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05/20
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Interview
LUCKY GAS & LITTLE PETER


KING KONG BLUES
king kong blues
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Le blues en bandoulière le duo taille sa route de Toulouse à Austin Texas pour en revenir avec un album plein de bonnes vibrations.
   

Blues Again : Faisons les présentations…
Little Peter : Je m’appelle Pierre Cayla, j'ai 30 ans, mon surnom est Little Peter, j’ai grandi à Toulouse et mon port blues lucky gas & little peterd’attache est dans un petit village à quelques kilomètres de Toulouse.
Je joue de la guitare depuis l'âge de 9 ans et les premières chansons que j’ai jouées viennent du blues.
Lucky Gas : Je m'appelle Gaspard Ossikian, j'ai 57 ans mon surnom est Lucky Gas, je suis né à Erevan, Arménie/URSS, je suis arrivé en France à l'âge de 4 ans. Je joue de la guitare depuis l'âge de 12 ans. A 14 ans un « grand » en m'entendant jouer m'a dit « Eh petit tu joues du Blues là ? »... Blues, un mot que je venais d'entendre pour la première fois et qui n'allait plus me quitter ! J'habite dans le 34, l’Hérault, dans une vieille ville, Pézenas.

Quel est votre port d’attache ?
LP : Toulouse la ville Rose qui sent le blues. 
LG : Plusieurs, forcément en étant nomade ! Erevan, Saint Etienne, Valence, Marseille, Pézenas...

Vous êtes tous deux issus du Gas Blues Band, comment est né l’idée de ce duo ?
LP : Un soir d'août après un concert on s’est mis à parler du Texas avec Gas j’y étais allé 2 fois, en 2008 et 2010, j’y avais rencontré Nico Lephonte et d’autres musiciens, et l'idée d’enregistrer un CD nous est venue de suite.
LG : J'avais déjà vécu des expériences musicales à Los Angeles, et en tant qu'accompagnateur je connais Chicago, mais quand l'idée est venue d'enregistrer à Austin Texas, c'est comme si on me disait « vient à la maison ».

Quelles ont été vos influences ?
LP : Mes influences viennent essentiellement de la musique américaine et comblues lucky gas & little peterme par hasard du Texas, Stevie Ray Vaughan, Albert Collins, Jimmie Vaughan, Freddie King, UP Wilson, Johnny Guitar Watson... et bien sûr Muddy Waters, Howlin' Wolf. BB King, etc...
LG : Mes premiers disques de blues et influences furent: Muddy Waters, Son House, Lightnin' Hopkins, Howlin' Wolf, Chuck Berry, Albert Collins, Albert King, Freddie King, BB King, Magic Slim, Jimmy Johnson etc... Ensuite en 1983 l'arrivée de Stevie Ray Vaughan m’a mis un grand coup de pied au cul... et a changé ma façon de percevoir/ressentir le son et le blues comme je l'entendais, aux dépens de mes oreilles. Et pour les avoir entendu sur scène, Albert Collins, Stevie Ray Vaughan, Albert King, Jeff Healey... jouaient très FORT ! Mais ils avaient un son d'une autre planète.

3 ou 4 musiciens ou chanteurs de référence qui font l’unanimité entre vous ?
Stevie Ray Vaughan, Little Milton, Freddie King, Albert King, Albert Collins, BB King...

Qui imprime la couleur musicale ?
LP & LG : L’univers ! Et l’Americana, que nous avons tous les deux comme base de nos cultures, car elle regroupe folk, country, rhythm and blues et rock 'n'roll… ensuite nous nous influençons tous les deux, et nous nous laissons porter par ces influences.

Comment définiriez-vous votre style ?
LP & LG Musical ! Haha ! C’est une base blues, et ensuite on est ouvert et on aime faire danser les gens, tant avec leur corps qu’avec leurs têtes !

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ensemble ?
LP & LG : On avait jammé ensemble en 2011 pour l’ouverture de la Toulouse Blues Society et le premier concert a eu lieu à Fanjaux à côté de Toulouse en 2013.

Maintenant, combien de concerts par an ?
Environ une soixantaine.

blues lucky gas & little peter

Le contact avec le public, c’est important ?
LP & LG : Nous tenons vraiment à nous faire plaisir et à donner du plaisir à ceux qui nous écoutent et sans qui nous ne sommes pas grand-chose, donner de la nourriture à l’âme, échanger avec le public, une interaction qui met notre statut d’artiste en valeur, c’est un privilège.

Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène…
LP : Quand j’ai joué à Dallas avec Eric Gales, dans un club où Muddy Waters jouait avant, je ne me souviens plus du nom ? Je n’ai pas de mauvais souvenirs !
LG : Début 2000 Avec Maurice John Vaughn, Donald Ray Johnson à la batterie, Murphy Doss à la basse, BJ Emery au trombone, Fred Brousse à la guitare et à l’harmo, à Podgorica, en Serbie-Monténégro. Les gens sortaient d'une guerre de merde, et beaucoup d'entre eux n'avaient jamais vu d'Afro-Américains et entendu leurs musiques en « live », qui étaient interdites du temps de Tito... Beaucoup étaient émus, ils pleuraient, ils riaient, ils étaient sur un petit nuage. On se rend compte de la chance qu'on a d'être artistes/musiciens, là, vraiment.
Les mauvais souvenirs j'en ai pas non plus... seulement avant d'aller (ou après) à un concert quand la voiture vous lâche...

Votre album West To West a été enregistré à Austin en 2018, comment cela s’est-il passé ? 
LG : Nico Lephonte a été notre producteur musical, ingénieur du son et batteur, réunissant la crème des musiciens texans d’Austin, Chris Layton, batteur de Stevie Ray Vaughn, Matt Farrell clavier de Gary Clark Jr, Eric Przcygocki bassiste d’Anson Funderburg et Sam Meyers, Scott Nelson bassiste de Kenny Wayne Shepherd, Bobby Perkins bassiste de Grey Hounds, Al Adalberto trompette et John Mills saxophoniste des Texas Horns.
On enregistrait la journée et le soir c'étaient des jams sur la 6ème rue ou ailleurs dans des clubs comme le C-Boy’s, là où se produit presque tous les week-ends Jimmie Vaughan. Il y avait SBLUES LUCKY GAS 1 LITTLE PETERue Foley, Mike Flanigan, George Rains, batteur de Jimmie et pleins d'autres artistes, un batteur, rare maître du Texas shuffle, qui se retirait du circuit professionnel, une retraite en quelque sorte, à 74 ans bien méritée. Il était plein de tendinites, le physique a du mal à suivre. A cet âge-là, la batterie use son bonhomme. Une fois nous étions tellement fatigués des prises d'enregistrements, arrivés dans un club, nous attendions notre tour, et nous nous sommes endormis Pierre et moi, chacun de notre côté, c'est la voix de notre accompagnateur et cousin de Pierre, Gérard Cayla, qui nous a réveillés en nous disant « Eh les gars, c'est à vous, c'est votre tour, faut monter sur scène ».  Ce qu’on a fait immédiatement et on a enchaîné avec un « Stormy Monday » bouillant version shuffle, c'était parti, l'adrénaline et le plaisir d'être là nous a tenu éveillés toute la nuit...
Je peux vous dire que ça fait bizarre quand vous êtes dans le studio et que vous devez expliquer la grille à Chris Layton, qui écoute avec attention et qui une fois le morceau à peu près ficelé vous dit : « j’ai une idée de fin, si vous en n’avez pas ».  Il nous explique et joue la fin, à l'unanimité on a dit OK ! Dans le mille ! On n’a pas chômé, tout le monde était investi, avait du plaisir à jouer, ce sont des moments de partage inoubliable !

Y en a-t-il un autre en gestation ?                                                                                              
LP & LG : Oui, l'envie et la motivation sont là, les idées aussi, y'a qu'a !

Quelles sont vos sources d’inspiration pour écrire et composer ?
LP & LG : La vie de tous les jours, la pleine lune, ce que j’ai mangé, ma famille et tous les esprits du blues qui nous entourent !

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
LP & LG : Nous allons partir début mars pour la Tunisie au Samsung Blues Festival avec Sylvia Howard une superbe chanteuse, autant en jazz qu'en blues. Ensuite quelques festivals, comme Suresnes, Queyssac, Gartempe... Nous allons aussi jouer à Marie Galante, (Guadeloupe) fin mai avec Donald Ray Johnson au Festival Terre de Blues, c'est bon ça ! Ensuite une tournée en juillet/août avec les Texas Horns en personnes ! Jazz in Trivy (71) aussi, projets au Maroc, retourner à Austin, composer, bref je pense qu'on sera bien occupés et que 2020 s'annonce riche en projets, rencontres et créations.

Quels sont vos hobbies en dehors de la musique ?
LP : Cuisiner, écoutez la chanson Cook'n'Blues, le partage de la musique et des papilles gustatives, voyager, les choses qui ont une histoire, la pêche, la brocante, les ballades....
LG : La cuisine, le théâtre, les voyages, je suis un grand pêcheur devant l'éternel, je pêche au large de Sète et Marseillan, la mer, visiter les endroits qui ont de l'histoire, les lieux historiques, les randonnées. Le lancer de hache et/ou tout autre chose qui peut se planter....

Y a-t-il un endroit où vous aimez particulièrement vous retrouver ?
LP & LG: Austin 6th Street! Sur une plage en Thaïlande ou au fin fond du sud du Maroc avec des cannes à pêche de la bière et de quoi cuisiner les poissons que nous pêchons. Chevaucher une mule en compagnie de Nico, Bobby et nos amis indiens Lakota sur les rives du Colorado !

Derniers coups de cœur musicaux ?
Y'en a trop !

Pour le duo quel serait le rêve le plus fou ?
LP & LG : Jouer au Crossroads Blues Festival !

Un dernier mot…
LP & LG : Une phrase de Michel Audiard dans Le Cave Se Rebiffe : « Et dites-vous bien que dans la vie, ne pas reconnaître son talent, c'est faciliter la réussite des médiocres ». Picasso aurait très bien pu la dire, et c'est comme ça.

Gilles Blampain – février 2020

https://www.facebook.com/Lucky-Gas-Little-Peter-678868582493037/

BLUES LUCKY GAS &LITTLE PETER