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09/17
Chroniques CD du mois Portrait: WILLIE MABON Livres & Publications
  Dossier: EXCELLO RECORDS  
 


Interview
NICO DUPORTAL


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BLUES NICO DUPORTAL





Entre swing exalté et rock’n’roll bondissant, c’est la furie rhythm’n’blues. Sa musique est faite pour se lâcher et le vernis vintage fifties ne masque pas une création originale pétillante.

Blues Again : Qui es-tu Nico ?
Nico Duportal : Et bien Je m’appelle Nico Duportal, je suis né en 76 dans le 11ème arrondissement de Paname et, j’ai grandi à Villiers Le Bel dans le 95. Puis je suis parti vivre quelques années dans sud (à Cahors)nico duportal, là où j’ai vraiment pris une claque et, trouvé  une plus grande affinité avec le blues. Je vis du côté de Dunkerque depuis maintenant six ans je crois.

Parle-nous de ton éveil à la musique…
Bah, je crois qu’il ressemble à peu de chose prêt à n’importe quel autre ! Très tôt à la maison il y avait les vinyles de mon père qui tournaient… Parmi les trucs de Pink Floyd, Bob Marley, les Surfs, Eric Clapton, les Stones… il y avait Ray Charles, Ella & Louis…  donc, toute ces choses étaient déjà dans mes oreilles et dans ma tête quand j’étais qu’un  petit « petit » gars ». Bien plus tard vers l’âge de 16 ans, j’écoutais à peu près tout ce que mon grand frère qui était en internat, ramenait à la maison le week-end. Du punk, du reggae, du rock, Hendrix… et puis un jour des compiles de blues.  Puis, je me suis dit « tiens j’aimerais bien faire de la guitare ! ». Le mari de ma mère travaillait dans un magasin de piano/guitare.  Il est revenu avec la plus cheap de toutes les guitares du magasin… C’était une horrible Washburn noire. Mon apprentissage a donc commencé là. Je jouais un peu de tout, mais surtout de rien.

Te souviens-tu du premier blues ou rock que tu as entendu ?
Le premier entendu non, mais le premier qui m’ait marqué oui. C’était sur ces fameuses compiles de mon frangin, il y avait les premiers enregistrements de Canned Heat dont, leur version de ‘Louise’. La guitare m’a juste fracassé à ce moment et je me souviens avoir passé du temps, à essayer de jouer l’intro de ce morceau.

Quelles ont été tes principales influences ?
Si nous ne devions citer que les guitaristes, je dirais Lightning Hopkins, Guitar Gabble, Johnny Guitar Watson, BB.King, Jimmie Nolen, Pete Lewis, Billy Buttler, Robert Lockwood… Mais il y  en a tant.

Quels musiciens entrent dans ton panthéon personnel ?
La liste est très longue, et ça dépend des jours. Allons-y: Little Walter, George Harmonica Smith, Illinois Jaquet, T.Bone Walker, BB King, Brother Jack McDuff, Johnny Guitar Watson, Billy Buttler, Jimmy Smith, Clarence Gatemouth Brown, Kenny Burrell, Barney Kessel, Ben Webster, Jimmy Nolen, Hollywood Fats, Charlie Christian, Charlie Parker, Hank Williams, Jimmy T99 Nelson, Muddy Watters, Chuck Berry… et il y en a bien d’autres.

Où et quand as-tu fait ton premier concert ?
Ahahaha, mon premier concert véritablement c’était certainement avec un groupe qui s’appelait Mad Man Blues. Il y a 20 ans dans le lot. Mais la véritable scène, c’était avec Rosebud. On nous avait donné l’opportunité de faire la première partie de Tito & Tarantula (groupe qui joue dans le film de Robert Rodriguez, Une Nuit En Enfer). C’était dans le nord du Lot, organisé par une asso. Un très bon souvenir.

Maintenant, combien de concerts par an ?
Avec les Dudes, je dirais 60… très rarement des clubs. Après il y a les remplacements comme avec Youssef Remadna, ou à l’occasion d’accompagner des artistes comme Dana Gillespie, Julien Brunetaud, Jai Malano…

Comment définirais-tu ton style ?
Alors ça c’est une grande question pour moi aussi. C’est compliqué… je dirais que mes influences font partie  forcément de mon style. Il se situerait peut-être entre le bon vieux R&B Louisianais, celui de Memphis… je ne sais pas trop. Je ne nous considère pas comme des revivalistes, et (je) nous n’en avons pas envie. Nous essayons de nous affirmer au travers de propres morceaux qui sont influencés par la force des choses, par la musique qui nous passe dans les oreilles depuis tant d’années. Je pense que nous sommes un groupe que l’on peut reconnaitre, identifier dès les premières mesures.

Présente-nous les Rhythm Dudes.
Pascal Mucci est à la batterie depuis 4 ans, Thibaut Chopin à la contrebasse, au backing vocals, à l’harmonica parfois, Olivier Cantrelle est au piano, Alex Bertein depuis 1 an est au sax baryton et, Arnaud Desprez qui tient le ténor depuis 4 ans aussi.

nico duportal

Ta plus belle rencontre depuis que tu te produis sur scène ?
La plus belle pour moi est celle faite avec les Rhythm Dudes. Nous nous entendons bien, et sommes (à peu près) sur la même longueur d’onde en ce qui concerne la musique. Je ne me vois pas partir jouer à 2000 km de chez moi, avec une équipe qui serait incapable de s’entendre. Nous sommes un band, mais aussi et, surtout une sacrée bande de potes. Ensuite, mon Ami Lynwood Slim m’a beaucoup marqué et, m’a indéniablement influencé.
La rencontre avec des gens qui sont devenus des potes, comme Junior Watson, Kid Ramos, Chef Denis, ou bien les 44’s de Los Angeles, et autres ont été une agréable surprise après toutes ces années. Ils m’ont beaucoup aidé, tous à leurs façons, même là-bas à L.A, ils me traitent tous vraiment à égal, et oui c’est une sacrée surprise !

Les souvenirs de scène…
J’en ai tellement ! Côté bons souvenirs, je dirais, récemment quand j’ai accompagné Big Jay McNeely dans un club Chicanos, The Spike’s, à l’Est de de L.A, puis avec notre groupe en France. Et puis le légendaire Lloyd Price (‘Lawdy Miss Clawdy’, ‘Stagger Lee’…) il y a quelques semaines.
Les mauvais souvenirs il n’y en a pas tant que ça, fort heureusement. C’est plus l’avant ou après concert… Il y a des années, en Belgique le type a essayé de nous faire dormir dans une étable… qui habituellement était occupée par des cochons. Ahahahaha… Nous avons donc pris des chambres d’hôtel, à ses frais bien évidemment.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
Ma vie, nos vies… je ne vais pas causer de ce que je ne connais pas. Les thèmes récurrents sont, la route, la femme (la mienne en tous cas), la fête (parce que l’on aime bien ça aussi), des gens qui sont partis trop tôt ou/et qui viennent d’arriver.

Parle-nous du dernier CD ‘Guitar Player’…
Cet album a été enregistré en deux sessions, entre 2 tournées. Ces 13 titres ont été enregistrés en condition Live commenico duportal d’habitude, avec des overdubs pour certaines parties de chant. Rien de bien nouveau. Beaucoup des compos (7) ont été arrangées/composées dans ce même studio durant les séances. Nous avons aimé la collaboration avec Julle du BLR studio (dans le 77), nous étions sur la même longueur d’onde. Ce fut un vrai boulot d’équipe, il savait ce que l’on voulait ou pas. Nous avons la joie de travailler avec le label Rhythm Bomb, qui est très actif dans le monde entier. Ce label est basé à Berlin, Londres et Los Angeles, ce qui est plutôt pas mal pour nous. Broken Silence s’occupe de la distribution, ainsi on peut trouver notre nouvel album (CD et LP) à peu près partout dans le monde. Nous sommes véritablement contents de cette collaboration.

Sur quel genre de guitare joues-tu ?
Je ne suis pas un gros malade de matos, je fais par rapport à mes moyens on va dire. Actuellement et, ce depuis un an, j’ai du mal à me séparer de ma Les Paul Gold top de marque Tokai. Elle est équipée de 2 micros de type P90, qui sont fait mains et, en France par le talentueux Stéphane de Hepcat Pickups. Il a conçu cette paire de micros par rapport à ce que j’aime comme son et, ce dont j’ai besoin sur scène comme en studio. J’utilise parfois une Telecaster, chinoise bien sûr… j’ai eu la joie à l’époque, d’être l’heureux propriétaire d’une Gibson ES  330 de 1966, que j’ai revendu il y a 7 ans afin de pouvoir sortir le tout premier disque Meet Me In The Basement… C’est la vie !

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Partir en vacances quelques jours avec ma famille. Plus sérieusement, il y a pas mal de projets sur le feu, mais je ne veux pas en parler maintenant … La suite dans la prochaine interview. Tourner et enregistrer des disques est pour nous indispensable, donc continuer sur cette lancée. Nous avons la chance de pouvoir faire confiance à David Isaac de Borderline Blues Agency, qui commence à gérer nos tournées.

Quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Des hobbies, pas vraiment en fait… Ecouter des disques peut-être. En fait quand j’ai du temps libre, je m’occupe de ma jolie petite famille, de mes enfants et, j’adore ça !

Quel est ton lieu de prédilection ?
Hum, une petite ville dans la Californie du Sud, située au bord du Pacifique qui se nomme San Clemente… Je m’y sens bien. Je passe des heures assis sur la plage, à attendre le coucher du soleil en regardant les kids surfer jusqu’à la dernière lueur de celui-ci. Je sais c’est rien, mais ça me fait du bien.

Quels ont été tes derniers coups de cœur musicaux ?
Dans les trucs récents, je pourrais te parler d’un  harmoniciste/chanteur nico duportalSuédois du nom d’
Harmonica Sam, il est fantastique ! Je suis dingue de son projet  The Country Side Of Harmonica Sam, dans lequel bien évidemment, il joue de la country, typée fin des années 50. J’aime beaucoup les titres mélancoliques, les histoires d’amour dans ce genre de musique, et Sam fait ça vraiment bien. Il y a un album qui vient tout juste de sortir.
Puis il y a un 33 T que j’écoute pas mal en ce moment, c’est l’album « TAL » de Tal Farlow… c’est à tomber.

En dehors du rhythm’n’blues, de la soul, du rock, apprécies-tu d’autres styles musicaux ?
Oui tout à fait. Forcément on va dire le jazz trad, Charlie Parker, Illinois Jaquet, Coleman Hawkins, Tal Farlow, Django, Kenny Burrel… Et tant d’autres. Tu vois c’est vraiment très proche du blues. La bonne vieille country/hillbilly, avec des gens comme Skeets McDonald, Red Foley, Hank Williams bien sûr, Roy Hall… J’aime le rhythm & blues jamaïcain, le vieux punk américain, mais aussi Trenet, Brassens, Brel, Ferré, Jean Sablon (avec Django c’est terrible !).

Quel serait ton rêve le plus fou ?
J’en ai un paquet… Mais si on reste dans le domaine de la musique, ce serait celui d’assister à un concert dans lequel on pourrait retrouver sur scène, T.Bone Walker, Johnny Guitar Watson qui se tireraient la bourre,  Little Walter et Walter Horton feraient de même… On pourrait avoir Sister Rosetta, Little Richard, et Hank William en guests.

La question que je n’ai pas posée…
Ce serait : Pourquoi ne vous voit-on pas plus dans les grands festivals de blues français, alors que vous jouez sur ce type de scènes partout en Europe et en Scandinavie ?
Et ma réponse serait que je me demande la même chose, mais que peut-être cela viendra.

Gilles Blampain – juillet 2015

www.nicoduportal.com

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