Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

11/17
Chroniques CD du mois Interview: THE NIGHT CATS Livres & Publications
Portrait: IKE TURNER Dossier: VOCALION  
 


Interview
kenny neal
Family bluesman…


blues deraime
blues deraime
blues deraime
blues jerry deewood
blues jerry deewood
blues jerry deewood
blues kenny neal


Le père Raful était musicien, les amis de la famille d’illustres bluesmen et, sur onze héritières et héritiers, neuf œuvrent dans la musique. Kenny, le kid de Baton Rouge, est parti forger son expérience à Chicago, New York, au Canada, en Afrique… Kenny Neal, de bonheurs en malheurs, une petite sœur assassinée par un ancien boy-friend et lui-même, victime d’un accident de santé qui, en 2006, l’obligeait à suspendre ses activités scéniques pendant une année…

Blues Again : Tu es donc issu d’une grande famille de musiciens…
Kenny Neal : C’est mon père Raful Neal qui a fait entrer la musique à la maison. Il nous a Zone de Texte:quittés en septembre 2004. Il a grandi avec la musique de Muddy Waters, Jimmy Reed, et a eu l’opportunité de jouer avec eux. La maison était toujours remplie de musiciens. Buddy Guy était un proche. Lui et son frère Phil jouaient dans le groupe de mon père. La musique a été présente depuis mon premier jour. Il était naturel que tous mes frères et sœurs suivent mon père dans la musique. C’est quand même ma mère Shirley qui a eu le plus grand mérite : elle a dû faire avec tout ce boucan ! J’en profite pour la remercier. C’était formidable, Lazy Lester, Slim Harpo, Henry Gray venaient chez moi. Je ne me doutais pas que tous ces musiciens étaient si importants, j’étais trop petit pour en prendre conscience. On s’amusait bien, il y avait une super ambiance, c’est tout ce que je peux dire. Aujourd’hui nous sommes trois générations à jouer ensemble. Ce soir, mon frère Frederick Neal tient les claviers et mon frère Darnell Neal, la guitare. Mon batteur Brian Morris vient de Mobile Alabama. Mon fils Kenny Neal Junior est ici, il va jouer aussi de la batterie avec moi.

En 2005 est sorti un tribute à Slim Harpo, mais aussi en mémoire de ton père Raful…
Mon père et moi avions commencé ce CD en hommage à Slim Harpo. Hélas, mon père n’a pas survécu à un cancer. Après sa mort, j’ai repris le projet et j’ai décidé que ce serait, non seulement un hommage à Slim, mais aussi un hommage à Raful. Nous chantons et jouons de l’harmonica ensemble sur la même chanson. J’ai réécouté ces enregistrements après sa mort, c’était du bon matériel. Je suis fier d’avoir pu mener ce disque à terme. J’ai engagé James Johnson et Rudolph Richard, les musiciens attitrés de Slim Harpo. Ils n’avaient pas enregistré depuis 1970. C’était un grand moment. A maintes occasions, des producteurs sont venus à Baton Rouge pour leur demander d’enregistrer. Chaque fois, ils répondaient : « Non c’est impossible ». Moi, je ne leur ai posé la question qu’une seule fois, ils m’ont répondu : « Aucun problème ! ». C’étaient des amis intimes de mon père, je les connais depuis que je suis gamin.

Il paraît que Slim Harpo t’a offert un harmonica quand tu étais tout petit.
Oui, je devais avoir trois ou quatre ans. Slim jouait avec les enfants. Il m’avait proposé de visiter la remorque où il rangeait son matériel. Il a refermé les portes derrière moi. Il y faisait noir et j’ai pris peur ! Il est allé fouiller dans sa voiture et m’a rapporté un harmonica pour se faire pardonner. Je joue de l’harmonica depuis toujours. Je ne sais pas si je suis perçu comme un harmoniciste, mais le fait est que j’en joue à tous mes concerts !

Quels sont tes premiers souvenirs musicaux ?
Je ne me rappelle pas de la première fois où j’ai eu une guitare entre les mains, mais je sais que j’avais six ans quand un piano est entré à la maison. Sinon, je me rappelle d’un ‘concours de talent’ dont j’avais gagné le premier prix. J’avais répété ‘Mustang Sally’ dans la cuisine avec ma mère… qui me préparait à manger. Elle me faisait reprendre telle ou telle partie. Je me rappelle également des étuis d’instruments rangés dans le coffre de la voiture de mon père. On avait le droit de toucher ses instruments mais surtout pas ceux des autres musiciens. Comme c’était défendu, bien sûr, mes frères et moi profitions que mon père dorme durant la journée pour sortir les instruments des valises et les essayer en cachette. Empoigner les guitares, tâter les cordes…c’était une sensation si nouvelle, si excitante !

A quel moment as-tu décidé de devenir musicien ?
Je ne me suis jamais posé la question, j’étais déjà un musicien. Depuis que j’avais six ans, mon père m’emmenait à ses concerts. Il me posait sur le bar, me passait un micro et m’encourageait à faire mon petit show. Ensuite, je faisais le tour des tables et tout le monde mettait la main à la poche pour le gamin. Je récoltais parfois plus d’argent que mon père ! Je suis devenu un adolescent. Lorsque mon père se retrouvait sans bassiste ou sans guitariste, « ce soir, j’ai besoin d’un guitariste. Tu en es ? ». Il me donnait juste quelques dollars mais ce n’était pas le plus important à mes yeux. Je réalisais que mon père faisait vivre une famille nombreuse par la musique. Je suis l’aîné de dix enfants, je trouvais naturel de soutenir ma famille. Ça fonctionne encore comme ça aujourd’hui. Depuis ma plus tendre enfance, mon père et moi avons toujours été liés par la musique… toute la vie.

Quels musiciens t’ont le plus influencé ?
On a parlé de mon père, qui est de loin ma première influence. On avait un vieux gramophone sur lequel on jouait quelques disques de Muddy Waters, Jimmy Reed, Lightnin’ Hopkins, mais on n’avait pas tant de disques que ça. Je viens de la campagne, mon principal contact avec la musique c’était les musiciens qui passaient voir mon père, Slim Harpo et ses musiciens, Lazy Lester, Lonesome Sundown, Guitar Slim… J’ai aussi été influencé par Albert King, Albert Collins, mais c’était des années après.

Très jeune, tu deviens bassiste de Buddy Guy…
Oui, par l’intermédiaire de Phil Guy qui passait très souvent à Baton Rouge. Les deux frères viennent d’une petite ville appelée Maxville, à 50 km de Baton Rouge. Buddy Guy jouait dans le groupe de mon père. Ensuite il est monté à Chicago et Phil Guy a pris sa place dans le groupe de mon père. Pour finir, Phil Guy est lui aussi monté à Chicago. En revenant à Baton Rouge, il m’a écouté jouer de la basse et m’a proposé de rejoindre le groupe de Buddy Guy. J’avais 19 ans, une guitare, une valise…et je suis allé à Chicago sans la moindre idée de ce qui m’attendait. J’ai démarré avec Buddy Guy mais aussi avec Junior Wells. C’était l’époque du duo Buddy Guy et Junior Wells. Cette expérience fondatrice m’a initié à la connaissance de la musique et au métier de musicien. Ne sachant quelle direction prendre, je les ai choisis comme professeurs. J’ai eu alors la chance de rencontrer Muddy Waters, j’ai beaucoup joué avec John Lee Hooker... Même en rêve, je n’aurais jamais espéré jouer avec tous ces grands musiciens de la scène de Chicago.

Peux-tu nous en dire plus sur ta relation avec Muddy Waters ?
Oh, man ! Des aînés comme Muddy t’adoptent tel un fils. Tu deviens leur fils, ils veillent sur toi. Oui, Muddy est devenu quelqu’un comme une figure paternelle. Au début, très impressionné, tu te dis : « Oh, Muddy Waters, c’est pas vrai ! ». Puis il va te prendre à part, t’expliquer ce que tu as à faire et ce que tu n’as pas besoin de faire. À mesure qu’il s’occupe de toi, son image de star évolue vers une forme plus profonde de respect et d’écoute. Son influence a rendu mon existence, dans une ville comme Chicago, plus confortable. Je trouvais toujours incroyable qu’il me veuille sur scène avec lui, et d’aller l’y rejoindre. Il y a quelque temps, j’ai montré une photo à mon fils Kenny Junior. Il a deux ans et il est sur les genoux de Muddy Waters. « Waoh ! J’ignorais que je connaissais Muddy Waters ! – Si fils, tu l’as bel et bien rencontré ! ». C’est une super photo. Je l’ai encore sur moi…

 

L’histoire recommence avec ton fils ?
C’est vrai, pareil, et c’est mon tour de le guider.

Quand arrives-tu à Chicago ?
Je m’y installe en 1976, à un moment où les musiciens de la grande époque étaient encore actifs. Ils ont commencé à disparaître vers 1984. Je suis donc arrivé peu avant la disparition de cette génération et j’ai eu la chance d’en avoir profité. Ma carrière a pris son essor peu après leur disparition.

De quels instruments joues-tu, finalement ?
Guitare, harmonica, lapsteel. Je jouais de la trompette quand j’étais à l’école. Je continue à jouer de la basse avec mes frères. J’en jouais avec Buddy Guy. Lorsque Buddy Guy est parti, je faisais des jams avec John Lee Hooker, Lightnin’ Hopkins, James Cotton, Professor Longhair, et de nombreux musiciens locaux. J’étais disponible pour tous ceux qui avaient besoin d’un bassiste. Ça m’a permis d’acquérir une certaine expérience de la scène. C’était en tant que bassiste que je pouvais être appelé par Muddy Waters. Si j’avais été un guitariste de plus, j’aurais été noyé dans la masse.

La guitare, c’est venu quand ?
C’est venu en voyageant. Je suis arrivé au Canada, un petit pays pour le blues comparé à Chicago. Il y avait beaucoup moins de compétition. J’ai monté le Neals Brothers Band et pris les fonctions de guitariste, étant alors sur le devant de la scène. Je descendais à Chicago pour jouer une semaine avec Buddy Guy, la semaine suivante avec Junior Wells. A leur tour, ils venaient me rejoindre dans mes shows à Toronto. De cette façon, mon groupe s’est fait une réputation au Canada. C’est là-bas que ma carrière a vraiment démarré. Et puis, j’ai rencontré une Canadienne qui est devenue la mère de mon fils.

Quelles différences il y a t’il entre le Neals Brothers Band du Canada de l’époque, et le Kenny Neal Blues Band de ce soir ?
Aujourd’hui je suis beaucoup plus expérimenté, plus mûr, plus posé, je me fie davantage à l’instant. Mais j’ai toujours eu mes jeunes frères avec moi. Ils me suivent depuis seize ans. Certains, plus âgés, ne m’ont accompagné que pendant deux ou trois ans. Les plus jeunes connaissent donc mieux ma musique.

Et Alligator Records t’a signé…
Après le Canada, je retourne à Baton Rouge. On est en 1984. C’est un nouveau départ. J’ai eu d’abord un premier contrat avec King Snake Records, un label de Floride fondé par mon ami Bob Greenlee. Le disque a fait forte impression aux États-Unis, aussi l’Alligator de Chicago a voulu me prendre. Big News From Baton Rouge a été suivi de cinq autres albums Alligator. Puis j’ai enregistré trois disques chez Telarc et suis revenu chez Alligator pour le CD acoustique avec Billy Branch.

Zone de Texte:  Cet Acoustic Session, justement, puisqu’on en parle…
On l’a enregistré en France avec Billy. Au départ je n’étais pas prévu pour ce disque, il devait y avoir Matt Murphy, Joe Louis Walker et Billy Branch. Un problème de dernière minute est survenu, et le studio était déjà réservé. Comme je traînais en France, ils m’ont appelé. « Ça te dirait d’enregistrer avec Billy ? – D’accord ! » Je n’imaginais que ça deviendrait un album. Je me rends au studio l’après-midi, Matt Murphy me prête sa guitare, Billy et moi enregistrons une session unique de quatre ou cinq heures, et c’était dans la boîte ! Alligator a racheté les droits au label Français (ils s’étaient occupés de la pochette et de la distribution). On a remporté le WC Handy Award du ‘meilleur disque acoustique américain’. Formidable !

Quelle sorte de collaboration avec Alligator ?
Que ce soit avec Alligator ou n’importe quel autre label, je m’occupe moi-même de l’enregistrement studio. Quand Alligator m’a contacté, j’avais déjà un produit fini dans les mains. Le label s’occupait essentiellement de la distribution, et je restais libre. De leur côté, ils n’avaient pas à investir dans la production, ils se contentaient de rembourser mes frais de studio. Mieux vaut être indépendant, c’est plus sage. L’autre jour, on s’est bien amusés avec Lucky Peterson. On a enregistré dans cet hôtel. Mon fils Kenny Neal Junior faisait office d’ingénieur du son et se chargeait du mixage. Il n’y a pas de maison de disques pour donner son avis, je leur file directement l’album terminé. S’ils veulent modifier quelque chose… « Ooops ! Trop tard, c’est fait ! »

L’industrie du disque traverse une crise……
Et une grosse. C’est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Les ventes sont mauvaises pour les maisons de disques, mais bonnes pour les musiciens. Je ne sais pas comment ils vont s’en sortir, mais ils ont intérêt à trouver rapidement une solution, Internet est en train de les tuer. Nous, les musiciens, nous sommes maintenant en mesure de vendre nos albums et nos live directement sur Internet, et durant nos concerts. Internet nous rend plus accessibles et plus indépendants, ça a un impact important sur les ventes. Nous avons enfin la chance de gagner ce que nous méritons. Un autre problème avec les maisons de disques, c’est qu’elles sont très sélectives : elles me gardent un temps, mais si tu devenais meilleur que moi, je dégagerais et tu prendrais ma place chez eux ! Dans ce système, il est très difficile pour de nouveaux artistes d’émerger. Aujourd’hui, c’est le public qui décide de ce qu’il veut écouter. Les nouveaux venus parviennent mieux à se faire connaître. Quoi qu’il en soit, avec ou sans Internet, c’est toujours difficile pour un jeune de se lancer quand il n’a pas encore assez de connections et de reconnaissance, c’est vrai, mais ces jeunes artistes auraient eu encore plus de mal à percer il y a quelques années. Globalement, je suis satisfait de la situation actuelle. Laissons les personnes décider, et non plus les maisons de disques !

Ton enthousiasme ‘do it yourself’ tranche avec le pessimisme ambiant !
Malgré tout le boulot accompli durant toutes ces années, beaucoup de gens ne me connaissent pas. Internet m’aide bien en cela, et court-circuite les intermédiaires. Si tu veux engager mon groupe, contacte-moi par e-mail, on voit ça directement ensemble. Le principal boulot des maisons de disques c’est de te rouler ! Lorsque vient l’heure de rétribuer les artistes, la majeure partie de l’argent s’est déjà évaporée !

Tu n’étais donc pas vraiment satisfait de ton deal avec Alligator ?
Oh, si… Ils étaient assez honnêtes pour te prévenir à l’avance qu’ils allaient te rouler ! C’était ça, le deal ! L’unique raison pour laquelle j’avais accepté leur deal… c’est qu’auparavant je n’avais aucun deal ! Contrairement à certains de mes amis, j’ai fait le bon choix en acceptant les deals de l’époque : j’avais quand même quatorze CD à proposer quand je me suis lancé sur Internet.

Quel est l’album dont tu es le plus fier ?
Mon tout premier: Big News From Baton Rouge. Le plus spécial, c’est celui qui rend hommage à mon père : Tribute To Slim Harpo & Raful Neal (2005).

Zone de Texte:  Lequel a rencontré le plus de succès ?Hoodoo Moon, en 1994. Il succède à Walkin On Fire, pour lequel j’avais engagé la section cuivres Maceo Parker, Fred Wesley. À l’époque j’étais sur Broadway, plus confiant que jamais. Les gens savaient enfin qui j’étais. Pour Hoodoo Moon, j’ai laissé les cuivres de côté et fait tout moi-même, à mon idée, sur un 4-pistes. Monsieur BB King ayant pris sa retraite, je compte revenir aux cuivres et mettre davantage de production tout en conservant les racines. Je pourrais réarranger mon répertoire avec des cuivres façon big-band, alternant avec des passages à la guitare rythmique ou acoustique, puis retour sur les cuivres…

Tu abordes tellement de styles différents…
Mon style résulte de l’expérience accumulée au fil de mes voyages. Je suis originaire de la région où le blues a commencé (si on excepte l’Afrique). Le blues profond vient du grand Sud et du Delta. Mes racines aussi. Je me retrouve ensuite à Chicago, où le Delta profond évolue vers des formes électrifiées. Puis je débarque dans des endroits comme New York, où se développe un style plus swing. Ensuite, le Canada où je combine mes racines du grand Sud avec des influences du nord. Sans oublier la Californie. Ma base reste cependant Baton Rouge, avec ma mère, mes frères et mes sœurs.

Le blues de Louisiane est particulier…
D’où je viens, on retrouve le Delta-blues mélangé à une culture très française. Tu combines le blues et les influences françaises, tu obtiens le style Fats Domino, le zydeco, le style Nouvelle-Orléans et le dixieland. En Louisiane le blues est différent de celui des États voisins, Alabama, Floride, Texas ou Mississippi. L’influence française a eu, chez nous, un impact majeur.

Dans ce gumbo, te sens-tu un peu français ?
Il y a beaucoup d’influences françaises en moi. J’entends parfois les gens prononcer certains mots en français. Par exemple, j’ai toujours entendu ma grand-mère dire ‘beaucoup’… « Yesterday, we had ‘beaucoup’ people ». Je peux t’amener à 50 km de chez moi, dans une petite ville appelée Maboo. Là-bas, ils ne parlent pas anglais, mais un mélange de français et de créole. Quand j’y ai joué, figure-toi qu’ils m’avaient dépêché un interprète !

Quelle a été l’incidence de Katrina dans ce coin de Louisiane ?
Dans ces endroits français, les gens prennent leur patrimoine très à cœur. Ils sont solidaires et ils répondent présent quand on a besoin d’eux. Notre problème principal, à Baton Rouge, a été de gérer l’afflux de population arrivant de la Nouvelle-Orléans. La ville n’est située qu’à 100 kilomètres. 250 000 personnes sont arrivées en seulement trois jours, et elles y sont restées.

Qu’est ce qui t’a marqué dans tes voyages en Afrique de l’Est ?
J’ai vécu des moments mémorables et inattendus en Ouganda, au Kenya, en Erythrée, à Madagascar. Je suis arrivé au Rwanda trois semaines avant les massacres. Je rentre au pays, j’allume CNN… « Un demi-million de personnes massacrées. » Et moi qui étais parti jouer là-bas. On était soulagés de partir, c’est vrai. Une nuit à l’hôtel, on avait décidé de dormir tous dans la même chambre… S’il fallait mourir, que ce soit ensemble ! J’avais donc bien senti les tensions, mais malgré tout ça je n’avais pas vraiment pris conscience de l’ampleur du danger.

Sens-tu une connexion liant le blues et certains folklores africains ?
Oh oui, énormément. Le phrasé. La langue est différente, mais le phrasé est semblable. Ça rappelle la musique antérieure au blues qu’on entend dans les églises baptises. J’ai vécu de très bons moments dans les villages, à jouer avec les locaux et leurs instruments à une corde. Parfois, leur musique sonnait exactement comme celle du Mississippi !

Martin Drevet

www.kennyneal.net