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05/17
Chroniques CD du mois Interview: ERIC LAVALETTE Livres & Publications
Dossier: BLUES & FLAMENCO (suite) Portrait: LITTLE WALTER Interview: SUZY STARLITE & SIMON CAMPBELL
 


Interview
phil bonin
Une pierre à l'édifice


blues deraime
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blues jerry deewood




Avec guitare, dobro, ukulélé et un drôle de ouistiti, entouré de messagers vaudou ou de techniciens du blues, il garde le feeling et allie classicisme et technologie avancée pour  conjuguer le blues au futur.

Les racines…
Zone de Texte:Qu’est-ce que tu veux pour Noël ?
Je devais avoir sept ans, j'ai répondu : une guitare ! Qu’est-ce qui m'a poussé à demander cet instrument ? Personne dans ma famille, ni dans mon entourage, n'était musicien. On m'a inscrit à quelques cours que je n'ai pas dû suivre bien longtemps. À l'adolescence, j'ai repris l'instrument en autodidacte, de façon plus assidue. Après de nombreux groupes amateurs au lycée, au début des années 80 j'ai monté un trio de rock français, qui malgré une signature chez CBS n'a pas eu le succès escompté.
Comme beaucoup de gens de ma génération (11 ans en 1970), j'ai été bercé par la pop anglaise et américaine, j'ai donc commencé mon éducation avec Creedence Clearwater Revival, Cream, Hendrix, Led Zeppelin, les Stones... Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris que leur musique était influencée par le blues. J'ai réalisé que ce qui me plaisait chez Clapton, Hendrix ou même David Gilmour des Pink Floyd, c'était le blues et la manière dont ils s'en servaient pour créer leur propre style. Bizarrement, j'avais délaissé tous les artistes dont la musique n'en était pas imprégnée et c'est naturellement que je me suis mis en quête de découvrir les grands interprètes du blues.
Chez un musicien, ce qui me touche c'est sa capacité à innover et à se remettre en question. Dans mon panthéon, pêle-mêle : Miles Davis, Jeff Beck, Django Reinhardt, Jimi Hendrix... j'en oublie sûrement. L'intérêt d’une pratique artistique, c'est la création. La copie ou l'imitation ne m'intéressent pas. Les musiciens qui m'attirent sont ceux qui apportent leur pierre à l'édifice, aussi petite soit-elle. 

Le parcours…
Ces dernières années, très peu de concerts. Il est vrai que je n'ai plus envie de faire des dates pour faire des dates. Pour tourner dans de bonnes conditions, il faut une actualité, un album à défendre, chose qui jusqu'alors me faisait défaut.
En 1997, Mat Firehair des Washington Dead Cats m'a contacté par l'intermédiaire d'un ami commun, il cherchait un guitariste pour monter un projet blues, Juju Messengers. L'idée : jouer le blues avec des ingrédients de musique actuelles, boucles, samples etc... Nous avions les mêmes références musicales et nous sommes vite mis d'accord sur ce que devait être ce groupe. Deux CD sont sortis de cette collaboration qui s'est arrêtée peu après le dépôt de bilan de notre maison de disque. Nous avions mis beaucoup d'espoir et dépensé beaucoup d'énergie dans notre deuxième album qui n'a reçu ni aide, ni promotion de leur part. Cela ne nous a pas empêché de nous produire aux festivals de Cognac et de Bagnol Sur Cèze et en première partie de nombreux bluesmen : Popa Chubby, Mick Taylor, G. Love, Robben Ford...

Les rencontres…
Curieusement, lorsqu'on joue en première partie d'autres musiciens, on a très peu de contact dans les loges. C’est dû au fait qu'on travaille « en décalé ». Souvent, les uns mangent pendant que les autres jouent et après le concert, tout le monde est fatigué et rentre à l'hôtel. Mais ce n'est pas toujours le cas. La personne qui m'a le plus marqué ces derniers temps, c'est Eric Bibb, pour qui nous avons ouvert. Je l'avais déjà rencontré par l'intermédiaire d'Amar Sundy. Il dégage une sérénité, une gentillesse, une simplicité qui font défaut à beaucoup dans ce milieu. Ça s'entend dans sa musique. Il tourne beaucoup en France, mais je trouve qu'il n'a pas la reconnaissance qu'il mérite, j'ai l'impression qu'on lui préfère des artistes plus tape à l'œil, c'est bien dommage.
Avec mon copain Frantz Magloire, nous animions les bœufs et autres after aux Nuits de la Guitare de Patrimonio en Corse, sur une petite scène à côté de la scène principale. Après un concert phénoménal, Hiram Bullock s'est présenté avec ses musiciens et a demandé à jouer avec nous. Tout est allé très vite, je n'ai pas eu le temps de réaliser que j'étais sur scène avec le type qui venait de mettre le feu devant deux mille personnes une demi-heure plus tôt.
Au Plan, première partie de Robben Ford. J'ai eu l'impression de vivre  tous les problèmes qui peuvent se poser en une seule fois : vingt minutes pour s'installer et faire la balance, le public qui attend pour entrer, pas de place sur scène, obligé de jouer derrière mon ampli, le batteur qui perd un accessoire de grosse caisse dès le premier morceau ! Mais bon, après coup, rien de grave.

Ukulélé, guitare, CD… 

Zone de Texte:  Le ukulélé, d’abord par curiosité. Le manche, beaucoup plus petit que sur une guitare, je me suis vite rendu compte que ce n'était pas si facile que ça. J’ai laissé tomber. Six mois plus tard, j'ai essayé de jouer les chansons que je connaissais déjà sans me bloquer sur l'aspect technique, les notes sont venues naturellement. Comme la formule des Blues Technicians compte deux guitaristes en plus de moi, je l'utilise en complément rythmique pour apporter une couleur différente. Pour la guitare, j'utilise une Simon et Patrick, fabriquée par Godin, le luthier canadien.
Before I Go a été enregistré et mixé aux studios Ouistiti Music par David Cook, qui a aussi écrit les textes. Les séances se sont étalées sur près d'un an et demi, avec de grosses interruptions. Treize chansons, dont cinq originales. C’est un mélange de blues "roots" pour le coté acoustique, et actuel pour le côté boucles rythmiques. J'essaye de jouer un blues moderne par les apports technologiques et classique par les instruments utilisés: ukulélé, dobro, guitares acoustiques, percussions... Le disque est uniquement en vente sur internet via mon site philbonin.com. Le marché du disque étant moribond il est très difficile de trouver un label si on ne tourne pas et comme pour tourner il faut un album... J'aimerai bien aussi enregistrer un album de standards blues uniquement au ukulélé.

Un rêve…
Passer chez Michel Drucker ! (rires). Non je ne sais pas, en vieillissant on rêve moins, c'est dommage. 

Gilles Blampain

www.philbonin.com     
myspace.com/philbonin