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04/17
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Interview
MATHIS HAUG


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Enjoué voire espiègle, avec sa voix chaude et grave qui semble en équilibre entre joie et tristesse, Mathis Haug nous entraîne avec allégresse dans son univers personnel très original.

Blues Again : D’où viens-tu Mathis ?
Mathis Haug : Je suis né à Pforzheim dans la région de Baden Würtenberg en Allemagne ou j'ai habité jusqu'à l'âge de 6 ans,mathis haug puis ma mère est venue s'installer dans un petit village dans le sud de l'Ardèche. Ce fût un grand déchirement pour moi d'avoir été éloigné du reste de ma famille, des copains d'enfance, la forêt noire  tout ça me manquait beaucoup. Mais j'ai dû très vite m'adapter à mon nouvel environnement, j'ai appris la langue, la vie à la campagne sans télé, cinéma et club sportif. J'avais des copains et on restait surtout dehors à parcourir la garrigue et à chasser les grenouilles et les papillons. 
Je crois que j'ai gardé en moi ce sentiment douloureux et cette mélancolie que l'on ressent quand on a le mal du pays, et qui rejaillit quand je chante surtout le blues. 

Comment es-tu venu à la musique ?
J'ai été bercé très jeune par la voix et de la guitare de ma grand-mère. Elle chantait souvent le soir et je chantais avec elle des chansons folk allemandes et religieuses, ce sont des souvenirs magnifiques et c’est ma première expérience musicale. C'est à ce moment-là que j'ai senti que je voudrais faire ça encore longtemps. 
Je n'ai malheureusement pas touché à un instrument avant mes 15 ans lorsque j'ai acheté ma première guitare électrique. J'ai appris en autodidacte, laborieusement, et encore aujourd'hui je ressens les lacunes d'une personne qui n'a pas eu de bonnes bases musicales, j'aurais voulu avoir une formation plus solide. 

Te souviens-tu du premier blues ou rock que tu as entendu ?
Oui, c'était une cassette de ma mère où il y avait marqué Blues face A et B, elle avait la cassette Jazz aussi, et c'était des titres de blues rural des années 30, Armstrong et Ella, puis une voisine m'ai fait découvrir Higelin, Gainsbourg, Rory Gallagher, Miles Davis, Don Cherry, John Lee Hooker, j'étais très curieux et j'avais une vraie soif de découvertes. 

Quelles ont été tes principales influences ?
C'est une question difficile pour moi car comme je le disais plus haut j'ai beaucoup écouté de musique et certainement que beaucoup d'artistes ont  influencé mon travail mais je ne n'ai pas de top 10, cela dépend des périodes de ma vie, de mes humeurs... 
Je crois que la gamme pentatonique a été une  influence majeure dans mes goûts musicaux, et je reviens toujours vers des musiques et des artistes qui l'emploient, c'est celle qui me fait vibrer le plus.

Quels musiciens entrent dans ton panthéon personnel ? 
Big Bill Broonzy, Tom Waits, John Hammond Jr.,  Los Lobos, Eric Bibb, Higelin,  Chris Whitley, Dick Annegarn, Buddy Guy, Louis Prima et Armstrong, Gainsbourg, Nina Simone, Olu Dara, Prince, Joe Henry, Bob Dylan, Jean-Jacques Milteau, the Wood Brothers, Kenny Burell et tant d'autres. 

Où et quand as-tu fait ton premier concert ?
A Aubenas en Ardèche, peut-être en 1992

Maintenant, combien de concerts par an ? 
Cela dépend des années, une centaine en moyenne. 

Comment définirais-tu ton style ?
Gitan et coloré. 

mathis haug

Comment s’est faite l’évolution du folk-blues vers un rock un peu déjanté comme tu le pratiques avec Stéphan Notari ? 
Ça c'est fait un peu par hasard lors de concerts les dimanches soirs dans le bar Chez Ariane à Arles, un tout petit lieu où j'avais l'habitude de jouer de temps en temps en solo. Ariane m'a demandé un jour de venir accompagné d'un musicien et j'ai pensé naturellement à Stephan car je jouais déjà avec lui sur scène comme sur disque. 
Je lui ai proposé de bricoler une batterie avec bidons et fer et grosse caisse valise, pour des raisons de place d'abord et puis je souhaitais  expérimenter un autre son et une autre manière de jouer avec lui, et ça fonctionné! Il s'est littéralement redécouvert en jouant de ce  nouvel instrument (plus un set de percu fait de bric et de broc qu'une batterie) en jouant d'un jeu très libre et très groove à la fois. Le CD live enregistré de cette formule duo en mai 2014 vient de sortir chez Nueva Onda records. Il représente bien ce que nous proposons en live. 

Quelles rencontres ont compté pour toi?
J'ai eu la chance de rencontrer beaucoup d'artistes que j'admire et de collaborer et de jouer avec certains d'entre eux, comme Emily Loizeau, Jean-Jacques Milteau, Eric Bibb, Pura Fé, Oum, Perrine Mansuy, Eric Longsworth, Grupo Compay Segundo,  des musiciens venant du jazz, du blues, de la musique marocaine qui ont considérablement apporté quelque chose à ma musique. Et puis j'ai aussi eu la chance d'avoir été  encouragé et aidé à un moment où je galérais par Higelin, Paul Jothy et Brad Scott, Seb Hoog des musiciens de la scène chanson parisienne. 

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
En général je bosse des choses à la guitare, cela peut être une nouvelle technique, une chanson d'un artiste, ou je rejoue des titres de country blues de Big  Bill Broonzy qui me rappellent mes débuts, et de là naissent de nouvelles idées. 
J'essaye aussi de me recentrer et d'aller chercher ma musique au fond de moi, ce qui passe par de longs moments de médiations, de cafés et de cigarettes. 

mathis haug

Sur quel genre de guitares joues-tu ?
En ce moment je joue sur une Epiphone Sheraton que j'ai customisé avec des P90 Seymour Duncan, une guitare qui m’a été offerte par un admirateur (qui est devenu un ami) il y a une dizaine d'années. Puis sur une  Guild T100, guitare plutôt jazz des années 60, une Valley and Blues comme guitare acoustique, la guitare Parlor de ma grand-mère, voilà ce sont mes préférées. 

Quels sont tes projets pour les mois à venir ? 
J'aimerais enregistrer un nouvel album et je vais y consacrer du temps cette année, cela fait 2 ans que Distance est sorti j'ai envie de proposer de nouvelles choses. J’assure aussi les tournées avec Pura Fé dont j'ai réalisé le dernier album Sacred Seed. C'est déjà un planning bien chargé. 

Quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Le vélo, la randonnée, ne rien faire. 

Quel est ton lieu de prédilection ? 
Une cabane dans un lieu isolé, forêt ou bord de mer. 

Tes derniers coups de cœur musicaux ? 
Brian Blade l’album Mama Rosa, Common Ground des frères Alvin, The Long Goodbye de David Hidalgo & Louie Pérez, No Better Than This de John Mellencamp, et pleins d'autres choses mais ma mémoire me joue des tours. Je suis en pleine crise de musique américaine. 

En dehors du rhythm’n’blues, de la soul, du rock, apprécies-tu d’autres genres musicaux ?
Oui le jazz, celui de Louis Prima jusqu'à Harry Connick Jr, le son Cubain, les musiques orientales, les musiques tziganes, manouches, gitanes, le hip-hop, Chopin. 

Quel serait ton rêve le plus fou ? 
De pouvoir continuer à jouer jusqu'à la fin. 

Gilles Blampain – avril 2015

 www.mathishaug.com

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