blues again en-tete
09/21
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Interview
louis mezzasoma


KING KONG BLUES
king kong blues
king kong blues






Avec une guitare ou une cigar box, il nous entraîne dans différents univers où le blues côtoie rock, folk et country music.
    

Blues Again : D’où viens-tu Louis ?
Louis Mezzasoma : J'ai grandi entre la Loire et la Haute-Loire. Je vis maintenant à Saint-Étienne. Je suis un grand fan de blues.
louis mezzasoma
Parle-nous de ton éveil à la musique, ton parcours…
J'avais un pote de collège qui était à 12 ans déjà un super guitariste. On voulait monter un groupe ensemble dans lequel je devais être batteur. C'est à ce moment-là que je me suis mis (en toute logique) à la guitare, mais en déménageant dans la foulée, on s'est perdus de vue ! Le groupe en question ne s’est jamais monté, mais je n’ai plus lâché ma guitare depuis !

Te souviens-tu du premier blues ou rock entendu ?
Aucune idée, sans doute du AC/DC. Mais je sais aussi qu'on mettait du Ella Fitzgerald dans la voiture par moment quand j'étais gosse. C’est plutôt un pied dans le jazz mais ça peut ramener au blues d’une certaine façon.

Quelles ont été tes principales influences ?
Mes influences sont assez vastes. Je dirais que je suis un amoureux de la musique nord-américaine avec le blues, folk, ragtime, country-blues, rock, country, bluegrass, jazz, rock'n'roll... Et pourtant je suis un très grand fan de l'Irlandais « Rory Gallagher » qui m'a amené sur ces nombreux styles assez différents. Je tiens à dire que ma plus grande influence reste la musique LIVE. J'ai beaucoup appris en allant écouter et voir des artistes (encore vivants) directement sur scène.

Sur quels genres de guitares joues-tu ?
Sur de nombreuses guitares. Je joue sur guitare folk, sur guitare à résonateur pour le slide en Open D, sur cigar-box 3 cordes en sol, Je fais aussi de la guitare électrique (en live j'utilise une demi-caisse jazz), ainsi que de la 12 cordes.
L'intérêt que j'y vois c'est de varier les sonorités, les accordages et aussi les techniques de jeu
(finger-picking, flat-picking, slide, struming, claw-hammer...) ce qui offre de nombreuses possibilités pour les compositions. L'inconvénient c'est que je dois tout déménager à chaque fois que je fais un concert, mais bon, c'est le jeu.

Joues-tu d’autres instruments ?
Je me suis mis récemment au banjo 5 cordes. Depuis quelques années et dans le plus grand secret je fais de la batterie (très fort) dans ma cave.

Où et quand as-tu fait ton premier concert ?
Mon premier concert c'était pour les portes-ouvertes du lycée en seconde, j'étais malade comme un chien... J'ai pu me rattraper au concert de fin d'année du lycée. Sur une dizaine de groupes, on devait jouer en avant dernier. Au moment où j'attrapais ma guitare pour le premier morceau, le proviseur est arrivé pour dire de tout arrêter à cause de la pluie… qui n'a finalement duré que 10 minutes.

Maintenant, combien de concerts par an ?
Je dirais entre 50 et 70 par an. Si bien-sûr on ne compte pas 2020/2021 vous savez pourquoi...

En quoi la scène est-elle indispensable ?
Jouer des morceaux chez soi n'a pas beaucoup d’intérêt pour moi, c'est sur scène que tout prend sens. La scène c'est l'aboutissement de tout ce qu'on prépare depuis des années, c'est l'accomplissement. C'est un moment intense d'expression. C'est le moment d’extériorisation de tout ce qu'on a au fond de soi (ça c'est le blues). C'est un moment de partage. Un moment humain pendant lequel les gens se réunissent pour une passion commune. C'est un moment d'attention. Le moment lors duquel on peut prouver qui on est, être en avant. C'est aussi un risque, être sur le fil du rasoir, tout peut chavirer à la première fausse note. C'est donc aussi un moment d'adrénaline, d'insécurité, un challenge ; mais qui pimente la vie, qui donne une raison d'être.

.Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène…
La fois où j'ai terminé mon show en annonçant « Je vous en fais une dernière car après moi y'a Personne » ... Je faisais l'ouverture de Paul Personne.
La fois où l'ingé son n'avait pas compris que j'avais pas fini.

Parle-nous de tes belles rencontres en tant que musicien…
J'ai eu la chance d'ouvrir pour de nombreux artistes, et au final c'est vraiment le côté humain qui était important dans ces rencontres. J'ai ouvert pour Sugaray Rayford lors du Week-End Blues de Meaux en novembre 2018. Il y avait là une sacrée bande (ou un sacré band) de musiciens extraordinaires, qui sont aussi des bons vivants, on s'est bien marré et le concert était incroyable.
Un peu plus tôt en 2018 j'ai pu ouvrir pour Charlie Parr, artiste country-blues, que je ne connaissais pas du tout et qui a su nous séduire dans sa simplicité qui allait à l'essentiel. Une guitare 12 cordes, une voix. Mais tout était juste, juste dans les intentions et la sincérité. Vraiment un sacré artiste, et un gars adorable.

Comment est né l’album Mercenary qui est paru en mars ?
L'album Mercenary est né de mes chansons qui sont arrivées au fur et à mesure des mois. C'est aussi pour moi le premier album en duo avec Gaël Bernaud qui m'a rejoint derrière la batterie (et les chœurs, qu'il fait si bien d'ailleurs) car jusqu'en 2018/19 je jouais en One Man Band. C'est un album qui était le projet principal lorsque j'ai rejoint le labelLOUIS MEZZASOMA Le Cri Du Charbon qui a produit le disque.
Après plusieurs visites, nous nous sommes orientés vers le Studio E à Ecotay L'Olme au-dessus de Montbrison dans la Loire, avec Bruno Preynat en ingénieur du son qui a tout à fait compris l'univers vers lequel on se dirigeait et qui nous a suivi sur tout le projet en passant par les préprods, l'enregistrement, mixage et mastering.
Nous avons eu comme invités deux amis trompettistes, Sylvère Décot et Anthony Tournier sur un titre. Sur quatre chansons, l'harmoniciste Jean-Marc Hénaux est venu poser ses notes. Les pochettes du disque et du vinyle ont été réalisées par Nanou Graphics. Nous avons un disque de 10 titres, neuf compositions personnelles et un standard de Robert Johnson. Un onzième titre inédit est disponible uniquement sur l’édition vinyle. C'est Inouïe Distribution qui se charge de la distribution. Pour terminer sur cette question, je dirais que c'est un album qui a été réalisé par des acteurs locaux dont le sujet nous ouvre notre imaginaire à un voyage bien plus vaste

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
Mes sources d'inspirations sont assez vastes, ça peut aller d'une phrase dite à un moment du quotidien qui m'a marqué. La plupart du temps c'est les voyages, les rencontres, l’amour, qui sont mes muses, mais aussi des sentiments, des interrogations personnelles, la haine, la rage.
Par exemple, j'ai composé ‘Flat Land’lors de ma tournée promotionnelle de mon opus précédent au Pays-Bas. Les paysages urbains des différentes villes où je suis allé jouer m'ont inspiré le titre.

Comment définirais-tu ton style ?
Je n'aime pas trop l'idée de faire des catégories, même si c'est bien pratique. Tout n'est pas noir ou blanc, est c'est justement les nuances et les mélanges qui sont beaux et qui donnent de la personnalité. Je joue une musique inspirée du répertoire nord-américain du 20ème siècle. Je définis mon style comme le « Dirty Old Blues », c'est entre un blues rural, traditionnel et quand même moderne (car j'ai passé beaucoup plus de temps à voir des artistes encore vivants jouer cette musique que les pères fondateurs du blues mort depuis des décennies). Sur mon dernier album, le blues est présent, avec des grosses influences rock, mais aussi folk, country. Je reconnais avoir énormément écouté les musiques de western, et ça commence aussi à se sentir dans mes chansons

.En dehors de tes engagements personnels, travailles-tu sur d'autres projets en collaboration ?
Non, le prochain projet sera mon quatrième album.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Et bien on va surtout espérer avoir à nouveau le droit de faire de la scène, ce qui nous fera à tous un bien fou et on pourra enfin faire tourner ce nouvel albumPour parler d’autre chose,

quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Je suis un gros fan de surf ! Très mauvais, mais je me marre bien et puis plus c'est dangereux mieux c'est. Et plus c'est froid, plus c'est froid. 7°C dans l'eau en Irlande c'est mon record...

Quel est ton lieu de prédilection ?
Je n’ai pas vraiment de lieu de prédilection. Je pense qu’il y a des endroits où on est bien, en fonction du contexte, du moment, des gens avec qui nous sommes.

Quels ont été tes derniers coups de cœur musicaux ?
J'ai redécouvert ZZ TOP l'an dernier, notamment avec l'album La FuturaLUOIS MEZZASOMA qui a une énorme énergie rock. Je suis toujours fan de Seasick Steve, j'adore sa voix, son répertoire peut aussi bien être décapant que doux et velouté. Je me retrouve beaucoup dans sa musique.
Dans un registre bluegrass, Billy Strings m'a vraiment impressionné. A mon sens c'est sans doute un des meilleurs guitaristes (vivant) de la planète. Il fait partie de la nouvelle génération de Killers, avec d'autres jeunes comme Marcus King qui ont la vingtaine et qui déchirent tout !

Quel serait ton rêve le plus fou ?
Bonne question… Si on oublie le covid, je vis déjà dans un rêve. Maintenant il faut continuer de faire vivre ce rêve, de l’amener plus loin...

La question que je n’ai pas posée…
« Mais, vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Moi, si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée… Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face, je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ce n’est pas mon cas, comme je le disais là, puisque moi au contraire, j’ai pu ; et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie… Je ne suis qu’amour ! Et finalement, quand beaucoup de gens aujourd’hui me disent : « Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ? » Eh bien je leur réponds très simplement, je leur dis que c’est ce goût de l’amour, ce goût donc qui m’a poussé aujourd’hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain, qui sait, peut-être simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi… » (Edouard Baer – Astérix et Obélix Mission Cléopâtre).

Gilles Blampain – mai 2021

www.louismezzasoma.fr

louis mezzasoma