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06/17
Chroniques CD du mois Interview: MAGIC BUCK Livres & Publications
  Portrait: ROBERT NIGHTHAWK Interview: PAUL MCMANNUS
 


Interview
PAUL MACMANNUS


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On pourrait l’appeler ‘big bass man’. Avec lui blues et boogie c’est comme pile ou face, que ça retombe d’un côté ou de l’autre c’est lui qui mène le jeu.

Blues Again : Qui es-tu Paul MacMannus ?
Paul MacMannus : Je suis Paul Mayan alias Paul MacMannus. Un nom qui m’a été donné il y a quelques années par un blues paul macmannusmusicien qui trouvait que ce nom de scène m’irait bien du fait que je sois bassiste-chanteur et fan de Sir Paul McCartney (et en plus je jouais parfois avec une basse violon !). Donc, j’ai trouvé ce surnom très sympa et je l’ai gardé (j’ai un peu de sang anglais et américain). Je suis natif de Draguignan dans le Var, et je suis un jeune homme de 65 ans! Je suis issu d’une famille de musiciens mais je ne suis pas persuadé que cette discipline puisse automatiquement se transmettre de père/mère en fils (ou en fille). Je ne me destinais pas à la musique mais l’écoute d’un disque des Beatles quand j’étais môme a déclenché cet amour de la musique qui ne m’a pas quitté  (avant ça j’ai tenu les drums dans un petit groupe instrumental… j’avais 8 ans … première scène). Petit à petit je me suis intéressé à la musique, j’ai abandonné les drums (trop paresseux pour me coltiner tout le matos !) et j’ai été attiré par la basse (j'ai appris tout seul… comme un grand). En 1980, un premier disque ska chez Pathé-Marconi et un deuxième en 1994 chez Delphine Productions (Paul de Senneville)  ‘Passé la Frontière’.



Premier blues ou rock entendu ?
Je pense que le premier rock entendu a du être style Bill Haley, Chuck Berry, plus tard Stones, Slade, Deep Purple,  etc… Par contre je ne me souviens pas du premier blues… Peut-être ceux joués par ma mère.

Quelles ont été tes principales influences ?
Mes influences sont variées et certainement étrange pour un boogie-man. La première fois que j'ai écouté un disque des Beatles... Ça a dû influer sur mon futur musical. McCartney me montre comment chanter en jouant de la basse et son jeu m’inspire pas mal même si dans le boogie-blues je ne l’utilise pas. Sa façon de chanter  m’intéresse aussi. C’est presque un guru pour moi (joke). Johnny Guitar Watson pour un certain groove simple mais oh combien efficace. Canned Heat, qui est pour moi LE groupe de boogie incontournable. ZZ Top pour sa puissance  bass-drums. Elmore James la simplicité efficace
Beaucoup d’autres. Parfois même un morceau de variété m’inspire un rif, un groove !

Quels musiciens entrent dans ton panthéon personnel ?
Dans mon panthéon personnel entrent les musiciens que je viens de citer plus The Who, Stones, George Clinton, parfois George Gershwin, Bach, Eric Satie… Il y en a trop que j’aime.

Où et quand as-tu fait ton premier concert ?
Premier concert à 8 ans à Saint Raphael (où mes parents habitaient).

Maintenant, combien de concerts par an ?
Depuis que je me consacre qu'à mes compos, je dois avouer que je ne joue pas souvent. La région où je réside n'est pas le lieu idéal pour jouer ses propres compos et surtout le style que je fais. En plus avec 5 musiciens ce n'est pas facile à moins de travailler pour des clous! Depuis peu je répète et enregistre à 3 et déjà des contacts pour de futurs concerts se concrétisent. Le temps où je faisais du piano-bar est révolu. J’étais sur scène environ 330 fois par an.  Ça a duré presque 20 ans!

Peux-tu nous présenter les membres de ton band ?
Les membres de mon band actuel : Hervé ‘’vroom vroom’ Letrillard à la batterie et Luc ‘the kid’ Lavène à la guitare et slide. Ils m'ont contacté il y a quelques mois pour me dire qu'ils aimaient ma musique et qu'ils voulaient jouer avec moi… dont acte.
blues paul macmannus
Parle-nous un peu de tes belles rencontres depuis que tu te produis sur  scène?
J'ai eu la chance de faire quelques gigs avec Toni Petrucciani le père de Michel. Il m'a montré comment exploiter le walkin' bass, et il m'a donné quelques cours d'harmonie... c'était pas gagné car je ne sais pas lire la musique.
J'ai rencontré et joué avec Marc Ceccotti, qui est le fondateur du groupe Edhels. Un groupe qui joue les compos progressive rock de Marc. Ce dernier m'a fait jouer une musique que je ne pensais pas jouer un jour. Pour moi ça été difficile de rentrer dans l'esprit de ce style, mais bon, j'y suis arrivé et nous avons fait de bons concerts. Je suis toujours en contact avec Marc.
Une autre rencontre déterminante pour moi, a été celle avec André Fanelli. Depuis plus de 20 ans il s'occupe du festival Jazz Blues de Draguignan. Après bien des efforts j'ai pu l’approcher, lui faire écouter ma musique, et de là s'en est suivi une belle amitié. C'est grâce à André que j'ai pu entrer en contact avec certains médias. Grâce à lui, j'ai pu rencontrer et jouer avec Vasti Jackson lors du festival de Draguignan en 2012. Vasti, un musicien formidable qui en l'espace de 3 jours m'a appris beaucoup de choses sur l'interprétation du blues.
Un ami musicien m’a obtenu un gig avec les Yardbirds. Pour un concert il y avait eu une embrouille de bassiste et au pied levé je suis allé jouer avec eux pour un soir. Rapide mais agréable de jouer avec Jim McCarty. Je me souviens avoir eu en possession un disque d'eux quand j'étais môme... et hop je me retrouve avec un des fondateurs de ce groupe... Génial !
Pour le fun, je rembobine, et je reviens dans les années 70 où j'ai joué quelques jours avec le regretté Vince Taylor. Un type sympa, plein de feeling, souriant. J'en garde un bon souvenir.

Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène.
Le bon souvenir de scène… il y en a plusieurs. En fait c'est quand je joue avec de bons musiciens qui s'investissent dans leur prestation. Je les écoute jouer et parfois j'en oublie de me concentrer sur mon jeu de basse (joke!)
Le pire c'est de jouer avec des « fonctionnaires », et en plus qui ne jouent que pour eux, sans aucun feeling. On cachetonne… ciao… merci… à plus!

En quoi la scène est-elle indispensable ?
J'aime être en studio et j'aime la scène. Deux mondes différents. Chaque fois que je monte sur scène je pense que j'ai encore le trac après toutes ces années. Il faut être maso pour aimer ça. Mais c'est une petite peur qui fait du bien car chaque fois je me remets en question. C'est indispensable pour moi.

Sur quel genre d’instrument joues-tu ?
J'ai toujours joué sur Fender bass. Quand je joue en quintet, j'utilise une basse violon Epiphone. Maintenant en power trio, je reprends ma vieille Fender ASE. Je n'en vois pas beaucoup sur le marché. C’est une semi acoustic bass, légère et très agréable au touché. Un velours!

Parle-nous du dernier CD ‘From South To South’… 
En fait, From South To South, est l'avant-dernier CD. Le dernier est Boogie’N Soul. Ces deux CD ont été enregistrésblues paul macmannus au studio Jean Costa (ancien chef d'orchestre de Johnny Hallyday)  à Draguignan. Le problème que je rencontre est toujours le même : la disponibilité des musiciens. Certains donnent des cours, d'autres résident loin ou ont un travail à plein temps. Pour répéter ou enregistrer ce n'est pas facile.
Donc parfois je joue de la batterie sur mes enregistrements pour gagner du temps et je fais appel à d'autres personnes en ce qui concerne les guitares. Sur From South to South  j'ai choisi de ne pas mettre de l'harmo pour que ça sonne peut-être plus hard. J'ai demandé à Vasti Jackson de participer sur un titre et il s'est proposé de faire une partie de guitare sur ‘I Wanna Live My Way’. Un ami, Thierry Castelli, est venu aussi jouer sur un titre. Cet album m'a pris au moins 4 mois pour en arriver à bout. Le dernier Boogie’N Soul  m'a donné pas mal de tracas. Maladie en chaîne, problèmes techniques, disponibilité incertaine,  etc. J'ai mis presque un an pour le sortir. Le tout dernier a été enregistré en power trio en 2 jours.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
Mes sources d'inspiration pour écrire et composer sont simples. Dans la plupart des textes je parle des USA. NYC ou la Mother Road et le désert. Parfois je m'inspire d'histoires vraies que j'ai vécues et surtout vécues par des connaissances : ‘Woke Up Late This Morning’, ‘I Can Lie’, ‘From New York With Love’, ‘It Was The Good Time’… etc. Le texte est plus dur à trouver. Pour la musique je me chante une ligne de basse dans ma tête et je la garde plusieurs jours. Si après ce laps de temps je m'en souviens encore, cela signifie que ce morceau est peut-être bon. Je fais tout ça sans prendre aucun instrument. Quand j'arrive pour montrer le titre, je n'en sais pas plus que les musiciens (vitesse, tonalité, groove...), chacun apporte de l'eau a ce moulin et ça marche! Que ce soit en quintet ou en trio comme maintenant.

Combien de temps te faut-il pour élaborer un disque ?
L'élaboration d'un disque ne me prend en principe pas longtemps, sauf problèmes et imprévus. Ça peut aller de 3 jours à un an. C'est énorme. 

Comment définirais-tu ton style ?
Si je dois définir mon style... je fais du MacMannus. Suivant les inspirations musicales que je sens (Sir Paul, Canned Heat, ZZ Top et autres) la façon de composer mes blues et boogies n'est pas trop académique. Je ne suis pas un puriste et spécialiste du genre Donc, des fois je mets des accords qui ne sont pas toujours employés dans cette musique ou alors une suite harmonique différente que celle qu’on peut entendre (je ne fais pas ça souvent). Le fait de composer à la basse, je pense que ça peut influer sur le mode de compos.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Avec le power trio nous avons beaucoup de projets. Nombreux gigs en vue si tout va bien, sortie de notre premier CD, et pourquoi pas un clip.

Quelques mots sur la scène de Draguignan et des alentours…
J'ai parlé d'André Fanelli. Heureusement qu'il est là sinon la scène jazz/blues à Draguignan serait mortelle. Nous habitons dans un désert artistique musical. Il y a de nombreux musiciens mais pas d'endroits vraiment adaptés pour des concerts quel que soit le genre de musique. Il semble y avoir un peu de public pour ce genre de musique mais trop peu pour une ville de 40.000 âmes. Le blues et autres styles n'étant pas la préoccupation première des politiques... ça devient ardu de créer un festival ou des concerts. André organise chaque année le festival Chicago Blues de Salernes et celui de Draguignan. Sorti de là il n'y a rien. Donc pour jouer (et avec des compos c'est encore plus dur!) c'est galère.

Quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
En dehors de la musique, je suis passionné par les avions de seconde guerre mondiale. J'ai ce virus depuis tout petit. Je l'ai eu en même temps que celui de la musique. Et j'aime aussi voyager quand les finances me le permettent (en principe toujours vers les USA. Ma femme commence à râler!). J'aime aussi l'histoire des Etats-Unis.

Quel est ton lieu de prédilection ?
J'adore être au milieu du désert américain comme celui de Monument Valley (j'en ai fait un titre ‘Old Man Singin’) blues paul macmannusC'est un moment magique que d'être là au milieu de cette nature aride. Je suis resté des heures à contempler ce paysage et je ne m'en lasse pas.
J'aime aussi New York. Je me sens un autre homme dans cette ville qui ne dort jamais. Je suis capable de passer de l'une à l'autre sans problème. Je m'adapte tellement bien que chaque fois je m'en retourne avec  des idées pour de nouveaux titres.

Quels ont été tes derniers coups de cœur musicaux ?
Etrange pour un boogie man. Pour mon anniversaire mes amis m'ont offert une place pour le concert de Sir Paul (encore lui) à Marseille. De voir un Beatles (Il avait 73 ans à l'époque !) jouer, chanter et avoir la pêche comme ça. C'était fabuleux de voir plusieurs générations chanter ses succès. Certains avaient les larmes qui coulaient. Même des jeunes qui n'ont pas connu les Fab Four. Magique!
Le concert ‘blues’ de Barbara Hendricks à Draguignan fin avril. Le décalage m’a surpris. Etonnant d’entendre une cantatrice chanter du blues et du gospel. Musiciens remarquables. Beaucoup de gens semblaient être déroutés par cette voix sur du blues.

Quel serait ton rêve le plus fou ?
Mon rêve le plus fou (un parmi la dizaine qui me hante chaque jour). Savoir que des gens attendent pour entrer où je dois jouer. Savoir que des gens aiment ma musique au point de faire des kilomètres pour assister à un concert et savoir qu'ils repartent heureux de ce que je leur ai donné.

Gilles Blampain – avril 2017

www.macmannusbbb.fr

blues paul macmannus