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été 17
Chroniques CD du mois Interview: JUJU CHILD Livres & Publications
  Dossier: AMERICAN EPIC Interview: DOM FERRER
 


Interview
//LYSE//
Un groupe de rock qui chante en français plutôt qu’un groupe de rock français


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Il faut imprimer //LYSE// en capitales, et comprimer le mot dans un double-slash. C’est leur raison sociale, leur logo, et une façon de les distinguer d’un autre groupe baptisé Lys. Attention, ceci n’est pas l’interview d’un guitariste de blues. Cette apocalypse post-grunge est déclenchée par les trois frères Sims, Dorian (chant), notre interlocuteur Pierre-Antoine (guitare), Charles-Alexandre (basse) et, à la batterie, l’élément exogène : Ronald Doucet. Leur formidable album, Je Suis Wallace Hartley, avait été salué sur ce site. La chronique en question a été replacée à la suite de l’interview.

Blues Again : Musicien, c’est une bonne situation, ça ?
Pierre-Antoine Sims (le guitariste) : Tu as le choix entre dix ans de galère (études, stages, chômage), terminus dans une boîte avec patron con, et dix ans de galère (concerts, arnaques, manque d’argent) avec peut-être la timbale au bout… Le choix de la musique n’est pas si irresponsable que ça.

Zone de Texte:Allons-y pour la fiche d'état civil !
Je suis né à Nantes en 1985. La moyenne d’âge du groupe, c'est ça : 25 ans. Dorian en a 21, Charles 27 et Ronald, 28. Les trois frères Sims sont fils d’instits. Middle-class, avec plus d'esprit que de pognon. Pour Ronald, c'est à peu près équivalent.

Des études ?
Des quoi ? Ah oui… Une vague tentative en licence éco. Ça n’a pas duré, la licence en a eu marre. Un des membres du groupe est bac+5, mais je refuse de le dénoncer.

Franco : y a-t-il un leader ?
Franco, non.

Comment vous organisez-vous sans leader ? Qui est le porte-parole ?
Le groupe est managé et booké par Charles. Je gère la promo. Les compos sont un travail collectif. Le porte parole, ce serait plutôt moi ou Dorian pour la presse. Sur scène, c'est surtout Dorian. Mais Charles et Ronald s’expriment quand ils veulent.

Le fait qu'il y ait trois frères sur quatre musiciens pose-t-il un problème à l’intrus, Ronald ?
Ronald fait partie de la famille maintenant. Et surtout, il fait partie de //LYSE// au même titre que nous. Non, je ne pense pas que ça lui pose un problème.

Quelle particularité cette fratrie apporte-t-elle au groupe ?
Au delà du plaisir immense de jouer ensemble, être frères nous permet de gagner du temps : on peut se dire les choses franchement, sans s'égarer dans de longues discussions. Les groupes familiaux sont plutôt soudés, d'où la cohésion qu'on trouve toujours très rapidement sur scène. C'est indispensable. Pour finir, même si nous n'avons pas fait exprès, la fratrie nous démarque dans l’esprit des gens : //LYSE// ? Ah oui, le groupe avec les trois frangins…

Quels faits marquants depuis le jour de ta naissance ?
Dans le désordre : à 12 ans je pensais que les Cranberries étaient un groupe de death metal. J'étais un teenager dans les années 90, élevé par la radio, et je tenais les Venga Boys pour le meilleur groupe du monde. Un jour je pars voyager en Angleterre. Voulant rapporter des cadeaux pour mes frangins, j’achète deux cassettes, une des Beatles, et une dont je trouve la pochette cool : on voit un bébé dans une piscine, qui nage après un billet de banque. Dans le ferry du retour, je me dis que je peux bien l’écouter avant de l’offrir. Allongé sur ma couchette, je mets la cassette dans le walkman. La guitare commence, mais vraiment sous-mixée. Je mets le volume à fond (à l'époque les walkmans n’étaient pas limités en db). Là, le choc. Quand la batterie est entrée, j’ai fait un bond dans mon lit tellement j’avais les boules ! Après Nirvana, je suis passé à Rage Against The Machine, Metallica, Radiohead… Voilà le départ de mon éducation musicale.
A dix-huit ans, j’ai quitté mon premier groupe et j'ai monté //LYSE// avec Charles. Nous n’avions même pas de batteur au début. Le premier truc que nous avons fait, c’est d’aller acheter une basse ! Nous avons un peu avancé depuis… A 21 ans, Charles et moi avons arrêté nos études et tenté notre chance dans la musique. On a commencé par chercher un autre batteur, celui de l’époque n'ayant jamais osé quitter ses études. Quelque temps après, nous avons rencontré Ronald. Double chance : il jouait mieux que notre ancien batteur et nous a convaincus de prendre notre frère Dorian dans le groupe, trois ans plus tard.

La musique, vous en vivez ?
Pas encore, mais ça devient de plus en plus envisageable, au moins pour une partie d’entre nous. Je suis surveillant dans un lycée, comme Charles et Dorian d’ailleurs. Le point négatif c'est la fatigue d’exercer deux boulots. Plus le petit côté Dexter : pion le jour, rocker la nuit. Le point positif, si la fatigue ne nous tue pas : on assure le minimum vital sans se mettre trop de pression. La pression, on se la met quand même, mais le frigo et le toit sont à peu près assurés.

Le concert à l'Espace B, en décembre (XIXe arrondissement de Paris), était-il significatif de ce que vous donnez sur scène ?
Oui. La configuration club donne toujours un côté très rock au set. Sur de grandes scènes en revanche, les dimensions nous obligent à compter davantage sur notre capacité à jouer que sur notre capacité à libérer de l’énergie.

Pouvez-vous commenter votre prestation dans cette salle ? Cette souffrance que vous sembliez vivre est-elle une sorte d’hygiène scénique ?
Je dirais que c'était un bon concert. Sur cette date, nous avons vraiment eu un bon feeling entre nous, nous avons bien joué ensemble. En général, nous sommes vraiment très motivés quand nous montons sur scène. Cette motivation peut se traduire par un set à bloc tout le temps, mais ce n’est pas du tout douloureux. Au contraire, gérer un set à l’énergie, si ce n’est pas au détriment du jeu, permet de créer des dynamiques presque immédiates, quelque chose d’unique, et d’instaurer dans le même élan un échange pertinent avec le public. Cette énergie reflète directement notre envie de jouer et notre passion pour la musique. Elle sera sûrement toujours là, mais ce n’est pas un objectif en soi ni un impératif. Juste un reflet, une conséquence.

Jouer avec une telle intensité demande un entraînement particulier, non ?
On se met des baffes avant de monter sur scène, on sniffe des kilos de speed… Non, je déconne, on n’a rien. Ça ne demande qu’une chose : savoir pourquoi on fait de la musique et des concerts. Si ton groupe peut répondre à ça collectivement, tu n'as pas besoin de t'entraîner physiquement, tu fais avec ce que tu as : la force de tous.

Vous considérez-vous différents des autres groupes de rock français ?
Nous ne sommes pas les mieux placés pour répondre. Les gens qui nous connaissent disent que nous sommes plus un groupe de rock qui chante en français qu’un groupe de rock français. Nuance !

Quel genre de groupe aimeriez-vous devenir ?
Il y a deux types de groupes viables : le groupe qui vous ressemble et le groupe que vous rêveriez d’être. //LYSE// étant le groupe qui nous ressemble, nous ne pouvons pas trop déterminer la ligne éditoriale, elle s’impose d’elle même. Le seul objectif est de devenir assez bon pour conquérir un public et vivre de notre musique. Nous ne tendons pas vers autre chose.

Où vous situeriez-vous sur la scène française ?
Difficile à dire. Groupe de rock chanté en français, ça me paraît bien, dit comme ça. Nous n'écoutons quasiment que du rock américain des années 90, et nous chantons en français parce que c'est notre langue. Les étiquettes nous importent peu.

Comment êtes-vous généralement perçus par le public ?
Tout dépend de la façon dont nous jouons ! En général, très bien depuis que Dorian chante avec nous. On rencontre parfois des difficultés liées au fait que, pour le grand public, nous sommes un peu des sauvages, et pour les métalleux ou les punks, nous sommes un groupe de gentils.

Qui est votre public ?
Entre 15 et 35 ans. Plutôt mixte. Pour ce qui est du contenu, nous touchons autant les intellos (textes, opinions) que les rockers (concert, énergie)…

Trouvez-vous facilement des gigs et des festivals ?
A ce jour nous somme auto-bookés et nous avons fait près de 260 concerts. C’est correct pour un groupe sans tourneur. Mais, au-delà du réseau et des contacts, pour pouvoir tourner il faut représenter un certain public. A 10 euros l’entrée, pour valoir 1 000 euros de cachet, il faut rameuter 100 personnes. Plus tu t’éloignes de chez toi, plus tu coûtes cher et moins les gens te connaissent. Bref, trouver des concerts n’est pas si difficile, mais trouver des concerts bien cachetés et loin de ton berceau d’expansion, c’est autre chose.

Jouissez-vous d'une aura locale à Vannes ?
Il faudrait le demander aux Vannetais.

Comment est l'ambiance dans cette ville ?
C’est la ville la moins rock’n’roll de la planète, mais c’est une belle ville, agréable à vivre.

Revendiquez-vous une appartenance à cette commune ?
Non.

A la région ?
Nous sommes très fiers d’être bretons, mais ça ne transparaît pas dans notre musique. Par contre, la Bretagne est une terre de festivals très intéressante. Elle nous fait tourner beaucoup.

Une opinion à exprimer sur la scène rock en France ?
Euh… joker ?

Tournez-vous sur l'ensemble de l'Hexagone ?
Plutôt Grand Ouest pour l’instant. Paris aussi. Et un peu l’est. Nous avons déjà joué en Angleterre et en Belgique, où nous devons retourner au mois de mars.

Sortir un album sur un label officiel serait-il un tournant dans votre carrière ?
Tout dépend du label ! Mais, oui, ça serait vraiment bien. Notre premier album va déjà sortir sur notre label à nous (le 26 avril 2011). Nous venons d’obtenir une distribution chez Anticraft et d’embaucher une attachée de presse.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour recruter un chanteur ?
Le chanteur reste le fer de lance d’un groupe, son porte-parole sur scène. On hésitait à donner les clés du camion à quelqu’un de l’extérieur. De plus, nous ne faisons pas de la musique pour remplir des stades. Ce que nous jouions à trois nous plaisait, nous ne ressentions pas le besoin de prendre un chanteur. Dorian au chant, c'était une façon de résoudre le problème du mec de l’extérieur, c’est notre petit frère. Et puis, nous l'avons surtout recruté parce qu'il a une super voix. Il apporte beaucoup au groupe. Le plus dur pour lui fut de s’accaparer le propos du trio initial : chanter en français, raconter quelque chose, mettre ses tripes dedans… Il a énormément progressé, il incarne à 100 % notre propos. Au début, ce n’était pas simple pour lui.

Zone de Texte:  … Et si longtemps avant d'enregistrer un album ?
Nous avons fait beaucoup d’enregistrements. Deux trois-titres sont sortis avant l’album. Ensuite, nous n’avons pas voulu balancer un dix-titres enregistré à la maison, faire imprimer le mot album dessus, juste pour dire : C’est notre album. Beaucoup de groupes font ça. Nous préférions attendre d’avoir les moyens, le niveau et les chansons, et faire les choses vraiment bien. Un vrai studio, un vrai mastering, une vraie pochette, un vrai fil rouge pour le disque… Bref, faire les choses en grand et attendre de pouvoir les faire.

A quoi ressemblait //LYSE// sans Dorian ?
//LYSE// sans Dorian, c’était plus lent, plus lyrique et, paradoxalement, ça sonnait beaucoup plus bourrin. Charles et moi avons des voix raides, toute en rythme. On est incapables de développer une mélodie. Sur scène, pour compenser, nous augmentions vraiment la dose d'énergie : on donnait des concerts de ouf pour qu’il se passe vraiment quelque chose, je passais la moitié du temps en l’air, l’autre moitié à me rouler par terre ! Ça devenait vraiment très physique de chanter par-dessus. Les gens nous reconnaissaient à ça : //LYSE//, un groupe de malades ! Heureusement, depuis que Dorian est là, les gens se mettent à écouter la musique, c’est vachement mieux. L’arrivée de Dorian a changé beaucoup de choses. Nous avons réécrit un set complet, le but étant d’exploiter au mieux notre nouvelle configuration, pas faire du //LYSE// première façon avec un chanteur en plus. Nous nous sommes recentrés sur nos instrus et avons dégagé une place pour Dorian. Niveau style, c’est plus tape-cul, moins lyrique, plus efficace et surtout beaucoup plus écoutable !

Quels sont les problèmes avec les maisons de disques ?
Je vais faire mec-qui-ne-veut-pas-se-mouiller, mais il faudrait voir ça avec eux. Nous avions quelques bonnes touches avec certains labels, nous sommes toujours en contact avec eux d’ailleurs, mais ça ne s’est pas concrétisé. Dû surtout au fait que les labels sont tous plus ou moins refroidis par la crise du disque. Et puis, nous sommes un groupe en développement. Les majors se fichent de développer les groupes. Et les labels indes n’arrivent plus à vendre de disques, ils font donc beaucoup moins de développement qu’avant. Bref, la solution la plus viable reste encore d’avancer seul, même si ça prend plus de temps. Et espérer réussir là ou certaines structures ont eu peur de perdre leur chemise avec nous. Une fois que ce sera fait, il nous faudra trancher : on continue seul ou on succombe aux charmes du gros investissement qui élargira notre public ? Les joies du monde de la musique en France, aujourd’hui…

Comment compose-t-on un répertoire comme le vôtre ?
Les compos sont, en premier lieu, réalisées à l’instinct, avec le moins de recul possible. On bosse à partir d’un riff de guitare ou de basse, on le monte en instru. Il s’agit de retravailler l’instru de départ comme si ce n’était pas un morceau à nous. Pendant ce temps, Dorian cale une ligne de voix, puis il écrit un texte en français qui colle à l’esprit du morceau et à sa ligne de voix. Le dernier tri se fait en élaborant la liste du set : deux morceaux qui fonctionnent indépendamment peuvent créer les mêmes dynamiques et devenir difficiles à caler, tous les deux, dans le même set. Donc : l’éventail le plus large, dans une dynamique globale cohérente.

Calculez-vous les ambiances… comme des géomètres ?
Ça vient tout seul. Les contrastes se mettent en place au moment de la compo. Par contre, pour le set, là, oui, on réfléchit vraiment à tout : l’énergie de chaque titre par rapport à la dynamique globale du set, comment s’enchainent les morceaux…

Comment s'est déroulé l'enregistrement de l'album ?
Pas facile tous les jours mais, dans l’ensemble, c'était très bien. On a enregistré au Garage Hermétique. Ça se trouve au Rezé, près de Nantes. Le boss du studio est un ouf nommé Nicolas Moreau. Bon, c’était en mode low budget : 10 titres, 7 jours de prise, 5 jours de mix, le tout en re-re. Dorian avait intégré le groupe six mois plus tôt, les dix titres enregistrés ont été écrit dans ce laps de temps, certains textes ont été bouclés cinq minutes avant la prise voix… Dorian lisait la feuille en enregistrant ! Il n’était jamais allé en studio de sa vie. 'Massachusetts' a été composée quinze jours avant d’entrer en studio, le texte terminé cinq minutes avant la prise voix. Une prise batterie, une prise basse, deux prises gratte à 3 heures du mat', deux prises voix, et hop ! Bref, on ne peut pas dire que nous avions mis toutes les chances de notre côté ! Deux jours avant d’entrer en studio, un pote musicien nous a dit gentiment : Rendez-vous au tas de sable ! On n’a peut-être pas gagné la course, mais le tas de sable a été bien esquivé.

Le résultat correspond-il à l'idée que vous vous en faisiez ?
C’était même mieux que ce que nous avions espéré. Tout s’est emboité parfaitement.

Si vous deviez changer quelque chose à ce disque ?
A priori, rien. Il est comme il devait être. Si nous devions l’enregistrer aujourd’hui, tout ou presque serait différent mais, à l’époque, nous ne pouvions pas faire mieux. Ah si, j'ai oublié de faire figurer un lien internet sur la pochette !

Pour me donner l'occasion de frimer en société, et faire comme si j'avais reconnu la mécanique à l'oreille, peux-tu causer matos ?
Guitare Ibanez am73 (elle ne vaut rien). Micros guitare P-90 Genuine, modifié de chez Manson. Effets : supercharged overdrive de chez Catalinbread, hoof fuzz, fuzz factory de chez Z-Vex, DL4 de chez Line6, Whammy WH-4. Ampli Marshall JCM 2000 dsl 100. Pour la basse, il est assez secret ! Charles attend d’être endorsé pour parler de ça ! Sa basse principale est une Pedulla Rapture. Batterie DW en 14’ – 18’ – 26’ pour la grosse caisse !!!

La parabole de Wallace Hartley est assez claire, mais pourriez-vous en remettre une Zone de Texte:  couche ?
Wallace Hartley est symptomatique de la façon dont ce disque a été réalisé. Pendant l’enregistrement, nous n’avions pas de titre pour l’album, ni même pour certains morceaux. Nous sommes allés boire un verre, histoire de souffler après les quatre premiers jours de studio. Au milieu de la conversation, l’un de nous sort quelque chose comme : … Vouloir aller jusqu’au bout, alors que tout est en train de couler. J’ai l’impression d’être le violoniste du Titanic. Sur le coup, on se marre. Et puis l'image était quand même intéressante. En rentrant, nous avons cherché le nom du mec. Il y avait deux orchestres différents sur le Titanic, ils se relayaient sur la traversée. Mais il n'y avait qu'un chef d’orchestre pour les deux. Il jouait aussi du violon. Il est resté célèbre car c’est le seul dont on ait retrouvé le corps. Il y a eu 30 000 personnes à son enterrement ! Il s'appelait Wallace Hartley. Comme le nom claquait, on a trouvé cool de baptiser l'album avec, et ça collait parfaitement à l’état d’esprit du disque. D’ailleurs, le morceau qui allait s'appeler 'Wallace Hartley' était un track nihiliste et grandiose. Il ne portait pas encore de titre, celui-ci était parfait. Quant au « je suis… » (Je Suis Wallace Hartley), c'est parce que nous voulions éviter une confusion sur la pochette. Les gens risquaient de prendre Wallace Hartley pour le chanteur ou le nom du groupe.

Vous êtes réellement nihilistes ?
Le monde nous a fait ce que nous sommes, mais que posséderions-nous encore s'il ne nous restait pas l’espoir ?

Je vous décrivais comme un hybride de Noir Désir et de Nirvana, et une sorte de prolongation du deuxième album des Dogs (Walking Shadows). Acceptez-vous ces rapprochements ?
Pourquoi pas ? Chacun voit et entend ce qu’il veut dans //LYSE//. Il serait assez mal venu pour nous d'affirmer qu’il a tort. Mais nous ne nous inspirons pas des ces groupes. Nous ne sommes qu’un groupe de rock qui chante en français. Chacun peut nous mettre l’étiquette qu’il veut ensuite.

Comment réagissez-vous à la séparation de Noir Désir ?
Il reste un grand groupe, même séparé.

On a l'impression que tout le monde attendait leur reformation, espérant que la scène rock française retrouve un totem… La disparition de Noir Désir ouvre-t-elle un boulevard aux autres groupes ?
Y a t il une scène reggae française ou une scène pop française ? La scène rock française existe, la scène électro française aussi. Ben, c’est déjà pas mal.

Avez-vous l'impression que la scène française manque d'un phare ?
Est-ce important de lui trouver un phare ? Noir Désir n’a rien sorti de nouveau depuis presque dix ans. Ton boulevard existe depuis belle lurette déjà. La réussite de Noir Désir, légitime, méritée, a sans doute aussi permis d’investir de l’argent sur des groupes émergents. Leur séparation est vraiment triste, et n'est certainement pas une bonne chose pour les groupes de rock qui chantent en français.

Vous êtes-vous trompés d'époque ?
Peut être, mais nous sommes là et pas ailleurs.

A quelle époque aurais-tu aimé vivre ?
Entre 1965 à 1975, pour le dynamisme culturel et l’éclate. Musicalement, nous aurions eu du mal à faire la même chose qu'aujourd'hui !

Interprétez-vous, sur scène, des chansons qui ne soient pas vos compos ?
Non.

Si vous deviez enregistrer une reprise, laquelle ?
C’est une bonne stratégie pour se faire signer par une major, ça ! Le gros tube d’un groupe cool, mondialement connu, mis à notre sauce… Nous n’avons aucun projet de ce genre pour l’instant.

De quels groupes vous sentez-vous proches ?
Musicalement ? Queens Of  The Stone Age. En tout cas, on essaye.

Avec quels groupes ou chanteurs avez-vous sympathisé ?
On est assez pote avec Deportivo depuis que nous avons fait leur première partie, en 2008.

L'inévitable question sur tes influences musicales…
Queens Of The Stone Age, Them Crooked Vultures, Rage Against The Machine, Foo Fighters, Kings Of Leon, The Hives, Future Of The Left, Radiohead…

Parmi les grands anciens, quelles sont vos références ?
Nirvana, Led Zeppelin, Black Sabbath, les Beatles….

Quels disques écoutez-vous, quand ce n'est pas Queens Of The Stone Age ?
En ce moment j’écoute des vinyles. (Comment je me la pète sur ce coup !) Non, c’est parce qu’à Noël on m’a offert une platine. Ça donne : The Von Bondies, Grinderman, Black Mountain et les Hives.

Maintenant, une série de questions stupides. Votre meilleur souvenir de scène…
Le prochain concert.

Le pire…
Aucun souvenir. Trop saoul !

La meilleure salle où vous vous soyez produits ?
Techniquement : le Manège à Lorient et l’Echonova à Vannes. Pour l’état d’esprit et l’ambiance : le Galion à Lorient.

Quelle chanson vous traverse l'esprit sans même que vous vous en aperceviez, quand vous marchez dans la rue par exemple ?
'Idioteque' de Radiohead.

L'album le plus impressionnant…
Them Crooked Vulutures de Them Crooked Vulutures. C’est tellement parfait que je ne peux même plus l’écouter, il me file la nausée !

Le meilleur concert auquel il vous ayez assisté ?
Rage Against The Machine à Bercy, en juin 2008. Dans la fosse. J’en ai encore des bleus et des frissons partout.

Film préféré ?
Pas très original : Fight Club de David Fincher

Un bouquin ?
Les Bienveillantes de Jonathan Littell.

Christian Casoni – Janvier 2011- Photos : Mathieu Ezan

www.myspace.com/lyseonline