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11/20
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Interview
LEE O'NELL BLUES GANG


KING KONG BLUES
king kong blues
king kong blues
Blues junkyard crew





Le gang envoie avec force et feeling des riffs musclés et un chant expressif pour un blues-rock dynamique, enlevé et excitant.    

Blues Again : Comment le groupe est-il né ? Depuis quand existe-t-il ?
Gipsy Bacuet : Eh bien, nous sommes une jeune formation, même si la moyenne d’âge est… enfin bref ! Et comment dire ? C’est la faute de… c’est à cause de… ou c’est grâce à Fred Chapellier que tout a commencé en fait.
Lionel Wernert : Pour faire simple, Fred et moi sommes des amis d’enfance. Je n’avais que 4 ans quand j’essayais de le rattraper sur mon vélo. On a grandi côte à côte, nos pères respectifs étaient collègues de travail. Et quand je dis côte à côte, on était carrément voisins. Alors de mes 4 ans à mes 18 ans, on se voyait tous les jours. Je séchais les cours pour aller écouter des disques dans sa chambre. Je séchais même la messe le dimanche, je passais par la fenêtre de sa chambre pour aller écouter War Pig de Black Sabbath ! Haha !!!
On avait monté un groupe, on s’éclatait… Il me considérait comme son petit frère. Et puis la vie a fait que nous nous sommes perdus de vue pendant pas mal d’années. Service militaire, travail etc… et puis nous n’avions pas de téléphone portable ni internet et tous les réseaux sociaux à l’époque. Je suivais de loin sa carrière en continuant de mon côté, et en 2017, je suis allé le voir à un de ses concerts. Je me suis planté devant la scène… Il a commencé son set et quand il m’a vu… J’avais enfin retrouvé mon grand frère ! Depuis on ne se quitte plus, c’est comme quand on était ados ! Alors à son tour il s’est intéressé à mon parcours musical, et a bien aimé le duo blues-rock que je formais avec ma compagne Gipsy. En février 2019, il me dit : « Ecoute, je donne un concert à titre caritatif pour une super petite fille qui a des gros soucis de santé, il me faut une première partie. Ça te dit ? » Alors forcément, je n’ai pas mis longtemps à dire oui !
Gipsy : De notre côté on jouait déjà quelques-uns des morceaux de Fred. Il nous a alors proposé de les jouer ensemble ce soir-là. Forcément ce n’était que du bonheur, jouer « du Fred Chapellier » non pas en sachant qu’il est dans la salle, mais sur scène avec nous.
Lionel : A la fin du concert, Fred et ses musiciens nous ont dit : « Non mais, c’est bon, montez un groupe, arrêtez votre duo ! Ça le fait ! »
Et voilà, on l’a fait. Fin février, on a contacté les meilleurs musiciens de Reims, de par leur carrière, leur simplicité et surtout, il me fallait des personnes avec qui ça colle humainement. Et voilà, le groupe est né.

Quel est votre port d’attache ?
Gipsy : Nous venons tous de diverses régions mais nous habitons tous sur Reims. Lionel est Vosgien et je suis Troyenne par exemple…

Qui sont les membres du groupe ?
Lionel : Philippe Dandrimont à la basse, est un pur autodidacte. Vous l’avez certainement déjà vu et entendu, il accompagne sur différentes scènes européennes de nombreux bluesmen depuis 1984 : Gerry Joe Weise, Fred Chapellier, Lorenzo Sanchez, Chris Bergson, Ellis Hooks, Mike Greene... A la batterie, nous avons Jonathan Thillot. Il est 1er prix du CNR de Metz. Curieux de tous les styles et il a notamment partagé la scène au sein du Big Band Jazz de Carla Bley et Steve Swallow. Et aux claviers, François Barisaux. Il est diplômé du Conservatoire de Reims, il compose pour différents médias au niveau international . Il crée aussi divers spectacles (Jim Morrison, Billie Holiday) et il est aussi accompagnateur pour films muets. Il a d'ailleurs enregistré l'album A Tribute To Deep Purple (Air Jazz Quartet), album qui a été reconnu par Roger Glover.

Comment s’est fait la rencontre entre vous ?
Lionel : Pour ce qui est de la rencontre avec Gipsy, nous avons tous deux eu des parcours similaires et différents à la fois. Nous avons eu comme bon nombre de musiciens une période pendant laquelle on faisait de la musique « alimentaire » chacun de notre côté, (il faut bien manger…) riche d’expériences et d’enseignements en tous genres. J’ai retrouvé par hasard Gipsy qui faisait les chœurs pour Renaud Hantson dans Satan Jokers par exemple, un groupe carrément rock alors que je la connaissais comme une chanteuse de jazz… Bref, j’étais à un tournant musicalement, elle aussi visiblement, alors nous avons décidé de monter un duo blues-rock.

Quelles ont été vos influences ?
Gipsy : J’ai toujours aimé la soul, le jazz, le blues, le rock. Un mélange de belles voix, de groove et d’émotions. Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Bonnie Raitt …
Lionel : Moi je suis un enfant du rock comme on dit. Des groupes comme Deep Purple, Led Zeppelin ou Black Sabbath ont bercés mon enfance. Ils ont un sens de la mélodie, une puissance, une énergie qui ne s’expliquent pas. Ensuite, j’ai toujours été fasciné par l’univers d’Eric Johnson. Il a un touché et un son reconnaissables entre mille. Bien évidemment Gary Moore que j’ai connu et apprécié dans sa période rock avec Thin Lizzy fait aussi partie des guitaristes qui m’ont influencé.

Parmi 3 ou 4 musiciens ou chanteurs de référence, quels sont ceux qui font l’unanimité ?
Nous venons d’univers différents tous les deux, mais si pour répondre à ta question on regarde sur notre table de chevet commune, on trouve les albums de Fred Chapellier et Joe Bonamassa.

Vous souvenez-vous du premier blues ou rock que vous avez entendu ?
Gipsy: Elvis Presley, ‘Hound Dog’.
Lionel: The Thrill Is Gone’, BB King.

Qui imprime la couleur musicale du groupe ?
Gipsy : C’est Lionel qui annonce la couleur. Il sait très bien où il veut aller dès le début. C’est d’ailleurs entre nous deux, souvent difficile, car il n’arrive pas à comprendre que je ne lis pas dans ses pensées ! Non, sérieusement, il est celui qui donne les bases de chaque morceau. C’est Lionel qui donne les directives, en sachant très exactement ce que chacun peut apporter. Il a une telle culture musicale qu’on lui fait confiance les yeux fermés pour ne pas dire les oreilles !

Comment définiriez-vous votre style ?
Lionel : Pourquoi vouloir cataloguer à tout prix ? Ecoutez notre album, venez nous voir en concert, et chacun se fera son idée…

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ?
Gipsy : Alors très rapidement après la création du groupe, en mai 2019 à Reims. Et pour l’occasion nous avions même Guillaume Destarac à la batterie qui est le batteur de Fred Chapellier.

Maintenant, combien de concerts par an ?
Gipsy : Notre formation est très jeune, et nous avons enregistré notre premier album très vite. Nous n’avons pas attendu de tourner un ou deux ans avant de le faire. Alors pour l’instant, et avec les conditions sanitaires que nous connaissons, c’est plutôt difficile, mais on garde espoir que tout rentre très vite dans l’ordre.

En quoi la scène est-elle indispensable ?
Lionel : Personnellement, j’ai toujours fait beaucoup de scène et Gipsy aussi. La musique se doit d’être vivante. Un album c’est génial à écouter dans son salon… mais aller voir les artistes en live… c’est juste magique. La scène est l’endroit où j’aime être, ressentir le public, être à l’écoute des autres membres du groupe, vivre un instant en commun et en faire un moment unique. C’est ça le live…

Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène…
Gipsy : Pour ma part, il n’y a que des bons souvenirs de scène, et même lorsqu’il y a pu y avoir des galères, ça reste enrichissant.
Lionel: Idem.

Comment est né votre album, Different Shades Of Love paru récemment ?
Lionel : Très rapidement en fait. J’ai toujours composé sans jamais avoir vraiment trouvé l’équipe, alors là avec celle que je venais de réunir je me suis amusé. Je savais aussi que Gipsy, sans en avoir trop dévoilé écrivait un peu de son côté, je lui ai donc fait écouter plus précisément ce que j’entendais (dans ma tête comme elle le dit !) et lui ai demandé de poser ces textes. Tout simplement.
Gipsy : Pour ce qui a été de l’inspiration… L’amour est ce qui me vient le plus facilement. L’amour sous toutes les coutures, d’où le titre éponyme de l’album. Et puis le blues c’est souvent l’histoire d’un gars qui se fait plaquer par sa nana, non ? Alors nous aussi on parle d’amour mais pas de la même façon. J’écris les textes et pour me corriger je demande à notre ami Neal Black.
Lionel : Nous avons enregistré au Studio Le Chalet à Reims. Jérémy Hartman aux manettes est excellent de professionnalisme, de rapidité. C’est une crème dans tous les domaines, sauf qu’il oublie d’acheter du café ! Haha !

Etant co-producteur de notre album, Fred Chapellier était présent pendant toute cette semaine de studio. Neal aussi, et nous avons eu la visite de Leadfoot Rivet !
Gipsy : Alain (Leadfoot Rivet) est arrivé à l’improviste un matin. Nous avions à la base prévu de n’enregistrer qu’une seule reprise pour avoir vocalement Fred et Neal. Nous avions choisi le légendaire ‘Walking By Myself’ de Jimmy Rogers que beaucoup connaissent grâce à Gary Moore. J’ai aussitôt demandé à Alain s’il voulait bien faire partie de ce titre. Il était 10h30, environ, nous avons chamboulé l’ordre d’enregistrement initialement prévu pour profiter de la présence d’Alain… Quel plaisir de partager ce titre avec 3 monuments du blues ! Je les en remercie encore…
Lionel : Quant à moi, c’était un pur bonheur cette semaine de studio. J’avais 14 ans tous les jours, j’étais aux côtés de Fred, mon grand frère, on s’échangeait des soli, à tous les deux, on a transformé le studio en un véritable magasin de guitare … Vivement qu’on recommence !
Gipsy : Fred est véritablement impliqué dans cet album. Il y joue, il y chante, et il l’a mixé et masterisé. Quand on connait sa carrière, on ne peut qu’être honoré de cette présence bienveillante.

Quelles sont vos sources d’inspiration pour écrire et composer ?
Lionel : La vie, et pour ce premier album les différentes nuances de l’amour…

Quels sont les projets du groupe pour les mois à venir compte tenu de toutes les restrictions en vigueur ?
Gipsy : On espère déjà que nos deux prochains concerts seront maintenus. Le 16 octobre à Sens (89) pour 606 Reed and Blues et le 25 octobre pour Abers Blues Festival à Locmaria- Pouzané (29). Nous avons aussi dû reporter notre concert du Blues Availles Festival, à Availles-en-Chatellerault (86) à mai 2021…
Lionel : Beaucoup de programmations de 2020 sont reconduites sur 2021, on croise les doigts pour que tout rentre dans l’ordre rapidement…

Pour parler d’autre chose. Quels sont vos hobbies en dehors de la musique ?
Gipsy : Ah, parce qu’il y a une vie en dehors de la musique ? Eh bien, des plaisirs simples me concernant : le calme, le silence (ça fait du bien parfois… et c’est rare à la maison !), la nature, les apéros entre amis et nos enfants respectifs.
Lionel : Tout pareil, sauf pour le silence ! Haha !

Un lieu de prédilection où vous aimez vous retrouver ?
Lionel : A la maison, en famille.

Derniers coups de cœur musicaux ?
Lionel : Fred Chapellier Plays Peter Green, reste pour moi le meilleur Tribute à cet immense guitariste.
Gipsy : Handle Me With Care album de Jade MacRae, choriste de Joe Bonamassa.

Pour le groupe, quel serait le rêve le plus fou ?
Gipsy : Représenter la France lors du prochain Memphis Blues Challenge à Memphis (Tennessee)

La question que je n’ai pas posée…
Gipsy : Un deuxième album en préparation ?
Lionel : Ça bouillonne dans ma tête, s’il n’y avait que moi, il y en aurait déjà 3 ou 4 … alors oui, on y travaille…

Gilles Blampain – septembre 2020

https://www.leeonellbluesgang.com/

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