Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

11/17
Chroniques CD du mois Interview: THE NIGHT CATS Livres & Publications
Portrait: IKE TURNER Dossier: VOCALION  
 


Interview
PIERRE LACOCQUE
Mon bonheur ultime c’est la musique que nous créons ensemble sur scène


blues deraime
blues deraime
blues pierre lacocque
blues pierre lacocque
blues pierre lacocque
blues pierre lacocque



Le nouveau CD de Mississippi Heat titré Let’s Live It Up paraît chez Delmark. Rencontre avec le leader et fondateur du band.

Blues Again : Petit retour en arrière: en 1969 tu arrives à Chicago à l’âge de 17 ans, comment t’es-tu intégré dans le monde musical et dans le blues en particulier?
Pierre Lacocque : Mon père est professeur d’Ancien Testament et avait reçu une offre de plein-temps au Chicago Theological Seminary. C’est une faculté Protestante qui appartenait autrefois à L’Université de Chicago, mais qui est devenue indépendante en 1957. Cette offre est la raison pour laquelle nous nous sommes expatriés de Belgique. Ce changement aura été bénéfique pour nous tous. Nous avons trouvé chez les Américains des gens sympathiques et chaleureux. Moins portés vers l'apparence, moins renfermés que les Belges, par exemple. L’accueil à Chicago a été parfait: à l’école secondaire (University of Chicago Laboratory School), musicalement parlant, et dans la vie de chaque jour. Et ce, pour chaque membre de ma famille.
Depuis mon enfance, l’harmonica a toujours été l’instrument qui m’interpellait. Depuis déjà l’âge de deux ans! Ses sons plaintifs m’attiraient. Sans compter les belles mélodies que cet instrument peut évoquer. Mon père m’a acheté 2 harmonicas dans ma vie. Le premier était de couleur verte et en plastique. Je ne croix pas qu’il avait 10 trous comme celui avec lequel je joue aujourd’hui. Je pense qu’il en avait quatre. Quoi qu’il en soit, cet harmonica me bouleversait quand j’en jouais. Très jeune je savais donc bien quel instrument était fait pour moi! Aussi drôle que cela ne puisse paraître, je n’ai essayé de maîtriser cet instrument qu’à partir de 1969, l’année où nous sommes arrivés à Chicago.
Nous sommes donc arrivés à Hyde Park (Chicago) pendant l’été 1969. Un soir, vers la fin de l’été, je m’ennuyais à la maison. Il faisait bon dehors en ce début de soirée. Je me suis alors décidé à me promener vers le campus de l’Université de Chicago qui se trouvait à un pas de chez nous. En me rapprochant du campus, j’entends un groupe musical qui jouait à proximité. Je ne savais plus où me mettre tellement j’étais dans un état d’extase. Plus fort que moi, je [devais] me rapprocher. Je ne pouvais résister à l’appel. Des sons nouveaux en particulier m’interpellaient. Le groupe qui jouait était un groupe de blues embauché pour accueillir les étudiants avant que les cours d’automne commencent. L’entrée était gratuite. Les sons envoûtant provenaient d’un harmoniciste noir qui soufflait sur son harmonica à travers un amplificateur. J’ai appris par la suite que son nom était Big Walter Horton. Un maître et une légende du blues qui m’a éventuellement beaucoup influencé dans mon style de jeu. Big Walter était un harmoniciste que j’ai souvent été voir jouer jusqu'à sa mort en 1981, et que… je n’ai jamais connu personnellement, car j’étais trop timide.
Pour revenir à cette soirée magique au Ida Noyes building de l’Université de Chicago, je n’en croyais pas mes oreilles! « VOILA ma vocation », je me suis dit, « VOILA ma raison d’être ». Je me suis senti compris par ces sons d’harmonica qui paraissaient plus des sons de saxophone que d’harmonica. En fait c’est ce qui m’attire le plus vers l’harmonica: ce sont les sons de cuivre qu’il est capable d’évoquer quand il est joué à travers un amplificateur à lampes. Et c’est ce que je n’avais jamais eu l’occasion d’entendre dans mon enfance!
C’était un samedi soir. Le lendemain, oubliant que c’était un dimanche, je cherche et je trouve un magasin de musique. Mais il était fermé! J’ai donc dû attendre jusqu'au lundi pour m’acheter mon premier harmonica: un harmonica Hohner à dix trous, exactement comme le second harmonica que mon père m’avait acheté vers 1964. Dès cet instant d’extase, ma vie change. J’achète des disques de Chicago Blues avec harmonicistes, des livres de musique montrant comment s’y prendre avec le « blues harp », j’apprends des mélodies connues pour bien contrôler mon souffle et maîtriser mes notes. Mais mon but est clair et simple: je ne veux jouer que du blues.
Après six à neuf mois d’entraînements intenses (au moins 6 à 7 heures par jour!), je commence à savoir comment travailler mes notes et les rendre plus « bluesy ». En effet l’harmonica « cache » des notes qui ne peuvent se faire que si travaillées par l’harmoniciste lui-même. C’est ça le blues sur harmonica: utiliser ses joues, sa gorge, contrôler l’embouchure et son souffle, par exemple, pour pouvoir accéder à ces notes enfouies. Cela prend des années pour atteindre un son mûr. Aussi étrange que cela puisse paraître, il y beaucoup d’harmonicistes professionnels aujourd’hui et d’antan qui ne savent pas bien maîtriser leurs instruments! Leurs sons de blues restent approximatifs. Et ce, après de nombreuses années comme professionnel!
Bref après quelques mois, mon frère Michel, qui est de nature plus extravertie et téméraire que moi, m’encourage à aller écouter Junior Wells au Theresa’s Lounge. Ce club mythique du South Side. De Hyde Park cela prenait environ dix minutes en taxi. Nous savions que Junior y jouait régulièrement les lundi soirs.
Je ne me rappelle pas avoir vu beaucoup de blancs dans ce club qui était basé au sous-sol d’un building, en plein ghetto. Quoi qu’il en soit, dès nos premières visites au Theresa’s, l’accueil y était incroyable. Les gens y étaient chaleureux. Michel, encore lui, parle à Junior et lui dit que je joue de l’harmonica et que j’adore son style. Junior s’approche de moi et me dit: « viens avec moi sur scène et on jouera un morceau ensemble! » Je n’en croyais pas mes oreilles. C’était en 1970. Il y a quarante ans.
Ce fut le début d’une longue amitié et d’un respect mutuel qui durera jusqu'à sa mort en 1998. Avec les années, Junior continuera à me soutenir et à m’encourager. Je peux même dire, au risque de paraître prétentieux, que Junior m’avait donné sa «bénédiction». Il me disait souvent combien il appréciait mes sons, mes mélodies et ma sincérité comme joueur.
Avec les années, je rencontre au Theresa’s toutes sortes de « Who’s Who » du monde du Chicago Blues: Louis Meyers, Sammy Lawhorn (guitariste de Muddy Waters), Phil Guy, Carey Bell, Muddy Waters Jr., Nate Appelwhite, Johnny Littlejohn, et James Cotton. Je rencontre éventuellement d’autres bluesmen comme Lurrie Bell, John Primer, Carl Weathersby, Billy Branch, Sam Lay, Jimmy Burns, Billy Boy Arnold, Eddie « The Chief » Clearwater, Bob Stroger, Eddie C. Campbell, Buddy Guy lui-même, et bien d’autres.

Quelles ont été pour toi les musiciens les plus marquants au fil des années ?
En plus de mes intérêts sur les styles de jeu des harmonicistes Junior Wells, James Cotton, Jimmy Reed, et Big Walter Horton, par exemple, qui sont parmi les meilleurs interprètes du blues de Chicago, c’est bel et bien Little Walter Jacobs qui deviendra mon maître absolu. Il est décédé à l’âge de 37 ans suite à une bagarre dans un bar. Donc un an avant ma venue à Chicago! Il savait tout faire avec l’harmonica. Il avait des sons qui ressemblaient au saxophone, jouait techniquement comme un dieu, avait une approche musicale touchante et émotionnelle; et en plus, il ne se répétait jamais!
Les amitiés qui sont, ou ont été, les plus importantes pour moi étaient avec Junior Wells, Carl Weathersby, Kenny Smith, Lurrie Bell, et Sonny Wimberly, sans compter les membres de mon groupe, passés ou actuels. Sonny Wimberly était l’ex-bassiste de Muddy Waters avec lequel j’ai joué pendant une année. Sonny est décédé en 1991. Quelques années plus tard je lui ai dédié une chanson : ‘Heartbroken’. Je l’ai enregistrée 2 fois dans ma carrière. La première fois avec un ampli à ampoules sur notre disque Straight From The Heart (1993). La seconde interprétation est acoustique, et se trouve sur notre Glad You’re Mine (2005).    

Bientôt 20 ans d’existence pour Mississippi Heat. Pourrais-tu revenir brièvement sur la naissance et l’émergence du groupe ?
L’histoire détaillée du groupe se trouve sur notre site mississippiheat.net. Donc je ne vais pas trop m’y attarder ici. La naissance du band est due à mon frère Michel qui m’a suggéré au début des années 90 de former mon propre groupe. Il savait que j’étais frustré de ne pas interpréter mes propres chansons avec les formations avec lesquelles je jouais, et m’a donc proposé de devenir mon manager. Pendant des années et d’heures interminables au téléphone, il a cherché du travail pour nous. C’est à lui que je dois tout mon succès d’aujourd’hui. Bien que depuis sa crise cardiaque en 2003 (où nous avons failli le perdre) il n’est plus le seul responsable du booking, il reste quand même impliqué dans les affaires quotidiennes de Mississippi Heat, et continue à aider le groupe via ses mails et son travail interminable de promotion. C’est un vrai passionné! Aujourd’hui il est tout à fait rétabli mais il se fatigue plus vite qu’avant. Depuis 2003 nous avons mis en place des agences de booking à Chicago, au Canada et en Europe pour ne plus mettre Michel sous tellement de pression.

Pourrais-tu nous présenter les membres de Mississippi Heat ?
Le groupe continue d’avoir comme membres des Who’s Who du monde du blues. Actuellement ses membres sont les suivants:
1] Kenny Smith, fils de Willie ‘Big Eyes’ Smith, qui joue et enregistre avec Mississippi Heat depuis le début de 1997. Il a été élu … meilleur batteur de blues au monde!
2] Carl Weathersby, qui a aussi son propre groupe, joue et voyage avec nous depuis plus ou moins la même époque, soit 13 ans.
3] Ma chanteuse Inetta Visor nous a rejoint pour l’enregistrement de Footprints On The Ceiling. Soit vers 2001. Presque 10 ans maintenant.
4] Mon bassiste Stephen Howard est avec le groupe depuis 2007. Il était déjà avec nous de 1998 à 2003.
5] D’autres guitaristes comme Giles Corey, Lurrie Bell, John Primer, Danny Draher et Chris Winters font tous partie de la «famille». Ils connaissent bien mes chansons. Donc pas de souci quant à la qualité de nos performances!
Dans les années 90, et ce pour plusieurs années, j’ai eu comme membres officiels de Mississippi Heat Robert Covington (mon premier chanteur, décédé en Janvier 1996), Deitra Farr, Bob Stroger, Billy Flynn, Allen Kirk, James Wheeler et Katherine Davis.

Combien de concerts le band fait-il chaque année ?
Nous jouons pratiquement chaque semaine dans le Midwest des Etats-Unis (Illinois, Indiana, Wisconsin, Minnesota … et/ou nous sommes en tournée en Europe (trois fois en 2009), au Canada (plusieurs fois par an), ou bien plus loin aux États-Unis, comme le Texas, le Tennessee, le Dakota du Sud, etc.  

Y a-t-il un but que tu voudrais atteindre avec ton band ?
Tout d’abord ce qui compte pour moi c’est de faire quelque chose qui me donne la satisfaction, et qui me procure aussi un sens pour ma vie. Avec Mississippi Heat, je suis comblé avec les deux. Pour le reste, « the sky is the limit ». Nous sommes prêts à évoluer au plus haut niveau, et à représenter le Chicago Blues aux quatre coins du monde et nous jouons tous les soirs comme si nous le faisions.

Quelle est ta préférence pour les concerts,  jouer en club ou festival ?
Des festivals préférés il y en a beaucoup. Parmi les plus excitants : le Festival International de Jazz et Blues de Montréal. Nous y sommes tête d’affiche pratiquement une fois chaque 2 ou 3 ans. Nous le serons encore cette année le vendredi 2 juillet. Le Festival de Blues de Chicago reste évidemment une référence pour nous. Nous y avons déjà joué 3 fois, une fois un samedi soir sur la scène principale avec 14 musiciens. D’autres festivals que nous avons appréciés sont ceux de Toronto, de Caracas (Vénézuela), d’Ecaussinnes (en Belgique, à deux pas de la maison de mes grands-parents maternels et autres aïeux), d’Aguacalientes au Mexique, ceux en Suisse, en Espagne, en Norvège, Allemagne, Finlande…  En fait, les responsables et bénévoles des festivals nous soignent si bien qu’il est difficile de fournir une hiérarchie de festivals que nous préférons!
Bien que je n’aie mentionné que des festivals jusqu'à présent, il y a des clubs qui me sont chers, comme celui appartenant à Buddy Guy (Legends) ou la House Of Blues à Chicago où nous jouons régulièrement. Quoi qu’il en soit, mon bonheur ultime c’est la musique que nous créons ensemble sur scène. Le reste est secondaire. Qu’il y ait 3 personnes ou 10.000!

Au fil des années sur scène, quel est ton meilleur souvenir… et le pire ?
Les pires souvenirs ne sont pas nombreux. Il y a eu de rares occasions où nous n’avons pas été rémunérés comme promis. Soit un chèque envoyé nous arrive sans fonds, soit le gérant d’un club « disparaît » avant la fin de notre spectacle sans nous payer, ou bien un représentant d’un petit festival prétend que l’on était d’accord sur une somme moindre alors que ce n’était pas ce qui était écrit sur notre contrat. Ou encore, à la fin de notre performance dans un club, le patron me prend sur le coté pour me dire qu’il ne peut pas nous payer le cachet négocié par ce qu’il n’a pas pu faire assez de recettes. Une bonne leçon que j’ai apprise à mes dépends: tout accord financier doit se faire par écrit! Meilleur souvenir? Montréal, sur une scène ouverte, devant 40.000 fans et avec Deitra Farr dans le groupe (vers1994).

Parlons de Let's Live It Up. Comment s’est fait ce nouveau CD. Le résultat correspond-t-il pleinement à ce que tu souhaitais ?
Ce disque m’est très cher. Tout d’abord, cela m’a pris 2 à 3 ans de travail pour écrire mes chansons. Sans compter les répétitions! Donc beaucoup d’effort et de sueur. Je suis fier de Let’s Live It Up. Les 14 chansons me plaisent beaucoup, ce qui est bon signe. Les musiciens y sont impressionnants. Finalement, c’est aussi mon meilleur enregistrement comme harmoniciste. Nous l’avons enregistré en deux jours: 15 chansons, dont une instrumentale qui n’a pas été retenue pour le disque.

Tu as signé 11 des 14 titres de ce CD. Quand et comment composes-tu en général ? Les idées viennent à la maison, en voiture, en répétition…
La plupart de mes chansons sont écrites dans ma voiture! Je passe quelques heures par jour en voiture. D’un endroit à l’autre, je compose des mélodies et des chansons. Je garde mes distances vis-à-vis des voitures devant moi et …  je joue. Je possède toutes les gammes d’harmonicas dans la voiture, et je peux donc explorer des chansons dans n’importe quelle clé. Je bâtis sur d’autres disques de blues, et je me laisse aller. Des fois, je joue sans « orchestre », et je travaille sur des notes que je prépare pour mon bassiste, Stephen. Des 11 nouvelles chansons que j’ai écrites pour Let's Live It Up, toutes y ont été composées dans ma voiture! L’avantage est d’être seul en voiture, sans témoins critiques, comme chanter dans sa douche... Seul dans la voiture, il n’y  personne dans les parages pour entendre les bruits et sons cacophoniques que je pourrais faire. Et j’en fais beaucoup quand j’explore des nouvelles idées!
Une fois que j’ai trouvé des mélodies, je les écris sur papier. Tout cela alors que je conduis (non, je n’ai jamais été proche d’un accident de voiture!). Puisque je ne lis pas la musique, tout est composé à l’oreille. Les dix trous de l’harmonica sont numérotés de 1 à 10, et de gauche à droite. J’écris les numéros de mes notes. Par exemple avec un harmonica en Do, si je souffle sur le trou numéro 2, je sais que cette note est le Mi. Donc je converti mes notes numériques en notes de musique, écrites alphabétiquement. Si je n’écrivais pas ce que compose, j’oublierais pratiquement tout! Avec l’expérience, j’ai appris que cette discipline est indispensable pour écrire mes chansons.
A la maison, quand je m’entraîne, je m’enregistre toujours. Je réécoute ce que j’ai joué et je décide si j’aime ou non. Si oui, je prends notes. C’est un long procédé. Mais j’adore ce que je fais.

Sur ce disque il y a deux invités de marque Carl Weathersby et John Primer. Je pense que vous vous connaissez depuis longtemps, mais pourquoi sont-ils présents sur ce CD ?
Ce n’est pas par hasard si ces deux noms sont associés avec Mississippi Heat. Carl Weathersby, sauf pour notre One Eye Open (2005), est sur tous nos disques depuis Handyman (1999). Cinq enregistrements au total. Il continue à forger avec nous notre identité musicale. Tout comme Kenny, Stephen, et Inetta, d’ailleurs. Un mélange unique de soul, gospel et Albert King. Pour Let's Live It Up, je voulais du Chicago blues authentique. John et moi, nous connaissons depuis belle lurette. Récemment, je lui avais demandé si cela l’intéressait de faire partie du projet Mississippi Heat, c’est à dire de participer à un enregistrement, et qui l'inclurait aussi dans des concerts comme membre du groupe. Il m’a répondu que s’il était libre, il viendrait volontiers. "The rest is history". Nous avons déjà fait des voyages outre-Atlantique ensemble, et nous en planifions d’autres. John Primer est un joueur de blues authentique. Toutes ses notes sont des blue notes. Avec sa guitare il dit tellement avec si peu! C’était aussi le génie de Junior Wells. John est un chanteur convaincant. Son mentor était un de mes amis: Sammy Lawhorn que j’ai connu au Theresa’s.

C’est ton troisième disque chez Delmark. Quels sont les rapports avec le label ? Simples rapports professionnels ou plus que ça.
Delmark est une compagnie qui croit en moi. Tout ce que je leur demande est considéré avec le plus grand respect. Que se soit l’inclusion de joueurs de cuivre, de chorale de voix, ou un percussionniste. Neuf fois sur dix, mes souhaits sont suivis! Je suis heureux et fier d’être sur cette maison de disque.

En dehors du blues, quel genre de musique écoutes-tu quand tu es seul ?
Hormis le blues j’écoute du reggae, du big band swing, Santana, des groupes des années 1950, et les Beatles à l’époque où ils jouaient … du blues. J’aime aussi le zouk, la musique latine, celle des Caraïbes, de la Nouvelle Orléans, et la musique Calypso. Bref, si je peux détecter des blue notes dans ce que j’entends, j’aime. 

Et en dehors de la musique quels sont tes passe-temps ?
Durant une partie de mon enfance, nous avons habité à Anderlecht (Bruxelles), sur la rue Berteau. La maison se situait carrément sur le Parc Astrid. Dans son enceinte se trouvait le stadium de football de mon équipe favorite: Le Sporting d’Anderlecht. C’était l’équipe qui me faisait vibrer. C’est toujours le cas  aujourd’hui. Je suis aussi les équipes de Liège (lieu de naissance de mon père) et de Charleroi (lieu de naissance de ma mère et ses aïeuls, ainsi que de  mon frère). Mon intérêt se porte aussi vers toutes les équipes Belges en Coupes d’Europe. Depuis très longtemps, je me suis abonné à un magazine hebdomadaire de foot qui me renseigne sur la compétition belge et internationale.

Reviens-tu souvent du côté de Charleroi ?
Oui. La dernière fois c’était il y seulement quelques mois! Cela me donne toujours des frissons de revenir jouer en Belgique. Un retour à mes racines ne me laisse pas indifférent! La France et la Suisse me sont aussi particulièrement chères puisque j’y ai de très bons amis, comme mon agent européen Bernard Villeneuve, et sa femme Beatrix.

Parle-moi de tes amplificateurs, microphones, effets utilisés…
Je joue avec des microphones dits « Astatic » ou « Turner » avec un élément Shure « Controlled Magnetic » ou « Controlled Reluctance ». Aux USA, l’amplificateur sur lequel je joue le plus souvent est le Sonny Jr. « Cruncher ». En Europe, j’aime jouer sur un Fender Bassman ou un Fender Super Reverb.
J’utilise toujours deux effets simultanément: la réverbération avec un peu d’écho. Cette combinaison est celle qui me rapproche le plus des sons de Little Walter quand il enregistrait pour les frères Chess. Contre les larsens, j’utilise le fabuleux « Kinder Anti-Feedback + » qui, bien que coûteux, en vaut plus que la peine. Je l’emporte dans mes valises quand je voyage outre-Atlantique.

Gilles Blampain

www.mississippiheat.net/
http://www.delmark.com/
http://www.willingprod.com/

Discographie :
Straight from the heart - 1992
Learned the hard way - 1994
Thunder in my heart - 1995
Handyman - 1999
Footprints on the ceiling - 2002
Glad you’re mine - 2005
One eye open - 2005
Hattiesburg blues – 2008