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09/17
Chroniques CD du mois Portrait: WILLIE MABON Livres & Publications
  Dossier: EXCELLO RECORDS  
 


Interview
ORVILLE GRANT


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Country, folk-blues ou rock, cigar boxes et technologie moderne, il opère en orfèvre et s’affranchit des cadres.

Blues Again : D’où viens-tu Orville Grant ?
Orville Grant : Je suis originaire de Bordeaux et je vis aujourd’hui à 40 kilomètres au sud de cette ville. J’ai la chance d’avoir comme passion la musique qui est mon métier en tant que professionnel depuis 23 ans. J’ai commencé à apprendre la musique à l’âge de cinq ans et la guitare à partir de 18. J’ai enregistré mon premier 45tours en 1981 chez Polydor.
J’ai également une grande passion pour les animaux. Je ne mange pas de viande depuis 3 trois ans par respect pour les animaux car je refuse que l’on sacrifie des vies pour mon seul confort.

Le blues, le rock… c’est venu comment ?
Tout enfant je vivais dans le nord-Gironde dans un petit village et dans les années 50/60 j’ai beaucoup écouté des chanteurs français. J’ai découvert plus tard à la radio les tubes anglo-saxons des années 60. Lorsque je suis rentré au lycée dans les années 70 j’ai découvert le rock anglais et ce fut une révélation. J’étais à cette époque un grand fan des Stones, de Rod Stewart, de Status Quo mais aussi dans un autre style de King Crimson ou Van der Graf Generator.

Quelles sont tes références ?
Mon maitre absolu est JJ Cale et même si j’adore tous les grands groupes américains des années 70 comme Poco, les Eagles, les Doobie Bros, Fleetwood Mac, CSNandY etc... et aussi de James Taylor et Neil Young, JJ Cale reste celui dont je ne me lasserai jamais.

Où et quand as-tu fait ton premier concert et maintenant combien en fais-tu par an ?
J’ai fait un peu de bal comme musicien dans les années 90. Mon premier concert avec le groupe en tant que Orville Grant a eu lieu en 2003... Je ne sais plus où. Je fais environ 50 concerts par an.

Parle-nous un peu de tes belles rencontres depuis que tu te produis sur scène?
Mes plus belles rencontres sont avec des gens anonymes et avec les musiciens avec lesquels je joue.

blues orville grant
Souvenir de scène, bon et mauvais...

Des bons j’en ai assez régulièrement quand un concert est réussi. Sans aucun doute mon plus mauvais souvenir fut lors d’un bal en 1994 pour le réveillon du 1er de l’an où je me suis électrocuté. Je suis tombé électrisé, les mains brulées au 3ème degré et une fêlure de la colonne vertébrale qui m’a immobilisé 2 mois sous morphine comme anti-douleur pendant plusieurs semaines.

En 2009 tu as enregistré dans les studios de Nashville, peux-tu nous en dire plus ?
Ce fut la plus belle expérience de ma vie de musicien et un souvenir personnel inégalable. Album enregistré en une semaine avec des musiciens absolument exceptionnels. Le niveau des musiciens de studios américains en général et en particulier dans cette ville appelée MusicCity est incroyable. Ils ont naturellement le style, le son et la décontraction avec cette musique qui est dans leurs gènes.


Parle-nous du CD Orville and the Woodbox…
13 Titres sur l’album dont 8 compositions avec ma parolière Ellen Wander.
J’ai réalisé cet album tout seul dans mon home studio en auto-prod. Je joue de tout et principalement de mes Cigar Box Guitars. Ma femme Erika fait les choeurs sur quelques titres. C’est principalement un album de production, un mélange de boucles rythmiques très modernes et d’instruments comme les CBG’s qui donnent un son vraiment roots. Au début j’ai pensé que les critiques de certains conservateurs du blues allaient être acerbes mais en fait les critiques ont unanimement été excellentes et Blues Magazine en particulier a plébiscité l’album. Je pense que cet album de country-blues est vraiment très original dans l’univers du blues français. C’est en plus un album à tout petit budget dont je suis très fier.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
J’ai écouté tous les styles musicaux à différentes périodes de ma vie: classique, jazz, pop, rock, folk, blues, country etc... Et je me nourris donc de tout, même si on trouve dans ma musique beaucoup d’influences country-rock californien des années 70 et aussi de blues-rock.

Comment définirais-tu ton style ?blues orville grant

Entre la country, le rock, le blues et le folk suivant les titres.

Quelles sont tes guitares préférées et, comment et pourquoi es-tu venu aux cigar boxes ?
Je suis exclusivement fan des guitares électriques Tom Anderson qui pour moi sont absolument parfaites. Je pense à ce jour avoir possédé plus de 200 guitares donc j’ai pas mal comparé et je ne me sens bien qu’avec ma Tom Anderson actuelle. J’ai tous les sons du monde et un confort de jeu unique. Une Classic Series forme Stratocaster.
Les CBG’s c’est l’inverse ce sont des guitares de bricoleurs du dimanche mais elles racontent une histoire tellement belle et tellement puissante. Elles sont à l’origine de toutes les musiques qui viennent des USA. Lorsque je les ai découvertes il y a quelques années j’ai pris une grande claque et depuis je ne les quitte plus.
Avec mon pote François Payen nous fabriquons notre propre marque « OCB by Bird »
Elles sont superbes et sonnent d’enfer. J’en joue une sur scène, une 4 cordes. C’est ma préférée. Avec notre groupe OCB « Only Cigar Box » nous essayons sur scène de retranscrire cette histoire avec humour mais aussi avec beaucoup de sincérité.

Parle-nous de l’aventure Only Cigar Box et du nouvel enregistrement Back To The Roots…
J’ai fondé OCB avec l’harmoniciste Teddy Costa il y a presque 4 ans de cela et depuis notre notoriété même si elle reste encore modeste ne cesse de grandir car au-delà de la musique, comme nous avons soigné notre look sur scène et nous utilisons plein d’accessoires divers et variés. Les amplis avec des bidons d’essence, des caisses en bois, une batterie avec un look unique et nos habits faits pour la circonstance pour certains. OCB sur scène c’est un peu une pièce de théâtre. On raconte une histoire en quelque sorte... et on déconne pas mal aussi (rires). Le nouvel enregistrement s’appelle Back To the Roots, pas pour le style musical car l’album est très énergique et teinté blues-rock. Il y a peu de ballades.
On a eu l’opportunité d’enregistrer en une semaine au Studio Berduquet à coté de Bordeaux sur support analogique total. Sur un Magneto Ampex à bandes 2 pouces 24 pistes, et le mix sur un Ampex 1/2 pouce et que des effets analogiques. Comme dans les années 70/80. En plus on a pu être enregistré et mixé par un des meilleurs ingénieurs du son européen, Clive Martin qui était tout jeune au Trident à Londres et qui a travaillé en autres avec Cure, Queen, David Byrne et qui a produit en France les Négresses Vertes, Wampas, Superbus etc...
On a presque tout enregistré en prises directes dans les conditions du live à 6 musiciens, avec les petits défauts que cela implique mais ça sonne très chaleureux. Presque pas de re-recording. Le CD bien entendu n’est pas analogique complet puisque c’est un support numérique et que j’ai fait le mastering chez moi, mais en début d’année on va extraire du support original un disque vinyle avec 7 titres.
blues orville grant
Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Un album pour ma femme Erika Sail, plutôt acoustique avec beaucoup de compos. J’ai aussi déjà en cours un album solo qui va être très long à finaliser car je fais intervenir une trentaine de musiciens d’horizons divers, beaucoup proches du blues et parfois très lointains. Certains ont été enregistrés à Nashville dans des chambres d’hôtel par mon pote Jean-Luc Leroux qui est un spécialiste du bluegrass et qui connait tous les grands instrumentistes à Nashville. J’ai la chance d’avoir sur deux titres Rob Ickes, le meilleur Dobroïste au monde probablement car il a déjà eu 9 Grammy Awards, mais aussi Aaron Till au violon et Doug Jernigan, un merveilleux Pedal Steeler. Stephan DeReine, un des grands pianistes français aujourd’hui établi en Californie et mon vieil ami d’enfance bassiste et producteur américain qui vit à San Diego, Josquin des Près. En France des copains bluesmen comme Nina Van Horn, Mister Tchang, Anthony Stelmaszack, Cadijo, mes compagnons d’OCB et bien d’autres, mais aussi l’excellent pianiste Jean-Yves d’Angelo (Jonasz, Mitchell, Hallyday etc..) qui avait enregistré pour moi il a 35 ans et qui a accepté de faire une intervention sur un titre.

Quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Passer du temps avec ma femme. M’occuper de mes animaux car j’ai trois chiens et des oiseaux, apprivoisés pour beaucoup. Faire la cuisine pour mes amis et prouver qu’on peut très bien manger sans viande.

As-tu un lieu de prédilection ?
Les lieux m’importent peu du moment que je partage ces moments avec des amis ou des gens agréables.

Quels ont été tes derniers coups de cœur musicaux ?
En fait j’écoute beaucoup de musique. En ce moment je réécoute pas mal les albums de Little Feat, j’adore Bonnie Raitt et je me plonge très souvent dans les albums de Keb Mo qui est pour moi aujourd’hui un des meilleurs bluesmen actuels. Le dernier album du batteur des Eagles, Don Henley est un magnifique album de country. Les deux derniers albums du vivant de Levon Helm (The Band) sont les disques de chevet de ces deux dernières années. Ce sont de purs chefs-d’œuvre. Mention spéciale pour le dernier album de Manu Lanvin que je trouve excellent et que j’écoute souvent. Je crois que ce type a un bel avenir. Il a le niveau international.

Quel serait ton rêve le plus fou ?
A mon âge j’ai cessé d’être fou, et comme JJ Cale est mort je ne pourrai plus enregistrer avec lui. Comme a répondu un jour Woody Allen a un journaliste qui lui demandait ce qu’il aimerait que l’on dise de lui dans un siècle, il a répondu : « J’aimerais que l’on dise: Il est sacrement bien conservé pour son âge ». Alors voilà mon rêve le plus fou :)

Gilles Blampain –décembre 2016

https://www.reverbnation.com/orvillegrant

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