blues again en-tete
05/22
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Interview
MOONWISE


KING KONG BLUES
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BLUES LUCKY WILL





Le quintette crée un univers musical particulier en mêlant habilement une pointe de jazz et une nuance de pop-folk avec un soupçon de soul-funk.     

Blues Again : Comment le groupe est-il né ? Depuis quand existe-t-il ?
Maxime : Moonwise existe depuis 2018. On s’est rencontrés sur internet, d’abord William, le chanteur, et moblues moonwisei Maxime, à la basse. On a aussi trouvé Sam, quelques mois après, par une annonce sur internet. Par la suite il y a eu 2/3 mouvements, mais le noyau solide est présent depuis 2019. Guillaume, à la batterie est arrivé via Sam, ils se connaissent du conservatoire de Rennes, en section jazz. Et il y a quelques mois, on a accueilli une personne aux claviers et aux chœurs, Axelle. Elle est aussi arrivée via les connexions du conservatoire qu'ont Sam et Guillaume. On est maintenant cinq, et on est heureux, on a trouvé un équilibre qui correspond bien à notre musique.

Quel est votre port d’attache ?
Sans conteste, c’est Rennes ! Même s’il se trouve qu’aucun d’entre nous n’est rennais à la base. On y vit tous, et on adore notre ville. Il s'y passe plein de choses, notamment pour les musiciens.

Quel est le poste de chacun ?
Il y a Sam, à la guitare électrique et aux chœurs. Il a aussi fait un gros travail de production sur l’album, au passage. Sam est au conservatoire de jazz, joue dans plusieurs formations sur Rennes et est un fan d’Oscar Jerome.
William est au chant, et s’occupe aussi des visuels du groupe. Il a déjà sorti plusieurs albums avec son projet folk sur Rennes, sous le nom William Josh Beck.
Axelle est aux claviers et aux chœurs. Elle sort aussi d’une formation au conservatoire de Rennes, et se produit dans plusieurs bands.
Guillaume, le batteur, est au conservatoire de jazz avec Sam. Il a aussi plusieurs groupes, dont un avec Axelle d’ailleurs : Khéta.
Maxime, le bassiste, a joué dans beaucoup d’orchestres dans l’esprit groove, et se dédie maintenant entièrement à Moonwise.

Quelles ont été vos influences ?
Il y en a beaucoup ! On vient d’univers assez différents. Max, le bassiste, vient plutôt de la soul, du groove. Il y a deux membres du groupe, Sam et Guillaume, qui viennent du conservatoire de jazz et qui apportent vraiment la patte jazz du projet. Il y a aussi le chanteur qui apporte un couleur plus pop et folk. Donc pas mal d’influences différentes mais si on doit citer des groupes, on aime bien parler de la scène jazz/groove anglaise actuelle donc Kokoroko, Oscar Jerome, Nubiyan Twist, Me And My Friends… Certains comme Hiatus Kaiyote aussi, Vulfpek ou Khruangbin, ne sont pas anglais mais nous inspirent quand même beaucoup. Ce sont vraiment des noms qui font l’unanimité entre nous. Sinon, on pourrait peut-être aussi parler de Portishead, pour un côté plus planant de temps en temps. Parfois, on nous compare un peu à Jamiroquai aussi. Ce n’est pas forcément recherché pourtant. Voilà, c’est très varié. Mais en même temps c’est ce qu’on aime bien, et ce qui fait ce qu’on est.

BLUES MOONWISE

Pourquoi ce nom ?
Il nous représente pas mal : on est souvent dans la lune, et la notion d’orbite autour de la lune nous plaisait bien. C’est aussi une vieille expression anglaise qui signifie aller en sens inverse des aiguilles d’une montre.

Qui imprime la couleur musicale du groupe ?
Un peu tous, via nos influences. Sam et Guillaume apportent un côté jazz, Axelle et Maxime un côté plus groove. Et la particularité de Moonwise, on pense que c’est la voix de William, qui est plus pop. On n’a pas tant l’habitude d’entendre une voix comme celle-ci sur une musique jazz/groove.

Comment définiriez-vous votre style ?
Grand débat interne. Maintenant on parle de pop-groove. La dénomination jazz, même si elle se retrouve clairement dans la musique et dans les influences, pose questions parfois… Vous en pensez quoi vous ?

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ?
On a fait notre premier concert au bar Alex’s Tavern à Rennes en 2018… Rien à voir avec le groupe d’aujourd’hui. On n’avait que 35 minutes de set, donc on jouait deux fois dans la soirée avec une pause au milieu. Et on changeait l’ordre des morceaux.

Maintenant, combien de concerts par an ?
Maintenant, on est en période covid depuis un bout de temps. Avec des hauts et des bas pour la vie musicale et les concerts. Donc on est en moyenne à 7/8 par an… Espérons que l’année 2022 sera plus fructueuse à ce niveau-là.

En quoi la scène est-elle indispensable ?
On aime composer, répéter, réfléchir aux arrangements, enregistrer… Ce sont plein d’étapes si différentes, essentielles et intéressantes. Mais jouer en concert reste pour nous l’objectif ultime. C’est la raison pour laquelle on passe par toutes les étapes d’avant. On aime rencontrer les gens, les voir groover devant nous… Ça nous fait du bien !

Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène…
Un bon souvenir ? Un super café-concert du Morbihan, le Coota. De supers conditions d'accueil et un sacré public pour un café-concert que l’on n’attend pas à cet endroit. Un mauvais souvenir de scène ? Un concert à Rennes avec... Personne sauf 3 amis. C'est un peu dur, mais formateur.

Comment est né votre album Common Ground récemment paru ?
Il est composé de 9 titres qui nous représentent pas mal, dans le sens où il y a des univers musicaux différents. On va aller sur de la soul pour certains morceaux, à certains moments on va peut-être se rapprocher du jazz et parblues moonwisefois, on va se rapprocher un peu plus des musiques d'ailleurs, un peu afro-américain caribéen. Il y a plein de choses un peu différentes musicalement, mais avec un lien qui est le chant, une tessiture plus pop ou plus folk qui donne un peu l’identité du groupe. On a essayé de mettre tout ça dans un ordre intelligent pour essayer de raconter une belle histoire…
Pour ça, et parce qu’on a essayé de faire un gros travail de production, on a invité pas mal de copains : violon, violoncelle, trompette, saxophone, trombone, chœurs, percussions…
On a enregistré au superbe studio Near Deaf Experience à Morlaix, avec Sébastien Lorho. On a d’ailleurs vraiment apprécié travailler avec lui, et c’est lui qui a fait le mixage et le mastering.
Sinon on a fait tout le travail seuls, pour ce qui est de la recherche de financements, la distribution, le visuel, etc… On n’a pas encore de label avec nous, on en profite d’ailleurs pour faire un appel pour le prochain album.

Quels sont les projets du groupe pour les mois à venir ?
Là on a deux envies, clairement : la première, c’est de faire des concerts. Ces derniers temps, l’enregistrement nous a pris beaucoup d’énergie. En plus du covid et ses conséquences, bien sûr. Alors on souhaite vraiment partager cette musique avec le public !
La deuxième envie est de repartir dans la composition, ce que l’on commence déjà à faire. Et c’est super agréable.

Pour parler d’autre chose, quels sont vos hobbies en dehors de la musique ?
C’est marrant les relations de groupe de musique, parce que avant tout ce qui nous réunit c’est la musique. Et parfois, il se trouve qu’il n’y a pas vraiment d’accroche en dehors du projet musical, un peu comme une relation de « presque collègues ».
Mais avec Moonwise c’est agréable parce qu’on s’entend vraiment bien tous les cinq. On rigole beaucoup ensemble.
Sinon pour ce qui est des hobbies, Sam et Guillaume partagent une vraie passion des jeux vidéos. Axelle et Max font pas mal de sport et sont fans de leurs chats respectifs, est-ce que c’est une passion ça ? William a une grosse activité artistique en dehors de la musique : il écrit, peint, dessine…

Un lieu de prédilection où vous aimez vous retrouver ?
On répète beaucoup au Jardin Moderne, à Rennes. C'est assez stimulant, il y a beaucoup de groupes qui répètent là-bas. On peut aussi y boire un verre après la répète, c'est pas négligeable. Donc forcément, on a beaucoup de souvenirs là-bas et c'est un lieu qui est vraiment important pour le groupe et son développement. On adore aussi aller chez William, qui a une maison en pleine campagne à 30 km de Rennes. On passe des temps plus longs là-bas sur plusieurs jours. On se met au vert pour composer. Et on pourrait aussi citer les jams jazz du Papier Timbré, à Rennes, chaque mercredi. Ublues moonwisen sacré vivier de bons musiciens !

Pour le groupe, quel serait le rêve le plus fou ?
Alors on pourrait bien sûr dire que l’on rêverait de jouer dans les plus belles salles du monde, ou jouer dans de magnifiques festivals. Mais en réalité, ce dont on a besoin maintenant c’est d’un accompagnement de la part d’un bon label et d’un chouette booker, qui nous permettraient d’avancer, de nous structurer pour le deuxième album et de faire de beaux concerts. Et ça déjà ce serait vraiment fou !

Des remerciements en particulier ?
Bien sûr. Déjà, Blues Again pour cette interview. Aussi, toutes les personnes qui nous ont suivis jusque-là : les potes techniciens, musiciens présents sur l'album, les amis, Jeanne aussi au booking. Et bien sûr Dominique Marie, qui s'est chargé de la promotion de l’album.

Gilles Blampain – décembre 2021

www.moonwise.fr

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