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05/17
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Interview
MISSISSIPPI GABE CARTER
Le blues est la base de toutes les musiques nées aux Etats-Unis.


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mississippi gabe carter






Fasciné par le blues du Delta, il envoie des riffs de guitare brûlants. Son groove prend aux tripes et la transe ne tarde pas à envoûter l’auditoire. Gabe Carter joue un son brut très amplifié, lancinant, hypnotique, et marque le rythme avec le pied.

Blues Again : Qui es-tu Gabe Carter ?
Gabe Carter : J’ai 29 ans bientôt 30, en avril. Je suis né à South Bend en Indiana. J’ai grandi dans le Michigan dans les Comtés d’Allegan et de Berrien. Je suis arrivé à Chicago adolescent et c’est là que je suis devenu un homme.

Il y avait des musiciens dans ta famille… ?
Oui ma mère et ses deux frères s’intéressaient à la musique, comme beaucoup de gens dans leur famille. Cela vient de mon grand-père et de ma grand-mère maternels. Du côté mon père il y avait aussi un intérêt certain. Mon père était d’une famille de 20 frères et sœurs (sic) dont la plupart sont artistes et musiciens. Mon père est sculpteur et pianiste. Ma mère jouait aussi de plusieurs instruments : guitare, violoncelle et piano, entre autres.

A quel âge as-tu commencé de jouer d’un instrument et lequel était-ce ?
Quand j’avais 6 mois mon arrière grand-mère, Alice Carter, sortait les casseroles du placard et me laissait taper dessus avec des cuillères en bois. On peut donc dire que cela a été mon premier instrument. Actuellement, je joue sur toutes sortes de guitares. Je possède une Kay électrique. C’est ma préférée. Elle a été fabriquée à Chicago.
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Y a-t-il un musicien, un groupe qui t’a impressionné en particulier ?
Oui, Jack Owens de Bentonia, Mississippi, est l’artiste qui a eu le plus fort impact sur moi.

Si tu devais citer 3 ou 4 musiciens comme principales références quels seraient-ils?
Je dirais Jack Owens, Jimmy Duck Holmes, Robert Pete Williams et Junior Kimbrough.

D’où te vient cet engouement pour le blues du Delta?
Quand j’étais petit j’avais l’habitude d’aller dans les bois, de creuser un trou dans le sol et je récupérais tout un tas de petits trésors que je trouvais enfouis. Cela me fascinait de voir comment la boue recouvrait les couches du passé, et plus tu creuses plus tu remontes dans le temps. Je pense que j’ai eu la même fascination avec la musique parce que c’est le même concept d’une certaine façon. J’apprécie toujours ce mystère.

Quels genres de musiques écoutais-tu quand tu étais ado ?
J’ai commencé tout môme avec le blues et le rhythm’n’blues. Quand j’étais très jeune mes favoris étaient BB King, Bessie Smith, Stevie Wonder, James Taylor, Al Green, Muddy Waters. Quand j’ai été assez grand (environ 10 ans), je suis allé dans un magasin d’occasions à Berrien Springs (Michigan) et j’ai acheté des vinyles à 25 cents. Je dois dire que j’ai surtout été attiré par les pochettes. J’ai aussi découvert la section CD à la bibliothèque, c’est comme ça que j’ai abordé beaucoup de musiques. Je suis devenu fan de rock avec Jimi Hendrix, Tom Waits, Dr John, Taj Mahal. Et il y a eu également le gangsta rap avec Ice Cube, Da Brat, Crucial Conflict.

Te souviens-tu du premier blues que tu as entendu ?
Je pense que BB King a été le tout premier, puis il y a eu Bessie Smith et Muddy Waters. Mais avec BB King j’ai été accro, je l’ai écouté sur mon walkman des jours, des semaines, des mois.

mississippi gabe carter

Tu es enraciné dans la tradition, mais ne penses-tu pas que le blues devrait prendre une nouvelle apparence pour traverser le 21ème siècle ?
Non, personnellement, je ne pense pas. Si quelque chose n’est pas cassé, il n’y a pas à le réparer. Il n’est pas nécessaire de changer quelque chose qui fonctionne. Le blues est la base de toutes les musiques nées aux Etats-Unis. C’est comme pour faire du pain il faut de l’eau, de la farine, de la levure et du sel, tu ne peux pas vraiment modifier l’un de ces éléments. La farine est la farine et l’eau reste de l’eau. Tu peux ajouter 200 autres ingrédients et faire un pain de Merveilles, mais finalement si tu reviens à la base tu as seulement besoin de 4 ingrédients qui ne changeront jamais. C’est la même chose avec le blues.  

Quand as-tu décidé de devenir professionnel ?
Petit garçon aux alentours de 5 ans, j’ai dit à mon père qu’être guitariste étais tout ce que je voudrais être – plus que tout au monde. Je pense donc que c’est là que j’ai pris cette décision.

Combien de concerts fais-tu par an ? 
Je ne sais pas vraiment. Des fois je joue tous les jours dans l’année et parfois j’ai un autre boulot et je donne un concert une fois par mois. Tout dépend de ce qui se passe.

mississippi gabe carterEst-ce facile de trouver des lieux où jouer le blues (bars, clubs…) ?
Oui, je pense. Ce n’est pas si difficile que ça. Il y a plein d’endroits où jouer à Chicago, et je pense que c’est pareil partout dans le monde.  

Tournes-tu souvent au Canada ou aux USA? 
Je n’ai jamais tourné au Canada, mais je voyage à travers les USA toute l’année. 

Quand tu composes, comment viennent les idées ; à la maison, en balade, au volant… ?
Toutes mes chansons sont improvisées dans l’instant. Certaines plus que d’autres. Elles évoluent avec le temps. Une idée germe quand je joue, comme une graine, et ça se développe à partir de là.

Quand as-tu joué en France pour la première fois?
J’ai joué 3 fois en France. La première fois c’était en 2009. Je suis venu parce que j’avais pu trouver un billet à tarif réduit pour 160 $. J’ai trouvé à me loger dans une pension et j’ai décroché un concert à Paris le jour suivant. Je me suis senti très à l’aise car mon producteur, Jean Yves Munch, est français et il a toujours été là pour moi, comme une famille. Je me suis senti chez moi à Paris grâce à son  soutien et ses conseils et aussi ceux de sa famille. De plus, et c'est très important, lors de ce premier voyage, j'ai rencontré le vénérable promoteur parisien, agent, amateur de musique, et grand ami, entre autres choses, connu simplement sous le nom de Ratel. Il m'a aidé à trouver mes premiers spectacles et a été responsable de l'ensemble de mes voyages ultérieurs en France. J’ajoute que j’ai également aussi tourné en Italie et en Amérique du Sud.

Quels styles de musique écoutes-tu quand tu es seul?
Essentiellement du blues et du gospel. J’aime aussi les Isley brothers et la pop, mon album préféré est The Final Tic par Crucial Conflict.  

Dans ta carrière quels ont été les pires et les meilleurs moments?
Ma carrière a été assez heureuse et j’en remercie Dieu. Il m’a béni d’une incroyable manière, dès que j’ai décidé de joué de la guitare aux coins des rues à Chicago, où ma carrière a vraiment commencée. Je dois tout à mon Sauveur Jésus Christ. Mon plus beau souvenir, je dirais que c’est ma rencontre avec ma fiancée Tiffany. Elle m’a apporté une aide incroyable pour ma carrière. Elle sait comment m’aider à me recentrer et m’apporte beaucoup pour ma créativité. Mon pire souvenir c’est mon combat avec la cigarette et l’alcool… que j’ai heureusement gagné avec l’aide de Dieu.

mississippi gabe carterEn dehors de la musique quels sont tes hobbies? 
J’aime cuisiner, faire du patin à roulettes, du ski, me balader, lire et j’aimerais bien démarrer l’entrainement de boxe prochainement.

Tu aimes cuisiner, quel est ton plat favori ?
C’est toujours moi qui fais la cuisine à la maison, et mon plat préféré ainsi que celui de ma fiancée ce sont des black-eyed peas et le gombo avec du pain de maïs.

Quels sont tes projets pour 2013 ?
Principalement mon mariage qui aura lieu en avril. Je travaille aussi sur un disque avec le label français Normandeep Blues Record. Et puis j’espère planifier une tournée en France cet été.

Qu’apprécies-tu le plus en France?
Les Français forment le meilleur public jamais rencontré. Vous savez écouter et être respectueux. Et je ne vous en remercierai jamais assez.

Y a-t-il un vœu que tu souhaiterais voir se réaliser en 2013?
Qu’un fan m’offre la guitare de mes rêves que j’ai récemment trouvée à Chicago. C’est une Gibson de 1952, une Les Paul Goldtop, elle sonne mieux que toutes les guitares que j’ai entendues jusqu’ici. On en demande 15 500 $ : Hahahahaha !

Gilles Blampain - Janvier2013

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