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été 20
Chroniques CD du mois Interview: JUNKYARD CREW Livres & Publications
Portrait: BLIND LEMON JEFFERSON Interview: MAINE IN HAVANA Portrait: ROBERT FRIPP
 


Interview
MAINE IN HAVANA


KING KONG BLUES
king kong blues
king kong blues






Le band laisse entendre un son folk passé à travers un filtre psychédélique avec des élans de rock, des rythmes latinos, du blues et une pointe de punk.     

Blues Again : Le nom du groupe fait référence à un fait historique, pourquoi ce choix ?
Eduardo Lecleres Diaz : En 1898, le bateau de guerre le USS MAINE, amarré dans le port de La Havane, explose de façon mystérieublues maine in havanase déclenchant ainsi la guerre hispano-américaine. Suite à ce conflit, les Etats-Unis prennent possession des territoires coloniaux espagnols. Dans le butin de guerre américain, il y avait Porto Rico, mon pays d’origine.
Cette explosion marque le début de plus d’un siècle d’interaction culturelle et géopolitique entre l’Amérique du Nord, l’Europe et les Caraïbes, analogie parfaite de ce qu’on essaye de créer avec notre groupe.

Comment le groupe est-il né ? Depuis quand existe-t-il ?
Notre groupe est né en 2016, après des conversations entre Yanis et moi. Entre deux bières, nous arrivions à comprendre qu’on avait en commun des intérêts et des goûts musicaux, et la volonté de s’éloigner de ce qu’on avait l’habitude de jouer... et on a décidé de se lancer dans l’inconnu avec l’aide de musiciens qui pouvaient comprendre notre démarche.

Présente-nous les membres du groupe et leurs instruments.
Vincent Thoyer est le batteur et joue aussi des percussions. Il était batteur des Red Wings Mosquito Stings. Frédéric Loumagne joue de la basse, de la contrebasse et fait aussi les chœurs. Il jouait dans Evil Country Jack (métal extrême), dans The Booboos (Surfmusic), dans Swine Fever (Punk/soul), dans Ushi Diggers (Library). Je chante aussi dans les Palavas Surfers avec lui. Boris Blancas et Yanis Blancas viennent du punk (Dot Dash !), Boris joue les guitares, Yanis les claviers, et ils font aussi des chœurs. Et moi, Eduardo Lecleres Diaz, je chante et je joue aussi des percussions.

Comment es-tu arrivé de Porto Rico à Montpellier ?
Je déménage en France en 2014, après avoir épousé une belle femme héraultaise avec laquelle je suis toujours marié.

Et avec le groupe, comment s’est fait la rencontre entre vous ?
Avec l’ancien groupe de Yanis et Boris, nous avons collaboré pour faire un tribute aux Ramones pour une soirée au Rockstore à Montpellier, et c’est de là que tout est parti.

Quelles ont été vos influences ?
C’est difficile à dire, car on se sert de tout ce qu’on peut pour aider une chanson à être. Je dirai que c’est ce que la chanson exige. Mais il y a des influences assez récurrentes : le vieux blues, le folk, la musique psychédélique et même un peu de musique afro-cubaine.

3 ou 4 musiciens ou chanteurs de référence qui font l’unanimité dans le groupe ?
Je dirais Tom Waits, Nick Cave, The Cramps, Os Mutantes entre beaucoup d’autres moins connus.
Blues maine in havana
Qui imprime la couleur musicale du groupe ?
Dans Maine in Havana, la seule figure autoritaire, c’est la chanson elle-même. Disons que l’idée directrice est de sortir de nos zones de confort, de rompre avec les habitudes et de nous mettre au service de la chanson.
Nous avons plusieurs façons de composer, mais le plus souvent, nous partons d'une mélodie basique qui évoque des images ou des histoires, ce qui nous révèle ainsi la direction générale de la chanson. Ensuite, en répétition, chaque musicien propose son ressenti par rapport à cette idée et l’exprime à travers son instrument. Puis on travaille la chanson jusqu'à trouver une version qui nous convient. C’est un travail très collectif.

Comment définirais-tu votre style ?
C’est une question compliquée car après chaque écoute ou dans chaque concert, on découvre des choses dans les chansons qu’on n’avait pas remarquées avant, des influences presque subconscientes qui se révèlent. Mais pour faire simple, on va dire Folk Psychédélique.

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ?
A Montpellier, à l’Antirouille, le 7 novembre 2018. Nous étions très stressés.

En quoi la scène est-elle indispensable ?
On part du principe que la musique, c’est de la communication ou une communion. Même si on essaye à tout prix d’arriver à cette communication dans un studio d’enregistrement, rien ne remplace la communication directe avec le public. La réactivité du public nous donne l’opportunité de légèrement ajuster notre musique afin de mieux faire passer nos idées.

Comment est né l’album Maine In Havana paru en mars ?
Maine in Havana, c’est le résultat de deux ans de travail intermittent. C’est un album autoproduit dans lequel on s’est permiBlues maine in havanas beaucoup de libertés et d'exploration collective. L'enregistrement s'est déroulé en deux sessions de deux jours. Il est basé sur des prises live, l'utilisation d’une batterie, d'une basse, de guitares et de claviers. Par la suite, quelques rajouts ont été effectués par Luca Sapio (Blind Faith Records). C’est lui qui a mixé et réalisé l’album à Rome et c’est Gabriel Kerpel (King Coya) qui l’a masterisé à Buenos Aires.

Quelles sont vos sources d’inspiration pour écrire et composer ?
La source principale d’inspiration, ce sont des faits quotidiens, mais toujours vus et exprimés à travers l’impact psychologique qu’ils provoquent, en bien ou en mal. On valorise beaucoup cette fausse simplicité, car quand on parle des émotions, un simple mot peut être un tsunami de souvenirs personnels.

Pour parler d’autre chose, quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
A part la musique, il y a surtout la bière, mais aussi la peinture, les livres. Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de sport... même si ça pourrait nous faire du bien.

Un lieu de prédilection ?
Un lieu de prédilection pour moi ? N’importe quel marché aux puces, brocante ou atelier qui déborde de vieilles choses... Je ne sais pas pourquoi, mais ça me revitalise la tête.

Derniers coups de cœur musicaux ?
Mon dernier coup cœur, c’est l’album Strumming Music de Charlemagne Palestine.

Pour le groupe, quel serait le rêve le plus fou ?
Déjà, que la vie nous permette de reprendre les concerts, ça, ce serait magique.

Gilles Blampain – juin 2020

www.facebook.com/maineinhavana/

Blues maine in havana