la confiance et le soutien de Philippe Langlois (Dixiefrog Records) qui nous a donné carte blanche à tous niveaux. Il nous a bien entendu apporté ses idées et ses conseils, mais il ne nous a absolument rien imposé et a tout de suite cru en notre vision, que ce soit pour les morceaux, le mix, le nom de l'album, l'artwork etc. C'est quelqu'un qui, avant tout, aime profondément la musique et les musiciens. Travailler avec Dixiefrog est un atout considérable. Wide Awake est distribué en France bien sûr, mais également dans 6 autres pays d'Europe ainsi qu'au Japon. 

Quelles sont vos sources d’inspiration pour écrire et composer ?
Amandyn : Nos expériences, nos réflexions personnelles, les relations humaines et tout ce qu'on voit autour de nous d'une manière générale. Wide Awake aborde pas mal de sujets différents : l'amour, la dépression, la rancune, l'insomnie, la recherche du bonheur, la vie et le temps qui passe...

Comment définiriez-vous votre style ? 
Charlie : Si vraiment on devait catégoriser notre musique, blues-rock est en effet ce qui s'en approche le plus. Nous sommes extrêmement influencés par le blues, mais l'énergie que nous y mettons est très rock. Nos morceaux ont des ambiances très variées parce qu'on voit un album comme un film ou une histoire. Il doit y avoir des nuances, des contrastes. Sur notre nouvel album, ‘Fireplace’ est un slow blues très posé et teinté de quelques nappes de cuivres ou à l'extrême inversé, ‘Troublemaker’ est beaucoup plus rock avec des échanges guitare/harmo (Patrick Hannak). Entre les deux, il y a par exemple ‘How In The World’ qui est très difficile à qualifier. Ce morceau se situe quelque part entre blues, cubain et funk, avec un long solo d'orgue B3 au milieu. Rosedale, c'est le mélange de toutes ces couleurs, du morceau lent dramatique au shuffle rapide.

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Amandyn : Continuer sur notre lancée ! On a eu pas mal de bonnes nouvelles juste avant Noël : après la couverture du magazine allemand Bluesnews dont je parlais tout à l’heure, on a aussi le privilège de figurer dans le nouveau livre d’Hervé Mouvet et Jean Chalvidant, La Grande Histoire Des 50 Meilleurs Groupes Français De Rock n’Roll (éditions Lanore), qui est sorti au niveau national en décembre. On est vraiment heureux que Rosedale suscite un tel intérêt. J’ose penser que c’est parce que les gens ressentent quelque chose de sincère dans ce qu’on fait. Ce qu’on veut, c’est continuer à rendre fiers les gens qui nous suivent déjà et rencontrer encore plus de monde. On prépare une grosse tournée européenne pour 2019 pendant laquelle on va défendre notre nouvel album sur scène. On a commencé à annoncer quelques-unes des dates sur notre site internet qui est régulièrement mis à jour : www.rosedale-music.com
Les gens peuvent aussi suivre notre actu sur Facebook : Rosedale Blues Rock.

Quels sont vos hobbies en dehors de la musique ?
Charlie : J'adore les bons films et encore plus les documentaires.blues rosedale J'adore apprendre des choses et j'ai le don de réussir à m'intéresser à toutes sortes de sujets (vraiment tout !) même si je ne pensais pas pouvoir m'y intéresser 30 minutes plus tôt ! Haha !
Amandyn : Pareil que Charlie. J'adore les films, les documentaires, les séries... surtout pendant mes nuits blanches.

Quel est votre lieu de prédilection ?
Amandyn : J'adore ma région, l'Alsace ! Particulièrement les centres-villes historiques qui ont gardé tout leur charme... les rues pavées, les maisons à colombages... Après, en général, j'aime la campagne plus que la ville.
Charlie : Je ne suis pas particulièrement attaché aux lieux. Je me sens bien là où sont les gens que j'aime et là où il y a des belles scènes pour faire de la musique.

Quels ont été vos derniers coups de cœur musicaux ?
Charlie : Rien à voir avec le blues, mais Séraphin (Palmeri) m'a fait découvrir un album du groupe Extreme que je ne connaissais pas : Waiting For The Punchline. Je trouve cet album génial dans le genre.
Amandyn : Mon dernier vrai coup de cœur va pour l'album Black Coffee de Beth Hart et Joe Bonamassa, ainsi qu'à leur autre album Seesaw.

En dehors du r’n’b, du rock, appréciez-vous d’autres styles musicaux ?
Amandyn : J'adore les ambiances apocalyptiques dans la musique. J'aime beaucoup le travail de Hans Zimmer, par exemple. Ou dans un genre complètement différent, certains groupes de trip-hop comme Portishead. Après, c'est un peu au coup par coup, je peux accrocher à un morceau particulier d'un groupe sans pour autant adorer l'album.
Charlie : Même si le blues et le rock sont mes styles de prédilection, j'écoute énormément de choses. Je suis fan de ce qui me donne le frisson : je peux très bien écouter Dio, Glenn Hughes, AC/DC ou Nirvana, et une heure plus tard, écouter Brel, Reggiani ou Léo Ferré. Quand c'est bien écrit et bien fait, ça me plait !

Quel serait votre rêve le plus fou ?
Charlie : Il y en a trop pour n'en choisir qu'un. Certaines scènes font partie de mes rêves (le Royal Albert Hall par exemple). Sinon, rencontrer Jimmy Page serait un rêve absolu.
Amandyn : Mon plus grand rêve serait de réaliser autant de rêves que possible ! J'aimerais me retourner un jour et pouvoir me dire que j'ai fait tout ce que j'ai pu pour les concrétiser.

Gilles Blampain – décembre 2018

https://www.rosedale-music.com/

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